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Un rêve à portée de main

Chapitre 2 : un entraînement encourageant


(ft. Solal Rosenberg)

Le moment était venu pour moi de m’entraîner, de tester mes capacités, pour savoir si je valais quelque chose, pour me dire que ça y est, je pouvais rencontrer Tally Jenkins, la Capitaine des Eclairs. Toutes ces pensées m’avaient occupé l’esprit durant une bonne partie de la nuit, ce qui n’était pas peu dire puisqu’à mon habitude, je dormais à point fermé. Seul le Quidditch et l’astronomie pouvaient m’extirper de mon lit douillet. Rester admirer les astres la nuit était quelque chose de fabuleux, et bizarrement, le sommeil n’apparaissait que juste après le cours. Sinon, la nuit restait pour moi un moment de détente, de relâchement, où mes rêves se chevauchaient entre eux, si réels et inaccessibles à la fois. Mais cette nuit-là fut bien différente. L’appréhension était bien présente, je la ressentais tout au fond de moi, elle rôdait tel un prédateur, dérangeant mes plus beaux rêves où une petite sphère dorée atterrissait dans ma main. Après tout, l’idée de me voir rater quelques passes avec mon nouvel ami était impensable. En effet, il y avait aussi Solal, qui comme moi, était à Serdaigle.

Je l’ai rencontré il y a quelques semaines de cela, alors que j’étais dans une situation peu recommandable. Je m’étais endormie à la bibliothèque de l’école, et distraite comme je suis, j’avais laissé tomber le livre de Mr.Whisp Fort Heureusement, le garçon m’avait épargné le ridicule devant tout le monde. Après quoi, j’ai découvert que lui aussi était passionné de Quidditch, et une idée me vint alors en tête. Pourquoi s’entraîner toute seule alors qu’un coéquipier peut vous accompagner, surtout que lui aussi voulait faire ses preuves et rentrer dans notre équipe de Quidditch. C’était l’occasion rêvée de montrer mes capacités, mais aussi d’aider Solal dans sa quête de perfectionnement.

Je lui en ai donc reparlé deux semaines plus tard et il a tout de suite accepté, à ma plus grande joie. Après la date et l’heure fixée, je suis allée demander à un des professeurs s’il était possible de réserver un espace sur le terrain d’entraînement. Je lui ai fait part de notre intention de faire partie des Eclairs, et, en étant compréhensible, a autorisé en retenant la date fixée. Il me dit alors que 2 balais, ainsi qu’une malle remplie de toute sorte de matériel de Quidditch sera mise à notre disposition. Par ailleurs, il m’avertit que les conditions émises en cours de vol doivent être respectées, sinon l’entraînement sera annulé. Par la suite, une pensée positive me galvanisa, je m’intégrais aux autres et j’étais de moins en moins isolée au fur et à mesure des rencontres que je faisais.

Au petit matin, donc, en ayant un instant avant le premier cours, je filai m’habiller chaudement, un vent frais venant s’installer pour la journée, et descendait rapidement pour prendre mon petit-déjeuner dans la Grande Salle. Je n’avais qu’un seul but aujourd’hui, réussir l’entraînement. Après quelques bouchées avalées, je me dirigeai directement au terrain d’entraînement, j’avais trop hâte de commencer. Puis, sur ma droite, je remarquai les 2 balais de l’école avec à côté, la malle dont m’avait parlé le professeur. Comme un aimant, j’attrapai le premier balai et l’enfourchai comme on l’avait appris en cours de vol. A cette pensée, une chose me vint à l’esprit : les protections. Aller trop vite n’était peut-être pas une bonne chose et j’enfilai donc les protections nécessaires à ma sécurité. Et c’est seulement au moment où je pris mon envol que la liberté vint à moi. La possibilité de pouvoir accomplir de grandes choses me fit face, j’étais libre de pouvoir virevolter au gré de mon envie. J’étais comme une autre personne, un peu plus sûre d’elle, et moins distraite sur le moment. Le vent n’était plus mon ennemie, c’était un allié, je le sentais sur mon visage, parcourir mes cheveux qui se baladaient au gré du souffle de l’air. Toutes ces pensées négatives qui me hantaient parfois disparaissaient, comme si le vent les avait emportés. Je fermai les yeux, j’étais suspendue dans les airs, j’étais dans un autre monde, le monde du Quidditch. J’ouvrai les yeux par la suite et l’envie de voler parmi les nuages me prit, mais les consignes étaient claires : seulement à 2 ou 3 mètres du sol, pas plus. Bizarrement, l’envie d’enfreindre cette règle m’apparut, comme si ma pensée était banale. Mais je me suis vite reprise, surtout qu’une personne se dirigeait vers moi. De loin, il avait les cheveux sombres, en bataille, et avançait d’un pas rapide, j’en déduis donc que lui aussi avait hâte de commencer l’entraînement. Puis, je descendis lentement pour rejoindre la terre ferme, et c’est seulement après touché le sol que je m’exprimai à lui.

« Je suis contente que tu sois là ! Je suis arrivée un peu en avance, j’avais une envie folle de voler. Et toi, comment tu te sens, prêt pour l’entraînement ? »

Pouvoir faire partager notre passion commune pour le Quidditch était quelque chose de formidable. Cela me donnait envie de dépasser mes limites, en quelque sorte.

Il ne suffit pas seulement de croire en ses rêves, mais de croire aussi en soi.

Un rêve à portée de main

Faire partie de l'équipe de Quidditch des Serdaigle était le premier pas du rêve de Solal —ou plutôt du rêve de son père. Ciaran Rosenberg avait toujours rêvé de jouer à un niveau professionnel, et pourtant il n'avait même pas réussi à prouver quoi que ce soit à Poudlard, si ce n'est qu'il avait un vertige incurable et qu'il était bien mieux les deux pieds au sol. Si la vision pouvait faire rire quelques uns, ce rêve échoué avant même d'avoir pu débuter avait entaillé chez le père Rosenberg une profonde blessure, il avait alors décidé de centrer sa vie sur la conception de balais ; si lui avait vu son rêve se briser, il voulait pouvoir participer à celui des autres.
Solal avait entendu cette histoire des centaines de fois, comme si Ciaran espérait planter les graines de son rêves dans l'esprit de son fils —et c'était chose faite. Le garçon avait vu germer, dans son esprit, le rêve de son père et se l'était approprié. Il avait dormi la joue contre des livres de Quidditch —desquels il ne regardait surtout que les illustrations, avait observé son père faire tester ses derniers prototypes de balais sportifs —un échec pour la plupart mais Solal ne s'en rendait pas tellement compte, impressionné par les capacités de son père.
Dans les lettres de son père, le garçon sentait l'impatience paternelle, qui le pressait de questions vis-à-vis de l'équipe. Quand est-ce que Solal tenterait de remporter un poste au sein de l'équipe ? S'était-il déjà entraîné ? Avait-il fait des progrès en vol ? Quels balais utilisaient les joueurs de Quidditch de l'école ? Si l'enthousiasme du père faisait plaisir à voir, Solal se sentait écrasé par le poids de ses questions et ses doigts s'étaient trouvés, plus d'une fois, hésitants à ouvrir les nouvelles lettres signées "Papa".

La rencontre avec Anita avait donné un peu de courage au garçon qui, malgré son tempérament et son apparente confiance, connaissait depuis quelques jours une période de doute oppressante. Ce début de mois de mars annonçait, pour le garçon, une fin d'année scolaire sans doute compliquée s'il ne parvenait pas à entrer dans l'équipe. Il avait trouvé en la présence de sa camarade Serdaigle un réconfort et une solidarité bienvenue : elle aussi était portée par la même envie de rejoindre l'équipe des Éclairs, même si ce n'était peut-être pas pour la même raison. Aussi, quand sa nouvelle amie lui proposa un entraînement de Quidditch pour tous les deux, il ne tarda pas à accepter la proposition. Anita avait d'ailleurs été pleine d'initiatives et instigatrice de l'organisation de l'entraînement ce qui avait fait plaisir à Solal, qui avait l'habitude de devoir s'occuper de tout et de prendre les rênes dès qu'il s'agissait d'organiser quoi que ce soit.

