Infirmerie

Inscription
Connexion

Rends-moi mes cartes de Chocogrenouilles !  PV 

On parle souvent des méfaits des substances illicites. Mais ce qu'on ne dit pas, c'est que les anniversaires font tout autant de ravages.

Tyr était sur un bateau, un fier voilier, dont les mâts étaient faits en réglisses, les voiles en sucre glacé, le pont en nougat. Il naviguait sur une onctueuse mer de miel, et le ciel bleu était parsemé de nuages roses en barbe à papa. A son bord, des douzaines de petits manneles ( Jeanbonhommes pour les intimes ) s'affairaient, chargeant des canons en sucre d'orge avec des rochers fourrés au chocolat. A tribord, à environ un demi-mille marin, une grande frégate aux couleurs bleu et bronze filait à toute allure dans leur direction.


" Feu ! " cria un mannele.

Les projectiles filèrent droit en direction de l'ennemi. Alors qu'ils allaient percuter le navire, Tyr aperçut un bref mouvement sur la frégate... et les rochers disparurent dans une explosion brune de cacao. Un mage. Le bâtiment ennemi fonçait tout droit sur le voilier de Tyr, il ne restait plus beaucoup de temps avant la collision. Certains des manneles avaient déjà abandonné le navire et sauté par dessus bord.

" Virez, virez ! Rabattez les voiles ! "criait le capitaine.

Et alors que la frégate percutait le voilier... Tyr ouvrit les yeux.

Il était dans un lit de l'infirmerie de l'école. Des grands rayons de soleil inondaient la pièce. Il n'y avait pas de rideaux entre les couchettes, et le Gryffon semblait être seul. Il tourna la tête et aperçut, sur la table de chevet, une montagne de friandises et petits paquets cadeaux. C'est alors que Tyr se souvint : le gâteau. Un montagne de crème, parfumée de multiples huiles essentielles telles que la bergamote ou le citron, d'où dégoulinent des ruisseaux de coulis de chocolat et de caramel... Et cet intérieur fondant... Rien que d'y penser, l'estomac du Gryffon gargouillait d'envie. Pourtant, c'était ce même gâteau qui l'avait envoyé à l'infirmerie.

Pendant que Tyr était reparti dans ses rêveries, s'était ouverte. Un garçon avec les cheveux blancs comme la neige venait de faire son apparition. Un élève de Serdaigle, du même âge que le Gryffon.

" Tiens... qu'est-ce que tu fais là, Eligius ? " demanda Tyr au nouvel arrivant, d'une voix faible.


Maïka Cooper : « La question c'est pas de garder Gryffondor pour sauver Poudlard, mais de virer Serpentard pour ne pas avoir à sauver Poudlard.»

Rends-moi mes cartes de Chocogrenouilles !  PV 

Eligius poussa la porte de l'infirmerie. Il fut déçu de ne trouver que des lits vides et de constater l'absence de l'infirmière. Finalement, ça ne le surprenait pas, le destin voulait qu'elle ne fut jamais là quand il en avait besoin. Après avoir englouti le quintuple du menu du bal de Noël, le Serdaigle avait couru aux toilettes, il ne les atteignit jamais et s'était réveilla à l'infirmerie. Un garçon de quatrième année qui était là par hasard l'avait amené et laissé alors que cette fichue infirmière était partie on-ne-savait-où faire on-ne-savait-quoi, le malade avait eu le temps de se remettre, d'envoyer un hibou, de dévorer un petit-déjeuner et de lire trois cinq chapitres de l'Histoire de Poudlard avant qu'elle ne fusse revenue en espérant trouver son nouveau patient. Pour la deuxième fois consécutive, l'infirmière avait disparu alors qu'Eligius requérait ses soins. Ce n'était pas forcément sa faute, elle pouvait avoir été appelée ailleurs. Toujours était-il que le col des chaussettes du garçon avaient craqué et qu'il ne comptait pas se balader pieds-nus dans tout Poudlard. Après avoir titillé une camarade, celle-ci l'avait provoqué en duel et lui avait lancé un Gonflus remarquable. Le voilà avec des chevilles hypertrophiée qui l'empêchaient de nouer ses lacets et d'enfiler de nouvelles chaussettes. Bien que ça lui donnait une allure de prisonnier traînait des boulets à chacun de ses pas, Eligius s'amusait de cette situation. Mieux valait en rire qu'en pleurer de toute évidence. Il s'estimait heureux qu'elle ait eu la délicate intention de viser ses chevilles.

