Salle de répétition

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 RPG +  Noir et Blanc  PV Jenny PF 

[PV : Jenny PoirreFresh]

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Adaptation (Première année)
[2 décembre 2043]




Tes doigts couraient sur les touches, toutes faisant un son différent. Certaines étaient noires, les autres étaient blanches. On dit que ces deux couleurs forment le Yin et le Yang, deux éléments si différents et pourtant si complémentaires. Deux éléments incomparables qui, ensemble, forment quelque chose de magique, d'encore plus magique que ce que peuvent faire les sorciers, d'une magie que personne ne peut imaginer. D'une magie qui, pour beaucoup, n'existe pas et pour certains, est omniprésente. D'une magie incroyable qui est le vrai bonheur de ceux qui peuvent et qui savent l'admirer. C'était ça la vraie magie de cette planète.

Tu étais venue dans cette grande salle là, toute seule, pour jouer. Personne ne t’avait jamais entendu, et c’était mieux ainsi.

Tu as hérité de beaucoup de choses de ton père, dont son don pour la musique. Et ce n'est pas n'importe quoi. C'est un talent, un vrai talent dont seules certaines personnes peuvent se rendre compte de l'importance.
Tu n’avais jamais vraiment appris, tu jouais des vieilles partitions que ton professeur te donnait. Après l’école, tu allais seule dans la vieille salle de musique et tu jouais sur le vieux piano abandonné de ton père. C’était ainsi depuis longtemps. Personne ne devait savoir que tu faisait de ce merveilleux instrument, et encore moins ta mère.
Tu faisais partie de ces familles chez qui on déteste la musique. Après le départ de ton père, ta mère avait déposé son vieux piano dans la salle dans laquelle tu allais en secret, ne voulant que personne ne le retrouve.
Comment était venue cette passion ? Aucune idée. Peut-être attendait-elle en toi depuis le jour de ta naissance, peut-être était-elle là depuis le départ de papa. On peut faire de nombreuses hypothèses, mais le plus important est qu’elle est aujourd’hui en toi, et qu'elle y restera longtemps, jusqu'à la fin.
Je pense que chacun a besoin d’un refuge pour se libérer, oublier le temps, un refuge secret qui ne doit pas être découvert.

C’était la première fois que tu jouais sur un beau piano, sans fausses notes ni touches inaudibles, dans une grande et belle salle. Tu cherchais cette salle depuis longtemps, le piano te manquait alors en voyant celui-ci, tu n’avais pu résister, tu avais appuyé sur les notes, et c’était allé de plus en plus vite, de plus en plus fort.
Tu oubliais le présent, le passé, tu ne pensais plus à rien, plus qu’à cette musique. Tu te fichais de tout, de tout ce qui te tracassait. Tu fermais les yeux, une larme coulait. De joie ? De tristesse ? De colère ? De fatigue ? Tu ne savais pas. Tu avais arrêté de réfléchir, arrêté de penser et tu voulais que ce moment ne se termine jamais, qu’il dure encore et toujours. Tu t'évadais, ne souffrant plus de rien.
C'était une pause dans le temps, tout s'était arrêté, tout s'était transformé, tout avait disparu. Il ne restait plus que toi, ton piano et ton père qui t'écoutait jouer comme lui. Il pleurait lui aussi, il n'y avait plus que vous deux enfin réunis.
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Gérante du Club de Poésie avec Cyanna Hillways
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 RPG +  Noir et Blanc  PV Jenny PF 

Un week end se terminait. Il y avait toujours quelque chose de triste a dire adieu à ces deux jours de bonheur même si on avait connu l'ennui durant ceux-ci. J'avais décidé pour clore ce week end de profiter d'un interlude musicale en salle de répétition. Je m'y rendait avec l'espoir d'y trouver de quoi satisfaire mes oreilles avides de sons autre que les vociférements de mes camarades. Alors deux a deux je montait les marches du château, pressée de rejoindre la salle tant aimée. Essoufflée j'atterrit en haut des escaliers et accélérait une dernière fois le pas pour arriver a l'orée de la pièce.

Là je trouvait la porte entrebâillée et dieu merci de délicieuses notes s'en échappant. Je poussait encore a peine la porte et m'introduisait dans la pièce. Le son provenait très certainement d'un piano ainsi c'est vers le grand piano a queue que se portait immédiatement mon regard. Une jeune fille me faisait dos. Le son qui s'élevait dans la pièce était parfait ,l’acoustique de qualité et l'instrument étant certainement une oeuvre de maître , la musique jouée était rendue plus belle.

