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On rêvait tous de s'envoler

(ft. Mad Mal)


L'hiver avait saupoudré l'herbe d'un léger manteau de glace ce jour-là. Les élèves, frigorifiés, trottinaient dans la cour extérieure pour rejoindre les bâtiments imposant de Poudlard. On les entendait claquer des dents, pester contre les températures trop basses ces dernières semaines. Solal, malgré son nom, ne partageait pas ce mépris pour la saison glaciale. Le froid lui mordillait les joues et le nez et bien qu'il tentait de les dissimuler derrière son écharpe aux couleurs de sa maison, il appréciait de sentir l'air frais. Il avait toujours habité dans une petite maison, et entouré de toute sa famille, ils se marchaient vite dessus. L'extérieur avait toujours symbolisé, pour lui, une sorte de quiétude et de tranquillité auxquelles il aspirait tout particulièrement. Laissant de côté son devoir de botanique qui ne semblait plus finir, il avait décidé de se balader à l'extérieur. Il avait rejoint les rangs des sorciers de Poudlard quelques mois plus tôt mais il ressentait toujours un respect infini pour les grandes bâtisses, les arches imposants de l'école. Il se sentait insignifiant, là, à marcher à côté du plus grand monument qu'il n'avait jamais eu l'occasion de voir.
Il lui avait fallu un nombre de pas incalculable entre la salle commune des Serdaigles et la cour extérieur, mais il ne s'était pas ennuyé une seule seconde. Il ne manquait de rien dans cette école, il avait ses frères sur qui compter en cas de souci et des lettres régulières de sa famille à Chipping Campden. Son père et les journaux qu'il lui envoyait le tenaient au courant des nouvelles du monde du Quidditch. À chaque lecture, il se sentait de nouveau galvanisé, plein de bonnes intentions : il voulait devenir rapidement un meilleur sorcier, mais aussi avoir son propre balai et rejoindre les rangs de l'équipe de sa maison. C'était encore un peu tôt, les cours de vol étaient lents et ne lui permettaient pas de manier à la perfection son balai —c'était une chose essentielle s'il voulait prétendre à être un joueur qualifié.

Ses pas l'avaient guidé jusqu'au terrain d'entraînement sans qu'il ne s'en rende réellement compte. Peut-être espérait-il pouvoir emprunter un balai et faire quelques tours. Il n'en avait encore jamais eu l'occasion. Il n'y paraissait pas ainsi, à écouter les vieilles histoires de ses parents qui semblaient avoir eu une scolarité pleine de rebondissements et d'anecdotes, mais les cours lui prenaient beaucoup de temps —il n'était malheureusement pas de ces génies qui maîtrisent chaque nouvelle notion à l'instant où on la leur apprenait. Et c'était sans compter ses camarades Serdaigles qui faisaient vivre la salle commune d'une telle façon qu'il passait plus de temps à éviter les livres qui volaient dans la pièce et semblaient très attirés par la chevelure de charbon du garçon qu'à continuer ses devoirs —les filles Serdaigles avait un don pour viser juste et fort. Sa bosse à l'arrière de sa tête lui rappelait avec douleur ces incidents fréquents.
Il n'avait pas cru voir le terrain d'entraînement déjà occupé au vu du ciel gris qui semblait prêt à rugir d'un moment à un autre. Mais à son arrivée, elle était déjà là. Une chevelure blonde qui contrastait avec la noirceur du ciel volait comme une étoile filante. À califourchon sur un balai, la jeune fille semblait à l'aise et prendre plaisir. Le coin des lèvres de Solal remontèrent aussitôt à cette vision. Il était au sol, mais à la simple vue du balai fendant l'air, il sentait son cœur s’accélérer et l'adrénaline lui réchauffer le haut du corps. 


« Un Manchevif, modèle plutôt sympa. Bonnes pointes de vitesse sur les lignes droites mais dès qu'on prend de l'altitude, il perd en puissance. Ça en fait un mauvais balai pour le Quidditch, mais pour la famille c'est relativement satisfaisant. », il avait déclaré alors que la chevelure blonde et son destrier redescendaient sur terre. Ses cheveux décoiffés lui donnait un air sauvage qui plaisait tout particulièrement à Solal, il n'aimait pas quand les filles —ni même les garçons— plaquaient leurs cheveux au crâne dans une queue de cheval trop serrée. Il lui adressa un sourire avant de s'approcher d'elle, il n'était pas sûr qu'elle ait remarqué sa présence avant sa tirade mais le brun n'était pas d'un naturel très timide. Il avait toujours vécu entouré de personnes aimantes, souriantes et chaleureuses, si bien qu'il n'avait jamais eu l'occasion d'être mal à l'aise en compagnie de quelqu'un.
« Tu voles plutôt bien, il remarqua, le même sourire rêveur aux lèvres. Il ne prit pas la peine de se présenter, son regard glissant sur le balai, comme aimanté. C'est le tien ? » Enfin, son regard remonta vers le visage de la jeune fille, il avait appris qu'il était poli de regarder les gens quand on leur parle même s'il ne comprenait pas l'utilité. Elle avait les yeux verts, il l'enviait d'avoir un regard qui rappelait la forêt et les prairies.

