Infirmerie

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Des escaliers, une bosse !  Libre 

Le soleil traversait les carreaux des fenêtres et formait une ombre sur le sol de l’infirmerie. Il faisait un temps radieux depuis quelques jours et les élèves étaient de plus en plus nombreux à sortir dans le parc. Le brouhaha des jeunes sorciers se faisait entendre à tous les étages. La jeune fille qui semblait dormir dans un des multiples lits identiques de l’infirmerie entrouvrit les yeux. Elle perçut les quelques rayons de soleil et s’empressa de se relever en apercevant qu’elle n’était pas dans son lit.

*L’infirmerie, sérieusement ?* pensa-t-elle.

Elle se rappela très vite de ce qu’il s’était passé, du moins, de la première partie où elle n’était pas encore assommée. La jeune fille lisait un vieux roman satirique mêlant philosophie, logique et fantastique dans la salle commune des Gryffondor. Déconcentrée par le vacarme émit dans les couloirs, elle referma son bouquin tout en soufflant et sortit en direction des escaliers.
La jeune Gryffondor s’était précipitée de descendre les escaliers pour atteindre la sortie du château mais celle-ci glissa dans les escaliers qui n’en faisaient qu’à leur tête. Plus de souvenirs qui suivent, juste un réveil à l’infirmerie.

Darcy inspecta la salle, elle aperçut l’infirmière près d’un lit. Celle-ci était en train de s’occuper d’une jeune fille de son âge, c’était d’ailleurs le seul autre lit occupé. Quand l’infirmière prit le chemin inverse pour revenir à son bureau, elle se dirigea vers Darcy avec de grands yeux ronds. Mrs Pomfresh la repoussa de force contre le dos du lit et lui interdit de se relever.


- J’ai juste glissé quelques marches, ça va très bien !

L’infirmière lui fit signe en se touchant le haut de la tête et repartit en direction de son bureau. Darcy, ne comprenant pas le mouvement de l’infirmière, se toucha le haut du crâne. Elle gémit légèrement de douleur, la jeune fille avait une énorme bosse, elle avait l’impression que son crâne avait doublé de volume.
Celle-ci souffla encore une fois avant de soulever la couette jusqu’à ce quelle ne voit plus la pièce, mais uniquement un drap blanc.

Des escaliers, une bosse !  Libre 

Erilys avait l'habitude de se retrouver à l'infirmerie. Pas qu'elle aimât ça, bien au contraire. Mais elle était non seulement extrêmement maladroite, mais elle avait aussi, comble du malheur, tendance à l'oublier. De sorte qu'il lui arrivait régulièrement de tomber/se blesser/provoquer un incident (rayer la mention inutile). En ce radieux samedi matin de fin avril, elle avait abandonné avec beaucoup de célérité tous ses devoirs, pour courir dans le parc.
Le temps était aussi beau qu'elle aurait pu le souhaiter pour un printemps britannique. Les feuillages des arbres avaient pris une teinte vert tendre, la pelouse était si fournie que même pieds nus il était agréable d'y marcher, et le ciel étendait son bleu limpide à l'infini, à peine piqueté de-ci, de-là, de nuages blancs joufflus.
Après une petite promenade, elle s'était installée dans les gradins, pour voir voler l'équipe qui s'entraînait sur le terrain de Quidditch. En voulant redescendre, elle avait trébuché, s'était coincé une jambe dans un banc et s'était violemment tordue la cheville en voulant se relever.
Elle avait voulu en faire abstraction et rentrer directement à la salle commune mais le temps de traverser le parc dans l'autre sens en claudiquant, sa cheville avait doublé de volume et, quand elle s'assit sur les marches du perron pour la tâter, la peau avait pris une drôle de couleur violette. En début d'année, elle se serait contentée de l'ignorer volontairement, supportant la douleur aussi longtemps que cela lui était possible, mais elle avait, depuis, appris à connaître l'infirmière, qui était capable de tout vous soigner en un tour de baguette. Elle se rendit donc à l'infirmerie, en espérant être soignée pour le déjeuner.