Je m'assis sans un bruit sur une chaise et l'admirait. Des doigts agiles et rapides, que je ne voyait que très mal d'ici. Ils étaient si rapides que presque flous a mon regard. Mais ces mouvements amples et fluides de glissement sur les touches m'hypnotisaient réellement. J'avais toujours dit que la musique était une dans aussi bien mentale que physique. D'ailleurs ses bras bougeaient au rythme de la musique comme si c'était elle qui la guidait. Ses gestes me paraissaient experts, elle semblait jouer depuis sa naissance et être incapable de s'arrêter, comme possédée. Ses cheveux attachés en un chignon strict pour ne pas la gêner accentuaient son professionnalisme.

Mais plus qu'une belle façon de jouer elle avait un véritable don de virtuosité. Les sons me montaient a la tête en fléché et éclataient en milles éclats reliés entre eux. La mélodie tantôt entraînante et tantôt dramatique me faisait passer par milles émotions aux prouesses inconnues. J'avais toujours aimé , adoré écouter de la musique. Et quand le clavier s'énervait je connaissait mes plus ardents transports et quand la mélodie s’adoucissait je me détendait aussitôt. Et quand les sons donnaient un rythme je me surprenait a gesticulait en accord avec ce rythme. Sans aucun doute j'étais heureuse et rien a ce moment n'aurait pu me faire revenir a la réalité des cours du lendemain et du week end qui se fini. Mes yeux s'étaient fermés d'eux même et la musique comme une longue rivière me fit voyager vers d'autres horizons. Mes pensées voguaient parmi milles songes , se laissaient dériver dans de somptueuses tempêtes, jetaient l'ancre pour partir en escale sur des îles paradisiaques. Mais d'un coup d'un seul on mis fin a mon songe, une note seule qui mit fin a tout. Le silence. J'ouvrait brutalement les yeux et eu un geste involontaire, je fit grincer ma chaise...

"Comme l'a dit une sagesse profonde, plus vous essayez de rentrer dans le moule, plus vous allez ressembler à une tarte."

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Ton père et toi enfin réunis pour toujours, comme le Yin et le Yang. Vous étiez dans un endroit magnifique, où exactement ? Tu ne le savais pas. Sur l'eau probablement, au milieu de l'océan, au milieu de nulle part. Sur le voilier de la musique, le voilier des notes, le voilier du futur, du présent et du passé.
Et puis la musique continuait, vous entrainait, vous réunissait. Vous dansiez entre le blanc et le noir, vous couriez sur un piano géant, vous dansiez avec le Yin et le Yang, c'était magique. Jamais cela ne s'arrêterait, le temps se figeait, tout s'arrêtait, et tu continuais de te laisser entrainer par cette musique avec ton père.

Alors tu revoyais la gamine que tu étais, dans la petite salle sombre et froide, et une deuxième larme coulait. De joie ? De tristesse ? De colère ? De fatigue ? Tu ne savais toujours pas. Tu savais une seule chose : que tu étais là, avec papa, et que tout allait mieux, que toutes tes souffrances avaient disparues, et que seul l'instant présent comptait maintenant.
Une seule chose tournait dans ta tête, au rythme de la musique : Le Yin et le Yang.

Le Noir et le Blanc, le Soleil et la Pluie, la Nuit et le Jour, l'Eau et le Feu, Papa et Maman, le Bien et le Mal, le Savoir et l'Ignorance, la Vie et la Mort, le Paradis et l'Enfer, l'Ange et le Démon. Ces éléments contraires et pourtant si complémentaires, finalement n'étaient plus qu'une seule chose : le Yin et le Yang.

Tes doigts agiles couraient sur les touches blanches et noires, et tu dansais avec le Yin et le Yang, accompagnée de ton père, seule au milieux de l'océan, sur le voilier de la musique, le voilier des notes, le voilier du temps.
Une troisième larme coulait. De joie ? De tristesse ? De colère ? De fatigue ? Tu ne savais toujours pas.
Et tu oubliais tout, tout ce que tu vivais à présent, et tu ne pensais plus qu’à ton père, au Yin et au Yang.

Soudain la musique accélérait, le voilier tanguait, vous ne dansiez plus, ni toi ni ton père, ni le Yin et le Yang.
Tes doigts couraient de plus en plus vite, les notes se succédaient, mais aucune n'était fausse, toutes étaient belles. La musique était belle et pourtant si douloureuse. A chaque note, tu recevais un coup de poignard, les larmes se succédaient maintenant. De joie ? De tristesse ? De colère ? De fatigue ? Tu ne savais pas, ou plutôt tu ne voulais pas savoir, ce serait trop fort.

