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Un avant-goût de fête  PV: Oksana 

Les jours devenaient de plus en plus courts à Poudlard. La faute à qui ? À l'automne. Et il n'y avait pas que ça : la température chutait, les feuilles des arbres jaunissaient, donnant au parc une impression d'être constamment plongé dans la lumière de l'aube le jour, et d'être une sorte de square moldu de la banlieue de Londres la nuit. Le château avait l'air comme plus vivant lorsqu'on le voyait en compagnie d'arbres de cette allure-là.

C'était en partie pour cette raison que Chase Sullivann restait souvent sur les berges du lac, à regarder cette masure si imposante à laquelle il avait tant rêvé, alors que le soleil commençait tout juste à décliner sous les coups de cinq heures, les couleurs rougeoyantes de l'horizon se reflétant sur la surface du loch paisible, quelques ondes crées par la brise automnale soufflant sur l'eau fraîche de l'étendue se répandant, imperturbables, à travers le Lac Noir.

L'herbe était verdoyante, encore perlées de rosée causée par la pluie qui était survenue quelques heures auparavant. Chase était un des seuls élèves traînant encore dans le parc, bravant le froid de novembre grâce à son écharpe et son bonnet en laine aux couleurs de sa maison : Serdaigle. Il avait aux mains des sortes de mitaines-moufles, qui lui permettaient de dessiner le paysage enchanteur qu'il avait sous les yeux sur son bloc-note à l'aide de ses crayons (seuls objets moldus qu'il avait gardé avec lui) tout en gardant la majorité de ses mains au chaud.

Voyant que la lumière du soleil déclinait, il décida de rentrer au château, au moins il pourrait profiter de la chaleur de la Grande Salle ou de la Salle Commune pour garder ses mains attachées à ses poignées. Il se leva donc, rangea son matériel dans son sac et retourna à l'école, d'une marche nonchalante.

Lorsqu'il poussa la porte du Hall, il put voir un groupe de filles glousser en passant devant l'affiche du bal. Chase soupira : depuis qu'une annonce avait été faite durant un dîner il y avait de cela quelques jours, et qu'une affiche se trouvait près de la porte de la Grande Salle, la quasi-totalité des filles était en joie. Aussitôt, toutes les filles devenaient souriantes, gloussaient pour un rien aux blagues des garçons, espérant que leurs manigances leur permettraient de se faire inviter. Le jeune Serdaigle trouvait ce comportement un peu pathétique. Il se rappelait de ces soirées en primaire, pendant lesquelles les garçons restaient assis sur des chaises posées çà et là, pendant que les filles se trémoussaient sur des chansons de « reines de la pop » ou de ces boy's bands que Chase détestait par dessus tout. Il n'y allait que pour deux raisons : l'obligation de rester avec les autres (soit-disant parce que ça lui permettrait de se sociabiliser) et le buffet à volonté. Ca ne le dérangeait que quand il n'avait pas le droit de prendre ses boules Quies. Mais, cette fois-ci, Chase savait que ce serait différent. La plupart des gens contre-dirait le terme « savoir », puisqu'on parle du futur. Mais Chase, à force de voir ses intuitions se révéler justes quasiment à chaque fois, pouvait se targuer en toute modestie de savoir comment se passerait telle ou telle chose.

Chase se l'imaginait ainsi, et n'avait aucun doute que certains éléments seraient vrais : une salle de bal redécorée pour l'occasion, avec de hautes fenêtres de style gothique, pouvant s'ouvrir sur une grande terrasse suspendue au troisième étage, par lesquelles ont pourrait voir la neige tomber du ciel sombre de la nuit de Noël. Des sapins seraient éparpillés à travers la pièce, ornés de boules, de guirlandes, d'étoiles et d'autres types de décoration, et des colonnes grecques seraient sûrement apparues pour donner un style romantique à la pièce. Des tables de deux à quatre, rondes, recouvertes de couverts aux détails recherchés, en or ou en argent, et de quelques menus dévoilant les plats succulents préparés par les elfes des cuisines à cette occasion, le tout posé sur une nappe blanche ou rouge. Un choeur serait situé à un certain endroit, et serait sûrement composé de la chorale de l'école ou même de créatures magiques, entonnant les traditionnels chants de Noël. Il voyait également une piste de danse, située au milieu de la pièce, où danseraient les couples y allant. Enfin, et Chase l'espérait, il y aurait un père Noël... Puis, il songea aux membres du père Noël susceptibles de se déguiser en Saint Nicolas. Il commença à ricaner tout seul dans les couloirs en pensant à Hagrid déguisé en un bonhomme en blanc et rouge volant sur un traîneau tiré par des Sombrals.
Mais, alors qu'il était plongé dans ses pensées, il en fut brusquement ressorti par un choc à la tête. Lâchant un « Ouch ! », plutôt expressif, il ferma les yeux sous le coup et se frotta le front pour calmer la douleur avant de dire :

« - Eh, fais attention ! »

Il ouvrit alors les yeux et observa la personne qui l'avait percuté.

Un avant-goût de fête  PV: Oksana 

Foutu hiver. Avec ses aiguilles de sapin qui viennent vous piquer en se faufilant dans vos vêtements et ses boules de Noël si fragiles qu'il n'est pas rare qu'une ou deux se glissent sous vos pieds nus et craquent en milliers de morceaux sous les sermons barbants des parents. Fallait bien y passer, à cette fichue saison glaciale et bien trop familiale pour une orpheline. Oksana, bien qu'héritière d'un patronyme russe, entretenait un dégoût profond avec tout ce qui se rapportait de près ou de loin à cette maudite époque hivernale. La petite brise polaire qui crispe la mâchoire, les nombreux flocons de neige qui se collent allègrement sur le visage et forment des gouttes froides peu appréciables et ces gamins imbuvables qui trouvent « drôle » de lancer des boules de neige bien compactes dans la face des passants. Non, vraiment pas pour elle. Ana pouvait en parler en connaissance de cause puisqu'elle y était fortement habituée, à recevoir des projectiles en pleine poire. Mais ce qu'elle détestait le plus c'était bien ces maudits carols d'enfants de chœurs qui venaient chanter des chansons de Noël barbantes sur le seuil des portes par ces petits mômes anglais. Les seules choses qu'elle semblait ne serait-ce que tolérer en hiver c'était évidemment les cadeaux des fêtes de Noël et de la nouvelle année ; ça, n'importe quel enfant ne pensait qu'à une chose : le Père Noël et sa hotte pleine de jouets. Enfants moldus ou sorciers, tous étaient excités à l'idée de recevoir un petit quelque chose emballé soigneusement dans un beau paquet cadeau avec des mini rênes dessus et un long ruban entortillé autour ; un rose pour les filles, un bleu pour les garçons, dans les règles des traditions. Ce qu'Ana aimait par dessus le marché c'était les délicieux plats juteux des fêtes, luisant à la lumière de la cheminée des maisons, dégageant une alléchante odeur de dinde farcie aux marrons à des kilomètres à la ronde et cet énorme gâteau brun aux fruits confits macérés durant des mois spécialement pour ce jour : Le Plum Puding. Avec toutes ces traditions, clichés, appelez ça comme vous le voulez, c'était un Noël digne de ce nom en Angleterre.

