Infirmerie

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Visite inattendue  PV 

Suite à ce RP.


Depuis sa rencontre et la dispute avec le Serpentard inconnu, Lloyd avait passé les deux dernières semaines à l'infirmerie. Non seulement il était obligé de rester pour prendre trois fois par jour une sorte de potion qui devait régénérer son tympan percé, mais il était aussi tombé malade, probablement à cause de ce temps qu'il avait passé évanoui dans la neige. Le Poufsouffle était donc cloué au lit depuis des jours, à prendre régulièrement de fortes doses de Pimentine contre le rhume, dans la solitude et le silence. Il lui avait fallu quelques temps pour pouvoir de nouveau entendre correctement, mais selon l'infirmière, son audition était encore fragilisée. Il était donc hors de question pour Lloyd de quitter sa forteresse de solitude qu'était l'infirmerie.

Lloyd s'ennuyait ferme. Il n'avait rien à lire, rien à faire, pas le droit de bouger, et évidemment, personne n'était venu lui rendre visite. Tout ce qu'il restait à Lloyd, c'était réfléchir, ruminer sa rancune envers le garçon qui lui avait lancé un sort assourdissant. Le Poufsouffle passait ses journées à visualiser dans sa tête la rencontre avec le garçon, ses remarques menaçantes, son agressivité... et le sortilège. Le sortilège qui l'avait envoyé deux semaines à l'infirmerie avec quarante de fièvre et un tympan en miettes. Chaque jour, il se demandait où était cet élève de Serpentard, et surtout, si on avait découvert son crime infâme, et si il avait été puni. Aussi, dès que l'état de Lloyd avait commencé à s'améliorer, le garçon avait fait une description complète de son agresseur à l'infirmière : pas très grand, sûrement en première année, puisqu'il faisait la même taille que Lloyd, élève à Serpentard puisque son bonnet et son écharpe arboraient fièrement les couleurs de la maison de Salazar, les cheveux assez sombres, bruns, probablement, et surtout, un air méprisant et arrogant particulièrement insupportable. L'infirmière avait écouté sa description attentivement, mais plusieurs jours passèrent sans que Lloyd ne sache si on avait trouvé l'élève qui l'avait envoyé à l'infirmerie. Il ne lui restait plus qu'à attendre, encore et toujours, un résultat qui peut-être ne viendrait jamais.

Le Poufsouffle passait donc ses journées à inventer les passe-temps les plus déprimants qu'on puisse imaginer : regarder par la fenêtre pendant des heures, jouer tout seul à la Bataille Explosive, se parler à soi-même, se rendre compte du poids exécrable de l'existence absurde vécue par les pauvres humains aux vies bien éphémères, compter les boutons de son voisin atteint d'éclabouille... Lloyd ne souhaitait qu'une chose : sortir de cette maudite infirmerie, avec son silence ponctué par les toux d'élèves malades et son odeur de moisi... Si seulement un de ses camarades venait le voir... Mais il n'avait pas vraiment d'affinités avec qui que ce soit dans sa classe, donc il y avait peu de chance qu'on vienne lui rendre visite. Pendant un instant, Lloyd se demanda si ses camarades du dortoir des garçons de Poufsouffle s'interrogeaient sur son absence. Mais après réflexion, il n'était même pas sûr qu'ils connaissent tous son prénom, les probabilités étaient donc faibles.

Pourtant, miracle ! Miss Lloyd (l'infirmière) prévint Lloyd (l'élève) qu'il avait un visiteur. Intrigué, Lloyd (l'élève) se redressa dans son lit pour regarder qui pouvait bien lui rendre visite. Le Poufsouffle lâcha une exclamation de surprise en voyant la personne qui se dirigeait vers lui. Qu'est-ce qui pouvait bien l'amener à venir voir Lloyd (l'élève) ?

Le souffle des Poufsouffle jamais ne s'étouffe !

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L’info était remontée aux oreilles de Kristen assez facilement. Un petit élève de Serpentard, « encore lui », avait rendu sourd un camarade de Poufsouffle, un certain Lloyd MacMillan, de la famille MacMillan, donc. L’infirmière avait fait la description de l’agresseur du Poufsouffle aux professeurs et l’information avait atteint Kristen avant même que ses collègues ne commencent à penser qu’il faudrait sérieusement faire quelque chose pour ce gamin qui ne causait que des problèmes. La directrice avait soupiré, fait venir son fils dans son bureau pour l’enguirlander en personne, et aujourd’hui, par acquis de conscience, irait voir ce pauvre petit Blaireau qui avait été rendu sourd comme un pot.