Malgré l'absence de l'infirmière, Eligius s'était installé confortablement dans un lit. Rater le cour de Potions ne le dérangeait absolument pas, surtout que ce jour-là, il l'ignorait, le cour portait sur les ingrédients, donc un thème extrêmement barbant contre la volonté du professeur Ce n'était pas une grosse affaire. Le dernier numéro de la
Gazette du Sorcier traînait sur la table de chevet à sa droite. En première, un journaliste n'ayant pas beaucoup d'inspiration pour son article avait pris soin de rappeler aux lecteurs l'arrivée imminente de cette fête qui ne réjouissait pas le garçon : la Saint-Valentin. Pour lui ce n'était qu'une excuse pour faire une overdose de chocolats sans qu'on ait à lui demander le pourquoi du comment. C'était aussi l'occasion à des jeunes filles aux espoirs inespérés de tester les effets d'un philtre d'amour, Mrs Featherwood, aussi droite pouvait-elle être, s'était adonné à ce genre de magie durant ses années d'études. À la quatrième page se trouvait une photo de la salle de bal préparée pour Noël, le Serdaigle reconnu immédiatement les décorations tapageuses au milieu desquelles des sorciers et des sorcières tournoyaient. L'article avait pour thème le départ précipité du Ministre pendant les festivités, accompagné de quelques remarques infondées sur le duo étrange qu'il formait avec la nouvelle directrice de Poudlard. Eligius n'eut pas le temps de saisir le sens des propos colportés dans l'article, car un Gryffondor épaulé par deux autres élèves à bout de souffle, sûrement ses amis, fit une entrée fracassante. Les portes claquèrent en se refermant derrière eux.

« Où...

- Pas là. »


Ils haussèrent les épaules et laissèrent leur fardeau dans le premier lit. Le Gryffondor n'était autre que Tyr Uynauge, dans les vapes depuis qu'il avait goûté à son gâteau d'anniversaire d'après ses amis. Ces derniers finirent par quitter l'infirmerie, il commençait à se faire tard.

Eligius n'avait pas senti ses paupières se fermés et il se réveilla en sursaut, le journal froissé à ses pieds, comme s'il venait de réaliser avoir manqué dix années de sa vie. L'horloge indiquait dix-sept heure trente, une heure à peine s'était écoulée. Il avait visiblement manqué, pour la troisième fois, l'infirmière qui avait bordé Tyr ainsi que le défilé des amis du malade. En une heure, le lit avait disparu derrière une montagne de friandises qui faisaient baver Eligius, affamé à l'heure du dîner. Un garçon en pleine croissance a besoin de manger. Il alla inspecter les friandises de plus prêt, alléché par ses friandises préférées : les dragées surprises de Bertie Crochue.


« Chaussettes sales, évidemment. »


L'ironie voulait en revenir à ses chevilles gonflées. Un lointain gémissement provenait du malade. Il marmonnait des paroles incompréhensibles, d'autant plus que son sourire béas déformait encore plus son blabla. Un « cara-miel » sembla néanmoins se perdre dans le flot qui parvint aux oreilles d'Eligius, à présent occupé avec les Chocogrenouilles. Son estomac le gronda, s'il s'attardait trop le dîner allait se finir sans lui. Il prit donc trois boîtes et quitta l'infirmerie d'une démarche lourde.

♦ ♦ ♦


Eligius n'était pas un voleur, il ne l'a jamais été. Avec le mensonge, c'étaient les crime qu'il considérait comme les plus punissables, les plus ignobles. Son honnêteté ne s'inscrivait pas dans les flasques de l'innocence, c'était d'ailleurs son seul principe, avec la fierté, l'amusement, l'art d'emmerder le monde, si on peut s'exprimer ainsi, et aussi la liberté, etc., etc.. Donc, parce qu'il avait des principes et qu'il n'était pas un voleur, il retourna à l'infirmerie en traînant ses deux boulets lui servant de chevilles avec quelques cartes de sa collection et quelques Gallions provenant de la bourse cachée au fond de sa malle.

Sans surprise, pas d'infirmière. Tyr venait d'émerger à en juger par son air gazeux. En guise de réponse, Eligius lança les cartes et l'or sur les cuisses de Tyr, puis s'assit sur le rebord du lit.

- Je viens payer mes dettes. Tu ne le sais pas mais je te devais des cartes alors je suis venu les rendre. J'ai entendu dire que ta petite fête d'anniversaire a mal tourné, tes amis n'auraient pas tenté de t'empoisonner par hasard ?

Eligius tendit une boîte de dragées au malade. Un plateau composé d'un menu spécial transmuté des cuisines du château venait de se poser la table, au milieu des réglisses. Eligius s'empara d'une fiole, un médicament ? et en renifla les effluves. En tout cas ce n'était du jus de citrouille ! Le jeune Serdaigle n'avait pas oublié que le Gryffondor pouvait se prendre facilement à son jeu s'il lançait les dés et il avait bien l'intention de le chauffer un peu, pour passer le temps.

- J'ai croisé tes amis en venant, jugea-t-il utile de l'informer. Apparemment tu vas devoir rester alité jusqu'à la fin de la digestion. Il est donc déconseillé que tu manges tout ça.

Il montra la montagne de sucreries.

- Ils ont dû se mettre à genoux pour te les apporter. Oh et t'as aussi des cadeaux !

Il secoua un petit paquet emballé dans un magnifique papier cadeau décoré de cœurs aux ailes de vif d'or. C'était plus fort que lui, il voulait savoir ce que contenait les autres Chocogrenouilles. En tant que collectionneur, la possibilité d'avoir une carte rare le ligotait dans son avidité.