Ce matin-là, il s'était donc réveillé avec enthousiasme, et avait partagé sa bonne humeur autour de la table des Serdaigle dans la Grande Salle. Il souriait sans s'arrêter, croquait dans ses toasts un peu trop beurrés comme un carnivore dans une carcasse et ne s'arrêtait pas de parler. Il avait failli tomber environ quatre fois dans les escaliers, puis deux fois dans la cour —surface plane— alors qu'il s'élançait vers le terrain d'entraînement. Son écharpe menaçait de tomber, bêtement posée sur les épaules du garçon et il bataillait pour la garder en place alors qu'il dévalait les quelques dizaines de mètres qui le séparaient. Quand il s'approcha du terrain d'entraînement, son pas se calma automatiquement alors qu'il plissait les yeux pour s'assurer que la silhouette qui volait sur son balai était bien celle d'Anita. Elle volait bas, conformément aux règles. La main au dessus des yeux pour parvenir à cacher la luminosité du ciel couvert de nuages blancs, il se prit à sourire chaleureusement alors qu'il s'approchait à grandes foulées de son amie.

« Hey, bah j'vois ça ! Tu commences sans moi, dis donc ! » Pour toute réponse, il s'équipa rapidement à son tour ; tout était déjà posé contre un mur de pierres. Il attrapa le balai, un vieux Brossdur qui semblait prêt à cracher ses poumons s'il avait été un humain —les vieilles brindilles semblaient avoir ternes, comme s'il avait des cheveux blancs.
« En selle ! » s'exclama-t-il en regardant Anita alors qu'il enfourcha son balai. Il pris la peine de regarder autour de lui avant de se mettre à faire un cercle d'une vingtaine de mètres de diamètre autour d'Anita, un grand sourire aux lèvres. « Alors Chef, on fait quoi ? Y a un programme ? » 

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Tapis en Chef, 1ère année RP.

Un rêve à portée de main

Je regardai mon nouvel ami, prêt à décoller du sol pour tester nos capacités, me répondre avec acquiescement.

« Hey, bah, j’vois ça ! Tu commences sans moi, dis donc ! »

Ni une, ni deux, il prit des mains le deuxième balai resté sagement sur le mur et s’exclama avec détermination.

« En selle ! »

Puis, il s’envola aussi facilement que de dire « Bonjour » et traça dans les airs un grand cercle autour de moi. J’étais amusée par ce qu’il faisait, cela me donnait encore plus le sourire. Je le regardai me tourner autour avec l’impression que lui aussi ferait parti un jour comme moi  des Éclairs. Puis, il me demanda avec amusement.

« Alors Chef, on fait quoi ? Y a un programme ? »

A ces mots, je me suis sentie en confiance absolue. Déjà parce que l’on me nommait chef, mais surtout parce que la nuit m’avait porté conseil, étant donné que j’avais établi dans ma tête un programme complet. M’assurant qu’il m’entendait bien, je lui répondais à voix haute.

« En effet, y a bien un programme, qui ne va pas être de tout repos je t’l’assure ! Prêt à suivre ? Parce que moi je suis motivée comme jamais ! »

En me rappelant de ce que Solal m’avait dit lors de notre première rencontre, je rajoutai dans la foulée.

« Tu veux toujours faire poursuiveur ? Parce que notre première étape sera de nous passer le souafle ! On va commencer par se mettre à quelques mètres d'écart, et au fur et à mesure, la distance sera augmentée ! Partant ? »

Tout en lui disant cela, j’attrapai le souafle qui était rangé soigneusement dans la malle et décollai pour la seconde fois dans les airs. Je tenai fermement la balle dans ma main droite et tournai la tête vers mon camarade.

« Je te préviens, ce n’est pas parce que je suis une fille que je te lancerais doucement le souafle ! »

A ces mots, je pris mon élan, reculai de quelques mètres par rapport à lui, et lui lançai avec force la balle. Cet entraînement allait être amusant et en même temps réconfortant pour moi. J’allais enfin pouvoir me convaincre que le Quidditch était vraiment fait pour moi.

Action : Passer le souafle 
Série : (1,2,3)

Il ne suffit pas seulement de croire en ses rêves, mais de croire aussi en soi.

Un rêve à portée de main

Le grand sourire caractéristique de Solal étirait les commissures de ses lèvres dans une expression tout à fait solaire. Anita lui demanda s'il était prêt ; bien sûr qu'il l'était ! Il comptait bien prouver à son père qu'il était capable de quelque chose et qu'il saurait le rendre fier. Il s'imaginait déjà en compagnie d'Anita dans le Stade de Quidditch, portant les vêtements de l'équipe des Éclairs. Sa camarade serait l'attrapeuse, et lui le poursuiveur. Il pouvait presque entendre bourdonner dans son oreille les cris galvanisant des supporters. Pour la première fois de sa vie, s'il réussissait à entrer dans l'équipe, il aurait une foule qui l'acclamerait. C'était sans doute là le rêve de tous les enfants, se sentir spécial, comme les héros de films et de livres. Et comme les enfants de leur âge, Anita et Solal rêvaient.
Mais contrairement à beaucoup d'enfants de leur âge, leur rêve était juste à quelques centimètres, ils n'avaient qu'à tendre les doigts et espérer effleurer quoi que ce soit : leur Rêve, un Vif, un Souafle. Cette passion commune les avait aussitôt rapproché et pas une fois Solal n'avait imaginé entrer sur le terrain sans Anita. Aussi, dans son innocence d'enfant, il souriait comme si tout était déjà gagné.

« C'est parti ! Faut qu'on s'entraîne pour quand on sera dans l'équipe. » Il adressa à son amie un nouveau grand sourire plein d'entrain alors qu'il continuait à tourner autour de la jeune fille dans un grand cercle qui lui donna presque le tournis. Il attendit qu'elle enfourcha son balai pour s'immobiliser et attendre qu'elle soit prête. Il tendait déjà les bras vers l'objet de ses rêves, le Souafle qui semblait l'appeler. Il ne parvenait plus à le quitter des yeux. Il ne releva les yeux que pour offrir un regard plissé par son sourire à Anita. Son regard en disait long sur sa détermination : bien sûr, il ne s'abaisserait pas à la sous-estimer. Il savait d'expérience, après avoir assisté à plusieurs match de Quidditch, que les filles savaient être furieuses et violentes —son nez s'en rappelait aussi, elles savaient frapper aussi fort que les garçons et étaient agiles et déterminées. Aussi, il ne comptait pas être plus tendre avec une adversaire sous prétexte qu'elle était une fille. 

« T'inquiète, j'suis pas le genre de gars qui est tendre avec les filles ! » s'exclama-t-il alors qu'il tendait un peu plus les bras pour attraper le Souafle. Mais un mauvais calcul de la distance, il ne s'était sans doute pas concentré assez, lui fit manquer la balle(4) : elle passa à quelques centimètres de ses mains et retomba quelques mètres plus loin. Avec un "Mince, pardon !" il se pencha pour attraper le Souafle au sol —le sortilège d'Empogne qui le touchait rendait la prise de la main plus stable—, failli d'ailleurs tomber mais réussit à se redresser.

« Attention, attrape ! » Dans son dédain des règles habituels et dans sa spontanéité, le brun n'attendit pas de reprendre sa place initiale pour lancer la balle ; il se contenta, à une dizaine de mètres, de jeter son bras de toutes ses forces pour lancer la balle vers l'autre Serdaigle.

Action : Passer le souafle
Série : (4,5,6)

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Un rêve à portée de main

"T'inquiète, j'suis pas le genre de gars qui est tendre avec les filles ! »

Les paroles de mon ami me rendait encore plus déterminée à lui envoyer le Souafle avec force, juste assez pour que ce ne soit pas trop facile. Je n'étais pas quelqu'un de coriace, ni téméraire. Je ne voulais pas que cet entraînement se passe sous le signe de blessures diverses. Cependant, rendre les passes plus simples n'étaient pas le but, et je savais quelque part que Solal ne me rendrait pas l'exercice plus facile pour autant. C'est donc en prenant mon élan que je lui envoyai la balle et observai par la suite sa réaction. Il semblait prêt à la rattraper, et malgré toute sa détermination à l'avoir dans sa main, il la manqua de quelques centimètres, le Souafle atterrissant à quelques mètres de lui. Ce n'était que le début, et après tout, un entraînement était fait pour cela. En voyant le résultat, Solal regagna le sol en rattrapant la balle, et laissa échapper quelques mots.