Elle fut introduite par l’infirmière Lloyd dans cette formidable salle imitant très bien un hôpital. La directrice repéra le petit MacMillan  et se dirigea vers lui avec cet air impérieux qui la caractérisait bien. Elle remercia l’infirmière pour mieux lui signifier qu’elle pouvait s’éloigner et vaquer à ses occupations. Kristen jeta un regard en arrière, s’assurant que Ruby Lloyd était retournée à ses fioles, et appela :

« Venez ici, Monsieur Stein. »

Un petit gamin aux cheveux noirs apparut à l’embrasure de la porte. Il fit un sourire à l’envers, c’est-à-dire qu’il tira une tronche pas possible, et resta planté là. Kristen répéta son injonction et Owen vint en traînant des pieds mais prit le soin de rester en retrait.

« Bonjour, Monsieur MacMillan. Comment vous sentez-vous ? »

Elle lui adressa un sourire poli et dérangeant (principalement parce qu'il sous-entendait que sa présence ici était tout ce qu'il y avait de plus normal).

« Il semblerait que nous ayons déniché le coupable… N’est-ce pas ? ajouta-t-elle en adressant un regard en coin à sa terrible progéniture. »

Even a bird would want a taste of dirt from abyssal dark.

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Kristen Loewy. La célèbre Kristen Loewy, directrice de Poudlard connue dans toute la communauté sorcière d'Angleterre, se tenait devant Lloyd. Le malheureux Poufsouffle avait mis un moment à comprendre ce qui lui arrivait, puis quand il réalisa que la directrice du collège était venue en personne lui rendre visite, son sang ne fit qu'un tour. Pourquoi ? Qu'avait-il fait pour que la personne la plus importante de l'école vienne le voir pour une simple histoire de dispute entre deux premières années ? Lloyd commença tout de suite à craindre le pire. Peut-être que le Serpentard avait donné sa propre version des faits et accusait Lloyd d'un crime quelconque, probablement infâme, et méritant le renvoi ? Ou peut-être que le Serpentard était quelqu'un d'important, le fils du ministre de la magie, par exemple ? La surprise et l'incompréhension empêchèrent le Poufsouffle, déjà silencieux de nature, de dire quoi que ce soit.

« Venez ici, Monsieur Stein. » ordonna la directrice.

Avec cet ordre entra la deuxième pire personne que Lloyd pouvait rencontrer ce jour là : l'élève inconnu, répondant au nom menaçant de Stein. Pas de doute, c'était lui. Le Poufsouffle pouvait reconnaître son air supérieur et grincheux. Ce dernier s'avança et Lloyd vit que ses traits étaient... maussades. Une fois arrivé à peu près la hauteur du Poufsouffle, Stein s'arrêta et essaya de maintenir une distance respectable par rapport à Lloyd et à la directrice.

« Bonjour, Monsieur MacMillan. Comment vous sentez-vous ? Il semblerait que nous ayons déniché le coupable… N’est-ce pas ? » dit la directrice avec un air de pseudo-connivence.

En entendant son nom, Lloyd sursauta, toujours trop impressionné pour parler, et regarda la directrice en essayant de ne pas montrer qu'il était au paroxysme de la panique. Celle-ci arborait un sourire aussi aimable que terrifiant car plutôt forcé et surtout très peu naturel sur le visage impérieux de Kristen Loewy, lui donnant l'air d'avoir avalé un bocal entier de limaces à cornes. Trop terrifié par le regard froid de Miss Loewy, Lloyd décida de se rabattre sur Stein. Grossière erreur. Le Serpentard arborait un air assassin qui horrifia tout autant le Poufsouffle. Le jeune garçon commençait à croire que tout ceci n'était qu'un cauchemar. Mais non, Stein et Loewy le regardaient, attendant une réponse. D'une voix tremblante, Lloyd tenta de balbutier une phrase à peu près cohérente : « O-oui... Je... J-j'ai...». Cette tentative ratée de s'exprimer comme un être humain normal fut suivie par un long silence, puis Lloyd parvint à trouver la force de continuer :

« H-heu... Oui, c-c'est lui... C'est le... ce garçon qui m'a lancé un s-sort...»