Mais bien sûr, comme tout dans la vie : on n'a jamais ce que l'on veut. C'est pour cette raison qu'Oksana n'avait encore jamais eu l'occasion de fêter un Noël en famille. Bien sûr elle avait pu goûter à différents plats typiques de Noël dans plusieurs pays durant les années où elle s'est fait ballotter de famille d'accueil en famille d'accueil. Elle avait goûté au délicieux turron et mazapán d'Espagne et le pain d'épice et les pirogui de Russie, mais jamais en vraie famille. Elle aimerait dire que ça lui manque, mais n'y ayant jamais assisté... Enfin bref, la famille d'accueil dans laquelle elle était avant de venir à Poudlard était comme sa vraie famille, alors elle ne se plaignait pas et attendait avec impatience les fêtes de fin d'année pour profiter une troisième fois d'être avec des personnes qui comptent enfin pour elle. Et puis, l'Espagne était un pays chaud, elle n'avait pas à s'inquiéter d'une quelconque gêne par le froid pour cette fin d'année.

Revenons à la réalité et à Oksana qui se dégourdissait un tantinet les guibolles dans les couloirs de l'école, emmitouflée sous plusieurs couches de vêtements bien chauds. Elle ne s'était pas privé d'enfiler un t-shirt avec par dessus un pull rayé vert et gris aux manches trop longues, un pantalon noir bien épais, une écharpe en laine magenta, tirant sur le violet, une paire de gants et un bonnet en laine beige. Avec tout ça, elle arrivait tout de même à avoir le bout du nez rougit par le froid des couloirs, contrastant avec le teint pâle et cadavérique de son visage de rousse. Oui, elle était bien au courant que l'hiver n'avait pas encore jeté son dévolu sur l'Angleterre, mais la fin de l'automne était déjà assez bien ancré dans le climat déjà pas des plus glorieux de ce pays. Pays pluvieux, froid et gris, Oksane n'était pas tellement gâtée sur ce côté là, mais tant pis c'était là qu'était Poudlard, point à la ligne, pas d'autre choix, basta. Ana comptait les jours qui la séparait de maintenant à Noël jusqu'à qu'un choc non pas violent mais surprenant, lui coupa le souffle, tel qu'elle en tituba un instant avant de sentir les premiers picotements en haut du crâne. Elle laissa échapper sa dernière pomme, oui, la DERNIERE. D-E-R-N-I-E-R-E. Qu'importe la personne qui l'avait percuté et causé la chute terrible de son fruit chéri, elle allait payer. Oksana leva ses yeux gris affolés vers le garçon d'en face d'elle et le toisa d'un regard hautain. Elle avait aperçu le son de sa voix qui s'exclamait pendant l'impact foudroyant, mais son esprit était bien trop brouillé pour se souvenir ce qui avait pu s'échapper de sa misérable bouche. Elle fronça ses sourcils, posa ses mains contre le creux de ses hanches et agita sa longue chevelure rousse en lui adressant la parole d'une voix empreinte d'une palpable animosité, bien qu'un géant sourire se dessina sur ses lèvres.


« Il pourrait pas faire un minimum attention où il met ses énormes pattes, le p'tit bleu ? »

Oksana baissa ses grands yeux gris clairs sur l'écusson de sa maison épinglé à sa robe de sorcier. Serdaigle. Les intellos étaient des retour, ça faisait bien longtemps qu'elle en avait pas entendu parler. Elle lui glissa un sourire en coin pour faire passer sa remarque méprisable pour une blagounette de couloir. Elle tendit sa main, se présentant brièvement à lui : prénom, maison, année, avec toujours ce petit sourire malicieux en coin.

Vaut mieux vous que moi.
~ Même le plus petit des serpents a du venin ~

Un avant-goût de fête  PV: Oksana 

La cause de son choc se révélait être une grande jeune fille, qui ne devait pas être plus âgée que Chase. Le Serdaigle la jaugea de bas en haut : ses jambes étaient recouvertes d'un pantalon noir, qui semblait bien chaud. Elle portait un pull rayé vert et gris, ce qui fit penser à Chase qu'elle appartenait à la maison Serpentard. Autour de son cou s'enroulait une écharpe violette qui contrastait beaucoup avec la pâleur de son teint. Enfin, sur son crâne était posé un bonnet beige sous lequel dépassaient des cheveux roux clairs, avec des reflets blonds dont les pointes devenaient plus foncées dans un joli dégradé. Son visage était légèrement cadavérique et paraissait extrêmement froid au jeune sorcier, malgré le large sourire dessiné sur les lèvres de l'élève. Celle-ci avait laissé échappé quelques mots après le choc :

« Il pourrait pas faire un minimum attention où il met ses énormes pattes, le p'tit bleu ? »

Et ça y est, c'est parti pour les blagues sur la maison Serdaigle. Non, franchement, ça devenait lourd pour Chase. Il savait très bien que Serdaigle avait la réputation d'accueillir des sorciers un peu dans leur monde, des nébuleuses ou des têtes-en-l'air. C'était au moins la vingtième personne qui ricanait devant le blason de Serdaigle que portait Chase depuis le début de l'année. La jeune fille eu un petit sourire au coin de la lèvre qui exprimait, un peu maladroitement, le fait que les paroles dites n'étaient dûes qu'au choc violent dont avaient été victimes les deux élèves. La jeune sorcière tendit alors la main en se présentant : elle s'appelait Oksana Ivanova. C'était une élève de première année de Serpentard. C'est alors que Chase se souvint d'un petit détail : il avait déjà vu cette fille, en cours de Potions. N'importe quel élève se serait sûrement dit que c'était normal qu'un Serpentard réagisse de cette façon, mais Chase savait que, de même que pour Serdaigle, chaque maison était victime d'un stéréotype : les Gryffondors seraient des vantards qui ne comprennent pas comment on peut s'intéresser à certains centres d'intêrets, les Poufsouffle seraient des blaireaux, à l'image de leur animal fétiche, et les Serpentard des sorciers qui seraient maléfiques par nature. Or, Chase n'aimait pas les stéréotypes, pour en avoir été la cible pendant ses jeunes années à l'école moldue. Cette habitude de se faire harceler avait conduit Chase à devenir un solitaire quasiment insociable. Mais pour marquer son entrée dans le monde magique, il s'était donné pour but de faire un effort de sociabilité. C'est pourquoi il serra la main d'Oksana, tout en disant en se massant l'endroit où il s'était cogné, essayant de chasser la douleur :

« Enchanté, je suis Chase Sullivann, élève de première année à Serdaigle, comme tu l'as r'marqué. Désolé pour la bosse, j'avoue que je devrais arrêter de regarder le sol quand je marche, c'est assez dangereux apparemment. »

Il sourit. Etape numéro une : accorder à l'interlocuteur qu'il a raison à la première entrevue, ça le mets plus à l'aise. Si en plus on sourit, on aura l'air aimable et l'autre se sentira mieux. Il posa ses yeux sur le sol et remarqua, avec désolation que son bloc-note était tombé, alors que le sol était sale de boue et d'eau venant des toilettes situées non loin. Poussant un juron d'un ton attristé, il se pencha pour ramasser ses affaires, regardant son dessin trempé et maculé de boue. Il fit défiler les pages une à une pour voir l'étendue des dégâts. Il put alors avoir conscience de l'étendue des dégâts : seuls trois dessins, en plus de celui qu'il venait d'achever étaient relativement sabotés. Le reste s'en tirait pas mal. Il vit également que, sur le sol, se trouvait une pomme. Une pomme rouge, écarlate, qui devait sûrement appartenir à Oksana. Il montra alors la pomme du doigt en demandant, essayant de prendre un air gêné :

