Couloirs

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Ancien sorcier  

Une situation quelque peu gênante  PV- Isaya Descartes 

*390, 391, 392, 393... Merlin, je n'en peux plus ! *

Melissandre d'Errasium était encore perdue dans les couloirs. C'était un véritable passe-temps chez elle. Depuis son arrivée au château, qui datait d'un peu moins d'un mois, elle avait acquit une sorte de « technique » pour ne plus sursauter toutes les deux secondes, à cause de la brusque apparition d'un fantôme ou bien des sons étranges et inquiétants qu'il n'était pas rare d'entendre. Il s'agissait tout bêtement de compter ses pas. De ce fait, elle était totalement concentrée par ce difficile exercice de mathématiques – aha oui, compter c'est si compliqué. De la sorte, non seulement elle ne risquait plus de frôler la crise cardiaque mais en plus elle trouvait généralement le bout du couloir au bout de quelques centaines si bien qu'elle ne voyait pas passer le temps. Cette fois, cependant, elle était essoufflée, fatiguée, bref elle n'en pouvait plus. Et elle en avait raz-le-bol. D'après l'humidité ambiante elle se trouvait non loin des cachots. L'air était glacé, parcouru de bourrasques de vent, ce qui signifiait qu'une fenêtre avait dû être mal fermée. À moins qu'elle n'ait été cassée, tout bêtement. La faim tiraillait la pauvre et malheureuse jeune fille, qui sentait sa dernière heure venue. Elle songea à sa maison, Gryffondor, dans laquelle elle était si heureuse. Elle aurait voulu lui rapporter d'avantage de points. Les quelques devoirs qu'elle avait fait n'était rien comparé à toute l'implication que ses camarades apportaient. Mel aurait voulu remplir tout le sablier à elle seule, être une élève brillante, une amie sympathique, bref quelqu'un d'utile. À la place de quoi elle se perdait, encore et toujours, jusqu'au moment où elle finirait par vraiment y rester. Elle imaginait son cadavre en décomposition qu'un élève innocent trouverait en passant par là, toute l'histoire que ça générerait : les parents d'élèves voudraient fermer l'école, la direction aurait des ennuis, une pauvre personne devrait se charger de déplacer son corps pour l'enfermer dans une boîte. Ses parents devraient se montrer en public, faire un discours larmoyant sur les qualités uniques de leur fille chérie (ils se devraient d'être convaincants!). Ils devraient payer son enterrement, se retrouveraient à la rue sans pouvoir payer son loyer puis finiraient par mourir de faim.
*Tout ces malheurs à cause de mon médiocre sens de l'orientation. * Si c'est pas du gâchis... * pensa-t-elle en soupirant.
Mais soudain, elle sentit une pointe de combativité refaire surface. Non ! Elle ne pouvait pas mourir si bêtement. Elle s'était toujours dit qu'elle aurait une fin brave et héroïque. Une bataille contre un Mage Noir, par exemple, ou bien un duel acharné contre un immense et effroyable dragon. Et puis elle avait des points à rapporter à sa maison.


"Si je m'en sors, je me promets de faire cinq devoirs en une seule journée !" Se promit elle à haute voix, "plus que j'en ai fait ces deux dernières semaines."


Voilà qu'elle commençait à parler toute seule, maintenant ! Il fallait vraiment qu'elle se reprenne en main. La jeune fille se redressa, dans le but d'adopter cette position altière qui la caractérisait depuis qu'elle était toute petite, afficha son air le plus froid et dédaigneux, puis se remit à marcher, une flamme de courage brûlant dans son cœur. Elle était à Gryffondor, elle se comporterait donc comme telle. À présent, Melissandre se sentait capable de tout affronter : une horde de rats possédés, des milliers de cafards maléfiques, tous les Serpentards réunis... Tout !
*394, 395, 396...* Était-ce des bruits de pas qu'elle entendait, au loin ? * Non, mon imagination doit me jouer des tours ! 397, 398, 399, 400...* Cependant, le bruit ce rapprochait.
Le cœur de Mel se mit à battre follement dans sa poitrine. Qui venait par là ? Ami ou ennemi ? À moins que...
*Et si c'était Dylan ? Après tout, c'est mon âme sœur, nous sommes connectés. Il arrive sûrement pour me sauver !*

Soudainement folle de joie, elle se mit à crier d'une voix forte :

"Dylanichou, c'est toi ? Oh mon amour, je savais que tu viendrais me sauver, j'en étais sûre ! Je t'aime mon amour, tu es ma vie, tu..."

Elle se tut brusquement, réalisant soudain que les bruits de pas étaient beaucoup trop légers pour appartenir à Dylan. * Oh, oh je suis fichée à vie...* Elle se mit à paniquer, espérant presque que la personne qui arrivait allait la tuer, histoire de lui épargner une honte douloureuse. Prise d'une idée de génie, la jeune fille sortit une feuille de son sac qu'elle mit sous ses yeux et fit semblant de lire d'une voix théâtrale.

"Oh mon Roméo, ta Juliette se languit de toi !"


Si la personne qui approchait ne possédait pas une intelligence brillante elle penserait que Mel ne faisait que réciter un texte de théâtre. Dans ce cas, l'honneur de Melissandre serait sauf.

Une situation quelque peu gênante  PV- Isaya Descartes 

*C’est forcément ici. Je n’ai plus qu’à pousser cette porte et je serai face à…un nouveau couloir. Mais c’est pas possible ! Qui est le foutu architecte qui a décrété que les corridors interminables et sinueux sont à la pointe de la mode ?*

Isaya s’était perdue, oui encore. Pas besoin de retourner le couteau dans la plaie. La situation était bien assez embarrassante comme cela. Si elle continuait à ce rythme, elle aurait bientôt passé plus de temps à chercher son chemin qu’à assister aux cours. Il y avait ceux qui dépensaient leur temps libre en entraînements de quidditch, en tournois de duel ou de Bavboules et il y avait ceux (enfin…celle pour être tout à fait exacte) qui se faisaient un devoir de s’assurer que toutes les maudites pierres du château étaient parfaitement identiques. Et elles l’étaient les bougres ! Ravalant sa frustration grandissante, la jeune Poufsouffle repris sa route. Elle savait qu’elle aurait dû suivre les autres élèves qui se précipitaient pour quitter le cours de Potion mais elle avait craint de ne pas avoir compris le devoir que leur professeur leurs avait confié et elle était allée jouer les fayottes. Une fois rassurée, elle s’était retrouvée seule dans le couloir glacé et elle était bien trop fière pour se renseigner auprès de l’enseignant au sujet de la route à prendre.

