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Ancien sorcier

«You won't age a day in freeze frame»  Libre 

Aenor était suspendue à son courrier. Elle écrivait régulièrement à sa famille qui le lui rendait. Personne d'autre ne lui avait jamais envoyé de lettre. Premièrement parce que ses amis étaient des Moldus, et qu'ils ne connaissaient pas l'existence de Poudlard, même en rêve, et deuxièmement, parce qu'il est rare de s'envoyer des lettres quand on a onze ans.

Ce matin là, Aenor se leva comme tous les jours. Elle avait cours toute la journée et était bien décidée à exceller, à briller. Jamais la jeune Serpentard ne tremblait, jamais elle n'était pas assurée. Son travail était toujours impeccablement rédigé sur une belle feuille de parchemin. On ne voyait jamais en elle qu'un sourire et une détermination sans faille. On ne l'aurait jamais croisée adossée à un mur ou marchant autrement qu'en ligne droite. Elle se dirigeait toujours vers son but fièrement, sûre d'elle et d'humeur égale. Rien ne la perturbait jamais. Elle menait tout de front, elle avait appris à toujours faire face aux moindres événements. Oui mais voilà. Ce matin là, elle n'était pas censée recevoir ça.

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Pourquoi ? Pourquoi lui écrivait-il maintenant ? Cela faisait six ans qu'ils n'étaient pas rentrés en contact. Quand la jeune Serpentard avait quitté l'île, Stefen n'a pas voulu lui écrire, et voilà qu'il cherchait à renouer des liens...
Il était sorcier, lui aussi. Aenor ne le soupçonnait pas. C'est vrai qu'ils étaient petits la dernière fois... Elle avait cinq ans, lui huit. On ne parlait pas de magie comme ça. Pourtant, elle se souvenait très bien de la complicité qu'entretenait leurs familles. C'est étrange qu'ils n'aient pas gardé contact. Aenor ne l'avait pas oublié. Elle non plus, elle ne lui a pas écrit. Mais pourquoi lui écrivait-il, au juste ?

La jeune Verte était perdue dans ses songes. Elle errait les couloirs. Le cours de Défense contre les Forces du Mal allait bientôt commencer. Bien que sonnée, elle gardait son habitude d'être en avance. Mais tous pouvaient s'apercevoir que la Verte n'était pas dans son état normal.
La photographie que Stefen avait joint à son courrier glissa des mains d'Aenor et atterrit au sol.
Quelqu'un la ramassa.


*Oh non, non. On va me demander qui est sur la photo. Tout le monde va se moquer de moi si ça s'ébruite. Et puis, cette photographie, c'est mon souvenir, mon passé.*

«Rends moi ça, s'il te plait.», grogna Aenor.

«You won't age a day in freeze frame»  Libre 

C'était un matin d'été plutôt agréable qui débutait à Poudlard. Bientôt les vacances, mais pas encore. Il fallait encore faire front pendant quelques jours. Les derniers cours de l'année allaient bientôt arriver.
Heureusement, pour ce matin-là, Calie n'avait pas de cours. Elle avait toute sa matinée de libre, et comptait bien s'en servir. Pas pour se reposer, non. La jeune fille était plutôt du genre lève tôt, et profitait de ce trait de caractère pour réviser, lire, ou faire un tour dans le château, qui, même après deux ans, continuait de lui révéler de nouveaux secrets.

Aujourd'hui, quelque chose la tracassait un peu. Et cela concernait son rôle de Capitaine de Quidditch. Le dernier match contre Poufsouffle s'était certes bien terminé, mais elle avait besoin de revoir certains points sur le jeu de son équipe. Elle avait du temps devant elle, le prochain match n'allait pas démarrer avant un certain temps. Mais autant démarrer tout de suite son travail, pas la peine de retarder quelque chose qui pouvait se faire de suite.

Calie marchait donc dans les couloirs d'un pas traînant, les yeux plongés dans ses fiches et autres documents. Un crayon dans la bouche, elle prenait parfois quelques notes. Le Quidditch, c'est du sport. Mais derrière, c'est aussi de la réflexion. Les tactiques, ça se fait pas comme ça.

La jeune fille croisait des élèves sans vraiment s'en soucier. Elle sentait juste des présences passer à côté d'elle, sans plus. Et puis alors qu'elle continuait d'avancer, toujours concentrée sur ses papiers, elle vit, sur le sol, un papier qui venait de tomber non loin de ses pieds. Pensant qu'il s'agissait d'un de ses documents, elle se pencha en soupirant pour le ramasser. Mais en se relevant, elle remarqua des couleurs et des formes sur le papier. Les sourcils froncés, elle retourna l'objet, et se retrouva face à une photographie représentant deux jeunes enfants.


« Qu'est c'que... »

Mais avant qu'elle n'eut pu se poser la moindre question, une voix féminine vint attirer l'attention de Calie, lui faisant redresser la tête.

«Rends moi ça, s'il te plait

Calie se trouvait face à une jeune fille dont la robe se sorcière portait les couleurs de Serpentard. Elle ne semblait pas apprécier le fait que quelqu'un ait trouvé cette photo, ce qui intrigua Calie. Après tout c'était qu'une photo. Qui datait pas d'hier en plus.
La deuxième année hésita un instant. Elle n'était pas du genre à aborder les gens, plutôt discrète de nature. Elle laissait le hasard faire son travail. Comme pour aujourd'hui.

Sans se soucier pour le moment de la jeune fille en face d'elle, Calie continua d'observer la photo. Les deux enfants semblaient assez proches. Le bisou le confirmait. La petite fille était sans conteste la jeune étudiante qui se trouvait en face d'elle. Les cheveux, les yeux, aucun doute, c'était bien elle. Le garçon par contre...


