Poudlard Express

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 RPG+   LDC  Chapitre III : Quatre voix

Mode : Solo
Tome : Le lien des coeurs
Chapitres précédentsPrologue ; Chapitre I ; Chapitre II
Récurrents RPs :  Regels MORDRED (Sp) ; Hélène CHEVALIER (Sd) ; Elizabeth THORNFIELD (Sp)

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Année : dernier jour de Première Année.

          Il était toujours un moment excitant, pour les élèves de Première et Deuxième année de se retrouver dans un lieu comme Pré-au-Lard. Cet oasis écossais faisait vivre les rêves des plus jeunes, non autorisés à faire des virées pour acheter friandises et autre bricoles. Les seules fois où les plus jeunes étaient autorisés à venir, c'était pour prendre le train du Poudlard Express en provenance, ou à destination de Londres. Cette fois-ci fut l'une d'entre elles. Les Poudlariens venaient de clôturer une nouvelle année, particulièrement riche en péripéties, certaines dépassant leur entendement. Etait est-ce prometteur pour la suite ? Nul de pouvait y répondre mais moults tumultes se préparaient, bien loin de leurs esprits encore innocents et vulnérables.

          Pour l'heure, le choix du bon compartiment relevait de l'exploit. Certains étaient fins stratèges, récupérant les meilleures places. D'autres se présentaient comme des victimes du mal de transport pour s'accaparer sournoisement quelques sièges particulièrement confortables. Le brun aux yeux bleus clairs déposa tous ses bagages contre la pile déjà faite par tous les autres élèves. Il vérifia qu'il avait bien dans ses poches de sa robe : sa tenue moldue -réduite pour qu'il puisse se changer durant le trajet-, quelques pièces pour les friandises Ms. Trolley, un livre, un jeu de cartes ainsi qu'un crayon. Frais et prêt, il se dirigea d'un pas tranquille en direction de la série de wagons. 

" Ed' ! Attends-moi !", s'exclama une voix familière féminine derrière lui. 

          Perplexe, le Serdaigle se retourna et reconnu Hélène qui finissait de se débarrasser de ses affaires. Ces derniers temps, la jeune fille prenait ses aises avec lui et n'hésitait plus à l'appeler par son surnom. Edward n'avait pas vraiment vu le changement arriver mais cela ne le dérangeait pas outre mesure. Après tout, ils passaient beaucoup de temps en compagnie l'un de l'autre. Alors que d'autres le dépassaient à vive allure, Edward resta planté sur le quai, mains dans les poches, attendant Hélène. Celle ci le rejoignit en courant et lui prit le bras pour l'emmener avec elle faire le tour des compartiments. Apparement, ils allaient aussi passer le trajet ensemble. Hélène Chevalier était décidément un drôle d'oiseau. 

          Les premiers wagons semblaient déjà pleins, des élèves se faisant rejeter sans autre cérémonie à la porte métallique des wagons. Ne souhaitant pas gaspiller du temps à chercher un compartiment, Edward et Hélène choisirent de se place vers l'arrière du train, là où ils étaient certains d'être plus tranquilles. Leur intuition se révéla bonne car rapidement, ils se trouvèrent un compartiment vide. Edward fit coulisser la porte et laissa la jeune fille passer en premier. Celle ci entra et se jeta sur un des sièges placés contre la fenêtre. Comme tous les autres compartiments, les sièges étaient d'un rouge profond, séparés par des accoudoirs rudimentaires. Edward pénétra dans le compartiment et referma porte coulissante derrière lui. Sur la vitre l'on pouvait voir les armoiries de l'école Poudlard.

          Il rejoignit sa camarde, s'assayant sur le siège à l'opposé du sien, lui aussi contre la vitre. L'un des moments qu'il appréciait était celui où les fumées de vapeur encombraient les quais. Des voluptés grises déferlaient contre les vitres. Il les observa avec contentement. Très bientôt le train partirait et le spectacle se terminerait. Il s'enfonça un peu plus profondément dans son fauteuil, et continua d'admirer le spectacle enfumé. 

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           Une petite série de préfets s'arrêtait à leur compartiment, vérifiant que tout était en ordre avant que le train, maintenant prêt à partir, ne glisse en direction de Londres. Leurs venues étaient très brèves, ne leur adressant qu'un regard analytique et froid. Il était rapidement venu à l'esprit d'Edward qu'être préfet n'était probablement pas de son ressors. Ceux-ci semblaient passer leur temps à être sur le dos des autres, tels des apprentis Aurors. Leur courir après devait être éreintant, autant physiquement que mentalement. Edward n'avait pas les ressources pour se soucier ainsi du respect de l'ordre par les autres élèves, pour beaucoup peu futés. 