Et le bateau continuait de tanguer, le vent de souffler et ton père et toi de pleurer. Le Yin et le Yang disparaissaient, tout disparaissait, tout s'effondrait. Il n'y avait plus que le douloureux silence, et l'orpheline que tu étais reparaissait, assise au piano, les yeux fermés.

Un coup d'éclair brisa ce silence si douloureux et si merveilleux à la fois. Tu te retournas, quelqu'un était là. Quelqu'un avait découvert ton talent, quelqu'un... effrayée, tu regardas cette étrangère.
Une fille d'environ ton âge qui devait t'écouter depuis longtemps, et qui semblait épatée.
Tu observas cette fille à la crinière noisette, et tu voulus lui crier de partir et de te laisser. Mais tu n'avais pas la force. C’était trop dur, il t’aurait fallu des béquilles pour t’aider, mais tu n’en avais pas, tu étais seule au milieu de l’océan. Ton regard devenait flou, submergé par les larmes salées qui coulaient.
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Le silence envahis petit à petit chaque parcelle d'air de la pièce. Les notes s’arrêtèrent et une dernière ,aigu, sonna dans nos deux crânes. Les dernières ondes produites par les cordes frappées du majestueux instrument vinrent s'évanouirent contre les mûrs nous enveloppant du silence habituel qui régnait dans cet étage du château.

La jeune fille qui venait de cesser de jouer s'était tourné pour me voir, comprendre qui je pouvait être. Qui pouvait être cette inconnue qui brisait sa séance musicale ? Mais lorsque je vis son visage je ressentit un pincement au cœur. Alors que j'imaginais un visage froid, impassible et magnifique je vis que le sien était berçai de milles flots. Des larmes tièdes réchauffaient son visage, le faisait rougir et une seule envie naquit en moi à cette vue ; sécher cette rivière de malheur.

Mais comment pouvait-je bien réagir face à une inconnue dont je ne connaissais rien ? En la regardant tout ce que je pouvais deviner était le nom se sa maison, poufsouffle, et peut être son âge qui devait avoisiner le mien. Qu'allais-je donc lui dire , à cette inconnue ? Qu'elle jouait bien peut être. Ou alors je pourrais la consoler... Je réfléchis un instant. La meilleur solution quand on ne sait que faire pour quelqu'un c'est faire ce qu'on aurait aimé qu'il fasse pour nous. Si elle m'avait surprise à pleurer j'aurais sans doute apprécié des mots rassurants. Si elle m'avait surprise à jouer de la musique, j'aurais simplement prétexté que les larmes venaient des sons... Peut être parfois vaut-il mieux camoufler la vérité au profit d'une autre et elle ne le pourrait pas si je ne l'y aidais pas ;

- Salut... soufflais-je, Eh bien...tu joue si bien que même toi tu arrive à t'émouvoir !

J'essayais de détourner mon regard de son visage ravagé de tristesse. Je fixais l'instrument cause de son malheur en premier, puis je laissais mon regard s'en aller dans la salle. D'autres instruments ,tous très beaux , des chaises pour les éventuels musiciens et spectateurs, la porte... Je ne sortirai pas, pas maintenant , j'avais fait tout ce chemin c'était bien pour écouter quelqu'un ! Alors mon regard continua sa promenade pour tomber sur l'une des larges fenêtres. A travers celle ci je vis de la pluie qui s'écoulait sur les vitres comme les larmes s'écoulaient sur ses joues. Et dehors il semblait faire sombre mais pas seulement à cause de la pluie signe que le jour commençait à nous fausser compagnie petit à petit. Finalement mon regard ayant scruté la pièce dans son intégralité je le fis revenir sur la jeune fille aux pleurs et la regardais dans les yeux bien que sa vision dut être embuée par ses larmes.

"Comme l'a dit une sagesse profonde, plus vous essayez de rentrer dans le moule, plus vous allez ressembler à une tarte."

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Tu scrutais l'inconnue. Tu voulais l'analyser, mais tu n'en avais pas la force. Tu pouvais seulement comprendre qu'elle était à Serpentard, rien de plus. Il t'aurait fallu des béquilles, des béquilles comme le Yin et le Yang, des béquilles comme Papa. Mais tu n'en avais pas. Tous s'étaient évanouis dans la tempête, tous avaient disparu au fond de l'océan, et il n'y avait plus que ce silence si beau mais si douloureux que l'inconnue vint briser :

"Salut... Eh bien...tu joues si bien que même toi tu arrives à t'émouvoir !"