« C'est à toi la pomme, par terre ? »

Un avant-goût de fête  PV: Oksana 

Son interlocuteur lui empoigna la main en se présentant à son tour, massant le front, un sourire éclairant son visage malgré le fait qu'elle n'ai pas été des plus sympathique à première vue avec lui. Nonobstant elle lui rendit un sourire polit non sans une touche de moquerie, elle glissa sa main dans ses cheveux tandis qu'il s'excusait pour la bousculade tel un gentil et mignon Serdounet le ferait. Mais n'allons pas croire qu'elle était la méchante Serpentarde qui méprisait n'importe qu'elle maison mis à part la sienne, animée par un instinct de combativité et compétition primaire. C'était juste Serdaigle. Rien qu'eux. Elle ne supportait pas cette maison d'élèves bien trop assidus à son goût, toujours à étaler leurs connaissances à tout va et leur fantôme attitré était d'un ennui, d'un ennui mortel même. Autant la fille que la mère, elles semblaient bien trop parfaites pour avoir un semblant d'intérêt, alors que le Baron sanglant, lui il avait de la gueule comme on dit. Et Peeves alors, qu'est-ce qu'il pouvait être barbant avec ses blagues à deux galions cinq mornilles mais malgré ça il lui plaisait bien à la p'tite Oksana qui elle aussi avait un sens aiguë pour les farces malsaines envers ses camarades inter-maison. Serdaigle ou Poufsouffle, Ana avait encore du mal à se décider de laquelle des deux maisons elle trouvait la plus inintéressante. Autant les Serdaigles avaient le mérite d'en avoir dans le ciboulot que les Pouffy ne font que traîner autour de la cuisine à chercher les restes des repas tels des vieux chiots galeux.

« C'est à toi la pomme, par terre ? »

Oksana leva des sourcils étonnés face à la question du jeune homme. Il avait bien vu qu'elle venait de lui glisser des mains et, regardant de droite à gauche et derrière elle, il n'y avait personne à l'horizon. Aiglons mais pas très débrouillard. Ou peut-être la jeune fille l'intimidait trop qu'il cherchait à tout prix un sujet de conversation convenable. Soit, mais « Les pommes » était-il réellement un sujet en béton ? Bref, Oksana se baissa pour ramasser sa pomme rouge écarlate au sol en prononçant d'une voix fluette et empreinte d'un mélange d'accent pour le moins étonnant.

« Beh oui, à qui veux-tu qu'ça soit ? »

Nouveau sourire polit. Elle attrapa le haut de son bonnet pour le retirer et laissa ses cheveux roux se blottir contre son épaule gauche qui lui tombait en bas des reins, bouclant légèrement à certains endroits. Ses sourcils se froncèrent quand elle remarqua enfin le carnet que Chase tenait entre les mains. Intriguée, Ana lui arracha des mains et s'empressa de l'ouvrir en affichant une mine satisfaite de ce qu'elle voyait. A première vue c'était des dessins plutôt réussis bien qu'elle n'y connaissait rien en matière d'art. Elle ne se priva pas de tourner les pages à toute vitesse sans demander l'avis à sa rencontre, laissant échapper à quelques instants un bruit satisfait ou un claquement de langue de mécontentement quand elle essayait vainement de nettoyer sa pomme contre sa cuisse. Lâchant l'affaire, elle jeta sa pomme dans son vieux sac et en sortit deux, en tendant une à Chase sans le regarder, contemplant le dernier croquis dessiné par ce-dernier.

« C'toi qu'a fait ça ? C'pas mal, j'aime bien. »

Oksana croqua dans sa propre pomme rouge dans un bruit plutôt agaçant et leva de nouveau ses grands yeux gris sur le jeune homme. Le détaillant de haut en bas pour la première fois elle le regardait vraiment. Seule son insigne bleue trop vive à ses yeux lui empêcha de se faire une bonne idée du personnage surtout quand on connaît qui était la dernière préfète imbuvable de cette maison toute aussi détestable.

Vaut mieux vous que moi.
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Un avant-goût de fête  PV: Oksana 

Oksana haussa les sourcils, visiblement surprise par la question du jeune aiglon. Elle regarda autour d'elle. Sûrement dans un élan de curiosité, il imita la jeune fille et remarqua qu'il n'y avait personne d'autre dans les couloirs. Oksana se baissa pour ramasser le fruit tandis qu'elle disait :
« Beh oui, à qui veux-tu qu'ça soit ? »

Elle lui sourit poliment. Elle tenta d'enlever la saleté sur la pomme puis, finalement, la lâcha dans son sac et en sortit deux, dont l'une était tendue vers Chase. Il hésita un instant, puis la prit, avant de croquer dedans. Mais alors qu'il savourait le morceau de fruit, Oksana lui prit son carnet des mains. Celle-ci fit défiler les pages, affichant une mine satisfaite, s'arrêtant parfois pour observer certaines esquisses. Chase attendait, patiemment, en serrant les dents. Puis, finalement, la jeune Serpentard s'arrêta sur une page, et dit alors :
« C'toi qu'a fait ça ? C'pas mal, j'aime bien. »

Puis, elle croqua bruyamment dans sa pomme. Malgré le compliment, Chase ne sourit pas, il afficha une mine légèrement surprise, un sourcil levé. Il s'approcha et regarda la page : c'était le dessin qu'il avait entamé tout à l'heure. Il faut savoir qu'un artiste n'aime pas qu'on regarde un de ses dessins pas encore terminé. Ou ça le gêne, ou ça l'énerve. Dans le cas de Chase, c'était le premier. Il arracha alors le carnet et dit alors, en rangeant son carnet dans son sac :
« C'est surtout foutu. Je sais pas trop comment on enlève cette saleté avec un sortilège. Et encore moins si un sortilège ne ferait pas disparaître les tracés du crayon. Tant pis, je trouverai bien autre chose à dessiner... »

Il afficha une mine dépitée, puis, remarqua que son interlocutrice était en train de l'observer. Il trouva la situation un peu gênante. Les yeux d'Oksana s'arrêtaient à chaque fois qu'ils entraient en contact visuel avec l'insigne bleu de Serdaigle. Chase, agacé, souffla et s'exclama alors :
« T'as un problème avec Serdaigle ? C'est quoi ? Le fait qu'on soit des intellos, des rêveurs, des gens originaux ? Moi qui n'aime pas les clichés, les stéréotypes, je dois bien me faire une raison. Je pensais que vous, les Serpentards, étaient pas comme on vous décrit habituellement, comme des gens qui croient qu'ils pètent plus haut que les autres, mais apparemment, c'est vraiment le cas. »

Un silence se fit. Le temps était comme suspendu. Puis, prit de culpabilité, Chase reprit, avec une voix plus baisse :
« Désolé, je me suis un peu emporté. C'est juste que j'en ai marre d'être victime de ces clichés-là, surtout quand ce sont ceux qui me ressemblent qui en sont les cibles. Surtout que, 'fin, t'es sympa, tu m'as donné une pomme et tu m'as dit que je dessinais bien... J'crois que je suis un peu sur les nerfs ces temps-ci... »

Chase essayait de trouver d'autres excuses, mais il savait très bien qu'il se voilait la face : il venait de tenter de vaincre le feu par le feu. Il avait fait en sorte qu'Oksana soit victime du stéréotype qui colle au nom de Serpentard, alors que lui-même subissait le même sort quotidiennement. Se calmant tout doucement, il attendait que la jeune sorcière daigne lui répondre.