           Comme si le train s'ébrouait un instant, les deux Serdaigle furent légèrement secoués. Le brun observa les dernières fumées paresseuses. Le train démarra. Un long trajet les attendait et le soleil ne s'était pas encore levé. Hélène émit un bâillement sonore, contagieux. Edward ne résista pas le sien et tous deux s'accordèrent à dire qu'ils avaient une nuit à terminer. Avant cela, Edward vida ses poches. il agrandit ses vêtements et les déposa sur le filet placé au dessus de sa tête. Ensuite, il sortit son livre, jeu de cartes et crayon, leur fit, à eux aussi retrouver leur taille d'origine, puis les déposa sur la tablette de leur compartiment, méticuleusement ordonnés. Une fois chose faite, il tenta de trouver une bonne position pour s'endormir, ce qui n'était pas particulièrement évident à cause de l'agitation naturelle du wagon. Après quelques minutes, il parvint à se caler contre le montant de la fenêtre, les jambes négligemment positionné pour soulager une éventuelle douleur au dos. 

               Satisfait, il ferma les yeux.

           Possiblement envieuse, Hélène regarda le garçon sombrer dans les bras de Morphée. Il lui était toujours difficile de trouver le sommeil après avoir été réveillée et l'agitation du départ n'arrangeait rien. Elle chercha donc un moyen de se détendre pour ensuite pouvoir imiter son camarade. Contrôlant ses mouvements de sorte à ce qu'elle ne réveille pas celui qu'elle considérait comme ami, elle sortit un petit carnet et entreprit de s'engager dans une de ses activités favorites : celle d'écrire de courtes histoires. Personne n'avait jamais posé ses yeux sur les notes de la fille aux cheveux aubruns, ce qu'elle préférait grandement. Ce passe-temps la détendait et elle ne prétendait pas que ce qu'elle écrivait avait une quelconque valeur.

           Elle n'eut le temps d'écrire qu'un paragraphe à moitié barré que la porte du compartiment s'ouvrit, laissant apparaître sur son seuil deux figures rencontrées bien des fois durant l'année, entourées d'autres plus ou moins connues.

" Débrouillez-vous pour trouver un autre compartiment. Elize et moi allons rester ici.", déclara froidement le garçon à l'attention de ceux debouts derrière lui, après un court instant de réflexion. 

           L'ordre était sans équivoque. Des regards pour certains venimeux se tournèrent en direction d'Hélène et de la figure endormie d'Edward. Lorsqu'un d'eux s'apprêta à discuter ce qui venait d'être déclaré, Elizabeth Thornfield envoya à l'impertinent un regard plein de promesses de torture. Cela eut le mérite de taire toute résistance et la jeune fille aux cheveux noirs pénétra dans le compartiment pour s'installer à côté d'une Hélène interloquée. Regels Mordred, lui, suivit son pas, fermant sèchement la porte au nez de ses colle-basques.

" Bonjour, Chevalier. ", salua mystérieusement et calmement Elizabeth, tout en s'installant à la place qu'elle s'était octroyée. 
- Pourquoi vous installez-vous ici ? Il y a d'autres compartiments libres, il me semble., nota Hélène, intriguée.
- Et ? Nous faisons ce que nous voulons. Comme nous voulons nous installer ici, nous nous installons ici. ", répondit Mordred comme si cela allait de soi, s'installant confortablement.

           Un silence étrange tomba entre les quatre élèves. Les derniers arrivants plongèrent dans leur lecture. Hélène les observa du coin de l'oeil un court instant avant de reprendre son écriture, faisant attention à ce que ses notes soient hors de portée de yeux trop curieux. Edward, lui, restait profondément endormi.

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            Une bonne heure après que le compartiment se soit rempli, Edward ouvrit un instant les yeux avant de les refermer immédiatement, grimaçant. Le soleil se levait et avec lui des rayons qui semblaient lui brûler les rétines. Lâchant un grognement, il se frotta les yeux pour faire passer les perles d'eau qui brouillaient sa vue. Se faisant, il se redressa puis s'étira longuement, faisant craquer son dos engourdi par la position qu'il n'avait quitté depuis qu'il avait sombré dans le sommeil. Après avoir recouvert ses esprits, il regarda autour de lui et se figea. Hélène et lui même n'étaient plus seuls dans le compartiment.

