Infirmerie

Inscription
Connexion
  Retour

 RPG +  48h sans Chocolat (PV)

Rey enfourna tout son repas sans dire un mot tant il avait faim. Il va sans dire que c'était délicieux. La veille, on lui avait appris que c'était des elfes de maison qui préparaient les repas avant de les envoyer par magie sur les grandes tables. Il se demandait bien à quoi pouvait ressembler ces créatures. Il s'était bien évidemment imaginé les grands elfes graciles et beaux qu'il avait vu dans les films ou encore les elfes du Père-Noël mais on l'avait détrompé rapidement non sans quelques ricanements. Ceci étant, ses camarades ne lui avaient pas été d'une grande aide pour lui dresser leur portrait. Il s'était donc contenté de ce que ces créatures magiques n'étaient pas. Quoiqu'il en soit, il ponctua l'exclamation de son voisin par un vif assentiment de plaisir.

Alors qu’il portait son verre d’eau à sa bouche et ingurgitait le liquide frais, la question d’Eliott le prit au dépourvu et il déglutit trop fortement, manquant de s’étouffer avec sa boisson. Il toussa avec vigueur pour chasser le liquide qui avait bifurquer sur le mauvais chemin et les larmes lui montèrent aux yeux. Après quelques secondes, il réussit à reprendre le contrôle de son corps et s’essuya d'un revers de manche. Cependant il ne savait pas trop comment répondre au préfet, il n'avait pas envie de se tailler une mauvaise réputation ici aussi alors même qu'il n'avait pas commencé son année. Son côté bagarreur ne devrait pas être un problème dans cette école, il se l'était promis. Il contrôlerait ses émotions. Il opta donc pour une petite omission.

- Disons que je me suis cassé quelques os, éluda-t-il avec un grand sourire presque angélique.

A son plus grand soulagement, Eliott n'insista pas et détourna son attention sur sa table de chevet avant de lui proposer une partie d'échecs “version sorcière”. Si Rey avait appris à jouer avec son frère, ou plutôt à perdre quasi systématiquement, il ne connaissait pas la subtilité “sorcière” de ce jeu. Il fut donc vivement intrigué par la proposition du Poufsouffle. D’autant plus qu’il n’avait jamais eu d’autre adversaire que Drian qu’il n’avait battu qu’une unique fois grâce à une stratégie audacieuse qu’il avait vitre appris à déjouer. Il se demandait si Eliott voyait la même chose que lui dans ce jeu, une formidable opportunité de peaufiner son esprit stratégique.

- Avec plaisir ! lui répondit-il avec enthousiasme.

Il se pencha sur le jeu que son camarade venait de récupérer mais n'y décela aucune différence avec celui qu'il connaissait. Le plateau était identique tout comme les pièces, blanches et noires comme toujours. Bien sûr, leur forme était un peu différente des pièces avec lesquelles il jouait mais cela n’avait rien de magique. Il fronça les sourcils, perplexe.

- Quelle est la différence avec la version moldu ? demanda-t-il.

Reducio
Image Oeuf de Gryffondor. 

Capitaine et Poursuiveur des Frelons
*Le souffle des poufsouffles jamais ne s'étouffe*

 RPG +  48h sans Chocolat (PV)

Lorsque je lui avais demandé s'il avait déjà séjourné à l'hôpital, Rey me répondit en souriant qu'il s'était cassé quelques os. Je penchais la tête, curieux - mais pensai que si c'était tout ce qu'il me disait, alors c'était tout ce qu'il y avait à savoir. Je n'insistais donc pas - peut-être que ça le dérangerait. Je savais que, en ce moment précis, je n'avais aucune envie de parler de mon passé et de mon séjour à l'Orphelinat. Alors je comprenais qu'il ne veuille pas parler de l'hôpital - peut-être que c'était vraiment tout ce qu'il y avait à savoir, mais peut-être qu'il y avait autre chose derrière, qui le pousserait à rester aussi distant sur ce sujet.
Peu importe, dans tous les cas, je n'avais aucune raison d'insister plus que ça.

Rey accepta avec plaisir de faire une partie d'échecs version sorcière - que je récupérais donc de l'étagère et préparait - mais il me demanda très rapidement quelle était la différence avec la version moldue. Même en ayant été adopté et élevé par des sorciers, je n'en avais strictement aucune idée de ce que pouvait être la particularité de cette variante, n'ayant jamais eu l'occasion d'y jouer. Enfin, mon père - adoptif, bien entendu - m'en avait déjà rapidement parlé, lorsqu'ils m'énonçait certaines particularités du monde sorcier - et il m'avait dit qu'il se jouait avec de la magie. Que nous n'avions pas besoin de déplacer les pions, juste annoncer l'endroit où nous désirions qu'ils se rendent.
Je regarde alors le plateau de jeu. Les sorciers sont un peu fainéants, tout de même.