Un avant-goût de fête  PV: Oksana 

Ah l'art. Oksana n'en avait aucune notion, ça c'était certain, mais ce qu'elle tenait entre les mains lui parut être pas trop mal à son goût pour de simples esquisses. Elle leva les yeux et les posa sur le visage embarrassé de Chase, visiblement ça ne lui plaisait pas tellement qu'elle farfouille dans ses dessins, ce qui paraît tout à fait normal. Mais loin de culpabiliser et vouloir s'excuser, Ana lui sourit avec de recroquer bruyamment dans sa pomme quand il lui arracha le carnet tout comme elle plus tôt. Il semblait mal à l'aise et s'entreprit immédiatement de lui dire qu'ils étaient foutus avec toute la saleté causée par la bousculade. Ana l'observa attentivement en train de ranger son carnet dans son sac, un sourire malicieux dessiné au coin des lèvres tandis qu'elle dégustait sa pomme, une main posée sur ses hanches. Il semblait déçu et dépité par l'état de ses œuvres, mais qu'importe elle lui a offert une pomme, ça devrait aller.

« T'as un problème avec Serdaigle ? C'est quoi ? Le fait qu'on soit des intellos, des rêveurs, des gens originaux ? Moi qui n'aime pas les clichés, les stéréotypes, je dois bien me faire une raison. Je pensais que vous, les Serpentards, étaient pas comme on vous décrit habituellement, comme des gens qui croient qu'ils pètent plus haut que les autres, mais apparemment, c'est vraiment le cas. »

L'expression lire quelqu'un comme dans un livre ouvert ne vous paraît sûrement pas inconnue. Et bien c'est ce qu'il se passait avec le visage très expressif de la petite rousse. Ses traits passèrent en un instant à de ce qui paraissait être de la gentillesse, événement rare chez elle, à de la surprise. En effet le p'tit bleu venait clairement et simplement de péter les plombs parce qu'Oksana n'était pas très discrète quand elle contemplait avec cette petite mine de dégoût qu'elle affiche habituellement en regardant l'insigne des Serdaigle. Oksana parut à son tour désarçonnée face à la réaction surdimensionnée du jeunot, bien qu'il ai le même âge qu'elle. Pendant un instant tout se bouscula dans sa tête, elle eu envie de répliquer sèchement à l'aide de répliques bien piquantes, mais elle n'en fit rien. Ses sourcils qui s'étaient soudainement froncés de mécontentement, se décrispèrent ainsi que le reste de son visage, de son corps. Éclats de rire. Oui-oui, ça arrivait parfois. Oksana laissa échapper un rire qui se répercuta contre les parois du couloirs vide en écho. Elle riait encore légèrement quand elle lui prononça ces paroles :

« Eeeeeh, calme toi, respire. Drapeau blanc, elle leva ses bras devant elle, comme pour ce protéger à ce moment, C'pas 'vec toi qu'j'ai un soucis, t'inquiète pas pour ça. C'juste que j'ai qu'des mauvais souvenirs, de Serdaigle. C'surtout que j'connaissais quelqu'un de détestable qui y était, alors relax. Et puis c'tait bien avant que tu sois à Poudlard. »

Oksana n'avait pas forcément envie de parler de ladite personne avec qui elle entretenait une haine bien palpable. Mais tant pis, il amenait le sujet, et si ça pouvait le rassurer, tant mieux. Ana croqua de nouveau dans sa pomme quand Chase lui présenta des excuses et un discours bien connu sur les préjugés inter-maisons qui, faut pas le nier, s'avérer pour la plupart du temps véridique. Comme le taux d'obésité chez les Pouffy bien plus élever que les autres, non ? Et l'égo surdimensionné des Gryfifi alors ? Même les Serpentards réputés pour être les méchants et mesquins de Poudlard, on est pas si loin du réel, non ? Ana s'empressa de lui dire que c'était pas grave, pas important, qu'elle était désolée, même si elle le pensait intérieurement. Elle l'appréciait plutôt bien ce p'tit Chase, malgré qu'il soit à Serdaigle, Oksana voyait en lui un possible ami.

Vaut mieux vous que moi.
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L'expression sur le visage d'Oksana changea du tout au tout. D'une expression gentille, malicieuse, elle passa d'un regard surpris, en un clin d'oeil. Dans ses yeux, Chase voyait presque ses pensées défiler à toute allure, sans pouvoir en déchiffrer le contenu. De toute évidence, la jeune sorcière se demandait comment réagir au pétage de câble en règle qu'avait fournit le jeune Serdaigle. Puis, comme ayant été frappée par un éclair, la réveillant de sa sorte de courte torpeur, elle se mit à éclater de rire.

D'abord surpris lui aussi par la réaction de la Serpentard, il ne prit pas très bien ces rires, ayant une légère impression que dans ces rires ce mêlaient un peu de moquerie. Mais finalement, ce fut lorsque Oksana se mit à parler, encore légèrement riante, que les doutes sur les raisons du rire de cette dernière s'envolèrent, remplacés par un certain soulagement :
« Eeeeeh, calme toi, respire. Drapeau blanc. C'pas 'vec toi qu'j'ai un soucis, t'inquiète pas pour ça. C'juste que j'ai qu'des mauvais souvenirs, de Serdaigle. C'surtout que j'connaissais quelqu'un de détestable qui y était, alors relax. Et puis c'tait bien avant que tu sois à Poudlard. » 

Soulagement, parce qu'il savait désormais que ce n'était pas de la moquerie. Il prit soin de relever le « C'pas 'vec toi qu'j'ai un soucis, t'inquiète pas pour ça ». Donc, la Serpentard aimait plutôt bien le jeune Serdaigle, du moins, c'est ce que laissait penser la phrase. Mais, c'était à cause d'un ou d'une autre Serdaigle. Mais il s'en fichait. Il commençait à avoir le tournis, et une migraine commençait à fleurir dans sa tête. Il allait avoir une vision. C'était le lot quotidien de Chase. Il fermait les yeux, et s'assit contre le mur le plus proche et dit d'une voix qu'il s'efforçait de garder normale :
« Tant mieux alors. J'imagine que si tu ne me dis pas qui est la fameuse Serdaigle spontanément, c'est que tu ne veux pas m'en dire davantage. Je respecte. »

Il sourit légèrement, tandis que, dans l'obscurité du dessous de ses paupières, des couleurs se mettaient à apparaître : du blanc d'abord, comme de l'encre que l'on verse dans de l'eau, en volutes. Les volutes tournoyaient lentement, comme si le temps se suspendait. Ha ! Le temps, une chose très abstraite, que peu comprennent. Ces derniers sont en général ceux qui sont en marge de la société, et qui, à la manière de Cassandre lors de la Guerre de Troie, connaissent le triste destin de ne jamais être cru par les autres. Malheureusement, Chase, quand il voyait ce genre d'images, ne pouvait s'empêcher de vouloir les raconter. C'était sûrement pour cela qu'il s'était mis à peindre, pour raconter sans être pris pour un fou. Il avait eu la chance de grandir auprès d'une grand-mère qui connaissait ce genre de chose. Aujourd'hui, il était seul, livré à lui-même et aux autres, avec ce fichu don qui lui pourrissait l'existence : il voyait tout et n'importe quoi, et ses visions n'avaient aucune pitié pour son esprit fragile d'enfant : guerres, famines, misère, trahison, voire mort dans certains cas. Aussi, ce blanc cadavérique, aux allures fantômatiques, ne présageaient rien de bon pour le petit sorcier.

