Île de Rottumerplaat

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Le droit de rêver  Solo   RP++ 

Ce RP est la suite de celui-ci.

11 juillet 2044  - Domicile des Hunter (Nottingham - Angleterre)


La nuit qu'avait passé Jeffrey fut semblable à une nuit de Noël. L'adolescent n'avait eu de cesse de se réveiller et de scruter l'heure, peinant à croire que le temps pouvait passer si lentement. Malgré sa nuit décousue il n'avait eu aucun mal à se lever quand son réveil avait enfin sonné et le garçon s'était bien vite retrouvé attablé afin de prendre son petit déjeuner en compagnie de sa maman, sa grand-mère et son oncle. Seule Olydia, toujours fatiguée par son Eclabouille, dormait encore. L'ensemble des Hunter déjeuna donc dans le calme afin de ne pas la réveiller et Jeffrey se pressa de se préparer dans la foulée.

Dans le hall d'entrée Jeffrey eut bien du mal à tenir en place et écouter sagement les recommandations de sa mère, visiblement inquiète de laisser son fils pendant deux semaines sans pouvoir avoir de nouvelles. Après de longues embrassades, Jeffrey et son parrain prirent enfin la route dans la vieille Bentley d'Andrew.

« On va où Oncle Drew ? » demanda Jeffrey, trop impatient de connaître la suite du programme.

Andrew ne put s'empêcher de sourire devant l'avidité de la demande de son neveu et filleul. « On se dirige vers Sheffield. Puis on ira un peu à l'ouest à pied pour rejoindre un Portoloin dans une forêt. Il ne faudra pas être en retard... Et si on mettait un peu de musique pour se réveiller ? Je te laisse choisir. » ajouta Andrew en indiquant l'écran de sa voiture, où de nombreux albums étaient enregistrés.

L'essentiel du trajet se passa donc en musique et en chant, ceux de Jeff étant, heureusement pour les oreilles de son oncle, couverts par la musique. Puis le duo quitta la voiture une bonne heure plus tard pour prendre la direction de la fameuse forêt. Jeffrey avait des milliers de questions qui fourmillaient dans sa tête mais le rythme de la marche l'empêchait de les poser. De toute évidence, le timing était serré pour arriver au Portoloin.

Enfin, après s'être enfoncé dans la forêt, le duo arriva dans une minuscule clairière, où se trouvaient deux autres sorciers adultes qui discutaient autour d'un enjoliveur cabossé. Il était évident qu'il s'agissait de sorcier en voyant leurs accoutrements moldus maladroits et Andrew les salua, demandant si l'enjoliveur était bien le Portoloin. Les deux sorciers confirmèrent et Andrew consulta sa montre.

« Quand je ferai le décompte il faudra que tu tiennes l'enjoliveur Jeff. Tu te rappelles bien des consignes que je t'ai donné hier ? Tu es sûr ? »

Jeffrey acquiesça, un peu nerveux, et attendit fébrilement. Puis le moment arriva et l'oncle Drew commença le décompte. A la fin de celui-ci, le jeune anglais se sentit happé soudainement dans un tourbillon de couleurs...

Quelques secondes plus tard - Île de Rottumerplaat (Pays-Bas)

Jeffrey avait l'impression de se trouver dans un manège à sensations qu'avaient les moldus et il dut fermer les yeux face à toutes ces couleurs éclatantes. Comme dans ces manèges, des larmes s'échappaient malgré les yeux clos du garçon. Puis quelque secondes plus tard il entendit son oncle lui ordonner de lâcher le Portoloin, ce qu'il fit avec appréhension.

Le jeune anglais chuta vertigineusement puis heurta brusquement le sol, constitué de grains de sable fins, mais n'eut aucunement mal. Sa chute fut comme amortie magiquement. Le garçon de treize ans se redressa sur ses coudes et cligna des yeux face à la lumière aveuglante, pour parvenir juste à temps à voir arriver son oncle. Celui-ci marchait dans les airs, rejoignant progressivement le sol comme s'il descendait nonchalamment une pente abrupte.

« Pas trop dur l'atterrissage ? » se moqua gentiment Andrew en relevant son filleul.

« Non c'était marr... » commença à répondre Jeffrey, qui s'interrompit en regardant aux alentours. « Waouh ! » dit-il dans un souffle en apercevant l'immense campement qui se dressait devant lui. "Ca y est, j'y suis..." pensa l'adolescent avec un sourire aux lèvres.
Dernière modification par Jeffrey Hunter le 18 septembre 2019, 11 h 36, modifié 1 fois.

Le droit de rêver  Solo   RP++ 

« Portoloin de onze heures en provenance de High Bradfield ! Veuillez approcher s'il vous plaît. » tonna une voix à l'accent étrange, qui fit sursauter Jeffrey.

Le garçon se retourna et resta en retrait, derrière son oncle, tandis qu'un sorcier d'une cinquantaine d'années se dirigeait vers les Hunter d'un pas dynamique. A sa tenue et sa façon de se comporter il ne fallait pas avoir obtenu dix ASPIC pour deviner qu'il s'agissait d'un membre de l'organisation de la Coupe du Monde. Et en effet, après quelques dizaines de secondes d'échange entre cet homme et son oncle Andrew, Jeffrey fut soulagé de constater que tout était en ordre. Le duo fut invité à rejoindre un deuxième point de contrôle. Là, ils furent regardés par un contrôleur un peu trop zélé qui insista longuement avec son capteur de dissimulation, jusqu'à ce que cela déclenche l'agacement de l'oncle Drew, pourtant plutôt zen et compréhensif habituellement.