« A vrai dire, je ne sais pas vraiment... Mon père m'a seulement dit que l'on utilisait la magie, et qu'il fallait annoncer le déplacement de la pièce désirée... Et qu'ensuite, elle se déplaçait toute seule. Peut-être qu'il y a plus que ça, sinon ça me semble un peu simple comme variante...»

Je regardais le plateau, réfléchissant au jeu d'échecs. J'avais très peu joué durant mon enfance. Il faut dire que pendant mes quatre premières années, c'était un peu tôt - et que ce n'est pas à l'Orphelinat qu'on m'y aurait fait jouer. Et je pense que les Parks avaient bien d'autres choses à me montrer qu'un jeu d'échecs - autant moldu que sorcier.

« Peut-être que ça fonctionne un peu comme...“Pion en B4”?»

À ces mots, le pion concerné s'anima pour avancer jusqu'à la case désignée. Il semblait presque vivant, doté d'une pensée propre. Pas d'une volonté, cependant, car il agirait aux mots du joueur, et non selon ses envie. A moins que sa volonté soit de suivre les paroles de la personne jouant aux échecs? Le fonctionnement de cette variante allait me donner de quoi réfléchir.

Je souris à mon ami.
« Ça à l'air de fonctionner comme ça... Mais j'imagine que si on annonce une action qui ne peut pas être effectuée, la pièce ne se déplace pas... Au moins, on ne peut pas se tromper !»

Pour accompagner mes propos, j'annonçais alors la tour en E5, mais comme ce n'était aucunement possible pour le moment, elle ne bougea point.
La partie commença alors. J'essayais de jouer comme je le pouvais, réfléchissant à mes actions. Mais je savais qu'il y avait beaucoup de tactique, de stratégie et de réflexion derrière les parties d'échecs, et je n'étais pas certain d'avoir les qualités nécessaires.

Rapidement, le premier pion fut prit - et je découvris tout aussi bien que mon camarade la vraie particularité du jeu d'échecs version sorcière: le barbarisme.
Surpris et interloqué, j'avais sursauté au moment où la pièce s'était fait détruire. Je ne m'attendais pas à... à cela. Je n'avais même pas de mots pour décrire mon état.
Je regardais alors mon camarade, toujours un peu étonné, et entrepris un sourire malicieux.

« Eh bien, au moins maintenant je sais pourquoi la salle est si poussiéreuse»

Une vie sans chocolat est une vie à laquelle manque l'essentiel.
Sorcier le plus Gourmand - Ventre sur pattes des Magic'Awards 2017

 RPG +  48h sans Chocolat (PV)

Rey écouta les explications du poufsouffle, un peu dubitatif. Le plateau de jeu avait l’air le plus normal du monde et il trouvait incongrue de devoir « parler » aux pièces. Mais soit, cela pouvait être amusant. Eliott resta un moment pensif devant le plateau de jeu, comme s’il évaluait la pertinence des explications de son père. Lorsque finalement il s’essaya, la pièce à laquelle il avait ordonné le déplacement glissa silencieusement à la position voulue ce qui leur arracha un sourire à tous deux.

- Coool ! s’exclama-t-il.

Eliott supposa qu’une mauvaise action ne se ferait pas et le rouquin acquiesça, convaincu de même. Il tenta tout de même et fit chou blanc. Rey ajusta sa position devant le plateau de jeu et croisa les mains sous son menton, prêt pour se lancer dans une stratégie redoutable. Il évalua le plateau puis son adversaire et prit le parti de commencer par tester un peu les réactions de son camarade avec de petits déplacements. Selon les réponses qu’il aurait, il envisagerait une stratégie.

- Bien alors à mon tour ! Pion en D3.

La pièce bougea sans qu’il n’ait rien à faire et il sourit en pensant à son frère. Il adorerait ça. Des échecs, de la magie, et quelqu’un avec qui partager tout ça. Entre chacun des déplacements, Rey observait Eliott avec attention, essayant de comprendre qui il était à travers sa stratégie. Mais il fut évident rapidement qu’il n’en avait pas vraiment même s’il prenait le temps de réfléchir à chacun de ses coups. Le rouquin prit son premier pion ce qui laissa place à une nouvelle démonstration de la magie. Au lieu de sortir du plateau, la pièce perdante fut littéralement mise en morceau par l’autre pièce. Rey en resta bouche bée un instant puis jeta un regard interloqué à son vis-à-vis qui semblait aussi surpris que lui. Passé ce moment de stupeur, le préfet lui sourit avec malice.

« Eh bien, au moins maintenant je sais pourquoi la salle est si poussiéreuse»

Rey rit doucement avant de le mettre en garde.