"Mince, pardon."

"T'inquiètes pas, c'est pas grave. On fait tous des erreurs des fois, moi j'en fais beaucoup aussi mais j'essaye de positiver. Je suis sûre que le prochain coup sera bon !"

Je voulais le rassurer, faire en sorte qu'il garde le sourire, car le sourire était pour moi une chose agréable et rassurante. Le sourire de Solal me rassurait, il me donnait confiance en moi, et je souhaitais également lui redonner confiance en lui. J'avais gagné un ami à la bibliothèque, et le fait d'en avoir un me rendait enthousiaste. S'entendre bien, discuter de tout et de n'importe quoi, s'encourager, tout ceci ne m'était pas familier avant, et je découvrais un peu plus chaque jour le fait de compter dans son entourage des amis. Je souhaitais que notre amitié se prolonge le plus longtemps possible durant notre scolarité à Poudlard, et notre entraînement de Quidditch constituait en quelque sorte un bon moyen de se connaître un peu plus, de faire partager notre passion commune.

« Attention, attrape ! »

Solal était plutôt rapide dans ses réflexes et n'attendit pas de reprendre sa place pour me relancer la balle. Sa voix me fit comme une décharge électrique. J'étais prête à en découdre avec le Souafle et rien au monde ne me faisait abandonner cette motivation que je conservais au plus profond de moi. Je tenais ma main en l'air, et apercevais au ciel la balle se dirigeant vers moi. Elle se rapprochait de plus en plus, et malgré mon observation, le Souafle glissa de ma main (2). Je ne l'avais pas assez empoignée, et ce manque de force me fit rater cette deuxième passe. Décidemment, cet entraînement allait être fort en échecs mais aussi en réussites ! Je vis la balle au sol et décidai de me  rapprocher d'elle en la prenant de ma main droite. Après avoir regagné ma place, je m'exprimais à mon ami et mon coéquipier.

"On va peut-être corser un peu les choses en augmentant de deux mètres notre distance. Je sais que ça ne va pas être facile mais on va essayer. Il faut profiter de cet entraînement pour tester ce qu'on a dans le ventre, pas vrai coéquipier ?"

C'est donc avec entrain que je reculais de deux mètres par rapport à Solal et pris un élan avant de lui refaire une passe. Tout deux étions concentrés au maximum, car nous voulions faire parti des Eclairs, merveilleuse équipe qui constituait de très bons joueurs. Je m'imaginais avec mon ami, défiant les autres joueurs d'autres maisons, en virevoltant sur nos balais. Notre détermination nous offrait de grandes possibilités dans le monde du Quidditch, et notre espoir un grand courage. J'avais soif de réussite, mais l'échec constituait également ma force car ma mère me disait quand je n'arrivais pas à quelque chose qu'on apprend de nos erreurs. C'était une des nombreuses phrases qu'elle me citait pour me montrer qu'on est tous des êtres humains, et que la vie nous offraient de nombreux rebondissements.

Action : Faire une passe

Série : (4,5,6)

Il ne suffit pas seulement de croire en ses rêves, mais de croire aussi en soi.

Un rêve à portée de main

Anita avait ce côté très positif, très optimiste que Solal appréciait particulièrement. Jamais il ne l'avait entendu se plaindre, ni se lamenter. Au contraire du garçon, elle semblait toujours prendre tout du bon côté. Solal, lui, s'énervait vite, s'impatientait. Malgré son sourire solaire et sa bonne humeur caractéristique, il tombait rapidement dans les méandres du questionnement, de la frustration et de la colère. Le garçon incarnait la dualité de l'homme, la lune et le soleil, le noir et le blanc —mais pas le gris, sa dualité ne se mélangeait pas et le contraste subsistait. Anita était le soleil, le blanc, le bon. Comme sa peau pâle qui captait les rayons du soleil et rendait encore plus blanche. Devant elle, il voulait dissimuler ses noirceurs et ne montrer que son plus beau sourire. Malgré son jeune âge et son inexpérience au sujet des relations humaines, Solal n'eut aucun mal à comprendre que la présence d'Anita lui était plus que bénéfique.

Mais l'optimisme de la brune n'était pas la garantie de la perfection : la passe qu'avait lancé Solal n'avait pas été très concluante. Le Souafle s'était d'abord logé dans la mains d'Anita avant de retomber. Les deux enfants n'avaient rien à voir avec de vrais joueurs de Quidditch actuellement et, inquiet, le Serdaigle tourna la tête pour regarder autour d'eux et vérifier que personne n'était là pour témoigner de cette atrocité. Personne. Il laissa échapper un soupire de soulagement et tourna à nouveau la tête vers Anita qui semblait avoir ramassé le Souafle fugueur. 
Pour corser les choses —Solal ne fit aucun commentaire sur le fait qu'ils avaient visiblement du beurre sur les mains—, Anita décida d'agrandir la distance qui les séparait. Le garçon s'exécuta aussitôt, la perspective d'un nouveau défi l'enthousiasma et il adressa un nouveau grand sourire à sa camarade.

« Envoie tout c'que t'as ! » s'exclama-t-il les bras tendus vers elle. Et c'est ce qu'elle fit. Le Souafle quitta la main de la brune pour foncer dans la direction de Solal qui l'attrapa dans ses deux mains et l'empoigna fermement, pour être sûr de ne pas le faire tomber à nouveau. Enfin, une première passe réussie ! (4)
« Bien joué ! Après on se mettra aux passes mobiles. Parce que là on a pas été brillant jusque là, si la Capitaine des Éclairs passe dans le coin on est rayé de la liste des candidats potentiels direct. » Il ajouta la dernière phrase sur un ton espiègle mais il pensait avec certitude ce qu'il venait de dire. Il ferma les yeux un instant, serrant ses doigts contre la balle avant de rouvrir les yeux, prendre le temps de viser. Il recula ensuite son bras et envoya le Soufla dans la direction d'Anita avec toute la force dont il était capable.

Action : faire une passe
Série : [1-2-3]

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Un rêve à portée de main

L’espoir. Un mot qui nous envie, qui nous éclaire le chemin vers la possibilité de réussir. C’est lorsque tout nous semble hors d’atteinte que l’espoir est important. Pour lutter, pour ne pas abandonner. C’est à ce moment que l’espoir prit place dans mon esprit, au moment où le premier échec me faisait face. Le Souafle m’avait glissé des mains, mais tout n’était pas perdu. Il restait tant à faire, mais je ne voulais absolument pas baisser les bras pour autant. Il fallait recommencer, refaire les mêmes gestes, les mêmes exercices, bien que cela nous semble quelques fois accablant. Voilà le secret de la réussite et d’un bon apprentissage, commencer et recommencer les entraînements. J’étais enthousiaste à l’idée de venir faire des passes avec Solal, lui également, cela se voyait sur son visage. Je distinguais parmi le paysage qui nous entourait son grand sourire. C’était pour moi un signe positif, signe qu’il n’abandonnerait pas même avec les premiers échecs. Ce sourire-là me donnait envie de me surpasser, de lui montrer tout ce que j’avais dans le ventre. Solal me donnait quelque part confiance en moi, il détendait également l’atmosphère, ce qui était cher à mes yeux. Il était devenu pour moi un ami, un ami qui partageait une même passion, celle du Quidditch.

Ce sport restera à mes yeux une source de bonheur, une source de liberté. Voler sur un balai pouvait représenter pour certains une absurdité totale, ou pour d’autres une activité ludique comme les autres. Mais contrairement à ces personnes, je ne ressentais pas la même chose. Attraper un vif d’or ou même rattraper un Souafle tout simplement serait un encouragement immense. Chaque seconde passée sur un balai semblait être pour moi un moment de relâchement, de détente totale. Ce n’était pas la même appréhension que lorsque j’étais sur la terre ferme. Le stress ne faisait pas le même effet, c’était du bon stress.