« C'ton frère ? » demanda la Serdaigle en regardant la recto et le verso de la photo à tour de rôle, essayant de voir si quelque chose était noté.

It's just a goodbye ~~
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Ancien sorcier

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Une des choses qu'Aenor déteste le plus, c'est sans doute qu'on se mêle de ses affaires. Elle n'aimait pas la curiosité des gens qu'elle considérait comme malsaine. Chaque personne avait droit à son jardin secret et personne n'était tenu de rendre des comptes sur sa vie privée.
Ce que craignait le plus la Serpentard, c'est qu'on puisse trouver une quelconque faiblesse en elle, qu'on empiète sur son territoire et que sa vie soit connue de tous. Elle n'était pas du genre à s'épancher sur ses sentiments, ses problèmes ou ses joies. Elle ne parlait pas ou peu de sa famille avec les élèves de Poudlard. Ses conversations ne dépassaient guère le stade premier. Aenor n'était à l'aise qu'en discutant cours, devoirs, livres et tout autre sujet qui ne la touchait pas de près.

La lettre que lui avait envoyé Stefen la chamboula totalement. C'était comme si un revenant s'adressait à elle. Elle ne s'attendait pas à voir son écriture sur du parchemin. Elle n'attendait pas une telle surprise. Aenor ne savait toujours pas si elle était bonne ou une mauvaise, d'ailleurs.
Pour la première fois, les événements échappaient à son contrôle. La photographie que son ancien ami avait jointe au parchemin était un précieux souvenir pour la jeune Verte. Malheureusement, elle lui avait échappé et était maintenant dans les mains d'une autre.

En effet, une jeune Serdaigle avait ramassé le vieux morceau de papier. Elle l'examinait avec attention, ignorant la demande polie d'Aenor qui voulait simplement récupérer la photographie avant d'aller en cours de Défense. La sorcière se tenait face à elle. Elle regardait la photo côté recto d'abord, puis verso. Par chance, Stephen n'avait rien écrit dessus, sans doute par crainte de l’abîmer.


« C'ton frère ? », lui demanda la jeune Serdaigle.

Aenor était excédée. Elle avait demandé poliment à ce qu'on lui rende la fameuse photographie. Elle répondit froidement :

« Non. »

Elle jaugea la jeune Serdaigle. Elle était bien curieuse et tenait fermement la photographie de Stefen et d'elle, prise il y a six ans de cela. La Serpentard siffla une seconde fois : « Peux-tu me rendre cette photo, s'il te plait ? Maintenant que tu l'as examinée sous toutes ses coutures, elle ne te sera plus utile. »

Elle tendit le bras vers la jeune Serdaigle et lui lançait un regard noir. Elle n'avait rien contre elle à proprement parlé, elle était juste bouleversée par ce fichu cliché, et elle n'avait pas envie de s'étendre sur le sujet.

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A peine Calie avait-elle énoncé sa question que la jeune fille en face d'elle sembla se renfermer encore plus sur elle même. Son regard s'obscurcit, et c'est d'une voix glaciale qu'elle lui répondit par la négative. La deuxième année était un peu perdue et ne comprenait pas pourquoi son interlocutrice lui parlait de cette manière.

Les gens sont tellement étranges. Du moins c'était la vision que Calie se faisaient d'eux. Pourquoi étaient-ils tous si différents? Non mais franchement, c'était déjà assez difficile pour la jeune fille de faire des rencontres avec son caractère solitaire, mais si en plus il fallait qu'elle s'adapte en fonction des personnes qu'elle rencontrait... S'adapter, c'était pas son truc. Elle avait une façon d'être, aux autres de faire avec.
Elle avait déjà fait pas mal d'efforts au cours de ces deux dernières année. Elle avait dû rencontrer des gens bien différents d'elle, et ça n'avait pas été facile. Pas qu'elle était méchante, non. Elle était juste... directe. Et elle manquait surtout de tact. Ses paroles blessaient parfois les gens. Ou ses gestes parfois. Mais bon. Elle faisait avec. Il suffisait d'apprendre à la connaître un peu, c'est tout.

Pour en revenir à cette jeune Serpentard qui lui faisait face, les chances de faire connaissances en bonnes et dues formes semblaient pour le moins réduites... Calie sentait que la jeune fille perdait patience.


« Peux-tu me rendre cette photo, s'il te plait ? Maintenant que tu l'as examinée sous toutes ses coutures, elle ne te sera plus utile. »

Les paroles étaient polies, mais la voix, elle, était froide et sifflante. Calie ne pu empêcher une moue amusée de naître sur son visage, juste le temps d'une ou deux seconde, avant de reprendre son visage inexpressif qu'elle affichait la plupart du temps. Cette jeune fille n'avait pas été envoyée à Serpentard par pur hasard, ça se voyait. A cet instant, on aurait pu voir un petit serpents siffler à la place de ses paroles.
Elle tendit un bras raide vers Calie, attendant qu'elle lui rende son bien.

Tenant la photo entre deux doigts, Calie hésita de nouveau un instant. La tentation était forte, et embêter un peu la jeune Verte avec cette photo qui semblait d'un grande importance aurait pu être distrayant. Mais la Serdaigle y renonça à la seconde où l'idée lui vint en tête. Elle n'était pas là pour ça, et d'ailleurs, embêter les autres avec des histoires aussi futiles ne l'intéressait pas. Elle pensa un instant que certains Serdaigle de sa connaissance avaient dû déteindre sur son caractère... Les prises de têtes, les embrouilles et autres gamineries étaient l'exemple même de ce Calie fuyait le plus clair de son temps. Tout ce qu'elle voulait, c'était être dans un environnement calme. Point.

