Infirmerie

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Ancien sorcier  

L'heure est aux négociations.  PV 

L'heure était grave.

Edme avait reçu une mission de la part de ses gentils petits camarades de Poufsouffle. En fait, au point où la pauvre petite gamine rousse en était, ce n'était pas vraiment une mission, mais plutôt un commando suicide, si vous voyez le genre. C'est que les blaireaux aimaient jouer avec le feu, et ils avaient décidé, par on-ne-savait quelle lueur de génie - ou de folie – de tenter de se lancer dans un avenir pyromane.

Enfin, non, pas vraiment. Les élèves aimaient à se lancer des défis, des petits Cap ou pas Cap, des mots jetés sans importance, mais que l'on prend très à cœur quand on a douze ans et qu'on veut montrer aux autres qu'on est fort et qu'on a pas peur de se frotter aux dures réalités de la vie. Edme faisait, bien entendu, partie de ses gens-là.

Aussi lui avait-on demandé l'impossible, ou presque : trouver de la Pimentine. Ses camarades lui avaient assuré que c'était sans danger, qu'on en trouvait partout. Facile à dire. Ed' ne savait pas trop comment faire, ce qu'ils allaient en faire, mais ce qui était sûr, c'est qu'elle ne voyait qu'un endroit pour s'en procurer rapidement : l'Infirmerie, ou l'antre du dragon Pomfresh.

La Poufsouffle ne voulait pas être renvoyée : elle se sentait bien à Poudlard, elle s'y faisait des amis, et elle était très heureuse comme cela. Mais si elle ne menait pas à bien ce défi, elle risquait de rendre le reste de sa scolarité très compliqué... Surtout qu'elle deviendrait la risée des jaunes, et bientôt de tous les autres élèves... La galère.

Edme se devait donc de relever cette mission à haut risque. C'est ainsi qu'un dimanche matin, même un dimanche crépusculaire, la Deuxième Année se leva, plus matinale que les plus matinaux des élèves, se glissa dans une tenue souple et discrète, avant de déambuler comme une ombre hors de son dortoir, et bientôt de sa Salle Commune.

Remerciant le ciel d'être tombée dans la maison de la bonne Helga Poufsouffle et de ne pas devoir descendre ou monter des milliers de marches d'escaliers, la fillette rousse ne regarda même pas la Grande Salle, se disant que son ventre ira se détendre plus tard, et dirigea son regard vers les escaliers. Elle se décida très vite à les prendre, discrètement, et sur la pointe des pieds.

Edme voulait être une ombre, et jusqu'à présent, cela marchait plutôt bien. Tellement bien qu'elle arriva très vite au premier étage et devant la porte tant redoutée de l'Infirmerie. La Poufsouffle inspira un grand coup, ses mains frêles toutes tremblantes devant le crime sacré qu'elle allait commettre dans quelques instants.

Poussant la porte qui grinça un peu, Edme analysa la pièce. Du premier coup d’œil, il ne semblait y avoir personne. Mais la Deuxième Année remarqua une forme sous une des couvertures des lits immaculés de la pièce : sûrement un élève malade et assoupis, qui finissait sa nuit. Il avait bien raison, Edme ne s'en soucia pas et essaya même de faire encore moins de bruit pour ne pas réveiller ce pauvre enfant.

L'armoire où était exposé le Saint Graal approchait des yeux de la rouquine : la Pimentine était là. Juste là. Tendant la main droite, tremblotante davantage à mesure que les minutes avançaient, vers la porte en verre de la vitrine, Edme entendit un petit bruit, comme un toussotement, derrière elle.

Quelqu'un était là, réveillé, et bien conscient de ce qu'elle allait faire. Et si c'était Madame Pomfresh ? Ca y est, elle était grillée. C'était la fin.