« J'en ai rien à faire que votre Scrutoscope vibre sans arrêt. Ca n'a rien d'étonnant avec autant de monde au mètre carré ! Vous nous avez déjà vérifiés sous toutes les coutures... »

Mais visiblement l'homme ne devait pas avoir compris l'oncle de Jeffrey. Peut-être à cause de son accent ou de son débit trop rapide. Après tout le contrôleur ne parlait peut-être pas si bien anglais, à moins qu'il n'ait tout simplement pas apprécié le ton qu'avait employé Andrew. Pour faire bonne figure le contrôleur passa une nouvelle fois les sacs des Hunter à l'examen de son capteur pour finalement baisser pavillon et orienter le duo vers l'emplacement où ils allaient loger. Andrew soupira tandis que Jeffrey et lui reprenaient leur progression et le garçon de treize ans rigola enfin de bon cœur en repensant à la scène, chose qu'il n'avait pas réussi à faire quelques secondes plus tôt car trop angoissé à l'idée d'être refoulé aux portes de la Coupe du Monde de Quidditch.

La progression n'était pas aisée tant l'effervescence régnait sur l'île. Différents groupes de supporters étaient déjà aux couleurs de leur équipe et entonnaient des chants qui rivalisaient de créativité. Certains supporters semblaient même déjà avoir bien festoyés…

« Reste près de moi Jeff. » dit Andrew après avoir croisé un groupe de supporters particulièrement exubérant. « On va loger sur la plage. On peut pas faire plus loin du stade mais tes parents ont préférés que tu puisses voir plus de match, quitte à avoir un emplacement moins luxueux. » justifia-t-il.

« Ca m'va très bien. C'est parfait ! » déclara Jeffrey en en prenant plein les yeux. Pour la première fois depuis longtemps le garçon nageait en plein bonheur. Il était en train de vivre son rêve et n'en revenait pas d'avoir la chance de participer à un si grand évènement mondial du monde sorcier, qui était son monde désormais. L'oncle Drew sembla ravi de la réponse et quelques minutes plus tard il trouva leur emplacement. En quelques secondes, il dressa la tente et invita son filleul à y entrer.

Le jeune anglais ne put s'empêcher de lâcher une exclamation de surprise en découvrant l'intérieur. Bien qu'étant issu principalement d'une famille sorcière, Jeffrey avait vécut comme un moldu jusqu'à ses onze ans et il y continuait d'ailleurs d'en faire autant lorsqu'il rentrait chez lui à Nottingham. Il ne s'était donc pas attendu à se retrouver dans une tente si vaste, où une bonne dizaine de sorciers auraient pu dormir, en se serrant un peu. On aurait dit un petit appartement, modeste mais tout à fait suffisant. Andrew laissa son neveu découvrir les lieux puis consulta sa montre.

« Allez, on va s'installer et faire des sandwiches. On les mangera sur la route car ça va nous faire une bonne trotte. C'est déjà presque l'heure de se rendre au match. »

Aux mots de son oncle, Jeffrey sentit son cœur s'accélérer. Tout allait si vite. Et dire qu'il y a quelques heures seulement il se trouvait encore chez lui. L'adolescent n'en croyait pas sa chance d'être là.
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L'installation fut bien vite expédiée par Jeffrey et son oncle ne lui en tint pas rigueur une seule seconde. Lui aussi semblait plutôt fébrile et impatient de rejoindre le stade pour le match d'ouverture de la Coupe du Monde : l'indécise opposition entre le Libéria et l'Ecosse, championne d'Europe en titre. Les sandwiches furent préparés à la hâte, tant et si bien que le duo consacra finalement plus de temps à se maquiller et se préparer pour le match qu'à préparer la nourriture. Jeffrey épingla son badge des Pies de Montrose à sa veste. Il s'agissait de son équipe favorite, avec les Frelons de Wimbourne, et elle était d'origine écossaise. Le garçon eut un sourire en se demandant si son pote Calum était là, et si oui dans quel état d'excitation le rouquin devait se trouver. La scène devait vraiment valoir le détour… Jeffrey se peignit rapidement un drapeau écossais sur chaque joue mais n'en fit pas outre mesure. Il préféra emporter du maquillage blanc et rouge, pour le match qui allait suivre ensuite… Son oncle ne fut pas aussi raisonnable et il s'était peint un drapeau écossais sur tout le visage, ainsi que les avant-bras en bleu ! Avec sa barbe et ses tatouages, il avait l'air plutôt intimidant, on aurait dit qu'il portait des peintures de guerre.

