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Ancien sorcier  

Parade-Riposte .I.  J.KIRSANOV| 

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PARADE-RIPOSTE - PARTIE I


      Un week-end particulièrement humide et chaud entrainait dans les cœurs des élèves Poudlariens et étrangers une envie irrésistible de sortir et de profiter des rares rayons de soleil que les terres écossaises pouvaient offrir. Les premières manifestations du printemps qu'elles apparaissent sous les chants des oiseaux ou des bruits plus nombreux provenant de la forêt interdite apportaient aux environs une toute autre ambiance, radicalement différente de celle plus austère, propre aux saisons hivernales. Si ce retour à la vie était pour beaucoup un véritable soulagement et une source d'inspiration pour finir positivement l'année scolaire en cours, peut-être était est-ce en échange une source de frustration pour les enseignants pour qui la multiplicité des devoirs rendus, dû à l'arrivée imminente de la fin d'année les condamnaient à rester plus longtemps entre les murs frais de l'immense bâtisse. Les élèves de Beauxbâtons et Durmstrang étaient chanceux de voir ce phénomène si rare qu'était une simple journée ensoleillée.

      Mary n'était pas insensible au beau temps extérieur. Néanmoins, elle désirait -sans vraiment chercher à comprendre pourquoi- se poser quelques temps sur les marches des grands escaliers de l'école pour réfléchir. Il lui semblait préférable de le faire ici afin d'éviter que ses ruminations n'empoisonnent la balade qu'elle espérait faire durant l'après-midi. Deux mois de difficultés scolaires avaient amené Mary a reconsidérer sa motivation générale, voire la viabilité de son ambition naturelle. Ce n'était pas tant une question d'obtenir de mauvaises notes mais plutôt le temps de plus en plus réduit qu'elle accordait au travail personnel qui était attendu des élèves. Un étrange ralentissement qu'elle ne parvenait pas à expliquer. Peut-être était est-ce dû à son implication trop importante en début d'année, l'aillant pompée d'un trop plein d'énergie qu'elle ne parvenait plus à retrouver. Après tout, tous les enseignants et ses camarades s'attendaient à ce que, comme tout le monde, elle donne le meilleur d'elle même, de façon continue sans pour autant donner d'indices et de conseils pratiques quant à se gérer elle vis à vis de l'inévitable fatigue physique propre à ses limites dû à son jeune âge.

      En conséquence, les excuses se sont multipliées. Évidemment, elle n'avait jamais entendu parlé de procrastination et n'avait pas la maturité pour reconnaître les premiers signes propres à cette tendance mais c'était pour autant une mauvaise habitude qui peu à peu s'encrait dans son quotidien et petit à petit l'handicapait scolairement. Si ses connaissances et compétences étaient suffisamment nombreuses pour qu'elle tiennent les évaluations, il ne fallait pas penser que cela puisse efficacement perdurer sur le long terme. A l'heure d'aujourd'hui, l'excuse actuelle pouvait se définir en trois mots, certes attrayant mais donc les enjeux n'arrangeaient rien pour la serpentarde : Duels de sorciers.

      En effet, elle s'était mise en tête de focaliser son attention et son énergie pour le bien de cet art souvent sous-estimé face à la popularité injustifiée du Quidditch, un sport incompréhensible et parfaitement ennuyeux. Contrainte par les limites de ses connaissances de seconde année en terme de maîtrise de sortilèges auquel s'ajoutait la mal connaissance de ses limites physiques et mentales, elle s'était néanmoins décidée peu de temps avant à se lancer dans un duel contre une camarade de maison, Anna Obertino grâce à une rampe de duel mise à disposition dans les dortoirs des filles. S'étant imaginée que les duels de sorciers étaient sensiblement similaires aux parties d'échecs, Mary s'était enfoncée dans des stratégies qui finalement avaient eu raison d'elle. Cette expérience s'était alors résolue en un échec cuisant souligné par l'abandon -chose que jamais la serpentarde ne pouvait tolérer et poutant avait fait-.

      Frustrée et colérique envers elle même, elle s'était renfermée dans des lectures multiples et approfondies sur le sujet. Son irritation ne cessait d'ailleurs de grandir au fur et à mesure que ses yeux balayaient les pages aux polices d'écriture trop fines et étriquées. Cela expliquait donc en partie pourquoi la jeune fille, assise sur les marches en pierre se trouvait actuellement avec un petit carnet entre ses mains, occupée à gribouiller des schémas stratégiques qui sûrement manquaient cruellement de minutie et de logique. Enfin... cela lui permettait à cet instant de se distraire des autres tracas qui encombraient son esprit.

