Poudlard Express

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 PV  Voyage en eaux troubles

SEPTEMBRE 2042
VOIE 9 ¾

Il était temps. Noor, les yeux fixés sur le sol, se tenait aux côtés de sa mère Moldue qui elle posait les yeux sur à peu près tout ce qui pouvait se trouver sur la voie 9 ¾, noire de monde. C'était la rentrée à l'école de sorcellerie de Poudlard et tous les anciens élèves, comme les nouveaux, se trouvaient aujourd'hui à la gare de Kingcross pour rejoindre l'école. L'effervescence de la foule trahissait la joie de tous les enfants et adolescents qui semblaient impatients d'aller ou bien de revenir à Poudlard. Tous, sauf une. Noor tirait une tête de trois pieds de long, tout ce qu'elle voulait c'était rentrer chez elle pour faire des choses normales de Moldus et pas aller jouer à l'apprentie sorcière avec une magie dont elle ne connaissait absolument rien. Ou presque rien du moins, puisque celle-ci avait joué un rôle important dans un terrible accident qui avait failli tuer sa sœur ayant développé un Obscurus il y a sept ans de cela environ. La simple pensée de cette Obscurus, ou du moins de ce nuage noir qu'elle avait vu petite, avait tendance à raviver chez la jeune fille une profonde colère mêlée à de la peur ; ses doigts qui tenaient la poignée de sa valise se resserrèrent soudainement. Pendant ce temps, la mère de Noor continuait à observer les autres. Si sa fille ne supportait pas la magie, elle en revanche était fascinée par cette dernière. Étant une Moldue, c'était quelque chose d'inconnue pour elle et d'inexplicable. La femme était passionnée par tout ce qu'il se passait autour d'elle et par toutes les conversations qu'elle parvenait à entendre. Elle se retourna brusquement vers sa fille, le visage illuminé de joie.

« Ma chérie, tu savais qu'il y avait des balais volants là-bas ? Et un sport avec ces fameux balais qui s'appelle le Kwidiche-quelque-chose ? » Noor soupira pour seule réponse. Les us et coutume de ses magiciens ne l'intéressaient guère, pas plus que ces soi-disant balais volants : son simple skate lui convenait très bien. Sa curiosité fut tout de même piquée au mot "sport", mais la petite athlète se dit qu'elle aurait une année entière dans cette maudite école pour en apprendre davantage sur ce fameux Kwidiche. Mais quel nom ridicule tout de même. La brune ignora donc royalement la question de sa mère et se contenta de changer de sujet. « Je sais qu'Anabeth ne pouvait pas venir, mais Zeke... il aurait pu venir. J'aurai aimé qu'il soit là... » L'expression solaire de la femme disparut immédiatement. Le garçon, qui était de 4 ans l'aîné de Noor, était un Moldu qui malgré l'amour inconditionnel qu'il portait à sa sœur ne pouvait s'empêcher de ressentir une pointe de jalousie face à la fascination envahissante qu'éprouver sa mère pour ses pouvoirs magiques. C'était la raison pour laquelle il avait refusé d'accompagner sa famille à la gare prétextant qu'il avait beaucoup trop de choses à faire de son côté pour préparé sa rentrée au lycée. Noor n'avait pas bronché. Au fond, elle comprenait l'aversion qu'il pouvait ressentir pour sa partie sorcière puisque elle-même la détestait. Cependant l'absence de sa sœur partie étudier à plusieurs kilomètres de Londres additionnée à celle de son frère l'a pesé beaucoup dans ce moment difficile. Elle aurait aimé qu'ils soient à ses côtés pour la rassurer.