Puis, après un instant d'hésitation, Lloyd demanda maladroitement :

« Excusez-moi d'être, h-heu, malpoli... Mais qu'est-ce que, je veux dire, que faites-vous i-ici ? Enfin, je veux dire... Pourquoi vous êtes venue me voir... avec ce garçon ?»

Le Poufsouffle ne comprenait pas la situation. Pourquoi avait-elle amené le Serpentard à l'infirmerie ? Peut-être s'attendait-elle à ce qu'il présente ses excuses à Lloyd... Mais surtout, pourquoi Miss Loewy, plus qu'un autre professeur ? Ça n'avait aucun sens. Lloyd n'avait presque jamais vu la directrice hors de son bureau en dehors des repas et des événements particuliers, il lui semblait donc incroyable qu'elle se déplace pour régler une simple querelle entre deux gamins insignifiants, quelque chose qui pourrait être réglé par n'importe quel adulte du château. Il devait donc y avoir une raison pour expliquer sa présence. Mais laquelle ?


Excusez-moi pour ce retard !

Le souffle des Poufsouffle jamais ne s'étouffe !

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À peine consciente d’épuiser le malade par sa venue improbable – elle le devinait peut-être, mais si c’était le cas, elle s’en amusait au fin fond de son être sans s’en soucier plus que cela –, Kristen se contenta de répondre au petit Lloyd avec l’air le plus aimable qu’elle pouvait lui adresser, tout en gardant une apparence de sévérité à l’égard d’Owen.

« Monsieur Stein, ici présent, nous cause quelques problèmes depuis son arrivée à l’école. Malheureusement, vous n’êtes pas le premier à subir les conséquences de son... »

Manque d’éducation ?

« De sa témérité. »

Manque d’éducation. Owen regardait ses pieds avec un air mécontent. Il se sentait profondément humilié et il savait que le pire était encore à venir.

« Il a certaines choses à se faire pardonner s’il souhaite nous prouver qu’il peut utiliser la magie à bon escient. »

Owen avait jusqu’il y a peu été très sûr de lui : en tant que fils de la directrice, il pouvait tout se permettre. Qu’importe la bêtise qu’il ferait, sa mère le protégerait, comme quand il était petit et que seul son père le grondait, et donc il ne pourrait jamais subir les pleines conséquences de ses actes. Aucune chance qu’il se fasse temporairement ou définitivement renvoyer. Même les heures de colle, elles trouveraient bien un moyen de sauter, comme la fois où ça s’était finalement transformé en cours particulier de magie. Et puis, on pardonne tout aux petits garçons de son âge.

Ses certitudes en avaient pris un coup quand il s’était retrouvé face à sa mère, froide comme la glace mais dont on sentait la colère emplir la pièce, qui lui avait annoncé quelles seraient les possibles conséquences de ses agissements. La seule solution était de se faire pardonner. Or, Owen ne savait pas bien ce qu’il détestait le plus entre demander pardon et présenter des excuses.

Le petit garçon eut le malheur de relever les yeux, sentant un poids tomber sur ses toutes petites épaules. C’était le regard de la directrice de Poudlard qui s’attardait sur cet être minuscule, et c’était un regard qui attendait que quelque chose de convenu se passe.

« Pardon, lâcha Owen entre ses dents. »

Le regard continua pourtant de le saisir. Owen rougit, baissa un peu plus la tête et dit :

« Désolé.
- Désolé de quoi ?
- Désolé que tu sois devenu sourd. »

La pression des yeux bleus sembla s’accentuer au lieu de se relâcher.

« Ce n’est pas tout à fait ça, dit Kristen. Et lève la tête.1 »

Owen s’exécuta. Avec la volonté d’en finir le plus vite possible, il récita :

« Je suis désolé de t’avoir rendu sourd, Lloyd. Je-te-prie-d’accepter-mes-excuses. »

Le petit Serpentard soupira, tourna la tête vers sa mère avec l’air de demander : « c’est bon ? » et reporta son attention sur Lloyd.



1 : Pas de vouvoiement/tutoiement en anglais, on sent toutefois que la façon de parler est à la fois autoritaire et plus relâchée.

