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Ancien sorcier  

 FANFIC - OUVERT  Grimoire des Chocogrenouilles


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EDGAR STROULGER (#47)
INVENTEUR DU SCRUTOSCOPE


      La salle d'étude dans laquelle Edgar Stroulger passait le plus clair de son temps était innondée par un bric à brac d'objets incroyablement étranges pour Mrs.Gelley qui, depuis une trentaine d'année travaillait au service l'inventeur. C'était qu'elle en avait vu des belles et des pas mûres avec lui. Combien de fois avait-elle craint qu'il ne se plante une de ces babioles qu'il mettait sur la tête dans les yeux ! Une crainte qui, d'abord tracassante s'était au fil du temps teintée d’agacement. Il ne fallait pas non plus s'imaginer qu'il allait prendre en compte les avertissements de la vieille dame car celui ci, par un geste négligé de la main retournait, après une première gorgée de thé à son travail comme si de rien n'était. Pour tout le respect que Mrs.Gelley devait envers son employeur, il était certain pour elle qu'il agissait quelques fois comme un sale gosse. Le problème avec ces sales gosses, c'est que nombreux sont ceux dotés d'une intelligence hors norme et ça, Mrs.Gelley ne pouvait y faire grand chose à part rouler des yeux.

      La voici donc en ce début d'après midi, le 15 novembre 1777 pour être exact en train de finir de préparer le thé pour son employeur. Déjà les températures chutaient en cette saison. Les fleurs avaient disparues depuis quelques semaines à son plus grand regret. L'horloge en bois, placée dans la cuisine annonça 15h30. Mrs.Gelley jeta un coup d'oeil en direction de la tellière qui terminait de chauffer. C'était une adepte de la pratique moldue des rituels autour du thé. Elle aimait manipuler le thé, faire ses propres dosages; une initiative grandement appréciée par Mr.Stroulger. Elle tourna délicatement la page 36 de la Gazette, avisant les images animées où l'on pouvait voir le Ministre de la Magie, Maximilian Crowdy entouré d'une foule impressionnante de sorciers venue le féliciter pour avoir une nouvelle fois démantelé un groupe de sorciers aux intensions plus que douteuses. Un petit sourire s'étira sur les lèvres de la vieille dame : rares étaient les bonnes nouvelles ces temps-ci et celle ci était accueillie à bras ouverts. Un sifflement lui indiqua la fin de la pause. Elle se redressa en grimaçant - fichus os !- et alla disposer une tasse et un sucrier sur le plateau qui traînait non loin de la gazinière. C'est en chantonnant qu'elle termina sa tâche et c'est joyeuse qu'elle quitta la pièce pour aller traverser la bâtisse modeste.

      Tandis qu'elle s'approchait toujours plus de la salle d'étude, elle remercia mentalement comme à son habitude la générosité dont avait fait preuve l'inventeur à son égard. Car oui, malgré son caractère de cochon, il avait très vite réalisé les difficultés de déplacement que la vieille dame subissait et avait un beau jour décidé de déménager sa salle d'étude dans ce qui était auparavant une salle de repos afin de lui éviter de gravir les marches. Arrivée devant la porte, elle déplaça son plateau enchanté sur le côté afin de toquer à la porte. Une voix très joyeuse l'invita a entrer. Immédiatement, la vieille dame plissa des yeux, méfiante. Elle tourna la poignée et entra dans la pièce, grimaçant légèrement tant celle ci sentait le renfermé.


" Votre thé, Monsieur Strougler. Je vois que vous êtes d'une excellente humeur aujourd'hui !"


      L'interpellé, d'abord assis à sa table, bondit hors de sa chaise pour se tourner vers elle, un grand sourire aux lèvres. L'excitation transpirait même jusque dans ses gestes car c'est avec les mains tremblantes qu'il dégagea ses instruments frontaux hors de son visage lui donnant un air quelque peu cocasse : on aurait dit qu'il était auréolé de loupes et autres gadgets. Mrs.Gelley ne put s'empêcher de transformer sa méfiance en amusement face à son engouement. Elle l'observa rire joyeusement suite à sa déduction et se frotter les mains comme un enfant de 8 ans qui venait de commettre un petit méfait sans être attrapé.

" Ah, ma chère Mrs. Gelley, vous avez tout à fait raison ! Je vois enfin la lumière au bout du tunnel !"

      Il se détourna d'elle pour farfouiller dans ses papiers. Intriguée, la vieille dame avança un peu plus, faisant attention à ne pas marcher sur les parchemins roulés en boule qui trainaient ici et là. L'homme envoya dans les airs deux parchemins avant de pousser un cri de victoire. Il retourna auprès d'elle, une feuille dans sa main gauche et ce qui semblait être une boule de moyenne taille de l'autre.