Nora Bailey, la mère de Noor, se baissa et déposa tendrement sa main sur la joue de sa fille. « Noor, ma puce. Zeke est... Vous êtes différents l'un de l'autre, il a du mal avec ça. Mais tes pouvoirs ne sont pas une malédiction, je te l'ai déjà dit » Et comme à chaque fois que sa mère prononçait ses mots Noor n'en était jamais vraiment convaincu et préféré rouler les yeux au ciel. « C'est une bénédiction. Je sais qu'à Poudlard tu t'en rendras compte car là-bas tu pourras apprendre à les maîtriser, comme Anabeth aurait dû... » La femme s'arrêta net comme si elle venait de se rendre compte de ce qu'elle avait dit. Noor, elle, regarda sa mère avec de grands yeux. Si Anabeth avait survécu à l'Obscurus, ce dernier lui avait volé toute sa magie, si bien qu'elle ne pouvait désormais plus se servir de ses pouvoirs. Ainsi Nora Bailey ne parlait jamais de l'avenir de sorcière qu'aurait pu connaître sa fille, cela lui rappelait trop qu'elle était responsable de sa disparition, n'ayant rien fait pour aider sa fille victime des interdictions de son ex-mari quant à l'utilisation de sa magie. Par conséquent, tout ce qui touchait à cette période était tabou à la maison ; l'Obscurus et le père de Noor étaient des sujets dont on ne parlait jamais.

D'un autre côté, Noor se rendit compte que sa mère avait raison sur un point. Même si Poudlard l'éloigner de ses amis et de sa famille, de sa vie normale, cette école allait aussi la former et lui apprendre à maîtriser ses pouvoirs. Apprendre à contrôler et à canaliser sa magie pour éviter de faire du mal aux autres et surtout à elle-même pour ne pas vivre la même chose qu'Anabeth, c'est tout ce qu'elle demandait. Le sifflet du train retentit soudainement ce qui sembla sortir la mère de Noor de ses pensées. Elle retrouva soudainement son fameux sourire, comme si de rien était, c'est ce qu'elle faisait toujours. « Allez, il est l'heure pour toi d'y aller ! Tu vas me manquer ma chérie, écris-moi très vite pour me raconter ces choses extraordinaires que tu vas apprendre. » À ses mots, elle prit sa fille dans ses bras et la couvrit de tendres baisers sur l'ensemble du visage. Noor était la petite dernière de la fratrie et donc elle avait le droit à ce surplus d'amour de sa mère qui refusait de voir son petit bébé grandir, au plus grand damne de la fillette. « Oui, M'man... Arrête, tout le monde nous regarde ! » dit-elle en tentant de s'échapper de l'étreinte de sa mère qui l'enroulait si fort de ses bras que la fillette eut l'impression d'être la proie d'un serpent. La femme relâcha finalement la brune et la regarda tendrement dans les yeux avant de la pousser légèrement avec sa main en direction du train. « Je suis fière de toi, Noor. » Au mot de sa mère, Noor fit un sourire timide pour cacher l'angoisse qui l’envahissait un peu plus à chaque seconde qui s'écoulait. Elle fit une dernière blague, histoire de couvrir encore plus son mal-être et disparu à l'intérieur du Poudlard Express.

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POUDLARD EXPRESS

Et voilà, Noor était à présent seule face à un univers dont elle ne connaît rien si ce n'est les quelques trucs que ses cousins sorciers lui avaient expliqués le peu de fois où elle les avait vu. Tiens d'ailleurs, où peuvent-ils bien être ? Dans ses souvenirs Aodh rentrait dans sa 7ème et dernière année à Poudlard et Luke commençait sa 4ème année. Quant à leur "maison", un concept qu'elle avait déjà eu beaucoup de mal à comprendre, elle ne s'en souvenait guère tant les noms de ces dernières lui semblaient tout droit sortir d'un roman fantastique. Après être passée plusieurs fois devant des wagons remplis d'élèves plus bruyants les uns que les autres, elle finit par s'arrêter devant l'un d'eux qui semblait vide. Parfait. Elle n'était pas du genre solitaire, bien au contraire même puisque la solitude était quelque chose qu'elle détestait en temps normal, mais là elle avait besoin d'un endroit calme. Après avoir traîné puis rangé ses bagages à l'intérieur de son wagon elle finit par prendre place sur l'une de banquette. Elle jeta un rapide coup d’œil par la fenêtre où elle aperçut sa mère les yeux rougis. Est-ce qu'elle pleure ? Noor n'avait pas vraiment l'habitude de voir des larmes sur le doux visage de sa mère. La fillette tenta de mieux observer sa mère mais le train se mit à avancer et bientôt sa mère n'était plus qu'un point parmi la foule de gens qui se trouvait sur la voie 9 ¾.

