Infirmerie

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Les trois font la paire  PV 

À Poudlard et dans la vie en général, on pouvait distinguer deux types de personnes : ceux qui étaient trop pressés et ceux qui ne l'étaient pas assez. La ponctualité n'était pas une qualité que beaucoup possédaient, et ceux pour qui c'était le cas étaient souvent très en avance. Arriver pile à l'heure était un événement tellement rare que Joy classait ce fait dans les « exceptions de la règle universelle ». En tout cas, lorsqu'elle devait se classer dans une catégorie, aucune hésitation ne pouvait subsister ; elle était inéluctablement de ceux qui arrivaient toujours en retard, les joues rouges, le souffle haché, des excuses préparées d'avance et un air sincèrement désolé sur le visage.

En cet instant, et pour rester en rapport avec l'introduction, Joy courait. C'était plutôt rare, très souvent de mauvaise volonté, généralement parce qu'elle y était obligée. Elle n'aimait pas procurer un effort qu'elle ne jugeait pas nécessaire - s'épuiser dans le but de « garder la forme », en voilà une idée pour cinglés. Non, lorsque Joy caletait à cette allure, ce n'était vraiment pas pour le plaisir de souffler comme un bœuf en agonie. Ainsi, la raison urgente qui poussait la jeune fille à se hâter, c'était qu'elle avait un rendez-vous très important et qu'elle n'était pas du tout à l'heure. Arthur Grimms, aussi pouvant être dénommé le plus gentil de tous les préfets de Poudlard et le plus adorable de tous les petits garçons du monde, lui avait demandé de venir sur la tour d'astronomie, ce samedi à quinze heures. Il était quinze heures quatre. Joy avait peur que son ami s'impatiente, ou pire ! pense qu'elle lui avait posé un lapin.

Alors elle courait. Elina n'étant pas d'un naturel turbulent, il était plutôt rare de voir une préfète-en-chef dans un état si regrettable ; n'importe quelle personne sensée qui aurait croisé Joy l'aurait arrêtée et lui aurait ordonné d'un peu se calmer parce qu'ici, on était dans une école de sorciers, pas à la foire, nom d'un mage noir. Sauf que pour l'instant, aucune personne sensée n'avait tenté de l'arrêter dans sa course folle et elle traversait les couloirs à la vitesse de la DoLorean de “Retour vers le futur”. Mais puisqu'il fallait bien que ça arrive...


« Jeune fille ! Voulez-vous bien ralentir la cadence ? Qu'est-ce qui vous prend, enfin, nous ne... QU'EST-CE QUE VOUS AVEZ FAIT ? »

Nul besoin d'explications pour que Joy comprenne ce qui avait fait hurler l'infirmière ; la balafre qui tailladait sa joue était la raison de son exclamation incontrôlée. Bien que cela aurait été très chevaleresque et réconfortant pour l'égo de la deuxième année, Joy ne s'était pas faite cette cicatrice en se battant contre un Gryffondor trop arrogant, un Serpentard trop vexant, un Serdaigle trop prétentieux, ni même contre un Poufsouffle trop plein de bons sentiments. De toute façon, l'Écossaise aimait les gens sympathiques parce qu'ils étaient, comme leur dénomination l'indiquait, sympathiques. Cette blessure était la conséquence d'une mauvaise chute. Elle était tombée tête la première de son lit et avait heurté un objet coupant.

Miss Lloyd, auparavant en grande discussion avec la bibliothécaire, venait d'interrompre sa conversation pour fixer Joy de ses yeux perçants. La fillette ne réussit qu'à expliquer, dans un bafouillage incompréhensible :


« Ben... c'pas moi, c'est l'autre là qui a... »

Elle ne put jamais arriver au bout de sa longue histoire parce que l'infirmière l'arrêta dans son récit pour lui ordonner, d'une voix autoritaire :

« Vous allez rentrer dans cette infirmerie jeune fille, et vous allez attendre que j'aie fini de discuter avec miss Minal pour que je vous procure les soins dont vous avez besoin. Allez ! »

Résignée, la fillette pénétra dans l'infirmerie et comprit avec horreur qu'elle ne pourrait pas arriver à une heure raisonnable à son rendez-vous. Arthur allait penser qu'elle l'avait oublié ou pire, qu'elle n'était volontairement pas venue. Cette idée révolta Joy et, bougonne, elle embrassa la pièce du regard. Ses yeux bleus se posèrent sur une élève aux cheveux blonds qui patientait et qu'elle reconnut très facilement : Rose Moane. L'aiglonne n'avait pas un très bon souvenir de cette Poufsouffle, avec qui elle avait partagé une drôle d'expérience à Pré-au-Lard, l'année dernière. La Serdaigle avait été victime du sortilège d'allégresse et s'était donc retrouvée complètement à côté de ses pompes. Rose avait du se résigner à l'aider, en y mettant mauvaise foi et antipathie qui avaient vexé Joy, après qu'elle a retrouvé ses esprits.

