Poudlard Express

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La vie, c'est comme une boite de dragées surprises

Beaucoup de sorcier diront que le plus beau jour de leur vie était celui de leur arrivée à Poudlard de part le voyage en train qui leur fit découvrir un nouveau décor, de part l'arrivée dans la Grande Salle si majestueuse et imposante, de part le dépôt du Choixpeau sur leur petites caboche, de part la découverte de leur maison, de part le merveilleux et copieux repas ou de part la découverte d'une merveilleuse salle commune et de la rencontre de leur camarade de chambrée tout aussi merveilleux. Oui, beaucoup de sorcier diront qu'il s'agissait là du plus beau jour de leur vie, un jour si exceptionnelle et fantastique, pourtant, à tes yeux cette journée semblait débuté comme une journée des plus banales et ennuyeuses.

Ton père était déjà installé dans la salle à manger entrain de lire la gazette du sorcier de ce jour tandis que ta mère venait te réveiller. C'est à deux que vous aviez préparé ta valise, dire que d'habitude c'était toi qui l'aidais à faire sa propre valise en échangeant des banalités lorsque ton père l'emmenait en voyage, sans toi. Enfin bref, passons. Une fois ta valise bouclée, ta mère la descendit dans l'entrée pendant que tu prenais un bain avant de t'habiller. Finalement, vous rejoignirent ton père et prirent votre votre déjeuner ensemble dans le plus grand silence, comme d'habitude en somme, avant de vous rendre à la gare où s'était déjà agglutiner une foule monstre.

Tu enlaça ta mère tandis que ton père fusillait du regard quelques moldus venu dire au-revoir à leur progéniture. En rétrospective, c'était un peu bête d'agir de la sorte surtout vu le nombre de né-moldus et sangs-mêlés que tu serais obligé de fréquenter dans ta nouvelle école ! Pourtant, ton père était bien trop obstiné pour le reconnaitre, selon lui ce genre de personne n'avaient pas leur place à Poudlard, pff ! Foutaises ! Sachant pertinemment que cela ne se ferait jamais, le vieux bougre se contenta de les regarder d'un air mauvais en espérant que cela en dissuaderait quelques uns de laisser leur progénitures partir, il était d'ailleurs tellement absorbé par cette stupide idée qu'il ne te prêta pas attention malgré tes multiples tentatives pour te rapprocher de lui et ton regard suppliant une embrassade. Tu n'avais jamais quitté ta maison et ta famille étant jusque là, pour toi, leur dire au-revoir revenait à dire au-revoir à toute une partie de ta vie alors oui, à ce stade tu avais terriblement besoin d'une embrassade, d'un tendre baiser déposer sur ton joli front. Je crois que tu aurais même accepter une simple tape amicale sur le sommet de ton crane ou ton dos. Pourtant rien n'y faisait, tu n'aurais aucun au-revoir de sa part.

C'est avec une grande difficulté et une grande souffrance que tu montas dans le train, jetant à chaque seconde un coup d’œil sur tes parents qui s'aprretaient déjà à partir. Pour ton père, faire perdurer un au-revoir était inutile, seul les adieux se devaient d’être long et larmoyant. Or tes parents savaient bien qu'à Poudlard rien de mal ne pourrait t'arriver ! Ce n'était pas comme si tu aurais pu te faire croquer par un troll affamé ! Ou poursuivit par une armée d’araignées géantes voyons !

Tu traversa plusieurs wagons avant de trouver un compartiment vide où tu décida de t'installer. Tu rangea alors tes affaires avant de prendre place à coté de la fenêtre. Tu n'avais pas encore revêtu ta tenue de sorcier et cela ne t'avais même pas encore traversé l'esprit. Mais si il y'a une chose qui t'avais traversé l'esprit à ce moment là c'était bien la présence d'une boite de dragée se trouvant dans la poche de ton blouson. Tu avais facilement convaincu ta mère de t'offrir quelques dragées pour le chemin, ce qu'elle fit sachant pertinemment que tu étais fan de ces petites choses.

Tu sortis alors la boite que tu posa à ton coté avant d'en prendre un en bouche. Pour toi, le meilleur dans ces friandises n'étais pas le gout pouvant passer d'abjecte à succulent. Toi, ce que tu aimais là dedans c'était la sensation que provoquait une bouchée de dragée. Cet enrobage craquant laissant transparaitre un cœur moelleux avec un léger liquide, souvent acidulé, chargé de renforcer le gout de la friandise. C'est pour cela qu'il t'arrivait parfois de mâchonner pendant des heures la même dragée ce qui te donnait souvent une haleine des plus putrides. Pourtant aujourd'hui, la dragée tirée était des plus savoureuses agrémentant ainsi ton haleine avec une douce odeur du marshmallow. Comme si quelqu’un ou quelques chose avait décidé qu'il que tu sois présentable et amicale ce jour là.