"Je pense avoir enfin fini de créer un objet qui pourrait donner un coup de main au Département de Justice Magique. Si ça se prouve suffisamment efficace, peut-être que ça peut être revendu à tous les sorciers et sorcières qui seraient intéressés ! Voyez vous, si vous gardez ce globe avec vous et qu'un danger se rapproche, alors elle va - normalement - s'allumer et tourner pour vous le signaler ! Voyez donc un exemple et dites m'en ce que vous en pensez !"

      La vieille dame n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit que l'homme se détourna d'elle, la langue sur le coin de la bouche. Dégueinant sa baguette magique, il la pointa en direction d'une boîte à ressort qui pour une raison obscure se trouvait sur une petite table située devant de hautes colonnes de livres. Jubilant, il énonça clairement " Amplificatum !". Le jet de lumière frappa de plein fouet l'objet qui aussitôt de mis à grossir de plus en plus de manière incontrôlée à cause de l’enthousiasme débordant du sorcier. Un *clic* se fit entendre et le clown auparavant caché dans la boîte bondit hors de celle ci, frappant violemment sous l'effet du ressort les livres entassés derrière lui. Un grondement de plus en plus bruyant alerta la vieille dame.

"Sortez d'ici ! Tout va s'écrouler ! VITE !"

      Aussitôt dit, aussitôt fait, les deux sorciers quittèrent promptement la salle alors qu'une avalanche de livres tombait sur l'ensemble de la pièce, tels des dominos, envoyant balader vases, petites horloges et autres grigris à travers la pièce. Les yeux écarquillés, Mrs.Gelley and Mr Scroulger observaient la catastrophe se dérouler. Le clown continuait inlassablement de virer dans tous les sens, renversant les lampes qui, pour l'une d'entre elle envoya le plateau de thé contre le mur adjacent aux portes de la salle d'étude. Une fois que tout se retrouva au sol dans un joyeux bazar, Mrs.Gelley se tourna très, très lentement vers Mr. Scroulger dont les joues avaient pris une teinte écrevisse bien cuite. Il se racla la gorge en se grattant la nuque. Si elle s’apprêtait à lui dire ses quatre vérités, elle fut interrompue par un sifflement strident. Surprise elle retourna son regard vers la pièce. Devant eux se trouvait la boule que l'homme avant involontairement laisser tomber, qui vrillait dans tous les sens, une fumée rouge la remplissant à une vitesse alarmante. La boule, roulant frénétiquement disparue hors de leur vue et c'est un bruit de verre brisé qui fit taire le sifflement. Une fumée rouge envahissait désormais la pièce.

" Êtes-vous certain de vouloir avoir mon avis, Monsieur Scroulger ? ", questionna nonchalamment Mrs Gelley, d'une voix faussement légère.

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FÉLIX LABEILLE (#52)
INVENTEUR DU SORTILÈGE D’ALLÉGRESSE


      Des râles erratiques et gutturaux, entrecoupés de rires abrupts brisaient le silence que la chambre de bonne avait connu depuis les deux derniers mois. Celle-ci état située dans le petit village d’Avebury (Wiltshire) et se trouvait sous la propriété de l’auberge “Croxroads”, connue pour héberger les voyageurs, truands et artistes en quête du Graal : l’inspiration.

      L’inspiration n’était néanmoins pas ce qui avait déserté Félix Labeille. Debout devant un haut miroir noirci par le temps, usé par les anciens locataires pour des raisons inavouables et négligé par le personnel de l’établissement, il gesticulait avec véhémence, un grand sourire extatique sur les lèvres. Le lendemain, il allait avoir la possibilité de remettre ses habits de bouffon. Le seigneur de la région, sa femme et sa cour feront partie de ceux honorés par la présence d’un homme déterminé à leur donner le goût du rire. Félix, finissant de mimer un de ses actes, exécuta une petite courbette de salut, entendant déjà les rires gras et aigus mêlés, accompagnés par un torrent d’applaudissements. Galvanisé par l’anticipation et par la chance tant attendue de trouver la gloire, il bascula sa tête en arrière et laissa échapper un rire tonitruant et dément. Se frottant le visage maniaquement, il tourna ensuite sa tête en direction de son lit un place, soutenu par une planche en bois mitée. A côté de celui ci se trouvait une table de nuit qu’il rejoignit pour prendre la pipe qui traînait là. Il s’assit ensuite, profondément plongés dans ses pensées, tassa le tabac et l’alluma. Le ravage immédiat du feu se retrouvait dans son regard où une lueur étrange brillait.



