Salle de répétition

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Une Note sur l'Eau  pv   RPG+ 

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Jenny feat Cassiopée Malory

Encore une fois j'avais décidé de tenter ma chance en salle de répétition. Oui parce que voilà ,avant j'écoutais tout les jours de la musique. Dans le bus sur des chaînes radios misérables. Ou alors j'écoutais d'une oreille distraite mon père s’entraîner a la guitare ou écouter du rock. En bref je ne voyais pas la vie sans musique. Pourquoi était-elle si précieuse pour l’espèce humaine ? Je n'en savais rien... Mais je suppose que certaines magies ne sont pas mieux maîtrisées par les sorciers que par les moldus.

Je n'avais pas espoir d'entendre quelqu'un jouer, il était déjà 20h . De toute façon peu importe l'heure a laquelle je venait il y avait rarement du monde... Je marchais pas a pas fixant attentivement mes chaussures empreinte d'une soudaine envie de refaire mes lacets pourtant déjà fait. Enfin après une multitude de marche j'arrivait la respiration saccadée au quatrième étage. J'avalais ma salive et repris mon souffle avant de m'avancer vers la porte de la salle de répétition. Celle ci semblait entrouverte, j'eu alors l'espoir qu'un son en sorte.

Au départ je n'entendis rien que le son de mes pas. Puis dans l’entrebâillement je m’arrêtais et fermais les yeux. Enfin ,des notes me transperçaient...cela faisait si longtemps. J'abandonnais mon souffle pour laisser une brise calme prendre place dans mes poumons. Prise d'un élan de folie j'abandonnais même les lacets laissant tomber ses deux entraves a mes pieds. Un petit éclair de joie et de victoire me traversa m'obligeant a faire un tour sur moi même.

Attentivement j'écoutais la musique , je reconnût un violon. L'un de mes instruments préférés, peut être mon préféré. Il pris le contrôle de mon corps me faisant voyager a travers des profondeurs marines infinies . Les profondeurs qui s'étendent au delà de la simple pensée humaine. Le flux musical avait emmené avec lui mon esprit tout entier laissant dans le château mon corps droit et immobile. Je voyageais au gré du morceau sur des océans inconnus . Parfois le rythme s'accélérais et des tempêtes me poussait loin puis d'un coup elle se calmait et la mer redevenait infinie et calme.

A la fin du morceau j'ouvrais a nouveau les yeux étourdie. J'attendais qu'un autre commence puis m'avançais dans la salle. Il fallait que j'entende mieux. Là je reconnut une fille de serpentard mais qu'importe qui elle était , ses mains sur cet instruments étaient la seule chose qui puisse compter. J'essayais de rester hors de sa vue et m'assis contre le mûr non loin de l'entrée. A nouveau je fermais les yeux et laissais dix doigts de fée m'emporter toujours plus loin. J'avais trouvé ma nouvelle drogue.

"Comme l'a dit une sagesse profonde, plus vous essayez de rentrer dans le moule, plus vous allez ressembler à une tarte."

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Son archer cour sur les cordes de son violon dans un mouvement expert, tirant de l'instruments des notes étourdies qui semblent se calquer sur les battement effrénés de son cœur qui, lui, tape frénétiquement dans sa poitrine comme s'il cherchait à briser sa cage thoracique pour s'enfuir loin d'ici. Elle avait toujours aimé la manière dont la musique vibrai sur sa peau, passant sur son âme dans une danse aussi belle que singulière. Parfois, quand elle jouait, elle sentait qu'elle pourrait mourir sur place que ça ne la dérangerait pas. Comme si partie dans la folie du néant devenait magnifique, camouflé sous un air de violon. D'un côté, c'était dangereux et mortel mais d'un autre, ça lui permettait de se sentir vivante. Comme avec ses Amies mais en beaucoup plus beau, plus doux, moins sanglant. Juste avec une succession de notes. Un archet courant sur les cordes de l'instrument comme sur celles du destin. Tout était beaucoup plus beau musique. Le langage de cette dernière était tellement mois rustre et emplit de cruauté que la langue qu'était la sienne qu'elle se demandait parfois pourquoi elle ne se greffait pas les cordes vocales sur son violon pour chanter à jamais la danse des notes sur la mélodie du cœur. Les notes écrites sur la partition de la vie, elle les jouait tous les jours.