Alors en voyant cette jeune fille devant elle, le regard noir et la main tendu, Calie la regarda droit dans les yeux, et lui tendit sa photo. Mais lorsque la Serpentard voulu l'attraper, la deuxième année rétracta sa main rapidement, avant de dire :


«Juste une chose. Tu d'vrais essayer de pas réagir comme ça pour une simple photo. J'suis pas très curieuse, donc t'as d'la chance. Tu veux pas en parler, pas d'soucis. Mais un jour, tu tomberas sur quelqu'un d'beaucoup plus intéressé qu'moi, et là, ton regard noir pourra rien y faire.»

Tout en finissant sa phrase, Calie retendit le bras vers la Serpentard, qui pu enfin récupérer sa photo. La Serdaigle affichait un léger sourire un peu désolé. Cacher son histoire, son passé, elle comprenait. C'était d'ailleurs ce qu'elle faisait depuis son arrivée à Poudlard. Elle ne parlait jamais d'elle, ou très peu. Juste le strict minimum. Elle n'avait rien d'extraordinaire à cacher d'ailleurs, mais c'était juste une question de préservation. Moins elle en montrait, moins on en savait, et c'était le mieux.

Pendant que la Serpentard rangeait sa photo avec une lettre qui semblait l'accompagner, Calie remarqua qu'elle avait avec elle ses affaires de classe. Elle devait sûrement avoir un cours dans quelques minutes. Ne voulant pas trop terminer cette entrevue sur de mauvaises bases, Calie soupira silencieusement, consciente de l'effort qu'elle faisait, et reprit la parole.


« Hum, tu vas en quel cours là ?»

Ouais on est d'accord, c'est minable comme changement de sujet... Mais il ne fallait pas lui en vouloir. Elle cherchait juste à rattraper le truc, et c'était déjà un exploit pour elle d'avoir fait cet effort. Il y a un an, elle aurait juste rendu la photo dès que la jeune fille lui avait demandé la première fois, et elle serait partit sans rien dire pour retourner à ses affaires de Quidditch. Elle espérait juste que son effort ne serait pas vain.

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Ancien sorcier

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On disait toujours des Serpentards qu'ils étaient froids, antipathiques et prêts à tout pour arriver à leurs fins. Aenor n'était pas de cet avis. Elle ne pensait pas être déterminée à ce point là, mais elle était prête à se battre pour les causes qui lui étaient chères, ou pour préserver son intimité. Elle avait, il est vrai, des traits de caractère qu'on retrouvait très souvent chez les Serpents. Elle s'avérait être sûre d'elle, froide lorsqu'il le fallait et usait de son regard noir quand les événements ne lui convenaient pas. Une chose était sûre, le Verte était fière de sa maison.
Jamais la jeune enfant ne manquait de respect à qui que ce soit. Elle était toujours polie mais s'avérait parfois grinçante.

Sans le vouloir, elle avait lancé son fameux regard détestable à la jeune Bleue. Celle-ci mit du temps avant de lui tendre la photo qu'elle avait ramassé à ses pieds.


«Juste une chose. Tu d'vrais essayer de pas réagir comme ça pour une simple photo. J'suis pas très curieuse, donc t'as d'la chance. Tu veux pas en parler, pas d'soucis. Mais un jour, tu tomberas sur quelqu'un d'beaucoup plus intéressé qu'moi, et là, ton regard noir pourra rien y faire.»

La jeune Serdaigle venait de froisser Aenor qui ne supportait pas qu'on s'adresse à elle de la sorte. Elle serra les dents, prit une grande inspiration et la regarda un instant :

« Excuse moi, mais il me semble m'être adressée à toi le plus convenablement possible. Je t'ai simplement demandé de me rendre ce fichu cliché. Ton absence de curiosité est une qualité, je trouve. Et ce n'est sans doute pas mon soit disant regard noir qui fait que tu me rends ma photo. Et puis, de toute façon, je ne crois pas que tu doives me donner des conseils, comme tu le fais.»

Cette fois, la jeune Serpentard y était allée un peu fort. Elle se sentait désolée d'avoir été si brute dans ses paroles. Mais elle l'avait cherché, la jeune Serdaigle. Et Aenor n'était pas du genre à laisser quelqu'un s'adresser à elle de cette manière.
Elle essaya de se calmer tant bien que mal, inspira, expira, et rangea sa photographie dans la lettre que lui avait envoyé son ami Stefen. Elle glissa son courrier dans son sac, tranquillement. Son cours de Défense contre les forces du mal n'allait pas tarder à commencer, et elle ne voulait pas être en retard.

Cependant, elle s'en voulait d'avoir été si brusque avec la jeune sorcière qui n'avait pas l'être d'être méchante. Celle-ci soupira avant de reprendre la parole :


« Hum, tu vas en quel cours là ?»

Aenor la regarda, contente de voir qu'elle ne voulait pas non plus finir cet échange sur une note négative.

« Défense contre les forces du mal. Mh... Tu penses quoi de cette matière ?»

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« Excuse moi, mais il me semble m'être adressée à toi le plus convenablement possible. Je t'ai simplement demandé de me rendre ce fichu cliché. Ton absence de curiosité est une qualité, je trouve. Et ce n'est sans doute pas mon soit disant regard noir qui fait que tu me rends ma photo. Et puis, de toute façon, je ne crois pas que tu doives me donner des conseils, comme tu le fais

Si Calie avait été surprise de cette réponse, elle n'en montra cependant aucun signe extérieur. Elle se contenta d'un simple haussement d'épaule. Intérieurement pourtant, elle sentait naître en elle un sentiment de satisfaction. Oui, de satisfaction. Car si il y avait bien une chose que Calie n'aimait pas vraiment chez les autres, c'était qu'on lui cède tout dès le moment où elle disait quoi que ce soit. Ça pouvait paraître étrange, mais c'était comme ça. La jeune Serdaigle aimait voir chez les autres de vraies personnalités, de vrais caractères assumés. Elle ne voyait pas vraiment l'intérêt d'avoir une discussion avec quelqu'un qui n'assumait pas ses idées, et qui changeait d'avis selon ses interlocuteurs.
Or là, elle venait de tomber sur une jeune file, sûrement en première année, qui ne se laissait pas démonter, et qui n'hésitait pas à tenir tête aux autres. Et ça, je vous le dit, c'était cool.