AQUILAE DORMIENS NUNQUAM TITILLANDUS
"All birds find shelter during rain, but Eagle avoids rain by flying above the clouds."
"Un livre est une fenêtre par laquelle on s'évade"
♦ RNA de Serdaigle ♦

Rends-moi mes cartes de Chocogrenouilles !  PV 

Eligius s'approcha du lit en traînant les pieds. Apparemment, Tyr n'était pas le seul dans cette école à avoir souffert ces derniers temps... Une fois proche du mourant, le Serdaigle lança sur le lit du Gryffon quelques cartes de Chocogrenouilles, ainsi que des Gallions. Intrigué, le jeune malade prit une carte en main. Pourquoi le Serdaigle lui devait-il quelque chose ?

"Perpetua Fancourt... je l'ai déjà", murmura-t-il.

Une petite sorcière ronde avec un télescope s'amusait à fixer le visage de Tyr. Elle rigolait d'une manière étrange, on aurait dit une caille qui piaillait en réclamant son grain. Il la jeta avec les autres - renversant au passage la sorcière qui se trouvait dans le cadre - et posa son regard sur Eligius. Le Serdaigle regardait avidement le paquet de cadeaux posé à côté de son lit. Il faut dire qu'il y avait de quoi rendre jaloux n'importe qui.


"...tes amis n'auraient pas tenté de t'empoisonner par hasard ? "

Tyr ne répondit pas de suite. C'était une question qui traînait dans son esprit depuis un petit moment déjà : comment s'était-il retrouvé là ? Le gâteau ne contenait pas de venin de basilic, et ce n'était pas une réaction allergique. Mystère. Toutefois, le Gryffon n'avait eu aucun mal à s'imaginer sa préfète déposant quelques gouttes de cyanure à l'intérieur de la crème... Il faut dire que Mélissandre était devenu très menaçante, ces derniers temps. En salle commune, elle martyrisait les premières années en les pointant de la baguette à la moindre occasion. Et Dylan ? Qu'en est-il du voisin de chambre ? Attentionné, et patient, le quatrième année était lui aussi tout à fait capable de cacher son jeu... Alors qu'il ruminait ses pensées contre ses camarades de maison, Tyr commença à dialoguer avec sa conscience.

*Dylan ? Mais ça va pas ?*
*- Qui sait, peut-être que Mélissandre l'a corrompu...** - Tu divagues, mon vieux ! Et les chatons ?* *- Quoi, les chatons ?** -Si Dylan voulait s'en prendre à toi, il aurait attaqué Ojcu d'abord !** - Très bien, je vais le chercher !* - *Ce n'est pas ce que je voulais dire ! *


" Tu ne veux pas sortir de là ? "

Tyr avait crié la dernière phrase de toute ses forces, interrompant la discussion. Eligius le regardait à présent avec de grands yeux ronds. Un lourd silence s'était installé dans la salle, et le Gryffon venait de la briser en passant pour un schizophrène.

"C'est la fatigue...la fatigue... et mon état... oublie..."


* Ah... j'espère qu'il ne va pas le prendre pour lui... *

"...apparemment tu vas devoir rester alité jusqu'à la fin de la digestion. Il est donc déconseillé que tu manges tout ça. "


Il semblait que le Serdaigle n'avait pas fait attention à la phrase. Tant mieux. Pourtant...il n'avait pas à lui donner de conseils.

" Si t'en veux, patiente. Je veux savoir qui me les a offerts avant de les entamer. C'est la moindre des choses...quand on est poli."

Et hop, on provoque. Le garçon voulait se disputer ? Tyr répondrait avec joie. Le Serdaigle devenait de plus en plus pressant. Il examinait les emballages de Chocogrenouilles, chose qui ne plaisait pas au Gryffon. C'était SES Chocogrenouilles ! A lui la gloire et la fortune lorsqu'il découvrirait les cartes dorées ! Pas à Eligius !

"Ils ont dû se mettre à genoux pour te les apporter. Oh et t'as aussi des cadeaux ! "

Lorsqu'il vit le Serdaigle se saisir d'un petit cadeau, Tyr vit rouge. Il se redressa brusquement, tendant la main vers le paquet... et le regretta aussitôt. Il retomba sur le moelleux matelas, avec l'impression d'avoir du plomb dans l'estomac.


"Lâche...ça...Eligius..."


Il ne savait pas où se trouvait sa baguette, et il lui était impossible de faire le moindre mouvement, la douleur était trop forte. Tyr n'avait pas dû paraître très imposant, et la perspective qu'Eligius puisse ouvrir le cadeau l'horrifiait.

Maïka Cooper : « La question c'est pas de garder Gryffondor pour sauver Poudlard, mais de virer Serpentard pour ne pas avoir à sauver Poudlard.»
Pas d’avatar
Ancien sorcier  

Rends-moi mes cartes de Chocogrenouilles !  PV 

Sujet clos (délais de 6 mois dépassé) - Si vous souhaitez réouvrir ce sujet, envoyez un hibou à la préfecture ou à un membre du corps professoral.