*Ah ça pour poser une question stupide sur les méthodes d’administration des potions, aucun problème. Mais dès qu’il s’agit de demander quelque chose d’utile, il n’y a plus personne ! Si je finis par retrouver la Grande Salle, je me fais tatouer le plan de l’école sur l’avant-bras.*

La fillette avait franchi les portes de Poudlard un peu plus d’un mois auparavant. Elle se réjouissait depuis toute petite de ce moment, rêvant des aventures qu’elle pourrait vivre dans cette école légendaire qui avait accueilli sa mère avant elle. Et si elle avait tout de suite adoré être plongée dans un monde complétement magique elle se retrouvait maintenant à regretter certaines inventions moldues tout de même bien pratique. A cet instant, elle aurait tout donné pour un GPS. Elle avait l’impression de marcher depuis des heures lorsqu’elle entendit une voix. Elle se retint de courir à la rencontre de cette âme charitable qui ne manquerait pas de lui indiquer son chemin. Après tout, rien ne lui indiquait qu’il ne s’agissait pas de Peeves. Qui pouvait prétendre deviner quel serait son prochain sale tour ? Et elle avait tout sauf envie d’en faire les frais. Elle avança prudemment, à petit pas jusqu’au coude que formait le corridor.

"Dylanichou, c’est toi ? Oh mon amour, je savais que tu viendrais me sauver, j’en étais sûre ! Je t’aime mon amour, tu es ma vie, tu…"

*Hum…apparemment ce n’est pas Peeves…*

Elle s’approcha d’avantage tandis que la voix reprenait :

"Oh mon Roméo, ta Juliette se languit de toi !"

Isaya ne parvint que de justesse à retenir un fou rire. Le grand Shakespeare ne devait pas s’être imaginé qu’on donnerait vie à ses personnages dans les sous-sols humides d’un vieux château écossais. Encore moins sur un ton aussi…théâtral. L’actrice en herbe se trouvait être une fillette brune d’un âge approchant celui d’Isaya.

"Hélas ! Faut-il que l’amour, si doux en apparence, soit si tyrannique et si cruel à l’épreuve",
déclama la Poufsouffle.
Elle sourit à sa camarade, une Gryffondor d’après son uniforme, et repris :

"Je ne sais pas où tu as trouvé ton texte mais je crains que ce ne soit pas la version originale. Je peux t’assurer que Juliette n’a jamais appelé Roméo « Dylanichou »."

Elle conclut sa phrase sur un clin d’œil complice.

Poufsouffle du mois de novembre 2015 et janvier 2016 ~ Élève du mois de janvier 2016
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Une situation quelque peu gênante  PV- Isaya Descartes 

Melissandre était en état de panique. D'un instant à l'autre, elle allait apercevoir la personne qui arrivait. Celle dont le bruit des pas lui avait tout d'abord donné un espoir fou : celui d'être sauvée de ce couloir oppressant. Elle avait sottement imaginé qu'ils appartenaient à son âme sœur mais, apparemment, ça n'était pas le cas *Dylan a des progrès à faire. Mais ça ne fait rien, je l'attendrais, je l’initierai... * Subitement rouge, elle se força à arrêter de penser. Dit comme ça, ça pouvait faire un peu bizarre mais c'était pour la bonne cause. Bref, reprenons. Elle avait donc débilement – j'aurai bien repris le mot " sottement " mais ça risquait de faire une répétition – crut qu'il s'agissait de Qui-vous-savez avant de constater que les pas qu'elle entendait étaient trop légers et ne pouvaient donc pas lui appartenir – sympa pour lui...
Dans son délire passionnel, Mel avait crié des mots hautement ridicules (bien que très romantiques) ce qui lui assurait la mort sociale. Si il s'avérait que la mystérieuse personne était un fou furieux ou un futur Mage Noir, Melissandre pourrait sauver son honneur. Mais pour cela il faudrait tout d'abord qu'elle meure...
Ce qui faisait qu'elle était dans la panade – pour rester poli.
La peur au ventre, elle attendit, tel un condamné se préparant à recevoir son ultime punition.
Une jeune fille apparut. C'était donc elle, l'auteure de ces pas si stressants. La personne en elle-même était assez banale – il ne faut pas prendre la mouche fillette, je suis un narrateur méchant tout le monde le sais – et avait l'air très sympathique. Celle-ci récita d'un ton ridicule :


"Hélas ! Faut-il que l’amour, si doux en apparence, soit si tyrannique et si cruel à l’épreuve."


Mel fronça les sourcils. C'était à elle que la fille s'adressait ? Pourquoi dire ça à une inconnue ? Et si.. * Oh non, s'affola-t-elle-. Oh non, je ne la connais même pas !*

"Excuse-moi mais tu dois confondre. Je ne crois pas qu'on ce soit déjà rencontré vois-tu ? D'ailleurs sans vouloir te vexer tu n'es pas trop mon genre..."


Puis, elle réalisa que la fille avait parlé en même temps qu'elle. D'ailleurs, elle était entrain d'achever sa phrase. En pleine, confusion, Mel entendit « Dylanichou » et comprit.

"Oh. Oh...Oh ! Ça ?" Elle rougit "C'est l'inspiration tu comprends ? Je me disais que Roméo faisait un petit peu trop... « has been » et que Dylanichou c'était beaucoup plus classe. Tu ne trouves pas ?"


Elle fit un sourire éblouissant à son interlocutrice en se félicitant intérieurement. Elle avait réussis à être crédible. Hum, hum. Elle s'améliorait. Bon, le fait de mentir n'était pas glorieux mais Mel ne tenait pas vraiment à étaler sa vie sentimentale à la première venue. D'ailleurs celle-ci n'avait pas l'air d'être une super-héroïne qui la sauverait. Ni une méchante qui la tuerai. Curieuse, Mel demanda :

"Heu.. Tu es quoi au juste ?" Se rendant compte, trop tard, de l'idiotie de sa question, elle tenta vainement de se rattraper. "Je veux dire, Serdaigle, Poufsouffle ou Serpentard ? Je ne crois pas t'avoir déjà aperçu dans la salle commune de Gryffondor."