Ses battement de cœur effrénés alors qu'elle courait sans relâche vers la lumière qui, illuminant son chemin, dégageait une chaleur qu'elle sentait évoluer en elle d'une manière douce. C'était ça la musique de la vie. Sentir son sang battre dans ses veines alors que son organe vital en faisait de même dans sa poitrine. Elle courait parfois seulement pour le sentir taper sen suppliant pour ralentir, de peur de percer la peau et les os en un battement finale. Elle rêvait souvent que cela arrivait sans pour autant se permettre ce luxe que de se savoir plus vivante que n'importe qui. C'est simple, elle ne pensait pas mériter cette chance alors que tout le monde semblait d'accord pour dire que cela n'en était pas une.

Les mélodies torturées qu'elle faisait s'envoler dans les pièces vides de son esprit chantaient sa douleur. Elle la hurlaient, même, mais personne ne semblait l'entendre et, logiquement, elle devait en être triste mais elle s'en foutait, elle ne ressentait plus rien. Une coquille vide, seule barrière entre le monde et son néant. Son corps était la seule chose qui la retenait sur Terre. Si elle n'était irrémédiablement attirée par le sol, elle se serait envolée il y a longtemps. Vers les nuages de brume qui se baladaient tranquillement au dessus de sa tête, le pays des rêves. Parfois, il lui arrivait de rêver que son esprit quittait son corps pour se transformer en la brise qui lui soulevait les cheveux dans un sifflement aigu. Mais malheureusement, elle ne savait pas voler, qu'importe combien elle le voulait alors, pour remplacer ça, elle dansait sur les vagues de son esprits.

Moi ? Je n'fume pas, je n'bois pas, mais je M.L. Chacun son truc.
Mascotte Officielle des Crochets d'Argents, laissez passer s'il vous plait.

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Les secondes coulaient aussi vite que les notes sur les cordes. Les sons s’enchaînaient et un a un s'assemblaient a la manière d'une pluie de goutte qui vient former un ruisseau. Le son s'écoula dans mes oreilles pour que je le savoure. J'eu des frissons, caractéristique particulière que fournissait la musique. La musique donnait des frissons et bien d'autres choses,ces manifestations physiques étaient les résultat d'adrénaline relâchée dans l'organisme. J'avais appris ça en demandant a mon père pourquoi la musique me plaisait tant.

Après un moment passé à admirer simplement avec mon ouïe je compris que la musicienne était dans son monde et complètement intouchable. Hors de portée, elle ne m'entendrais pas. J'ouvrais les yeux et remarquai que les siens étaient presque fermés, elle jouait sans partition se laissant simplement emporter par son instrument. Fascinée soudainement par ses mouvements je me levais avec l'agilité d'une huître et m'approchai pour m'asseoir sur une chaise non sans manquer de la faire racler très légèrement contre le sol de manière accidentelle.

Les mains de la musiciennes n'étaient pas les seules a s’agiter, c'était tout son corps qui jouait. D'ailleurs ce n'était pas elle qui jouait de la musique, c'était la musique qui jouait avec elle. Son corps me semblait se mouvoir a la manière d'un pantin possédé. Quand la musique s'accélérais son corps se mettait soudainement a se mouvoir très rapidement comme si elle était prise de spasmes. Puis soudainement la musique s’adoucissait et ses mouvements redevenaient lents et fluides. J'étais hypnotisée par son duo , elle et l'instrument dansaient ensemble d'une des manières les plus virtuoses que j'ai pu voir dans ma vie.