            Mordred -par déduction-, assis à côté de lui, se trouvait actuellement caché par la Gazette du Sorcier. Elizabeth, elle était en train de discuter à voix basse avec Hélène. Le garçon ne sut comment réagir face à cette situation. Il choisit donc de trouver une diversion en prenant son livre, ignorant volontairement les autres. 

" Les délégations sont retournées chez elles, et tout de suite, on parle de politique en Europe ", marmonna Mordred.

            Trois pairs d'yeux de levèrent dans sa direction. Suivant ses mots, il plia la Gazette, un air réflexif trônant sur ton visage.

" Pas souvent que les Première année s'intéressent à ça., observa Edward, analysant la réaction du Serpentard.
- Les imbéciles ne s'y intéressent pas, tu veux dire.", corrigea Mordred en lui envoyant un sourire en coin.

            Le garçon au regard de glace semblait nourrir de grandes opinions. Néanmoins, sa remarque attirait la curiosité du garçon. Même si le garçon avait tendance à traiter étrangement ses larbins, c'était loin d'être un incompétent académiquement. Edward n'avait pas le souvenir d'une fois où le vert avait une moyenne inférieure à O. Plusieurs théories s'entre-croisaient dans son esprit : peut-être que le garçon avait grandit dans une famille où l'on parlait constamment à ce genre de chose. Peut-être que le garçon était étrangement plus mâtures que d'autres, même plus mature qu'Edward. Peut-être enfin que c'était une de ces choses que les Serpentard appréciaient, vue leur goût pour une ambition triomphante, ce qui exigeait de leur part de voir les choses... en grand.

" Ils ne parlent pas des rumeurs qui circulent, en tout cas., souligna Elizabeth Thornfield, une lueur étrange dans son regard.
- Lesquelles, au juste ?, demanda Hélène, intriguée.
- Celles autour du Dominion ?, répliqua t-elle immédiatement. Il paraîtrait que des choses étranges se sont produites avant que le Dominion n'implose, en plus du chaos dans les travées, durant la Troisième Tâche. Endroit bien gardé et secret, d'ailleurs. Un mystère... comme on aime les résoudre. " 
- Les Luneau, Durmstrang, Stoyanov... , dit Edward, d'un ton absent. 

            Mordred hocha la tête en sa direction, un drôle d'air satisfait accompagnant son sourire en coin. La conversation laissa un moment de silence se suspendre dans les airs. Maintenant accaparé par le sujet de conversation, Edward se saisit de la Gazette, pliée et déposée à côté de lui. Les autres disparurent de son champ de vision. Il plongea dans sa lecture. Il n'avait jamais été un grand fervent de ce type de littérature, préférant celle scientifique. Néanmoins, lorsque la Réalité touchait son quotidien, il lui était difficile de l'ignorer d'un geste. 

" Je dois admettre que je ne comprends pas tout ce qui se passe., conclut Edward, reposant la Gazette après avoir lu les articles mentionnés par le Serpentard.
- Sur ce point, tu n'es pas le seul.", déclara Mordred, sa voix teintée par la frustration.

            Une nouvelle fois, ils sombrèrent dans le silence. Edward regarda par la vitre du compartiment. Là défilait un paysage verdoyant, ensoleillé par la lumière matinale. Plongeant dans ses songes, il ne conversa plus avec les autres un long moment.

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    Arrivés au dernier quart du trajet, la porte du compartiment s'ouvrit. Le Préfet-en-Chef de Poufsouffle leur annonça qu'ils approchaient de Londres. Son ton mécanique trahissait sa lassitude d'avoir répété ces mots inlassablement depuis quelques minutes. Il disparut tout aussi vite qu'il eut apparut. Lorsque la porte se referma, les hôtes des sièges s'accordèrent en organisation : les filles se changeraient en premier, puis ensuite les garçons. Edward et Mordred se levèrent de leur siège et sortirent, laissant les filles refermer la porte en faisant coulisser le rideau assurant leur intimité. Le passage étroit du train n'était pas encore encombré par les élèves : certains devaient préférer attendre le dernier moment ou ils s'étaient changés il y a belle lurette.