*Et zut.*

L'heure est aux négociations.  PV 

Ursula frotta ses petits yeux tout en baillant discrètement. Elle se sentait beaucoup mieux et elle en était heureuse. Elle allait réfléchir à deux fois avant de finir à elle seule les vingtaines de Chocogrenouille que lui avait envoyé sa mère par hibou. Ce qui était vraiment difficile pour notre première année qui était réellement gourmande. Quand on regardait Ursula on ne pouvait pas deviner qu’elle mangeait énormément : elle était petite et chétive. Son père disait souvent qu’elle avait un gouffre à la place de son estomac… Dans le fond il n’avait pas tort mais après cette horrible nuit à se tordre de douleur… Ursula s’était promis de ne plus manger autant de sucrerie en une journée. Même si on lui offrait gracieusement ces sucreries. En effet, Madame Leboudoir était tellement contente d’apprendre que son enfant était dans la même maison qu’elle lorsqu’elle étudiait à Poudlard… Qu'elle lui avait envoyé ce petit paquet surprise en tant que récompense. Ursula était persuadée que sa mère n’arrêtait pas de narguer son père qui lui était un ancien élève de Serpentard. Parfois sa mère avait le comportement d'une petite fille et elle devait bien avouer qu’elle trouvait ça touchant et parfois réellement énervant.

Notre première année se mit en position assise sur ce lit étrangement confortable et inspecta l'infirmerie. Tout était sombre et calme. Elle ne savait pas quelle heure il était mais il était soit très tard ou au contraire très tôt car Madame Pomfresh n'était pas encore de retour. Elle se laissa tomber lourdement en arrière et elle décida de s'enrouler une fois de plus dans cette couette douillette. Ursula était une personne qui aimait particulièrement dormir et flemmarder. Elle ferma ses yeux verts et tenta de retourner aux pays des rêves.

Alors qu’elle était sur le point de s’endormir pour de bon, elle entendit un bruit venant de sa droite. *Madame Pomfresh est déjà de retour ?*. Elle se retourna et réalisa que ce n'était pas l'infirmière de l'école mais au contraire une fille rousse. C'était sûrement une élève. Que faisait-elle à cette heure-ci dans l'infirmerie et pourquoi trifouillait-elle discrètement dans l'armoire ? Ursula n'aimait pas réellement se mêler de ce qui ne la regardait pas. Et pourtant, si la personne à quelques mètres d'elle, était sur le point de voler Madame Pomfresh... Elle ne pouvait pas laisser passer ça. Après tout, Madame Pomfresh l'avait soigné et l'héritière de la famille Leboudoir la voyait désormais comme son héroïne ! Elle ne pouvait pas rester là, à rien faire, alors qu'un crime était en train de se dérouler sous ses yeux. La jeune fille de Gryffondor retira la couette en silence et quitta son lit discrètement. Elle arrangea ses longs cheveux blonds foncés, ces derniers étaient réellement en bataille et elle ne voulait pas qu'une inconnue la voit dans cet état. Lorsqu'elle remarqua que sa chemise de nuit était réellement ridicule, Ursula se demanda si elle faisait le bon choix d'intervenir. En effet, notre première année était habillée d'une longue robe de chambre qui était trop grande pour elle et qui traînait par terre. Elle était couleur crème et des petits lapins de toutes les couleurs étaient présent sur celle-ci. Elle soupira d'agacement en se disant que de toute façon maintenant c'était trop tard. En effet, l'inconnue tournait la tête de gauche à droite. Elle devait avoir remarqué sa présence. Ursula se dirigea vers la jeune fille avec sa démarche élégante. Enfin elle l'était... Actuellement, Ursula grimacait de douleur et sautait à cloche pied. Elle venait de cogner son doigt de pied dans celui d'une commode.


« Il ne manquait plus que ça. »

Elle s'installa sur le premier lit rencontré et attrapa son pied nu entre ses mains. Elle savait que la douleur allait passer rapidement mais là sur le coup... ça faisait un mal de chien. Elle leva ses yeux au ciel.
*Le rôle de justicière n'est pas fait pour moi.*

Gryffondor et élève du mois de Novembre 2013 . Gardienne des Red Lights . Rédactrice à la Petite Mornille
Lorsque vous lui ouvrez la porte, la magie est partout.
« Griffes et Crocs, Griffes et Cœur, Gryff vainqueurs ! »
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Ancien sorcier  

L'heure est aux négociations.  PV 

La Pimentine était là, juste sous ses yeux, mais Edme ne pouvait l'atteindre. Même avec toutes les forces et la puissance qu'on aurait pu lui donner, la peur lui faisait défaut. La peur de se faire capter, parce qu'apparemment, quelqu'un était là. Mauvaise nouvelle. Si c'était Madame Pomfresh, Edme était morte. Décapitée. Enterrée. La fillette savait le risque qui entourait sa mission, mais elle ne put empêcher ses jambes de trembler, et un frisson de la parcourir.