« And I can't hide that I've relied on you
Like yellow does on blue »
Tapis en Chef, 1ère année RP.

On rêvait tous de s'envoler

Mad étouffait inexorablement dans la salle commune. La chaleur de la cheminée lui brûlait intensément l'épiderme. Elle se trouvait devant l'esquisse de son devoir de Botanique qui n'avançait pas depuis quelques heures et elle devait désormais bien s'avouer qu'elle séchait complètement. Elle regarda la pile de devoirs à faire : Défense contre les Forces du Mal, Potions, Botanique, Métamorphose, et celle de ceux qu'elle avait déjà exécuté ce jour : Vol, Astronomie. Cela lui semblait bien maigre au vu de l'heure tardive qu'il était mais elle avait essayé de tout faire. Cependant, cela ne suffirait toujours pas. Elle était persuadée de ne pas avoir fini avant le lendemain et cela la dépita. Ses professeurs allaient encore rouspéter auprès d'elle, alors qu'une grosse partie de sa journée avait été consacrée à la réponse à ses devoirs et à du travail. Un long soupir s'échappa alors de ses lèvres. Elle ne s'en sortait vraiment pas. Moralement, tout allait mieux depuis quelques temps, depuis Noël exactement. La jeune fille en connaissait l'origine : plus d'événements néfastes donc de quoi se reconstruire, un nouveau compagnon et une sortie de son environnement habituel depuis quelques semaines, tout cela contribuait, chacun à son échelle, sa manière. Toutefois, elle était débordée. Elle prenait très à cœur son travail de préfète qui lui prenait ainsi un temps monstre, sans compter le poste de rédactrice, sa Deuxième Année, ainsi que l'entretien de son chaton, elle courait partout et n'avait plus le temps pour grand chose. La jeune fille ne pouvait d'ailleurs plus vraiment flâner avec ses amis comme auparavant et ne voyait plus grand monde. La seule chose qui avait pris plus de place dans sa vie qu'auparavant était le vol. Depuis les vacances de Noël, elle s'était décidée à se perfectionner de plus en plus et se rendait régulièrement sur le Terrain d'Entraînement pour se faire, en dehors des séances qui l'aidaient bien plus avec son cousin. En pensant à l'idée de voler, son visage se tourna vers la fenêtre et s'illumina. Certes le ciel était sombre et l'obscurité commençait à régner, mais elle rayonnait. Elle pensa à sa dernière séance de vol où elle avait enfin réussi à prendre entièrement possession de son balai et à exécuter des virages avec de plus en plus de style et réalisa qu'elle datait d'une semaine auparavant. Elle réfléchit alors et, voyant qu'une heure dehors ne la ralentirait pas plus dans son travail qu'une autre pendant laquelle elle resterait stone devant son parchemin, elle prit la décision de sortir en direction du Terrain, rangeant rapidement les affaires qui traînaient.

Elle dévala donc les escaliers avec empressement et rejoignit ainsi l'extérieur, passant la lourde porte de bois frénétiquement. Le froid de la nuit qui commençait à régner lui fouetta violemment le visage mais elle ne s'y attarda pas et continua à se diriger vers le Terrain d'Entraînement. Elle arriva enfin en son sein et un éclair de revigoration la frappa. Elle sentit l'énergie se propager dans son corps, du bonheur se diluer, mais un vide restait tout de même présent au creux de son estomac. Elle se hâta alors vers les vestiaires pour y trouver le placard à balais et en sortir un qu'elle commençait à bien connaître : un Manchevif qu'elle prenait régulièrement lorsqu'il faisait sombre. Elle sortit précipitamment du bâtiment et l'enfourcha. Tout d'abord, ses mains frêles agrippèrent avec force le manche boisé du balai, et elle défia la gravité. L'air parcourut ses cheveux, les emmêlant subtilement, leur donnant une fougue intense. Ses jambes vrillèrent au rythme incessant de ses allées et venues sur le Terrain et ses bords. Ses vêtements légers se laissaient transpercer par le froid cinglant. Toutes ses sensations la comblèrent intensément, jusqu'à l'arrivée d'un individu. Quelqu'un venait déranger son entraînement, d'autant plus à cette heure. 