Le sourire aux lèvres, le duo prit alors la direction du stade, non sans que Jeffrey ait eu auparavant à suivre un long rappel de la part de son oncle sur les précautions de sécurité à observer. Les Hunter suivirent d'un pas lent le cortège de supporters et bientôt ils furent intégrés à une marée de supporters écossais. Les sons de cornemuse rythmèrent leur avancée, jusqu'à l'entrée du stade. Là, Jeffrey écarquilla les yeux devant la beauté du stade, qui semblait immense et ne se rendit même pas compte qu'il avait arrêté d'avancer. Andrew revint sur ses pas d'un air sévère, ayant eu sans doute peur de perdre son filleul dans la foule. Son oncle semblait moins cool qu'à l'accoutumée mais Jeffrey le comprenait car il se doutait que sa maman avait dû lui mettre une pression conséquente afin que rien ne lui arrive pendant le séjour. Le duo gravit un nombre incalculable de marches pour finalement arriver tout en haut du stade. La vue était impressionnante et mieux valait ne pas avoir le vertige...

Jeffrey et son oncle furent vite mis dans le bain car ils arrivèrent tout juste à la fin de la présentation des équipes. La procession jusqu'au sommet du stade avait été plus longue qu'ils ne l'auraient imaginés.

« Bon, là c'est les places les moins couteuses mais ne t'inquiète pas, pour Pérou-Australie ce soir on aura de très bonnes places et on en ratera pas une miette vu qu'on est déjà sur place. » dit l'oncle Drew à l'oreille de son filleul pour se faire entendre malgré les chants de supporters qui gagnaient en puissance. Jeffrey adressa un grand sourire à son oncle et reporta bien vite son attention sur le match, qui venait de démarrer.

Bien qu'il ait occasionnellement vu des matchs de la Ligue Britannique grâce aux contacts de son père; Jeffrey fut surpris par la vitesse du jeu. C'était la première fois qu'il voyait des sélections nationales à l'œuvre et le garçon se rendit bien vite compte qu'il s'agissait là du top niveau mondial, ce qui se faisait de mieux en terme de Quidditch. Le Libéria démarra la partie en trombe, marquant deux buts dont un que Jeffrey n'avait vu qu'à l'aide de ses précieuses Multiplettes. Mais le jeu ordonné des écossais permettait à ces derniers de ne pas prendre l'eau et même de remonter au score via les viffets. Il était incroyable de voir toute une même famille jouer de concert, les Dunn se trouvaient à merveille sur le terrain mais il fallait bien ça pour tenir la distance face au Libéria, au style accrocheur.

Les deux équipes se rendaient coups pour coups sur le terrain et le jeune adolescent se laissa gagner par l'ambiance. Lui, le supporter de l'équipe nationale d'Angleterre, donnait de la voix pour encourager les Ecossais. C'était le monde à l'envers ! Mais après tout il aimait les Pies de Montrose et Poudlard se trouvait en Ecosse, alors pourquoi pas... Jeffrey voyait son oncle, fidèle à lui-même, encourager sans retenue sans se soucier de chanter faux ou de percer les tympans du voisin. Un sourire s'afficha sur le visage du garçon, qui se crispa instantanément quand le vif d'or fut aperçu et pris en chasse par les attrapeurs. Après une belle poursuite, le stade explosa quand Molly Dunn se saisit de la balle dorée.

L'adolescent applaudit et cria à tout rompre avec la plupart des supporters, majoritairement acquis à la cause écossaise. Puis ce fut comme s'il sortait brusquement d'une longue apnée. Le brouhaha ambiant baissa d'intensité et Jeffrey suivit son oncle pour rejoindre le bas du stade et aller se remettre un peu de ses émotions avant le match qu'il attendait plus que tout.

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L'après-midi passa en moins de temps qu'il ne le fallait pour dire "Quidditch". Toujours euphorique suite à ce premier match à suspens, Jeffrey débriefa la partie avec son oncle. Ce dernier le regardait d'un œil bienveillant tout en se prêtant au jeu avec son filleul. Il semblait gagné lui aussi par la ferveur de la Coupe du Monde. Mais après tout, c'était pour lui aussi une grande première.

Après avoir dégusté une spécialité locale - les Poffertjes - que Jeffrey adora, surtout recouvert de chocolat fondu, le duo se dirigea vers les boutiques de souvenir. Suite à l'épisode fâcheux des chocogrenouilles l'an dernier, le garçon n'avait clairement pas assez remonté ses finances pour satisfaire toutes ses tentations d'achat compulsif. Heureusement son oncle sembla s'en apercevoir et donna quelques Gallions à son filleul pour se faire plaisir. Jeffrey ramena un petit souvenir pour Maddie, se rappelant du cadeau qu'elle lui avait fait suite à ses vacances en France, et espérait fortement ne pas s'être trompé. Il acheta pour lui même une casquette de l'équipe d'Australie et un t-shirt de l'équipe du Pérou, leur robe de Quidditch se montrant à son grand regret trop couteuse. Il acheta aussi les badges des équipes présentes à la Coupe du Monde et dépensa le reste de ses sous pour ramener à Olydia une écharpe de l'équipe japonnaise, qu'elle supportait. Le porte monnaie du jeune anglais était maintenant vide et allait sûrement le rester jusqu'à Noël mais il aurait trop regretté de ne pas rapporter de souvenirs de la Coupe du Monde. A ses yeux, cela valait le coup de se ruiner.

« Merci beaucoup onc' Drew. T'es trop cool ! » dit Jeffrey avec joie en contemplant ses acquisitions.