- Méfie-toi, le cerbère qui garde cette salle pourrait t’entendre et ne pas trop apprécier que tu insinues qu’elle ne sache pas la garder propre, réponda-t-il d’un ton très sérieux que son clin d’œil et son sourire démentirent.

Le poufsouffle entreprit alors de retirer les morceaux de pièces du plateau et des les disposer à côté « au cas où » il se passerait encore quelque chose d’inattendue.

- Je dois avouer que cette version sorcier est bien plus fun que la version moldue. On sent toute la pression qui pèse sur nos épaules, la vie de nos pièces sont en jeu, rit-il doucement. J’espère que tu es prêt à mordre la poussière, littéralement.

Après un sourire éclatant, Rey mis son assertion à exécution. A la fin de la première partie – lorsqu’Eliott n’avait plus que des morceaux éparpillés un peu partout en guise de pion – l’ensemble des pièces « ressuscitèrent », les morceaux se ressoudèrent et reformèrent les entités qu’ils étaient initialement. Décidément, la magie était vraiment formidable. Fort de ce constat et simplement heureux d’être là, à partager ce moment avec quelqu’un qu’il venait juste de rencontrer mais avec qui il s’entendait déjà si bien, Rey grava ses premiers moments à Poudlard dans sa tête. Il ne les oublierait pas de sitôt. Tout comme il n’oublierait pas la raclée qu’il mit un nombre incalculable de fois au poufsouffle, tant et si bien que Rey avait fini par lui apprendre quelques coups. Il ne pouvait tout bonnement pas le laisser sans défense. C’était trop déloyal. Ils jouèrent toute l’après-midi, tantôt concentré, tantôt riant, rejoint à un moment par les filles curieuses de leurs éclats de rire et le temps fusa à une vitesse phénoménale.

On leur apporta leur diner lorsque le soleil commença à décliner et que les murs de l’infirmerie se drapait d’une douce couleur oranger. Alors qu’il rangeait le plateau de jeu et que chacun regagnait sa place dans l’infirmerie pour pouvoir prendre leur repas, Rey se dit que si l’endroit lui avait paru froid et aseptisé le matin, à présent il le trouvait chaleureux et vivant. Et ce changement n’était pas seulement dû à la nouvelle tenue éphémère et chatoyante de la salle. Il observa Eliott manger quelques minutes avant de sortir de son mutisme et de lui faire part de ses pensées.

- Tu sais quoi ? Finalement je suis content d’avoir eu l’éclabouille et je suis content de te l’avoir filé. Enfin, pas content mais… disons qu’on s’est bien amusé, tentât-il de se reprendre en se rendant compte que sa première formulation sonnait bizarrement. Enfin, je crois ?

Capitaine et Poursuiveur des Frelons
*Le souffle des poufsouffles jamais ne s'étouffe*

 RPG +  48h sans Chocolat (PV)

Rey avait l'air ébahi par la version sorcière du jeu d'échecs. En même temps, des pièces se déplaçant toutes seules - c'était assez surprenant ! Et ça évitait de se tromper dans les déplacements - Rey avait tout de même essayé pour être sûr, et rien ne s'était déplacé. Alors il avait commencé à jouer - le sourire jusqu'aux oreilles. Je me demandais ce qui le rendais aussi heureux - peut-être avait-il déjà eu l'occasion de jouer aux échecs, et que ça lui ravivait de bons souvenirs? Ou tout simplement qu'il aimait beaucoup cette activité ? A voir, mais il semblait vraiment ravi de pouvoir pratiquer cette occupation.

Lors de la partie, j'eus un peu de mal à jouer. A vrai dire, je n'avais pas passé beaucoup de temps à jouer aux échecs, n'ayant pas vraiment d'occasions - et il était clair que, contrairement à moi, Rey y avait passé beaucoup plus de temps.
Après la surprise lors de la destruction littérale du premier pion - et ma petite phrase taquine à propos de l'infirmerie; mon camarade rit légèrement avant de me mettre en garde, comme quoi le « cerbère » de la salle pourrait m'entendre et ne pas apprécier mes insinuations sur la propreté de la salle - ce qui me fit rire. Je pense que même l'infirmière savait que la salle était poussiéreuse à souhait, c'est juste qu'elle ne voulait pas l'admettre.
Ou sinon, c'est juste que j'étais beaucoup trop maniaque - ou hanté par mes souvenirs d'internat. Je secouais la tête rapidement pour me défaire de ses pensées, alors que Rey m'avoua qu'il trouvait cette version sorcière bien plus amusante, car la vie de nos pièces était en jeu, et on pouvait donc sentir une pression plus forte. Puis, il ajouta qu'il espérait que j'étais prêt à « mordre la poussière ».
Je ris légèrement, répliquant:

« Bien sûr, tu vas voir ! »
Et il s'avéra que je me fis bel et bien laminer - des morceaux de mes pièces tellement éparpillées qu'on ne saurait plus reconnaître la reine d'un pion. Mais une fois la partie terminée, tous les morceaux se ressoudèrent - et je me sentis un peu soulagé pour les pauvres pièces de jeu qui avaient dû souffrir par ma faute - si jamais une pièce d'échecs peut ressentir la douleur. Après tout, on est dans un mode sorcier, alors pourquoi pas !