Calie fut agréablement surprise de voir que la Serpentard n'était pas non plus de celles qui devaient se croire supérieures aux autres. Elle n'envoya pas balader Calie, et ne partit pas non plus lorsque la Bleue tenta de poursuivre la discussion. Au contraire, elle lui répondit :


« Défense contre les forces du mal. Mh... Tu penses quoi de cette matière ?»

Bon. Elle était pas plus douée que Calie pour les discussions improvisées. Et même si ces questions bateaux et sans intérêts avaient le don d'ennuyer la capitaine, elle n'en laissa rien paraître, soucieuse de la tension qui régnait tout de même encore un peu entre les deux filles. Après tout, chacune faisait un effort pour passer outre ce début de conversation un peu ouleux qui ne faisait pas partie du top 5 des meilleurs rencontres que Calie avait faites, il fallait bien le dire. Quoi que celle-ci ne davait pas non plus être pire que la rencontre de la deuxième année avec une certaine Katherine Jones... Enfin passons.

« Hum, disons que c'est pas ma matière préférée, mais au moins dans c'cours, on est sûr de pas rester assis à une table à écrire pendant deux heures... »

Oui, même une Serdaigle en a parfois marre d'écrire tout le temps. Calie avait parfois besoin d'un peu de pratique, d'action, pour pouvoir s'intéresser à quelque chose. C'est d'ailleurs pour cela qu'elle avait mis son nom dans la coupe il y a de ça déjà quelques mois. Participer au Tournoi l'avait comme qui dirait « rêveillé » de la torpeur dans laquelle elle se trouvait en première année. Et puis il y avait maintenant ce Rallye d'été. La jeune fille n'arrivait pas à rester sans rien faire bien longtemps.

« D'ailleurs en deuxième année, on apprend surtout à contrôler nos émotions. J'pense que ça pourra t'être utile, pour éviter de montrer aux gens que t'as des trucs à cacher...»

Le regard malicieux et un peu moqueur, Calie attendit de voir la réaction de la Serpentard. Elle avait surtout dit ça pour détendre l'atmosphère, et essayer de dédramatiser le secret qui tournait autour de cette mystérieuse photo.

D'ailleurs, elle ne connaissait toujours pas le nom de cette fille... Normalement les gens commencent par ça dans une discussion. Mais Calie avait un peu de mal avec toutes ces règles de politesses... Mais bon, il était peut-être temps de réparer cette erreur.


« Ah, et moi c'est Calie Pamova au fait. Serdaigle, comme t'as sûrement pu l'remarquer. » ajouta-t-elle en montrant du doigt son insigne bleue cousue sur sa robe.

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Ancien sorcier

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Aenor n'était pas de ceux qui disent des mots qui font plaisir. Pas si elle ne les pensait pas. Et qu'importe si cela ne plaisait pas. Elle préférait être incomprise des autres mais rester elle même. C'était ainsi. C'était ce qui faisait qu'elle était Aenor Earl.
Apparemment, la jeune Serdaigle sentit que la Verte n'était pas aussi froide parce qu'elle se sentait supérieure aux autres. Quelles valeurs aurait-elle eu de plus que les autres ?
Ainsi, la Bleue avait-elle poursuit la discussion. Le sujet était, certes, un peu bête, mais il permettait néanmoins d'apaiser la tension ambiante. On ne peut nier la difficulté de poursuivre un échange lorsqu'il a démarré sur les chapeaux de roues, comme c'était le cas entre les deux sorcières. Toutefois, parler de Défense Contre les Forces du Mal semblait convenir aux deux interlocutrices. Ne sachant pas par où commencer, Aenor demanda à la jeune Serdaigle comment elle trouvait les cours de Défense.


« Hum, disons que c'est pas ma matière préférée, mais au moins dans c'cours, on est sûr de pas rester assis à une table à écrire pendant deux heures... »

Ecrire pendant des heures n'était pas non plus du goût d'Aenor. En fait, ce n'est pas qu'elle n'appréciait pas l'écriture, mais elle préférait apprendre dans les vieux livres, comme les gros volumes de la bibliothèque. Cependant, rédiger plusieurs parchemins pour ses devoirs ne l'embêtait nullement. Tout était question d'attirance vis à vis de la matière, sans doute.

« T'as raison. Moi-même, parfois, je n'en peux plus d'écrire. Je veux dire, manier la plume pendant des heures, bonjour les crampes, hein ! », gloussa la jeune Serpentard.

Elle pouvait, en effet, changer du tout au tout avec les autres. Passer du rire aux larmes, des larmes à la confidence ou de la fureur à la plus calme camaraderie.


« D'ailleurs en deuxième année, on apprend surtout à contrôler nos émotions. J'pense que ça pourra t'être utile, pour éviter de montrer aux gens que t'as des trucs à cacher... Ah, et moi c'est Calie Pamova au fait. Serdaigle, comme t'as sûrement pu l'remarquer. »

La réaction d'Aenor changea de nouveau.