« Bah ! » répondit ce dernier en agitant la main comme s'il chassait un Jobarbille « C'est bien normal Jeff, on n'ira pas à la Coupe du Monde de sitôt, autant en profiter. Qui sait si on aura la chance d'y retourner un jour. »

Jeffrey releva les yeux vers son parrain et lui adressa un sourire plein de gratitude. Ce à quoi Andrew répondit par un ébouriffement des cheveux de son neveu, profitant du fait que Jeff ait enlevé sa casquette pour l'observer sous toutes les coutures.

Après avoir participé à plusieurs petites activités sur des stands destinés à faire patienter les supporters aux abords du stade et profité des chants de supporters qui allaient crescendo, les Hunter prirent à nouveau la direction des tribunes. Cette fois-ci, ils n'eurent pas à monter jusqu'en haut du stade car ils bénéficiaient pour ce Pérou-Australie de places de choix. Jeffrey mesurait sa chance et la beauté du cadeau fait par ses parents. En s'installant à sa place et en contemplant le terrain le garçon se dit que l'absence de vacances l'an dernier avait finalement valu le coup pour pouvoir assister à cette Coupe du Monde. Et même si cela lui coûtait de le reconnaître, il devait bien avouer que son père avait parfaitement visé juste en prenant les meilleures places pour ce match précisément. Sans son coup de sang et ses mensonges, Gilmore aurait été à ses côtés pour partager ce moment... Alors que Jeffrey commençait à se laisser gagner par de sombres pensées, il tourna la tête vers Andrew, qui semblait lui ravi d'être là. Au moins tout ça lui permettait de se rapprocher encore plus - si c'était possible - de son oncle et parrain.

Jeffrey reporta son attention sur le terrain, bien décidé à laisser son état d'esprit maussade de côté. Le jeune anglais voulait profiter à fond de ce match, qui opposerait deux de ses joueurs favoris. Côté australien se trouvait le redoutable batteur, Ellan Smith. C'était en grande partie grâce à lui qu'il souhaitait occuper ce poste à Poudlard, et peut-être plus tard s'il devenait un jour professionnel. De l'autre se trouvait Soledad Espinosa, l'attrapeuse vedette qui jouait la Coupe du Monde à 16 ans seulement. Ce poste ne l'intéressait pas mais cette joueuse possédait une aura difficilement explicable. Et le mieux dans tout ça, c'est qu'il n'aurait pas besoin de Multiplettes pour les regarder cette fois, tant l'emplacement était idéal.

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La présentation des équipes fut époustouflante aux yeux du jeune anglais entre les entrées spectaculaires des deux équipes dans le stade, les hymnes, les mascottes et la présentation des joueurs. L'espace d'un instant son rêve refaisait surface et il essaya de s'imaginer dans quelques années à la place de ces joueurs. Se faire ovationner par des sorciers venus du monde entier devait être tellement grisant, tout comme procurer autant de bonheur à ces gens. Simplement en jouant au Quidditch.

Mais Jeffrey n'eut pas le temps de s'appesantir sur ses pensées car le match qu'il attendait tant venait de démarrer sur des bases très élevées. En l'absence de viffets sur le terrain le jeu se concentra sur le souaffle. A la grand surprise de Jeffrey les batteurs péruviens parvenaient plus ou moins à neutraliser leurs homologues australiens en ce début de match. Le Pérou avait pris l'avantage 90 à 60 avant que les premières petites balles ailées ne fassent leur apparition. Le jeune anglais se redressa sur son siège, impatient de voir jouer la prodige, Espinosa. Mais à la place il vit la démonstration du batteur Ellan Smith. Jeffrey avait lu de nombreux articles sur son modèle et il s'était imaginé maintes fois le batteur australien en action. Mais le voir en vrai était tout autre chose ! On ventait souvent l'agilité des attrapeurs ou des poursuiveurs et à en entendre certains à Poudlard, seuls eux savaient voler avec grâce sur un balai. Pourtant le jeune anglais avait là sous ses yeux l'éclatante preuve qu'on pouvait être batteur et donc effectuer des actions brutales tout dégageant puissance, maîtrise et vivacité. Smith n'avait pas l'air d'encaisser les chocs du cognard mais plutôt de l'accompagner pour le rediriger là où il le souhaitait.

Le travail du batteur australien paya puisque Soledad Espinosa dut esquiver à plusieurs reprises, se faisant même toucher aux côtes par un cognard bien placé. L'attrapeur adverse ne se fit pas prier pour réaliser une véritable moisson, récoltant deux viffets de bronze et un d'argent qui permirent aux australiens de prendre l'avantage au score. Jeffrey avait beau souhaiter la victoire du Pérou, il applaudissait à tout rompre la performance de Smith. Voilà ce qu'il aimait au Quidditch. Outre la sensation de liberté en volant, il aimait défendre et aider son équipe en stoppant les offensives adverses, bien davantage que marquer des points. La plupart des supporters ne prêtaient attention qu'au tableau d'affichage mais aux yeux du jeune anglais il n'y avait rien de plus gratifiant que de déjouer les plans adverses et redonner de l'allant à ses coéquipiers.