L'après-midi passa rapidement sans que je ne réussisse une seule fois à faire honneur à mes pièces - mais ça ne me démoralisais pas pour autant. Bien que perdant à chaque partie, je m'amusais énormément, ce qui était le plus important. Rey m'apprit tout de même quelques coups et techniques - et l'après-midi passa très rapidement, parsemée de rires - puis rejoins par les jeunes filles présentes dans l'infirmerie.

Je fus surpris lorsque l'heure du dîner arriva, car je n'avais littéralement pas vu la journée passer. J'avais tout bonnement l'impression qu'il s'était passé à peine une heure depuis le repas de midi - or, mon estomac m'indiquait qu'il était bel et bien l'heure de manger. Enfin, il ne fallait pas non plus trop compter dessus, car il pourrait bien dire qu'il est l'heure de manger n'importe quand.

Après avoir rejoins le plateau de jeu et que tout le monde ait regagné sa place, chacun d'entre nous pu commencer notre repas. Je me délectais des premières bouchées - comme à chaque fois que l'heure du repas arrivait. Molière avait peut-être dit qu'il fallait manger pour vivre, et non vivre pour manger - mais l'Avare, lui, était plutôt d'accord pour le contraire. Et, quelque part, je pense que j'étais pareil.

Rey commença alors à parler - déclarant qu'au final, il était content d'avoir eu l'éclabouille, et de me l'avoir refilé. Puis, il se corrigea pour dire qu'on s'était bien amusés - et tenta ensuite de reprendre ses mots. Je souris alors, posant mes couverts pour le regarder.

« Je vois parfaitement ce que tu veux dire ! Tu sais, tu es la première personne avec qui je passe autant de temps et avec qui je m'amuse... Et pourtant, je suis en deuxième année ! »

Je ris légèrement - la première année avait été pour moi  un peu comme un reflet de l'orphelinat, bien que c'était bien moins solitaire et beaucoup plus magique.

« Du coup, moi aussi je suis... content? D'avoir eu l'éclabouille. Ça m'a permis de te rencontrer, et de te connaître. Et je pense qu'on est d'accord sur le fait qu'on s'est bien amusés ! »

Je souris, et mon regard se perdit un instant dans l'observation de la salle.
« J'ai même oublié à quel point cet endroit ressemblait à mon passé...»

Je me tournais à nouveau vers mon camarade, le sourire aux lèvres.
«Enfin, tout ça pour dire que je suis vraiment content d'être ici...Et de t'avoir aidé, même si ça m'a contaminé. Je n'ai pas vu la journée passer, et je pense que ça sera pareil pour demain ! »

Une vie sans chocolat est une vie à laquelle manque l'essentiel.
Sorcier le plus Gourmand - Ventre sur pattes des Magic'Awards 2017

 RPG +  48h sans Chocolat (PV)

Rey écouta le préfet avec un mélange d’étonnement ravi et de peine. Ainsi, Eliott n’avait jamais passé autant de temps avec quelqu’un ? Mais il ne s’agissait là que d’une journée ! Comment cela pouvait-il être possible ? Même s’il était flatté que le garçon apprécie autant que lui sa compagnie, il trouvait cela un peu triste. Et il ne comprenait pas. Le poufsouffle avait vraiment l’air gentil et s’évertuait à se montrer le plus enjoué possible bien que Rey eût saisi qu’il ne devait pas toujours vraiment l’être. Pour autant, n’importe qui s’y laisserait prendre et aurait envie de lui parler. Ce qu’il lui disait là lui semblait bien étrange. Qu’avait-il bien pu faire l’année précédente pour être aussi isolé ?