À l'entente de cette phrase, ton coeur se brisa. Pas en deux, trois, quatre, cinq ni même en dix morceaux, mais en une multitude de cristaux magnifiques qui tombèrent dans l'eau salée de tes larmes.
Elle avait surement voulu engager une discussion et ses propos étaient surement prononcés avec une bonne intention de la part de la jeune fille... *Non* Oh et puis ce n'est pas de ma faute si tout ce qui est rassurant pour les autres te fait du mal ! Et puis ce n'est pas de la faute de l'inconnue non plus. C'est simplement la faute de ton connard de p... *STOP !*

Tu regardas l'inconnue. Elle était plutôt jolie avec sa crinière noisette et ses lunettes qui tombaient sur son petit nez. Elle dégageait vers toi quelque chose d'étrange, quelque chose d'inconnu mais de très fort. Tu voulus sécher tes larmes et te confier comme à quelqu'un de proche, mais tu n'eus pas la force. Tu eus simplement le courage d'ouvrir la bouche, et de prononcer un "Non" incertain.
Tu regardas la belle inconnue et repris, d'une voix instable :

"Je... non. Je joue ridiculement mal comparé à..."

Cela te semblait impossible à dire. Tu n'y parviendrais pas. Non, tu ne pouvais pas. Tu ne pouvais pas ou ne voulais pas ? Je ne sais pas exactement, mais ce qui est sur c'est que, dans ta tête, le mot ne sortirait jamais. Non, tu ne te sentais pas capable de le prononcer. Tu ne te sentais même plus capable de séparer tes lèvres. *Oh et p'is merde ! Allez Harriet, tu peux le dire* Quelle prise d'initiative ! J'avoue, Harriet, que je ne te pensais pas capable de faire ça...
Alors tu ouvris la bouche, et murmuras d'une toute petite voix :

"Papa."

On aurait pu comparer la pluie battante qui tombait dehors aux larmes qui se succédaient sur ton visage innocent.
Les larmes t'avaient ravagé et tu n'avais plus la force de bouger, ni de parler. Papa... dans tes rêves il jouait si bien... c'est lui qui t'apprenait tout ça, oui, tu en étais sure.
Mais tu ne voulais pas que la belle inconnue te laisse seule, au fond, tu avais besoin d'elle. Tu murmuras alors un simple "Merci" à peine audible. Tu fuyais son regard, tu avais peur. Tu voulais sécher tes larmes, mais c'était impossible.
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La jeune fille encore bouleversée par son morceau eu encore plus de peine à faire sortir quelques mots de sa bouche. Son père vraisemblablement créait chez elle un bouleversement sans pareil. Je comprenais l'importance qu'elle pouvait accorder à cette figure d'autorité, même sans la connaitre je savais à quel point les sentiments qu'on avait pour ses parents pouvaient être forts. Mon père était pou moi un être sacré. Il avait le savoir, et la puissance et son emprise parentale lui donnait sur moi le pouvoir de décider de ce que je faisais ou non. Du moins dans la limite du raisonnable, pour l'instant tout ce qu'il m'imposait c'était de rester méfiante du personnel de notre établissement et je ne pouvais me permettre de ne pas obéir à sa demande.

Je paniquais en voyant le flux de larmes redoubler sous ses yeux. Que pouvais-je faire pour la consoler ? Je n'avais pas l'habitude d'aider des gens que je ne connaissais pas mais je ne pouvait clairement pas la laisser dans une telle détresse. Je ne savais pas ce dont elle avait besoin, de soutient ou de solitude ? De mots rassurants ou de silence ? J'essayais de trouver un entre deux et me levais pour venir m'asseoir sur le coin de son tabouret de pianiste. Je me glissais contre son corps inconnu et la laissais continuer à se délivrer.

D'abord je restait silencieuse mais après une minute je me lassait de supporter ces gémissements qui me brisaient le cœur.

- ça va aller ? Je sais que ça doit pas être facile mais...enfin j'en sais rien en fait mais s'il te plait, sourit...

J’espérais de tout cœur que mes mots avaient fait leur effet. Après tout je savais que pour palier à la tristesse rien ne fonctionnait parfois. Je me souvint du jour ou ma grand-mère avait rejoins le ciel. Ce jour là avait été le plus terrible de toute ma vie. Je me souviendrais toujours de la sensation du sol qui s'effondre sous mes pieds. Et j'ai souvenir aussi que mes larmes avaient été impossibles à arrêter et qu'il m'avait fallût des mois pour reparler de l’événement sans y verser une larme. Je priais pour que sa peine ne soit pas aussi immense que la mienne le fût. Et si c'était le cas je resterais là même si je ne la connaissais pas. Une inconnue valait peut être mieux que la solitude. Moi même si j'avais été à sa place j'aurais certainement préféré que quelqu'un que je ne connais pas me vienne en aide et me console plutôt que me laisse seule face à mon sort sans même prendre la peine d'essayer de me consoler.