Alors que tu te penchais pour reprendre une seconde dragée, tu jetas  un bref coup d’œil dans le couloir où tu vis une foule de personne se presser pour prendre place parmi les différents compartiments. Une foule composé de personne de tout sexe, de tout age et provenant de tout horizons. Tu avais encore du mal à croire que tes parents si sectaires aient pu côtoyer un tel endroit et te le faire côtoyer par la suite en toute connaissance de cause. A la vue de cette foule, tu décida de te décaler un peu, te plaquant ainsi le plus possible contre la paroi fenêtrée de ton compartiment, tout en prenant ta boite de dragée sur les genoux. Tu n'avais pas arrêter de te dire que ce jour serait le plus beau de ta courte vie, celui où tu quittais enfin ta chambre pour t'ouvrir au monde ... Pourtant, tu craignais qu'au final cette école si fabuleuse ne soit qu'une autre prison de solitude plus dorée que la précédente. Mais tu refusais de te l'avouer, alors tu te contenta d'attendre que quelqu'un pénètre au sein de ta forteresse afin de la briser. Pourtant ... Tu sentis le train démarrer et personne n'étais encore venu dans ton compartiment. Alors tu te contenta d'attendre, le front collé contre la vitre tandis que des rires provenant de compartiments pleins et clos vinrent vous narguer, toi et ta solitude.

La vie, c'est comme une boite de dragées surprises

Comment conter de façon intéressante une histoire qui a été vécue par tant de personnes auparavant ? Si Solal avait du raconter sa dernière matinée à Chipping Campden, il se serait impatienté et aurait espéré qu'on puisse passer au vif du sujet. La vieille maison de pierre qui l'avait vu grandir n'avait plus rien d'intéressant à ses yeux. Il avait compté les pierres des murs extérieurs —766 sur la largeur de la maison (et c'était sans compter les pierres qu'on ne voyait presque plus, effacées par les caprices du temps), deux fois plus sur les deux murs qui faisaient la longueur de l'habitat. Il savait qu'il y avait trois pas et demi entre chaque grande pierre qui traçait un chemin dans le jardin. Les magnolias qui bordaient ce chemin ne fleurissaient qu'en mars et avril, cette année il ne les verrait pas. La famille de mésanges bleues qui chantaient tous les matins dans les arbres à côté de la maison était bien la seule chose qui lui manquerait, il en était sûr. Il constatait toujours leur absence avec déception, lorsqu'elles partaient en migration. Mais cette fois, c'était sa migration à lui, et c'était un voyage sans retour.
Dire qu'il n'avait pas peur aurait été un mensonge, mais le jeune Rosenberg avait l'appui de toute sa famille et il savait qu'il pourrait compter sur ses aînés —souvent un peu trop envahissant à son goût. Il n'était pas non plus anxieux quant aux nouvelles rencontres qu'il allait faire, il avait une confiance inébranlable et savait qu'il parviendrait à se faire des amis. Il n'avait jamais eu de relation tumultueuse avec quiconque, bien qu'il savait que c'était une des conséquences de la bonne réputation de la famille en ville : une famille généreuse, chaleureuse au cœur sur la main.
Pour Solal, la matinée du départ pour Poudlard avait donc été une matinée comme les autres, un peu plus chargée.