Le rouquin acquiesça néanmoins et répondit au sourire de son vis-à-vis lorsqu’il lui confirma une nouvelle fois qu’il s’était lui-aussi bien amusé. Il pensa alors, aussi surprenant que cela puisse paraître, qu’une amitié venait de naître. Rey ne connaissait rien du garçon et réciproquement, mais il avait pu compter sur lui dans l’un de ce qui qualifierait des pires moments de sa jeune vie. Et sans que le préfet ne lui demande rien, le rouquin s’était senti concerné par la tristesse qu’il avait perçu en lui et avait tout fait pour tenter de la dissoudre un peu. Il avait même écopé d’une punition dès son deuxième jour d’école. « Si jamais Maman apprend ça, elle me tuera », se fit-il la réflexion. Et il espéra soudainement que pour son bien, rien ne filtrerait de cette salle. Profitant d’un instant de silence, Rey enfourna une fourchette dans son repas dans sa bouche et mastiqua en évitant tout simplement de trop penser. Ce qui ne semblait pas du tout être le cas de son voisin.

« J'ai même oublié à quel point cet endroit ressemblait à mon passé...»

Le mouvement de ses mâchoires se stoppa net lorsque l’information monta à son cerveau. Il eut à peine le temps de s’appesantir sur la chose qu’Eliott était déjà reparti sur un sourire et sa bonne humeur. Rey n’eut pas l’impression qu’elle était feinte, cependant les paroles qu’il avait prononcé juste avant étaient dépourvus de toute chaleur. Elles dépeignaient très certainement un aspect de sa vie qui n’avait cessé de le harceler tout le long de la journée et contre quoi Rey s’était battu sans en connaître la réelle teneur. Un souvenir de son enfance. Triste. Solitaire. Maladif. Comme l’allure qu’avait cette salle lorsqu’ils avaient mis les pieds ce matin et qui s’était vu transformée au grès de leur aventure.

Le rouquin avala sa bouchée et laissa passer un silence. Il hésita encore quelque seconde avant de dire tout haut ce qu’il gardait au secret dans sa tête.

- Est-ce que tu veux en parler ? Je peux créer des plans, jouer aux échec, mais je peux aussi écouter si tu en as envie, demanda-t-il le plus simplement du monde.

Capitaine et Poursuiveur des Frelons
*Le souffle des poufsouffles jamais ne s'étouffe*

 RPG +  48h sans Chocolat (PV)

Peut-être que je parlais trop. Parfois, je me confiais trop facilement - ou je parlais de mon passé avec aise et sourire. Mais au fond, ce passé me rongeait toujours - il me dévorait, lorsque les souvenirs étaient trop vivaces. Lorsque j'avais l'impression de ne jamais être parti. Ou que tout se rejouait indéfiniment. Ou que je revoyais les images, aussi claires que si elles étaient présentes.
Avant, je pouvais parler de ce passé sans qu'il ne me ronge. Peut-être que hier, j'aurais pu aussi. Mais avec du recul, je prenais compte de l'acte qui avait été commis - de la gravité de cet acte, de l'horreur, la tristesse qu'il pouvait représenter. Et, en plus de ça, l'infirmerie y ressemblait beaucoup trop - à ce souvenir.
Alors ça me brisait.

J'avais observé mon assiette un instant, jouant avec ma nourriture - perdu dans mes pensées. J'étais heureux d'être avec Rey, il était gentil. Vraiment gentil - peut-être pourrais-je continuer de parler avec lui, et peut-être deviendrais-je son ami. Un ami proche, ou un meilleur ami. Je n'avais jamais eu de meilleur ami - et pourtant, j'étais social, extraverti. J'allais vers les autres avec le sourire, je leur parlais, je tentais de me lier d'amitié avec eux. Peut-être que c'était mon apparence de « Famille Addams » qui les avaient toujours dérangés. Ou ma propre histoire - qui sait. Il est vrai qu'on regarde toujours d'un œil étrange les enfants qui appellent leur parents par leur noms de famille, comme s'ils étaient des étrangers. Et pourtant, les Parks étaient important à mes yeux - ils étaient ma famille, ils étaient cette main qui m'avait sortie des ténèbres.
Je les aimais.

Les mots de mon camarade me sortirent de mes pensées - et je regardais ma pauvre assiette que je triturais avec ma fourchette. Un mince sourire se dessina sur mon visage - un sourire exprimant mon passé, tandis que mon regard se perdait dans le vide de la salle. Lentement, je piquais un morceau de nourriture - et le mangeait, l'air pensif, réfléchissant à ma réponse. Je mâchais lentement, histoire de penser à ce que je dirais à Rey. Mais étrangement, je lui faisais confiance. Plus qu'aux autres. Ce n'est pas comme quand je raconte mon passé avec un sourire, déclarant que tout va bien.
Non, car Rey a vu à travers mon premier sourire - et il verra sûrement à travers les autres. Il a l'air de pouvoir me comprendre, ou du moins, il a l'air de pouvoir écouter.
Étrangement, je me sens à l'aise de me confier à lui.

Je me tourne alors vers mon camarade - un sourire nostalgique sur le visage. Je laisse planer un silence pendant quelque secondes, avant de faire un tour de salle du regard.
Et je pousse un soupir - soupir qui sonne comme une délivrance, comme pour livrer mon passé - soupir qui donne accès à mes mots.