Plutôt contente d'elle, elle songea que cette question d'apparence banale allait lui permettre de connaître le profil de cette fille. Si elle était à Serdaigle cela voudrait dire qu'elle pourrait inventer un plan ingénieux pour trouver la sortie. Si c'était Serpentard... Il faudrait s'en méfier – ça va bien les préjugés ? Et si elle était à Poufsouffle heu... * Je bloque là !* Disons qu'elle pourrait lui tendre une main amicale. À cet instant précis, le regard de Melissandre se posa sur l'uniforme de la fille. Agrémenté de jaune vif. Plus que gênée, elle songea à faire semblant d'être aveugle avant de se dire que ça serait un petit peu trop compliqué (même pour elle) – ça va bien les chevilles ? À présent la fille en face d'elle avait deux options : la prendre pour une folle ou pour une mythomane – ou alors pour une humoriste incomprise. Or Melissandre n'y tenait pas franchement. La seule solution, elle s'en rendait compte, était de rétablir la vérité. Vaincue, elle murmura :

"Excuse-moi. En fait, je vais te dire la vérité, mystérieuse inconnue. Tout d'abord je m'appelle Melissandre et...et je me suis perdue dans le château. C'est d'ailleurs tout ce que je sais faire. Ensuite... eh bien je t'ai prise pour quelqu'un d'autre. Mon Roméo en quelque sorte..."

*Changer de sujet, vite. *

"Au fait, que fais-tu ici ? Et quel est ton nom ?"


Melissandre était sincèrement intriguée. Elle détailla la Poufsouffle en attente de sa réponse.

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Ses derniers mots furent couverts par ceux de la Gryffondor qui, apparemment, n’avait pas compris l’ironie de sa remarque. Elle continuait de se justifier et s’expliqua en rougissant :

« Oh. Oh…Oh ! Ca ? C’est l’inspiration tu comprends ? Je me disais que Roméo faisait un petit peu trop « has been » et que Dylanichou c’était beaucoup plus classe. Tu ne trouves pas ? »

*Mais oui…Bien sûr…Elle me prend vraiment pour la dernière des veracrasses celle-là !*

La dramaturge en herbe reprit aussitôt avant même qu’Isaya, qui n’appréciait que très moyennement que l’on se paye sa tête, ne puisse ouvrir la bouche. Oui, elle pouvait se montrer très fière et prenait facilement la mouche. Si cette inconnue continuait à la faire tourner en bourrique, elle ne répondait plus de rien.

« Heu…Tu es quoi au juste ? »

*Ben un Hippogriffe ! Ca ne se voit pas peut-être. *

« Je veux dire, Serdaigle, Poufsouffle ou Serpentard ?, reprit-elle en réalisant la bêtise de sa question, Je ne crois pas t’avoir déjà aperçue dans la salle commune de Gryffondor. »

Isaya se contenta de la jauger du regard, silencieuse. Elle n’avait pas particulièrement envie de se présenter et de discuter avec une fille à qui, à l’évidence, il devait manquer quelques cases…

*Finalement, Peeves n’aurait pas été une si mauvaise alternative…*

Ce fut son interlocutrice qui finit par rompre le silence :

« Excuse-moi. En fait, je vais te dire la vérité, mystérieuse inconnue. Tout d’abord je m’appelle Mélissandre et…et je me suis perdue dans le château. C’est d’ailleurs tout ce que je sais faire. Ensuite… eh bien je t’ai prise pour quelqu’un d’autre. Mon Roméo en quelque sorte… Au fait, que fais-tu ici ? Et quel est ton nom ? »

Isaya se radoucit aussitôt. Elle comprenait l’embarras de la jeune fille, d’autant plus qu’elle était habituée à se retrouver dans des situations aussi ridicules que gênantes. Après tout, elle aussi était égarée. Cette pensée la renvoya d’ailleurs aussitôt à des préoccupations de premier ordre.

*Par Merlin ! Je crois que nous n’avons pas fini d’errer dans ce château… *

Elle soupira longuement avant de répondre :

« Je m’appelle Isaya et je suis en première année. Je peux t’assurer que nous avons un point commun… Je n’ai aucune idée du chemin à emprunter pour rejoindre la Grande Salle ou mon dortoir. Je ne sais pas depuis combien de temps je serpente dans ces couloirs et je dois avouer que je ne suis pas fâchée de trouver de la compagnie. Enfin… je ne voudrais pas te vexer mais je crois que j’aurai tout de même préférer rencontrer quelqu’un qui…qui ne soit pas autant paumée que moi. »

Elle conclut sa tirade d’un sourire désabusé. Elle ne savait quand (et si) elle rejoindrait un endroit familier et elle espérait que la Gryffondor pouvait se montrer plus aimable que ce que leurs premiers échanges ne le laissaient présager. Après tout, quitte à mourir de froid et de faim dans ces sous-sols, autant que cela soit avec une personne agréable.

*Au pire, on réécrira du Shakespeare…*

Elle tendit une main amicale à sa camarade et demanda :

« Tu n’aurais pas, par hasard, une idée pour nous sortir de là? »

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Une situation quelque peu gênante  PV- Isaya Descartes 

Melissandre se rendait bien compte que la fille n'avait pas l'air particulièrement ravie d'être ici.

* Ça nous fais un point commun * soupira-t-elle mentalement.


La Poufsouffle paraissait assez pincée et hautaine, ce dont Melissandre avait horreur. Peut-être parce que c'était elle qui était ainsi habituellement. Elle s'apprêta à lui envoyer une tirade bien sentie, mais l'autre fille prit aussitôt un air plus sympathique.

« Je m’appelle Isaya et je suis en première année. Je peux t’assurer que nous avons un point commun… Je n’ai aucune idée du chemin à emprunter pour rejoindre la Grande Salle ou mon dortoir. Je ne sais pas depuis combien de temps je serpente dans ces couloirs et je dois avouer que je ne suis pas fâchée de trouver de la compagnie. Enfin… je ne voudrais pas te vexer mais je crois que j’aurai tout de même préférer rencontrer quelqu’un qui…qui ne soit pas autant paumée que moi. »


Mel sourit. Oui, elle comprenait parfaitement puisque c'était précisément ce qu'elle ressentait. Décidément, elles avaient pas mal de points communs. Isaya – puisque c'était son nom- lui tendit une main, que Mel serra, et reprit :


« Tu n’aurais pas, par hasard, une idée pour nous sortir de là ? »


Amusée, Mel arqua un sourcil.

