Les armoiries des ALEKHIN
Quatrième année à Poudlard, 11 Novembre.
Dix-septième lettre => Droits et revers.



Un hibou, Circéia ne l’attendait plus vraiment de la part de sa mère. Elle en recevait un par semaine de Nanny depuis Septembre mais celui-là, alors que rien ne le laissait présager, fut avant même qu’elle le lise, une parfaite surprise pour elle. Quant à son contenu…déception, trahison et fatalité prédominaient. Une acidulée impression d’évidence se dégageait, comme si elle l’avait toujours su en fait. La seule chose qui la surprenait tenait au fait qu’elle l’apprenait par sa mère et non par Neptuna. Cela changeait-il quelque chose à l’histoire elle-même ? La jalousie, elle la comprenait parfaitement. La réalité des cœurs aussi. Après tout, on ne se contrôle pas et si l’on aime, on doit le vivre comme tel. La chose qui la révulsait résidait dans la promesse bafouée qu’un homme avait pu faire à son épouse. Dans son coeur, elle estimait que Père avait très mal agi. D’autant que manifestement, un enfant était déjà présent quand c'était arrivé. De cela, elle aurait bien du mal à pardonner l’occurrence. Qu’il fût question d’elle ou d’une autre ne changeait rien. Père avait doublement trahi sa condition de mari et de géniteur. Puisqu’il n’assumait pas vraiment le rôle de père à ce stade…
Il faisait froid ce jour-là à Poudlard. Et pas qu’au dehors.
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Les armoiries des ALEKHIN
Quatrième année à Poudlard, 19 janvier
Dix-Huitième lettre => Un thé de Noël amer.
Si l’on dresse une liste des boissons amères que l’existence nous fait côtoyer, le plus souvent reviennent en mémoire les potions abominables ayant pour but de remettre droit un estomac chamboulé. Ou ce que les moldus appellent l’huile de foie de morue. De ce genre de breuvages, Circéia n’avait jusque-là aucune expérience. Jusque-là, puisque désormais, elle pouvait affirmer avoir bu la tasse à la lecture d’un hibou. Comme une chocogrenouille parfaitement désagréable. La ciguë.
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Les armoiries des ALEKHIN
Quatrième année à Poudlard, 29 juin
Dix-neuvième lettre => La fuite en avant.