« Aenor Earl, Serpentard. Je gère très bien mes émotions. Pourquoi aurais-je quelque chose à cacher ? Si tu parles de la photo, ce n'est pas un secret. Je n'ai juste pas envie d'exposer ma vie, de parler d'ami proche perdu puis retrouvé. Je suppose que tu peux comprendre. »

Aenor serra contre elle son sac dans lequel reposait le courrier reçu, et ladite photographie. Son cœur se serra également. Elle regarda Calie et lui sourit furtivement.

« C'est juste très important pour moi... »

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Tout au long de la conversation, Calie fut soulagée de voir que la Serpentard était réceptive aux efforts qu'elle faisait, et qu'elle-même semblait vouloir apaiser les tensions naissantes.
D'un coup, elle vit même son interlocutrice rigoler lorsqu'elle lui parla de crampes aux mains à force de trop écrire. Calie fronça imperceptiblement les sourcils devant ce changement soudain de comportement. Décidément, cette fille était vraiment bizarre. Lunatique, surtout. Cinq minutes auparavant, elle parlait d'une voix froide et avait un regard noir et là, d'un coup, elle souriait et semblait beaucoup plus détendue. Voici un nouveau mystère humain que la jeune capitaine n'arrivait pas à saisir. Elle qui était si discrète sur ce qu'elle pouvait ressentir, il lui était toujours étonnant de voir que certains arrivaient à exprimer autant de choses rien qu'à travers l'expression de leur visage.

D'un œil curieux, Calie observa donc le nouveau changement d'attitude de la Verte lorsqu'elle finit de lui parler de ses émotions. Elle ne semblait cette fois-ci pas en colère. Non, juste sur la défensive.


« Aenor Earl, Serpentard. Je gère très bien mes émotions. Pourquoi aurais-je quelque chose à cacher ? Si tu parles de la photo, ce n'est pas un secret. Je n'ai juste pas envie d'exposer ma vie, de parler d'ami proche perdu puis retrouvé. Je suppose que tu peux comprendre... C'est juste très important pour moi... »

*Aenor... Étrange, comme prénom. Pas courant en tous cas* pensa Calie. La jeune fille écouta attentivement ce que son interlocutrice lui disait. Elle tiqua lorsqu'elle lui annonça qu'elle ne cachait rien. Pour la Serdaigle, être autant sur la défensive signifiait qu'on avait quelque chose à cacher.

Mais elle changea d'avis lorsqu'elle se rendit compte de tout ce que venait de lui dévoiler Aenor en l'espace d'une seule phrase. La deuxième personne sur cette photo était donc un ami à elle. Qui, semble-t-il, venait de refaire surface dans sa vie. Et vu là façon dont elle réagissait à cela, elle ne semblait pas s'y être attendue... Avait-elle dévoilé tout cela à Calie volontairement, ou avait-elle parlé trop vite, sans le vouloir ? La Bleue n'en avait aucune idée. Mais si Aenor cachait vraiment quelque chose, elle aurait sûrement fait plus attention avant de parler.

Quoi qu'il en soit, Calie en savait désormais beaucoup sur cette photo, sans pour autant l'avoir demandé. Elle ne voulait pas s'infiltrer dans la vie de la Serpentard. Ce n'était d'abord pas du tout son genre, et puis elle ne la connaissait que depuis quelques minutes. Si Aenor avait voulu parler de tout ça, elle l'aurait écouté sans problèmes. Mais ce n'était pas le cas. Tout le monde avait son jardin secret...


« Oui je comprends. J'suis pas très loquace non plus quand il s'agit d'ma vie privée. Quand on m'pose des questions, en général j'y réponds... Jusqu'à un certain point, évidemment. Mais j'dis juste le strict minimum, histoire d'assouvir la curiosité maladive de certains... »

Calie afficha un regard entendu à Aenor. Des curieux, il y en avait un sacré nombre à Poudlard. Même parfois trop... C'est pour cela que lors de sa première année, Calie était restée très discrète, ne parlant que rarement au gens qu'elle rencontrait. Maintenant, elle savait leur faire face. Parler un peu sans en dire trop. Rester sociable sans se dévoiler. Tout cela, ça s'apprenait. Mais c'était parfois bien difficile face à des élèves qui posaient trop de questions...

Pour revenir à tout ce que la Serpentard lui avait révélé, Calie ne sût trop comment réagir. Parler d'autre chose, afin d'éviter le sujet ? Ou bien essayer d'en parler, sans poser de questions... ? Après tout la fillette n'avait rien à perdre. Aenor ferait ce qu'elle voulait de ce que Calie allait dire. C'était à elle de décider si elle voulait en parler ou non. Libre à elle de changer de sujet, ou mettre fin à la discussion


« Pour ce qui est de cet "ami proche perdu puis retrouvé"... Ça a l'air de beaucoup t'toucher. Des amis, on en a pas beaucoup. Des vrais, encore moins. J'sais pas c'qui te lie à lui, mais c'est une chance de l'avoir retrouver...» dit-elle avait un léger sourire.

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Aenor se sentit plus légère. Elle tenta même une approche plus sympathique avec la jeune Serdaigle, mais elle remarqua rapidement que cela n'avait pas porté les fruits espérés. Sa conduite avait apparemment quelque peu déboussolé son interlocutrice qui fronça les sourcils en regardant la jeune Verte. Elle passait sans doute pour une fille versatile auprès de Calie. A trop vouloir arrondir les angles, Aenor s'était changée elle même, et cela ne lui ressemblait pas. Le regard de la jeune Bleue sur la Serpentard changea une fois de plus lorsque celle-ci changea brusquement de ton.
Elle se sentait affaiblie. La sorcière de chez Serdaigle en savait plus sur elle, maintenant. Et plus on en sait sur quelqu'un, plus nos armes sont chargées pour mieux tirer. C'était du moins la manière de voir de la jeune Verte. Il lui était déjà arrivé de retourner les confidences d'autrui à son insu, pour faire mal alors qu'on l'attaquait, même sans le vouloir.
Néanmoins, livrer un petit bout de sa vie privée montrait à Calie qu'Aenor n'était pas aussi méfiante envers elle qu'envers d'autres de ses congénères.