    Edward se saisit des barres en cuivre, accrochées sous les séries de vitres du couloir. Son regard observait les environs : ils étaient toujours en pleine campagne. Le Serpentard, lui, avait autre chose en tête. 

" Je reviens. ", annonça t-il sans grand enthousiasme.

    Edward le regarda s'éloigna vers les compartiments plus arrières que le leur. Le Serpentard allait sûrement rejoindre ses camarades de maison pour récupérer des nouvelles qu'il aurait pu manquer. Se retrouvant seul, Edward retourna contempler le paysage. Cette observation le lassa rapidement, n'ayant fait presque que cela depuis le départ. Il se dirigea vers l'avant du train, en quête de Ms. Réglisse. Il tâtonna sa robe. Il se rappelait maintenant avoir sorti ses pièces lorsqu'il s'était installé. Il poussa un soupire de soulagement lorsqu'il sentit trois petites pièces. Il les avait manqué, Rowena soit louée.

    Lorsqu'il revint de son escapade, il retrouva Mordred, son dos contre la vitre, bras croisés, visiblement très ennuyé d'attendre aussi longtemps. Edward se plaça à côté de lui, observa un instant ses friandises en fronçant les sourcils puis tendit la petite boîte vers le Serpentard. Cela vaudrait pour la Gazette qu'il avait lu sans que ce soit la sienne. Lui envoyant un regard narquois, le Serpentard ne refusa pas l'offre, piochant dans la boîte et s'enfournant une dragée surprise. Les yeux plissés, le Serpentard analysait le goût.

" Crotte de nez. Saleté., grogna t-il, la bouche tordue.
- Comment tu l'sais ? Déjà mangé les tiennes ?, lança Edward d'un ton léger.
- Hilarant, Regencourt. Je ris à en devenir Poufsouffle.", renvoya Mordred, sarcastique.

    Edward ne put s'empêcher de renifler par amusement face à l'expression employée. La porte du compartiment s'ouvrit, laissant apparaître Elizabeth et Hélène, fin prêtes. Elle leur annonça qu'ils pouvaient y aller et sortant du compartiment, elles se dirigèrent, elles aussi, vers le chariot de Ms. Réglisse. Les garçons entrèrent dans le compartiment et se dirigèrent vers leurs affaires. En deux temps trois mouvements, ils étaient habillés de la tête aux pieds comme des moldus. Comment les filles faisaient-elle pour mettre autant de temps ? Prêts, ils laissèrent la porte ouverte pour signaler aux filles que la voie était libre. 

    La fin du trajet se passa relativement rapidement, Hélène et Edward étant engagés dans une Bataille Explosive particulièrement redoutable. Ayant plus d'expérience, Edward ne manqua pas de l'achever. Elle rit face à la concentration du garçon puis commença à ranger ses affaires. Les trois autres suivirent le pas. Les bâtiments de Londres entouraient le train. L'arrivée était imminente. Les Serpentard râlèrent lorsque le train s'arrêta brusquement sur la voie 9¾.

" Train magique et pas fichu de freiner correctement ", marmonnait Elizabeth qui récupéra son Magazine de sorcière, envoyée par terre.

    Ils sortirent du wagon après avoir réduit et rangé toutes leurs affaires. Il ne leur restait qu'à récupérer leurs bagages. Une foule de parents impatients se tenaient sur les quais, regardant frénétiquement pour certains les wagons, comme s'ils s'assuraient que l'école avait bien renvoyé leur rejeton. 

" Passez de bonnes vacances. ", souhaita Hélène à l'attention des trois autres. Ceux ci, bientôt happés par la foule hochèrent de la tête en retour.

    Edward apercevait sa mère. Il lui envoya un signe de la main et la retrouva. Maintenant, il fallait patienter pour récupérer sa malle parmi celles de toutes les promotions de l'école. Autant chercher une aiguille dans une bonne de foin. Il aperçut les cheveux de Mordred, de Thornfield et d'Hélène ici et là. Passer le trajet avec eux l'avait surpris mais son intuition lui disait que ce n'était pas si anodin que cela. Quel en était le sens ? Il n'en avait pas la moindre idée. Secouant la tête pour se défaire de la question, il entreprit de se distraire en racontant vaguement comment l'année s'était déroulée à sa mère, dont les oreilles étaient très attentifs. Après tout, cela devait faire ressurgir en elle des souvenirs de sa propre scolarité.

FIN CHAPITRE III