Une fois le parchemin roulé, cacheté avec la version Fou du sceau magique qu’elle s’est fabriquée, Circéia saisit sa baguette et murmure.
- Alveo oculi.
Une adaptation un peu sournoise de son sort de protection, sensée le rendre encore plus dangereux à lire si l’on n’est pas la personne destinataire du hibou. Si elle n’a pas réussi à comprendre les composants des cendres des hiboux de Neptuna, elle a au moins amélioré ses propres travaux. Encore un effort et elle pourrait devenir une langue de plomb, pour les hiboux en tout cas…
En regardant l'animal s’envoler, Circéia ne peut s’empêcher d’envier la vie de ces êtres, libres de voler comme ils le veulent. La liberté est une sensation vertigineuse quand elle y pense.
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Cinquième année à Poudlard, 2 septembre.
Vingtième lettre => Mesurer des temps et des distances.
Le retour à Poudlard s’était effectué dans une ambiance tout à fait différente cet été-là. Il suffit de petites modifications parfois. Cette fois, Circéia n’était pas revenue seule puisque sa sœur avait été du voyage. Pour les distinguer, leur mère avait acheté une tenue bleu foncée à sa deuxième fille. Bien sûr, Ivanovna serait le plus souvent en tenue d’apprentie sorcière mais si elle le voulait, elle pourrait sortir des éternelles nuances de noir sur fond noir si chère à leur père. Circéia trouva l’idée particulièrement bienvenue. Et si une pointe d’envie la traversa, elle reconnut que l’ensemble allait très bien à sa petite sœur. Et se dire qu’elle n’aurait pas à voir certaines de ses tenues sur une autre, tenues forcément un peu usées, c’était autant de gagné. Et ils avaient fait leurs achats respectifs, sans que Circéia ne dépense le moindre gallion inutile.
L’ainée avait eu une idée plaisante pour éviter les recommandations du plus grand envers le fragile oisillon tout humide et timidement sorti de l’œuf. Aussi n’avait-elle rien dévoilé en amont de ses intentions. Le tout pour surprendre tant et plus sa petite sœur qu’elle comptait bien protéger façon Circéia ; discrètement mais impitoyablement pour qui aurait l’idée de lui chercher des noises. Au fond d’elle, Circéia savait bien des choses parmi toutes celles qui allaient se dérouler. Ivanovna serait répartie chez Serdaigle. Et ce fut le cas. Mais le choixpeau hésita bien plus longtemps qu’à l’habitude. Elle acheta chez Ollivander une baguette en bois de cerisier ce qui fit frémir leur mère, surtout en apprenant qu’elle contenait un crin de queue de sombral. En fouillant dans ses souvenirs, Circéia comprit que l’âme de sa petite sœur n’aurait jamais froid aux yeux, même devant le pire des dangers. Elle en conclut qu’Ivanovna avait dû s’endurcir au fil du temps, bien plus qu’une grande sœur absente ne pouvait s’en rendre compte.
Et il ne fallut pas plus d’un jour pour que le nom d’ALEKHIN ne résonne dans les cachots comme jamais auparavant. Une Serpentard de première année raconta qu’au cours de la première leçon de sortilèges, Ivanovna avait fait léviter tous les élèves de la rangée se trouvant devant elle. En outre, selon les descriptions faites par tous, elle avait maitrisé son sort, de telle manière qu’elle avait rapporté un joli paquet de points à sa maison. Plus petite, considérée très vite comme talentueuse, déjà célèbre dans une école qui aimait porter aux nues ses héros… tout se présentait bien pour elle, peut-être un peu trop bien d’ailleurs mais personne ne pouvait contrôler les astres aussi un tel alignement favorable pour Ivanovna ne pouvait se refuser. Après l’été qu’elles avaient passé, les deux sœurs méritaient bien un peu de tranquillité. Et clairement, recevoir un peu de considération de la part de ses camarades ne pouvait que les réconforter. A aucun moment les parents n’avaient montré le moindre signe de tendresse envers leurs enfants. Ils avaient paru affairés du matin au soir, pris dans une série de contrariétés dont ils ne disaient rien, qui avaient rendu nécessaire la présence des grands-parents une nouvelle fois. Et Alexandre, qui parlait depuis peu, avait tenu à ses sœurs des propos par moments troublants. Circéia aurait pu s’étonner qu’un enfant parle si tardivement mais comme le langage était venu d’un coup, et très maitrisé, elle s’était dit que tout allait bien de ce côté-là. Restait que parler de feux verts, lampes rouges en pleine nuit, ce qu’Ivanovna n’avait pas confirmé mais qu’Alexandre semblait attester de façon incontestable, c’en était beaucoup pour l’ainée. Les regards des plus anciens eux aussi étaient inquiétants, jamais directs, toujours à témoigner surprise et distance par rapport à des agissements, des bruits, des silences… toutes sortes de choses insignifiantes une par une mais qui, mises bout à bout, construisaient une ambiance pire que les étés précédents. Qu’il semblait loin le temps des étés à Irkoutsk. Circéia n’eut pas l’audace d’en parler. Un esclandre aurait été immanquablement au rendez-vous et d’après elle, il était préférable de ne rien provoquer. Si agression il advenait, celle-ci ne trouverait pas son origine du côté des enfants. Et comme chacun faisait tout pour éviter les sujets pouvant donner lieu à problème, l’été passa lentement, sans aucune joie autre que celle de retourner à Poudlard accompagnée par Ivanovna. Qui avait eu une idée proche du blasphème mais pourtant très constructive : demander à se couper les cheveux. Le meilleur moyen d’exister par elle-même, avant ses exploits en Sortilèges. Elle avait obtenu un carré droit, impeccable sinon rien. Ce qui permettait à Circéia de conserver ses longs cheveux, tellement importants à ses yeux.
Une jeune fille ayant un peu grandi, clairement adolescente, jolie par endroits, toujours vêtue d’un noir masquant de si beaux cheveux. Une jeune fille tenant la main de sa petite sœur au moment de franchir la voie 9 ¾, en tenue de gala bleu très dense, des cheveux plus mobiles laissant voir une nuque pâle comme un matin d’hiver. Le tableau avait quelque chose de superbe et Circéia ne pouvait s’empêcher de penser à quelque histoire magistrale lue par endroits dans des romans ayant occupé son enfance. A l’époque, elle les avait parcourus comme un passe-temps. Désormais, elle se donnait l’impression d’être l’une de ces héroïnes, la magie en plus.
Mais elle avait encore un devoir pour ce premier soir d’école ; écrire à sa sœur, pour lui dire à sa manière l’essentiel de ce qu’une novice devait savoir des lieux.