« Quand j'avais quatre ans, mes premiers signes de magie se sont déclarés... Du moins, c'est le peu dont je me souviens de cet âge, et c'est probablement la seule explication logique. »

Je fais une pause, perdu dans le vide. Puis, je reprends.

« J'étais un né-moldu, alors mes parents n'avaient aucune idée de ce qu'était la magie. Bien évidemment, ils ont vite fait le lien, et ça les a terrifiés... »

Une nouvelle pause - je penche la tête sur le côté, réfléchissant. Même terrifié, est-ce un acte que l'on peut vraiment faire ? Ne chercherait-on pas à comprendre, plutôt que de se débarrasser du problème ? Peut-être que mes parents étaient différents. Enfin, peut-être que mes procréateurs étaient différents.
Ou alors, je cherchais des excuses pour justifier que ce qu'ils avaient fait était mal - alors que c'était probablement légitime.
Je secoues la tête légèrement, avant de reprendre:

« Ils ont rapidement pensé que j'étais possédé, que j'étais un monstre, quelque chose comme ça... Donc ils ont voulu se débarrasser de moi, pour leur propre sécurité. »

Je laissais un nouveau silence planer, avant de prononcer les mots qui tombèrent comme une sentence - les mots qui résumeraient le tout.

« Ils m'ont abandonné, laissé à un orphelinat. »

Une nouvelle pause - je prends moi-même le temps de digérer mes propres mots, qui résonnent en moi comme un douloureux souvenir. Lointain, effacé - mais toujours douloureux.

« J'y suis resté à peu près un an... Il y avait beaucoup de lits, un peu comme ici - et l'ambiance y était triste, solitaire. C'était des chambres de plusieurs, et il n'y avait pas vraiment de décoration. A quoi bon décorer, si on est censé vite partir, de toutes façons ? »

Je laisse échapper un petit rire nerveux - nerveux, et nostalgique de cette époque. Un rire triste, qui évoque ma peine.
Mais rapidement, je reprends le sourire et me retourne vers mon camarade.

« Enfin... Une adorable famille de sorciers m'a recueilli. Je m'entends vraiment bien avec eux, et je n'ai plus vraiment contact avec mes anciens parents. En fait, en général, je ne porte même pas tant d'importance à ce souvenir. En général, je peux en parler comme du beau temps, comme s'il ne s'agissait de rien d'important... »

Je reporte mon attention sur l'infirmerie.

« Mais j'imagine que la ressemblance m'a frappé, et m'a fait me sentir prisonnier de cette époque à nouveau.  Mais sinon, je le vis bien - j'ai d'excellents parents ! »

Je souris - un grand et large sourire. Je ne sais pas moi-même si je souris parce qu'aujourd'hui, je suis heureux - ou si je souris pour dissimuler les peines d'hier. Mais je souris, c'est déjà ça.
Je ris légèrement, regardant mon camarade.

« Pardon, c'était peut-être un peu long. Je ne veux pas t'embêter avec ce genre d'histoires... Mais je suis quand même content de t'avoir parlé. Ça fait du bien, de se confier sans sourire à côté. »

Et, sur ces mots, je pique énergiquement une nouvelle bouchée de nourriture dans mon assiette - pour m'en délecter tout aussi rapidement, la faim me terrassant .

Une vie sans chocolat est une vie à laquelle manque l'essentiel.
Sorcier le plus Gourmand - Ventre sur pattes des Magic'Awards 2017

 RPG +  48h sans Chocolat (PV)

Rey observa son camarade en silence. Il ne voulait pas le brusquer et encore moins le forcer. Cette histoire, son histoire, qu'il masquait par des sourires semblait être profondément douloureuse. Le garçon n’osait pas s'imaginer ce que son préfet avait vécu pour être ainsi torturé. Alors que le rouquin pensait finalement ne pas avoir de réponse, Eliott poussa un long soupir de celui qui baisse finalement les armes. Avec un sourire nostalgique et sans joie, il commença à lui narrer sa vie. Chacune des pauses qu'il laissait entre deux événements permettaient à Rey d’anticiper, d'angoisser et de prendre le temps de digérer les informations qu'il lui délivrait. Le tout nouveau Poufsouffle hésitait entre la colère froide et la compassion, la première étant dirigée vers ces parents indignes, la seconde bien entendu pour Eliott. 