La salle, baignée de la douce lumière matinale, était vide quand elle y pénétra. C'était une longue pièce rectangulaire où s'alignaient sagement le long des murs des lits blancs méticuleusement faits.
Ruby Lloyd, véritable Gorgone et maîtresse incontestée des lieux, restait invisible à son bureau. à peine Eirlys eût-elle le temps de faire deux ou trois pas claudicants dans son sacrosaint antre, cependant, qu'elle surgit de nulle part tel un diable hors de sa boite:

"Miss Walder! Quelle surprise!" grinça-t-elle, ironique. "Pas de trace de vous cette semaine, je vous ai bien cru morte et enterrée!"

Elle l'attrapa par la taille avec une force surprenante pour sa constitution si osseuse, et la traîna jusqu'à un lit sans beaucoup de douceur mais avec efficacité. Eirlys s'y installa avec l'aisance que seule conférait l'habitude alors que l'infirmière tâtait sa cheville.

"Que vous est-il donc arrivé cette fois?"

La fillette lui expliquait son aventure lorsque une préfète de Gryffondor débarqua, faisant voler devant elle une première année évanouie.
Mrs Lloyd se détourna un instant de sa première patiente pour s'intéresser à la seconde. La préfète, après avoir expliqué rapidement la situation, s'éclipsa et l'infirmière partie chercher un onguent pour la cheville d' Eirlys.

"Vous ne pouvez pas juste lancé un sort?" s'enquit la fillette, impatiente.
"Non, non, mademoiselle! Je vois trop bien vos sales manières. Quand on guérit trop vite on oublie de faire attention à son corps. Vous allez revenir tous les soirs jusqu'à mardi pour que je vous applique cet onguent, et vous allez souffrir en silence! Si vous continuez ainsi, aucun sort ni aucune potion n'auront plus le pouvoir de vous soigner!"

Elle continuait de pester en la soignant lorsque Eirlys s'aperçut que sa voisine se réveillait. Elle reconnut Darcy George, une petite blonde de sa classe avec qui elle avait eu peu l'occasion de discuter. Elle fit mine de vouloir se lever mais l'infirmière, ne l'entendait pas de cette oreille et, ayant finit de s'occuper d'Eirlys, repoussa de force l'autre fillette contre le dos du lit et lui interdit de se relever.

"J’ai juste glissé quelques marches, ça va très bien !" protesta Darcy.

Mrs Lloyd lui indiqua la bosse impressionnante qui avait poussé sur le haut de son crâne avant de disparaître dans le bureau, sans doute pour aller chercher la pommade adéquate. La petite Gryffondor tira son drap au-dessus de sa tête en râlant. Cela fit rire Eirlys.

"Tu t'es cassé la binette? " s'enquit-elle. "C'est une préfète qui t'a ramenée. ça va? tu n'as pas mal? "

Elle tendit le cou pour essayer de la voir mais elle s'était trop bien cachée.

"Ne t'inquiète pas!" ajouta-t-elle en dernier recours. "Elle va t'arranger ça en un tour de baguette... même si t'as une sacré bosse!"

Des escaliers, une bosse !  Libre 

Plongée sous les draps, la jeune fille n'attendait qu'une seule chose, sortir de cette pièce. C'était si ennuyant de rester ici, à ne rien faire. Elle n'avait même pas l'envie de dormir, ce qui était normal après le long somme qu'elle avait fait suite à sa chute. Tout en s'enroulant encore plus dans le linge, elle entendit une voix, sûrement l'autre jeune fille qu'elle avait aperçu à son réveil.

« Tu t'es cassé la binette? C'est une préfète qui t'a ramenée. ça va? tu n'as pas mal? Ne t'inquiète pas! Elle va t'arranger ça en un tour de baguette... même si t'as une sacré bosse! »

Darcy s'étira dans la literie afin de desserrer l'emprise de celle-ci, elle sortit le haut de la tête pour apercevoir la jeune fille. La petite blonde dut plisser les yeux pour reconnaître celle qui venait de lui causer. Le soleil pénétrait dans ses yeux et l'empêchait de voir convenablement. Néanmoins, elle réussi à identifier très vite la jeune demoiselle, c'était une Gryffondor de son âge avec qui elle partageait les cours. La jeune fille ne lui avait encore jamais adressé la parole mais elle était agréablement étonnée que la rouge et or s'intéresse à sa santé et tente de la rassurer. Toujours un peu sonnée, Darcy ne voulait pas se rendre à l'évidence et lui répondit :