Son jeu était mélancolique, la mélodie entrait dans des tons très graves. Les enchaînements de mesures me semblaient tous plus macabres les uns que les autres. A l'entende de ce morceau de musique certainement classique des plus triste je ne pût m'empêcher de repenser à ce qui me rendait triste parfois. Naturellement ma gorge se serra douloureusement et je me laissait avoir par le piège d'une musicienne qui joue trop bien. Dans les filets de ses interprétations je me pu n’empêcher de sentir mes yeux s’inonder de larmes. Je relevais la tête en arrière et les ravalait,pensais aux choses heureuses et les laissait sécher aussi vite que possible.

Après ce morceau qui avait faillit m'arracher une larme je repris conscience de ma présence dans une pièce occupée. Je me repris en main et pensait aux bonnes manières. Je fixait la musicienne et lui lançait un timide : "Bonjour..."

Pour l'instant ce serait suffisant , signaler ma présence me permettrait de savoir si elle est au moins consentante pour que je reste.

"Comme l'a dit une sagesse profonde, plus vous essayez de rentrer dans le moule, plus vous allez ressembler à une tarte."

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Et la mélodie se brise comme une corde la reliant à son monde. Perdue dans les catacombes de son esprit sans aucun autre moyen de rester collée à la réalité. Elle se perd dans son esprit avec pour seul chemin les notes qui se brisent sur le sol, qui rebondissent avant d'exploser en millions de petites éclats qui lui coupent la plante des pieds quand elle s'avance dessus. Et le sang n'est pas rouge, coulant de ses plaies ce n'est qu'une brume noire, une fumée brûlante telle des cendres volcaniques s’expulsant de ses pieds comme d'un volcan en activité et elle a l'impression de fondre, de brûler. Que tout dans sa tête explose comme les notes et que plus rien ne la retient à la réalité, elle se perd dans son monde et tout est noir. Perdu dans l'obscurité son monde se brise. La mélodie s'est craquée. Emportant avec elle la bienfaisance doucereuse de la musique, la façon dont elle coulait sur son corps comme un baume cicatrisant les cicatrices de son âme. Mais ce n'est pas possible et, quand elle ouvre les yeux, les traits blancs sont encore là, la narguant de leur couleur presque pareille à celle de sa peau, comme s'ils pouvaient s'y fondre sans le vouloir, sortant en relief pour qu'elle ne les oublie pas, pour qu'ils continuent à toujours être là et à ne jamais s'en aller, comme une seconde peau dont elle ne peut pas se dégager. Une coquille, une chrysalide qui ne veut pas se briser. 

Elle se retourne vers le son, baisse la tête sur le côté et sonde la personne de ses yeux verts forêt, brûlants, ardents. Jenny PoirreFresh. La gamine à l'écharpe, dans le parc. L'enfant qui marchait, qui dessinait. L'enfant étrange qui la regardait étrangement. L'enfant, intelligente si on croit les rumeurs mais pas la plus. Normale. Une personne comme une autre, une élève, une sorcière, une fille, une sœur, une nièce. Elle est quelque chose et elle ne sait pas vraiment quoi mais elle est là. Elle est là et, même si elle n'a pas envie de la voir, qu'elle reste ici et qu'elle brise tout, elle ne peut pas s'imaginer la laisser partir. Peut-être que cela veut dire qu'elle est plus bizarre qu'elle ne le pensait, qu’elle est obsessionnelle de la solitude mais qu'elle ne peut pas la supporter. Douce solitude, belle solitude. Un peu comme la musique, elle peut être si belle mais si dégueulasse. 

-Bonjour.

Elle tend sa main vers un fauteuil, faisant signe à l'autre de s'y installer. Elle se demandait si l'autre savait jouer. Elle savait qu'elle comprenait la musique, ses yeux brûlants, vitreux. Elle sait qu'elle comprend. Et les gens ne sont pas tous capables de le faire, que certains ne comprennent pas bien ce que cela signifie ni la façon dont les notes se chevauchent, dansent ensemble dans une harmonie parfaite mais destructrice. Elle sait que l'autre comprend au moins une partie de ce que la musique signifie.  