      Le château du Seigneur Alexander Regal Kullbrick apparaissait modeste comparé à ceux des autres royaumes des Angles. La puissance de l’homme revêtait en réalité un tout autre habit : ses alliances stratégiques renforcées par les mariages de ses cinq filles assurait au Seigneur une voix influente aux rassemblements seigneuriaux. De même, les chantages qu’il prenait grand soin de tisser, facilités par les chuchotements de ses sujets les plus fidèles étendaient son influence, rendant ses décisions politiques implacables et judicieusement vicieuses. Une de ces décisions était d’ailleurs célébrée en ce soir d’hiver 1463 : il était parvenu à faire taire le Seigneur voisin qui avait tenté de se rebeller contre les impôts de marchandises qu’il avait implantés sur les eaux adjacents à son territoire. Bien sûr les rumeurs restaient sur l’annonce de mort justifiée par “un arrêt cardiaque soudain et inexpliqué”.

      De longues tablées avaient été arrangées, toutes submergées de mets plus délicieux les uns que les autres. Les verres restaient toujours remplis au grand bonheur de tous ceux présents. Kullrick, soucieux de rester lucide avisaient les cinquante autres personnes présentes. Enfouissant sa large main dans sa barbe, il se félicitait mentalement de la réussite de son royaume. D’autres plans allaient devoir être mis en place pour contrôler le royaume voisin qu’il avait affaiblit avec succès. Il fallait agir au plus vite. L’homme croisa le regard d’un autre qu’il remarqua aborder un air calculateur. Il leva le coude, verre en main. Un air de violon s’éleva dans les airs, brisant le contact visuel. Le bouffon venait d’entrer dans la salle créant un méli-mélo d’interjections enthousiastes.

      Félix se pensait à l’instant en mission. Il observait avec intensité tous ceux présents. Il allait leur faire rire aux éclats, il allait leur faire comprendre à quel point sa présence était essentielle. Ouvrant grand les bras, et d’une voix forte, il remercia le Seigneur en n’oubliant pas d’envoyer des rictus complices aux autres convives qu’il savait pour la plupart envieux. Le violon continuait de résonner dans la pièce alors que le bouffon allait chercher les marionnettes qu’il avait prit grand soin de confectionner. L’une était sensée représenter le Roi, habillé de tissus rares et merveilleux. Les autres quant à elles mettaient en scène des hommes d’apparence similaire à celui du Roi mais dont les tissus, pauvres pendant indignement reflétaient leur ridicule. Félix se félicitait toujours de cette idée de saynète car nul doute que TOUS, y compris les bouffons déguisés en nobles étaient doués du goût pour l’autodérision. Cette certitude fut renforcée dans son esprit alors qu’il remarqua les convives se glisser discrètement des mots en observant les marionnettes. Les yeux pétillants de malice, il se racla la gorge et leva les bras d’où les ficelles des poupées étaient accrochées.

“ Dans une contrée lointaine, très lointaine régnait un Roi. Impérieux et beau, il suscitait l’admiration de tous. Les femmes se prosternaient à ses pieds, le suppliant de les coucher, ce qu’il concéda généreusement”, commença le bouffon en adressant un clin d’œil très osé vers le Seigneur qui abordait un sourire en coin.Son intelligence incontestable lui assurait pouvoir et contrôle sur une cour qui néanmoins, chuchotait derrières les hauts rideaux de sa demeure. Le fidèle page du Roi l'avait alors prit à partie, lui faisant partager ses craintes d’une possible rébellion motivée par l'ambition et l'envie. La page n’eut pour réponse qu’un sourire énigmatique et un silence lourd de signification. Le Roi, fourbe, après avoir réfléchit une nuit entière, appela tous les nobles suspectés séjournant dans sa demeure de se réunir un soir. Ignares vis à vis de ce qui les attendaient, les nobles se retrouvèrent donc, pour certain roulant des yeux devant la nouvelle frasque du Roi. “Le vieux commençait à faire des caprices !”, qu’ils disaient.”, imita Félix avec un rire narquois. “ Le visage impassible, le Roi s’assit sur son trône et demanda à un premier noble de s’approcher de lui.”

      Félix approcha la marionnette du roi d’une autre, celle d’un premier noble. Certains convives se jetaient des regards en coin que le Seigneur Kullbrick s’étonna pour certains de voir. Gardant un petit sourire, il fit mine de ne rien voir et prit une petite gorgée d’hydromel.