Sujet libre mais qui contient cependant certaines conditions avant de poster que vous pouvez retrouver ici. Le premier post est long car j'avais beaucoup de choses à raconter (et aussi parce que je me suis laissé emporter je l'avoue). Je vous rassure les autres posts seront plus courts, entre 400-500 mots, voire plus ou moins, cela dépendra du contenu de notre rp. ^^
Dernière modification par Noor Selwyn le 11 mai 2018, 15 h 13, modifié 1 fois.

 PV  Voyage en eaux troubles

     La Rentrée. Aujourd'hui, c'était la Rentrée. Pourquoi était-elle obligée d'aller à Poudlard ? Non pas qu'elle n'aime pas la magie mais sa première année à ne s'était pas déroulée à merveille. En l'espace d'une année, la jeune fille avait réussi à ne se faire aucun ami. Sans compter le « A » qui avait été sa note finale aux différents examens de fin d'année. Et qui disait rentrée disait finit les après-midi passés à Hyde Park de la jeune fille à observer les plantes et à discuter avec les botanistes moldus. Mais ce n'était pas tout, en plus de tout cela, elle allait devoir arrêter le saxophone au moins jusqu'au vacances de noël, à son plus grand désespoir. Quatre mois sans faire de duos avec son père. Elle pourrait s'inscrire à la chorale mais Diana n'en avait tout simplement pas l'envie. Hors de question pour elle de jouer pour quelqu'un d'autre que sa famille. Point.

    Sa mère travaillait aujourd'hui. Dommage, Diana aurait aimé pouvoir lui dire au revoir. Peut-être aurait-elle ainsi partir sur une meilleurs note que leur dispute de la veille ? Mais Isabel devait se rendre dans sa boutique de vêtements sorciers et elle ne pouvait prendre de congé. Enfin surtout : « Cela n'en valait pas la peine », d'après ce qu'elle disait. Mais fort heureusement, James, son père, avait pu l'accompagner. Elle était beaucoup plus proche de lui. Tout deux partageaient les mêmes passions : la musique et la botanique. C'était lui que avait appris à Diana à jouer du saxophone même si elle avait pris par la suite des cours avec un professeur diplômé.

     Arrivée dans la gare de King Cross, elle voulut, comme l'année précédente, empoigner toute seule son chariot et foncer dans le mur sans l'aide de son père. Celui-ci la rejoignit sur la voie 9 3/4 quelques instants plus tard. Ils étaient en avance, le train n'arrivait pas avant une heure. Comme l'année dernière. Ils s'assirent sur un banc afin de patienter. Quelques familles étaient déjà là. Diana posa sa tête sur l'épaule de son père. Elle ne voulait pas y retourner. Elle voulait rester chez elle, à Londres, passer ses après-midi à Hyde Park, jouer de la musique avec son père. 

     Ils discutèrent tout deux jusqu'à ce que le départ soit donné. La jeune fille attendit le dernier moment avant de rentrer dans le train. Elle tira sa valise d'un air désinvolte et serra son père dans ses bras avant de rentrer dans un wagon. Elle fit un tour rapide des différentes cabines mais voyant que la plupart étaient déjà presque pleins et ne voulant pas faire le voyage avec, par exemple, une bande de filles gloussant tout au long du trajet, elle se dirigea dans un compartiment où il n'y avait qu'une simple première année. Elle ne demanda pas la moindre permission avant de s'installer et alla directement déposer sa valise dans le filet à bagages. Elle garda simplement un sac à dos contenant quelques livres scolaires - notamment des traités de Botanique -, son casse-croûte, quelques bonbons et une dizaine de mornilles, qui représentaient ses occupations pour le voyage.