Moi ? Je n'fume pas, je n'bois pas, mais je M.L. Chacun son truc.
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Elle me répond en miroir comme après un temps de réflexion. J'étudiais un instant son visage, ses cheveux épais cachaient à peine la finesse de celui-ci. La finesse de ses lèvres sert la douceur de son visage en la rendant plus évidente et ses yeux même si plissés avec indifférence sont beaux, bleus. Son bras rachitique m'indique une place à ses côtés, comme si l'instant était solennel je me lève et réduit la distance qui nous sépare en silence. Je m’assois à côté d'elle et me met à fixer son instrument.

Je sais du violon que son archer est en crin animal, de cheval si mes souvenirs sont bons. Et je devine que le travail fait sur le bois est conséquent à la finesse des parois polies. J'admire les courbes de l'objet, si il était humain je lui accorderai qu'il possède une grande part de l'idée que l'on se fait de la féminité. Immobile et simplement posé sur sa propriétaire l'instrument n'a pas plus d’intérêt mais je le sais capable de bien des choses musicalement parlant. Quand son son peut être brut et sonner comme un hurlement de douleur il peut aussi se transformer en lamentations mélodieuses. Quel instrument triste ! Il devait falloir un travail conséquent pour rendre beaux les pleurs du violon.

Je quittait l'instrument du regard pour en revenir à sa propriétaire. Je lui fis un sourire gêné ne sachant trop que faire. J'imaginais au vu du nombre d'instruments dans la salle qu'elle attendait que j'en prenne un et que je m'amuse avec mais je ne savais pas jouer. J'hésitait à lui expliquer que j'étais venue ici pour écouter et que j'étais ravie d'avoir trouver quelqu'un à entendre mais elle ne paraissait pas si encline à la discussion alors je fis court.

-Je ne sais pas jouer.

J'étais traînante dans ma voix, ramollie par la moiteur de la soirée. La solitude que nous offrait la pièce était étrangement peu réconfortante. J'essayais pour briser le silence de l'encourager à jouer en souriant aussi sincèrement que possible.
Je regrettais profondément à cet instant de ne pas savoir jouer. Si seulement j'avais su, j'aurais sans doute pu jouer avec elle. Nous aurions fait un joli duo j'en étais persuadée. Mais si au moins je pouvais l'écouter, j'en serais déjà très satisfaite. J'aimais temps écouter de la musique. C'était comme si les sons n'étaient que du chaos tout le temps mais que dans la musique et uniquement dans la musique ils retrouvaient une harmonie, prenaient un sens. Cette harmonie j'aurais aimé pouvoir l'entendre de manière constante. Ah quel dommage que les moyens d'écouter de la musique dans le château soient si rares...

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C'était pas comme dans les films. Rien n'était jamais comme dans les films, sauf quand ça parlait d'une histoire vraie de meurtre ou de quelque chose de bien triste et illégal. On ne montrait la vérité que quand elle était dégueulasse, simplement parce qu'on ne savait pas la montrer quand elle était belle sans que cela ne paraisse faux. La réalité était-elle belle, d'ailleurs ? Elle n'y avait plus repensé depuis quelques temps, peut-être que sa vision avait changé mais elle en doutait fortement. On ne passait pas d'une gamine qui détestait la vie à une qui l’adorait, c'était simplement pas possible. Elle avait beaucoup de mal à trouver quelque chose de beau, il y avait tellement de mauvaises choses à côté qu'elles semblaient éclipser tout le reste, comme une mauvaise pluie qui fait rentrer chez eux les enfants qui jouaient au parc, si innocents, si beaux et gentils. Elle était le parc, les enfants étaient les bons côtés et la pluie les faisait fuir. Elle les emmenait loin d'elle et tout était plus triste, plus gris après. Rien n'avait plus de saveur, comme un gâteau trop cuit. Qui passe de bon à mauvais. Elle, elle n'avait pas connu le bon, que le mauvais. Difficile de l’occulter dans ces circonstances. Dans un film, l'autre aurait su jouer, elles l'auraient fait, auraient vécu un drame dans leur vie et se seront retrouvées ensemble à la fin, voilà tout.