" Froidement, le Roi exposa la supercherie que le page lui avait raconté et annonça au noble sa condamnation : " Je te donne le droit de me dire ce que tu veux. Mais attention, si ce que tu me dis est vrai, tu seras pendu, si ce que tu me dis n'est pas la vérité, tu seras décapité.". Désespéré mais surtout vaincu, le noble répondit qu'il finirait pendu, justifié par la hantise d'une décapitation bâclée. L'homme fut ensuite escorté hors de la salle vers les donjons."

      Félix jeta la marionnette avec un grand sourire vers le violoniste qui affichait un visage interdit. S'étonnant de ne pas entendre de rire, le bouffon tourna son regard vers les convives qui de plus en plus affichaient un visage trahissant un malaise profond. Seul le Seigneur gardait son éternel sourire. Le bouffon sentit une pointe d’agacement pointer le bout de son nez. Comment ne pouvait-ils pas rire de la bêtise du noble ! C'était hilarant ! Étaient-ils tous enchantés pour tirer des têtes comme ça ?! Un peu plus brusquement, le bouffon arma son bras libre d'une deuxième marionnette de noble.

"Le Roi invita alors un deuxième noble à s'avancer. Celui ci, lui aussi vaincu ne tenta pas de se dérober et lui aussi choisit la pendaison. Tous ne purent résoudre l'énigme du Roi et finirent tous condamnés à la pendaison pour certains ou la décapitation pour d'autres.".

      Toutes les marionnettes de nobles se trouvaient à terre, offrant une vision de massacre qui inquiétèrent les convives qui jugeaient maintenant le sourire de leur maître. Le bouffon équipa cette fois son bras d'une marionnette de bouffon aux couleurs criardes. Félix continuait de ressentir une colère grandissante s'emparer de lui face au manque manifeste de réactions.

" Le Roi, alors amusé par sa supercherie se tourna vers le bouffon qui se trouvait alors présent. A cette homme il lui posa la même condition et, un petit sourire fourbe aux lèvres celui ci répondit avec justesse : "Je serai décapité." Le Roi se figea un instant et avec un hochement de tête accorda quatre heures de fuite au bouffon qui aussitôt prit les jambes à son cou pour se sauver.".

      Félix, grand sourire aux lèvres fit une courbette, signalant la fin de son acte. Un profond silence lui répondit ce qui le fit se figer sur place. Sa tête, initialement penchée se releva doucement pour observer les visages face à lui. La grande majorité des personnes lui adressaient des regards mauvais, haineux et prometteurs de tortures macabres. Félix fronça les sourcils, sentant l'indignation voiler son esprit. Il ne comprenait pas ce qui se passait. Tous étaient sensés rire et s'émerveiller face à l'ingéniosité dont avait fait preuve le bouffon de son histoire ! Un seul claquement de main brisa le silence. Le Seigneur Kullrick se tenait debout, hochant de la tête avec approbation dans la direction de l'homme. Très rapidement s'en suivit d'autres applaudissements mais Félix n'était pas dupe pour une noise. Il se redressa et observa les convives eux même se lever pour l'applaudir fadement. Quel humiliation ! Sa mission tournait au vinaigre et sa réputation venait d'être mise à mal en l'espace de quelques minutes. Un déclic se fit dans son esprit, un désir leur faire payer leur audace. Il sentait monter en lui un bouillonnement comme il l'avait ressenti quelques mois auparavant lorsqu'il avait eut affaire à une bande d'ivrognes.

      Sa main se leva inconsciemment et il effectua un mouvement de main rapide. Aussitôt un des convives émit un petit rire. Ne dit-on pas que les rires sont contagieux ? D'autres se joignirent au premier. Très rapidement ce fut l'ensemble de la salle qui éclata de rire. Félix, aveuglé par ses émotions, buvait la jouissance de les voir rire mais surtout de voir leurs regards paniqués que tous se lancaient. L'une d'entre eux amena une de ses mains à la gorge, le visage rouge sous la force des rires qui s'emparaient d'elle. D'autres haletaient sous la difficulté de trouver leur souffle. Le Seigneur Kullrick, étrangement épargné observait les autres puis fronçant les sourcils retourna son regard vers le bouffon, avisant la lueur folle qui animait son regard. Les gémissements de douleurs de mêlaient maintenant aux rire, d'autres se turent alors qu'ils tombaient inconscients. Le Seigneur se précipita vers le bouffon, lui empoigna le coude avec force et d'une voix tonitruante le rappela à l'ordre :