Even a bird would want a taste of dirt from abyssal dark.

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La directrice garda son air aimable en répondant au jeune Poufsouffle décontenancé.

« Monsieur Stein, ici présent, nous cause quelques problèmes depuis son arrivée à l’école. Malheureusement, vous n’êtes pas le premier à subir les conséquences de son... »

Court silence. De toute évidence, Loewy cherchait un mot, ou plutôt un euphémisme, qui pouvait désigner la cruauté et l'arrogance de l'infâme Serpentard.

« De sa témérité. »

Pas le premier à subir les conséquences de sa témérité ? Même si Lloyd ne savait pas ce que ça signifiait, il comprit ce que voulait dire la directrice. De toute évidence, ce garçon répandait la terreur et le chaos partout où il se rendait. Le Poufsouffle n'était probablement pas sa première victime. Mais il ne comprenait toujours pas pourquoi c'était Kristen Loewy en personne qui s'occupait de cette... rencontre. Lloyd soupçonna la directrice d'avoir des raisons inavouées de se rendre à l'infirmerie en compagnie du Serpentard : sa réponse lui semblait un peu évasive. Mais Lloyd... était Lloyd : un jeune élève timide et assez insignifiant qui se retrouvait devant l'une des personnes les plus importantes d'Écosse. Aussi, il n'osa évidemment pas faire de remarque.

« Il a certaines choses à se faire pardonner s’il souhaite nous prouver qu’il peut utiliser la magie à bon escient. » continua la directrice en regardant Stein d'un air sévère.

Lloyd en venait presque à plaindre le Serpentard. Oui, il avait jeté un sort au Poufsouffle (et probablement à d'autres élèves, à en juger par les remarques de Loewy). Mais en ce moment, Stein était dans une situation à la fois légèrement humiliante et surtout effrayante : Lloyd avait remarqué que la directrice jetait régulièrement des regards froids et menaçants en direction du Serpentard, ce qui terrifierait n'importe qui. Stein fit une grimace sinistre avant de baisser la tête et de marmonner un simple « Pardon », probablement plus pour la directrice que pour Lloyd. Mais un simple pardon semblait... léger.

« Désolé. ajouta Stein.
- Désolé de quoi ? corrigea Kristen Loewy.
- Désolé que tu sois devenu sourd. »

De nouveau, silence assourdissant. Lloyd se demandait à moitié si c'était son audition qui faisait des siennes, mais il se dit que n'importe quel première année resterait silencieux en étant regardé comme Loewy regardait Stein : avec une froideur glaciale et sévère.

« Ce n’est pas tout à fait ça. Et lève la tête. » dit la directrice. Elle rappelait étrangement à Lloyd une mère en colère demandant des excuses sincères à un gamin malpoli. On s'attendait presque à ce que Loewy donne au Serpentard des lignes à écrire cent fois, dans le genre "je ne dois détruire les tympans de mes camarades à l'aide d'un sortilège ". Stein en avait clairement marre, c'est pourquoi il décida d'en finir avec cette formule formelle et expéditive, prononcée rapidement et presque sans respirer :

« Je suis désolé de t’avoir rendu sourd, Lloyd. Je-te-prie-d’accepter-mes-excuses. »

Désolé de l'avoir rendu sourd ? À l'entendre, on aurait dit que c'était accidentel. Au début, Lloyd envisagea de refuser ces maigres excuses et de rétorquer une réplique cinglante, avant de se rappeler qu'il ne trouvait aucune réplique cinglante à dire et que la directrice était là (et n'apprécierait probablement pas que ce simulacre de réconciliation entre les deux élèves se transforme en bataille d'insultes). Lloyd jeta un œil en direction de Loewy : elle avait exigé des excuses, et Stein les avait faites. Maintenant, le Poufsouffle était obligé de les accepter, même à contrecœur.

« H-heu... Je... J'accepte tes excuses... » répondit Lloyd d'un air magnanime en grimaçant intérieurement. Et maintenant ? Ils étaient sensés faire quoi, se serrer la main et promettre d'être bons amis ? Le Poufsouffle mourrait d'envie de remarquer que Stein méritait ce qui lui arrivait.