La jeune Serdaigle semblait réceptive à l'épanchement furtif de la Verte.


« J'suis pas très loquace non plus quand il s'agit d'ma vie privée. Quand on m'pose des questions, en général j'y réponds... Jusqu'à un certain point, évidemment. Mais j'dis juste le strict minimum, histoire d'assouvir la curiosité maladive de certains... »

Alors en fin de compte, Calie était comme elle. Elle n'était pas expansive et préférait garder son jardin secret, un éden dans lequel sont cachés chacun de nos rêves, espoirs, secrets et sentiments.

Aenor soupira :
« Mh... Je ne sais pas pourquoi les gens sont curieux. Il y en a tellement qui s'intéressent aux vies des autres simplement par voyeurisme... Si c'est pas ton cas, c'est bien. Moi, je n'aime pas qu'on m'en raconte trop. Je trouve ça d'un ennui...» La jeune Serpentard leva les yeux au ciel, instinctivement.

« En fait, c'est intéressant si les gens ont une vie passionnante. Mais c'est rarement le cas. »

Aenor avait dit cela d'un ton vilipendant. Elle jugeait souvent que la vie des autres n'était pas digne d'intérêt. En fait, elle n'avait jamais su s'intéresser aux futilités d'existence des autres. Elle n'y avait jamais été confrontée, en réalité. Mais, en faisant un petit effort d'adaptation, elle serait sans doute capable de trouver un quelconque intérêt pour le sort de ses semblables.
Elle savait que sa vision des choses pouvait choquer, mais c'était comme cela.


« Pour ce qui est de cet "ami proche perdu puis retrouvé"... Ça a l'air de beaucoup t'toucher. Des amis, on en a pas beaucoup. Des vrais, encore moins. J'sais pas c'qui te lie à lui, mais c'est une chance de l'avoir retrouver...»

« Ca me touche, oui. Et c'est chose rare. Mais cela va me turlupiner. Comment quelqu'un peut vous contacter des années après vous avoir laissé sans nouvelles aucunes ?! C'est pas humain... Et puis, les amis, qu'est-ce que c'est ? Ici, on dirait que ce sont les gens qui t'aident pour faire tes devoirs ou ce genre de trucs. Stefen, c'était un véritable ami, un confident. Le seul, je crois. Et puis, il est à Beauxbâtons. J'me demande comment c'est là-bas... Pas toi ? Tu ne t'es jamais demandé ce que ce serait d'étudier ailleurs ? »

La langue d'Aenor se déliait. Et, alors qu'elle parlait d'une autre école de magie, ses yeux s'allumaient et une flamme y virevoltait.

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La tension qui avait régné entre les deux jeunes filles depuis le début de cet échange semblait s'être enfin calmé. Le ton n'était pas à la franche rigolade, mais de toute façon, ça n'arrivait que rarement avec Calie. La première et la seule personne à Poudlard – pour l'instant - avec qui elle s'était sentie libre de rire, c'était Rachel Goodheart. Sa gardienne dans l'équipe de Quidditch, mais avant tout son amie. A bien y réfléchir, c'était la seule personne de cette école qui avait vu Calie sous une autre facette.

Avec Aenor, la rire n'était pas au rendez-vous. Mais Calie sentait qu'autre chose les liait. Car même si les aspects un peu hautains de la Serpentard, lorsque celle-ci affirma que les gens d'ici avaient rarement des vies intéressantes, ne lui plaisait pas trop, elles avaient tout de même des avis plutôt similaires sur ce qui les entouraient. Aenor ressemblait un peu à Calie quand elle était en première année. Du moins c'est l'impression qu'elle donnait.

La première année semblait tout de même plus en confiance, et elle se décida à parler un peu plus. Cet acte soulagea un peu la Serdaigle. Bien qu'un peu sauvage dans l'âme, elle avait quand même besoin de se socialiser. Surtout ici. Se rendre compte que quelqu'un pouvait lui accorder un minimum de confiance lui confirmait qu'elle ne faisait pas tout de travers avec les autres.


« Ça me touche, oui. Et c'est chose rare. Mais cela va me turlupiner. Comment quelqu'un peut vous contacter des années après vous avoir laissé sans nouvelles aucunes ?! C'est pas humain... Et puis, les amis, qu'est-ce que c'est ? Ici, on dirait que ce sont les gens qui t'aident pour faire tes devoirs ou ce genre de trucs. Stefen, c'était un véritable ami, un confident. Le seul, je crois. Et puis, il est à Beauxbâtons. J'me demande comment c'est là-bas... Pas toi ? Tu ne t'es jamais demandé ce que ce serait d'étudier ailleurs ? »

Beaucoup d'informations d'un coup. Calie ne savait pas si Aenor avait conscience de tout ce qu'elle disait, ou si elle avait juste besoin de se livrer à quelqu'un. Quoi qu'il en soit, la troisième année réfléchit un certain temps à tout ce qu'elle venait de dire.