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Tu travailleras pour devenir le meilleur. Tu seras puissant. Tu seras célèbre. Tu feras tienne la gloire. Pour quoi faire ? Pour notre famille. Pour l’honneur. Pour le simple plaisir de pouvoir dire « je l’ai fait » et pour montrer qu’il faut avoir l’orgueil de se projeter hors de sa condition initiale.

Jonas avait passé des heures dans tous les recoins isolés de Poudlard, à donner de grands coups de baguette, à lâcher d’impressionnantes gerbes d’étincelles rouges, dorées, noires… Il avait bousillé de nombreux arbres dans la forêt : les troncs étaient dorénavant brûlés, troués, explosés. Jonas s’était acharné, il avait utilisé toutes sortes de maléfices sur ces pauvres végétaux, il avait agité sa baguette jusqu’à en avoir des crampes au bras.

Il faisait tout ce qu’il pouvait, mais rien ne semblait être suffisant. Pas pour le moment, en tout cas. Lui, champion de Durmstrang, espoir de l’Institut, devait impérativement être plus puissant. Dès qu’il avait compris ce qu’il pouvait faire avec une baguette, il en avait voulu plus, jusqu’à atteindre cette espèce de boulimie du pouvoir.

Il s’était mesuré aux autres champions du tournoi, et alors qu’il avait fermement cru impressionner tout le monde, avoir fait une démonstration des plus spectaculaires, il s’était senti humilié, rabaissé à une condition de grosse brute beaucoup trop cliché de l’Institut – mais en vérité, il n’y avait pas de grosses brutes à Durmstrang, car celles-ci ne font pas long feu. Il y avait même l’opposé des grosses brutes, comme Lip. Plein de raffinement, comme sa condition l’exigeait, Lip n’en était pas moins un sorcier doté d’une puissance dévastatrice, voire d’une once de sauvagerie. Cela, évidemment, il le cachait, car il ne fallait pas éveiller les soupçons. Il y avait aussi Aleksandar, avec ses légers airs de je-m’en-foutisme, mais qui était complètement redoutable. Il y avait eu un professeur de potions aussi – nom sympathique pour traiter d’une matière qui s’attachait plus officieusement aux poisons et élixirs peu recommandables – qui avait été auparavant élève de l’Institut, soupçonné par certains de ses professeurs d’être un cracmol un peu plus intelligent que la moyenne, mais qui, au final, s’était avéré être l’un des meilleurs de sa promotion, à force de ruse et de finesse d’esprit. Ses poisons étaient aujourd’hui connus et convoités par ses pairs, et l’on disait même, très secrètement et de façon incertaine, qu’il avait réussi à éliminer ses ennemis sans bouger de chez lui. Ainsi donc, confondre Durmstrang avec la barbarie, les grosses massues et les vikings, c’était n’y rien connaître.

Jonas était adossé au mur d’un couloir, prenant des notes sur un carnet et examinant avec attention sa baguette cabossée. Il la secoua avec force, et comme s’il avait s’agit d’un robinet mal fermé, quelques faibles étincelles rougeâtres s’en échappèrent, et tombèrent sur le sol en laissant sur celui-ci quelques traces de brûlé. Soupirant d’exaspération, il rangea son carnet, sa baguette, et entreprit de se diriger vers un meilleur terrain de travail. Déterminé, il regardait droit devant lui et faisait de grands pas, ne faisant attention qu’à lui et à ses pensées. Lorsqu’il remonta quelques marches, son regard vrilla sur une petite fille, faisant quelques schémas sur un carnet. Peu intéressé, parce qu'il avait tout à fait autre chose à faire, tout champion de Durmstrang qu'il était, il ne s'autorisa qu'un soupir amusé et traça sa route, finissant de remonter les marches, et prit le virage d’un couloir. Soudain, il s’arrêta et eut un sourire – plus semblable à une grimace agacée et contrainte. Il fit demi-tour, et retrouva le haut des marches sur lesquelles la jeune fille était assise. Dominant ces escaliers de toute sa hauteur, il posa son dos contre un mur, sentant la rampe lui couper le dos, un pied sur une marche, et l’autre sur une autre, plus haute. Il croisa les bras, regarda droit devant lui, et décréta, dans tout l’anglais qu’il pouvait, certes haché mais à peu près compréhensible :