« Même si tes excuses s-sont peut-être... un peu... légères... Je veux dire, ça fait p-plus d'une semaine que... je suis à l'infirmerie... » marmonna le Poufsouffle. Après tout, si il suffisait de s'excuser pour être pardonné, les pires criminels pourraient juste dire "pardon"...

Le souffle des Poufsouffle jamais ne s'étouffe !

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Kristen haussa un sourcil et jeta un regard éloquent en direction de sa progéniture. En ramenant ses yeux bleus glacés vers le petit garçon alité, elle dit :

« Oh, mais je suis entièrement d’accord avec vous. »

Owen gigota sur place. Il savait très bien ce qui l’attendait et il avait beau avoir essayé de s’y préparer psychologiquement, il ne s’y faisait vraiment pas.

« Et Monsieur Stein est d’accord également, n’est-ce pas ? fit Kristen. »

Le minuscule Serpentard rouspéta un peu, releva sa bouille de petit grognon et chercha le pardon dans le regard de sa mère. Peut-être pouvait-il encore changer sa terrible, atroce, affreuse destinée. Il ne reçut pourtant aucune réponse visuelle notable et la directrice de Poudlard poursuivit à l’attention de Lloyd MacMillan :

« Je ne crois pas aux excuses tant qu'elles ne s'accompagnent pas d'actes significatifs. Afin de prouver qu’il peut être un adorable camarade et qu’il est capable d’utiliser la magie pour autre chose que des farces de mauvais goût, Monsieur Stein a gentiment proposé de vous aider à rattraper les cours que vous avez manqués et s’est porté volontaire pour vous assister pour ce que vous voudrez, et ce pour une durée d’une semaine. »

Owen s’indigna :

« Mais c’est pas vrai ! »

Un sourcil fut une fois de plus levé. Kristen étant assez grande et Owen franchement petit, il n’osa pas exprimer son mécontentement avec toute la vigueur qu’il aurait souhaité.

« C’est pas moi… quiai proposé »

Kristen fit un petit sourire en coin et conclut :

« Peu importe, puisque vous allez le faire. »

Le Serpentard voulut rétorquer, mais il savait que c’était perdu d’avance. Elle avait raison, peu importait comment la chose avait été présentée, il savait qu’il devrait le faire de toute façon. On l’avait prévenu. Et en plus de ça, sa mère avait déjà pris rendez-vous avec son père pour discuter de son comportement. Il aurait lieu d’ici quelques jours. Owen voyait s’enchaîner les sales quarts d’heure…

« Je comprends que vous n’ayez pas forcément envie de le voir près de vous, Monsieur MacMillan, mais il se pourrait que vous ayez une bonne influence sur lui. Je veillerai personnellement à ce que tout se passe au mieux, soyez-en sûr, prévint-elle. »

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Le regard froid et perçant de la directrice se posa de nouveau sur Lloyd, qui essaya en vain de réprimer un frisson d'horreur. Décidément, il ne parvenait pas à s'habituer à la présence inhabituelle et particulièrement stressante de Loewy.

« Oh, mais je suis entièrement d’accord avec vous. Et Monsieur Stein est d’accord également, n’est-ce pas ? »

Stein sembla s'agiter. Et Lloyd comprenait pourquoi : de nouveau, il ressentait de la pitié pour son agresseur en entendant les mots menaçants de la directrice, qui suggéraient un châtiment terrible et imminent. Stein était arrogant, malpoli, et cruel, mais aucun première année ne méritait d'être dans une situation pareille.

« Je ne crois pas aux excuses tant qu'elles ne s'accompagnent pas d'actes significatifs. » continua la directrice. Lloyd approuva (intérieurement, n'osant toujours pas s'exprimer autrement que par faibles gestes).