     Le train démarra, Diana fit signe à son père jusqu'à ce que le Poudlard Express quitte King Cross. Un nouvelle année commençait, pourvu qu'elle se finisse mieux que la précédente. Diana ferait tout pour, elle en était certaine.

     Elle regarda le paysage. Pourquoi était-elle sorcière ? En cet instant, Diana voulait être ordinaire, elle voulait rentrer chez elle tous les soirs, aller dans un collège moldu où elle apprendrait l'anglais et les mathématiques. Elle ne voulait pas vivre le même cauchemar. Surtout pas. 

     Au revoir Londres, songea-t-elle. A très bientôt.


Désolée du retard, je pensais pouvoir répondre plus rapidement mais mon week-end a été plus chargé que prévu.

# Le monde est notre échiquier, et toi, un pion de ma volonté.
# Troisième année RPG

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Un pas, et un second. Un geste qui annonçait une nouvelle année et qui clôturait celle qui venait de s'écouler. Une deuxième, une énième, une de trop peut être. Une larme coula sur sa joue, d'une sécheresse infinie, d'une colère sans failles, d'une tristesse incommensurable. Dissimulée, effacée par cette manche. Comme s'il était si simple de rejeter une réalité trop brutale, trop brusque. Le monde ne tournait pas ainsi, et celui qui parviendrait à démontrer le contraire n'était pas né. Il ne le serait d'ailleurs jamais, puisque le réel se heurterait toujours à notre Âme, d'une violence sans nom. Toujours contrer les fantasmes, voilà son but, son objectif ; la visée de son existence. Détruire ce qui subsistait des rêves enfantins. 

Mais ceux de Mad s'étaient déjà envolés, dans le firmament ou dans l'infiniment petit, il y a quelques mois de cela, voire même semaines. Elle avait toujours entendu dire qu'un décès était impossible à encaisser, oublier ; qu'il s'agissait de la douleur la plus vive à vivre, si l'on pouvait vivre après. Cependant, les idiots qui avaient prononcé ces paroles n'avaient rien vécu, ce n'était pas croyable. Ils ne connaissaient pas de la vie ce que la Deuxième Année en avait pu expérimenter : des histoires de famille. Pas de celles que vivent les jeunes filles de 12 ans, à savoir qui a eu un bonbon de plus que l'autre, non, celles qui transpercent votre existence sans vous laisser le temps de vous en apercevoir ; celles qui vous ruinent et qui vous réduisent à néant. La seule solution restait après de gésir au fond de la coupole de vitalité, à en boire le fond ; s'exténuer. 

Mad planta ses deux iris bleues dans celles sombres de Yohan, et plissa son front, courbant ses sourcils. Les premières étaient affaiblies, les secondes vaillantes. Les premières avaient besoin d'autant de force que de réconfort, les secondes les comblaient en cela. C'était exactement la nature de la relation des deux étudiants : complémentaire. Pour les passants aux alentours, la vue de cette connexion ne pouvait être que belle, mais probablement aucun ne le réaliserait assez.  Personne ne serait capable de décrypter cette pureté dans ce monde sali par la misère et la corruption. Personne.

Elle n'avait pas envie de se jeter contre ce mur et, dans le même temps, elle avait terriblement envie de se cogner contre. Yohan s'approcha alors du Corps immobile et morne de sa sœur de cœur. La voir dans cet état lui déplaisait fortement mais en avait-il seulement eu le choix. S'il ne voulait pas que celui si s'aggrave, il devait en supporter la vision temporaire. Il lui murmura alors, d'une voix chaude et rassurante :

- Tu seras loin de tout ça. Tu pourras penser à autre chose. 

