Infirmerie

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Rubis Sang et Émeraude Chance  PV Arsène Sirkenfell 

Arsène. Arsène Sirkenfell. Voilà le nom qui trottait dans la tête d'Aëlys tandis qu'elle se dirigeait vers l'infirmerie. Un prénom peu commun, tout comme le sien. Bien évidemment, en tant que Française passionnée de lecture, elle connaissait bien le héros de Maurice Leblanc, le fameux gentleman cambrioleur. Et ce personnage pourtant fictif avait su fasciner la fillette grâce à son charme et son élégance peu commune. Non pas qu'elle fut attirée par le vol, ça non, mais la manière si spéciale que ce cambrioleur avait de voler. C'est cela, tout était dans la manière. On pouvait voler bassement, ou "emprunter" quelques bijoux de valeurs en ne laissant aucune trace. D'ailleurs, ce voleur bien spécifique qu'était Arsène Lupin se refusait à assassiner les gens. Encore une étrange valeur morale pour quelqu'un que l'on pouvait penser sans scrupule... La bizarrerie, le mystère, voilà ce qui fascinait la jeune verte et argent. Or, depuis qu'elle s'était faite bousculée, ou plutôt avait bousculé, le Gryffon, voilà qu'elle découvrait de nombreux points communs entre elle et lui. Le physique d'abord, avec les mêmes cheveux noirs, bien que parfois teintés de blanc pour Arsène, la même peau blanche de teinte indescriptible, la même taille ou presque... Seuls leurs yeux différaient totalement. D'un bleu azuré très pâle pour elle, d'un brun chocolat sombre pour lui. Et puis surtout, au-delà du physique, ce qui les reliait n'était pas banal : la mort de leur père juste sous leurs yeux. Tant de ressemblances, était-ce une coïncidence ? Sans doute, car Aëlys ne croyait pas au Destin. Mais c'était pour le moins mystérieux. Heureusement, même si ce terme n'est pas parfaitement exact ici, leurs pères étaient morts différemment : l'un de cause magique, l'autre dans un banal accident de voiture. Sans cela la fillette aurait cru au complot ! Trop de ressemblances n'auraient pas été crédibles. Mais là, il y en avait juste assez pour qu'elle soit fortement intriguée par ce garçon. Une foule de questions lui venaient en tête à son encontre. Sauf que là, ce n'était pas vraiment le moment de les poser.

En effet, elle venait de voir, rêveuse qu'elle était, que le rouge et or était justement avec une main rouge en ce moment. Il s'était gravement blessé et le sang coulait abondamment. On parle souvent d'or liquide, ici, c'était plutôt de rubis liquide dont il s'agissait. Arsène avait bandé sa plaie, mais de manière assez sommaire avec un mince bandage ayant déjà perdu toute sa blancheur. D'abord affolée à la vue de ce sang ruisselant abondamment, Aëlys avait eu un léger mouvement de recul. Mais elle s'était soudainement découvert un côté protecteur qui l'avait poussé à proposer son aide, ou du moins sa présence, pour accompagner le blessé jusqu'à l'infirmerie. Elle, la jeune fille timide et réservée, bouleversée juste parce qu'elle avait bousculé un élève de la maison normalement "opposé" à la sienne, à tel point qu'elle en avait pleuré, se retrouvait à parler calmement de sang et de blessure à un garçon, espèce à qui elle n'adressait d'habitude jamais la parole ! Que s'était-il donc passé pour qu'elle ait brusquement confiance en elle et parle normalement à un parfait inconnu dont elle ne connaissait même pas le nom il y a quelques instants ? Elle n'en n'avait aucune idée. Encore un mystère de plus.