C’est donc avec détermination que je proposais à mon ami d’augmenter la distance qui nous séparait, histoire de voir si le fait de corser les choses allait apporter du mieux sur l’ensemble. Je savais que de son côté, Solal était un peu inquiet sur le fait que nos premières passes s’étaient mal déroulées. En un rapide regard le temps de ramasser la balle, je le vis regarder aux alentours pour vérifier que nous n’étions pas observés. Je ne voulais pas que l’on ressorte honteux des résultats de l’entraînement, c’est pourquoi je souhaitais nous défier. Je fus alors ravie lorsque qu’il m’adressa à nouveau un grand sourire. Il restait du temps et profiter de celui-ci pour enchaîner un maximum de passes était essentiel. C’est alors que Solal s’exclama en tendant ses bras pour rattraper le Souafle que je tenais en main. 

« Envoie tout c'que t'as ! »

J’étais enthousiasme face à ces paroles qui me boostèrent et décidais de lui montrer ce dont j’étais vraiment capable. Je retenais ma respiration en prenant mon élan. Il ne fallait pas rater cette passe, pas encore une fois. Je lançais donc le Souafle de toute mes forces en le dirigeant vers mon camarade. Peu après, je vis celui-ci l’empoigner solidement de ses deux mains. C’était une belle réussite, et j’étais à ce moment sûre que les prochaines le seraient également.

« Bien joué ! Après on se mettra aux passes mobiles. Parce que là on a pas été brillant jusque là, si la Capitaine des Éclairs passe dans le coin on est rayé de la liste des candidats potentiels direct. »

Aux paroles de mon ami s’ajoutèrent un ton assez taquin, je lui répondis alors avec sérieux.

« Bah, tu sais, ce n’est pas si grave si on a raté les deux premières passes. Moi, je ne vois que la dernière, et je suis certaine que les prochaines passes seront aussi bien ! Après tout, ça sert à ça les entraînements, pas vrai ? »

J’étais convaincue de mes paroles, et je pense que mon ami également car sa mine sérieuse se révéla sur son visage, ou c’était peut-être en entendant les siens qu’il réfléchissait à présent. Peu importe, il fallait que je l’encourage pour que notre entraînement ne soit pas perdu. Il m’envoya par la suite le Souafle vers moi avec force et détermination. De mon côté, je me sentais prête, prête à réussir coûte que coûte cette passe. Heureusement pour moi, celle-ci fut un succès car la balle atterrit dans ma main sans glisser (2). J’étais stupéfaite par ce que je venais de voir. J’avais rattrapé le Souafle, enfin !

« Super Solal, celle-ci aussi était bonne ! Tu vois qu’avec du temps, on y arrive ! »

Maintenant, changement de cap. Il fallait réussir à se passer le Souafle alors qu’on serait en plein mouvement.

« Du coup, je pense aussi comme toi qu’il faut se faire des passes mobiles. Je vais voler par ici et je vais essayer de te l’envoyer, ok ? »

Je me dirigeai donc un peu plus loin en virevoltant sur mon balai. Ce n’était pas la même chose que lorsque l’on était immobile, mais j’avais hâte de voir le résultat et après avoir remarqué qu’une passe serait possible alors que Solal était lui aussi en mouvement, je lui lançais la balle. C’était amusant, mais en même temps, il était important que cet entraînement soit concluant. Je souhaitais à tout prix que nous rentrions dans l’équipe de notre maison, notre but était clair. Mais même en ayant toute la volonté du monde, réussirons-nous à l’atteindre ? Un rêve de taille, mais un rêve possible.
Action : faire une passe

Série : (1,2,3)

Il ne suffit pas seulement de croire en ses rêves, mais de croire aussi en soi.

Un rêve à portée de main

Le Rosenberg était satisfait de sa passe. Il avait toujours vécu dans la facilité, si bien qu'il n'avait que rarement été confronté à l'échec. L'ennui dans le système scolaire sorcier, c'est que les non-moldus restaient souvent toute leur enfance chez leurs parents ; ils ne côtoyaient que de la famille ou des voisins. Ils n'étaient pas confrontés aux notes et appréciations scolaires que les moldus connaissaient à l'école primaire. Solal avait grandi dans une famille aimante où les seules attentes envers lui avaient été qu'il soit un garçon cultivé, curieux et poli. Il l'était, il avait toujours répondu aux minces attentes de ses parents et avait cru que la vie à l'extérieur de Chipping Campden serait tout aussi facile.
En entrant à Poudlard, il s'était vu confronté à des choses inconnues pour lui. La rivalité, parfois malsaine, des quatre maisons qu'il n'appréciait pas. Il aimait pourtant la rivalité amicale, mais il la pratiquait même au sein de sa maison et ça n'avait rien à voir avec la présence de quatre maisons. Alors que cette rivalité malsaine le mettait parfois mal à l'aise, au vu des regards qu'on lui lançait quand il faisait gagner un peu trop de points à sa maison. Il n'aimait pas beaucoup les notes ; jusque là il en avait toujours eu de bonnes, mais il n'aimait pas qu'on juge la façon de réfléchir ou la façon de parler de quelqu'un. Ni qu'on juge autre chose que ses connaissances. Enfin, il n'appréciait pas non plus la pression qu'il ressentait à chaque fois qu'il recevait un hibou. Mais il savait que ça n'avait rien à voir avec l'école, cette fois-ci. Pour la première fois de sa vie, il découvrait que les attentes parentales n'avaient rien d'agréable. C'était plus facile de rêver.
Tous ces apprentissages avaient eu, au moins, l'avantage de lui apprendre à en attendre moins de lui-même et à comprendre qu'il ne réussirait pas tout du premier coup. Il pouvait donc se satisfaire de quelques passes ratées et d'une réussie. La pilule était toujours difficile à avaler mais il pouvait essayer, et c'était plus aisé avec l'optimisme d'Anita.

Quand Anita se mit à avancer, Solal fit de même, traçant des serpentines dans les airs alors qu'il tentait de garder les yeux fixés sur son amie. Se faire des passes dans ces conditions, c'était tout autre chose, bien plus compliqué. Il fallait garder son propre équilibre, ne pas être déstabilisé par le mouvement du balai, rester concentré sur le Souafle et suivre sa trajectoire. La première passe fut donc compliquée à aborder(5) et Solal du se pencher pour l'attraper, en vain. Déséquilibré, il failli tomber mais il se redressa vivement et parvint à reprendre de la stabilité.

« Au fait, l'été c'est dans quelques mois ! Tu vas faire quoi cet été ? » demanda-t-il alors qu'à son tour, il ramassa le Souafle et se remit à faire des serpentines. Si Solal n'avait pas de saisons préférées —il aimait les particularités de chacune d'entre elles, trouvait que chaque saison avait son charme— il avait toujours aimé l'été et passe du temps au soleil. Sa peau d'origine très pâle prenait alors un teint hâlé qu'il aimait particulièrement. Le Serdaigle en avait eu marre que la conversation soit uniquement dirigée vers les passes, il voulait profiter de cet entrainement pour se détendre et pour en apprendre davantage sur son amie. Il laissait le sérieux des passes aux match de Quidditch qu'il aurait, peut-être, l'occasion de connaître s'il était sélectionné dans l'équipe des Éclairs. 

Action : faire une passe
Série : [4-5-6]

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Tapis en Chef, 1ère année RP.

Un rêve à portée de main

J’étais peu être trop optimiste car ma passe fut plus difficile que je ne le pensais. Solal, perdant l’équilibre en essayant de rattraper le Souafle, avait faillit tomber et je me suis rapprochée de lui au cas où il lui arrivait quelque chose. Heureusement, il parvint à se redresser rapidement sur son balai, ce qui me soulagea. J’étais d’une nature à ne pas laisser les personnes dans le besoin. Je voulais apporter mon aide, faire en sorte de me rendre utile. Utile, ce mot que j’apprécie tout particulièrement, un mot qui était encore plus présent dans mon esprit ici à Poudlard. Mon enfance étant baignée dans l’isolement et la timidité, je souhaitais changer cela, changer l’appréhension face aux autres et ne pas hésiter à aller de l’avant.