Violet Rosenberg était une femme calme, douce. Elle aimait la spontanéité des relations désintéressées. Une taille de guêpe, un visage féminin et de longs cheveux noirs lui donnaient un air de fille de bonne famille. Elle avait pourtant toujours vécu à la campagne et un petit accent du fin fond des champs lui donnait un air chaleureux qui faisait vite oublier son physique. Elle avait voué sa vie à la lecture, ne laissant ses livres que pour pratiquer en dehors des cours de Poudlard qu'elle avait fréquenté un peu plus de vingt ans plus tôt. Alors passionnée d'Histoire de la Magie et d'Etude des Runes, elle avait brillé dans ces matières, délaissant les matières les plus populaires parmi ses camarades. Puis, une fois sortie des bancs de l'école, elle s'était mariée avec Ciaran Rosenberg dont elle était tombée amoureuse un an plus tôt avant qu'il ne finisse sa dernière année. Lui aussi était tombé sous son charme, sous cette lenteur caractéristique qu'elle arborait. Elle ne semblait jamais pressée, ce qui pouvait en agacer certains —dont Solal. On ne la voyait que rarement perdre le contrôle de ses émotions. Ce matin de rentrée était un de ces jours, qu'elle vivait pourtant pour la troisième fois depuis qu'elle était devenue mère.
Dans ces moments-là, pas même Ciaran ne pouvait l'aider. Cet homme originaire de Londres, né dans une bonne famille, avait toujours eu la tête sur les épaules. Travailleur et passionné, il avait su se faire respecter de ses camarades dès son entrée à Poudlard, jusqu'à ce qu'il tente de chevaucher un balai et qu'il finisse pétrifié au milieu du terrain de vol, criant à qui voulait entendre qu'il fallait absolument le faire redescendre. Ciaran était victime d'un vertige incurable, et sa carrière de joueur de Quidditch finit aussi vite qu'elle n'eut commencé. Solal lui avait promis qu'il le rendrait fier et qu'il serait le meilleur joueur que Poudlard n'ait jamais connu. D'un naturel rêveur, Ciaran avait accepté la promesse et fondait en son fils ses plus grands espoirs. Il envoyait Solal à l'école de sorcellerie comme s'il l'envoyait en week-end chez sa grand-mère : sans aucune crainte ni angoisse.

La réalisation qu'il ne verrait plus ces visages familiaux lui tomba dessus alors que la porte de l'Express se referma derrière lui. Il adressa un dernier au revoir à ses parents —il crut voir sa mère essuyer une larme mais il ignora cette vision, elle ne ferait qu'entacher son courage. C'était la première fois de sa vie qu'il se retrouvait fondamentalement seul ; ses parents et ses cadets étaient loin derrière sur le quai, ses frères aînés étaient dans un autre wagon, loin devant. Il eut un moment de panique où il ne savait plus quel pied mettre devant l'autre, jusqu'à ce que deux garçons passent devant lui, les bras remplis de friandises. Riant à gorge déployée, ils semblaient totalement insouciants. Leur bonheur communicatif permis à Solal de se détendre et le trio se mit à jouer ensemble dans les couloirs, traînant leurs valises et encombrant les couloirs comme s'ils étaient les seuls à bord du train.
Ils furent bien vite rappelés à l'ordre par le préfet-en-chef qui était en pleine inspection des wagons. Les compartiments étaient fait pour accueillir jusqu'à six élèves, mais on y était bien plus à l'aise à quatre. Contrairement à certains élèves, Solal n'avait pas espéré se retrouver seul, découvrir de nouvelles personnes étaient un de ses priorités pour ce trajet. Edwin et Wyatt, Solal l'apprit dans le couloir, avaient vécu toute leur enfance dans le même voisinage, ce qui expliquait leur complicité et leur air détendu. Contraint, le trio se replia dans un des compartiments. Les deux complices s'assirent côte à côte alors que Solal s'assit à côté d'une jeune fille blonde. Il avait eu beaucoup d'amis garçons, mais n'avait que rarement eu l'occasion de parler à des filles. Seulement, ça ne l'arrêtait qu'à demi ; il était plus timide mais espérait qu'il s'en sortirait en les traitant comme des garçons.
« Salut, moi c'est Solal, lui c'est Edwin, et le gars avec les lunettes, c'est Wyatt. Si tu veux leur prendre des bonbons, tu peux. Faut pas l'dire, mais ils l'ont piqué au chariot pendant que la dame regardait pas. » Il s'était penché vers l'avant, la tête tournée vers la jeune fille comme pour l'encourager à le regarder et à nourrir la discussion. Wyatt et Edwin, eux, n'écoutant déjà plus, se lançaient des friandises toujours assis côte à côte, c'était à qui en attraperait le plus.

« And I can't hide that I've relied on you
Like yellow does on blue »
Tapis en Chef, 2ème année RP.

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Alors que tu attendais sagement dans ton wagon, tu perçus les cris et les rires d'enfants qui résonnèrent dans les couloirs. Il te semblait discerner trois voix, plutôt masculines. Ils semblaient enjoués et joueurs. Jusqu'à ce que tu perçois la voix d'un homme, oui d'un homme cette voix était bien plus mature que les précédentes et bien plus autoritaire.
Quelques minutes plus tard, trois jeunes garçons franchirent la porte de ton compartiment, deux d'entre eux avaient les bras chargés de friandises en tout genre … Et pourtant, tu ne vis pas immédiatement ces trois zigotos, tu étais bien trop absorbé par le paysage qui semblait défilé.