Ces paroles emplirent l'Âme de la jeune fille pour parvenir en échos diffus jusqu'à son Esprit. Il fallait y aller. Ce n'était pas un choix. Voilà ce qu'il voulait lui signifier. Elle ne devait pas refuser, puisqu'elle ne le pouvait. La blondinette se saisit donc de son chariot peu rempli, a contrario des autres étudiants, et marcha, se hâtant de plus en plus. Lorsqu'elle parvint à une allure raisonnable, elle sentit du vent s'engouffrer dans ses cheveux qui s'emmêlèrent en un rideau souple, ce sentiment d'être contenu dans une boîte de briques, puis ce changement de décor. La locomotive carmine apparut alors sous ses yeux et ses repères étaient ainsi retrouvés. Elle était dans un monde connu et en passe d'être maîtrisé, ce qui la rassurait grandement. Tout allait bien. 

Une apparition de Yohan plus tard, les cousins se fixèrent. Une dernière fois avant le départ. Une dernière fois avant leur éloignement. Pour que leur Âme n'oublie jamais ces moments, cette complicité ; cet attachement. Une main passa par dessus l'épaule frêle de Mad qui passa la sienne sous l'aisselle de son cousin pour la mener jusqu'au milieu de son dos. Cette accolade était nécessaire s'ils ne voulaient pas sombrer, et ils le savaient tous deux. 

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Mad posa un premier pied déterminé sur la marche du train, puis un second dans lequel sa motivation s'était envolée, sur la plateforme. Elle n'avait plus envie de rien, d'aller nulle part, de ne voir personne ; peut être même n'en avait-elle pas envie. Poudlard, qui avait autrefois été une majestueuse école de magie, n'était désormais plus qu'un château en ruines dans lequel de drôles de personnes tentaient de transmettre une Surface de Magie, qui n'était qu'insignifiante. 

Au fil de ses pensées, la jeune fille commençait à déambuler le long du couloir du train pour trouver une cabine vide, ou tout du moins avec des habitants temporaires discrets. Entre la bande de grands garçons bruyants et celle de jeunes filles gloussantes, il n'était pas aisé de vraiment trouver du calme et de la tranquilité. La blondinette avait bien pensé à se joindre à Charlie et Yuzu si elle les retrouvait, mais leur amitié ostensible lui aurait clairement tapé sur les nerfs.

C'est alors qu'elle passa devant une cabine dans laquelle seule une personne patientait. Il s'agissait d'une jeune fille qui rayonnait, mais semblait malgré elle. En effet, un pâle sourire s'étalait sur son visage qui semblait s'être renfermé quelques minutes auparavant, comme mué par la colère. Elle semblait jeune et, puisque Mad ne l'avait jamais croisée, celle ci supposa que l'occupante de la cabine arrivait en Première Année. Cependant, l'importante taille de cette dernière la faisait douter. 



Ne s'attardant pas sur d'autres détails sans importance particulière, elle entra juste après avoir été devancée par une autre élève. Celle ci possédait une importante chevelure brune qui pendait sur de frêles épaules. La préfète crut reconnaître Diana Anderson, une Serpentard qui entrait donc en ce jour en Deuxième Année. Elle la suivit donc et, se plaçant en face de la cadette et à côté de Diana, elle s'assit, après avoir mis sa valise dans l'emplacement dédié à cet effet. Elle leva ensuite la tête pour se tourner vers les deux individus avant que le train ne se mette en marche.

Comment te dire, ou te faire comprendre, que la Vie n'était qu'un simple Songe ? Un Mensonge, que la Vérité Ronge.
Rire à m'en déchirer les abdos. Brûler nos complexes et nos vieilles pulsions d'ados.
Absente jusqu'au 18 août

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L'image de sa mère était désormais loin. Le train avait débuté son long voyage jusqu'à Poudlard qui allait durer plusieurs heures. Des heures qui seront une éternité pour Noor qui redoutait chaque minute qui s'écoulait dans ce train rempli de sorciers. Plusieurs émotions hantaient la fillette : la peur, de l'inconnu mais aussi de cette magie dont elle ne connaissait que peu de choses, la colère, de devoir quitter son monde pour un autre qui ne lui correspondait pas du tout, le dégoût, d'elle-même, de sa nature de sorcière, de ne pas être comme son frère et ses amis Moldus... Mais surtout l'incompréhension, pourquoi elle ? N'avait-elle pas suffisamment vécu de malheur dans sa petite enfance ? Maintenant qu'elle vivait une vie heureuse et paisible, pourquoi le sort s'acharner-t-il de la sorte sur ses frêles épaules de fillette ? Sa mère appelait ça le Destin et disait que c'était comme ça, qu'un avenir radieux lui tendait les bras. Un avenir extraordinaire que sa sœur aînée n'avait pas pu connaître. C'est peut-être pour cette raison, même si elle ne l'avouera jamais, qu'au fond Noor avait accepté d'intégrer Poudlard sans trop batailler davantage avec sa mère.