Chaque rencontre était la naissance d’une amitié, ce qui me rendait encore plus enthousiasme pour la suite de ma scolarité. Les ennemis, ce n’était pas fait pour moi. Je ne supportais pas les embrouilles, les disputes qui étouffaient l’ambiance si chaleureuse. Me mettre des personnes sur le dos était impensable à mes yeux. Je souhaitais que tout le monde soit agréable envers les autres. Ma mère m’avait d’ailleurs dit un jour une phrase que je n’oublierais jamais. Elle m’avait expliquée que « chaque personne doit avoir conscience qu’il ne faut pas faire à autrui ce qu’elle ne voudrait pas qu’on lui fasse ». Cette phrase résonnait dans ma tête à chaque fois que quelqu’un dérangait ou insultait une autre personne.

Je n’avais pas dans l’idée d’aller embêter quelqu’un qui ne m’avait rien fait. Du moment qu’il n’y avait aucun motif, il n’y avait pas de raison de le faire. Le problème avec moi, c’était que même lorsqu’une personne venait m’embêter, j’avais du mal à riposter. Parfois ça sortait, mais timidement, sans vouloir aggraver les choses. Je ne dirais pas vraiment que mon caractère plutôt calme soit un défaut, mais cela a été à de nombreuses fois dans mon école moldue un vrai problème. J’étais en quelque sorte le carnet de notes de toutes les insultes possibles de certains de mes camarades, et je n’arrivais pas à riposter de sorte que ceux-ci arrêtent. Mais l’avantage à Poudlard, c’était que chaque personne auquel j’avais fait connaissance était gentille avec moi. Certains diront peut-être que j’avais l’esprit trop optimiste, d’autres diront que j’avais sûrement de la chance, ou encore que c’était mon tempéramment qui faisait tout, mais une part de bien résidait en chacun et je voulais croire en cela, bien que pour certains, cela relèvait d’une fouille profonde. C’était donc avec soulagement que je vis mon ami se relever sur son balai et s’exprimer à moi. 

« Au fait, l'été c'est dans quelques mois ! Tu vas faire quoi cet été ? »

Tandis qu’il se remit à virevolter aux alentours, mon esprit fit un sursaut. C’était bien la première fois que l’on me demandait ce genre de question. A vrai dire, je ne m’y étais encore jamais préparée et un temps fut nécessaire pour y réfléchir.

« Eh bien, je pense que comme mes parents se voient de plus en plus, on ira sûrement à l’hôpital Sainte-Mangouste, ou bien faire une promenade dans Londres. Du moment que je suis avec eux, cela me suffit ! »

C’était toujours avec un sourire aux lèvres que j’ouvrais les lettres que m’envoyaient de temps en temps mes parents. C’était ma mère qui les écrivait, elle avait une belle écriture et contrairement à elle, mon père écrivait comme une patte de mouche. C’était encourageant de lire les quelques phrases de ma mère tels que « j’ai fait goûter à ton père les dragées surprises de Bertie Crochue et il en a eu un au goût de poubelle ! » ou encore « j’ai fait visiter pour la deuxième fois l’hôpital à ton père, il dit que c’est révolutionnaire ce que je fais ! Tu le verrais avec son visage étonné à chaque fois que je lui explique une technique ! ».

Mes parents me manquaient, surtout ma mère que je ne connaîssait que depuis quelques mois maintenant. Elle était si douce avec moi et remplie d’une incroyable bonté envers les autres. Même si elle n’habitait pas chez nous, le fait de voir mon père s’intéresser encore plus à notre monde me donnait le sourire. J’avais l’espoir qu’un jour, notre famille serait réunie, que ma mère viendrait habiter avec nous et que le passé serait enfouie assez loin dans mon esprit pour ne penser qu’au présent et à l’avenir. Peu après, après être revenue dans la réalité, je vis le Souafle se diriger vers moi et la trajectoire de la balle me parut assez visible pour lever ma main tandis que je virevoltais dans les airs. Me concentrant d’avantage, j’empoignais fermement mon autre main sur le manche de mon balai. Je ne souhaitais pas me retrouver couverte d’hématomes et surtout aller à l’infirmerie. C’était impensable pour moi. Ecourter notre entraînement à cause de quelques bleus ? Cela ne pouvait se terminer comme ça.

J’étais plus résistante que certains ne le croyaient, même en semblant fragile, j’arrivais à faire passer la douleur en prenant sur moi. Mon père disait souvent que « la douleur, c’est dans la tête que ça se passe. Elimine-la de ton esprit et tu ne la ressentiras plus. » Je ne savais pas si son raisonnement était prouvé scientifiquement, mais j’essayais quand même de l’appliquer. De toute façon, je n’avais pas le choix avec mon père. C’était ça ou j’étais considérée comme une douillette, expression que je n’aimais guère entendre. Etant médecin, il le disait à chaque fois qu’un enfant se faisait faire une prise de sang, et ne faisait pas exception avec moi, c’est pourquoi j’essayais de ne rien faire paraître à chaque égratinure, coupure ou hématome. Rester neutre, déstresser, et faire abstraction de toute sensation de douleur, j’appliquais chaque fois que nécessaire ces opérations, même si parfois c’était vraiment difficile quand la douleur se faisait ressentir au maximum.

Quelques secondes plus tard, je me penchais sur le côté et rattrapais le Souafle avec force (4). J’observais celui-ci avec enthousiasme, stoppant tout mouvement dans les airs, toujours penchée sur le côté. Tout doucement, je me remettais bien droite et regardais mon ami. Même si le fait de s’entraîner était quelque chose de motivant, j’avais également l’impression que ce moment nous permettrait de faire un peu plus connaissance. Depuis notre rencontre, le Quidditch avait été le sujet principal de nos discussions, et au final, je ne connaissais que peu Solal. C’est donc avec un sourire que je lui retournais sa question.

« Et toi, qu’est ce que tu vas faire cet été ? Tu as des frères et sœurs ? »

Tout en lui parlant, je me dirigeais de gauche à droite en esquissant quelques spirales horizontales. Je sentais le vent entrer en contact avec mon visage, c’était une merveilleuse sentation de pouvoir voler sur un balai. C’est alors que je lui relançais le Souafle en espérant qu’il le rattraperait. Même si cet entraînement était source de concentration maximale, ma curiosité me poussait à vouloir en apprendre d’avantage sur mon ami, et cet instant était favorable pour faire plus ample connaissance.

Action : Faire une passe

Série : (1,2,3)

Il ne suffit pas seulement de croire en ses rêves, mais de croire aussi en soi.

Un rêve à portée de main

Après avoir posé cette question, Solal fut étonné de constater qu'il ne connaissait pas grand chose d'Anita, et en y repensant, c'était le cas pour à peu près tous les camarades qu'il fréquentait à Poudlard. Il connaissait leurs matières préférées, il savait quels élèves les agaçaient, savait avec qui il pouvait discuter de tel ou tel sujet. Mais il ne connaissait rien de leur vie hors de Poudlard, qui était leur famille ? Avaient-ils des frères ou des sœurs ? Il n'était même pas sûr de savoir qui avait vécu comme un parfait moldu jusqu'à sa rentrée à Poudlard ou qui avait partagé le même type d'enfance de Solal, entouré par des sorciers. La réalisation lui fit plisser le nez alors qu'il passait en revue dans son esprit toutes les questions qu'il pourrait poser à qui voudrait discuter avec lui.
La réponse d'Anita l'intrigua. Il savait que chacun avait sa propre façon de profiter des vacances, mais c'était sûrement la première fois qu'il entendait de vacances passées à l'hôpital. Il n'était d'ailleurs pas sûr que ce soit une bonne chose, bien qu'il n'eut encore jamais l'occasion d'y mettre les pieds —l'idée ne l'emballait pas réellement et il faudrait sûrement qu'il y soit obligé pour qu'il se décide à y aller.

« Pourquoi à l'hôpital ? Ils se voient de plus en plus ? C'est-à-dire ? Ils sont loin l'un de l'autre ? » les questions s'enchaînaient alors que la curiosité typique de Solal lui enflammait les pensées. Il ne se rendait pas compte que cette manie avait parfois don d'agacer. Il n'avait, de toute façon, pas le temps d'y penser. Ses pensées oscillaient entre le souafle et la discussion des vacances, si bien qu'il en oubliait de faire attention à ce qu'il disait. La passe avait d'ailleurs été réussie, et le Serdaigle offrit son plus beau sourire à sa camarade de jeu, avec qui il s'était lancé dans un balai aérien —bien qu'encore près du sol. Il leur fallait parfois hausser le ton pour être certains de bien s'entendre.