"Comme l'a dit une sagesse profonde, plus vous essayez de rentrer dans le moule, plus vous allez ressembler à une tarte."

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Tu te sentais vraiment bizarrement. Tu n'avais jamais vécu ça auparavant. Enfin si, le début. Cela t'arrivait souvent quand tu jouais du piano, que tu pensais à Papa et que tu pleurais. C'était presque un quotidien en fait. Dès la première note, dès le premier Papa, tu avais froid. Vous savez, comme dans un lieu sans abri, où les flocons de neige tombent sans arrêt. Dans un paysage d'hiver gris et triste mais dans lequel le blanc apporte de la beauté, un moment si triste et si agréable en même temps. Et toi, comme figée dans la glace, tu pleurais. Cela s'était toujours passé comme ça, toujours. Mais jamais tu n'avais bu de chocolat chaud, pour te réchauffer. Jamais quelqu'un n'était venu comme ça, pour te consoler, pour briser la glace dans laquelle tu étais enfermée, jamais. Pour toi, jamais les grelots du renne ne résonnaient dans la nuit triste, jamais la boule de Noël ne venait sublimer le sapin. Jamais personne ne te consolait et tu restais toujours figée dans la glace, toujours.

Et aujourd'hui, une belle inconnue était venue, s'était assise à coté de toi, avait essayé de te consoler.
Une part de toi aurait voulu qu'elle parte, qu'elle te laisse seule figée dans la glace. Mais tu te sentais si bien contre son corps inconnu. Une source de chaleur était en train de faire fondre la glace, le Yin venait réchauffer le Yang, et ils se complétaient, et ils étaient bien ensemble.
Tu pensais à beaucoup de choses, puis à rien. Tu te sentais bien avec cette belle inconnue, une impression jamais ressentie auparavant, quelque chose d'inconnu et de beau.

"Ça va aller ? Je sais que ça doit pas être facile mais...enfin j'en sais rien en fait mais s'il te plaît, sourit..."

Ses douces paroles avaient retenti dans la grande salle silencieuse. Tu les écoutais sans vraiment les comprendre. Tu n'essayais pas vraiment de les comprendre. Tes lèvres s'entrouvrirent pour laisser apparaitre tes belles dents. Tu venais de sourire, je ne sais comment ni pourquoi mais cela t'avait fait du bien de sourire. Tu te sentais heureuse, tu te sentais protégée, plus par un bloc de glace mais par un feu chaleureux.

Tes larmes de glace avaient fondu, tu regardas l'inconnue pour lui murmurer :

"Non, ce n'est pas facile mais merci de faire fondre la glace."

Tu ne savais pas si elle allait réellement comprendre, mais tu t'en fichais un peu. Ce qui importait était ton sourire qui illuminait ton visage. Doucement, tu posas ta tête sur son épaule et répétas, doucement :

"Merci"
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Finalement après ce qui m'avait semblé être un semblant de réticence l'inconnue daignât m'offrir un sourire. Mon cœur se réchauffât instantanément à cette vue. Un sourire était certainement le plus beau cadeau que l'on puisse faire. C'était aussi le moins coûteux pour les gens heureux et le plus coûteux pour les gens plongés dans des sentiments négatifs. Offrir un sourire c'est inviter la personne à nos côtés à rester. C'est lui envoyer un peu de notre chaleur, c'est lui inspirer confiance.

C'est pour ça que je souriais si souvent. Je voulais offrir aux gens tout ce que j'avais à leur donner. Un sourire peut parfois changer les choses et je ne manquerais jamais une seule occasion de changer les choses en bien si je le peut. Je souriais souvent, tout le temps presque, dès que je voyais quelqu'un en fait. Mais il n'était pas systématique que l'on me rende ses sourires que j'offrait, et la jeune fille à mes côtés m'avait donc accordé avec ce simple soulèvement de la commissure de ses lèvres quelque chose qui me manquait souvent. Une boule de joie c'était formée en moi à la vue de se sourire.