Assise, le menton sur sa main, son bras appuyé contre le rebord de la fenêtre du train, la fillette regardait le paysage londonien défilé. Londres, c'était là qu'elle était née, elle y avait passé sa vie et ne l'avait que très rarement quitté plus d'une semaine. Aujourd'hui elle partait étudier à Poudlard, en Écosse, où elle y resterait jusqu'aux vacances de Toussaint, soit presque deux mois. Cette année 2042 était vraiment signe de changement et de basculement pour la jeune Noor. Alors qu'elle regardait les derniers gros bâtiments londoniens disparaître, l'agitation dans son wagon lui fit tourner la tête pour comprendre ce qu'il se passait : deux filles venaient d'entrer. La première avait une épaisse chevelure noire et était plutôt petite et fine. Tandis que la deuxième était bien différente : plus sculptée que la brune, celle-ci possédait de longs cheveux blonds. Toujours le menton posait sur sa main, elle regardait curieusement les deux nouvelles arrivantes ranger leurs affaires avant de s'asseoir l'une à côté de l'autre sur la banquette face à Noor. La blonde et la brune la regardèrent rapidement, mais aucune d'elles ne prit la peine de la saluer. Eh bah, c'est pas l'amabilité qui leur manque à ces sorciers... pensa-t-elle, encore d'humeur grognonne. Elle se retourna vers sa vitre, bien décidée à les bouder pour ne pas lui avoir adressé la parole. Le petit manège des arrivantes avait suffisamment duré longtemps pour que le vert se mettent à dominer le paysage extérieur. Le gris de la ville avait laissé place au vert de quelques arbres et étendues d'herbe.

Le silence qui régnait dans le wagon des filles en devenait assourdissant pour la jeune Noor qui n'avait guère l'habitude de converser si peu. Déjà que le voyage était ennuyant – elle regretta davantage d'avoir écouté sa mère qui lui avait dit que prendre son lecteur de musique portable faisait trop "Moldu" – alors si en plus elle devait le passer à regarder la blonde et la brune dans le blanc des yeux... La fillette se retourna en soupirant, cherchant à truc d'intéressant à dire « Euh... Saluuut ! » mais l'inspiration lui manqua cruellement. Qu'est-ce qui pouvait bien intéresser les sorciers ? Soudainement elle se souvint de la conversation qu'elle avait eue plus tôt avec sa mère sur le quai. « Vous savez ce que c'est le... elle prit une pause, puis reprit en tentant d'articuler chaque syllabe, le Kwi-di-che ? » Bien qu'elle n'était pas d'humeur joyeuse, elle esquissa un grand sourire gêné comme elle savait si bien le faire. Le sport avait l'habitude de rapprocher les gens, du moins ça marchait chez les Moldus avec le football alors pourquoi pas le Kwidiche-bidule-truc ? Puis si les sorciers n'aimaient pas le sport alors c'était officiel, la petite athlète qu'était Noor les détesterait à vie.

Désolée pour l'énorme retard, je suis en période d’examens.  :sweatingbullets: 

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     Lorsque le train avait démarré, Diana avait senti son cœur se serrer. Les vacances avaient été bien trop courtes, elle ne voulait pas retourner à Poudlard. L'année précédente, elle avait trépigné d'impatience de nombreuses semaines avant le départ du train. Mais alors que sa Deuxième Année s'apprêtait à être entamée, la jeune fille ne comprenait plus son engouement passé. La magie, elle pouvait bien la travailler chez elle si elle voulait. Elle avait pas besoin d'une école qui la forcerait à travailler le soir et à partager la chambre de d'autres personnes. Elle voulait rester chez elle, bien au chaud dans sa petite maison londonienne à lire des livres de Botanique et à jouer du saxophone.