La porte de l'infirmerie apparaissait enfin à l'horizon. Enfin ! Aëlys avait cru qu'ils n'y arriveraient jamais. Et pourtant, elle n'était pas située très loin des sous-sols. Seulement, maintenant qu'elle s'en était aperçue, Arsène devait rudement souffrir ! Sa démarche était chancelante et ses sourires ressemblaient plus à des grimaces. De plus, son teint déjà pâle habituellement devenait carrément blafard à chaque chaos. Durant le trajet, Aëlys s'était plusieurs fois demandé ce qu'elle ferait s'il s'évanouissait en chemin. Au vu de sa force et de sa constitution plutôt malingre, elle n'était pas certaine de pouvoir le rattraper. Mais il avait eu la gentillesse de tenir jusqu'au bout. Entrant dans la pièce aux couleurs froides, Aëlys installa son compagnon sur un lit pendant qu'elle chercherait une infirmière. À vrai dire, Arsène avait maintenant plus du fantôme que de l'humain. Elle devait donc se dépêcher. Malheureusement, l'unique infirmière présente en ces lieux étaient complètement débordée. L'appel de détresse de la petite verte et argent ne fut qu'à peine entendu et l'infirmière lui demanda d'attendre son tour, croyant certainement qu'il ne s'agissait que d'un petit bobo. Or ce n'était pas le cas. Un peu désespérée, Aëlys retourna vers "son" malade. Il paraissait aller de plus en plus mal. Et c'était normal vu qu'il était en train de se vider de son sang !

Il fallait qu'elle fasse quelque chose tout de suite ! L'infirmière viendrait vérifier ensuite. Mais que faire ? Elle n'était pas Médicomage ! Soudain, elle eut une idée.

- Vulnera Sanentur !

Baguette pointée sur la main du Gryffondor, elle prononça cette formule, espérant de tout cœur que la chance serait avec elle et que cela ferait effet. Puis, rabaissant son bras, elle attendit, le visage inquiet, de voir si son sortilège était une bonne idée.

"Deviens ce que tu es."
"Le monde est notre échiquier, et toi, un pion de ma volonté."
Code Couleur : #6FD0FD
~ Serpy du mois (décembre 2016, juin 2017) ~
~ RNA ~

Rubis Sang et Émeraude Chance  PV Arsène Sirkenfell 

Emmené, ou plutôt, porté par la jeune Aëlys, Arsène sentait son front fiévreux et paradoxalement tout le reste de son corps était frigorifié. Parmi les gens, élèves comme professeurs, jamais personne ne lui avait autant prêté l'oreille en ce qui concerne le récit tragique de son défunt père. Mais voilà, Aëlys était un cas d'exception. Un aspect tragique du passé des deux sorciers les avait réunis. Leurs deux pères périrent dans d'horribles circonstances. La Faucheuse elle-même aurait donc réunis, par des procédés sadiques, ces deux jeunes âmes tourmentées ? Possible, ou bien, il ne s'agit que du jeu malin du Destin.
Quoi qu'il en soit, Arsène, lui, s'en moquait éperdument. Ce qui comptait pour lui était l'étrange alchimie que produisait son Être ; un étrange mélange de compassion pour la jeune sorcière, de bonheur pour avoir enfin fait sortir ce souvenir lugubre de son esprit tourmenté et enfin, la douleurs physique, fiévreuse et glaciale à la fois. Cette mise en abîme des sentiments avait réveillé quelque chose en Arsène. Cette "souffrance plaisante" avait, en effet, quelque peu chamboulé l'esprit encore confus du jeune Griffon et comme l'on aurait pu deviner, tout ce mélange "déforma" son visage. Ce dernier essaya tant bien que mal d'adopter une posture rassurante mais son sourire grimaçant et son teint livide donnaient une tout autre interprétation quant à son état en général. Rictus et autres mouvements faciaux, aussi indésirables qu'incontrôlables, couvrirent le visage d'Arsène. Et ce, depuis son départ des sous-sols jusqu'ici, à l’infirmerie.