« Des amis ici, c'est pas facile d's'en trouver, c'est vrai. Mais pas impossible. Faut juste faire l'effort d's'adapter... » répondit tout d'abord Calie, tout en repensant à Rachel. « Et pour ce... Stefen. Un vrai ami, j'pense que ça s'perd pas, même après longtemps... Mais bon, j'ai jamais vécu d'truc comme ça, donc j'peux pas vraiment te dire... »

Calie avait passé son enfance dans une école moldue, car c'était le souhait de son père. Il savait qu'elle allait partir à Poudlard dès ses onze ans, il voulait donc qu'elle ait une éducation comme lui avait eu, avant qu'elle ne parte. Là bas, elle s'était bien évidemment sentie à l'écart des autres, qui la trouvait beaucoup trop bizarre. Aller à Poudlard était donc pour elle un soulagement. Mais tout restait donc à faire niveau social...

Quand Aenor lui parla de Beauxbâtons, Calie tiqua. Elle connaissait cette école. Et cela pour une bonne raison.


« Ma mère a fait ses études à Beauxbâtons... A l'époque, c'était uniquement une école pour fille. Mais si Stefen y est, c'est qu'ça a dû bien changer... Ma mère m'en a tellement parlé... Moi ça m'a dégoûté. Toutes ces pimbêches... Poudlard c'était l'mieux. Et surtout l'plus près. J'veux pas aller dans un autre pays. Mais toi... T'voulais pas aller là bas ? Histoire d'être avec lui quoi... »

It's just a goodbye ~~
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Ancien sorcier

«You won't age a day in freeze frame»  Libre 

Est-ce qu'on peut parler de confiance lorsqu'un être se confie quelque peu à un autre qui lui est étranger ? Quand une Serpentard soulage sa peine en s'adressant à une Serdaigle ? Est-ce qu'on peut parler de prémisse d'amitié quand une personne glaciale essaye de se sociabiliser avec quelqu'un qui, pour une fois, lui porte une attention particulière ? Quelqu'un qui ne voit pas en elle une terreur qui envoie son venin à la figure de n'importe qui ?

Aenor était là, plantée au milieu du couloir, l’œil vif et perçant, la voix tendue. Elle se sentait vide de tout, perdue dans un flot de souvenirs, de pensées. Elle s'était ouverte à Calie sans trop savoir pourquoi. Peut-être parce qu'elle n'avait pas été méchante avec elle ? Peut-être était-ce parce qu'elle lui avait laissé la possibilité de parler, ou non ? Elle n'avait pas cherché à brusquer la Verte et Argent. Elle aurait pu être peste, profiter de sa faiblesse momentanée pour lui asséner le coup de grâce. Mais elle n'en avait rien fait.

Aenor avait pu s'ouvrir calmement, laisser la tension de côté, parler machinalement comme lorsqu'on lit un livre. Beauxbâtons, l'amitié...

Qu'est-ce qu'on sait de l'amitié quand on a onze ans, qu'on a perdu notre meilleur ami pendant notre plus tendre enfance, quand on a été élevée dans l'idée qu'il faut montrer la suprématie de sa famille ? Qu'est-ce qu'on en sait quand on a l'impression que personne ne veut se lier avec vous, qu'on a l'impression d'être une teigne, alors qu'on aimerait bien, peut-être, au fond de nous, ressentir quelque chose d'autre que de la haine et du dégoût pour tout. On attend de devenir meilleur, de recevoir une gifle qui nous réveillera. On reste dans la peur de décevoir, la peur de ressentir et de souffrir. Quitte à parler de souffrance, Aenor préférait de loin que les autres aient mal mais qu'on ne l'approche pas de trop près. Farouche...


« Des amis ici, c'est pas facile d's'en trouver, c'est vrai. Mais pas impossible. Faut juste faire l'effort d's'adapter... » S'adapter ? Comment on s'adapte aux autres quand on ne connait rien à l'espèce humaine ? Comment ? Il faudrait un mentor, quelqu'un qui lui apprendrait ce que c'est, qui la rassurerait, qui l'aiderait à grandir, à faire ses preuves sans pour autant ressentir le besoin d'être écrasante et froide, quelqu'un qui serait là pour elle, pour qui elle serait présente. Un être qui n'aurait pas peur de se mettre en travers de son chemin, qui lui tendrait la main, et avec qui elle pourrait baisser la garde et diminuer son ego, sa fierté.
« Et pour ce... Stefen. Un vrai ami, j'pense que ça s'perd pas, même après longtemps... Mais bon, j'ai jamais vécu d'truc comme ça, donc j'peux pas vraiment te dire... »

Un vrai ami... Oui, c'en était un. Toujours fourrés ensemble, sans peur, juste eux deux et le monde. Découvrir, grandir ensemble. Mais pourquoi revenait-il maintenant ? C'était quoi son problème ? Pourquoi raviver des souvenirs si doux qu'ils en sont devenus douloureux ?

« On peut toujours perdre ce qui nous est cher. »
C'était froid, sans appel. Digne d'un Earl. C'était prononcé comme une sentence, comme une loi fondamentale et indéniable. Ce Stefen... Perdu qu'il était. Perdu depuis des années, disparu. Et c'était un choc dans la vie d'Aenor que de le voir revenir. Un choc de voir revenir quelqu'un qu'on a aimé lorsqu'on considère aujourd'hui les gens comme des êtres capables de nous briser. Et puis il était loin, il était à Beauxbâtons, à en croire son courrier.

« Ma mère a fait ses études à Beauxbâtons... A l'époque, c'était uniquement une école pour fille. Mais si Stefen y est, c'est qu'ça a dû bien changer... Ma mère m'en a tellement parlé... Moi ça m'a dégoûté. Toutes ces pimbêches... Poudlard c'était l'mieux. Et surtout l'plus près. J'veux pas aller dans un autre pays. Mais toi... T'voulais pas aller là bas ? Histoire d'être avec lui quoi... »

Une école de filles ? Changer ? Oui, c'est possible. Après tout, tout n'est jamais figé. Peut-être que ça valait mieux que Durmstrang...