     Son père était là, sur le quai, un peu en retrait par rapport aux autres parents. Diana voyait son crâne qui commençait à se dégarnir et reconnaissait son sempiternel manteau kaki qu'elle surnommait « caca d'oie ». James agita la main en direction du train et Diana lui répondit, bien qu'elle le connaissait suffisamment pour deviner qu'il n'avait pas la moindre idée de la place qu'elle occupait à présent dans le train. Le train quitta définitivement la gare et Diana lâcha un soupire à voix basse. * Vivement les vacances... *

*    *    *


     Elle avait froid. Elle ne portait qu'un tee-shirt moldu - il fallait bien passer inaperçus, et elle avait oublié de prévoir un pull. Elle ne voulait pas mettre sa robe de sorcière tout de suite. * Hors de question de me changer devant des inconnues ! * Alors elle se recroquevilla sur sa banquette et sortit son traité de Botanique. Elle avait remarqué une fille qui semblait en première année - elle ne l'avait en effet jamais vue - et une autre de son année, qui, d'après ses souvenirs était à Gryffondor même si Diana ne pouvait en dire plus sur elle. 

      « Euh... Saluuut ! » 

     Diana releva les yeux de son bouquin et jeta un coup d’œil à la nouvelle qui venait de parler. Elle lui adressa un signe de tête en guise de réponse et retourna à sa lecture, qu'elle trouvait passionnante. 

      « Vous savez ce que c'est le... le Kwi-di-che ? »

     Elle ne pouvait donc pas lire en paix ? Elle soupira de manière suffisamment bruyante pour faire comprendre à la jeune fille qu'elle l'agaçait. Puis, elle lui répondit, tout en prenant un air méprisant :

     « Jamais entendu parlé. »

     Elle avait deviné que la jeune fille parlait du célèbre sport sorcier mais Diana n'avait pas envie de perdre quelques précieuses minutes de lecture à expliquer à une jeune née-moldue le Quiditch. Avec un peu de chance, la Gryffondor s'en chargerait...

Navrée pour ce retard...

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Affreusement désolée de ce mois de retard, cela ne se reproduira plus.

Quelques instants des plusieurs longues heures qui s'étireraient peu à peu le long du voyage s'étaient écoulés. Peut être bien plus, bien moins ; le temps n'était devenu qu'en élastique qui tordait les boyaux de la Gryffondore pour le moment. Lorsque le train était parti, des tonnes et des montagnes de mains s'étaient agitées inutilement sur le quai, saluant les personnes qu'elles avaient câlinées, caressées, qu'elles avaient adorées. Diana avait fait ce signe, comme probablement une majorité des occupants du train bringuebalant, à un garçon -un homme peut être. Il était compliqué de différencier sa nature à ce point précisément, celui ci étant camouflé par les visages qui collaient la vitre avidement. C'étaient dans ces moments que Mad comprenait le malaise et la gêne des animaux d'un zoo, d'un cirque, d'une foire. Regardés à faire un spectacle sous la contrainte, les observateurs arborant de larges sourires devant votre souffrance. Le pire, c'était que ce comportement était assimilé à « humain ». C'était idiot.

L'autre fille, l'apparemment Première Année, n'avait rien fait. Elle avait déposé son visage sur sa main, écrasé son bras contre un pan de la cabine, avait fixé la foule sorcière londonienne agitée disparaître au profit de murs carmins puis de paysages verdoyants. Après et depuis, elle avait été et était toujours stone, immobile, comme pétrifiée ; elle avait suscité l'intérêt de la Deuxième Année. Qu'est ce qui lui tordait les boyaux à ce point pour être droite et dure à ce point ? Voilà ce qui résonnait dans l'Âme rougie, brûlée, de la blondinette. Peut être que Londres représentait quelque chose pour elle. Peut être qu'elle quittait un monde auquel elle était attachée pour en rejoindre un autre qu'elle haïssait simplement parce qu'il existait.