D'ailleurs, dès que les portes de cette salle couverte de pierres immaculées ouvrirent aux jeunes sorciers, les effluvent d'herbes médicinales envahirent les narines d'Arsène. Mais les sens et une certaine forme de détermination semblait émaner de "sa sauveuse". Aërys déposa le jeune homme sur un des lits disponibles que lui offrait l'infirmerie. Cette dernière partie pour aller chercher une personne qualifiée pour s'occuper de la plaie béante dans la main du pauvre Griffon. Qui l'eut cru ? Un serpent d'argent s'occupant de la blessure d'un griffon doré. Cette scène pourrait sembler particulièrement poétique et mériterait sûrement de rester dans les annales de l'école de Poudlard. Mais ici, l'instant est beaucoup moins lyrique et virerait presque au tragique. Un incident aussi idiot m'a donc conduit à toi...Aërys.Étaient les pensées du jeune sorcier allongé sur ce lit maintenant marqué d'une tâche écarlate.

C'est quand la verte-argent revint aux côtés de Arsène, baguette à la main, que ce dernier commença à se poser des questions sur son devenir. Rapidement, dans son esprit émergeaient les idées les plus horrifiques. C'est quand la jeune fille plaça le bout de sa baguette au-dessus de sa plaie qu'Arsène stoppa tous les scénarios morbides qui essayaient de prendre le dessus sur la réalité. Le visage d'Aërys ne semblait pas non plus très rassuré, sûrement tendu par la pression. Arsène avait beau crisper ses mains comparables à cinq bouleaux tordus assemblés par une racine laissant échapper une sève rouge ; il avait beau serrer des dents à un tel point que la pression exercée pourrait lui décrocher la mâchoire ; il avait beau l'air d'être sous l'emprise d'une panique sans précédent, il était pourtant serein. Très peu de personne lui donnait se sentiment de sûreté. C'est comme si tout son Être avait accordé sa confiance à Aëlys.


- Vulnera Sanentur !

A ces mots, le sorcier laissa exprimer un cri de douleur, étouffé par ses lèvres bleues venues se coller. Ce réflexe empêcha d'attirer l'attention mais pas il ne rassurait pas non plus la jeune sorcière. Pourtant, l'effet du sortilège semblait avoir porté ses fruits : le sang qui n'avait pas coagulé ou tout simplement séché semblait retourner dans la plaie qui se refermait petit à petit. Cette dernière n'avait pas totalement cicatrisé, mais sa taille avait largement diminué. Cependant, toute action, aussi infime soit-elle, avait un coût. Le corps de Arsène avait peut-être été soigné mais il était plus fatigué encore que lorsqu'il fût entré. Ce principe d'équivalence avait suffisamment fatigué Arsène mais il était encore conscient. Le jeune garçon nageait en plein délire.
Ses cheveux en batailles mélangeaient les mèches blanches et noires sans distinctions. Ses yeux sombres d’habitude contemplaient le vide et étaient étrangement lumineux, faisant ressortir son iris marron avec une note verte au centre. Son souffle coupé, haletant signifiant à sa secouriste, et à lui-même, qu'il était encore en vie.


Dans ce délire, Arsène laissa échapper sa bague qu'il tenait dans son autre main. Preuve que, au moins, il était détendu. Cette bague produit un petit bruit un, un son métallique mais surtout significatif (aux yeux du jeune garçon) quand elle heurta le sol.

- A.…Aëlys... la ba... bague... Dit-il en désignant le sol

Puis d'un coup, sans que quoi que ce soit ne se produise, il rit. Ce rire semblait irréel, voir même, forcé. La sueur continuait de perler sur son front mais la fièvre avait diminué. Mais il entendait des sons invraisemblables, à l'image de son rire. Pendant un instant il prit une longue inspiration, puis expira l'air comme pour évacuer tout ce surplus d"émotions qui avait traversé son corps.

-Merci...chuchotait-il, merci de m'aider... Toi, tu me comprends, hein ?

Un petit peu de culture?
"Tout ce qui brille n'est pas forcément d'or, tout ceux qui errent ne sont pas forcément perdus."
J.R.R Tolkien