Tu ne les remarqua que lorsque l'un d'entre eux se pencha sur toi et te murmura son nom, celui de ses compères ainsi que l'origine de cette montagne de friandises. A peine eut-il ouvert la bouche, que tu tourna la tête vers lui afin de poser tes doux yeux bleus sur lui. Il semblait avoir ton age et se présentait sous le nom de Solal, tu n'avais jamais entendu un tel nom. Bien que, connaissant peut de personne, tu connaissais bien peu de prénom.

L'apparition de ces trois énergumène, il fallait bien l'avouer, t'avais quelque peu réconforter en t’extirpant de l'idée que tu t'étais faite de cette école en ton fort intérieur. C'est plutôt bête mais même si tu ne connaissais que leur prénom, même si ils obéiraient le tien des que le trajet serait finit, tu te sentis soulagée.  Tu ne serais plus seule. Tout du moins, plus pendant ce trajet.
Tu te mis alors à repenser aux paroles du jeune homme, venait-il réellement de dire que ce Wyatt et cet Edwin avaient volés la grosse dame que tu avais entre aperçu entrain de vendre des friandises ?

- Je ne pense qu'elle soit très … Commença tu à dire. En ton fort, tu voulais les réprimander, leur faire la leçon sur le vol comme l'aurait fait n'importe quel adulte responsable, mais ton envie de t'en faire des amis avait de loin dépasser ta raison. Alors, tu hocha légèrement la tête en tendant ton plus beau sourire à ce trio de garçons avant de reprendre, je m'appelle Lucy. Tu te pencha à ton tour sur ce dénommé Solal. J'ai déjà ce qu'il me faut … Merci.

Tu accompagna tes mots d'une bouchée de dragée que tu tiras de ton paquet délicatement déposé sur tes genoux. Tu n'avais jamais parlé à des enfants de ton age avant ce jour, et il faut bien avouer que cela t'inquiétait quelques peu. Tu craignais de commettre une maladresse irréparable et de ne plus jamais pouvoir fréquenter qui que ce soit. Pourtant, la bonne humeur qui dégageaient des deux autres jeunes hommes assit en face de toi semblait de plus communicatives puisque tu ne pus t’empêcher de sourire à leur plaisanteries. Tu avais même envie de participer à leur bataille de friandises malgré le faites que tes chers parents t'avaient toujours défendu de jouer avec la nourriture, tout comme ils t'avaient toujours défendu de cautionné le vol et tout comme ils t'avaient toujours défendu d'adresser la parole à qui que ce soit. Mais ce jour là était le jour où tu reprenais ta vie de zéro, plus de parents, plus de règles, que toi. Toi, ces trois garçons, et la bonne humeur qui prenait place dans votre compartiment en mettant ta solitude et ta tristesse dehors à coup de pied bien sentit dans les fesses.

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La blonde devant lui s'appelait Lucy. Elle avait un nom et un physique très Britannique, ce qui lui donnait un charme local à la fois commun et particulier. Solal avait pour habituer de parler beaucoup, mais d'écouter bien, et il lui suffit d'un regard pour comprendre que la jeune fille avait voulu porté un jugement sur le vol de friandises avant de réprimer ses mots. S'il avait du être tout à fait honnête, le garçon était plutôt d'accord avec elle ; ce n'était pas quelque chose qui était bien vu dans sa famille non plus. Seulement, l'euphorie et l'anxiété de ce grand périple l'avaient paralysé et il avait décidé de se laisser porter par ses deux acolytes qui promettaient de rendre le voyage intéressant. Puis, s'il y réfléchissait bien dans son cerveau d'enfant, la grosse dame avait tellement de friandises qu'elle ne verrait sûrement pas la différence. Somme toute, il pensait que le délit de ses amis n'avait fait de mal à personne et qu'il était tout à fait pardonnable.
La dénommée Lucy respirait la douceur. Solal avait presque l'impression que s'il appuyait sa main sur son épaule comme il le faisait avec les garçons, elle se briserait sous son poids —il n'était pourtant pas gros, bien au contraire. Aussi, il répondit à sa présentation de son plus beau sourire, se voulant rassurant comme il avait vu son père faire avec sa mère des dizaines de fois.