Mais Espinosa n'était pas attrapeuse vedette de son pays à l'âge de 16 ans pour rien. Piquée au vif, la péruvienne répliqua aussitôt par un but spectaculaire puis pris dans la seconde qui suivi en chasse avec succès un viffet de bronze. En dix secondes Espinosa avait redonnée l'avantage de trente points à son équipe et ruiné les efforts de Smith.

« Wahou ! C'est génial ce match ! »  hurla Jeffrey à son oncle pour couvrir les cris et chants des supporters. Andrew lui adressa un sourire radieux en levant le pouce.

« Un jour ce sera peut-être toi que je viendrais voir jouer. » répliqua-t-il et ayant manifestement l'air d'y croire. Du moins, son ton était clairement encourageant.

« Hum ça m'étonnerait... » répondit Jeffrey, intimidé par le niveau de jeu affiché qui lui indiquait clairement qu'il avait encore énormément de travail sur son jeu à effectuer avant même d'envisager de faire carrière. Mais son oncle n'était pas du même avis de toute évidence.

« Autorises toi d'y croire mon grand. Tu as le droit d'en rêver. » dit Andrew comme pour chasser ses doutes.

Jeffrey ne répondit rien. Il avait peut-être raison, il fallait y croire, sans quoi rien ne serait possible. Mais son oncle ne l'avait jamais vu jouer lors d'un vrai match alors il savait qu'il n'était pas très objectif... Pourtant ses mots lui firent du bien malgré tout et le garçon de treize ans reporta son attention sur le match avec un grand sourire.

Les australiens ne baissèrent pas les bras et à l'image de Smith qui continuait de faire un carnage en dégageant le champ pour ses coéquipiers et ils en profitèrent pour marquer deux buts, avant que Soledad ne riposte par un nouveau viffet d'argent. Le Pérou était toujours mené de dix points mais il était clair que la décision allait se faire à la capture du vif d'or, comme souvent. A l'apparition de la balle dorée Smith se démena pour gêner l'attrapeuse péruvienne, décidément bien plus rapide que sa rivale. Jeffrey retint son souffle pendant toute la poursuite, en prenant plein les yeux lorsque les deux attrapeuses passèrent juste devant sa tribune à pleine vitesse. Le dénouement intervint quand Soledad effectua une esquive fulgurante qui laissa le cognard envoyé par Smith percuter sa rivale et enchaina avec une descente en piqué afin d'attraper le vif d'or.

Le stade sembla marquer un temps d'arrêt, comme pour comprendre ce qu'il venait de se passer, puis explosa dans un bruit assourdissant. Jeffrey et Andrew ne furent pas les derniers à crier, sauter, chanter et applaudir. Le jeune anglais était aux anges. Ce match il l'avait attendu avec tellement d'impatience et il n'en était absolument pas déçu. Il était certain de se souvenir pour toujours de ce duel entre l'attrapeuse Soledad Espinosa et le batteur Ellan Smith. Et sur le chemin du retour Jeffrey se rendit compte d'une chose des plus réjouissantes : peu importe ce qu'avait fait son père, son amour pour le Quidditch était de retour.

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23 Juillet - Campement de l'île de Rottumerplaat

Les jours qui suivirent ce match si marquant pour Jeffrey passèrent à une vitesse folle. Bien qu'il ne disposait pas de places pour tous les matchs, l'adolescent avait suivi chaque rencontre presque comme s'il était dans le stade. Sur le campement nombreux étaient les sorciers dans le même cas de figure que lui et ça et là des petits regroupements s'étaient organisés autour de radio pour sorciers pour écouter chaque match. Jeffrey et son oncle avaient donc suivi avec passion la probante victoire des Suèdois sur la Malaisie, dans le sillage de la remarquable batteuse Rut Berggren. Ils avaient aussi suivis la première surprise de cette Coupe du Monde, quand l'Ouzbékistan avait sorti la Turquie. Le petit groupe de supporters de cette équipe avait fêté la qualification toute la nuit et ils avaient bien fait car au tour suivant le Japon n'en avait fait qu'une bouchée.

D'une manière générale, tout était prétexte à faire la fête sur cette île. Que ce soit une qualification à célébrer, une élimination à oublier ou simplement pour tuer le temps. Jeffrey savourait pleinement ses vacances, les toutes premières en totale immersion dans le monde sorcier. Au milieu de tant d'enthousiasme, d'une passion commune et de cultures différentes à découvrir, le jeune anglais était pleinement épanoui et heureux pour la première fois depuis longtemps. Il en avait même presque totalement oublié les manteaux noirs et le nouveau régime en place sur le sol britannique. En compagnie de son oncle Jeffrey se sentait de toute façon en sécurité et il était ravi de constater qu'Andrew ne le traitait pas comme un bébé. Bien sûr il restait la plupart du temps sous sa surveillance mais le garçon jouissait d'un peu de liberté pour se promener et pour veiller tard. Il avait le sentiment d'avoir en quelques jours beaucoup mûri et il se sentait finalement libre un peu comme à Poudlard, ce qui contrastait avec ses autres vacances où il se trouvait sans arrêt surveillé par ses parents ou sa grand-mère.