Mad ne pouvait comprendre cela : elle ressentait et pensait tout son inverse. Elle se foutait de la capitale bruyante et bousculée à longueur de journée par un troupeau de travailleurs acharnés, elle s'en moquait même. Elle se rebutait à ce monde non magique qui n'avait pour utilité que de lui apporter son lot de soucis, d'inquiétude, de colère par jour et se réfugiait souvent dans celui où la Magie régnait en maître. A vrai dire, la Gryffonne ne s'était jusqu'à présent jamais faite la réflexion mais c'était bien à cela qu'elle était en train de réfléchir ; dire que dans le monde de la Magie tout était possible, était dire quelque chose de faux ou tout du moins partiellement : il fallait réaliser que l'homme, l'humain, l'être, -Il- était simplement régi et maîtrisé par l'étendue de cette Magie -Elle- qui régnait en Lui, et n'était contenu qu'à Elle. Tout ce qui n'était plus du ressort d'Elle n'était plus non plus du ressort de Lui, et l'inverse n'était de plus même pas vrai. Ils étaient emprisonnés dans cette Magie ; dans leurs propres veines. C'en était déroutant, surtout quand après avoir baigné un an dans Ce Monde, elle se rendait compte de Ce constat.

Le flux incessant des pensées frappantes de la jeune fille fut alors stoppé par l'intervention de la plus jeune fille qui tenta :

- Euh... Saluuut !

Elle marqua une pause avant de reprendre, toujours de la gêne apparente, particulièrement exprimé par son regard qui n'était pas si fuyant, qui étonna aussi la blondinette :

- Vous savez ce que c'est le...le Kwi-di-che ?

Oh non, elle n'allait pas, en seconde phrase déjà, aborder ce sport. M'enfin, il fallait croire qu'elle ne savait pas de quoi il s'agissait au vu de sa prononciation hésitante, mais c'était agaçant que tout tourne autant autour d'un simple jeu. Presque pire que le fout-bol moldu. Ce fut cependant d'abord l'autre Deuxième Année de la cabine qui répondit, comme pour clore le sujet, après avoir soupiré lourdement probablement parce que "Mademoiselle ne pouvait pas lire en paix" -voix nasillarde- :

- Jamais entendu parlé.

C'était faire preuve de mauvaise foi et de peu de chaleur humaine que de lui répondre cela. Si en 10 mois passés à Poudlard -si tel avait été le cas-, elle n'avait pas entendu parler du Kwidiche, comme le prononçait la cadette, alors elle avait passé son temps à hiberner dans son dortoir et ce n'était pas possible autrement. Même dans les différentes salles communes, les joueurs et autres adeptes discutaient rien que des matchs et même souvent des entraînements et la Serpentard -c'était désormais ce que pensait la Gryffonne au sujet de l'appartenance à la maison de sa paire- en avait forcément ouï quelque chose. M'enfin, elle s'était probablement simplement rangée du côté de cette réponse pour pouvoir lire son, après vérification en ayant zyeuté le livre, merveilleux ouvrage intéressant sur des végétaux en tous genres. La logique voulut donc que la gêne, après avoir occupé les lèvres de la Première Année, intègre la langue de son aînée qui se mit en mouvement pour articuler :

- C'est un sport avec des balles sur un balai. 

Elle commençait peu à peu à s'intéresser au vol mais le sport sorcier le plus réputé restait pour elle assez loin puisqu'elle n'aimait pas son esprit de compétition omniprésent, qui la dégoûtait d'ailleurs de tous les domaines où il était présent. Elle n'effectuait donc que quelques entraînements occasionnels de vol sur balai de temps à autre, pour le moment, mais se fichait des autres sports qui pouvaient y toucher.

Comment te dire, ou te faire comprendre, que la Vie n'était qu'un simple Songe ? Un Mensonge, que la Vérité Ronge.
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Absente jusqu'au 18 août