« Afin de prouver qu’il peut être un adorable camarade et qu’il est capable d’utiliser la magie pour autre chose que des farces de mauvais goût, Monsieur Stein a gentiment proposé de vous aider à rattraper les cours que vous avez manqués et s’est porté volontaire pour vous assister pour ce que vous voudrez, et ce pour une durée d’une semaine. »

Lloyd se sentit pâlir en comprenant lentement ce que disait Loewy. Cela voulait dire que... Stein allait devoir aider Lloyd... pendant une semaine. Il allait être obligé d'être avec le Serpentard pendant une semaine entière. Une. Semaine. Entière. Lloyd allait passer la semaine avec un camarade qui l'avait insulté puis attaqué. Stein poussa une exclamation indignée que Lloyd, trop traumatisé par la perspective de sa punition, ne comprit même pas, mais le regard de la directrice le stoppa net dans sa... témérité, et il marmonna :

« C’est pas moi… quiai proposé »

Ça, Lloyd s'en doutait. Le mot "altruisme" ne devait pas faire partie du vocabulaire du Serpentard. D'ailleurs, le mot "altruisme" fait rarement partie du vocabulaire de la plupart des enfants de onze ans, de toute façon. Lloyd voulut parler, mais l'air de détresse qu'on lisait sur son visage montrait bien son état d'esprit. Il n'avait jamais demandé tout ça. Si seulement il ne s'était pas trouvé au bord du lac, quelques jours auparavant, si seulement il n'avait pas rencontré ce fou qui l'avait envoyé à l'infirmerie pour des raisons puériles... Et il était sûr que le Serpentard en face de lui pensait la même chose. Ce garçon passait déjà un sale quart d'heure, pour ensuite être sévèrement puni et réprimandé par la directrice du collège. Il le méritait... mais Lloyd, étant terrifié par la directrice, pouvait compatir, ou au moins comprendre. L'air affligé du Serpentard fut accueilli par un énième sourire sévère et froid de la part de la directrice, qui conclut :

« Peu importe, puisque vous allez le faire. Je comprends que vous n’ayez pas forcément envie de le voir près de vous, Monsieur MacMillan, mais il se pourrait que vous ayez une bonne influence sur lui. Je veillerai personnellement à ce que tout se passe au mieux, soyez-en sûr. » ajouta-t-elle.

Ce n'était pas vraiment très rassurant, mais si la directrice disait veiller pour que tout se passe bien, il n'y avait aucune raison de ne pas la croire... Même si la perspective d'une semaine entière passée en compagnie d'un camarade de classe aussi peu attachant restait inquiétante. Lloyd ne voyait pas trop en quoi il pouvait avoir une bonne influence sur un cas aussi désespéré, mais il n'avait pas l'impression de pouvoir refuser la punition de la directrice. Le Poufsouffle hésita : il ne savait vraiment pas quoi dire.

« Euh... D'accord. Merci...? » répond le garçon, avant de continuer : « J'espère qu'il n'y aura pas problèmes... Ça devrait aller... »

Le Poufsouffle se sentait un peu bête, à ne jamais savoir quoi dire. Il jeta quelques regards inquiets vers la directrice et vers Stein, avec une expression interrogative qui semblait vouloir dire "et maintenant ?".

Le souffle des Poufsouffle jamais ne s'étouffe !

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   Elle hocha la tête, sourit un peu et dit :

« Mais oui, mais oui. Eh bien, je vous laisse tous les deux, Monsieur Stein n'a pas cours tout de suite, je crois. »

  Owen lança un regard suppliant à sa directrice de mère et soupira. Elle s'éclipsa après un signe de tête courtois à Lloyd et lui avoir souhaité une bonne journée. Owen se retrouva donc seul dans l'infirmerie, avec ce garçon qu'il avait rendu sourd et qui l'avait contraint à cette punition. Son visage était tout contracté, son menton faisait des plis bizarres à cause de sa bouche à l'envers.

« J'te jure, j'aurais voulu nous éviter ça à tous les deux, grogna-t-il. »

   Le jeune Serpentard regarda ses pieds.

« Mais bon, si on le fait pas, c'est moi qui vais m'en prendre plein la tronche. Peut-être que toi, c'est exactement ce que tu veux, mais ce serait vraiment pas sympa quand même. Du coup, on pourrait au moins faire semblant, le temps que... »

  Owen releva sa bouille pleine d'indignation et d'espoir mêlés vers MacMillan :

« 'Fin, le temps qu'elle a dit, et que ça se tasse. T'es d'accord ? »

   Le Serpentard n'avait pas du tout envie de se faire renvoyer de l'école. Servir de chevalier servant - que dis-je ! - d'esclave à ce Poufsouffle lui était insupportable, mais il n'avait pas trop le choix. Alors autant y aller, faire ça proprement et ne plus jamais en parler ensuite, comme si ce n'était pas arrivé (il en allait de son honneur !).