      "SUFFIT !". Le cri rageur ramena Félix sur terre, le déconcentrant dans son potentiel massacre. Le bouffon écarquilla des yeux, paniqué face au regard du Seigneur qu'il avait perdu comme complice. Les rire se turent immédiatement après et furent remplacés par des inspirations bruyantes et erratiques. Le Seigneur gardant sa poigne ferme, secoua le bouffon et brusquement lui marmonna à l'oreille : " Nous deux avons à parler, Bouffon." . Sans ménagement, il le traîna hors de la pièce, sous les yeux effarés et révoltés des convives.
[center]ENIGME : POURQUOI LE BOUFFON A T-IL EU DROIT A CETTE CLÉMENCE DANS L'HISTOIRE RACONTÉE PAR FELIX ?[/center]
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CLIODNE (#16)
DRUIDESSE AYANT DÉCOUVERT LES PROPRIÉTÉS DE LA ROSÉE DE LUNE


      Seul le silence vint commenter les efforts vains que Cliodne continuait de procurer. La jeune femme jeta un œil las sur sa table vétuste en bois de chêne, sur laquelle étaient disposés plusieurs ingrédients qui faisaient honneur à la brillante druidesse qu'elle était. Plusieurs plantes tortueuses et rares aux propriétés inconnues étaient bêtement posées là, dont quelques écorces inutiles traînant à terre venaient encombrer le sentiment de propreté qui se dégageait de la maison. À côté, deux chaudrons en cuivre bouillonnaient lentement, et Cliodne pouvait sentir l'odeur nauséabonde que ses préparations faisaient flotter dans l'air morose. Elle poussa un soupir résigné, lasse de voir que tout ce qu'elle entreprenait échouait.

      Elle se sentait vulnérable dans sa propre demeure. Ce chalet qui lui avait apporté tant de réconfort autrefois lui paraissait maintenant terriblement vide et froid, c'était un véritable enfer. D'un geste soudain, elle se leva en faisant basculer la petite chaise en bois sur laquelle elle avait été assise, et son courroux n'en fit que plus sévère. Impulsivement, elle saisit une des précieuses plantes posée sur la table qui la narguait depuis bien trop de temps et tira de toutes ses forces sur une des branches lisses du végétal, laissant s'échapper la sève qu'il recelait. Elle savait que ce liquide gras et désagréable était utile et précieux, elle le savait ! Mais elle n'arrivait pas à en faire quoi que ce soit. Ses essais étaient tous infructueux, depuis bien trop longtemps maintenant. Jetant un regard agacé au plus imposant des deux chaudrons, elle le renversa, laissant s'écouler toute la mixture qu'il contenait sur le sol.

      Inspirant une bouffée d'air, la druidesse se saisit de sa cape violette et sortit de cet endroit étouffant en claquant la porte, ne se préoccupant pas de tous les dégâts qu'elle avait causés. Pendant un instant, elle resta debout, se contentant simplement de contempler le chalet dans lequel elle vivait se dresser fièrement, entouré de l'immense forêt sombre. Elle n'arrivait pas à haïr cet endroit. Pas encore, du moins. Autrefois, alors qu'elle pouvait réellement se considérer comme une potionniste de génie, son chalet et ses alentours lui avaient envoyés des milliers d'ondes positives. Maintenant, ce n'était plus qu'une maison miteuse et puante, qui allait s'écrouler d'un jour à l'autre. Mais elle ne s'en délogerait pas ; hors de question d'aller vivre en ville. Sa solitude était bien plus agréable et reposante que l'espace urbain, où elle savait que le bruit allait la rendre folle, si ça n'était pas déjà fait. Elle ne pourrait supporter les clameurs des nobles, les calèches qui faisaient un boucan infernal. Et les chevaux, quelle infamie. Si certains, avec leur pelage blanc et rayonnant, savaient se donner un air fier, ils étaient tous décrédibilisés par les crottins qu'ils laissaient aux quatre coins des rues.

      Le château était une fourmilière, et c'était sans parler de la peste, cette maladie qui ravageait bien trop souvent les environs de la ville. Non, Cliodne refusait catégoriquement d'envisager aller vivre là-bas. Et les campagnes, ça n'était pas bien mieux. Les pauvres paysans vivaient dans des conditions déplorables et devaient travailler sans relâche. Elle préférait son petit confort et son chalet perdu au milieu de la forêt, c'était mieux. Triste, mais mieux. La jeune femme laissa un maigre sourire fleurir sur ses lèvres tandis qu'elle rembobinait mentalement la cassette du temps. Elle avait beau être jeune, Cliodne ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle était déjà à la fleur de l'âge, épuisée par tous les échecs cuisants qu'elle avait essuyés ses dernières années.