Elle bougea et alla s'installer au siège devant le piano, craquant ses doigts blancs et appuyant quelques touches. Le son était beau, le piano n'avait pas été oublié pendant les vacances scolaires. Son violon bien pausé à côté du piano, elle tapota la place laissée à ses côtés du bout des doigts. Si elle ne savait pas jouer, pas lire les partitions, apprendre quelques accords n'était pas compliqué, il suffisait de mémoriser les gestes de l'autre. Ce n'était pas de la musique, c'était beau et voilà tout, rien de plus. Elle passa ses doigts longs et blancs sur les touches, tantôt noires, tantôt blanches et entama de sa voix cassée :

-Idiot qui n'comprend pas....
La légende qui, comme ça...
Dit qu'une gitane--- implora la lune jusqu'au lever du jour,
Pleurant elle demandait un gitan qui voudrais l'épouser par amour...

Ce n'était pas magnifique, sa voix brisée de cris l'en empêchait mais ça partait d'une bonne attention. Elle fit plusieurs fois les premiers accords, attrapa la main de l'autre qui n'avait pas l'air de comprendre trop pourquoi elle lui avait demandé de s'asseoir ni pourquoi elle avait changé d'instrument.

-C'est facile, tu veux essayer ? Elle fredonna la mélodie en la jouant une autre fois.

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L'échauffement du pianiste, le craquement de doigt, une ignoble manière de ne pas se détendre. J'écoutais les étirements de ses chairs avec une semi-grimace de dégoût. Ils étaient bien trop bruts pour précéder les sons qui allaient les suivre, comme un extrait de percussion sans utilité sans beauté. Mais il le fallait bien. Se délier les doigts pour mieux jouer, ça se comprenait parfaitement. Et puis ça ne durait pas, ça se terminait bien vite.

Mais heureusement la beauté ne mit pas plus de temps à venir quand la jeune fille pris possession du clavier. L'espace lui appartenait le temps du morceau, elle allait sur les touches avec aisance et une exactitude qui m'impressionnait, glissant sur les bords de celles-ci pour des notes plus douces et avançant ses mains parfois pour faire dissoner quelques touches noires. Ah comme j'adorais les sons qu'elle me partageait. Comment un instant aurait-il pu être plus intime que celui-ci ? Une personne jouant pour une autre...Je n'aurais pu me sentir plus honorée qu'en cet instant je crois, même si la reine d’Angleterre m'avait serré la main.

Le chant lui était doux, bien trop doux pour cette fille que j'avais rarement connue gentille. C'était elle qui à la moindre embrouille se mettait au centre pour cracher sa méchanceté sur chacun ? J'avais du mal à y croire... Ses gestes et ses chants étaient si calmes, des notes mezzo-forte s'y mêlaient comme pour y ajouter de la souffrance. Mais ses cris étouffés n'avaient rien de laid glissés dans ce chant fait pour émouvoir. Une douleur esquisse que je savourait mille fois par secondes. Des frissons pointaient le long de mes bras, preuve que j'appréciait plus que tout l'écouter jouer.

Je me refusais à gâcher ce moment. Je ne voulais surtout pas jouer, jamais apprendre, ce serait un gâchis. La musique s'écoutait, et en jouer c'était voir les coulisses et comprendre les engrenages d'une magie qu'on explique. Seulement un magicien ne révèle pas ses tours et j'ai peur de ne plus être autant émerveillée si je les apprends. Voilà c'est pour ça que je ne veux jamais jouer, parce que j'écoute mieux. La magie c'est impressionnant au début, puis on apprend à en faire et tout de suite ça l'est moins. Les musiciens disent qu'en jouant ils ressentent mieux la musique mais je pense qu'ils mentent, on ressent mieux en écoutant.

- C'est gentil mais je ne veux pas jouer. Continue, c'est une belle chanson...

Un grand sourire naquit sur mon visage pour apaiser la dureté que pouvait représenter un refus. Après tout les efforts aimables de Cassiopée étaient rares, mais je la savais gentille et je ne voulais pas la blesser, car elle ne le méritait pas.

"Comme l'a dit une sagesse profonde, plus vous essayez de rentrer dans le moule, plus vous allez ressembler à une tarte."