Ces angoisses se virent amplifiées lorsque du rouge se mêla au blanc, apparaissant au « milieu » de l'écran noir. Puis, soudain, les volutes de couleurs prirent forme, tandis que des petits points de couleurs différentes apparurent. Il reconnut un masque, vénitien, et un sourire, malicieux. Des cheveux roux se trouvaient sur la tête de la personne qu'il voyait. C'était Oksana, au bal de Noël. Puis, les images s'évanouirent : elles effacèrent les formes, redevant des volutes de peinture mélangées. La migraine s'en alla et, enfin, Chase ouvrit les yeux. Il vit alors Oksana, et lui dit :

« Il faut qu'on aille au bal ensemble. »

Un avant-goût de fête  PV: Oksana 

Voilà un p'tit Chase tout rassuré comme on l'aime. Après qu'Ana lui ai exposé le pourquoi du comment elle ne le détestait pas lui, mais sa maison ridicule et particulièrement risible (plus que Poufsouffle), il semblait apaisé par sa réaction. Bien sûr Oksana aurait pu s'énerver, vu qu'elle perd son peu de patience relativement rapidement, mais sur ce coup-ci étrangement elle a décidé de rester calme et de prendre ça à la rigolade. Pour une fois dans sa courte vie, Oksana a loupé une bonne occasion d'envoyer balader ses congénères comme à son habitude. C'était un réel passe-temps et défouloir en même temps pour elle, son activité favorite même. On pourrait penser qu'une récente première année devrait se terrer six pieds sous terre et faire profil bas quand les anciens la croisent dans les couloirs, mais que nenni. Oksana s'était assez faite marcher sur les pieds dans sa jeunesse pour subir quoique ce soit qui la déplaise, c'était aux autres de subir maintenant, un point c'est tout. Basta. C'en était finit d'être de corvée d'épluchage de pomme de terre à la façon des années 30, comme Causette et compagnie. Oksana voulait jouer sa p'tite caïd de Serpentard et qui serait assez cruel pour gâcher le rêve d'une gamine de onze piges ? C'est pas comme si se rebellait et ferait brûler l'école parce que sa copine lui a volé sa plume en sucre à l'heure du quatre heures ou qu'un p'tit bleu aurait tenté de lui donner une leçon sur le racisme inter-maison. Comme quand on parle du loup-garou, le voilà qui pointe le bout de son museau.

« Tant mieux alors. J'imagine que si tu ne me dis pas qui est la fameuse Serdaigle spontanément, c'est que tu ne veux pas m'en dire davantage. Je respecte. »

En fin de compte, il ne paraissait pas bêta du tout et remontait même dans l'estime de la rouquine. Elle commençait à réellement l'apprécier, même. Oksana trop occupée pour se demander comment était-il possible qu'elle ressente de l'affection pour un Serdaigle, ne se rendit pas immédiatement compte qu'il s'était désormais adossé pour le mur, assis par terre, les yeux fermés et visiblement complètement barge. Il souriait malgré les pulsations qui agitaient son corps de p'tit môme, tentant de se garder contenance. Ana passa une main dans ses cheveux avant de jeter sa pomme dans une poubelle environnante et vint s'agenouiller près du garçon. Ses yeux brillaient d'une curiosité plutôt malsaine pour quelqu'un qui voyait un futur ami dans un état plutôt étrange. Elle lui demanda à plusieurs reprises si ça allait, bien sûr que non ça ne va pas voyons, elle lui demanda s'il voulait un peu d'eau, de l'air frais ou que sais-je mais aucun mot ne sortit des lèvres du jeune garçon. Il semblait en transe, comme lorsque Oksana ouvrait ses cadeaux à Noël. Après quelques instants, les prémices de la panique commença à se manifester chez la rouquine, peut-être un peu tard me diriez-vous, mais cela prouve qu'elle ne s'en fichait pas complètement. Des gouttes de sueur perlaient sur le front de Chase qui semblait être bouillant en plus de cela, Oksana tenta une approche qui se voulait humaine et compatissante : elle tendit sa main froide et pâle sur son front comme le fait les mamans attentionnées à leur enfant malade que l'on borde après une histoire au lit et un chocolat chaud. Uhmm, un bon chocolat chaud quand on se les gèle comme maintenant... Ana en avait des frissons quand son compagnon ouvrit de nouveau les yeux, elle retira vivement sa main et fronça les sourcils, la mine interloquée par les événements. Sans prévenir, sans se relever, sans avancer le sujet, rien du tout, Chase lui balança une phrase sans aucun sens à première vue mais qui résonna à l'esprit d'Ana un instant avant qu'elle ne comprenne.

« Il faut qu'on aille au bal ensemble. »

Oksana se demanda un instant s'il était sérieux, elle attendit qu'il éclata de rire, mais non rien. Rien du tout, il était complètement sérieux dans ses propos. Le bal ? Il venait de nous faire une scène digne d'un film moldu fantastique et lui tout c'qu'il trouve à dire c'est une invitation au bal. Non, même pas, c'était une affirmation, sans point d'interrogation à la fin de sa phrase, aucun mot qui indiquerait le fait qu'il lui propose. Et qu'est-ce qu'elle devait répondre au juste ? Pas la peine de dire oui ou non, elle n'avait visiblement pas le choix, c'était comme un ordre pour une chose qui devait impérativement se dérouler sinon la planète Terre allait nous exploser en pleine poire. Et puis, à quoi bon chercher des contre-arguments quand bien même elle mourrait d'envie d'y aller. Elle, qui était sûre de devoir rester dans les dortoirs avec cette fichue règle qui obligeait n'importe quel élève de venir accompagné. Les sourcils froncés, elle leva un instant les yeux au ciel, toujours accroupie à ses côtés et déclara d'une voix plus ou moins sûre d'elle :

« C'à quelle heure ? »

Vaut mieux vous que moi.
~ Même le plus petit des serpents a du venin ~

Un avant-goût de fête  PV: Oksana 

Les sons que Chase entendait, venant de nulle part, s'estompaient. Puis, le mal de crâne cessant enfin, il put pleinement réaliser la phrase qu'il venait de dire. « Il faut qu'on aille au bal ensemble ». Chase n'aurait pas pu faire plus direct. Ni plus sérieux. Un peu trop sérieux d'ailleurs. Il observa la réaction de son interlocutrice : elle semblait être en pleine réflexion. Chase ne s'en faisait pas de la réponse, pour deux raisons : la première était que ses visions se réalisaient toujours. Il avait beau essayer de tout y changer, rien n'y faisait. Il ne pouvait jamais annuler la fatalité. La deuxième réponse, plus terre à terre pour certains, était que la proposition de Chase n'était pas sentimentale. Au contraire, il voyait plutôt Oksana comme une potentielle amie. Celle-ci lui répondit alors :
« - C'à quelle heure ? »