Cependant, la troisième année était la seule personne que l'Écossaise connaissait et était donc son unique potentielle aide. Elle soupira et se dirigea vers elle, une idée derrière la tête.


« Salut Rose... marmonna-t-elle, ne rayonnant pas de joie. Bon, j'suppose que t'as sûrement mieux à faire... »

Elle jeta un regard circulaire autour d'elle. Un silence de mort régnait dans cette infirmerie où tout le monde semblait s'ennuyer ferme.

« Non en fait, t'as sûrement pas mieux à faire. Mais voilà, j'aurais besoin qu'tu m'files un coup d'main. Tu vois, y'a miss Lloyd qui fait un brin de causette avec miss Minal, sauf que moi j'ai pas l'temps d'attendre qu'elles aient fini, tout ça pour me faire soigner d'une bête égratignure. »

Elle eut un léger sourire avant d'annoncer la chute :

« Bref, tu saurais m'aider à m'enfuir par la fenêtre ? »
Dernière modification par Joy Wedenjack le 9 juillet 2016, 16 h 37, modifié 1 fois.

Ils étaient cœur d'œillets, des fleurs face aux fusils,
Enfants du Bataclan, enfants du paradis.

Les trois font la paire  PV 

On ne se levait pas tous les matins du bon pied, certains matins étaient plus délicats. En se levant ce matin là Rose avait entamé une journée marquée par la maladresse. Elle avait été réveillée en retard à cause d’un réveil défectueux et avait trouvé son uniforme tout froissé de la veille. Le clou du spectacle était arrivé dans sa douche. Elle avait confondu vitesse et précipitation et avait fini directement sur les fesses avec la cheville en vrac, en plus d’être en retard. Elle ne devait pas avoir l’air fière, assise sur un lit de l’infirmerie jusqu’à laquelle elle s’était trainée. Il n’y avait rien de grave, particulièrement pour une sorcière, mais elle devait rater un cours de défense contre les forces du mal, ce qui était bien dommage.

Le moment gênant de l’explication passé, allez expliquer dignement que vous avez glissé sur une boule de vos propres cheveux, la blondinette s’ennuyait maintenant fortement en attendant la potion libératrice. L’infirmerie était... et bien c’était une infirmerie. Une grande salle neutre, à la lumière blanche, aux draps et aux oreillers blancs, rien de bien inspirant en somme. Une fois qu’elle eut compté le nombre de carreaux des vitraux, 956 pour être précise, Rose se prit la tête entre les mains. Elle vit enfin une nouveauté, à savoir une personne aux cheveux blonds qui ne lui était pas inconnue. Joy l’avait également vu, à voir l’air désespéré qu’elle affichait par-dessus une légère trace d’un effort passé, de la transpiration quoi, et une vilaine cicatrice sur la joue. Cette journée n’était pas franchement sur une pente ascendante. La Serdaigle se résigna finalement à lui adresser la parole.


« Salut Rose... Bon, j'suppose que t'as sûrement mieux à faire... »

Elle aurait bien aimé avoir mieux à faire, mais elle n’avait plus de carreaux à compter dans cette satanée infirmerie. Donc non, malheureusement, rien ne pouvait lui servir d’échappatoire.


« Non en fait, t'as sûrement pas mieux à faire. Mais voilà, j'aurais besoin qu'tu m'files un coup d'main. Tu vois, y'a miss Lloyd qui fait un brin de causette avec miss Minal, sauf que moi j'ai pas l'temps d'attendre qu'elles aient fini, tout ça pour me faire soigner d'une bête égratignure. »

Intéressante cette histoire dis donc. Rose aussi en avait plus que marre d’attendre mais elle n’était pas allée faire la causette à tout le monde. Il y avait anguille sous roche, pour que la bleue lui adresse volontairement la parole après les mésaventures de leur rencontre précédente. L’autre blonde avait l’air relativement digne, suffisamment pour éviter les témoins de son sortilège d’allégresse.


« Bref, tu saurais m'aider à m'enfuir par la fenêtre ? »

Et le voilà le plan foireux. Vouloir partir, c’était logique, une préfète avait surement mieux à faire que de patienter ici. Vouloir s’enfuir, c’était aventureux, légèrement difficile à réaliser. S’enfuir à Poudlard avec l’infirmière à côté c’était une très très mauvaise idée. Elle voulait pas non plus transplaner ou faire un trou dans le plafond pendant qu’elle y était ? Poudlard était un modèle de sécurité, tout le monde le savait, cette idée était irréaliste. Quitte à être coincée ici Rose préférait encore dormir en paix.


« Euh c'est-à-dire que... Tu te rends compte que ça va être plutôt compliqué ? Je veux pas dire mais on est pas des modèles de discrétion et les fenêtres sont fermées. »

Il lui fallait encore dire clairement qu’elle ne le ferait pas, pour finir de refroidir la blondinette.