« Non non, je suis en parfait état, j'ai glissé de quelques marches. »

La jeune fille prit une pause, elle réfléchit un instant à l'événement qu'il s'était passé dans les escaliers mais n'en avait qu'un bref souvenir. Une bosse ne pouvait prendre tant d'ampleur, c'était totalement insensé. Elle reprit ses esprits après un court moment d'absence et, ne voulant pas sembler froide elle ajouta :

« Mais merci, c'est très aimable de ta part... »

À force de toucher sa bosse, Darcy se rendit compte que celle-ci était redescendue bien vite, elle était encore visible, mais bien moins qu'avant. La Gryffondor tourna la tête en direction de l'infirmière, elle attendant impatiemment son arrivée afin de pouvoir sortir et reprendre ses activités personnelles. La jeune fille lui lançait des regards pour lui faire comprendre qu'il était peut-être temps de s'occuper d'elle, mais celle-ci en avait décidé autrement et était occupée à noter des indications sur son calepin. Elle se retourna alors dans la direction de sa camarade pour reprendre la discussion :

« Et toi, tu es là pour quelle raison ? »

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"J'ai trébuché dans les gradins et je me suis tordue la cheville" expliqua Eirlys avec légèreté. "Mais ce n'est rien du tout! Je n'ai presque pas mal" ajouta-t-elle avec fierté.

Elle tâta sa cheville qui avait déjà un peu dégonflée. La pommade avait fait son effet et elle ne ressentait effectivement presque plus la douleur. Elle aurait pu partir immédiatement mais Darcy n'avait pas encore eu le feu vert de l'infirmière alors elle décida de lui tenir un peu compagnie. Elle était curieuse d'en savoir un peu plus sur cette fillette si discrète. Il lui semblait avoir entendu dire qu'elle été moitié-moitié (un parent moldu, un parent sorcier), mais rien de plus, si ce n'est qu'elle l'avait souvent vu un livre à la main.
Eilrys n'était pas tellement observatrice.
Elle descendit de son lit, s'avança cahincaha jusqu'au lit de sa condisciple et s'assit sur la chaise à côté.


"Tu t'appelles Darcy, c'est cela? Moi c'est Eirlys!" lança-t-elle en sortant de sa poche un mini sachet de gnomes au poivre dont elle prit une friandise avant de le tendre à sa condisciple.

Elle mâchouilla son bonbon, se délectant du goût, en fixant sa camarade qui s'était assise dans son lit et ne cessait de jeter des regards impatients à l'infirmière qui ne semblait pas décidée à revenir. On entendait au loin la rumeur des élèves, cris et rires mêlés dans une joyeuse cacophonie que l'infirmière n'aurait jamais supporté au sein de son territoire privé. Voyant que sa camarade ne pousserait pas d'elle-même la conversation, Eirlys reprit:

"Tu n'es pas très bavarde, hein? On n'a pas dû s'adresser la parole plus d'une ou deux fois cette année, alors qu'on est dans la même maison ! Ce n'est pas facile de discuter n'est-ce pas? " remarqua-t-elle à haute voix. "Quand on ne se connaît pas, on risque toujours de dire quelque chose de travers! Je n'avais jamais trop rencontré des enfants de mon âge, à part mes cousins, avant d'arriver à Poudlard... Et toi? ça n'a pas été difficile de s'intégrer? Tu as été à l'école des moldus avant peut-être? "