Lorsqu'elle me dit que je faisais fondre la glace je ne compris pas tout de suite. Je notais son mot de remerciement qui me touchais. Satisfaite de voir qu'elle ne pleurait plus je poussais un long soupir de soulagement. Je fermais un instant les yeux pour profiter du silence avant de sentir comme un poid sur mon épaule. J'ouvrais a nouveau les yeux et fronçais les sourcils. "Sentir un poids peser sur ses épaules" ce n'était pas une expression figurée d'habitude ? Elle me semblait en l’occurrence être mise au sens propre... Je sentait bel et bien sa tête s'appuyer contre mon épaule osseuse. Je regrettais alors de ne pas être plus confortable.

J'avais rarement l'occasion d'avoir des contacts physiques avec des gens. Les seuls câlins que j'offrait étaient à ma mère , alors inutile de préciser à quel point mon désarroi était grand en cet instant. Une parfaite inconnue qui vous souris sur l'épaule c'est sur que ça à un côté étrange. Avoir cette tête posait là me faisait sentir plus timide d'un coup. Un visage était si fragile, et quand on sentait sur sois la tête d'un prochain on comprenait rapidement d'ou l'être humain tenait toute sa fragilité. Cette boite crânienne si fragile me semblait pouvoir se briser au premier faux mouvement. Alors je ne fis pas un geste et continuais la discussion comme si de rien était :

- Tu aimes jouer de la musique ?

Une question simple, la réponse était évidente mais je me dis que la lui poser lui changerais peut être les idées.

"Comme l'a dit une sagesse profonde, plus vous essayez de rentrer dans le moule, plus vous allez ressembler à une tarte."

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L'Autre ne bougeait plus. Elle restait là, comme toi, et vous contempliez le silence. Le calme après la tempête, ce moment de réconfort et d'espoir. Dans cet immense château, le silence se faisait rare. Il se cachait le jour pour réapparaître la nuit, quoique la respiration des filles du dortoir ne lui laissait guère de place.

Alors la belle inconnue te demanda, certainement sans vraiment se questionner sur ta réponse :

"Tu aimes jouer de la musique ?"

Une jeune fille normale aurait certainement répondu que oui, elle adorait, et aurait trouvé cette question complètement absurde sachant qu'elle venait d'être découverte aux côtés d'un piano, pas toi.
À vrai dire, tu n'avais jamais vraiment réfléchi à cette question. Savoir si tu aimais ou pas t'importait peu, pour des raisons quelconques et peu importantes, ce qui comptait était simplement l'avis de Papa. En fait, tu jouais pour retrouver le bateau à voiles, la tempête puis le calme, pour revivre le naufrage, pour danser avec le Yin et le Yang, pour danser avec Papa. Tu jouais pour t'échapper, pour oublier, pour arrêter de souffrir rien que le temps de quelques notes sur le clavier blanc et noir, sur le clavier du Yin et du Yang. Cela te faisait du bien et du mal en même temps. Je ne sais donc pas si on peut réellement dire que tu aimais... cela te faisait du bien et puis du mal, c'est tout.
Tu n'avais jamais joué pour quelqu'un, c'est sûrement pour ça que tu ne savais pas répondre à la question de l'inconnue. Pour aimer, il faut jouer pour les autres car l'on ne peut pas aimer jouer si nous sommes le seul à en profiter.

Tu aurais aimé jouer pour la belle inconnue, celle sur qui tu te reposais. Mais tu avais peur. Peur de sa réaction, peur de lui montrer ton talent, peur.
La peur, ce monstre qui vous hante et vous empêche de faire ce que vous aimez, la peur, cette chose impossible à surmonter seul. Si tu voulais jouer de nouveau devant l'inconnue, il te faudrait de l'aide, beaucoup d'aide.


Sans même te tourner vers elle, tu soufflas, et parlas d'une voix faible, mais tes mots résonnèrent dans la grande salle toujours silencieuse.

"Je ne sais pas... si j'aime. Je n'ai jamais joué que pour moi, alors je ne peux pas savoir. Ça me fait du bien et du mal, c'est tout."

Puis tu ajoutas, non à l'égard de l'inconnue mais pour toi, bien qu'elle entendît sûrement, le silence régnant encore et toujours dans la salle.

"Du bien quand je danse sur le bateau, avec le Yin et le Yang, avec Papa. Du mal pendant la tempête. Beaucoup de mal lorsque le bateau coule au fond de l'eau avec le Yin et le Yang, avec Papa, et que je demeure seule, au milieu du beau silence atroce."

Elle ne comprenait certainement pas le sens des mots que tu prononçais. Seule toi pouvais comprendre, toi et puis Papa, toi et puis le Yin et le Yang.