Quand le hibou fut rédigé, Circéia le protégea comme à son habitude car il lui semblait que sa sœur devait découvrir les réalités de ce monde nouveau. Et si les choses étaient ce que l’ainée craignait, on ne pouvait pas faire confiance aux gens d’ici. Neptuna avait dû s’exiler, et qui en connaissait vraiment les raisons ? Une auror de haut niveau ayant dû abandonner son travail au ministère pour sauver sa peau, c’était loin d’être banal. La Grande-Bretagne semblait hostile et aux yeux de Circéia ALEKHIN, bien des problèmes se profilaient que personne n’avait vu venir. Son impuissance à déceler l’origine du mal et sa solitude dans la résolution des énigmes ne faisaient que rajouter à son envie de chercher par elle-même. Il faudrait creuser, vraiment. Seule et discrètement. Sa décision était prise depuis peu. Seule, et derrière un voile de transparence. Ce hibou n’était que le premier d’une série, bientôt en direction du Chili mais peut-être surtout en direction d’elle-même. Comme toujours, elle était isolée, face à son échiquier, sa force et sa faiblesse dans un univers aux apparences étroites mais dont les frontières n’étaient pas si nettes. Le temps et l’espace sont relatifs, que la magie intervienne ou pas n’y change rien. Ou presque.
Dernière modification par Circéia Alekhina le 25 sept. 2019, 16:06, modifié 1 fois.
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Cinquième année à Poudlard, peu de temps après le 14 février
Vingt-et-unième lettres => Plus haut que les tours.


Cette lettre donne l’impression d’avoir été écrite avant le 14 février. Ce n’est pas le cas… Elle fut en effet rédigée quelque temps après, en même temps qu’une autre lettre.


Elle n’a pas dit grand-chose de cet amour qui nait en elle sans qu’elle s’en rende vraiment compte. En fait, elle écrit à sa mère pour lui dire bien plus que les mots écrits. C’est la première fois qu’elle la défie, et sur un terrain que la mère n’attend sans doute pas. Et si la tante accède à quelques informations supplémentaires, aucune des trois n’est en mesure de prévoir le drame qui se trame.
Dernière modification par Circéia Alekhina le 4 avr. 2019, 17:18, modifié 1 fois.
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Cinquième année à Poudlard, 5 Mars
Vingt-deuxième lettre => Effondrements.



A ce moment, Circéia sait déjà que c’en est fini d’Hugo. Elle ne le verra plus. Ce qui est une réponse à son insolence lui fait d’autant plus mal. Car Mère écrit comme jamais auparavant. Il est peut-être vrai qu’elle était belle dans sa robe verte couleur Salazar. Elle pourrait encore en jouer mais cela fait trop mal. Elle n’infligera pas à autrui ce qu’elle a subi. Et dire qu’elle a écrit des niaiseries à Neptuna.
Mais désormais, elle doit annoncer des choses à sa sœur. Comment s’y prendre, quand on n’a même pas le temps de penser à soi. Elle redescend de la volière, son esprit est en ébullition. Calme à l’extérieur mais elle fulmine. Pourquoi faut-il que les ainés aient entre leurs mains, incessamment, de telles bombes à manipuler ? Trouver sa sœur est facile, dès qu’elle a du temps libre, elle est au club de duels. Et que fait-on un samedi sans match de quidditch ? Elle s’y rend, ce n’est pas si loin.
Face à elle, une petite qui se débrouille bien. Quand Ivanovna daigne la rejoindre, c’est pour comprendre qu’elle va devoir quitter son samedi pour un autre univers. Mais elle ne cerne pas, le peut-elle, ce qui se dessine. Bientôt elle entend Circéia lui raconter, elle ne trouve rien à dire. Sauf à prendre sa baguette et… mais elle n’a pas le temps de faire quoi que ce soit.
- EXPELLIARMUS !
La baguette d’Ivanovna vole en l’air et Circéia la ramasse aussitôt.
- Pas de ça entre nous pauvre sotte ! Tu croyais vraiment pouvoir m’atteindre ? Il te faudra encore quelques années avant d’y prétendre.
Elle se dirige vers sa sœur et lève la main. La scène a quelque chose de solennel, comme une exécution publique. Les autres élèves ne bougent plus. Elle va gifler sa petite sœur et tous sont convaincus que la petite s’en souviendra !
Etonnamment, Circéia interrompt le geste.
- Tu veux qu’on soit comme elles ? Est-ce là être Serdaigle ?.. Ivanovna, tu es une Alekhin, c’est à ton petit frère que tu dois penser.
A chaque phrase, le ton baisse. Le calme revient. En tendant la baguette de sa petite sœur, elle ne peut s’empêcher de la prendre dans ses bras.
- Qu’est-ce qu’on va devenir, Pieuchka ?
Cela fait longtemps que Circéia n’a pas entendu quelqu’un l’appeler par son surnom.
- Ce que nous sommes déjà.
Divisés nous ne...
Dernière modification par Circéia Alekhina le 25 sept. 2019, 16:07, modifié 2 fois.
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Cinquième année à Poudlard, 3 Avril
Vingt-troisième lettre => Sergeï, Emely, Neptuna et moi…