Il y avait une hypothèse à laquelle Edme n'avait pas vraiment réfléchi. La Poufsouffle s'était attendue à toutes les insultes de Madame Pomfresh, à se faire torturer par l'infirmière, ou même à être vue par un professeur et de courir à toutes jambes.

Mais être remarquée par un élève, en l'occurrence l'élève endormi et malade dans le lit au fond de la pièce, c'était la pire option qu'on aurait pu envisager. Parce que les élèves, ça parle beaucoup trop. En un rien de temps, la réputation d'Edme, déjà pas très imposante, allait en prendre un sacré coup, ainsi que celle de sa maison. On ne peut rien faire face aux rumeurs et aux colportages. La rousse déglutit un coup, les mains collés contre son petit corps, les poings serrés, et essayant de respirer le moins bruyamment possible.

Rien n'y faisait, les bruits de pas étaient bel et bien là, derrière la Deuxième Année. Il fallait faire un choix : se retourner et affronter son destin. Ou bien rester là, comme une lâche. Les Poufsouffle n'étaient en rien des lâches, ils étaient fiers de leurs couleurs, fiers d'être des blaireaux, oui. Alors Edme fit le choix de se retourner.

« Il ne manquait plus que ça. »

Il y avait bel et bien quelqu'un. Un silence suivit, avant qu'un petit couinement se fit entendre, précédé d'un coup se fassent entendre, comme si quelqu'un s'était cogné. Un petit sourire apparut sur les lèvres d'Edme, qui imagina Miss Pomfresh en train de se tordre de douleur en pleurant son genou, son coude ou son pied qui s'était pris le coin de meuble. Niark.

Retournement. Ah bah non. Ce n'était pas Madame Pomfresh. C'était... Un carnaval. Ou du moins, une personne qui s'était perdue, qui avait dû perdre la direction du carnaval. La jeune fille - car c'était une fille – qui était devant les yeux d'Edme se massait le pied, en sautillant sur son seul pied pour l'instant valide.

Déjà, ça, c'était drôle. Edme effaça son sourire sadique pour en mettre un plus amusé. Mais le meilleur dans cette scène, c'était la chemise de nuit de la jeune fille blonde, blanche, remplie de lapins. Elle semblait danser sur un air qu'elle seule entendait, dans une robe venue de son propre monde, bref, la jeune sorcière avait mal.

Edme ne sut dire dans quelle maison elle était, ni quel âge elle avait. La seule information que put obtenir la rouquine, c'était que cette fille qui dansait joliment devant elle était bien l'élève malade qu'elle avait aperçu en entrant.

Bon. Qu'est-ce qu'elle allait bien pouvoir faire ? La moindre des choses aurait été de demander si tout allait bien à sa camarade souffrante. Mais d'un autre côté, ce que voulait Edme par dessus tout, c'était que cette fille ne raconte à personne ce qu'elle venait d'apercevoir. Il valait mieux utiliser la méthode douce.

S'approchant doucement sur la pointe des pieds, plus par réflexe que par précaution, la rouquine toussota un peu et regarda sa camarade. Elle levait les yeux, elle devait vraiment avoir eu mal. Edme se demanda alors pourquoi elle s'était levée : elle aurait pu tout simplement crier et lui dire qu'elle n'avait pas le droit d'être là. La nuit s'annonçait longue.

Dans un élan de gentillesse et de compassion envers sa camarade, la Poufsouffle s'accroupit et lui dit en chuchotant :


« Respire un coup, ça ira mieux après. Tu veux que j'aille chercher de la pommade ? »

L'heure est aux négociations.  PV 

En entendant la jeune fille s’approcher d’elle, Ursula soupira discrètement. Elle venait clairement de se ridiculiser et elle détestait ça. Elle qui voulait simplement rendre service à l’infirmière de Poudlard, elle était dans de beaux draps maintenant. L’héritière de la famille Leboudoir avait un point commun avec son père : elle détestait qu’on l’a voit dans une situation embarrassante. Elle vivait actuellement une situation réellement embarrassante dans cette immonde chemise de nuit se tenant le pied comme une idiote. En repensant à son père, Ursula grimaça. Elle n’avait pas eu un seul hibou venant de lui depuis son entrée à Poudlard et même si elle essayait de se convaincre que cela lui faisait ni chaud, ni froid… Ce n’était pas le cas. Monsieur Leboudoir était un homme assez distant et cette partie de sa personnalité gênait Ursula depuis toute petite. Heureusement Dame Leboudoir était la personne la plus bienveillante et câline qu'elle connaissait. Un peu trop parfois mais en ce moment les bisous de sa mère lui manquaient.