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Son explication me laissait sur ma faim. Je savais ce qu'étaient tout ces mots qu'elle utilisait mais une fois ensemble je ne comprenais pas leur sens. Elle semblait particulièrement troublée par la situation ce que je comprenait aisément. Son père semblait être un sujet sincèrement sensible, si il l'était au point de la faire pleurer je supposais qu'elle avait eu une expérience douloureuse avec celui ci.

Je comprenais l'amour qu'elle pouvait porter à son père. Moi même je pensais à mon père souvent, je lui écrivais des lettres dès que possible. Son inquiétude je la sentait en moi. Il n'avait de cesse de s'inquiéter et chacun de ces mots respirait l'angoisse même lorsqu'il essayait à tout prix de la dissimuler. Ses boucles tremblantes le trahissait tout le temps. Oh les sentiments qui faisaient fureur en lui n'étaient pas aussi intense que je puisse l’imaginer. Mais malgré tout il en souffrait et j'en souffrait aussi. Ce qu'il ressentait c'était une inquiétude de mère, l'inquiétude qu'il arrive du mal à ce qu'on aime plus que tout. Oui mon père était une mère. Son attitude ne différait pas avec mon frère. Celui ci avait des déboires avec les lois de son établissement et mon père devait prendre sur lui pour gérer ça sans user un seul instant de ses pouvoirs. Mais jouer pour mon père le pouvait-je ?

Je me détachais doucement d'elle, la quittant dans un sourire et allait m'asseoir devant le bel instrument noir et blanc. Je posais lentement mes doigts sur le clavier et appuyais dans une dissonance des plus désagréables. Mon sourire s'agrandit devant tant d'horreur et je relevais mes mains.

- Tu vois, moi je sais pas jouer et j'aime pas ça. Pourtant j'adore écouter...

Je ne savais pas trop ce qui me poussait à lui expliquer cela. Je suppose que le silence qui régnait dans la salle me semblait trop insupportable.Cette grande pièce à l'accoustique parfaite tait faite pour entendre jouer, alors pourquoi diable le silence y régnait ?

- Cette salle est faite pour jouer. Le silence...me dérange.

Je rigolais pour signifier que je comprenais toute l'absurdité de mes propos et continuais :

- Je pense que tu pourrais essayer de jouer pour le plaisir. Ce ne serait pas si dur... On peut chanter si tu veux ? Je ne connais pas trop de chansons, et je chante pas très bien mais ça m'est bien égal si ça peut te faire chanter aussi.

Voilà, je voulais qu'elle joue. Je posait mes mains sur le clavier sans appuyer comme une menace lançait en sa direction. Si elle refusait j'appuierais à nouveau, et cette menace l’effrayerait forcément.

"Comme l'a dit une sagesse profonde, plus vous essayez de rentrer dans le moule, plus vous allez ressembler à une tarte."

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L'autre t'avait quitté, s'était détachée. Le Yin et le Yang s'étaient séparés, l'un s'éloignant de l'autre. Le silence régnait toujours, douloureux, mais si beau. Tu avais l'habitude de ne pas le briser, de le laisser libre, de lui laisser un peu de place. D'ouvrir sa cage un instant dans ce monde si bruyant et lourd. Tu avais l'habitude de demeurer seule, accompagnée du grand silence et d'attendre. D'attendre que Papa revienne, que le Yin et le Yang se réunissent à nouveau. Attendre indéfiniment. Attendre l'impossible. Voilà à quoi se résumait ta vie : attendre. Mais aujourd'hui, tu n'étais pas seule. Tu n'étais pas seule avec un vieux piano aux sonorités désagréables, dans une salle sombre et miteuse, oh non ! Aujourd'hui, tu étais aux côtés d'un grand et beau piano, dans une salle agréable mais surtout, surtout, tu n'étais pas seule. Une parfaite inconnue était venue fondre la glace, te réchauffer. La première personne qui t'avait entendu jouer du piano, mis-à-part Papa et le Yin et le Yang. Et elle semblait en vouloir plus encore.
Tu frissonnas à l'entente de son accord dissonant. Ces notes te firent penser à la première fois que tu avais touché un piano, il y a bien longtemps. Ton premier accord, avait été affreux et si douloureux mais pourtant si beau. Alors qu'une énième larme coulait sur ta joue déjà mouillée, l'inconnue vint encore une fois rompre le silence.

"Tu vois, moi je sais pas jouer et j'aime pas ça. Pourtant j'adore écouter..."

*Sans blague* Ça, tu l'avais remarqué. Son accord dissonant résonnait dans tes oreilles, et, concentrée sur tes souvenirs, tu ne pris pas la peine de répondre. L'écoutant simplement, sans prononcer mot. Et elle continua, comme insistante.