« Ce n’est pas comme ça - que tu vas - gagner un duel. »
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Ancien sorcier  

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La jeune fille venait d'achever un cinquième schéma avant qu'une impression d'inconfort ne vienne suspendre ses gestes. Elle éprouvait physiquement une certaine appréhension sans que cela puisse être logiquement et rationnellement expliqué. C'était comme ci quelqu'un se trouvait derrière elle. Bien entendu, les couloirs étaient fréquemment utilisés mais la présence des autres restaient éphémère. Cette fois-ci c'était différent et étrangement, cela lui rappelait un épisode passé durant sa première année où, en compagnie d'une gryffondor dont elle avait oublié le nom, une présence inexpliquée avait fait dresser ses cheveux. Elle secoua inconsciemment la tête. Il lui était nécessaire de cesser de s'imaginer des choses absurdes basées sur des sentiments instables. Les perceptions ne pouvaient être des bases d'analyse que la jeune fille pouvait prétendre apprécier. Loin de là. Il lui fallait retrouver concentration et réfléxion au lieu de tergiverser pour rien.

« Ce n’est pas comme ça - que tu vas - gagner un duel. »

Contenant du mieux qu'elle put la sensation de crainte emplifiée par la surprise, elle tourna sa tête vivement pour voir au dessus de ses épaules qui au juste venait de lui donner une peur bleue. La voix rauque et saccadée par l'accent étranger était associé à l'image d'un garçon visiblement plus âgé qu'elle, nonchalamment adossé contre la rampe des escaliers, un air légèrement frustré planté sur son visage. Ne pouvant résister à la tentation d'analyser ce visage inconnu, Mary s'attarda sur les traits fins voire tranchants du garçon et le fait que ses yeux perçants laissait transparaître une certaine autorité. Calme, mais prédominante néanmoins.

Aux mots de l'élève de Durmstrang, Mary retourna son attention sur ses notes avec un froncement de sourcils prononcé. Au délà du fait qu'elle savait très bien qu'elle notait des concepts sans cohérence ni minutie, il était embarrassant d'être ainsi exposée par ces défauts. La remarque de l'étranger n'avait fait que souligner une évidence mais une évidence qui mettait à mal sa réputation déjà entamée et reconsidérée et à cela il n'y avait rien d'agréable. Tous ses gribouillis maintenant la narguaient avec flegme, ses flèches et ses points d'interrogation multiples trahissant son ignorance sans aucune pitié.

« Visiblement, les livres de la bibliothèque ne sont pas dignes de confiance, hein ? », Mary ne put s'empêcher de lui dire avec défense comme pour sauver cette première impression peu reluisante.

Le club de duels ayant été rouvert à l'école, nombre de curieux et de passionnés s'étaient engloutis dans la bibliothèque rustique mais néanmoins fascinante de Poudlard. Les plus aptes et confiants prenaient grand plaisir à recommander des œuvres, l’œil arrogant, le nez en l'air comme s'ils se complaisaient à se comporter comme des maîtres de leur discipline. Mary n'allait pas tant critiquer une telle attitude. Après tout elle aussi aurait tendance après une pratique soutenue d'afficher une telle confiance même si les nouveaux adeptes iraient toujours courir s'ils désiraient arracher quoi que ce soit de la serpentarde.

La jeune fille se releva pour faire face à son interlocuteur, ajustant de manière automatique ses vêtements. Elle avait entre-temps prit soin de fermer son carnet, le tenant fermement dans sa main droite dans l'espoir que le garçon puisse rapidement en oublier le contenu. Le déni offrait une porte de sortie à une situation désagréable et Mary commençait à en développer un certain talent. Elle justifiait une telle intention avec l'idée que si tout ce que contenait ce carnet était dérisoire, il était parfaitement compréhensible de vouloir le faire disparaître. Mais, car il y avait toujours un mais à toute chose, ce carnet avait titillé l'attention de l'adolescent et pour que cela puisse se faire, il eut fallut que celui ci ait des conaissances implacables dans ce domaine et cela attirait l'attention de la jeune fille. Mary ne le voyait pas s'attarder sur une telle situation mais si celle ci pouvait en tirer quelque chose, elle ne louperait pas une telle occasion. Ainsi, elle grimpa les marches pour arriver à niveau du garçon, ignorant la différence de taille entre les deux. Mentalement, elle réfléchissait sur les termes adéquates qu'elle espérait trouver. Enfin, elle lui dit d'une voix posée voire monotone :