      Machinalement, la druidesse se mit en marche et s'enfonça dans les limbes de la forêt, qui aurait pu paraître terrifiante si elle n'y avait pas déjà passé des milliers d'heures. On disait souvent que la forêt était un endroit idéal pour se perdre, car les arbres qui la composait se ressemblaient tous. Mais pour Cliodne, c'était différent. Elle connaissait cet endroit comme sa poche et saurait retrouver son chemin de n'importe où. Ça faisait déjà plusieurs heures que les ténèbres avaient englouti les cieux, et la jeune femme ne put s'empêcher de frissonner lorsqu'un courant d'air vint frôler sa peau sensible. D'un geste lent, elle leva son bras et releva sa capuche, cachant ainsi ses cheveux souples. Tout en continuant d'avancer et de faire craquer les branches sous ses pas légers, Cliodne se perdit dans ses pensées.

      Depuis qu'elle avait découvert la rosée de lune, un soir semblable à celui-ci, rien n'allait plus. Ça avait pourtant été un exploit sans nom ; la rosée de lune permettait d'inventer d'innombrables potions aux propriétés fantasques, de renforcer les effets de certaines, et même d'en annuler les effets pour d'autres. Ça avait été la découverte de sa vie, sans aucun doute. Cliodne passait tout son temps enfermée dans sa cabane à expérimenter toutes les plantes qu'elle avait trouvées lorsqu'elle s'était baladée en forêt la journée. Alors lorsqu'elle avait récolté cette rosée, un matin d'avril, quelle n'avait pas été sa joie d'en découvrir toutes les propriétés ! Bien sûr, elle avait pris la peine de tout noter sur un carnet de son écriture légère et fine. Elle savait qu'un jour ou l'autre, après sa mort, quelqu'un découvrirait ce carnet et tous les secrets qu'il recelait. Cliodne voulait faire de sa vie une avancée pour l'ère des sorciers, et plus précisément dans le monde des potions.

      Alors pourquoi, après ce miracle, sa vie avait lentement dérivé sur un terrain si morose et ennuyant ? Elle avait l'impression de ne plus servir à rien. Au début, sa découverte sur la rosée de lune l'avait revigorée, mais en voyant tous les échecs s'enchaîner, Cliodne avait perdu goût en le métier de druidesse qu'elle exerçait depuis sa plus tendre enfance. Passer des heures à tenter de repérer des plantes potentiellement intéressantes ne la passionnait plus. Faire bouillir ses chaudrons l'énervait au plus haut point. Pourquoi ? Elle ne comprenait pas. Elle avait pourtant la capacité d'y arriver, elle l'avait démontré ! Mais depuis, c'était le néant. La rosée de la lune avait été la chance de sa vie, mais cette découverte avait également signé le début de la fin.


« Je ne comprends pas, je ne comprends pas.. » répéta-t-elle, sentant les larmes lui monter. « Je ne sais pas ce que j'ai fait pour que ça n'aille plus.. »

      Que devait-elle faire ? Rien, probablement. Il n'y avait rien à changer dans sa façon de vivre, elle était résignée à terminer sa vie ainsi. Elle ne pouvait décemment pas abandonner le chalet dans lequel elle vivait pour s'installer ailleurs. Cliodne resserra sa cape sur ses frêles épaules, retenant tant bien que mal ses larmes de couler le long de sa joue, puis elle tourna les talons. C'est bon, elle avait eu assez d'air frais pour cette nuit, elle voulait rentrer. Sauf qu'elle ne pouvait même pas transplaner, puisqu'elle n'avait jamais appris à le faire ; son père était mort alors qu'elle n'était qu'un poupon, et sa mère avait préféré lui apprendre l'art des potions et avait délaissé les autres côtés de la magie, puis elle était morte alors que sa fille n'était âgée que de dix-neuf ans.

« Dire que je me prétends être la druidesse du siècle alors que je ne sais même pas me servir d'une baguette magique. » ricana Cliodne, laissant un sourire ironique naître sur ses lèvres violettes, engourdies par le froid.

      Elle continua de marcher quelques instants, songeuse, relevant quelques fois la tête pour se repérer. Quand elle fut arrivée à l'orée de la forêt, Cliodne abaissa son capuchon et poussa lentement la grande porte en bois de son chalet. L'odeur désagréable qui emplissait sa maison lui arriva aussitôt aux narines, mais elle n'en fit rien. Elle passa à côté du carnage qu'elle avait provoqué, se promettant de tout nettoyer le lendemain. La druidesse savait que ses insomnies et ses tourments l'empêcheraient de passer une nuit reposante, mais elle tâcherait d'essayer, cette fois encore.