Lucy avait vite brisé la bulle qui semblait l'entourer à leur entrée dans le compartiment, et bientôt elle se joint aux rires et aux bêtises des garçons. Solal était ainsi plus à l'aise, elle semblait moins sur le point de se briser, et son rire féminin embaumait la pièce d'un son agréable. Le garçon avait entendu beaucoup de plaintes à propos des filles ; elles pleurent, crient, sont capricieuses et rageuses. Mais pour lui, qui n'avait côtoyé que sa mère, les filles étaient synonymes de douceur et il ressentait le besoin de les protéger. Lucy ne faisait donc pas exception.
Il voulait la voir rire encore, satisfait d'observer son épanouissement au sein du trio. Alors, il se leva, attrapa la boîte de dragées surprises que Wyatt avait lové entre ses cuisses pour ne pas qu'elle tombe, et entreprit de s'installer dans le couloir.
« Venez, j'vous lance des dragées et vous devez les attraper ! Celui qui en mange le plus —et sans vomir— a gagné, vous en dites quoi ? » Les garçons, d'un naturel espiègles, avaient accepté aussitôt. Ils se retrouvaient alors tous les quatre dans le couloir, priant pour que le préfet-en-chef ne revienne pas. Le jeu était on ne peut plus simple : Solal se trouvait à une extrémité du couloir, Wyatt, Edwin et Lucy étaient en file indienne à l'autre bout. Chacun s'avançait à la tête de la file indienne quand son tour arrivait et tentait ainsi d'attraper le dragée surprise qui lui était destiné. Le jeu rappela à Solal les heures passées à jouer avec ses frères, à Chipping Campden et toute anxiété avait disparu, envolée par la fenêtre à demi-ouverte du couloir. Il sentait le vent ébouriffer ses cheveux, entendait les rires de ses amis, parfois le "poc" d'un dragée surprise qui s'écrase au sol après un atterrissage non maîtrisé. C'était tout ce qu'il lui fallait pour penser avec certitude qu'il passerait une année incroyable à Poudlard. Il croisa les doigts pour ça, entre deux lancers, alors qu'il riait aux éclats au vu de la mine déconfite d'Edwin qui venait de se prendre une draguée en plein nez.

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Quand Electra monta à bord du Poudlard Express, elle ressentit un profond déchirement qui la cloua sur place. Sur le quai, une petite fille blonde lui faisait de grands gestes et lui jetait des regards désespérés. On pouvait lire dans ses yeux « Ne pars pas! Je t’en supplie! Ne m’abandonne pas! Ne me laisse pas toute seule! » et Electra, contrairement à ses parents, comprenait parfaitement les regards de sa petite sœur. 

Alice Oderieu était une petite fille douce et intelligente, capable de lire dans l’esprit des autres comme personne. Elle avait un esprit aussi rêveur que sa sœur aînée et une passion profonde pour le dessin. Dès qu’ elle avait été capable de tenir un crayon dans sa minuscule main, elle s’ était immédiatement mise à tout dessiner; sa famille, sa maison, ses jouets, ses peluches et aussi des créatures de son invention. Sa préférée était l’éléphèbre moustachu. A travers ses dessins, la petite fille racontait des histoires. C’était là sa seule façon de s’exprimer. Alice, qui venait d’entamer sa cinquième année d’existence, n’avait toujours pas prononcé un seul mot.

Dès le départ Electra avait aimé sa sœur et décidé s’occuper d’elle. Tous les soirs, leur mère travaillant souvent de nuit, c’était Electra qui lisait des contes à sa petite sœur, d’abord des histoires faciles tirées de livres d’images comme les petites bêtes -Electra n’avait que six ans à la naissance de sa cadette - puis les contes de Perrault, les histoires des milles et une nuits, les contes des frères Grimm, etc. Chaque soir, à travers ces fabuleuses et quelques fois terrifiantes lectures, le lien entre les deux sœurs avait crû jusqu’à devenir ... (aucun mot dans la langue française n’est assez intense pour exprimer ce sentiment).

Malheureusement la vie était loin de ressembler à un conte de fée. Alice était muette. Lorsque le handicap de sa sœur adorée avait été découvert, son attachement pour elle s’était d’autant plus renforcé. La jeune sorcière s’était donnée la mission de protéger sa sœur et de veiller sur elle, nuits et jours, jusqu’à ce que la mort les séparent. Elle s’était promise de ne jamais rien laisser rompre le précieux lien qui les unissait toutes les deux, permettant à l’une de survivre et à l’autre de donner un sens à sa vie. Elle avait juré à Alice que rien ne les séparerait. Jamais.