« On pourrait penser que t'as une certaine expérience. Durmstrang doit sûrement offrir d'excellents entrainements aux duels. Malheureusement, Poudlard semble toujours préférer enseigner le.... Quidditch. »

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Jonas redescendit les quelques marches qui le séparaient de l’élève de Poudlard, afin de se mettre à sa hauteur. Il l’analysa sous toutes ses coutures : blonde, minuscule, frêle, il se demanda si lui-même avait déjà été si petit. Quel était l’âge minimum pour entre à Poudlard ? Avaient-ils abaissé la limite à neuf, dix ans ? Malgré ce physique de petite fille, la gamine semblait déterminée, et avait l’air de penser que son collège de « magie » était un peu limite niveau enseignement – et en ce sens, elle devenait aux yeux de Jonas quelqu’un de particulièrement censé et lucide. Pourtant, il n’était pas d’accord quant à sa critique dégoûtée du Quidditch. Le frère de Jonas était lui-même capitaine de l’équipe de Durmstrang, et jouait régulièrement à l’école, pour les championnats organisés spontanément entre les différentes équipes d’élèves. Enfin, il devait être bien vrai qu’on ne jouait pas tout à fait de la même façon à Durmstrang et à Poudlard… Un sourire narquois s’afficha sur le visage du champion de Durmstrang.

« Poudlard c’est mauvais. Les professeurs vous apprennent des choses - pas bien. Si ils ont eu des professeurs comme eux ils sont… Je ne m’étonne pas que ils sont incompétents. »

Jonas croisa les bras. Parler anglais lui demandait un effort honteux qui avait tendance à le mettre mal à l’aise – aussi évitait-il au mieux le contact des élèves de Poudlard. Il n’était de toute façon pas ici pour faire connaissance avec ces élèves destinés à ne devenir personne.

« Vous votre Quidditch aussi il est mauvais. Vous ne connaissez pas le froid, vous êtes… comment on dit ? Frileux - dans tout ce que vous - essayez. Et vous n’arrivez pas. »

Cela, le champion de Durmstrang avait pu le constater lors des matchs de Quidditch, des performances de la championne de Poudlard, des cours auxquels il avait assisté… Si la devise de Poudlard était « on ne chatouille pas un dragon qui dort », Jonas pensait bien qu’il fallait la compléter : « on ne chatouille pas un dagon qui dort, enfin, en tout cas, pas trop, sinon ça pourrait peut-être éventuellement mal aller, hein » Ce pseudo-dragon qu’était Poudlard devait être si bien endormi qu’il s’était fait attaquer, de l’extérieur ou de l’intérieur - deux fois en deux ans, d’après Monsieur Kowalczyk. Ouais, si vous voulez l’avis de Jonas, ce collège de faiblards était plus un gnome tétraplégique à la retraite qu’un dragon.

Soudainement un peu gêné, Jonas se gratta la tête. Il avait oublié un détail de politesse avec cette petite. Il fit un petit effort de concentration pour se remémorer une formule toute consacrée à la catégorie de situation : « Rencontres » sous-partie « Avec des humains » sous-sous-partie « Pas adultes », et, sans pour autant afficher une mine particulièrement aimable, il dit :


« Hum, - comment-tu-t’appelles ? »
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Ancien sorcier  

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Mary l'observa le rejoindre. La différence d'âge et de taille était particulièrement impressionante ainsi ne s'étonna t-elle pas de ressentir un étrange sentiment d'intimidation qu'elle avait rarement vécu auparavant. Le fait de parler à un plus grand était bien plus concret à présent. Elle observa avec une certaine curiosité innocente les traits du visage qui trahissaient cette différence : la machoire bien plus tranchante que celle qu'avait ses camarades, l'apparition peu discrète de tous ces poils (Salazar merci d'être une fille !), les épaules larges et carrés, travaillées parr toutes les expériences et sûrement aventures que des deuxièmes années ne pouvaient imaginer. Elle ne le percevait tout de même pas comme une bête de foire. Après tout, Poudlard avait son lot d'ainés mais l'accent sec du garçon renforçait cette image imposante. Le garçon pousuivait la conversation et la jeune fille l'écouta acquiécer sur son avis particulièrement tranchant de ce qui pouvait bien se passer dans cette école. La curiosité qu'elle avait envers Durmstrang s'en retrouvait renforcée et elle s'imaginait des cours intenses, pleins de situations problèmes qui sortaient de l'ordinaire, de l'ennuyeux et qui sûrement ajoutaient du danger à leurs apprentissages.