« Donc globalement nan, je saurais pas. »

Élève du mois de juillet 2013
Sorcière la plus supporter - Magicawards 2015
Capitaine des Frelons de Poufsouffle
Poète en chef
Fière propriétaire d'Oylegulka

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S'enfuir par la fenêtre, c'était forcément une initiative réalisable. Joy aurait mis sa main à couper qu'elle n'était pas la première dont l'esprit avait été envahi par cette idée soi-disant farfelue. On ouvre la fenêtre, on se glisse par l'ouverture, on atterrit souplement dehors, on s'attire quelques regards intrigués, on remet en place ses cheveux blonds emmêlés, on reprend ses activités quotidiennes. Rien de plus simple ! Franchement, qui n'avait jamais songé à s'échapper de cette infirmerie pleine de microbes, de gamins pleurnichards parce qu'ils avaient eu l'imbécilité de se blesser au Quidditch, d'élèves qui souffraient de blessures minimes mais qui se lamentaient longuement ? Joy n'avait pas envie d'entendre des étudiants sensibles hurler à la mort parce qu'ils avaient avalé une dragée surprise goût vomi ! Et puis c'était quoi, cette idée de friandise ? Il fallait quand même être un sacré génie, pour inventer des bonbons aux saveurs écœurantes. Mais vous savez ce qu'il y a de plus idiot que la créatrice de ces friandises ? Il y a les gens qui les mangent et qui osent venir se plaindre d'avoir un goût répugnant en bouche.

Mais Joy vivait selon une règle d'or implicite : ne jamais prendre d'entreprise et l'accomplir seule. Vivre d'aventures et d'eau fraîche, c'était un quotidien mouvementé, surtout à Poudlard. Mais à deux, c'était toujours plus drôle, facile et agréable. Elle recherchait constamment un camarade auquel s'allier, pour pimenter ses péripéties. Depuis son arrivée au château, Joy ne s'était jamais vraiment volontairement lancée dans une expédition sérieuse. À chaque fois qu'une mésaventure (si insignifiante soit-elle) lui arrivait, c'était qu'elle l'avait cherché d'une manière ou d'une autre. Elle s'amusait. Passait le temps. Expérimentait. Profitait de sa condition de sorcière pour explorer les moindres recoins de ce château, parfois en dépit du règlement. Mais le jour où elle serait embarquée dans quelque chose de plus sérieux, elle chercherait la solitude. Elle savait que dans des situations importantes, on ne pouvait compter sur personne. Son caractère intrépide (voire inconscient) était plus contrôlé qu'il n'y paraissait. Elle savait ce qu'elle faisait. La plupart du temps, elle évaluait sciemment les dangers avant d'entamer quelque chose. Quand une punition lui tombait dessus, c'était quelque chose qu'elle avait envisagé. Elle était préfète ; elle ne brisait pas le règlement sans savoir ce qui pouvait l'attendre au tournant.

Cette idée de passer par la fenêtre, donc, ne comportait pas tant de risques que ça. Au pire, elle se blessait à cause d'une cascade imprévue. Et alors ? Elle était à l'infirmerie ! Y avait-il meilleur endroit s'écorcher ? Évidemment, le bruit pouvait attirer l'attention de Miss Lloyd, mais celle-ci ne ferait probablement pas de scandale. Elle lui passerait un savon, pour sûr, et l'intimerait de rester sur un lit sans bouger le petit doigt. Joy, dans ce cas, soupirerait et s'exécuterait de mauvaise grâce. Elle laisserait tomber ce rendez-vous avec Arthur et lui expliquerait, plus tard, ce qui l'avait retenue. Elle en profiterait pour raconter à son ami que sa cicatrice venait d'une méchante chute en salle commune. Joy aimait bien parler de ses malheurs avec Arthur Grimms ; ça les amusait.

La jeune sorcière fut sortie de sa rêverie par les paroles, tranchantes, de Rose Moane. Celle-ci refusait d'aider la Serdaigle, sous le prétexte bidon qu'elles n'étaient pas discrètes ! Bien sûr qu'elles pouvaient l'être, avec un peu de volonté. Le silence et la furtivité, ça s'apprenait.


« Globalement, tu saurais pas ?, répéta l'Écossaise en roulant des yeux. Mais tu comprends pas la gravité d'la situation ! 'Faut que j'parte de cette infirmerie. »

Soyons clairs : la situation n'avait rien de grave ni d'urgent. Joy avait juste envie de quitter les lieux rapidement. Simple caprice.

« Aucune générosité, sérieux..., siffla-t-elle. »

Que quelqu'un rappelle à Joy Wedenjack que lorsqu'elle se trouvait sous les effets du sortilège d'allégresse, elle avait gratuitement été aidée par Rose Moane. Cette gamine de Serdaigle pouvait être vraiment infernale. (Même moi, je me demande pourquoi je ne la claque pas).

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Ancien sorcier  

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