Mais Electra avait échoué à tenir sa parole et cela la rendait malade de culpabilité. Dans quelques minutes le Poudlard Express quitterai la gare, l’emportant loin de sa sœur. Pour la première fois de sa vie, le jeune fille regretta d’être née sorcière. Sur le moment, elle aurait volontiers sacrifié toute sa magie pour ne pas abandonner Alice. Electra sentait à chaque minute sa douleur devenir de plus en plus intense jusqu’à l’intenable. Elle risquait d’exploser à tout moment .

Electra esquissa un rapide geste d’adieu à sa famille puis courut aussi vite qu’elle le pouvait, traînant sa vieille valise en cuir derrière elle, jusqu’aux toilettes du train. Il fallait qu’ elle libère toute sa tristesse et sa culpabilité, mais à l’abri du regard des autres élèves. Seule.

Une fois dans les W.C., les larmes coulèrent. Lentement. Puis ce fût le torrent. Elle pleurait si fort qu’ il lui était difficile de respirer. Cinq minutes passèrent. Puis dix. Electra se calma enfin. Faute de mouchoirs, elle essuya son visage inondé au papier toilette.

Elle sortit des cabinets et partit à la recherche d’un compartiment vide. La jeune sorcière avait désormais besoin de lire pour s’évader. Pour OUBLIER. Elle avait justement emporté avec elle le quatrième tome Des Enquêtes d’Enola Holmes. Electra adorait les romans historiques et policiers. Passionnée par les livres d’ Arthur Conan Doyle qu’elle avait tous dévorés les uns après les autres, elle passait maintenant en revue tout les récits où elle pouvait espérer retrouver son cher détective et modèle: Sherlock Holmes.

A cet instant précis -comme tout le temps d’ailleurs, Electra faisait partie de cette catégorie que l’on nomme les « insociables »- la compagnie des autres enfants était bien la dernière chose qu’elle recherchait. La jeune sorcière parcourut tout le train, mais chaque compartiment était malheureusement déjà pris. Impossible de lire seule. Dans un dernier espoir, Electra ouvrit la porte de la dernière voiture d’où elle entendait fuser des cris et des rires. Cela s’annonçait décidément mal pour elle qui recherchait le calme et la solitude.

Electra eut à peine le temps de voir voler à elle le projectile. Aussitôt, elle ressentit une faible douleur à sa pommette droite. « Aïe ! » gémit-elle. Le caillou avait failli toucher son œil! Celui qui avait fait ça devait être aussi stupide, bête et irresponsable qu’ un bébé troll! Elle releva la tête et aperçu un groupe d’enfants qui semblait s’adonner à une sorte de bataille. Mais certainement pas à une bataille de cailloux!

Non, le projectile qui l’avait touché n’était pas un caillou. Dès qu’ Electra avait vu le danger, ses mains s’étaient, par réflexe, plaquées devant son visage, trop tard pour la protéger elle hélas, mais assez tôt pour lui permettre de récupérer l’arme qui avait faillit la rendre borgne. La chose qu’elle avait recueilli était beaucoup moins dure, beaucoup plus lisse et beaucoup plus légère qu’un caillou - qui aurait d’ailleurs fait bien plus de dégâts -.

Electra examina sous toutes ses coutures l’arme du crime. Assez plat, de forme ovale, de couleur marron clair et d’une taille d’environ 1,7 centimètre, il lui semblait étrangement familier. « Une dragée! » s’exclama-t-elle soudain. « Celle-ci doit sûrement être, de par sa couleur, au caramel ou alors au CHOCOLAT! ». Electra ne put résister à la tentation. Le propriétaire de cette succulente friandise n’avait qu’à ne pas la lancer à la figure des gens. On ne jouait pas avec la nourriture, surtout lorsque celle-ci était aussi savoureuse!

Oubliant tous ses soucis Electra mit discrètement la friandise dans sa bouche. Bien qu’on lui ai toujours dit de ne pas faire ça, elle la croqua, impatiente. Aussitôt un goût infect l’envahit.
« Du vomi! Pouah! »
Elle recracha sans aucune grâce la dragée, mais le goût persistait. Comment pouvait-on fabriquer des bonbons avec un goût pareil? 