Elle le fusilla du regard avant de le détailler malgré la distance qu'elle avait placé entre eux. Il était brun avec un regard sombre mais avec une peau assez pâle, ce qui contrastait avec son allure. En effet, entre ses yeux, ses cheveux et sa robe de sorcier, le noir l'habillait. Il était assez grand pour son âge mais n'en devenait pas imposant. Elle put apercevoir un écusson bleu et argent sur sa robe et en fut étonné. Avec son apparence, elle l'aurait bien placé à Poufsouffle ou à Serpentard, voire même à Gryffondor, mais sûrement pas à Serdaigle. C'était bien la preuve manifeste que les habits ne faisaient pas le moine. Pour autant, ce n'était tout de même pas le genre de personne qui attirait Mad ou à qui elle donnait facilement sa confiance. Cependant, il posa son regard sur la Gryffonne et sa monture et ses lèvres s'étirèrent en un ostensible sourire, à la plus grande surprise de la concernée. Elle décida donc de descendre vers lui pour en savoir un peu plus car le jeune garçon commençait à bien l'intriguer. Elle le vit alors articuler quelque chose mais, ayant encore trop de distance entre eux, ne parvint à en saisir que la fin :

- ...mauvais balai pour le Quidditch, mais pour la famille c'est relativement satisfaisant.

Visiblement, c'était un connaisseur des balais et du monde qui les entourait. Du sarcasme vint alors prendre place et combler l'Âme de Mad mais elle se tut, préférant entendre ce qu'il dirait. En effet, elle avait déjà une impression plus que moyenne sur ce garçon, mais cette phrase ne faisait qu'amplifier cette idée. Cependant, elle tenta de se calmer et y parvint plutôt bien par rapport à d'autres situations où elle avait lamentablement échouer. Le Serdaigle se rapprocha d'elle et lui fit un sourire encourageant. C'est à ce moment qu'elle prit la décision de faire table rase dans son esprit en se convaincant que ce qu'elle pensait n'était que préjugés. Il poursuivit alors, confortant la Deuxième Année dans son idée :

- Tu voles plutôt bien. C'est le tien ?

Il souriait toujours de toutes ses dents qui lui donnait un air avenant et luttait contre cette image sombre qu'il dégageait naturellement. Attendant probablement sa réponse, il fixa ses yeux et la préfète put voir que l'obscurité qui les peuplait n'était pas si sombre qu'elle avait pu l'apercevoir. Elle s'en détacha alors pour fixer ses iris sur son fameux Manchevif :

- D'habitude je préfère les Brossdur 11 mais avec la nuit, je prends souvent ce Manchevif pour ne pas m'éloigner trop, emportée par l'adrénaline. Pour le coup, j'aimerais qu'un m'appartienne mais malheureusement, ce n'est pas le cas, j'emprunte à l'école. En tout cas, merci. Je crois que tu aimes le vol aussi, non ?

Elle espérait que la réponse soit positive, cela la rassurerait en quelque sorte.

Comment te dire, ou te faire comprendre, que la Vie n'était qu'un simple Songe ? Un Mensonge, que la Vérité Ronge.
Rire à m'en déchirer les abdos. Brûler nos complexes et nos vieilles pulsions d'ados.
Absente jusqu'au 18 août

On rêvait tous de s'envoler

Son observation minutieuse terminée, Solal se rendit compte qu'il n'était peut-être pas le bienvenue. Le visage de la Gryffondor semblait être un champ de bataille entre la méfiance et la curiosité, comme si elle ne savait pas sur quel pied danser. Le garçon trouva quelque chose de charmant dans cette expression —pas d'un point de vue romantique, il n'était pas intéressé par les relations amoureuses, bien qu'à son âge des aventuriers s'y adonnaient déjà. Elle lui rappela son grand frère, Amory, qui était de loin le moins souriant des Rosenberg. Il n'était pourtant pas méchant, loin de là, seulement il semblait éprouver quelques difficultés à incarner la chaleur caractéristique du reste de la famille. Aussi, Solal avait envie d'insuffler dans cette impression quelques sourires, comme il parvenait à le faire avec son grand frère quand ils passaient un après-midi entre frères. Il avait appris que pour faire sourire quelqu'un, c'était à lui de creuser et de découvrir les joies et les intérêts de la personne. Avec la Gryffondor, c'était plutôt simple ; ils semblaient déjà s'intéresser à la même chose, il n'avait pas besoin de réfléchir plus longtemps. C'était tant mieux.