«  Je comptais sur toi pour cela, mais bon puisque tu me le demandes... Nous pourrions peut-être crier ? Quelqu'un finira bien par nous entendre un jour, en espérant que nos cordes vocales ne soient pas cassées d'ici-là. »


L'idée n'était pas brillante mais elle ne voyait pas ce qu'elles pourraient faire d'autre. Marcher, probablement, mais elle était éreintée. Elle avait beau se torturer les méninges, aucune solution miracle ne vint germer dans son esprit. Et puis la Poufsouffle l'irritait légèrement : elle n'avait qu'à chercher des solutions, elle aussi. Melissandre ne voyait pas pourquoi ça serait à elle de faire tout le travail ! Afin d'éviter qu'un silence pesant ne s'installe, Mel entreprit de faire la conversation :

«  Tu aimes bien Shakespeare à ce que je vois ! Tu es née-moldue ? Moi oui. »


Elle chercha d'autres choses à dire mais elle avait beau essayer de trouver des sujets de conversations, il n'y avait rien à faire. Elle aurait pu parler de la pluie et du beau temps mais elle ne voulait pas paraître folle aux yeux d'Isaya, qui semblait particulièrement la juger. Mel frissonna : ce couloir était décidément très froid. Elle pourrait s'estimer heureuse si elle n'attrapait pas un rhume d'ici quelques jours !


*Et tous ces devoirs qui m'attendent...*


Elle aurait un cours de Sortilèges le lendemain, au cour duquel elle devrait rendre le devoir que Miss Tourmaline lui avait donné la semaine dernière. Rien qu'en voyant la longueur du sujet, Melissandre avait pris peur. En y songeant, elle sentit son estomac se contracter. Elle était d'une nature élitiste, voulant toujours se surpasser. Cela la bloquait souvent, l'obligeant à tout recommencer depuis le début lorsque la rédaction de son devoir était trop banale à son goût. C'est pourquoi elle n'avait pas réussit à en boucler un seul cette semaine.


*Il faut absolument que je sorte d'ici le plus vite possible*


Elle jeta un regard désespéré à Isaya, espérant de tout son cœur que celle-ci aurait une idée brillantissime dans la minute qui suivrait.

Une situation quelque peu gênante  PV- Isaya Descartes 

Isaya attendait, presque tendue, que sa camarade lui réponde. Avec un peu de chance, elle aurait une brillante idée pour les sortir du pétrin dans lequel elles s'étaient fourrées. Elle ne se voyait pas errer encore longtemps. Elle regrettait amèrement sa crise de fayottage et se promit de suivre à l'avenir le troupeau comme un gentil petit mouton. Elle pesait mentalement contre le labyrinthe que se trouvait être le château écossais

*Des panneaux indicateurs ne seraient vraiment pas du luxe ! *

Sa camarade reprit avec un mouvement de sourcil :

« Je comptais sur toi pour cela, mais bon puisque tu me le demandes…Nous pourrions peut-être crier ? Quelqu’un finira bien pas nous entendre un jour, en espérant que nos cordes vocales ne soient pas cassées d’ici là. »

Crier ? La fillette n’était pas convaincue. Elle jeta un rapide coup d’œil à la montre qui ornait son poignet, un cadeau de ses grands-parents pour son admission « en école privée ». Vu l'heure, la plupart, voire tous les élèves et professeurs devaient se trouver dans la Grande Salle. Et tout occupés à se remplir la panse, ils n'entendraient probablement pas les deux enfants qui hurlaient quelques étages en-dessous d’eux. A cette pensée, le ventre de la Poufsouffle se mit à exprimer vivement sa désapprobation. Qu’est-ce qu'elle avait faim ! Si la fatigue ne l’achevait pas, elle agoniserait dans ses gargouillis en rêvant de chocogrenouilles.
La Gryffondor n'était apparemment pas plus convaincue par sa proposition qu’elle ne l’était elle-même. Elle semblait même irritée. A ce rythme là, les deux filles se seraient entretuées avant que la dénutrition n’ait raison d’elles. Elle sembla toutefois vouloir désamorcer la situation puisqu'elle continua d’un ton plus avenant :


« Tu aimes bien Shakespeare à ce que je vois ! Tu es née-moldue ? Moi oui. »

Le regard d’Isaya s’illumina. Elle adorait le dramaturge anglais depuis longtemps. En effet, ses parents avaient veillés à ce qu'elle ait une culture aussi riche que possible et cela dans les deux mondes qu’elle côtoyait et les deux langues qu’elle pratiquait. Son père l'avait donc régulièrement emmenée au théâtre et si elle avait peu apprécié certaines pièces classique, elle pensait être définitivement allergique à Racine et ses tragédies larmoyantes, elle était rapidement tombée sous le charme des vers du britannique. Dans son cœur de petite fille romantique, Roméo, Juliette et leurs camarades d’infortune avaient une place de choix. Elle entreprit donc de répondre à sa camarade avec enthousiasme :

« Oui ! J'adore. C’est d’ailleurs une des choses qui me manquent ici. A la maison, j’allais souvent voir ses pièces mais désormais je vais devoir attendre les vacances, j’ai les versions imprimées mais ce n’est pas la même chose…»

Elle songeait que, au cas où quelqu’un aurait l’idée de se promener dans cette partie du château, elles risquaient de passer pour des originales en discutant comme si la situation n’avait rien de particulier. Bien entendu, si quelqu’un venait à se retrouver dans le même corridor, il risquerait surtout de les prendre pour des folles lorsqu’elles courraient à sa rencontre en lui criant de les sortir de là.

« En fait, je suis à moitié moldue. Ma mère est une sorcière mais mon père ne l’est pas. J’ai dû apprendre assez rapidement à passer d’un monde à l'autre. Ça n’a pas été trop difficile pour toi de débarquer ici ? Tu te doutais de quelque chose avant de recevoir ta lettre ? »

Elle en oubliait presque leur problème toute à sa joie de pouvoir discuter avec une jeune fille qui deviendrait, elle l’espérait, une amie. Car depuis son arrivée à Poudlard, Isaya se sentait passablement seule. Elle avait du mal à se lier à ses camarades et regrettait son meilleur ami, un moldu à qui elle devait mentir. Comme la moitié de sa famille, il la croyait en pensionnat privé.
Il fallait pourtant bien se préoccuper de leur mésaventures. Le chemin à emprunter n’allait pas s’éclairer, des flèches indicatrices n'allaient pas apparaître sur les murs… Elle devait trouver une solution si elle voulait retrouver la chaleur de sa salle commune. Elle soupira longuement et déclara :


« Avant tout, je crois que nous devrions nous asseoir et souffler un peu. Je ne sais pas pour toi mais j’ai l’impression que je vais perdre l’usage de mes jambes. Ensuite, nous pourrons réfléchir à un moyen de rejoindre les étages supérieurs. Pourquoi est-ce qu’on apprends pas des sorts utiles en cours ? »

Sur ces mots, elle s’assit sur son sac. Elle était en train de perdre espoir quand un conte de son enfance lui revint en mémoire.