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Darcy lançait des regards furtifs en direction de l'infirmière tout en écoutant sa camarade. Celle-ci avait l'air d'être une grande bavarde puisqu'elle ne s'arrêtait pas de parler, mais la petite blonde n'était pas dérangée par sa nouvelle complice, au contraire, elle appréciait la compagnie. Eirlys, qui venait de dévoiler son prénom, s'approchait de Darcy. Dage était d'ailleurs étonnée que la griffon connaisse son nom, celle-ci avait tout simplement oublié que ce n'était pas la première fois qu'elle rencontrait la jeune fille. Elle faisait pourtant tout pour se préserver et avait très peu de contact avec les membres de sa maison. Elle refusa d'un geste de main accompagné d'un sourire l'offre de sa camarade qui lui tendait un petit sachet de friandises. Il semblait que beaucoup d'élèves aient tendance à s'acheter des bonbons, ce n'était pas la première fois que Darcy se devait de refuser ceux-ci. La jeune fille n'était pas très admiratrice de ces gourmandises, elle avait commencé à collectionner les cartes Chocogrenouilles, mais cela ne faisait pas longtemps. Dage avait réussi à collecter une quinzaine de cartes, ce n'était pas beaucoup évidemment, mais elle en était fière.

Elle fut très vite sortie de ses pensée quand Eirlys recommença à parler, la jeune fille avait sûrement compris que Darcy n'était pas du genre à bavarder. Ce n'était pas plus mal, elle préférait observer plutôt que de parler. Son regard suffisait à transmettre ses émotions, elle aimait parler avec ses deux yeux noirs. Quelques personnes trouvaient d'ailleurs son regard insolent, mais Darcy ne gérait pas ce genre de choses.


« Tu n'es pas très bavarde, hein? On n'a pas dû s'adresser la parole plus d'une ou deux fois cette année, alors qu'on est dans la même maison ! Ce n'est pas facile de discuter n'est-ce pas? Quand on ne se connaît pas, on risque toujours de dire quelque chose de travers! Je n'avais jamais trop rencontré des enfants de mon âge, à part mes cousins, avant d'arriver à Poudlard... Et toi? ça n'a pas été difficile de s'intégrer? Tu as été à l'école des moldus avant peut-être? »


« En effet, je ne parle pas beaucoup... Disons que je n'en ai jamais eu l'utilité avant. »
, elle marqua une pause avant de reprendre. « Je ne me sens pas vraiment comme intégrée, mais pas non plus comme l'inverse, j'ai toujours été comme ça... Et non, j'ai suivi des cours à la maison, j'avais le mal des gens... C'est un peu comme le mal de mer. Et toi, tu es déjà allée dans une autre école ?»

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En répondant, la petite blondinette la dévisageait de ses grands yeux noirs scrutateurs, comme cherchant à percer son crâne pour voir ce qui s'y cachait. C'était vaguement déstabilisant mais ça ne dérangeait pas la petite Walder outre-mesure. Il était plus difficile d'inviter un hippogriffe à s'incliner que de soutenir le regard, même fixe, d'un être humain.
Machinalement, tout de même, elle écrasa ses cheveux sur sa tête, comme pour protéger son cerveau.
Sans répondre tout de suite, elle réfléchit un moment à ce que disait sa camarade sur "le mal des gens". Elle pouvait le concevoir. Une maladie sacrément handicapante! Elle, les gens ne la dérangeaient pas la plupart du temps, même si elle trouvait qu'elle manquait un peu d'indépendance à Poudlard, de devoir se plier aux règles des autres et à leur rythme... C'était épuisant.


"Non, pas d'école" répondit-elle finalement. "C'est Grand-maman qui nous faisait cours la plupart du temps. J'ai beaucoup de cousins plus âgés, elle a eu le temps de se faire la main! Lire, écrire, compter... un peu d'histoire aussi. On a bien essayé de la convaincre de nous apprendre des sorts simples ou des potions amusantes mais elle a toujours refusé. Je crois que ce n'est pas très légal..."

Elle piocha dans le paquet friandises mais se ravisa et remit le gnome dans le sachet qu'elle rangea. Le déjeuner serait bientôt servis et elle voulait manger pleins de frites! C'était le très gros avantage du château. Elle n'avait jamais mangé aussi bien qu'ici! Son père cuisinait peu, sa mère encore moins. Avec les kilos de nourriture avalés depuis le début de l'année, et les cours sans fin passés assise, elle avait du prendre dix kilos au moins! Comme ses frères allaient se moquer d'elle quand ils la reverraient!
Elle se mit à balancer impatiemment les jambes dans le vide.


"Mais ici dans l'ensemble, les matières sont plus intéressante non?" poursuivit-elle. "J'aime beaucoup les Défenses Contre les Forces du Mal, et Métamorphose... et toi?"