« Les Brossdur 11 sont une valeur sûre, mais c'est vrai que les sorciers ont tendance à s'emballer quand ils montent dessus, d'après ce que j'ai entendu dire. Il faut dire qu'ils ont une accélération phénoménale, pas autant que les Éclairs de Feu, bien entendu. », il fit remarquer, encore une fois perdu dans ses rêveries. Solal était un touche-à-tout, son cerveau une machine qui ne s'arrêtait jamais, mais quand il se plongeait dans une discussion intéressante il en oubliait le reste. Dans une conversation de groupe, si quelqu'un le lançait sur le sujet des balais et du vol, il oubliait de répondre au reste et ne répondait que quand on faisait référence à un balai. Il oubliait toute cérémonie de politesse. Les débats qui l'intéressaient l'enivraient. Il était de ceux qui se lèvent à table, la paume cognant durement contre le bois de la table, pour insister sur un certain point, comme il avait vu son père faire si souvent. Il avait hérité de lui cet amour des principes, cette rigidité face aux autres opinions lorsqu'il était certain de ce qu'il avançait. Confiant, Solal ne reculait devant personne. Pas même devant la jeune fille au regard qui lui avait dit pendant un moment de déguerpir. Elle semblait en première ou en seconde année, on sentait dans ses traits l'enfance qui n'est pas encore prête à quitter son nid. L'océan de pétrole de ses yeux oscillait entre le balai et la jeune fille, partagé entre l'idée de parler de quelque chose qu'il ne connaissait que trop bien et celle de partir à la découverte d'un lieu inexploré. Il s'immobilisa enfin sur la blonde, qui avait baissé son regard vers le sujet de leur discussion.

« Oui, j'adore ça. Mon père est ingénieur en balais et fan de Quidditch, j'ai sans doute hérité ça de lui, un nouveau sourire étira ses lèvres, je voulais voir s'il était possible de prendre un balai pour m'y mettre aussi. Jusque là, j'ai pu voler uniquement en cours, mais ça reste un peu trop basique à mon goût. Puis je t'ai vu voler. C'est incroyable que le vol puisse secouer autant un cœur, même quand il s'agit seulement d'observer quelqu'un voler. » Il expliquait ainsi sa façon abrupte d'avoir entamé la conversation —il n'était de toute façon pas réputé pour être particulièrement doux, brute dans l'âme—, il pensait avec conviction que même si elle n'avait pas semblé emballée à l'idée qu'on brise sa tranquillité, elle comprendrait et serait plus à l'aise. L'avantage d'avoir une grande famille, aux yeux de Solal, c'était qu'il avait appris tôt à lire les humeurs de tout le monde, à les prendre en compte ; il fallait toujours faire en sorte que tout le monde soit content. C'était plus difficile avec Blaze, qui portait son prénom à ravir. Son petit frère avait un tempérament de feu, il bouillonnait sans cesse et explosait à intervalles régulières ; chacune de ses explosions demandait à son armée de frères de mettre tout en oeuvre pour le calmer. La fatigue les gagnait vite, l'agacement aussi parfois, et il fallait réussir à changer les idées de tout le monde. Solal était le plus qualifié, en compagnie de son second frère aîné, Oskar, pour calmer la tempête. Marins chevronnés, les deux frères avaient appris à dompter la mer et à naviguer sur les flots d'une fratrie tout feu tout flamme.

« Oh, au fait, moi c'est Solal. Serdaigle de première année. », il ajouta comme s'il venait d'être pris d'une illumination et qu'il se rendit enfin compte qu'il ne s'était pas présenté. Pour appuyer ses mots, il attrapa sa cravate fièrement. Son écharpe pendant sur ses épaules de la manière la plus inutile qu'il soit, elle perdait tout son intérêt. Il avait trop parlé, encore une fois. C'était devenu une sacré manie ; il débarquait dans la vie des autres sans crier gare ni toquer à la porte, leur balançait au visage des tirades dont tout le monde se fichait sans doute mais qu'il avait à cœur de partager, et il finissait par se présenter comme s'il avait lui-même oublié qu'il existait, plus intéressé par ce qui l'entourait.