Jeffrey avait même du à une occasion jouer l'adulte et veiller sur son oncle à son tour. Quand l'Ecosse avait créée la sensation en sortant les Etats-Unis, la fête avait été particulièrement arrosée et l'oncle Drew s'était - selon ses dires - "peut-être un peu trop lâché". Bien sûr Jeffrey ne s'était pas privé d'énoncer avec malice les couplets réprobateurs qu'il avait parfois entendu de la bouche de ses parents et s'en était particulièrement amusé. Cependant le lendemain le jeune anglais avait pu constater que pour faire la fête son oncle avait encore une marge de progression quand l'Ouganda l'emporta et que les chants des supporters africains accompagnèrent les deux Hunter pendant tout le trajet au stade pour aller voir le Pérou face au Brésil.

Une nouvelle fois le spectacle avait été à couper le souffle et le Pérou avait longtemps été en mesure de l'emporter. L'admiration de Jeffrey pour Espinosa était telle que cela avait conduit son oncle à se moquer de lui, demandant d'un air narquois si Maddie avait du soucis à se faire. Trop absorbé par le match le jeune anglais avait à peine réagi et n'avait pas quitté une seconde le terrain des yeux. La qualification in extremis du Brésil grâce à la performance de Mafalda de Medeiros avait au final à peine peiné l'adolescent, tant les deux équipes avaient été plaisantes à voir évoluer.

C'était décidé, au grand dam d'Andrew qui supportait l'Ecosse, le Brésil serait la nouvelle équipe qu'il encouragerait d'ici la fin de la compétition. Aussi, quand le duo ce leva en ce 23 juillet et jour de finale, Jeffrey était un peu plus enthousiaste et fébrile que son oncle. L'Ecosse avait entre temps perdue avec les honneurs face au favori japonais tandis le Brésil avait surpris l'Ouganda et ses incroyables supporters. Pour la première fois du séjour, la journée avait semblée passer au ralenti et Jeffrey avait fini par littéralement harceler son oncle pour savoir quand il serait l'heure d'aller au match. Après avoir faussement - quoique - menacé son filleul de lui lancer un sortilège de mutisme, Andrew avait fini par céder, deux heures avant le coup d'envoi du match.

« Allez, allons voir cette finale. »

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Jeffrey ne se fit pas prier pour suivre la directive de son parrain. Cette finale il avait hâte d'y être alors pas question de traîner. Le jeune adolescent portait pour l'occasion son t-shirt du Pérou qu'il avait acheté mais il s'était tout de même peint sur les joues des bandes vertes et jaunes, couleurs du Brésil et néanmoins bourreau de son équipe préférée. Cela avait moins le mérite de montrer qu'il n'était pas rancunier pour cette défaite. Tandis qu'il quittait la tente Jeffrey eut toutefois un petit pincement au cœur. Il aurait aimé partager ce moment avec Olydia. Comme elle était supportrice du Japon, il s'imaginait aisément la taquiner tout le match à ce sujet puisque embêter sa petite sœur était un passe-temps de choix. Mais voilà, l'Eclabouille était passée par là... Mais bon, il profiterait pour deux et lui raconterait dans les moindres détails chaque moment du match. Ca oui ! C'était sûr qu'il allait gonfler sa famille avec du Quidditch jusqu'à l'overdose à son retour à Nottingham. Même si sans son père il ne trouverait plus d'allié de choix pour alimenter ces discussions.

Les songes du jeune garçon furent cependant bien vite dissipés tandis que les Hunter progressaient lentement vers le stade. La fête battait son plein et l'ambiance montait crescendo dans les rangs serrés de supporters. La fébrilité était palpable et Jeffrey se laissa aller à savourer l'ambiance, en compagnie de son oncle et parrain. Depuis quelques mois ce dernier avait pris une place encore plus prépondérante dans sa vie et le jeune anglais était heureux de partager ces moments avec lui. Il avait des malheurs certes mais il était tout de même un privilégié et il se forçait à se le rappeler à chaque fois qu'il s'apitoyait sur son sort. Il ne faisait pas partie d'une famille moldue, qui n'était pas persécuté par le nouveau régime. Finalement tout allait bien.

Après une longue heure et demie de marche, Jeffrey et son oncle furent installés en tribunes, bien en hauteur. Les places de la finale devaient couter une fortune alors tant pis si elles n'était pas idéales, l'essentiel était d'être là. L'adolescent feuilletait le programme de la soirée que son oncle lui avait acheté après avoir passé les multiples contrôles de sécurité du stade. Il allait y avoir du beau monde sur le terrain entre Kozumi, Ogawa, Andatras ou encore De Medeiros... Les hymnes et l'entrée des mascottes passèrent plus longuement que pour les autres matchs aux yeux de Jeffrey. Non pas qu'il était blasé de ces cérémonies d'avant-match mais l'anglais en avait assez d'attendre, il voulait que ça démarre.

Il finit par être exaucé et Jeffrey compris dès les premières secondes que ce match serait sans doute celui avec le niveau le plus incroyable qu'il verrait jamais. Certes ses joueurs préférés n'étaient pas de la partie tout comme ses équipes favorites mais tout amateur de Quidditch n'aurait décemment pas pu dénigrer un tel étalage de talent. La vitesse d'exécution était folle et De Medeiros démarra très fort. Si fort que les supporters japonais montrèrent de nombreux signes d'inquiétude quand le Japon se retrouva mené 130 à 30. Mais le Japon n'était pas favori pour rien à sa propre succession. Les nippons marquèrent par deux fois, recollant à quarante petits points.