« Tu connais le Petit Poucet ? On pourrait semer des gouttes d’encre sur le sol en explorant les couloirs. Si on se trompe de chemin, on pourra revenir en arrière et essayer à nouveau sans nous perdre davantage. Et si on a de la chance, quelqu’un rencontrera une goutte et suivra le chemin jusqu’à nous. J’imagine que s’il s’agit de Rusard, nous aurons des ennuis…mais je préfère ça plutôt que de mourir de faim. Qu’en penses-tu ? »

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Sans grande surprise, Melissandre constata que Isaya n'avait pas l'air particulièrement emballée par la mission « brisage de cordes vocales ». *Ça me laisse toujours une chance de devenir chanteuse d'opéra plus tard * se dit Mel dans une tentative dérisoire de positiver. Isaya profita du silence qui s'était installé entres elles pour répondre à sa question :

« Oui ! J'adore. C’est d’ailleurs une des choses qui me manquent ici. A la maison, j’allais souvent voir ses pièces mais désormais je vais devoir attendre les vacances, j’ai les versions imprimées mais ce n’est pas la même chose… En fait, je suis à moitié moldue. Ma mère est une sorcière mais mon père ne l’est pas. J’ai dû apprendre assez rapidement à passer d’un monde à l'autre. Ça n’a pas été trop difficile pour toi de débarquer ici ? Tu te doutais de quelque chose avant de recevoir ta lettre ? »


Mel songea non sans un brin de nostalgie – ce qui la surprit au plus haut point – à la France. Sa petite maison qui se trouvait sur la plage, son école où elle était toujours la meilleure. Le français, sa matière préférée. En particulier lorsqu'ils faisaient de la littérature. Certes, les disputes constantes de ses parents ne lui manquaient pas, ni les lattes pourries du plancher, mais toute son enfance se trouvait là-bas. Pour elle, le déménagement en Angleterre restait un rêve, qui relevait plus du cauchemar. Seul à Poudlard, elle réussissait un peu à se sentir comme chez elle. Souvent, elle se disait que cette école de Magie était la meilleure chose qui lui soit arrivée depuis sa naissance, mais parfois elle aurait aimé revenir en France, sur sa petite plage de Bretagne, à lire les Hauts de Hurlevent, frissonnant sous l'émotion que lui inspirait cette passion folle qu'était celle qui liait Cathy à Heathcliff. Même si le sens de beaucoup de mots lui échappait – elle était toute petite à l'époque – elle comprenait l'idée générale. Lire ce livre était, pour elle, comme dévaler une gigantesque cascade sans être équipée de protections, sans savoir si des rochers l'attendaient au bout. Elle avait l'impression que ce livre la transformait à chaque relecture sans qu'elle sache jamais quels changements allaient s'effectuer en elle. * Mais bon, c'est du passé. Le livre est resté là-bas, sur ma plage. Je ne le reverrais sans doute jamais. * Il était assez ironique qu'elle ne l'ait lu qu'en France et jamais en version originale – qui était l'anglais, rappelons-le – cependant elle n'envisageait pas de le lire dans un autre livre. Ça aurait été comme une trahison vis-à-vis du sien qui l'avait accompagné durant toute son enfance. Melissandre s'arracha à ses souvenirs, revenant difficilement à l'instant présent. Isaya l'observait comme si elle attendait une réponse. Mel se souvint brusquement que la Poufsouffle lui avait posée une question.

«  Mmh à vrai dire, ici j'ai enfin l'impression d'être moi, tu comprends ? Là-bas, j'effrayais tout le monde lorsque mes pouvoirs se manifestaient. Parfois, cela m'était d'ailleurs plutôt utile, mais ça restait pesant. Je me suis fait une centaine de scénarios dans la tête pour essayer de comprendre ce qu'il m'arrivait, donc lorsque j'ai reçue ma lettre j'ai été plutôt soulagée, en fin de compte, parce que je m'étais imaginée des choses beaucoup plus effrayantes ! J'imagine que tu as dû être folle de joie lorsque ta magie s'est manifestée pour la première fois, non ? A moins que tu n'es voulue restée parmi les moldus... »


Melissandre lui lança un regard interrogateur. Elle essayait de se mettre à la place de Isaya mais n'y parvenait pas tout à fait. Penser que l'un de ses parents était un sorcier était tout simplement inconcevable pour elle.
Après quelques longues secondes, Isaya soupira puis dit :

« Avant tout, je crois que nous devrions nous asseoir et souffler un peu. Je ne sais pas pour toi mais j’ai l’impression que je vais perdre l’usage de mes jambes. Ensuite, nous pourrons réfléchir à un moyen de rejoindre les étages supérieurs. Pourquoi est-ce qu’on apprends pas des sorts utiles en cours ? »


Ces paroles ramenèrent la jeune élève de Gryffondor à sa situation précaire. La question précédente d'Isaya lui avait fait totalement oublier qu'elles étaient toutes les deux complètement perdues. D'ailleurs à peine y repensa-telle, que Melissandre sentit ses jambes douloureusement lourdes. La Poufsouffle avait tout à fait raison. Joignant le geste à la parole, cette dernière s'assit sur son sac de cours. Mel l'imita aussitôt.

«  Je pense que le sort qui permet de jeter des étincelles rouges aurait pu nous être assez utile si nous nous étions trouvée à l'extérieur. Sinon, je sèche. »


Il y eut un long silence pendant lequel les deux filles torturèrent leur méninge impitoyablement. Melissandre avait l'impression de fonctionner au ralentit. Son cerveau ne contenait que du brouillard, elle tombait petit à petit dans une douce torpeur...La voix d'Isaya la fit sursauter :


« Tu connais le Petit Poucet ? On pourrait semer des gouttes d’encre sur le sol en explorant les couloirs. Si on se trompe de chemin, on pourra revenir en arrière et essayer à nouveau sans nous perdre davantage. Et si on a de la chance, quelqu’un rencontrera une goutte et suivra le chemin jusqu’à nous. J’imagine que s’il s’agit de Rusard, nous aurons des ennuis…mais je préfère ça plutôt que de mourir de faim. Qu’en penses-tu ? »


Mel étouffa un petit rire en visualisant Rusard observer d'un air horrifié des centaines de petites taches d'encre séchées qui constellaient le sol. Elle prit son temps pour répondre.