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On rêvait tous de s'envoler

Le jeune garçon semblait perdu dans ses souvenirs, ou peut être dans des souvenirs, la Gryffonne ne savait pas. Ce dont elle était persuadée, cependant, c'était qu'au vu du fin sourire que divulguait sa bouche, ce n'était qu'un passé heureux qu'il revivait et que sa Mémoire ne lui offrait, pour cette fois, pas de nébuleuses. Peut être n'en avait-il simplement jamais vécu non plus et si c'était le cas, la blondinette le trouvait bien chanceux. Elle ne le connaissait pas assez -surement était-il en Première Année- pour savoir à quoi il pensait mais elle avait appris au fil du temps à deviner l'humeur des gens en fonction de leur expression, que les deux soient similaires ou non. Ici, les yeux pétillants et le tracé souriant des lèvres du Serdaigle suffisaient à la Deuxième Année pour déterminer que du contentement et du bonheur habitaient son esprit. Dans le même temps, il semblait aussi sonder l'Âme de la préfète, mais là encore, pas de jugement en vue. Seulement de l'intérêt, et cela faisait plaisir à Mad. Rares étaient les gens tolérants, qui ne jugeaient pas, qui apprenaient à vous connaître pour décider de l'affection ou non qu'ils vous porteraient. Le Serdaigle poursuivit alors :

- Les Brossdur 11 sont une valeur sûre, mais c'est vrai que les sorciers ont tendance à s'emballer quand ils montent dessus, d'après ce que j'ai entendu dire. Il faut dire qu'ils ont une accélération phénoménale, pas autant que les Éclairs de Feu, bien entendu.

Ses propres paroles ne semblait pas l'avoir extirper de ses pensées et cela étonna son interlocutrice : comment pouvions nous penser à quelque chose et dire autre chose de pertinent en même temps ? Pour sa part, elle aimerait pouvoir faire cela mais elle doutait fortement d'en être capable ne serait-ce qu'une seule seconde. Le Flot de ses Profondeurs ne pouvait que se Refléter par la Surface qu'elle énonçait. Pour elle, cela ne pouvait être différent. Elle ne pourrait jamais se trouver dans un autre cas. C'était sa Perception des choses. Des Autres.

Le jeune garçon sembla un moment reparti dans ses songeries en tout genre, passant tantôt son regard sur le visage de Mad tantôt sur l'objet boisé qu'elle serrait entre ses mains. Il devait vraiment être aussi passionné que la Gryffonne pour être aussi captivé par l'objet volant, si ce n'était plus : il ne détachait que rarement ses yeux de celui ci à vrai dire. Cependant, ses yeux bifurquèrent une fois sur la Deuxième Année et pendant un court instant, ils ne s'en décrochèrent plus jusqu'à ce qu'il prononce :

- Oui, j'adore ça. Mon père est ingénieur en balais et fan de Quidditch, j'ai sans doute hérité ça de lui. Je voulais voir s'il était possible de prendre un balai pour m'y mettre aussi. Jusque là, j'ai pu voler uniquement en cours, mais ça reste un peu trop basique à mon goût. Puis je t'ai vu voler. C'est incroyable que le vol puisse secouer autant un cœur, même quand il s'agit seulement d'observer quelqu'un voler.

La jeune fille comprenait désormais mieux son fort intérêt pour le vol : il baignait dedans depuis son plus jeune âge. Elle aurait aimé avoir cette chance. Posséder des parents, voire une famille, sorciers, ou tout du moins tolérants avec la Magie, qui aurait accepté de l'entraîner. Elle, elle n'avait été autorisé qu'à posséder une bribe de cela : un cousin et la moitié d'un oncle. Certes, elle aurait du s'estimer déjà comblée par Yohan qui l'entraînait plusieurs heures chaque jour quand ils étaient ensemble, qui lui donnait techniques et aides en tout genre qui lui était précieuse à chaque fois, et elle était déjà heureuse et épanouie de pouvoir avoir accès à cette affection. Même son oncle, moldu, l'aidait parfois sur la Magie et elle ne pouvait que trouver que cela était détonnant. Cependant, n'importe qui comportant une situation plus ou moins similaire à celle ci pouvait comprendre que sans le soutien d'un et même des deux parents, il était compliqué de se sentir satisfait. Et la sentence était irrévocable, c'était le cas de le dire. Les séquelles aussi. Dévastatrices.

Mad comprenait aussi totalement Solal sur l'opinion basique des cours. Bien que la Gryffonne trouvait le professeur Sabedja pédagogue, elle ne pouvait s'empêcher de trouver qu'il n'avançait pas dans les leçons et que, au vu du nombre restreint d'heures présentes dans l'emploi du temps, il devrait approfondir plus. Pourtant, lorsqu'elle voyait certains de ses camarades voler, elle comprenait mieux. Il n'avait pas le même niveau, la même expérience qu'elle. Elle ne voulait pas paraître pédante en pensant cela mais il fallait avouer que la classe était très hétérogène et que satisfaire tous les élèves était tout bonnement impossible. Dans ces cas, elle patientait, faisait son petit tour en balai en veillant à ce que le professeur ne la remarque pas après avoir fini l'exercice demandé. La bonne élève un peu dissipée par excellence. 