Ce fut à ce moment que Jeffrey eut la bien mauvaise idée de baisser les yeux en contrebas pour observer le public. Son regard tomba par pur hasard sur une silhouette familière, celle de son père. Que fichait il ici ? Ne s'était il pas sacrifié pour laisser ses enfants partir à la Coupe du Monde ? C'est ce que Andrew avait laisser entendre... Mais là n'était pas le plus préoccupant. Gilmore Hunter n'était pas seul, il était accompagné d'une femme dont les cheveux étaient colorés en rose et totalement aux couleurs de l'équipe du Japon. Et cette femme profita du second but japonais pour se montrer beaucoup trop entreprenante aux yeux du garçon avec son père.

"Qu'est ce qu'il fout là ? Et c'est qui celle là ?" se dit avec hargne le garçon. Andrew semblait se poser la même question mais il paraissait plus désemparé qu'en colère.

Jeffrey, lui, ne parvenait pas à détacher les yeux de cette scène au point de rater la riposte du Brésil puis celle du Japon. L'écart était de cinquante points et tout allait certainement de se jouer sur le vif d'or. Pourtant la question qui taraudait le jeune anglais concernait bien l'identité de cette femme.

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Le jeune anglais peinait à détacher les yeux de la scène mais soudain une clameur monta dans le stade et la plupart des supporters se levèrent. Cela eut le mérite de masquer son père et la femme aux yeux de Jeffrey, qui put alors reporter son attention sur le terrain afin de voir quelle était l'origine de cette agitation. Il ne fut pas surpris de constater que la course au vif d'or était engagée.

Comme par magie Jeffrey se replongea instantanément dans le match, voyant Kozumi et Andatras foncer derrière la balle dorée. Le jeune anglais se leva à son tour, donnant de la voix pour encourager l'attrapeur brésilien. Mais Kozumi fut la première à tendre le bras, provoquant une crispation chez le jeune anglais. Heureusement Andatras vint au contact juste suffisamment pour gêner son adversaire sans faire faute. Dans la foulée un cognard envoyé par le Japon força les deux attrapeurs à décrocher alors qu'Andatras semblait sur le point de capturer la balle dorée. Jeffrey pesta même si ce coup était diablement bien joué. Les deux attrapeurs revinrent à la poursuite du vif d'or mais Inoue Kozumi semblait disposer d'un balai plus efficace. Dans une accélération fulgurante elle se saisit du vif d'or, mettant fin à la partie. Le Japon, pour vingt petits points, était champion du monde.

Jeffrey était déçu mais très modérément. Il applaudit longuement avec le reste du stade. Cette Coupe du Monde resterait certainement un souvenir impérissable. Après quelques minutes, les Hunter redescendirent du stade pour prendre le chemin du campement. Puis, tout le long du trajet, Jeffrey jetait des coups d'œil à la foule de supporters, dans l'espoir d'apercevoir son père. Mais bien évidemment il ne le trouva pas car c'était comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Andrew sembla s'apercevoir des intentions de son filleul mais n'en dit pas un mot, préférant faire remarquer quelques déguisements ou manifestations de joie.

Une fois arrivés dans la tente, le duo fut grossièrement coupé des bruits extérieurs. Ce calme soudain était déroutant. Jeffrey entreprit alors de commencer à plier ses affaires car il était tard et leur portoloin était de bonne heure le lendemain. Andrew en faisait de même mais il ne semblait pas décider à laisser le calme s'installer.

« Quel Coupe du Monde, hein Jeff ?! » dit il avec enthousiasme. Jeffrey acquiesça, les mots ne parvenant pas à sortir. Andrew, étrangement n'en parut pas surpris mais essaya d'en rire. « Bah cache ta joie. Je sais que tu aurais voulu que les anglais gagnent mais faudrait déjà qu'ils arrivent à se qualifier. »

« Tu sais très bien que j'ai adoré oncle Drew. C'est pas ça le problème. C'est lui le soucis, pourquoi faut toujours qu'il gâche tout... Et qu'est ce qu'il faisait là ? »

La température dans la tente sembla chuter de plusieurs degrés en quelques secondes. De toute évidence, Andrew aurait préféré se passer de cette conversation sur son frère.

« Il a du obtenir des places supplémentaires, voilà tout. » dit le parrain de Jeffrey en haussant les épaules. « Avec son boulot ça n'a rien d'étonnant et puis il a le droit d'aller voir un match Jeff. Je suis convaincu qu'il ne voulait pas te gâcher ce moment en venant. D'ailleurs il savait que tu étais là avec moi et il n'a pas cherché à venir nous déranger. Au contraire, je pense qu'il voulait te laisser profiter de l'évènement tranquille comme il te l'avait promis. »

« Peut-être ouais. Mais j'crois surtout qu'il voulait passer du temps avec l'autre là... Comment il peut faire ça à maman ? C'est qu'un ... »

« Jeff ! Ca suffit maintenant. Je comprend que ça t'agace, je comprend réellement je t'assure. Mais tant qu'on a pas eu d'explications supplémentaires il n'y a pas lieu de parler ainsi. Et quand bien même, c'est ton père. Tu n'en as qu'un et tu ne dois pas parler de lui comme ça. Et personnellement même s'ils semblaient bien s'entendre je ne les ai rien vu faire de spécial, ils ne se sont pas embrassés que je sache. »

« J'men fiche ! Il fait ce qu'il veut, voilà. » dit Jeffrey en rangeant rageusement une paire de chaussettes dans son sac, prouvant qu'il ne s'en fichait pas du tout.