« Respire un coup, ça ira mieux après. Tu veux que j'aille chercher de la pommade ? »

La première année sursauta en entendant la voix de la rouquine. Elle venait de la sortir de ses pensées et c’était tant mieux. Elle ne savait même pas pourquoi elle avait ce genre de pensée. Pour être honnête, elle ne savait pas quoi lui répondre. Elle avait quitté le lit douillet de l’infirmerie pour lui faire la morale en lui disant que ce n’était pas bien de fouiller dans l’armoire lorsque Madame Pomfresh n’était pas là. Maintenant la jeune fille lui proposait son aide. Un autre point commun avec son père, Ursula détestait qu’on pense qu’elle est besoin d’aide. Elle secoua alors de gauche à droite sa tête en plantant son regard dans celui de la jeune fille en face d’elle.


« On va faire simple. Tu ne m’as jamais vu dans cette chemise de nuit sautillant d'une façon ridicule… Je ne t’ai jamais vu fouiller dans l’armoire. » Dit-elle en arrêtant de masser son pied.

Ursula lança un dernier regard à la jeune fille avant de lui tourner le dos pour retourner sur le lit où elle avait passé la nuit. Elle s’était levée pour rien et ça l’énervait réellement. Elle qui pour une fois se mêlait de ce qui ne la regardait pas… Elle était sûre d’une chose, elle allait réfléchir plus longtemps la prochaine fois avant d’avoir ce genre de comportement. La maladroite ne savait pas si la fouilleuse allait accepter sa proposition et elle faisait semblant d’en avoir rien à faire. Cependant, Ursula croisait les doigts pour que la jeune fille ne répète pas ce qui venait de se passer. La réputation de l'héritière Leboudoir allait en prendre un coup et cette idée l'agaçait. De toute façon, si elle le faisait… Ursula ne se gênerait pas pour répéter son petit secret à l’infirmière de l’école et ça sans aucun remord. La première année était sûre que la rouquine avait compris ça... Enfin, elle l'espérait.

Gryffondor et élève du mois de Novembre 2013 . Gardienne des Red Lights . Rédactrice à la Petite Mornille
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Ancien sorcier  

L'heure est aux négociations.  PV 

La malade lui proposait un deal. Les deux jeunes filles ne se connaissaient pas, elles ne savaient pas dans quelle maison l'autre était, elles ne connaissaient ni leur prénom, ni leur nom, ni leur âge. Elles ne savaient rien l'une de l'autre. Et elle lui proposait un deal, à elle, Edme Poklan. C'était tellement croustillant comme histoire. La colère qu'avait la Poufsouffle pour ses camarades, de lui avoir donné ce petit défi à relever, s'estompa immédiatement après que la malade du carnaval lui ait soufflé ces quelques mots :

« On va faire simple. Tu ne m’as jamais vu dans cette chemise de nuit sautillant d'une façon ridicule… Je ne t’ai jamais vu fouiller dans l’armoire. »

De la manière dont la résidente de l'infirmerie retourna à son lit de malade, au regard qu'elle lança à Edme et à l'environnement et à l'instinct de la rouquine, ceci ressemblait à un ultimatum. Tu me dénonces, je te dénonce. Tu me tues, je te tue. Œil pour œil, dent pour dent, baguette pour baguette et secret pour secret. Souvent, c'était dans les histoires de pirates ou de méchants qu'il y avait de tels accords, et ce n'était pas pour déplaire à la Poufsouffle.

Edme regarda la fille regagner son lit, et réfléchit à sa proposition. Elle tenait la route, c'était sûr. Tout reposait sur un équilibre parfait, l'une et l'autre des fillettes se protégeant mutuellement. Mais si l'une brisait le pacte, l'autre ne pourrait que le briser de son côté également, et ruiner totalement la réputation ou la scolarité de l'autre...