«  Eh bien, je pense que, dans l'absolu, c'est réalisable mais qu'il faudrait doser intelligemment les taches d'encre pour faire en sorte qu'elles soient visibles – donc pas trop petites- mais que l'on ne tombe pas trop rapidement à cours d'encre. »


Elle songea avec amertume au prix exorbitant d'un flacon d'encre.

«  Et pour Rusard, si nous le croisons, je crois bien que ça sera la dernière chose que nous aurons faite de notre vie. S'il aperçoit son précieux sol taché... »


Elle se rendit compte qu'elle avait une irrépressible envie de rire. Elle se força à imaginer quelque chose de triste, histoire de se calmer, et se contint avec peine. Ce qui était assez étrange, en l’occurrence, puisqu'elle aurait dû trembler de peur à l'idée de tomber sur le concierge-fantôme.
Dernière modification par Ancien sorcier le 25 janvier 2016, 17 h 16, modifié 1 fois.

Une situation quelque peu gênante  PV- Isaya Descartes 

*Le Petit Poucet ! Mais bien sûr… très sérieux comme référence. Si je sors d’ici et qu’il vient à l’esprit de Melissandre de raconter notre aventure, je vais rester dans les annales comme la première année qui adore les contes de fées. Enfin…si le fait que je ne sois pas foutue de faire trois pas sans me perdre ne prenne pas la première place.*

Isaya était tendue. Elle était fatiguée et ses pieds lui faisaient souffrir le martyre mais surtout, elle attendait la réaction de sa camarade. Elle ne voulait pas que celle-ci se moque d’elle ou la prenne pour une gamine stupide. Elle avait été la cible des quolibets avant son entrée à Poudlard, sa double ascendance ne jouant pas en sa faveur. En effet, les enfants de sorciers riaient du métier de son père, le traitant de charcutier et demandant comment les patients pouvaient survivre à des actes aussi « barbares ». Ils lui disaient qu’elle n’aurait jamais de vrais pouvoirs, qu’elle serait la risée de son école. Heureusement pour elle, les garnements avaient été envoyés à Beauxbâtons tandis qu’elle avait profité de sa naissance londonienne. D’autre part, les enfants moldus la trouvaient bizarre, les quelques manifestations de magie incontrôlée dont ils avaient été témoins, si elles ne les avaient pas fait comprendre la vérité, les avaient du moins rendus suspicieux et ils l'évitaient autant que possible. Elle comprenait tout à fait la Gryffondor et les difficultés qu'elle avait. Elle avait donc été une fillette assez solitaire jusqu’à ce qu'elle rencontre son meilleur ami qui avait décrété qu'il préférait les gens spéciaux que les idiots.

« Eh bien, je pense que, dans l'absolu, c'est réalisable mais qu'il faudrait doser intelligemment les taches d'encre pour faire en sorte qu'elles soient visibles – donc pas trop petites- mais que l'on ne tombe pas trop rapidement à cours d'encre. Et pour Rusard, si nous le croisons, je crois bien que ça sera la dernière chose que nous aurons faite de notre vie. S'il aperçoit son précieux sol taché... »

Melissandre avait repris si soudainement qu'Isaya manqua de sursauter. Elle ne put retenir son rire à l’idée des cris que pousserait le fantôme s’il les trouvait le premier. Sa camarade semblait partager son hilarité même si elle était plus retenue. Tentant d’étouffer son fou rire, elle entreprit de fouiller son sac à la recherche de son plumier et de sa bouteille d’encre. Par chance, elle en avait terminé une la veille et elle en avait désormais une pleine à souhait. Elle trouva, par la même occasion un vieux paquet de mouchoir. Elle se tourna vers sa compagne d’infortune et lui montra ses trouvailles :

« Nous devrions avoir de quoi repeindre les sols si nous le voulions ! Je crois qu’il faudrait faire des tâches de la taille d’une noise. Elles seront assez grande pour que ceux qui les rencontreront ne pensent pas simplement avoir affaire à un encrier mal refermé. Et si nous épuisons nos réserves, nous pourrons faire des confettis de mouchoirs et les semer dans les couloirs. »

*Si Rusard nous attrape, nous sommes mortes…*

Elle entreprit alors de déchiqueter les bouts de papiers et de faire tomber des gouttes de taille adéquate. La tâche n’était pas aisée et elle eut bientôt de l'encre plein les mains mais l’action la soulageait. Au moins elle agissait plutôt que de paniquer à l’idée de rester le reste de ses jours dans les couloirs. Elle se retourna ensuite vers Melissandre et se mit en tête de faire la conversation. Après tout, il fallait bien tirer du positif de cette situation !

« Par rapport à ta question de tout à l’heure, j’étais aux anges quand j’ai reçu ma lettre mais la situation était un peu compliqué avec toutes ses histoires à raconter à la partie moldue de la famille. J’ai réalisé que j’allais probablement devoir leurs mentir toute ma vie. Je ne pourrai jamais leur dire quel métier je fais ou leurs raconter mes souvenirs d’écoles. Mais ça doit être la même chose pour toi non ? A part tes parents, personne ne sait que tu es une sorcière ? »

À peine les mots eurent franchi ses lèvres qu’elle se demanda si elle n’avait pas été indiscrète. Rien ne lui assurait que sa camarade ait la moindre envie de se confier à elle. Elles se connaissaient depuis moins d’une heure. Mais elle s'était emballée, comme souvent. Elle espérait grandement ne pas l’avoir vexée !