      Ça avait été une journée comme toutes les autres, en somme.


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Dernière modification par Joy Wedenjack le 20 juin 2016, 13 h 58, modifié 1 fois.

I could have lied I'm such a fool
My eyes could never never never
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GWENDOLINE LA FANTASQUE (#20)
PASSIONNÉE DE BUCHERS


      Le soleil déjà se couchait sur le village de St Petsburg. Une vague lumineuse orangée s'infiltrait doucement dans les ruelles cabossées des environs, imbibant de lumière les tissus accrochés sur des fils tendus entre les maisons, opposées par les rues. Un léger vent, doux, faisait onduler les draps pour certains encore entiers. Une certaine tranquillité s'installait alors en ces heures. Le chahut habituel associé aux jours de marché laissait place à des échanges éparses entre les derniers commerçants qui constataient les gains du jour. En ce dimanche 19,1359, les recettes s'avéraient maigres et très vite les calculs rapides firent place aux grognements frustrés. Des cliquetis de pièces en bronze s'entre-choquant dans les bourses se firent entendre pour ensuite disparaître progressivement au loin.

      Gwendoline écoutait d'une oreille distraite le bruit de roues de calèches qui encore transportaient sûrement des nobles aux quatre coins du village pour quelques bals sans importance puis ferma les yeux, paisiblement. Un seul dernier bruit lui tiraillait ses nerfs et le coupable - comme à chaque fois qu'elle se trouvait dans cette cellule poisseuse et inconfortable- se trouvait être que celui du choc de gouttes d'eau sur les pièces métalliques incrustées ici et là dans la cellule glaciale.

* Plop. Plop. Plop *

      Fronçant les sourcils, elles releva ses mains à hauteur de son visage et se boucha les oreilles, essayant avec force de se focaliser sur l'impression de coton que ce geste provoquait. Nombres de personnes possédant ce que d'autres appellent "dignité" penseraient qu'elle méritait bien de connaître un tel tourment mais Gwendoline était certaine d'une chose : ces fichues gouttes d'eau étaient bien plus détestables que tous les bûchers du monde. Les moldus n'avaient pas à être inventifs question objets de torture : il suffisait simplement de faire écouter ce bruit affreux et continu au malheureux voire, le sadisme étant l'une de leurs spécialités, de faire tomber ces maudites gouttes sur le front. Douce folie.

      L'épuisement gagnait doucement son corps et son être. Elle avait été embarquée de force deux jours auparavant à la sortie de l'auberge des Quatre Fers après s'être amusée à transformer toutes les boissons alcoolisés des habitués en jus de citrouille. Il n'avait pas fallut longtemps avant que tous ceux présents ne se tournent vers elle, les yeux brillants de rage. Étant la seule femme présente, habillée en haillons absolument affreux, criant "sorcière" et après avoir commis ce coup de citrouille qui pourtant était hilarant à son goût, deux ogres d'hommes l'avaient saisie, agrippant violemment ses bras, provoquant chez elle une vague de douleur absolument atroce. On l'avait alors enfermée dans un placard à balais étroit, paraissant être un chef lieu pour les araignées et autres cafards le temps que la garde du seigneur des parages n'arrive, essoufflée et assoiffée de sang.

      Ce qu'elle ne faisait pas pour sa dose d'amusement. Elle soupira mentalement et se prépara à tomber dans un sommeil profond en faisant le vide dans sa tête.

*Clic. Clac. Clic Clic*

" Allez dégage de là, sale vermine.", grogna avec virulence une voix que Gwendoline reconnut comme celle appartenant au geôlier.

      Un courant d'air fit frissonner la jeune femme qui aussitôt se retourna en direction de la porte massive en bois, alors ouverte en grand. Elle n'eut pas le temps de distinguer quoi que ce soit de précis avant qu'elle ne comprenne qu'elle n'allait pas finir seule cette nuit là. Effectivement, une forme fut propulsée à l'intérieur de la cellule. Elle s'effondra au sol, laissant échapper un gémissement de douleur face à l’atterrissage brutal sur les pierres. La porte se ferma rapidement en un claquement sec et un silence lourd entoura les deux prisonniers. Gwendoline plissa les yeux afin de mesurer à qui elle avait affaire mais la forme restait camouflée dans l'ombre du mur. Bien sûr, si cette personne était une menace à sa vie, la sorcière avait tous les moyens d'y faire face mais cela n'empêchait de voir un sentiment de crainte prendre poids sur ses épaules, son cœur battant déjà plus rapidement. Le bruit d'une botte raclant la pierre aggrava son appréhension et une jambe, définitivement masculine vue la coupe du bas que l'inconnu portait s'exposa à la lumière nocturne.