« Vous votre Quidditch aussi il est mauvais. Vous ne connaissez pas le froid, vous êtes… comment on dit ? Frileux - dans tout ce que vous - essayez. Et vous n’arrivez pas. Hum, - comment-tu-t’appelles ? »

Elle hocha légèrement les épaules. Elle n'y connaissait rien au sport mais savais tout de même qui si un joueur anglais venait à entendre de tels propos, celui ci se sentirait probablement offensé. Peut-être que la rivalité entre écoles pouvait affecter Mary aussi bien qu'involontairement, mais l'image de voir la capitaine poudlarienne révoltée valait son pesant d'or. Elle ne chercha donc pas à argumenter les propos du garçon.

« Mary Grey, deuxième année. J'y connais rien au Quidditch alors bon, je peux pas vraiment te répondre. T'façon, m'étonnerait pas qu'on soit mauvais. Pt'être que ça explique pourquoi j'aime pas. J'sais juste que y rien pour nous faire progresser aux duels alors je me retrouve à écrire n'importe quoi sur ça -en désignant le carnet-. J'devrais pt'être arrêter d'perdre mon temps et retourner lire mes livres de potions...»

Elle n'avait pas pour ambition d'apparaître comme une fillette qui pouvait se plaindre de tout et de rien mais elle sentait le besoin de dire ce qu'elle pensait. Une telle occasion était suffisamment rare, trop occupée à insulter les autres et le garçon retournerait bientôt chez lui et l'oublierait. Mary était déjà étonné qu'il ait daigné lui adresser la parole aussi longtemps. Elle n'était pas sûre, si elle était à sa place, qu'elle aurait fait la même chose. Mary n'en regrettait une nouvelle fois pas grand chose : il savait des choses qu'elle ne savait pas. Si elle pouvait en avoir accès, même un dixième, elle en serait satisfaite.

« Qu'est-ce qui faut alors pour que je les gagne, mes duels ? », osa t-elle demander, choisissant de taper sur sa probable -selon elle- fierté de savoir des choses qu'elle ignorait.
Reducio

Je m'excuse pour ce retard gigantesque. J'ose poster une réponse mais si, par soucis de cohérence avec le contexte, il est nécessaire de clôturer ce sujet, je peux modifier la fin.

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L’élève étant en deuxième année, c’est-à-dire qu’elle était vraiment toute petite, comme Jonas l'avait supposé. Mais son air déterminé s'intensifiait et était toujours de bonne augure : peut-être son niveau s’élevait-il un peu plus haut que celui de ses camarades, tous très contents d’arriver à faire léviter une toute petite plume d’oie. Ses ambitions, en tout cas, semblaient supérieures. Certainement pas à la hauteur de Durmstrang, tout de même (par principe, Jonas ne pouvait le concevoir), mais peut-être quelque part entre la hauteur de Durmstrang et la médiocrité de tout le reste.

En tout cas, Jonas remerciait Nérida de n’être pas tombé sur l’une de ces filles de Beauxbâtons, pleines de papillons et de fanfreluches. Certaines élèves étaient jolies, certes – Marie, par exemple, qui était la championne – mais leur apparence trop élégante semblait enlever, aux yeux de Jonas, un peu du caractère impressionnant qu’elles auraient pu avoir. Dans l’esprit du jeune homme, la coquetterie ne pouvait naturellement pas s’associer à la puissance, ce qui était un préjugé assez idiot, mais typique de Durmstrang. Les filles, à Durmstrang, étaient pour la plupart froides comme l’hiver sibérien, car elles s’adaptaient. Une fille trop faible ne durait pas longtemps à l’Institut du Nord, pas plus qu’un garçon trop peu résistant. On accusait parfois Durmstrang d’être l’école de l’intolérance. Jonas, lui, dirait que c’était l’école de l’élite. Enfin, comparer les garçonnets de Beauxbâtons aux hommes de Durmstrang n'était même pas un sujet qu'il aurait pris le temps d'aborder dans ses pensées les plus ennuyées.