Son rire douloureux lui écorcha les oreilles. Il frémit. La souffrance de son vis-à-vis, il la partageait pleinement. Il sentit un liquide chaud couler sur sa joue gauche mais happé par l’histoire de ce garçon torturé, il n'y fit attention que lorsque la voix d’Eliott s'éteignit. D'un revers de manche, il s’essuya la joue, un peu surpris par sa réaction mais trop accaparé par son camarade pour s’en formaliser plus que ça. Bien que l’histoire se finit relativement bien, Rey savait que les épreuves du passé marqueraient à jamais son camarade. Il suffisait de le voir s’agiter aujourd'hui dans cette infirmerie qui le ramenait dans ses souvenirs douloureux. De quelle façon la rançon du passé se manifesterait et quel prix Eliott aurait encore à payer, ça, personne ne le savait pour le moment. Ni même se le demandait. Les pensées de Rey n’allaient pas jusque là. Trop jeune pour prendre la mesure que de telles souffrances impliquaient, il observa avec une âme d’enfant le banni d'amour qui lui faisait face et qui s'était livré à lui.

Malgré un nouveau sourire ambigu, plus de soulagement qu’autre chose, Eliott ne s’était pas caché et le rouquin était plus que flatté qu'il lui confie sans fioritures aucune les douleurs de sa vie.

- Tu ne m’embête pas, lui répondit-il du bout des lèvres. Merci de m’avoir fait confiance.

Eliott se détourna de lui pour planter vigoureusement sa fourchette dans un morceau de viande. Rey, lui, joua à son tour avec, pensivement. Entre deux coups d'œil au préfet, il se demandait bien comment il devait se comporter. Il appréciait beaucoup le garçon. Certes, il était mauvais pour suivre les plans mais il s’était montré attentif, généreux, courageux et il lui faisait confiance. Et c’était réciproque. C'était tout de même grâce à son intervention que le rouquin avait découvert qu'il n'allait pas mourir, qui sait combien de temps encore il serait resté recroquevillé dans son coin ?

Rey se redressa d'un bloc, gonfla la poitrine et se tourna avec conviction vers son camarade. Son regard féroce le transperça et due le surprendre car le préfet s’arrêta de manger pour le regarder avec une drôle d'expression sur le visage. Profitant de son attention, le rouquin tendit le poing fermé devant lui et le présenta à son vis-à-vis.

- Moi, je ne t'abandonnerai pas, tu peux compter sur moi ! S’exclama-t-il un peu trop fort.

Il espérait que le garçon en face de lui ne le laisserait pas bêtement comme ça et scellerait cette nouvelle amitié comme il se doit.

Capitaine et Poursuiveur des Frelons
*Le souffle des poufsouffles jamais ne s'étouffe*

 RPG +  48h sans Chocolat (PV)

Rey avait longuement écouté mon récit, sans rien dire. Il m'avait écouté sans m'interrompre, comme si le sujet était important, comme si je lui expliquais que j'avais une maladie incurable. D'un côté, c'était un peu le cas - ce passage de ma vie était un sujet important, pas quelque chose que l'on pourrait qualifier comme de la rigolade, et les séquelles qu'il m'avait laissées pouvait s'apparenter à une maladie incurable. Je ne l'avais pas précisé, mais depuis j'avais une peur bleue des abandons - j'étais terrifié à l'idée qu'on ne veuille plus de moi, qu'on veuille me laisser. Et ainsi, je m'accrochais aux gens comme une tique - à l'exception que je me détruisais intérieurement pour qu'ils m'acceptent, et trouvent une raison de me garder. Ainsi, je me faisais volontairement sombrer dans un cercle vicieux, dans le simple but de ne pas me faire abandonner.
Quelle pitoyable maladie - pitoyable, et misérable.

Cependant, m'être confié à Rey me faisait me sentir plus léger - c'était un poids en moins à porter sur mes épaules, c'était un secret partagé. Maintenant, j'avais l'impression d'être soutenu, que je n'étais plus seul à supporter cette charge. Je me sentais soulagé - et je pouvais enfin respirer.
Je regarde alors mon camarade - qui semble encore réfléchir à mes mots. Il me répond après un mince silence que je ne le dérange pas - avant de me remercier pour lui avoir accorder ma confiance. Je souris alors - un sourire sincère, serein. Un sourire à la fois assuré, et redevable.
Car ce n'était pas à Rey de me remercier - c'était à moi de lui être reconnaissant, pour m'avoir longuement écouté.

Alors que je dévore goulûment mon plat, je peux voir du clin de l’œil que Rey à l'air pensif - jouant avec sa nourriture. Je me demande à quoi il pense - si mon histoire l'a perturbé. C'est vrai qu'il est plus jeune que moi, peut-être que j'aurais dû me taire - mais je suis heureux de lui en avoir parlé, tout comme il semble heureux également. J'espère juste qu'il ne sera pas perturbé.