Poufsouffle du mois de novembre 2015 et janvier 2016 ~ Élève du mois de janvier 2016
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Une situation quelque peu gênante  PV- Isaya Descartes 

Bien que Isaya s'avérait être très sympathique, le couloir où se trouvaient les deux jeunes filles n'était pas l'endroit idéal pour se détendre et faire connaissance. Humide, glacial, désespérément vide, il influait sur le moral de Melissandre en le baissant toujours plus. Frigorifiée, elle était en proie à des idées sombres ainsi qu'à des souvenirs qu'elle aurait préféré enterrer à jamais. La mention de ses camarades de classe en France n'avait rien arrangé. A présent, un flot de souvenirs affluaient dans sa tête auxquelles elle tenta, vainement, de ne pas faire attention. Cela ne faisait peut-être que quelques mois que Mel était arrivée à Poudlard mais, pour elle, c'était une autre vie. Elle avait l'impression qu'il y avait deux Melissandre bien distinctes : celle de son « ancienne » vie, qui ne savait rien de Poudlard et qui passait ses journées à songer à l'injustice de la vie, et la Melissandre de Poudlard, celle qui se sentait heureuse, intégrée, appréciée, même, nourrie comme une reine... Dès qu'elle pensa à la nourriture, sa faim redoubla. Son petit ventre lui semblait désespérément vide, n'attendant que d'être rempli par ses aliments préférés. * Des aubergines poêlées, du jus de citrouille, des patacitrouilles... * Rêva-t-elle intérieurement, l'eau à la bouche. Pourtant, Melissandre n'était pas une personne qui mangeait beaucoup - un petit peu au petit-déjeuner, encore au déjeuner, et très légèrement au dîner – sauf qu'en cet instant précis elle se sentait capable d'engloutir une citrouille entière, tant la faim la tiraillait. Elle écouta Isaya d'une oreille distraite :

« Nous devrions avoir de quoi repeindre les sols si nous le voulions ! Je crois qu’il faudrait faire des tâches de la taille d’une noise. Elles seront assez grande pour que ceux qui les rencontreront ne pensent pas simplement avoir affaire à un encrier mal refermé. Et si nous épuisons nos réserves, nous pourrons faire des confettis de mouchoirs et les semer dans les couloirs. »

* Repeindre les sols ? Mais pourquoi faire ? * Désorientée, Mel sortit brusquement de ses doux rêves de citrouille pour observer Isaya d'un air légèrement incrédule. Puis, leur situation actuelle lui revint en mémoire et elle retint un soupir en pensant à tout ce qu'elle aurait pu être en train de manger si elle ne s'était pas perdue dans ce stupide couloir. La Poufsouffle s'était déjà mise au travail en déchirant de petits bouts de mouchoir ainsi qu'en déversant des gouttes d'encre. Mel l'observa faire un petit moment avant de réaliser que regarder sa camarade effectuer tout le travail n'était peut-être pas très poli. Elle s'apprêta à lui proposer son aide mais Isaya prit la parole avant elle.

« Par rapport à ta question de tout à l’heure, j’étais aux anges quand j’ai reçu ma lettre mais la situation était un peu compliqué avec toutes ses histoires à raconter à la partie moldue de la famille. J’ai réalisé que j’allais probablement devoir leurs mentir toute ma vie. Je ne pourrai jamais leur dire quel métier je fais ou leurs raconter mes souvenirs d’écoles. Mais ça doit être la même chose pour toi non ? A part tes parents, personne ne sait que tu es une sorcière ? »


Mel retint un soupir. Elle aurait préféré ne plus évoquer le sujet mais Isaya ne pouvait pas le savoir.
* Et puis je lui ai posé une question, c'est tout à fait normal qu'elle me réponde... * se dit-elle avec raison. Elle réfléchi à une réponse amicale mais qui permettrait de couper court à la conversation. Ou du moins à ce sujet, car elle commençait vraiment à apprécier Isaya et elle ne voulait pas gâcher ce début d'amitié simplement pour éviter d'évoquer son enfance. Et puis, de toute manière c'était elle qui avait commencé à parler de cela. Il fallait à présent qu'elle assume. Le silence s'éternisait et Melissandre ne savait toujours pas quoi répondre. * Je ne vais tout de même pas lancer de but en blanc : oh si toutes les personnes que je martyrisais devaient s'en douter mais elles n'osaient rien dire par peur de perdre la vie. * Non, décidément elle ne pouvait pas présenter les choses comme ça. Elle ouvrit la bouche pour répondre, puis la referma, puis la rouvrit et dit simplement :

« Non. »

Pour le côté amical, c'était raté. Mal à l'aise, Melissandre s'enferma dans un lourd silence. Elle n'osait pas regarder Isaya, n'osait même pas bouger. Si elle l'avait pu, elle aurait disparu de la surface de la terre. Bon, c'était peut-être un peu trop disproportionné pour une simple réponse mais en cet instant-précis elle se trouvait atrocement pitoyable, risible. Pour couronner le tout, elle était de plus en plus affamée. Elle était persuadée que s'il l'avait pu, son ventre lui aurait crié dessus. Cela lui rappela la France, lorsqu'elle était une toute petite fille qui faisait fondre tous les gens, au marché, le samedi matin.

« Ils me faisaient des sourires auxquels je répondait d'un air innocent, leurs pommes cachées dans mes poches. Je suis sûre que si je leur avais demandé gentiment, ils me les auraient donné avec bon cœur, mais non, il fallait que je les voles... Et sans le moindre état d'âme, en plus. »

Lorsqu'elle s'aperçut qu'elle avait pensé tout haut, la gêne que ressentait Mel atteint son paroxysme. Les yeux rivés sur le sol, elle se surprit à prier. Prier pour que tout cela ne soit qu'un cauchemar et qu'elle se réveille sous les couvertures chaudes de son lit à baldaquin sans plus tarder. Dans le cas contraire, elle n'osait à peine imaginer à ce que pourrait croire Isaya. * Sans compter la réputation que j'aurais. Folle, méchante, voleuse... * Mais après tout, peut-être qu'elle serait méritée...

Une situation quelque peu gênante  PV- Isaya Descartes 

« Non. »

La voix avait sonné, nette, froide, glaciale même si bien qu’Isaya sursauta et se retourna vivement vers sa camarade. Elle ne comprenait pas sa réaction. Pourquoi semblait elle si distante maintenant alors qu’elle était tout à fait sympathique quelques minutes auparavant ? Il est vrai que Melissandre avait l'air d'être du genre lunatique, passant d’une émotion à l’autre facilement mais il semblait à la jeune Poufsouffle que la Gryffondor devait plutôt dissimuler ses sautes d’humeur et ses sentiments la plupart du temps. Qu’avait-bien pu dire Isaya pour la mettre dans un état pareil ?
Elle rougit, ses joues prenant rapidement la couleur du nez de ce cher Rudolf tandis que la rouge et or se murait dans son mutisme. Le silence s’imposa, insidieusement tandis que la gêne et l’embarra devenait tangible.