Au vu de la bonne entente et de la compréhension qu'ils partageaient déjà, la Deuxième Année eut envie de le mener jusqu'au local à balais pour qu'ils partagent un moment ensemble mais le jeune garçon, comme objet d'une illumination, énonça :

- Oh, au fait, moi c'est Solal. Serdaigle de première année.

Solal. C'était un joli prénom à vrai dire. Le S susurrait quand le O arrondissait, tandis que le L claquait la langue et le A grandissait ; le second L lapait. C'était un ensemble harmonieux et constructif et Mad accrocha de suite à ce prénom. De plus, il était court mais pas sec, sans niaiseries. Elle apprécierait ce jeune garçon, elle en était persuadée. Ils avaient trop de choses en commun pour se détester.

Pour confirmer cela, la jeune fille répondit donc aux paroles de Solal :

- Moi, je suis Mad, préfète de Deuxième Année dans la maison des rouge et or.

Cette phrase, elle en était fière, il ne fallait pas se mentir. Elle était de ces gens qui tapaient du pied le sol lorsqu'elle perdait et qui fusillait les gagnants de son regard vert. Elle était de ces gens qui ne voulaient pas de la victoire mais qui laissaient la défaite aux autres. Elle était tout simplement de ces gens qui étaient fiers de réussir. Tout simplement, et c'était compréhensible.

Elle ajouta ensuite, en écho aux premières paroles de Solal :

- Tu as de la chance d'avoir baigné tôt dedans. Je ne l'ai pas eu personnellement. J'espère que tu en as profité, puisque tu as l'air d'apprécier. Puisque tu as l'air de me rejoindre sur la basicité du cours, ça te dirait de venir voler avec moi ? Je peux t'emmener chercher un balai si tu veux. Un Manchevif t'ira ? 

Elle adorait le sien, celui qu'elle s'était attitrée au fil des entraînements. Elle espérait que le même effet se produirait sur Solal. Elle l'emmena donc vers le local à balais qu'elle connaissait bien, qui se trouvait en bordure des vestiaires.

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C'est embêtant mais en relisant ce RP, mon premier RP quand je suis arrivé, j'ai remarqué que j'avais mal joué Solal dans sa façon de parler. Je ne peux plus éditer la formulation puisque tu as repris les paroles, du coup ça va faire bizarre mais Solal risque de changer de façon de parler assez brutalement.  :grin:

Solal avait devant lui une préfète. Il fronça les sourcils à ce détail auquel il n'avait pas fait attention, malgré le blason de la jeune fille. Il se sentit soudainement mal à l'aise, il avait une mauvaise image des préfets —trop à cheval sur les règles, toujours dans la recherche d'impressionner les adultes, lèche-bottes. En somme, c'était quelque chose qu'il n'appréciait pas et qui allait difficilement avec sa façon de faire paradoxale ; s'il aimait les règles, Solal détestait qu'on abuse de son pouvoir. Il se méfiait des supérieurs hiérarchiques comme de la peste. À présent au courant, son sourire disparu un instant pour laisser place à une moue embêtée, le nez plissé et les sourcils quelques peu froncés. Son prénom était original; Mad, il était court et ressemblait à un surnom. 
La réponse de la préfète lui intima qu'il était privilégié, bien que dans son esprit d'enfant, Solal avait l'impression que tout le monde avait eu une enfance aussi facile et chaleureuse que la sienne. Il haussa les épaules, comme s'il ne comprenait pas où elle voulait en venir. Son visage s'illumina quand elle lui proposa d'aller voler ; qu'elle soit préfète ou non, le garçon aux cheveux de charbon ne se voyait pas refuser une séance de vol. Ce serait la première fois qu'il volerait sur un balai à Poudlard, hors des cours de vol, et l'idée lui plaisait tout particulièrement.

« Bah, même si t'as pas eu cette chance c'est pas irrattrapable. J'ai pas beaucoup volé parce que j'ai déjà cassé un balai et qu'mon père était pas content. Puis je connais la théorie sur les balais mais la pratique c'est autre chose. » Pour toute réponse à sa proposition, il hocha la tête avec un sourire enthousiasme et se mit à marcher vers le cagibis à balai dont il connaissait l'existence grâce aux explications du professeur de vol. Arrivé devant le cagibis à balai, il attrapa un des Manchevif qui étaient entreposés devant lui. Solal savait que les Manchevif étaient de bons balais, plutôt familiaux et surtout pas utilisés dans les match de Quidditch car ils manquaient de puissance. Ils faisaient donc des balais idéaux pour s'entraîner au vol, et ça permettrait au Serdaigle de ne pas être tenté à faire des cascades risquées, ou des accélérations qui pourraient le mettre en danger —s'il savait que c'était mieux pour lui, Solal fut de nouveau frustré de ces limites qu'il comprenait pourtant.
Les doigts refermés sur le manche d'un balai, il se tourna vers la préfète des Gryffondor, le regard méfiant.