« On peut toujours perdre ce qui nous est cher. Ça m'étonne qu'il soit là-bas d'ailleurs. Mais je savais pas, et puis je suis pas sûre de vouloir le revoir. S'il est avec des pimbêches, qu'il a changé, alors on n'a plus rien à se dire. J'aime pas non plus les filles comme ça, les vantardes qui au fond n'ont rien de plus que toi et moi. On est mieux comme ça, non ? »

Elle perdait de sa superbe, un nœud vint se loger dans sa gorge. Elle n'arrivait pas à s'en débarrasser. Il lui fallait fuir, fuir avant que Calie s’aperçoive qu'Aenor avait perdu une partie de son côté revêche. Elle respira du mieux qu'elle put, par la bouche. Elle se sentait étouffer. Son cours n'allait pas tarder à commencer. Il était là, son échappatoire.

« Ecoute Calie, faut qu'j'y aille. Défense Contre les Forces du Mal. Faudrait pas que je sois en retard. »

Aenor recula de quelques pas, avant de se retourner vers Calie. Dans son trouble, elle n'avait même pas pensé à lui fournir une formule de politesse avant de s'éclipser. La pauvre Serdaigle n'allait peut-être pas comprendre...

« Rien ne nous empêche de nous revoir un jour. A plus, Calie ! »

Voilà. Aenor était maintenant retournée. Elle allait rejoindre les escaliers, direction la salle de cours. Son trouble ne la quittait pas, il n'allait sans doute pas la quitter de toute la journée.

«You won't age a day in freeze frame»  Libre 

Aenor ne semblait pas être vraiment au courant de ce qu'il se passait à Beaubâton. Elle semblait même presque surprise de ce que Calie lui disait. Ce Stefen n'avait pas dû lui annoncer son départ là-bas... Ce qui, d'ailleurs, était plutôt étrange. S'ils étaient si proches, pourquoi ne lui avait-il pas dit où il allait ? Pourquoi ne pas lui avoir envoyé une lettre pour lui expliquer ? Et pourquoi la jeune Serpentard n'avait-elle pas cherché à en savoir plus ? Ou peut-être avait-elle essayé sans succès..

Beaucoup de questions envahissaient l'esprit de Calie, mais elle les chassa d'un clignement de paupières. Tout cela ne la concernait pas. Et puis après tout, que connaissait-elle de l'amitié ? Rien. Absolument rien. Tout cela lui échappait totalement, même si elle avait réussi à créer quelques affinités avec certains élèves.


« On peut toujours perdre ce qui nous est cher. Ça m'étonne qu'il soit là-bas d'ailleurs. Mais je savais pas, et puis je suis pas sûre de vouloir le revoir. S'il est avec des pimbêches, qu'il a changé, alors on n'a plus rien à se dire. J'aime pas non plus les filles comme ça, les vantardes qui au fond n'ont rien de plus que toi et moi. On est mieux comme ça, non ? » 

Calie affichait un sourire timide. Ces filles de Beaubâtons, la Serdaigle ne les connaissait qu'à travers les nombreux récits de sa mère. Et cela lui avait suffit. Oui, on est vraiment mieux comme ça.
Le sourire de Calie se figea lorsqu'elle sentit dans la voix de son interlocutrice un changement d'intonation. Elle ne semblait plus aussi sûre d'elle, et un léger tremblement avait percé les rempares pourtant si bien montés de sa carapace.

La Bleue ouvrit lentement la bouche, mais se ravisa et la referma aussitôt. Quelque chose semblait ne pas aller, mais elle préférait ne pas insister.


« Écoute Calie, faut qu'j'y aille. Défense Contre les Forces du Mal. Faudrait pas que je sois en retard. » 

Calie se félicita ne n'avoir rien tenté de plus. Aenor semblait vouloir partir, fuir cette conversation qu'elle ne contrôlait peut-être plus comme elle l'aurait souhaité.

Regardant autour d'elle, la jeune Serdaigle remarqua qu'un groupe d'élèves de première année commençait à se rassembler un peu plus loin dans le couloir, là où Aenor allait avoir cours. Compréhensive, Calie hocha la tête, et vit la Serpentard commencer à s'en aller. Sans rien dire de plus, comme ça. La fillette fit la moue, car cela l'amusa un peu. Pourquoi ? Tout simplement parce que, encore un fois, Aenor lui fit penser à elle-même lorsqu'elle était en première année. Partir comme ça, sans rien dire, Calie ne l'avait fait que trop souvent quand elle ne se sentait pas à l'aise.
Puis finalement, la Serpentard se retourna, comme si elle s'était rendu compte qu'elle oubliait quelque chose.


« Rien ne nous empêche de nous revoir un jour. A plus, Calie ! » 

Étonnée de cette attention, Calie afficha un sourire en coin discret, et hocha une nouvelle fois la tête tout en regardant Aenor s'éloigner.
Soupirant un bon coup, comme à son habitude, la jeune fille resta plantée là, au milieu du couloir pendant quelques secondes. Elle venait de faire une nouvelle rencontre, comme on en faisait tant dans cet immense château. Mais il fallait bien avouer que cette rencontre-là n'avait rien d'ordinaire. Cette Aenor était plutôt mystérieuse, mais ce que Calie ne savait que trop bien, c'était que chaque carapace était là pour une bonne raison, pour cacher quelque chose.

Secouant légèrement la tête, Calie reprit en main les papiers concernant le Quidditch et s'avança dans le couloir en se replongeant dans ses tactiques de jeu, comme si ces quelques minutes en compagnie d'Aenor ne s'étaient jamais réellement passées...



- RPG terminé -

It's just a goodbye ~~