« Ils me faisaient des sourires auxquels je répondais d’un air innocent, leurs pommes cachées dans mes poches. Je suis sûre que si je leur avais demandé gentiment, ils me les auraient données avec bon cœur, mais non, il fallait que je les voles…Et sans le moindre état d’âme, en plus. »

Isaya fixa sa camarade, interdite. Cette dernière, qui réalisait probablement qu’elle avait parlé à voix haute, se décomposa. La jeune fille ne savait que faire, que répondre à cela. Elle n’était pas très au clair sur les relations amicales qu’entretenaient les enfants de son âge, n’ayant eu, avant son entrée à Poudlard, qu’un seul et véritable ami. Elle observait les traits de sa compagne d’infortune et les trouva passablement tristes. Etait-ce la situation présente qui la rendait malheureuse ? Cela n’aurait rien d’étonnant. Elle-même devait lutter pour ne pas céder aux larmes et à la crainte de ne plus jamais quitter ces humides corridors. Elle aurait tout donné pour se retrouver dans sa salle commune, ou même dans le parc, à déambuler entre les sapins, les grands chênes et à observer le lac. Elle aurait aimé aider sa camarade, lui offrir une solution plus… efficace que ses bricolages et autres analyses de contes de fées. Mais elle n’était pas une de ces héroïnes de mythes et de légendes qui sauve le monde, Merlin savait que si cela avait été le cas, elle aurait été dotée d’un minimum de sens de l’orientation. Elle n’était pas non plus la Mère-Noël qui, guirlande nouée autour du cou et costume rouge, pouvait sortir de sa hotte les cadeaux parfaits pour les faire quitter cet endroit de malheur.
Elle soupira et déclara d’une voix douce :


« Je suis désolée si je t’ai ramenée à de mauvais souvenirs. Ce n’était pas mon intention. J’oublie souvent que j’ai eu de la chance d’avoir quelqu’un pour m’expliquer ce qui m’arrivait lorsque mes pouvoirs se sont manifestés pour la première fois. Je serai sans doute devenue folle si j’avais du garder cela pour moi, sans pouvoir en parler. »

Elle repensait au jour où sa magie s’était révélée à elle. Elle avait déjà compris que sa mère et ses amies n’étaient pas tout à fait comme les mères de ses camarades d’école. On lui avait appris à ne pas parler de balais, de chouettes, de chocogrenouilles, de poudre de Cheminette et de toutes ses notions qui auraient pu trahir les siens. Elle savait que son père était différent, que bien qu’il soit dans le secret, il ne pouvait pas faire toutes ces choses dont sa femme était capable. La fillette savait que le jour où elle deviendrait une véritable sorcière n’allait pas tarder à arriver. C’est ainsi qu’un matin de juillet, alors qu’elle se disputait âprement avec ses parents pour des broutilles, les portes des placards de la cuisines s’étaient brusquement ouvertes, laissant jaillir leur contenu. Le sol avait fini recouvert de morceaux de porcelaine et de céramique et alors que Yann Descartes s’était figé, abasourdi, son épouse s’était précipitée vers leur enfant et, après avoir vérifiée qu’elle n’avait pas été blessée, l’avait serrée contre elle à l’étouffer.
Isaya reprit, tentant de redonner le sourire à la Gryffondor :


« Je viens d’y songer mais je comprends pourquoi j’apprécie autant ton prénom. C’est également celui de ma mère mais puisque tout le monde l’appelle Mellie ou Liss, je n’ai pas tout de suite fait le rapprochement. Mais bref, ce n’est pas très important, on pourrait peut-être se mettre au travail. Je ne sais pas pour toi, mais je meurs de faim ! »

Elle recommença donc à déchiqueter ses mouchoirs et à disséminer son stock d’encre. Avec un peu de chance, elle pourrait passer la nuit dans son lit et non pas dans un corridor glacial.

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Les mots en gras et soulignés concernent le calendrier de l'Avent de Poufsouffle

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Une situation quelque peu gênante  PV- Isaya Descartes 

« Je suis désolée si je t’ai ramenée à de mauvais souvenirs. Ce n’était pas mon intention. J’oublie souvent que j’ai eu de la chance d’avoir quelqu’un pour m’expliquer ce qui m’arrivait lorsque mes pouvoirs se sont manifestés pour la première fois. Je serai sans doute devenue folle si j’avais du garder cela pour moi, sans pouvoir en parler. »


Mel en resta bouche-bée : comment Isaya pouvait-elle être aussi gentille avec elle alors qu'elle lui avait répondu sèchement ? Elle la dévisagea avec étonnement, la gratitude gagnant peu à peu les traits de son visage. Ainsi, elle ne lui en voulait pas... Au contraire, elle semblait même compatir.
Touchée par tant de bonté, Melissandre resta quelques instants sans savoir quoi dire. La Poufsouffle reprit :


« Je viens d’y songer mais je comprends pourquoi j’apprécie autant ton prénom. C’est également celui de ma mère mais puisque tout le monde l’appelle Mellie ou Liss, je n’ai pas tout de suite fait le rapprochement. Mais bref, ce n’est pas très important, on pourrait peut-être se mettre au travail. Je ne sais pas pour toi, mais je meurs de faim ! »


Sortant enfin de son mutisme, Mel approuva et se mit au travail avec Isaya. Tout en décorant le sol de fines perles d'encres, elle se mit à parler :

« C'est moi qui suis désolée, pour tout à l'heure, Isaya... Parfois, mes réactions sont beaucoup trop spontanées... Je n'avais pas du tout l'intention de me montrer si sèche et si méchante. Je m'excuse sincèrement. »


A présent, elle se surprenait elle-même. S'excuser n'était habituellement pas du tout son genre. Et pourtant, elle le faisait et ça lui procurait du plaisir, ainsi qu'un certain soulagement. Elle reprit :


«  Et je suis ravie d'apprendre que ta mère s'appelle Melissandre ! Ça doit être une personne formidable... »


A peine eut-elle terminé de prononcer sa phrase, qu'elle leva les yeux au ciel mentalement : sa personnalité narcissique reprenait le dessus, elle n'y pouvait rien. Au bout de quelques heures, à force de vider leurs encriers et de marcher inlassablement, elles finirent par regagner un vaste corridor qui se trouvait non loin de la salle commune des Gryffons. Mel dit au revoir à son amie, espérant qu'elles se reverraient prochainement puis rejoint son dortoir où elle vida tout son stock de patacitrouilles avant de s'endormir comme une masse. Durant toute la nuit, elle rêva de couloirs sans fin, de gouttes d'encres démoniaques et de mouchoirs spectraux.



Reducio
Je suis infiniment désolée pour le retard, pour la qualité médiocre de mon post, pour sa brièveté... Pour tout, voilà :'(