« J'ai le droit de voler avec, hein ? Tu cherches pas à m'pousser à l'erreur pour me faire perdre des points ou me faire punir et passer pour une préfète efficace ? » demanda-t-il en plissant les yeux avant d'afficher un grand sourire, mi-sérieux, mi-taquin.

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Tapis en Chef, 1ère année RP.

On rêvait tous de s'envoler

Lorsque Mad se présenta, ce fut la surprise, mais mauvaise -de celles auxquelles on ne s'attend pas et que l'on ne souhaite dans tous les cas pas- qui prit possession du visage fin et enfantin de son interlocuteur et ses sourcils se froncèrent en de multiples petits plis au sommet de son nez. Charmant. La jeune fille eut le sentiment que l'annonce de son post au préfectorat avait changé la manière de percevoir du jeune garçon : tout était forcément foncièrement mauvais en ce qui la concernait désormais. Parce qu'elle avait été nommée préfète, elle s'était métamorphosée en un cliché, et cela l'agaçait au plus haut point. Typiquement, c'était ce genre de comportement qui avait le don d'énerver la Gryffonne qui détestait qu'on la pense hypocrite et, plus encore, qui haïssait qu'on ne juge au premier regard. Techniquement, on n'aurait pu dire que ce n'était pas le premier regard, mais c'était peu que de définir une personne par ses responsabilités, selon la Deuxième Année, et même si elle était fière de sa réussite, elle appelait jalousie que de ne plus l'apprécier pour cela.

Elle espérait en tout cas que toute l'idée de Solal qu'il se faisait de sa compatriote ne se forgerait pas autour d'un simple stéréotype qui était bien loin de correspondre à la préfète. Ce n'était pourtant pas gagné d'avance si on observait ne serait-ce que légèrement le visage du Serdaigle : un nez marqué de ridules de mécontentements, des poils flottant au dessus de ses oculaires abaissés et une disparition de sourire pour une bouche lâchée en une moue gênée. Pour faire changer tout cela en le beau visage qu'elle avait pu apercevoir, Mad aurait du travail, c'était assuré, mais elle était prête à relever le défi qu'elle s'était lancée.

Soudain, une illumination apparut : la carcasse de Solal venait d'effectuer un geste anormal pour son humeur : un haussement d'épaules dédaigneux. Certes, ce n'était pas mirobolant mais c'était toujours cela de pris. Il se décontractait, décompressait, n'était plus sous pression qu'il évacuait petit à petit, comme un plongeur qui dégageait son air pour remonter paisiblement à la surface ; et c'était déjà un petit pas. Le mieux fut cependant quand une étincelle naquit au creux du tendre visage du jeune garçon dès que la Deuxième Année poursuivit leur discussion courtoise autour du vol. Il lui répondit alors :

- Bah, même si t'as pas eu cette chance c'est pas irrattrapable. J'ai pas beaucoup volé parce que j'ai déjà cassé un balai et qu'mon père était pas content. Puis je connais la théorie sur les balais mais la pratique c'est autre chose.

Sa tête eut un mouvement vertical de haut en bas d'approbation, au grand soulagement de la Gryffonne. Sa mission et la réalisation de son défi avançait, vite en plus, et cela était de bonne augure si ce n'était de très bonne augure. Il prit ensuite la direction du placard à balais où la jeune fille s'était servie quelques minutes auparavant et attrapa au creux de sa paume un balai assez semblable à celui de sa compatriote, si on enlevait ses égratignures et autres bosses le long de son bois qui bien évidemment différaient. Chacun de ses objets avait son vacu propre qui ne ressemblait en aucun cas à un autre. On pouvait cependant remarquer qu'en effet, les deux étudiants s'étaient tous deux munis de balais de type Manchevif et ainsi, il serait facile d'entamer un entraînement ensemble puisqu'ils seraient sur un pied d'égalité -si on enlevait leur expérience qui était supérieure pour Mad de ce qu'elle savait pour le moment. 

Pourtant, une moue suspicieuse vint, de son drap de soie, jeter une ombre fine sur la face de Solal. De la méfiance s'y lisait. Dommage pour une belle partie de vol qui s'annonçait enfin. Il expliqua rapidement cette réaction :

- J'ai le droit de voler avec, hein ? Tu cherches pas à m'pousser à l'erreur pour me faire perdre des points ou me faire punir et passer pour une préfète efficace ?

