Infirmerie

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Everybody makes a scene  PV 

L’architecte qui avait conçu Poudlard était un génie (un vrai, un grand). D’escaliers mouvants (amusants, mais rapidement très très agaçants) à portes caractérielles (agaçantes, mais très très amusantes), en passant par la Salle-sur-Demande (qui à l’occasion se convertissait en usine à pots de chambre mais n’était pas fichue de matérialiser de la nourriture) et les passages secrets (tellement nombreux qu’il semblait douteux que même après mille ans on ait pu tous les recenser – une aubaine pour les apprentis farceurs et les préfètes qui préféraient éviter de faire leur ronde avec Rusard), c’était un travail incroyable qui avait été effectué sous la houlette des Fondateurs. Pourtant, le plus grand chef-d’œuvre que comptait le château ne s’affichait pas comme l’une de ses multiples salles cachées (qui parfois contenait un monstre méchant baveux présentant une menace flagrante pour les élèves au vu de l’impressionnant arsenal d’armes fondamentalement meurtrières déployé – Mimi pouvait en témoigner) ou autre legs malicieux des Fondateurs avare de sa particularité enchanteresse. Non, les couloirs voyaient se presser entre leurs murs élèves, professeurs, infirmière, bibliothécaire, directrice, concierge, garde-chasse, fantômes, simples visiteurs, animaux de toutes sortes, Elfes et j’en passe – et leur secret était accessible à tous, pour peu qu’on défiât un peu le couvre-feu.

L’écho.

Il était la clé de tout, l’essence même de l’ingéniosité de la démarche. Les plafonds en voûte, les allées larges dallées de pierre permettaient une impressionnante acoustique et un écho pur et délicat. Ce qui expliquait que 70% des élèves fuyant leur Salle Commune au mépris des règles se faisaient invariablement chopper comme des débutants, oublieux qu’ils étaient de ce principe fondamental du hors-la-loi Poudlardien : les chaussettes. Riez, riez, mécréants, mais le système ingénieux des couloirs mettait à nu toute tentative d’évasion pour qui n’avait pas enlevé ses chaussures.

Abigail en faisait ce soir-là la douloureuse expérience tandis qu’elle longeait les murs d’un pas rapide, aussi silencieuse que possible là où même les ailes d’une libellule faisaient plus de bruit que le cri d’une Banshee, malgré son Innocence. Tout ce qu’elle voulait, c’était regagner sa Salle Commune et laisser Rusard l’Irascible et sa chatte-fantôme de malheur prendre la relève sans avoir à les croiser si possible.

Elle passait devant l’infirmerie et s’apprêtait à se faufiler sur la pointe des pieds devant le bureau du concierge – elle ignorait encore si Miss Teigne et son maître traînaient d’ores et déjà leur silhouette fantomatique entre deux armures et une tapisserie – lorsqu’un cri plus puissant que le vol d’une libellule dans les couloirs lui glaça le sang. Rusard allait rappliquer, et elle avait beau être tout à fait dans son droit elle n’était pas assez idiote pour lui offrir une raison, même inexistante, d’attraper un gamin le soir d’Halloween. Elle avait déjà assez donné pour la soirée, merci bien, et elle ne souhaitait plus que rejoindre ses camarades avant que les dernières sucreries aient été englouties. Pourtant, il était fondamentalement contraire à ses principes que d’ignorer cette plainte lancinante qui lui avait déjà fait exploser un tympan pour aller se gaver de bonbons en écoutant des histoires qui faisaient peur.

Et Abby, uniquement armée de son fichu courage et de sa baguette de sorbier, poussa la porte de l’infirmerie avec, pour la deuxième fois de la soirée, l’impression de faire une très très grosse bêtise.

« Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec on atterrit dans les étoiles. » – Oscar Wilde
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Ancien sorcier  

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