« Moi je sais pas trop encore, on prévoit jamais à l'avance ! Oui, j'ai quatre frères. Il y en a deux qui sont ici, et deux autres qui sont encore trop p'tits. Et toi ? T'en as pas ? » conclut-il ; Anita n'avait parlé que de ses parent après tout. Alors qu'il posait ses questions, il réussit à attraper le souafle qu'Anita venait de lancer (3). Ils arrivaient visiblement à trouver leur rythme tout en discutant, et l'entraînement avait quelque chose de relaxant que Solal appréciait particulièrement. Il décida, cette fois, d'opter pour une passe rapide ; à peine eut-il attrapé le souafle qu'il le relança en direction de son amie pour tester leur réactivité.
« Tu viens d'où, au fait ? On a jamais parlé de ça. » demanda-t-il alors qu'il entreprit un virage pour repartir dans l'autre sens, les yeux toujours rivés sur son amie.

Action : faire une passe
Série : [1-2-3]

« And I can't hide that I've relied on you
Like yellow does on blue »
Tapis en Chef, 1ère année RP.

Un rêve à portée de main

Tout en virevoltant sur mon balai, j’entendais mon ami me parler à voix haute. Nous n’étions pas si proches qu’au début de notre entraînement, et il fallait hausser la voix pour se faire entendre, surtout avec le vent frileux qui se faisait entendre.

« Pourquoi à l'hôpital ? Ils se voient de plus en plus ? C'est-à-dire ? Ils sont loin l'un de l'autre ? »

A vrai dire, je ne savais pas comment faire pour lui répondre. C’était un peu compliqué d’expliquer la situation brièvement, sans avoir à raconter les évènements arrivés depuis mon onzième anniversaire. Entre l’arrivée de ma mère, les révélations qui m’ont été faites ainsi que l’accident qui s’en suivi, il m’avait fallu du temps pour engendrer tout ceci. Ce n’était pas facile pour une personne de mon âge qui a passé son enfance dans le monde moldu de se dire qu’un monde magique existait en parallèle. Ce fut un choc, de même que l’accident qui avait fait changé d’avis mon père quant à ses préjugés. 

Bien que celui-ci s’intérressait de plus en plus au monde des sorciers, il avait encore un peu de mal a accepter le fait que sa fille possède des dons qui lui semblent surnaturel et tout droit sortis de l’imagination. Il avait déjà planifié mes études, ma futur école, tout ce qui lui semblait indispensable à ma réussite, mais ne m’avait jamais demandé mon avis. Bien que mes pensées et mes réflexions se mélangeaient dans ma tête, je ne souhaitais pas m’enfermer dans ma bulle, pas comme avant, pas comme lorsque je passais le plus clair de mon temps à la bibliothèque moldue de Londres. C’est donc avec enthousiasme que je répondis à Solal en essayant de résumer le tout.

« C’est parce que ma mère est guérisseuse à l’hôpital Sainte-Mangouste et que mon père adore tout ce qu’il voit là-bas. Il est médecin et il trouve que la magie qu’on fait à l’hôpital est « révolutionnaire ». Du coup, je pense qu’on ira de temps en temps là-bas, histoire de voir ma mère travailler, et puis je suis contente de voir que mon père aime bien la magie, enfin je crois. C’est compliqué entre mes parents, mon père n’a pas très bien accepté les dons de ma mère et l’a abandonné. »

Un temps suffisait pour m’imaginer le visage de ma mère lorsque celle-ci a été abandonnée. Pardonner à mon père le rejet de ma mère à l’époque de ma naissance pouvait être pour certains impossible, mais je savais quelque part au fond de moi qu’il regrettait, ou en tout cas qu’il regretterait. C’était encore une profonde blessure à réparer, mais j’étais sûre que notre famille tôt
ou tard sera enfin réunie.

« La blessure est encore là, mais je suis sûre qu’il y a encore des sentiments entre eux, enfin je pense. Ma mère vient de temps en temps à la maison mais elle ne vit pas à la maison. Je crois que c’est difficile pour eux, même encore maintenant. »

Entre temps, le Souafle était arrivé dans mes mains à ma grande surprise et je retournais la première question que mon ami m’avait posé. Il était d’ailleurs, je le voyais même de loin, abordant un grand sourire, ce qui me mit à mon tour le sourire. Puis, il haussa la voix et me répondis avec enthousiasme.

 « Moi je sais pas trop encore, on prévoit jamais à l'avance ! Oui, j'ai quatre frères. Il y en a deux qui sont ici, et deux autres qui sont encore trop p'tits. Et toi ? T'en as pas ? »

Tout en parlant, le Souafle avait atteri dans sa main, ce qui m’encouragea à en faire de même pour la suite. Sa dernière question était assez brutal pour moi, et je mis un temps pour réfléchir à lui répondre. Après les paroles de mon ami, je m’aperçevais que la vie avec quatre frères devait être fabuleuse. Etant enfant unique, je ne pouvais que m’imaginer les sorties sous le signe de la rigolade et de la taquinerie. Il ne devait pas se sentir seul, se sentir rejetté, être enfermé dans la solitude. Quelque part, je l’enviais d’avoir une aussi grande famille, et avec mon défaut qu’était la curiosité, je voulais en savoir plus sur elle.

« Je.. J’ai pas de frères et de sœurs, mais j’aurais aimé avoir un grand frère ou une grande sœur comme toi. Tes deux frères sont dans quelle maison ? Parce que je ne les ai jamais vu, même à Serdaigle. »

Je vis Solal me faire une passe des plus rapides dès qu’il eut le Souafle en main et décidai de réagir au plus vite. Je me positionnai dans la trajectoire de la balle et tendis ma main sur le côté.

 « Tu viens d'où, au fait ? On a jamais parlé de ça. »

Peut-être était-ce la prise de parole de mon ami car le Souafle passa à quelques centimètres de moi (5). Je m’étais rendu compte que ma main s’était légèrement déportée vers le bas, comme déconcentrée par le fait que je réfléchissais en même temps à la question de Solal. Mais tout n’était pas perdu car je décidai de me rendre furtivement vers la balle alors que celle-ci s’apprêtait à retomber au sol. Je fonçais en m’allongeant sur mon balai et en tendant ma main. Le Souafle n’était pas perdu même en passant à côté de moi, et je l’attrapais solidement peu de temps après mon échec. Ce fut une belle surprise, je m’étais rattrapée de justesse, signe que mes réflexes n’étaient peut-être pas si inexistants. Puis, je me retournais vers mon ami et lui répondis avec entrain.

« Je suis de Londres, j’habite dans le quartier de Notting Hill là-bas. C’est un bel endroit je trouve. Et toi ? Tu viens aussi d’Angleterre ? »

J’abordais un grand sourire et je savais pertinnement que cet entraînement aurait une belle fin, la conclusion que notre détermination aura payé, que nous étions capables d’intégrer les Eclairs. C’est avec l’esprit confiant que je lui relançais le Souafle alors que j’effectuais un cercle dans les airs.

Action : Passer le Souafle

Série : (4,5,6)

Il ne suffit pas seulement de croire en ses rêves, mais de croire aussi en soi.

Un rêve à portée de main

Tous les enfants qui entraient à Poudlard n'avaient pas la chance d'avoir une famille sorcière qui comprenait la magie et n'en avait pas peur. Solal le savait, pour autant il lui était toujours difficile d'imaginer ce genre de situations, qu'il n'avait jamais connu de près ou de loin. Il apprit donc que la mère d'Anita était guérisseuse, ce dont il n'était absolument pas au courant, mais aussi que son père était visiblement un guérisseur moldu. Le Serdaigle se demanda comment ils s'étaient connus mais il n'en dit rien, il ne voulait pas poser trop de questions —c'était une de ses mauvaises manies et il ne voulait pas embêter son amie. Il lui arrivait d'imaginer comment sa vie différerait s'il n'avait pas eu des parents sorciers mais c'était bien difficile à concevoir.
Anita semblait prendre la situation avec un calme olympien, ce qui n'étonna pas le brun. Il ne connaissait pas encore très bien Anita, ou plutôt la connaissait-il en surface, et il savait qu'elle ne perdait jamais son calme. Il se demandait si elle était comme ça à l'intérieur, si elle aussi explosait de l'intérieur quand la solitude le lui permettait. Ou si elle n'explosait tout simplement jamais, comment le vivait-elle ? Il tût ses pensées.