Etonnée de cette méprise presque de la part d'un jeune garçon pour toute responsabilité ou autorité, la jeune fille ne réagit pas tout de suite. Ce fut quelques instants plus tard qu'elle renchérit simplement :

- Non, absolument pas. En fait, tu dois louer ce balai mais comme je cherche à t'attirer des problèmes, je ne te l'ai pas dit. C'est plus simple pour balancer.

Un sourire teinté d'ironie et de sarcasme habillait les fines lèvres de l'élève qui se retenait de mourir de rire. Elle ne put retenir un pouffement sonore mais s'en tint là pour le moment, par fierté et décence. Elle voyait effectivement en les paroles du Serdaigle une image bien opposée de ce qu'elle était et cela la faisait beaucoup rire. Elle ponctua la fin de ses phrases par un simple :

- Tu viens ? Sauf si tu souhaites voler par terre bien sur. 

Elle sentait qu'elle allait bien s'amuser en sa compagnie.

Comment te dire, ou te faire comprendre, que la Vie n'était qu'un simple Songe ? Un Mensonge, que la Vérité Ronge.
Rire à m'en déchirer les abdos. Brûler nos complexes et nos vieilles pulsions d'ados.
Absente jusqu'au 18 août

On rêvait tous de s'envoler

Solal eut un mouvement de recul lorsque Mad lança une remarque plein de sarcasme. Il l'avisa d'abord du regard, l'air de dire qu'il ne lui faisait pas confiance et qu'il ne savait toujours pas s'il devait la voir comme une préfète assoiffée de pouvoirs ou comme une élève comme une autre, qui ne cherchait pas à lui tendre un piège. Après quelques secondes de réflexion, qui semblèrent passer lentement pour Solal, il se laissa aller à sa naïveté naturelle et décida que la Gryffondor n'avait pas envie de l'envoyer en colle. Ses traits se radoucirent et il adressa finalement un sourire amusé à sa camarade.

« Fais gaffe, me dis pas ça, p'têt que je suis un pickpocket et je vais chercher à te voler des pièces dans tes poches : t'as forcément de l'argent si faut les louer. » En quelques mots, la blonde avait gagné quelques points dans l'estime de Solal et était remontée au statut de personne amusante. Elle ne tarda pas à continuer ses railleries et à embêter le garçon qui n'avait pas bougé, le balai dans la main. Il lui adressa un "gngngn" en imitant le ton de sa voix, on ne peut plus mature, et se pressa de rejoindre le terrain d'entraînement. C'était la première fois qu'il volait hors du cours et il sentait une adrénaline étrange, quelque chose qui ressemblait autant à du trac qu'à l'impatience de pouvoir enfin voler seul. Les cours de vol n'étaient pas très amusants sur ce point, même s'il comprenait qu'il était important de suivre des règles strictes puisque la plupart des élèves n'avaient jamais encore volés. Il était néanmoins certain que l'infirmière pourrait régler tous les bobos en quelques coups de baguettes magiques et en utilisant quelques pommades qui sentaient bon le végétal. Il n'avait néanmoins plus de reproches à faire au cours du vol : il pouvait à présent donner libre court à ses envies d'envolées. 

« Oh, si tu continues, c'est ta tête qui va rester à terre. » lança-t-il avec un sourire non-dissimulé. Il n'osait pas souvent faire ce genre de blagues, parce qu'il pensait que beaucoup de filles l'auraient mal pris, mais Mad jouait visiblement sur le terrain du sarcasme et des paroles qui ont pour but de bousculer : ce que Solal apprécia fortement, et il comptait bien en profiter. Mais avant tout, il voulait profiter du vent frais et agréable. Il enfourcha son balai en jetant un regard à la blonde avant de décoller. Il avait décollé avec maladresse, d'un bond. Il avait prononcé un "oops" incontrôlé et referma ses doigts sur le manche pour ne pas risquer de tomber —il n'était de toute façon pas très haut, il ne se ferait pas mal, c'était bien moins impressionnant que lorsqu'il montait dans les arbres et qu'il avait l'impression de jouer sa vie.

« Alors, t'aimes bien voler donc ? J'ai jamais volé très haut mais j'aimerais trop. » se disant, il se mit à tourner autour de sa camarade en l'observant. Il ne connaissait pas très bien les Gryffondor, il n'était pas très proche d'eux. Jusque là, il passait son temps presque exclusivement avec les Serdaigle, ce qui était plutôt agréable ; rentrer en salle commune le soir était comme rentrer à la maison après un après-midi passé dans la forêt. Mais c'était aussi rafraîchissant de découvrir une nouvelle personne, et peut-être une nouvelle façon de voir les choses.

« And I can't hide that I've relied on you
Like yellow does on blue »
Tapis en Chef, 1ère année RP.