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Tu le vis te sourire, sans doute voulais t-il te rassurer. Décliner ton nom, une chose aussi banale, était déjà une grande épreuve pour toi qui n'avais côtoyer que très peu de monde, peut-être l'avait-il senti et peut-être tentait-il de te rassurer. Tu n'aurais su le dire. Pourtant, si cela était son but, tu devais bien avouer que cela avait fonctionner. D'ailleurs, dès lors que tu te mis à rire au bêtises des deux garnements que peut de temps avant tu avais envie de molester, tu remarquas que le jeune Solal semblait rassurer, voir heureux de voir que tu pouvais t’intégrer dans leur petit groupe.

Puis, il se leva et pris la boite de dragée surprise que possédait l'un des deux jeunes hommes assis en face de vous avant de proposer un jeu où vous étiez tous censé part. Les règles étaient simples, il lançait des dragées et vous deviez les récupérer et les manger sans vomir ni cracher. Pour toi qui avait l'habitude de savourer des dragée des heures durant tout cela te paraissais extrêmement facile, voir trop. A force tu avais fini par oublier le goût peut ragoutant de ces dernières, de ce fait tu étais quasiment certaine de gagner.
De plus, tes certitudes ne furent que plus renforcer lorsque tu vis le visage d'Edwin se décomposer en arborant une teinte blanchâtre. Tu compris vite que le jeune garçon eut la malchance de tomber une dragée qui lui déplaisait, ce qui te vis rire. Abondamment même. Oh tu te moquais directement de lui non, tu savais que tout le monde n'était pas « immunisé » contre le  goût de ces dragées et tu savais d'autant plus que tout le monde peut être dégouté par un goût particulier, pourtant tu devais bien avouer que son manque de retenu lors de l'expression de son dégout était cocasse.

Ainsi, tu riais de plus en plus fort bientôt suivit par tes compères. Vos rires insouciants emplissaient la cabine jusqu'à se répercuter sur les cloisons du couloirs. Je crois ne pas me tromper en affirmant que c'était la première fois que tu riais autant et qu'une légère douleur commençait à parcourir ton ventre et tes joues. Tu te pencha un peu en avant, espérant que cela diminuerais la douleur de ton ventre tandis que quelques larmes perlaient aux coins de tes yeux azurées.
Tu riais tant que tu ne peut apercevoir la dragée lancé par Solal qui t'étais destiné, tu ne vis pas non plus une jeune fille à peine plus âgée que vous rentrer dans votre compartiment. Tu entendis un léger bruit de collision avant d'entendre la voix de la jeune fille. Tu te redressa alors et la vit dragée en main, prête à la gobée. Tu vis la demoiselle gober puis recracher la friandise en s'exclamant le goût de cette dernière suivit d'une mine déconfite.

Tu la regarda, hésitante, tu aurais voulu venir la voir, lui demander si tout allait bien, pourtant, ses diverses réactions face à la dragée te laissait perplexe. Elle l'avait prise pour du chocolat ou bien du caramel, pourtant tout enfant sorcier digne de ce nom savait pertinemment qu'aucun de ces parfums existaient en dragée ! Cela voulait donc dire … Que la fille en face de toi était une … Une enfant de Moldus ? Oui, ta courte réflexion t'avais conduis à cette constatation. Cette fille n'était pas une Sang-Pur, ni une Sang-Melés, tout du moins pas d'après tes réflexions. Alors c'était ça les fameux enfants de Moldus ? Des enfants comme les autres ? Tu avais du mal à y croire, tes parents avaient tant diabolisé les Moldus que tu avais le réflexe, certes stupide, de croire qu'ils seraient différent de monsieur et madame tout-le-monde, et par conséquent différent de toi.

Tu jetas alors un bref regard aux trois garçons avec qui tu t'étais tant amusé, étaient-ils des enfants de Moldus eut aussi ? En te mettant à rire avec eux, avais tu déçu tes parents et ruiner ton éducation ? Sur le coup, tu n'aurais su le dire. Tout ce que tu aurais pu dire c'était que cette idée te faisait peur. Terriblement peur.