Chase souleva un sourcil. Bon, okay, il s'attendait à ce qu'il lui réponde un « oui », mais pas à un « c'est à quelle heure ? ». Loin de s'imaginer qu'elle poserait cette question, il tourna sa tête vers elle. Il ne savait absolument pas. Il ne s'était jamais attendu à devoir aller à une de ces fêtes scolaires, peu habitué à inviter ou à se faire inviter à ces événements. Et par conséquent, il n'avait absolument pas cherché à savoir quand ça se déroulerait. Il entre-ouvrit la bouche, et regarda autour de lui. La nuit commençait à tomber au-dehors, et la lumière qui filtrait à travers les fenêtres devenait de moins en moins intense. Certaines étoiles commençaient à perler dans la partie du ciel qui était la plus sombre. Le couloir n'était plus éclairé que par les flammes tremblantes des torches. Un groupe de filles sortit des toilettes en gloussant, puis se scinda en quatre groupes qui partirent chacun en direction de leur Salle Commune respective, du moins c'est ce que se disait Chase. Le départ du Soleil plongeait le couloir dans un froid qui procurait à Chase des frissons à faire se dresser les cheveux sur la nuque. Il se leva et alla voir l'affiche la plus proche. Elle ne donnait pas d'heure de début. Chase se disait alors que le bal commencerait en début de soirée. Il se retourna vers Oksana et lui fit part de ses hypothèses, et écouta ce qu'Oksana lui répondait.

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La neige tombait paresseusement dans le parc, en cette fin d'après-midi du 21 décembre. Malgré ce qu'on aurait pu penser, à savoir, que la plupart des élèves se serait réfugiée à l'intérieur du château pour échapper aux brises glaciales qui soufflaient légèrement dehors, le parc était en proie à l'action : beaucoup d'élèves profitaient des premières chutes de neige pour profiter des vacances et se conditionner dans l'esprit de Noël : certains faisaient des batailles de boules de neige, d'autres faisaient du patin à glace sur une aire du lac enchantée pour que la glace supporte le poids des étudiants, d'autres faisaient de la luge depuis le potager en haut de la pente enneigée formée par le parc. D'autres faisaient des étoiles de neiges, tandis que certains, plus calmes, se contentaient de s'allonger dans la neige pour bavarder, et d'autres s'abritaient sous les branches épineuses des sapins situés à la lisière de la forêt, pour faire leurs devoirs. Oksana et Chase avaient élu leur quartier général sous le vieux chêne tortueux sous lequel Chase avait déjà l'habitude de s'abriter pour dessiner. Malgré l'absence de feuillage sur l'arbre, celui-ci possédait tellement de branches que la neige ne parvenait pas à filtrer sous le toit du vieil arbre. De même, la taille de son tronc permettait aux deux élèves de se protéger du vent glacé. Et, comme à son habitude, Chase dessinait. Selon lui, à chaque seconde, un paysage devient différent. Il se concentrait sur son dessin et ne savait absolument pas ce que faisait Oksana, qui se trouvait à côté de lui. Il lui demanda alors, repensant au bal :
« Mais, Oksana, tu penses que ça va se passer comment le bal ? »

Il se tourna vers son amie. Il avait du mal à réaliser que lui, un cas social pur, allait à un bal, avec une amie. En l'espace de deux semaines, les deux jeunes sorciers étaient devenus copains comme cochons, et étaient devenus quasiment inséparables. Chase se demandait avec amusement comment se déroulerait le bal. Il se demandait si sa cavalière allait lui proposer de danser, mais il redoutait secrètement qu'elle ne le fasse, car il ne savait pas danser. Il resta là, à fixer Oksana, d'un air légèrement anxieux.

Un avant-goût de fête  PV: Oksana 

Un rire s'échappa des lèvres de la Russe quand elle vit la tête décomposée que tirait son compagnon. Il est vrai que sa réponse n'était pas dès plus évidentes et attendues, disons qu'elle savait marquer le coup. Oksana croqua une ultime fois dans sa pomme avant de la balancer en direction de la poubelle en y jetant qu'un rapide coup d’œil, un bruit sourd lui apprit qu'elle avait touché la cible. La rousse continua de lorgner Chase, les bras arqués sur ses hanches, les cheveux balancés par dessus ses épaules d'un mouvement de tête, tandis qu'il se remettait les idées en place. Sullivann regarda brièvement à droite et à gauche, Ana en suivit le mouvement, à la recherche d'on ne sait quoi, la bouche entre-ouverte tel un poisson hors de l'eau. Une horde de cheveux longs sortaient des toilettes des filles quand Chase se réveilla enfin et s'approcha d'une affiche à premières vues destinée au bal de Noël. Il lui informa que l'heure n'était pas précisé mais que, « peut-être », ça se déroulerait en début de soirée, normal quoi.

Oksana hocha les épaules en signe d'approbation tout en pensant déjà à ce qu'elle pourrait enfiler pour le bal, elle qui n'avait presque rien de féminin dans sa garde-robe. Peut-être qu'elle enverra un hibou à sa famille pour régler ce léger soucis, à sa grande sœur peut-être, quoiqu'elle n'était pas plus féminine qu'Ana. Il lui restait bien la belle robe beige qu'elle avait portée au bal de Noël de l'année dernière, quand elle était à Poudlard, mais déjà qu'elles se ressemblaient, vaut mieux pas pousser le vice. La mine maussade, Oksana se tortillait sur place tandis qu'elle repensait à sa famille détestable. Détestable, elle l'était ah ça oui, surtout l'aînée. Raison de plus pour ne pas lui demander un mini service, manquerait plus qu'elle lui soit redevable. Les sourcils froncés, Oksana, revint à la réalité et retrouva son tout nouveau compagnon de jeux : Chase. Oui, parce que pour la jeune Russe, l'école n'était qu'une grande ère de jeux où tout, ou presque, était permit. Ce qui n'était absolument pas vrai, tout finit par se payer c'est bien connu, mais que nenni. Pour elle, il fallait vivre et profiter avant qu'il ne soit trop tard. Assez bien pensé pour une gamine qui a vécu déception sur déception. Ana adressa un ultime sourire à Chase, le cœur emballé par l'idée d'aller à un bal.