" 'Chanté.", énonça péniblement une voix rauque.

      Une forte odeur d'alcool emplit doucement la cellule, faisant grimacer la sorcière qui s'acharnait à garder le silence encore quelques instants. L'inconnu sembla avoir compris le message car après un reniflement sec se mura lui aussi dans un lourd mutisme. Lentement, Gwendoline se rallongea, sur le qui-vive, prétextant retourner se coucher. Si l'inconnu était une menace sérieuse alors celui ci n'allait pas tarder à passer à l'action. La meilleure attaque est la défense non ? Elle prétendit fermer les yeux, maudissant la fatigue reprendre influence sur son corps. Elle se força à tendre ses muscles comme allant chercher dans ses ressources tout ce qui pouvait relever de l'instinct.

" 'Va m'pendre d'main.", marmonna la voix, résignée.

      Durant quelques secondes, Gwendoline ne sut comment réagir. Elle n'était déjà pas habituée à être enfermée avec qui que ce soit alors devoir gérer les déboires d’autrui allait bien au délà de toutes ses compétences. Elle, tout ce qu'elle cherchait, c'était le bûcher, pas les relations interprisonniers. Néanmoins, pendant que les neurones de la jeune rousse tournaient à mille miles, l'ombre s'était quant à elle déplacée et très vite Gwendoline perçut deux yeux verts particulièrement beaux l'observer en retour. Suivant les yeux, c'est un visage fin aux traits à trancher un parchemin qui s'exposa sous la pâleur nocturne. Ce visage était lui même entouré de cheveux bruns, sales et graisseux qui tombaient ici à là de manière indisciplinée. Gwendoline l'observa se lécher les lèvres écaillées, par endroits perlées de gouttes de sang. Fichues gouttes.

"Et pourquoi donc ?", questionna t-elle, partiellement intéressée.

      Les yeux verts, injectés de sang dû à tout l'alcool qui avait dû passer à travers les minuscules veines, ne cessèrent de la scruter comme si ils optaient le pour et le contre d'en révéler plus. Cette attitude eut le mérite de provoquer une moue sur le visage de la jeune femme. Après tout, c'était lui qui avait engagé la conversation alors s'il allait s'éterniser sur des dilemmes aussi puériles, autant retourner se coucher. Après tout, le lendemain, elle vivrait et pas lui. Peu de choses avaient grande importance.

« 'Savez l'pire ? C'est qu'ils m'collent à une sorcière. », acheva t-il de dire, transpirant de dégoût.

      Tel un venin, une colère brûlante comme du magma se propagea en elle. Elle en avait entendu des moldus cracher sur les sorciers, ou plutôt les pseudo-sorciers mais l'entendre de la bouche de quelqu'un qu'elle avait pour cinq piteuses secondes accordé une attention quelconque l’enrageait profondément. Il suffisait d'un claquement de doigt pour que l'inconnu implose, un claquement de doigt pour qu'il perde sa langue. Au diable ceux qui prêchaient le pardon pour l'ignorance d'autres. Si elle savait qu'elle vivrait demain, il en était autrement pour celles et ceux qui aspiraient à être comme elle. Même si ceux ci étaient eux aussi des moldus, ils avaient l'instinct de sorciers. Que cet inconnu aux yeux ignobles viennent cracher sur leurs décombres provoquait chez la rousse des envies inavouables. Elle renifla dédaigneusement, lui tourna le dos. Qu'il vienne maintenant l'attaquer, elle prendrait goût à le neutraliser.

      Le silence fit son retour macabre. Pas un mouvement n'indiquait que l'inconnu avait une quelconque intension envers elle. Sûrement se rassurait-il de savoir que l'ignoble sorcière allait connaître le même sort que lui. Cela lui provoquait-il un sentiment de satifaction ? De soulagement peut-être ?

" Que deviendront mes fils...", se murmura l'homme à voix basse.

      Gwendoline rouvrit les yeux, déboussolée, sentant malgré elle un pincement au cœur. Elle n'en savait rien seulement que demain, elle serait vivante et lui non.


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Ancien sorcier  

 FANFIC - OUVERT  Grimoire des Chocogrenouilles

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