"Cette salle est faite pour jouer. Le silence...me dérange."

À vrai dire, je crois que le silence te dérangeait également. Ce n'était pas le même silence que lorsque tu étais seule, c'était un silence étrange, qui te mettait mal-à-l'aise. La présence de l'inconnue ainsi que le silence te dérangeaient. Néanmoins, tu n'avais pas la force de le rompre. La belle inconnue semblait y parvenir très facilement, ce qui n'était pas ton cas. Sur son épaule, cela te paraissait si facile ! Mais désormais seule, tu ne parvenais plus à prononcer le moindre mot.

Ne l'écoutant même plus, tu sombrais dans tes rêves. Pourtant, un mot parvint à tes oreilles.

"... chanter ..."

Une brillante idée. Passer à travers le chant pour briser le silence serait bien plus facile, surtout après avoir joué quelques notes, quand Papa ainsi que le Yin et le Yang seront là pour t'aider.
Sans même essayer de comprendre la fin de la phrase, tu t'installas et tes doigts se posèrent sur le piano, alors que tu demeurais toujours accompagnée d'un léger sourire aux lèvres.


Tu n'avais jamais vraiment essayé de comprendre cette chanson. Elle était belle, triste. Tu avais trouvé cette partition dans la poubelle de la cuisine, peu après que Maman ai déposé le piano dans cette salle sombre. Depuis, tu l'avais gardé précieusement.
Ta voix était très différente lorsque tu chantais, surtout cette chanson. Elle était belle, tu chantais bien.

La belle inconnue allait-elle chanter avec toi ? Tu ne savais pas, et à vrai dire tu t'en foutais.

Gérante du Club de Poésie avec Cyanna Hillways
code couleur : #741B47

 RPG +  Noir et Blanc  PV Jenny PF 

Après qu'une énième larme ai salit sa joue la fille se décida à obéir à mes suggestions et à jour de nouveau. Elle n'avait pas dit un mot mais j'avais rapidement compris qu'elle n'était pas de ceux qui parlaient lorsque c'était inutile. Elle n'était pas de ceux qui parlaient tout court même. Le silence ne me dérangeait pas quand d'autres bruits venaient le gêner. Des instants de silence pour écouter la pluie, j'aimais cela. Un long moment à écouter le vent sur le lac et les oiseaux qui profitaient du retour du printemps, c'était ma méditation à moi, mais rester dans une salle de musique vide sans rien faire c'était... profondément blessant pour les instruments exposés là.

Je reconnus une chanson en français, j'avais déjà entendu l'air peut-être, ou alors c'était simplement le genre d'air qu'on pense avoir déjà entendu lorsqu'on l'entend en réalité pour la première fois. Une magie musicale, ou un air un peu trop inspiré de nos prédécesseurs, quelle importance de toute façon ? Je souris en l'écoutant, même si je ne pusse la suivre ne connaissant pas de chansons en cette langue que je n'avais jamais appris.

Elle semblait se détendre en chantant. Jouer changer les gens, on jouait pour soi et quand on jouait on n'était plus soi-même qu'on essayait de l'être en réalité. Il y avait la posture exigée, la voix travaillée pour un résultat plus probant, mais malgré tout le résultat venait des tripes et on sentait chez les musiciens une envie de transparaître dans chaque morceau qu'ils interprétaient, le morceau n'était pas d'eux mais l'interprétation, elle, l'était.

Je restais silencieuse, me refusant à parler à une fille qui n'aimait pas répondre. C'était plutôt une forme de respect que de mutisme volontaire destiné à la contrarier. Je voulais juste m'exprimer comme elle, en silence, et profiter de quelques instants à écouter de la musique dans une salle prévue à cet effet. Il était rare au château que l'on entende les mûrs de pierre s'animer de musique, et pourtant c'était un art qui se rapprochait pour moi largement de la magie.

Même les tableaux aux mûrs profitaient du moment de douceur que la fille au piano daignait nous offrir. Un privilège duquel je profitais non sans garder les yeux ouverts ; pour admirer sa virtuosité en action sur le bord des touches, pour admirer les autres instruments qui semblaient eux aussi écouter leur collègue piano, pour regarder la descente du soleil par la fenêtre et la lumière extérieure se tamiser, pour vérifier que nous étions toujours seules en jetant régulièrement des regards à la porte, bref pour vivre l'instant. Même si certains vivent mieux les choses les yeux fermés, j'aime solliciter plusieurs de mes sens.

"Comme l'a dit une sagesse profonde, plus vous essayez de rentrer dans le moule, plus vous allez ressembler à une tarte."