Jonas fronça les sourcils en regardant la toute petite fille.


« Il faut une baguette, déjà. On lance pas des sorts avec – du papier. »

Il sortit sa propre baguette et la fit rouler entre ses doigts. Il aimait beaucoup sa baguette, petit instrument d’un grand pouvoir. C’était toujours fascinant de constater ce qui pouvait sortir d’un tel bâton.

« Tu connais ça, Mary Grey ? demanda-t-il avec un imperceptible sourire. »

Le champion de Durmstrang avait beau ne pas être quelqu’un de particulièrement sympathique, il était justement le champion de Durmstrang, et ses conseils en matière de duels devaient être bons à prendre pour une jeune étudiante de Poudlard. Durmstrang n’était-elle d’ailleurs pas réputée pour cet enseignement spécifique ? Le Ministre de la Magie de Grande-Bretagne n’était-il pas, lui, même, un ancien de Durmstrang et champion de duels ?

Finalement, il pointa sa baguette sur l’élève de Serpentard et lui lança un sort si vite qu’elle ne put réagir. Il la fit voler plus loin dans le couloir et étrangement, s’assura pour qu’elle atterrisse sur ses deux petites jambes. Sa baguette était toujours pointée vers elle. Jonas se demandait s’il ne perdait pas son temps, et finalement, se dit que non. S’imposer comme puissant champion de la meilleure école de magie du monde n’était pas une perte du temps, si cela pouvait nourrir les étoiles dans les yeux d’une élève d’une petite école comme Poudlard.
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Ancien sorcier  

Parade-Riposte .I.  J.KIRSANOV| 

L'ironie n'échappa pas aux oreilles de la Serpentard qui en retour lui adressa un regard mi-blasé mi-amusé, son habituel sourcil levé tel un accent circonflexe. Certes elle était une jeune ignare, certes elle était à Poudlard mais il ne s'agissait pas non plus qu'elle le laisse la charrier sans qu'elle ne lui fasse tâter de son venin, champion ou non. Ces remarques gentillement moqueuses de la part de l'aîné avaient toute fois le mérite d'avoir involontairement réduit la distance invisible qui séparaient de prime à bord les plus âgés aux plus jeunes. Elle qui était jusqu'alors tout à fait impressionnée et même intimidée se sentait maintenant imperceptiblement plus détendue. Un vrai dialogue venait d'être entamé, allant plus loin que les critiques superficielles entre les deux écoles. Le garçon s'amusait à manipuler sa baguette avec une certaine fierté qu'elle pouvait comprendre -la sienne était bien sûr bien supérieure à celle que le garçon possédait-. Mary en convient donc d'accorder sa clémence en ne répondant pas à la question rhétorique venant d'être posée.

*Erreur fatale*, allait-elle penser quelques instants après car tandis qu'elle avait ouvert la bouche pour lui poser une question, celui-ci avait ,sans complexe, pointé sa baguette vers elle, profitant de l'effet de surprise pour l'envoyer valdinguer à travers le couloir. Prise au dépourvu, elle sentit une première vague de panique la saisir alors qu'elle se trouvait dans les airs puis de l'étonnement alors qu'elle atterrissait sans encombres sur ses pieds, la faisant se retrouver accroupie. C'était osé de la part de Kirsanov. Il venait de lancer un sort au risque d'être prit par les Professeurs mais cela faisait-il sûrement partie du quotidien des apprentissages dans son école. Après tout, la vraie vie n'accordait pas de temps de préparation psychologique lorsqu'un conflit éclatait.

Les dés étaient donc lancés et Mary avait un handicap de taille. A cet instant précis, se fiant aux seules choses qu'elle avait, c'est-à-dire ses notes mémorisées, elle sourit d'un sourire carnassier et avide et pointa en retour sa baguette vers le garçon :


« Expelliarmus ! »

Si cette baguette était son point fort, autant l'écarter de sa route et cela le plus rapidement possible. Du coin de l'oeil, elle gardait une attention au détour du couloir dans lequel les deux se trouvaient. Si quelqu'un venait à prendre ce virage, elle pourrait réagir au plus vite..