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Allez, hop, on y était. En plein dedans. Les deux pieds, même. C'était le point de non-retour pour cette saison maudite : les premiers flocons venaient de toucher le sol de l'Angleterre. Adieu les journées à se faire dorer la pilule dans l'herbe, de sentir la délicieuse odeur des fleurs à peine sorties de la rude période qu'est l'hiver pour la flore et de voir ces nuages de pollen survoler le monde et bien sûr, bien sûr, de voir tous ces pauvres petits n'enfants allergiques à ce dernier. Un bonheur qui venait de signer son arrêt de mort avec les flocons du diable. On était le 21 décembre, proche de Noël, Ana avait l'espoir de ne pas voir la neige tomber cette année. Mais trop tard, le paysage était déjà enlaidit par cette couleur qui pique les yeux. Oksana avait redoublé les couches d'habits pour ce jour décisif, elle avait enfilé ce matin un gros pull bien chaud aux motifs d'hiver pour être dans le ton, un épais pantalon bordeaux et de vieilles bottes noires décharnées. Fatiguée de rester cloîtrer entre les murs froids de Poudlard, elle mit enfin le nez dehors pour rejoindre Chase qui, comme toujours, se trouve sous le vieux chêne du parc. C'était un peu leur QG personnel. Enfin, avec ce froid malsain, Ana n'avait plus tellement l'occasion de venir retrouver son compagnon mais quand elle le faisait, elle était toujours contente de le revoir. Depuis leur choc frontal, ils s'étaient revus et revus au plus grand plaisir de la Russe qualifiée d’asociale. Elle vint s'échouer dans un long et douloureux soupir près de Chase qui dessinait sans cesse des paysages. Ana trouvait sa jolie aux premiers abords et puis elle commençait à se demander s'il pouvait pas dessiner autre chose que toujours des paysages, surtout que ceux de Poudlard n'étaient pas les plus fameux. Oksana donna un coup de coude à son ami pour le secouer un peu, le sortir de ses pensées. Elle lui afficha un large sourire en le saluant, sa journée blasée devenait un peu plus intéressante.

« Mais, Oksana, tu penses que ça va se passer comment le bal ? »

Le bal, le bal, le bal. Le sujet était revenu à plusieurs reprises durant leurs différentes conversations. Le vrai brouillard. Oksana ne s'était jamais réellement posé la question, bien sûr elle s'interrogeait, mais elle ne prenait pas le temps de s'imaginer la soirée qu'elle pourrait être. Elle retira sa longue cape de sorcier pour l'étaler sous elle, évitant de trop mouiller ses vêtements, et s'allongea dessus, les mains croisées derrière la tête. Son écharpe verte et argent camouflait la moitié de son visage blanc comme neige tandis qu'elle regardait les branches nues et crochues du vieil arbre sous lequel ils étaient. Sa voix brisa le silence régnant quand elle lui répondit.

« Boarf, une grande salle décorée d'plein d'guirlandes, de boules d'toutes les couleurs, d'fausse neige j'suppose, des sapins p't'être. Rien d'bien fameux j'pense. Y'aura sûrement toutes les groluches accompagnées d'leurs cavaliers et sûr'ment futurs p'tits copains. Un bal banal, ouep. Elles s'ront sans doute toutes les unes plus que les autres habillées et maquillées pour un concours ratés d'une ville banlieue barbante. J'les imagine bien faire un concours de Miss machin-chose, ouep, j'imagine bien là. J'les vois d'jà s'préparer à donf pour écraser leurs concurrentes. Qui s'ra la plus superficielle de toutes ? Haha. J'attend d'voir ça avec impatience, tiens. Et toi, t'l'imagines comment c'fichu bal, Chase ? »

Oksana semblait détester l'idée d'aller à ce bal, de le mépriser. Mais en réalité, elle attendait le jour J avec impatience, de sentir le stress monter en elle quand elle se dirigera vers ladite salle préparée pour le bal. Comme toutes les jeunes filles de son âge, vous me direz. Rien de superficiel, bien sûr, elle n'avait jamais été coquette de toute façon. Il n'empêche que l'idée de rencontrer de nouvelles personnes à juger et mépriser en silence ou non, ça ne faisait qu'accroître son degré d'excitation pour le bal. Elle se redressa sur les coudes pour regarder Chase, les idées embrouillées par l'arrivée du bal, les préparatifs et sa façon de se conduire avec son ami. Elle attendait avec impatience l'avis de Chase, ce qu'il attendait de cette soirée, ces débouchées. Depuis le début ça n'avait été qu'une simple amitié entre eux deux et de toute façon c'est pas à onze ans qu'on pense déjà tout savoir sur l'amour. Ils étaient copains comme cochons, comme cul et chemise, qu'importe. Elle se sentait bien avec lui et avec ce qu'elle a connu et son irrésistible envie de mépriser quiconque, ça ne pouvait que lui faire du bien. Elle en aurait presque oublié qu'il était à Serdaigle.

Vaut mieux vous que moi.
~ Même le plus petit des serpents a du venin ~

Un avant-goût de fête  PV: Oksana 

La rousse retira sa cape et l'étala sur la neige, comme une sorte de couchette. Elle s'allongea dessus tout en parlant.

« Boarf, une grande salle décorée d'plein d'guirlandes, de boules d'toutes les couleurs, d'fausse neige j'suppose, des sapins p't'être. Rien d'bien fameux j'pense. Y'aura sûrement toutes les groluches accompagnées d'leurs cavaliers et sûr'ment futurs p'tits copains. Un bal banal, ouep. Elles s'ront sans doute toutes les unes plus que les autres habillées et maquillées pour un concours ratés d'une ville banlieue barbante. J'les imagine bien faire un concours de Miss machin-chose, ouep, j'imagine bien là. J'les vois d'jà s'préparer à donf pour écraser leurs concurrentes. Qui s'ra la plus superficielle de toutes ? Haha. J'attend d'voir ça avec impatience, tiens. Et toi, t'l'imagines comment c'fichu bal, Chase ? »

Chase sourit. Il sortit son carnet à dessin, et tourna brièvement les pages, jusqu'à ce qu'il arrive à un certain dessin. Il le contempla. Il s'agissait d'une vue en plongée d'une salle ressemblant à une grande cathédrale, celle que Chase s'imaginait aménagée pour le bal. Le sol en dalles de marbre, était recouvert par endroits de neige (que Chase s'imaginait ensorcelée) là où des sapins immenses, ornés de guirlandes aux nuances de rouge, ou blanches, tandis que des boules lumineuses étaient accrochées au bout de plusieurs branches. Des tables nappées de blanc ou de rouge étaient disposées sur des tapis, toujours de rouge ou de blanc, et, sur les tables, des mets succulents, aux apparences de banquets olympiens. Au fond de la salle se trouvaient deux volées de marches qui permettaient d'accéder à une piste de danse. Entre ses deux petits escaliers, se trouvait l'orchestre de Poudlard, qui se trouvait lui-même devant un palais d'inspiration slave. Sur les deux longs murs opposés se trouvaient des porte-fenêtres faites à la manière des vitraux d'églises gothiques, dont les tons donnaient toujours dans le rouge et le blanc, qui laissaient entrevoir la nuit enneigée à l'extérieur. Des flammes rouge-orangées et des chandelles flottantes, ainsi que plusieurs cheminées dont une grande incrustée dans le mur du fond et enfin, des lustres en cristal illuminaient la pièce d'une lumière chaleureuse. Il passa à Oksana le dessin, puis, après avoir entendu sa réaction, il se leva :

« Bon, il commence à faire nuit, peut-être devrions-nous aller nous préparer. On se retrouve dans le hall ? »

Il fixa son amie, impatient d'être à ce bal.