« Alors, Amory, c'est mon plus grand frère, il est à Serpentard et Oskar il est à Gryffondor. Mon papa était à Gryffondor, ma maman à Poufsouffle. Je suis le seul à Serdaigle, pour le moment ! » s'exclama-t-il en souriant. Son sourire se transforma néanmoins en une moue dépitée alors qu'il suivit le souafle du regard, louper la main d'Anita. Cette dernière eut néanmoins le réflexe de suivre le souafle pour l'attraper, ce qui, à nouveau, n'étonna pas le Serdaigle. Anita n'abandonnait jamais, il avait parfois l'impression de ne pas parler à une fille de onze ans tant ses principes semblaient profondément ancrés en elle.

Il apprit ensuite qu'Anita était de Londres. Il avait été à Londres uniquement pour rejoindre le Chemin de Traverse mais, mise à part ça, n'avait jamais vraiment visité la ville. Il n'avait qu'une seule idée de Londres ; l'architecture urbaine qui contrastait avec les maisons en pierre et le bourg de Chipping Campden. Les parents Rosenberg étaient tous les deux plutôt casaniers, les vacances étaient donc généralement constituées d'activités en famille mais pas de longs voyages, sans quoi les parents perdaient leur patience plus vite que les enfants —un exploit— et semblaient compter les heures qui les séparaient du retour à la maison. Solal n'avait pas eu le temps d'être frustré de la situation, mais à présent qu'il découvrait des personnes venues d'autres villes, il se rendait compte de son ignorance géographique.

« Moi j'habite à Chipping Campden, c'est un bourg à quelques heures de la pointe du fleuve Severn. J'pense pas que tu sois déjà venu, c'est pas très connu. C'est comment Londres ? J'y ai été que pour le Chemin de Traverse. Ça te manque ? » tout en disant cela, il observait le souafle s'approcher de lui alors qu'il avançait et tendit les bras. La passe était parfaite, le souafle était presque retombé tout seul dans les bras de Solal (5) et il afficha un regard victorieux à son amie. Il effectua une boucle si serrée qu'il en était à l'horizontale pendant quelques instants, s'imagina dribbler des adversaires invisibles et tourna la tête vers Anita pour lui lancer la balle à son tour.

Action : faire une passe
Série : [1-2-3]

« And I can't hide that I've relied on you
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Tapis en Chef, 1ère année RP.

Un rêve à portée de main

Tandis que ma main tendait un peu plus vers la trajectoire du Souafle, j’entendis au loin les paroles de mon ami. Je tendais l’oreille pour mieux l’entendre.

« Alors, Amory, c'est mon plus grand frère, il est à Serpentard et Oskar il est à Gryffondor. Mon papa était à Gryffondor, ma maman à Poufsouffle. Je suis le seul à Serdaigle, pour le moment ! »

Il devait avoir beaucoup de chances d’avoir au sein de sa famille autant de diversité. Le fait de n’avoir pas le même caractère entre ses parents et ses frères était même une étrange chose à mes yeux. Je ne pensais pas retrouver plusieurs maisons en chacun des membres de sa famille. Cependant, même si cela m’étonna au premier regard, je trouvais qu’en général, nos différences faisaient notre force. Je répondis donc à mon ami avec la conviction qu’il devait être fier d’avoir une telle divergences dans son foyer familial.

« Ça doit être vraiment cool d’avoir toutes les maisons de Poudlard réunies sous le même toit ! Ce serait super d’avoir tes deux autres frères à Serdaigle ! »

Parfois, je m’imaginais à la place de Solal, avec autour de moi toute une tribu provenant de maisons différentes. Il devait en apprendre tous les jours, que ce soit du courage de son père, de la générosité de sa mère, ou encore de l’ambition de son frère. Néanmoins, je pouvais ressentir quelque part un peu de solitude en mon ami, n’être que le seul Serdaigle dans sa famille le faisait peut-être passer au sein de son foyer comme un érudit au sens négatif. Mais je ne voulais pas être trop curieuse dans la façon d’aborder ce thème sensible, la curiosité étant un de mes défauts. 

J’avais appris de ma mère tout ce qui était bon à apprendre, bien qu’elle n’avait fait son apparition dans ma vie que quelques temps avant mon entrée à Poudlard. Ses dires et ses réflexions quant à la vie et aux autres personnes m’avait forgé quelque part encore plus mon caractère, la vision des choses que je pouvais avoir envers autrui. Je ne semblais pas réfléchir comme une fille de onze ans, bien que l’apprentissage de la vie semblait prendre une éternité avec le recul. Mais grâce à l’expérience que j’avais acquise lors de mon enfance avec les moqueries, la science des livres, ainsi que l’expérience brève de ma mère, j’avais constitué ma personne, ce que j’étais et ce que je voulais être. Il n’y avait pas si longtemps que cela, je ne voyais pas comment une fille comme moi pouvait avoir un bel avenir, tiraillée entre l’isolement, la solitude et l’absence répétée de mon père. Mais depuis l’arrivée de ma mère, je me sentais comme retrouvée, comme si j’étais parfaitement moi-même. Poudlard avait également été une merveilleuse expérience pour moi, les cours et les rencontres auxquelles j’avais été confronté était tout ce qu’il y avait de plus beau. Mais j’avais encore de nombreuses années devant moi, et le fait de me dire que je n’étais encore qu’une enfant m’apaisa quelque part. Je souhaitais faire de grandes choses, venir en aide à d’autres personnes, mais il fallait que je profite également de mon enfance, de l’école, car aller trop vite ne pouvait qu’être mauvais pour la suite. C’est pourquoi, la réalité me refaisait face, et malgré un échec de ma part, je réussis tout de même à rattraper la balle.

Après lui avoir répondu que j’habitais à Londres, je lui relançais le Souafle avec force et observais le déroulement de la suite. Entre temps, mon ami s’exprima à moi en ayant les yeux fixés sur la balle.

« Moi j'habite à Chipping Campden, c'est un bourg à quelques heures de la pointe du fleuve Severn. J'pense pas que tu sois déjà venu, c'est pas très connu. C'est comment Londres ? J'y ai été que pour le Chemin de Traverse. Ça te manque ? »

Contente de voir que ma passe était réussie en voyant le Souafle retomber dans les mains de Solal, je lui répondis avec un temps de réflexion, tandis qu’il m’afficha son plus beau sourire.

« Je ne connais pas ce coin mais j’aimerai bien y faire un tour, ça doit être sympa à faire. Londres ? Eh bien c’est juste magnifique ! J’adore le London Eye, la vue est super belle depuis là-haut ! J’y ai été avec mes parents cet été ! J’aime bien aussi Big Ben et l'abbaye de Westminster. En fait, je crois qu’il y a tellement de choses à faire à Londres qu’il me faudrait encore beaucoup d’étés avec mes parents pour tout faire ! Ça me manque beaucoup, mais je suis contente d’être à Poudlard donc je ne m’en plains pas trop. Et toi, ça te manque aussi ? »

Tandis que Solal effectua une boucle dans les airs, il m’envoya le Souafle et je pus plus facilement l’attraper (3) en me concentrant davantage. J’abordais un grand sourire et voyais que mon ami souriait de plus bel. J’étais de plus en plus confiante en moi, c’est pourquoi je réfléchissais à la deuxième étape de notre entraînement. L’idée vint en moi peu après et je décidais de lui en parler.

« Ça te dirait d’essayer d’attraper un viffet ? Je crois que j’en ai vu un tout à l’heure dans la malle, je pense qu’on peut en être capable maintenant que les passes sont parfaites. Qu’est-ce que tu en
penses ? »

En attendant la réponse de mon ami, je me dirigeais vers la malle en diminuant la distance qui me séparait du sol. Une fois à terre, je posais mon balai à côté et ouvris la malle. Il y avait des battes et toutes sortes d’équipements de Quidditch, mais mon attention se porta vers le couvercle de la malle. Il y avait une manivelle d’une petite taille, et j’entrepris de l’actionner. Soudain, deux portes s’ouvrirent et je vis une petite balle couleur bronze munie d’ailes à l’intérieur. Je la pris des mains et tournais la tête vers mon ami tout en lui montrant le viffet.