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Solal avait imaginé à plusieurs reprises que la dame aux chariots passerait, les empêchant de continuer leur jeu. Ou qu'un autre préfet vienne mettre fin à leurs chahutages. Mais prit dans l'euphorie il n'avait pas imaginé, c'était pourtant évident, que d'autres élèves pourraient entrer dans le wagon et encore moins avec un tel timing qu'ils se prendraient un lancer de dragée mal ajusté. S'il s'était senti affreusement honteux dans un premier temps —on lui avait toujours appris à ne pas être une nuisance pour son entourage. Se tenait devant eux, tous les quatre bras ballants et visiblement surpris de la tournure des événements, une grande brune, les yeux noirs, les traits marqués qui lui donnaient un air presque sévère. Aussi, Solal avait cru pendant un instant qu'ils se prendraient une vague de colère, une tempête, des insultes et pourquoi pas un aller-retour de claques fulgurantes —surtout pour lui, le criminel. Mais après le "aïe", la brune en question n'avait même pas daigné leur reprocher quoi que ce soit et s'était lancée dans une contemplation de la friandise. Le brun était soulagé. Elle tenait l'arme du crime, pendant un instant il avait cru qu'elle leur lancerait à la figure à nouveau mais pensant que c'était du chocolat, elle le mit à sa bouche.
Le temps semblait s'être arrêté pour Solal alors que dans un geste désespéré, il refourgua la boîte de dragées dans les mains de Wyatt, qui avait bien failli la renverser, et entreprit de parcourir le wagon à grandes enjambées, lancer dans une course contre la montre.
« Ne fais pas ç— » Sa dernière syllabe avait été coupée et la bouche grande ouverte, il observait la tragédie prendre place devant lui. Si ça avait été une personne qu'il connaissait, il aurait ris à gorge déployée, mais la jeune fille lui était inconnue et elle ne semblait pas comprendre la dangerosité de la bombe qu'elle venait de glisser entre ses lèvres —Solal vivait dans un monde imaginaire très fourni où chaque situation était amplifiée et dramatisée. 
Mais c'était trop tard et il s'arrêtait net devant la brune, les bras tendus vers elle. La bombe venait d'être amorcée, le résultat ne se fit pas entendre et elle recracha l'objet du délit sur le sol. Le spectacle était effroyable, mais pas plus que la fois où Blaze, son frère, avait recraché les vers qu'il avait voulu goûter dans le jardin.
« Ew. » Il n'avait pas pu cacher son dégoût alors qu'il observait le cadavre au sol. Les idées vives, il releva les yeux vers le visage de la victime avant de se tourner vers ses trois compères. Ils ne semblaient pas savoir quoi faire et Lucy avait une drôle d'expression sur le visage ; Solal mettait ça sur le fait que la nouvelle arrivante venait de recracher la friandise. Il fit demi-tour, les jambes tellement rapides qu'il avait failli s’emmêler les pinceaux et tomber tête la première.
« Situation d'urgence, faites place ! » Deux curieux avaient sortis la tête de leur compartiment, quelques mètres plus loin et semblaient amusés de la situation. Ils s'empiffraient, les joues remplies, sans rater une seule miette du spectacle. Solal leur avait tiré la langue, enfantin, avant de rentrer dans leur propre compartiment et d'en ressortir quelques secondes plus tard, deux paquets de friandises en main et une casquette sur la tête. Le malaise qui régnait dans le compartiment n'avait pas disparu, il semblait même avoir empiré. Qu'à cela ne tienne, Solal avait la situation bien en main —du moins, c'est ce qu'il espérait.
« Alors, Mlle, nous avons là des baguettes de réglisse ou des crapauds à la menthe. Je vous conseillerai les crapauds à la menthe qui permettront de laver votre bouche. Vous allez avoir quelques sensations étranges dans le ventre après la consommation, mais rien de grave. » Il espérait que la casquette sur sa tête lui donnerait un air plus adulte et responsable, allez savoir pourquoi. Jouant les marchands de friandise, il tendit sa main, dans laquelle reposait un des fameux crapauds à la menthe. Ils étaient délicieux, on les sentait ensuite sautiller dans notre ventre avant qu'ils soient digérés et la sensation était affreusement hilarante pour Solal. Elle lui donnait lui-même envie de sauter partout.
« T'es moldue ? Ou t'aimes le risque ? J'admire ton sens du courage, si c'est le cas. » L'éternel spontané offrait à présent son plus grand sourire à la nouvelle arrivante. Il tourna la tête vers ses trois compères et leur fit signe du menton, approchez-vous, vous avez peur ou quoi ?, il leur disait du regard avant de reporter son attention sur la malencontreuse victime d'un jeu enfantin. Pour faciliter la communication, il attrapa le bras de la jeune fille et l'attira avec lui dans le compartiment. Ils allaient pouvoir discuter un moment encore ; le Serdaigle était plus que satisfait de savoir que sa rentrée ne se ferait pas totalement seul.

FIN

« And I can't hide that I've relied on you
Like yellow does on blue »
Tapis en Chef, 2ème année RP.