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Chase se dépêchait. Un troupeau d'élèves, dans lequel il était coincé, s'enfonçait petit à petit à travers la porte de la salle commune. La plupart, impatients d'aller dans la salle de bal, courraient, ou du moins marchaient rapidement. Chase, lui, marchait, essayant de paraître le plus décontracté possible. Lorsqu'il avait quitté Oksana une ou deux heures plus tôt, il était excité à l'idée d'aller au bal. Mais maintenant, alors qu'il traversait le septième étage en direction du grand escalier, il commençait à sentir une sorte de gêne dans son estomac, et sa gorge qui commençait à se nouer. À chaque marche descendue, il avait l'impression que ces gênes devenaient des boules, qui lui tordaient le ventre (parce que ça en faisait des marches). Alors que la plupart des élèves se dirigeait vers les couloirs du quatrième étage, Chase continuait sa descente, jusque de le Hall d'Entrée. Là, il attendit son amie, à la fois impatient et angoissé. À chaque seconde, sa gorge se nouait plus, et il doutait qu'il puisse parler ce soir. Lorsqu'il entendit des pas retentir dans les escaliers menant au cachot, il mit son masque. Celui-ci cacha en même temps le visage et les angoisses de Chase. Il se sentit plus à même de faire la fête, et, quand il vit Oksana arriver, il lui lança un « Salut ». Ainsi commençait une soirée, qui n'allait pas se finir de sitôt.

Un avant-goût de fête  PV: Oksana 

A peine sa tirade terminée, Oksana se redressa sur ses coudes pour observer son compagnon qui lui souriait en retour. Il ne prononça pas un mot, laissant le temps à la rousse d'appréhender sa réaction par ce qu'elle venait de dire ou ce qu'il allait dire. Peut-être qu'au fond il était très branché bal et toutes ces frivolités, qui sait ? Peut-être même qu'il attendait ce moment avec impatience depuis l'annonce de l'événement, ou même qu'il avait déjà cette idée d'un éventuel bal pour Noël depuis le début de l'année. Oksana s'imaginait avec amusement Chase en train de trépigner d'impatience devant sa salle commune, bien propre sur lui en costume, les cheveux plaqués en arrière lui donnant un air sérieux, se rongeant les ongles tant le stress l'envahissait. Ana s'accorda un léger sourire au coin des lèvres tandis que ce dernier feuilletait son bien connu calepin à dessin. Il n'avait rien répondu à part ce sourire mystérieux et en guise de réponse il tendit le calepin ouvert sur une page bien précise vers la jeune rousse. Ana découvrit avec peu d'étonnement qu'il avait dessiner la salle qu'il imaginait pour le bal, elle semblait irréelle, trop parfaite avec ces sapins parfaitement décorés de guirlandes et de boules de Noël. La salle paraissait très chaleureuse, dans les tons rouges et blancs, très classique. Oksana remarqua la neige qui recouvrait le sol ainsi que les nombreuses cheminées enflammées ce qui lui procura une sensation de chaleur inexplicable, vu qu'ils étaient dehors au froid, à la vue de celles-ci. Elle n'était pas énormément surprise par le fait que Chase préfère lui montrer un dessin de son imaginaire que de lui expliquer avec des mots, il était plutôt du genre à tout le temps dessiner et surtout à dessiner n'importe quoi, tout ce qui passait par là subissait les coups de son crayon aiguisé. Là était la vraie différence entre eux deux, lui préférait sans conteste exprimer ses sentiments par l'art alors qu'Oksana prônait les mots, allongés sur un parchemin ou prononcés. Chase ne semblait pas plus emballé que la normale à l'idée d'assister à un bal, du moins c'est ce qu'elle ressentit, c'était une soirée visiblement agréable à laquelle ils allaient assister ensemble, un bon moment entre amis, rien de plus extraordinaire. Ana, elle, était même presque blasée par l'engouement suscité autour du bal. Elle en entendait parler de partout. Dans les couloirs, la salle commune, les salles de cours, les toilettes, en passant par l'infirmerie, dans le pars jusqu'à la salle des trophées où parfois elle aimait flâner. C'était l'événement avec un grand É. Oksana revint à son compagnon et hocha la tête en signe d'approbation et le suivit du regard quand il se leva et rangea son calepin. Signe qu'il était temps de partir.

« Bon, il commence à faire nuit, peut-être devrions-nous aller nous préparer. On se retrouve dans le hall ? »

Oksana hocha derechef la tête et se leva à son tour, ramassant par la même occasion sa cape d'une main délaissée, sans faire attention à celle-ci. Elle était trempée, tant pis, elle aura le temps de sécher le temps du bal de ce soir et sera prête pour demain, bien chaude après avoir passée la nuit devant la cheminée des dortoirs. Ana s'entreprit de suivre son compagnon sans dire un mot durant le trajet, arrivés à l'intérieur elle lui lâcha un léger « A tout' » avant de se diriger vers sa salle commune.

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Plus le temps de reculer, c'était maintenant ou jamais. Tant pis des regards, des commentaires malsains, des bavures qu'elle pourrait faire, peut-être même des cascades vue son inexistence de coordination entre ses jambes et le reste de son corps. Ana était prête, maquillée, vêtue de sa robe de bal qu'elle trouvait somptueuse, bien trop belle pour elle, ré-haussée par de légers talons, elle se sentait différente. Pas elle même. Le reflet que le miroir affichait lui revenait en plein visage, comme une claque. Elle était belle, ça c'était indéniable, mais l'importance du moment se révéla d'un coup d'un seul. Un cocktail explosif d'adrénaline et de stress lui parcourait tout le long des veines, elle se sentit doucement envelopper par les bras mortels que sont ceux de la panique. Son petit cœur d'enfant bâtait à tout rompre contre sa poitrine si bien qu'elle en entrouvait les lèvres pour respirer plus amplement tandis qu'elle contemplait le désastre ? Non. Elle se trouvait à couper le souffle, sa modestie envolée, mais maintenant qu'elle affichait un reflet si attrayant à ses yeux il fallait l'assumer. Ne pas se comporter comme à son habitude, en véritable garçon manqué, à jurer en une langue étrangère, à se tenir mal sur sa chaise, les genoux toujours relevés. Non, ça c'était révolu à présent. De plus, elle était accompagnée. Si elle se ridiculise à temps normal, c'est juste elle qui en pâtit (si elle s'en souciait un tantinet, bien sûr), alors que là c'est Chase qu'elle doit honorer. En parlant du loup, elle devait le rejoindre dans le hall. A bruit de cliquetis de talons contre les dalles des escaliers, elle rejoignit son ami et cavalier du soir. Elle put enfin le découvrir sur son 31. En le voyant elle ressentit un pincement au cœur et le stress qui n'était qu'infime auparavant prit plus d'ampleur quand elle s'agrippa à son bras. Elle se sentait ridiculement faible. Elle qui se moquait sans relâche des filles qui prenaient ce bal pour le soir de leur vie, la voilà à paniquer pour le bal. Elle qui en était tellement blasée il y a quelques heures, son petit cœur de jeune enfant de douze ans palpitait anormalement. Ridicule. C'est ce qu'elle ressentait face à sa réaction stupide. Elle avançait avec son cavalier jusque devant les portes de la salle de bal où elle prit une grande inspiration.

Reducio
RPG terminé.

Vaut mieux vous que moi.
~ Même le plus petit des serpents a du venin ~