Alors que je dévore mon repas, Rey se redresse subitement et se tourne vers moi - j'en lâche presque ma fourchette. Je le regarde alors, me stoppant dans mon action - le regardant, hébété. Il me présente alors son poing fermé, et me prononce l'une des plus belles phrases qu'on m'ait dites jusqu'ici :

«  Moi, je ne t'abandonnerai pas, tu peux compter sur moi ! »

Il s’exclame fortement - mais son enjouement me fait sourire. Sourire jusqu'aux oreilles, même.
Je tends alors également mon poing et frappe gentiment dans le sien, le regardant dans les yeux.

« Merci, Rey. Je compterais sur toi ! »

Je souris - heureux de cette amitié naissante. C'est la première fois que je rencontre quelqu'un comme Rey - et je n'allais pas le laisser partir comme ça.
J'avais le sentiment que cette amitié pouvait durer - qu'elle allait durer.

Après avoir terminé notre repas, mon nouvel ami et moi discutions un peu - avant que la fatigue et le sommeil ne nous emporte. Le lendemain se passa normalement - aucun plan foireux, et j'avais même oublié la ressemblance de cette salle avec une partie de mon passé.
Rey et moi avions passé la journée à nous occuper - que ça soit à discuter, à faire de nouvelles parties d'échecs version sorciers, à tuer le temps.
Ainsi, la deuxième journée passa - alors que nous développions tous les deux une amitié particulière et unique.

Une vie sans chocolat est une vie à laquelle manque l'essentiel.
Sorcier le plus Gourmand - Ventre sur pattes des Magic'Awards 2017

 RPG +  48h sans Chocolat (PV)

C’est avec soulagement que Rey sentit le petit coup sec sur son poing fermé, signe que son vis à vis ne lui avait pas mis un vent monumentale. Il répondit à son adhésion par un grand sourire. Cette journée avait très mal commencée, c’était certain, mais la présence d’Eliott et sa personnalité l’avait rendu bien plus plaisante. Ils finirent leur repas en bavardant joyeusement puis vint l’heure de dormir. Eliott s’endormit rapidement mais malgré le sommeil, Rey eut plus du mal. Milles et une pensées tournèrent dans sa tête. L’histoire du préfet lui semblait tellement triste mais il gardait constamment le sourire. Certes, c'était surtout pour cacher ses véritables sentiments, mais d'un autre côté, il se forçait à être heureux. D’autres garderaient un air morose placardé sur leur visage à longueur de journée. Mais pas lui. Le rouquin lui trouvait beaucoup de courage. À sa place, il ne s'imaginait pas faire bonne figure. Si un de ses parents l'abandonnait, si il se retrouvait sans leur amour et sans leur soutien, il se sentirait sûrement complètement anéanti. En colère aussi probablement. 

Cette nuit, Rey fit de mauvais rêves qui heureusement s’évanouirent au réveil. Leur deuxième journée de quarantaine se passa plus sereinement mais sans chocolat. Le garçon avait déjà écopé d'une retenue dès le premier jour de cours, il n’allait pas aggraver son cas. Mais ils ne s’ennuyèrent pas pour autant, ils avaient tant à se raconter. Lorsque l'infirmière les libéra enfin, les deux garçons avaient commencé à nouer une amitié sincère. Et Rey espéra qu’elle continuerait après cet événement. L'infirmerie, si froide et ascétique, paraissait bien moins hostile. Elle avait même acquis un petit zeste de joie. Si Rey la quitta avec soulagement, il ne la voyait plus aussi horrifiante qu'à son arrivée. Il soupçonnait qu'il en était de même pour le préfet. Ils avaient passé deux premiers jours qu'ils n'oublieraient pas de sitôt.

La semaine leur avait été allegée pour qu'ils puissent se reposer, les deux Poufsouffles s'étaient donc souvent retrouvés seuls dans la salle commune. Les craintes que les cours dans des années différentes ne les séparent s’évanouirent en même temps que leur amitié s'affirmait. Après tout, quand ils n'allaient pas en cours, ils visitaient le château, faisaient leur devoirs que leurs camarades leur ramenaient dans le parc ou enchaînaient les parties d'échec version sorcier. Rey adorait ce jeu et Eliott devenait meilleur chaque jour. Il devient de plus en plus évident pour tout le monde que ces deux là deviendraient inséparables.

Entre temps, sa famille ayant été mise au courant de sa maladie lui envoyèrent par courrier le pire des cadeaux. Un chat démoniaque. Et en plus de l'amitié, Eliott mis son statut de préfet en action afin de sortir le rouquin de l'embarras à chaque fois que son chat venait à sacager la salle commune. Un vrai duo de choc.

RP terminé

Capitaine et Poursuiveur des Frelons
*Le souffle des poufsouffles jamais ne s'étouffe*
  Retour