Le droit de rêver  Solo   RP++ 

La nuit avait été des plus agitée pour Jeffrey. Bien sûr il avait repensé de nombreuses fois à son père, mais ce dernier n'était pas du tout le seul responsable de son manque de sommeil. Le campement avait été très animé par de nombreux groupes de supporters qui fêtaient soit la victoire du Japon, soit la fin de la Coupe du Monde. Au bout d'un moment le jeune anglais avait finit par être gagné par cette agitation lui aussi. Bien qu'il n'ait pas pour autant quitté son lit, Jeffrey s'était repassé dans sa tête tous les meilleurs moments de son séjour. Il était d'ailleurs bien difficile pour lui de désigner le moment le plus mémorable tant ces vacances avaient été riche en émotions.

Il y avait eu la découverte du campement, son tout premier match du séjour où son oncle l'avait beaucoup fait rire dans son accoutrement, les fêtes sur le campement, la finale, les souvenirs qu'il s'était acheté. Et bien entendu ce fameux Pérou-Australie, dont il était certain de se rappeler toute sa vie. Le garçon avait alors mesuré pleinement sa chance d'avoir vécut tout ces précieux moments en compagnie de son oncle et parrain. Cela l'avait ensuite fait beaucoup réfléchir. Certes son père avait quelque peu gâché la fête mais cela ne devait pas non plus gommer tout le reste. Pendant le restant de la nuit l'adolescent avait culpabilisé de son attitude, espérant que son oncle Drew ne lui tienne pas compte de son comportement d'enfant trop gâté et borné. Juste avant d'enfin sombrer, Jeffrey s'était promis d'aller parler à son oncle.

Et ce moment était arrivé. Malgré quelques petites heures de calme, le campement était à nouveau en proie à une grande agitation puisque la plupart des sorciers étaient sur le départ. Dans ces conditions il était bien impossible de faire la grasse matinée et Jeffrey trouva son oncle en train de s'affairer aux derniers préparatifs. Celui-ci releva la tête en voyant son neveu arriver.

« Salut, t'as bien dormi ? » dit Andrew sans laisser croire un seul instant que le ton avait monté la veille au soir.

« Pas mal ouais. » répondit Jeffrey, un peu penaud avant d'ajouter avec une moue confuse « Désolé pour hier oncle Drew. ».

« C'est déjà oublié. J'espère que tu ne t'es pas trop torturé hier soir à propos de ça. Je comprend que tu ais été bouleversé par tout ça mais... Mais tu es bien placé pour savoir qu'il y a des parfois des quiproquos, comme ça a été le cas avec la Serpentard... »

Jeffrey se sentit rougir et un peu honteux en pensant aux confidences qu'il avait fait à son oncle lors du séjour. Andrew semble ne rien remarquer et poursuivit.

« Je ne dis pas que c'est le cas pour ton père mais parfois les choses ne sont pas comme elles apparaissent au premier regard. En attendant d'en savoir plus laisse lui le bénéfice du doute et j'espère que tu ne garderas pas ça comme souvenir de tes vacances ici avec moi. »

« Ouais je vais essayer, d'accord. Et je peux t'assurer que j'ai plein de super souvenirs de ces vacances. J'arrêtais pas de me repasser les images dans ma tête hier soir, c'était vraiment fou à voir. Le match du Pérou contre l'Australie m'a redonné envie de jouer au Quidditch. » dit Jeffrey soudain moins renfrogné et plus enthousiaste.

« Et quoi ? Tu veux devenir attrapeur comme la petite Espinosa ? » demanda Andrew d'un air narquois.

« Pfff t'es bête. Non je veux toujours devenir batteur. Ellan Smith est plus que jamais mon modèle, c'est un sacré joueur. Mais j'ai surtout envie de me refaire enfin plaisir sur un terrain donc si Sifferlen me fait joueur poursuiveur et bien tant pis. Je regrette juste carrément d'avoir cédé mon poste de batteur titulaire si facilement en voulant quitter l'équipe. J'espère que j'aurais de nouvelles opportunités. » dit Jeffrey en quittant la tente avec son oncle.

Andrew sortit sa baguette et la pointa sur ce qui avait constitué leur logement du séjour. « Failamalle ! ». Aussitôt la tente se plia et se compressa avant que l'oncle de Jeffrey ne la mette dans son sac à dos. Puis il se tourna vers son neveu, un sourire paternel sur le visage.

« J'ai plein de bons souvenirs de ces vacances aussi Jeff. Et je suis content que tu te remettes à croire en tes rêves, c'est le meilleur des moteurs pour être heureux, crois moi. Quand à ton équipe tu verras bien. Une nouvelle année à Poudlard va débuter alors tout est possible non ? »

Sans un mot Jeffrey acquiesça en souriant et suivit son oncle en direction du portoloin qui le ramènerait chez lui, des rêves plein la tête.

Fin du RP, merci de m'avoir lu :)