« Tu veux essayer de l’attraper en premier ? J’arrive et je te lâche le viffet de bronze, ok ? »

Sans attendre la réponse de Solal, je repartis vers mon balai et l’enfourchais pour revenir dans les airs. Quelque part, c’était bien mieux de rester dans les airs, tout en virevoltant sur un balai. J’enviais les oiseaux, et le fait d’avoir comme emblème un aigle m’indiqua que ma passion pour le Quidditch avait créé un lien avec tout ceci.

Il ne suffit pas seulement de croire en ses rêves, mais de croire aussi en soi.

Un rêve à portée de main

Solal aimait la diversité évidente qui habitait la maison de Chipping Campden. Devant chaque chose, chaque Rosenberg réagissait différemment et il aimait comparer les différences entre chacun. C'est ce qu'il aimait chez les autres; leurs différences. Après avoir passé presque un an à Poudlard, il se rendait compte que dans toute la dédale d'élèves, ceux qu'il appréciait le plus étaient ceux qui ne cherchaient pas à se fondre dans la masse. Solal appréciait les mots qui n'étaient pas mesurés, il aimait ceux qui parlaient sans regarder le visage des autres, parce qu'ils ne cherchaient pas à ce que leurs propos soient validés par les autres. C'était difficile à avouer pour le garçon, mais il préférait mille fois quelqu'un comme Audric —qui lui était clairement insupportable mais qui avait le courage de dire ce qu'il pensait tout haut— plutôt que quelqu'un qui se rangeait dans les mœurs et qui cherchait à se fondre dans la masse de sorciers de l'école. Il comprenait néanmoins le confort d'être comme tout le monde, il savait que les personnes différentes pouvaient souffrir de leur différence.

Anita et lui venaient de deux endroits bien différents. Le petit bourg de Chipping Campden, son vallon, personne ne les connaissait, seuls leurs habitants connaissaient le plaisir d'y vivre. C'était paisible, un peu campagnard. Mais Londres avait aussi un cachet irremplaçable, il eut l'impression d'être un campagnard face à une citadine aisée, mais il ne s'en formalisa pas plus que ça. Il savait qu'Anita ne serait pas le genre à jouer de son statut de citadine, puis il avait toujours porté fièrement les couleurs de sa campagne anglaise.

« Ça a l'air vachement cool, dis donc ! Je verrai avec mes parents si je peux y passer cet été, tu me feras visiter ! » Il s'exclama, autant sur le ton de la plaisanterie qu'avec sérieux. Avant que les vacances n'arrivent, il lui faudrait noter toutes les adresses de ses camarades pour qu'il puisse leur envoyer des hiboux. « Parfois ça me manque, parfois non. Il y a des trucs cool que je peux avoir que là-bas, et des trucs cool que je peux avoir qu'ici. Alors bon, c'est kif-kif un peu. » 

Les passes étaient visiblement finies, Anita aimait changer régulièrement d'exercice ce qui arrangeait tout à fait Solal qui n'aimait pas rester longtemps sur une seule tâche. Il hocha la tête vivement suite à la proposition de son amie bien qu'il savait qu'elle ne le voyait pas ; elle était déjà partie à la recherche du viffet. C'était aussi quelque chose qu'il appréciait beaucoup chez Anita, elle demandait la permission pour chaque chose mais pour autant, prenait des initiatives. Elle savait sans doute que Solal ne refuserait pas une telle proposition, il n'était pas le genre de garçon à vouloir faire les choses doucement, bien au contraire. Il fonçait tête baissée. Bien vite, la brune se redressa et Solal put observer un petit volatile bronze sortir ses ailes. Il était très mignon, le garçon pensa alors que les hiboux, chouettes, chats et autres animaux de compagnie acceptés à Poudlard faisaient pâle figure à côté de cette petite chose. Il sentit son cœur partir au galop à la vue de la boule volante, c'était donc ce qu'il devrait suivre dans un match s'il était pris en tant qu'attrapeur, bien que ce n'était pas là son objectif. Il prendrait n'importe quel poste qu'on lui offrira ; l'objectif premier était de rendre fier son père.

« Super, allez-y M'dame l'Arbitre ! J'attends le viffet ! » Les pointes de pied tendues et pointées vers le sol, le garçon plissa les yeux alors qu'il se concentrait sur la boule, prêt à montrer de quoi il était capable.

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Tapis en Chef, 1ère année RP.

Un rêve à portée de main

Tout en ayant le Souafle dans les mains, j’écoutais les paroles de mon ami. J’étais vraiment contente de le voir aussi motivé à vouloir visiter Londres. C’était une belle et magnifique ville, chaque endroit vallait la peine d’être au moins une fois visité. Le British museum avec ses animaux plus vrais que nature, Buckingam Palace où j’espérais voir la famille royale depuis les grilles, mais aussi Big Ben qui pouvait être observé depuis le London Eye. Tout avait une histoire, un patrimoine que je souhaitais découvrir. Les livres regorgeaient d’anecdotes passionnantes, d’esquisses et de représentations que ce qu’était le Londres autrefois. J’étais curieuse de savoir la façon dont vivaient les générations avant nous, c’était d’ailleurs un de mes passes-temps favori en plus de lire des œuvres narrant les exploits de divers personnages. Servir de guide pour Solal était une merveilleuse idée, étant donné que je connaissais une grande partie de l’histoire de Londres. Lui faire découvrir tout un tas d’anecdotes sur cette ville cet été me donnait le sourire.

« Je serai même ravie de te servir de guide ! Tu verras, tu ne seras pas déçu ! Et puis, peut-être que je pourrais venir aussi chez toi, ce serait super génial ! »

Bien que Londres était fascinant à mes yeux, je trouvais cela intéressant d’aller visiter Chipping Campden. J’imaginais dans ma tête ce que pouvais être la campagne, regorgeant de champs et où la nature prenait le dessus sur tout autre chose. J’avais l’impression que l’on se sentais plus libre en campagne plutôt qu’en ville, là où les préjugés pouvaient fleurir. J’avais hâte de voir également la famille de Solal. J’étais curieuse de savoir la façon dont vivait mon ami, s’il partageait sa chambre avec un de ses frères ou s’il avait des jeux en commun avec eux. Bien que sur l’instant, je pensais à cela, je ne voulais cependant pas me focaliser là-dessus. Il restait encore du temps pour s’entraîner et je ne voulais pas gâcher ce moment où voler était signe de bonheur. C’est donc après réflexion que je fis part à Solal de mon idée quant à la suite de l’entraînement. J’étais certaine que cela lui plairait, nous mettre des défis nous boostait en quelque sorte. Le viffet de bronze dans ma main, je le vis le contempler de ses grands yeux, comme hypnotisé par cette minuscule balle. En y pensant, je me rendis compte que moi aussi observais celui-ci avec attention. Bien que ses ailes étaient d’une grande finesse, je savais que dès que je le lâcherais, il partirait au quart de tour. Le voir se faufiler, échappant à toute personne, était assez intéressant, c’est donc avec entrain que je repris mon envol et entendis les paroles de mon ami.

 « Super, allez-y M'dame l'Arbitre ! J'attends le viffet ! »

Je savais qu’il était au maximum de sa concentration, et décidai de ne pas le faire attendre plus longtemps encore.

« On va voir si t’es plus rapide que lui ! Attention, c’est parti ! »

Ma main se relâcha et je vis le viffet se libérer de mon emprise en volant dans tous les sens. C’était impressionnant à voir, je n’avais encore jamais vu de viffet en pleine action. Je dirigeais ma tête de gauche à droite pour essayer de le suivre des yeux. Je n’observais plus les alentours, il n’y avait que lui dans mon esprit. Je sentais plus que jamais que le Quiddicth était fait pour moi, et le fait de le penser me donnait un sourire radieux, bien plus encore qu’auparavant.

Il ne suffit pas seulement de croire en ses rêves, mais de croire aussi en soi.
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