Parce qu'en réalité, ce qui était en jeu n'était pas la même chose pour Edme et pour sa camarade en robe de chambre : Edme mettait en jeu sa scolarité, ou du moins, plusieurs heures de retenue. Que mettait en jeu sa camarade ? On n'allait pas la punir pour avoir porté... ce qu'elle portait, même si la crème des grands couturiers étaient en train d'avoir mal pour le future de la mode. Non, c'est sa réputation qui allait en prendre un sale coup. A la limite, ses amis rigoleraient un peu, durant quelques semaines, et cela sera un mauvais moment à passer. Mais après, cette affaire, restera simplement un bon souvenir, porteur de sourires et de honte quand on le remémorera.

Que pouvait bien cacher cette gamine malade, devant Edme ? Hmm... La Poufsouffle était curieuse, une vilaine gosse curieuse. Aussi, elle ne pouvait se reposer sur l'assurance d'un si beau contrat. Même si elle l'acceptait, qui savait si l'autre fillette n'allait pas tout de même la vendre aux professeurs en douce, comme si de rien n'était ? Ed' n'aurait alors pas le temps pour divulguer ce qu'elle savait : tout bonus pour la malade. La Deuxième année avait l'impression de se trouver dans ces romans d'espionnage où chacun trompe l'autre, où l'on se ment, où l'on se menace. Ahhh, comme elle adorait les lire ! Quand elle se prenait pour ces personnages tous plus détestables les uns que les autres, elle n'était plus elle-même : plus cette gamine bredouillante. Elle était à la fois quelqu'un d'autre et totalement elle-même.

C'est ainsi que la rouquine avança doucement vers le lit de son interlocutrice d'un pas décidé. Celle-ci lui tournait volontairement dos, comme si elle avait voulu physiquement mettre un terme à la conversation. Elle semblait réellement vexée et honteuse d'avoir cet accoutrement et de s'être blessée, mais qu'est-ce qu'elle y pouvait, la petite Edme ?

Arrivée à sa hauteur, la Poufsouffle s'assit sans bruit sur le matelas immaculé, et souffla à sa camarade qu'elle n'espérait pas encore endormie :

« Tu vas aller dénoncer une fille que tu n'as jamais vue, que tu vois mal à cause de la lumière, dont tu ne connais ni le nom, ni la maison, et tout ça en étant malade ? Madame Pomfresh va vite te faire redescendre de ton nuage en disant à tout le monde que tu es encore sous le choc de ta maladie. »

La petite voix d'Edme n'allait pas du ton avec ce discours presque de menace. Elle collait presque davantage à la lecture d'un conte de fées ou d'une comptine... La rouquine avait l'impression d'être une vraie peste en cet instant. En réalité, non, elle ne l'était pas. Elle était juste quelqu'un d'autre, sûrement un agent secret en mission pour les Etats-unis ou la couronne britannique. Tout ceci était follement palpitant ! Tellement que la rouquine en oubliait sa timidité, tout disparaissait, pour laisser place à son rôle menaçant.

« Toi, tu es seule à l'infirmerie, ça ne sera pas dur d'avoir ton nom et ta maison de la part de l'infirmière ou même de certaines commères dehors. Et là, je pourrais tout dévoiler. »

Edme la tenait. Elle le savait, non pas à son expression faciale, qu'elle ne voyait de toute façon pas, ni à son petit regard. Elle le savait, c'était suffisant. La Poufsouffle semblait à cet instant précis davantage une vipère qu'un blaireau. Et tout ça pour quoi ? Simplement pour le plaisir de voir la réaction de sa camarade malade. Parce qu'au fond, Edme n'avait pas de but final : simplement de ne pas se faire prendre.

Et les meilleurs moyens pour se protéger soi-même, c'était la confiance et la domination. Pour la domination, c'était fait. Maintenant, la confiance. Seulement, dans les romans, les gens détestables ne faisaient pas confiance... Il fallait qu'elle redevienne Edme, la gentille et timide Edme.


« Tu vas me prendre pour un monstre... Non, oublie ce que je viens de te dire. Je m'appelle Edme. Et toi, qu'est-ce que tu as fait pour être là ? »