L’ainée des Alekhin n’avait pas prévu de ce genre d’échos… A un moment de sa vie où elle faisait tous les efforts possibles pour oublier cette histoire pitoyable, il fallait que sa tante remue le couteau dans la plaie. Neptuna n’y était pour rien. Ne pouvant savoir, elle agissait avec toute la gentillesse dont elle était coutumière. En d’autres circonstances, Circéia aurait adoré lire ces mots. Mais le démon était passé par là. Et puis, la douleur de repenser à lui avait été vite estompée par ce qui suivait. Mère savait…. A l’évidence elle savait. Sans se douter qu’elle risquait son fils, elle avait agi. Dans quel but vouloir piéger sa soeur ? Et ces histories de pièces d’échecs qui devenaient récurrentes… Il lui faudrait rechercher des indices sur ce point à son retour à Wick. Et puis, il fallait aussi accélérer les travaux sur les cendres qui eux n’avançaient pas du tout. Madame Xarinez était aussi souvent présente que le fantôme de Serdaigle.
Les charges étaient grandes, son travail allait devoir s’intensifier. Sans s’en rendre compte, elle venait de recevoir le meilleur des remèdes à la souffrance ; l’oubli dans l’action. Son cœur parviendrait-il à en sortir intact ?
BUT THA THOU OVERHEARD’ST, ERE I WAS ‘WARE
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Cinquième année à Poudlard, 27 juin
Vingt-quatrième lettre => Le premier âge adulte.



Lorsque le parchemin fut cacheté, je m’empressai de l’emmener, avec l’espoir un peu fou de voir l’animal s’envoler en direction de Wick. C’était stupide, personne ne sait où est Poudlard. Les lieux incartables sont par définition impossibles à localiser.
J’avais juste gagné un peu de temps, de l’énergie, l’espoir d’une existence un peu plus légère. En cette fin Juin, je m’étais prouvée bien des choses, je connaissais enfin ma valeur, aux yeux du monde comme aux miens. La plaie était encore béante mais étrangement, je n’avais plus mal. D’ouest en est tous étaient loin de moi désormais. Et je demeurais là, forte, je n’étais pas sa reine, ni ta reine. J’étais à moi et désormais personne ne parlerait à ma place. Mon cœur demeurait pur et agité par de violents désirs. Cela, je venais de le comprendre quelques jours plus tôt. Dessous la neige, une lave en fusion. Bien malheureux qui voudrait y prendre place…
THEREFORE PARDON ME, AND NOT IMPUTE THIS YIELDING TO LIGHT LOVE
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Sixième année à Poudlard, 29 Septembre
Vingt-cinquième lettre => Derrière le rideau de fer.


Mais ce hibou qu’elle tient dans sa main ce matin, elle ne le lira pas. Quand Circéia le reçoit, elle se méfie immédiatement car il n’a pas été transporté par une chouette qu’elle connait. Et ses dernières lectures (ndla : 7-13) l’ont… rendue méfiante, aux limites de la paranoïa. Ne sachant pas si dans cette école des baguettes rouges se terrent, elle prend soin de ne rien montrer. Plus tard, cette même journée, elle commence par brûler le parchemin sans chercher à savoir qui en est l’auteur. De toutes manières, à voir le papier aux traces rouges par endroits, elle s’en doute. Mieux vaut ne rien risquer, Circéia le fait disparaitre et prend soin de ramasser les cendres pour ensuite les éliminer. Le lac est le meilleur endroit pour dissoudre les effets potentiels des produits que l’objet pouvait renfermer. Et le choix de se priver d’une possible puissance nouvelle est préférable. En outre, elle redoutait surtout le fiel des mots alignés dans cette missive. Son choix est fait. Par cet acte, et elle a eu le temps d’y réfléchir car traverser le château sous sa cape d’invisibilité est un trajet long, puisque lent, elle scelle une grande partie de son destin. Du moins le croit-elle car en fait, en décidant d’écrire à sa mère, elle ne fait qu’entretenir un lien que le père cherchait à rompre. Mais avec quelles intentions ?
Travailler, encore et toujours. Et surtout obtenir de sa mère des réponses enfin claires. Retournée dans la salle sur demande, elle s’attèle à un parchemin de la plus haute importance. Mais tenir la plume est une chose, rédiger est moins facile.
WHICH THE DARK NIGHT HATH SO DISCOVERED.
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Sixième année à Poudlard, 3 Octobre
Vingt-sixième lettre => Les mots cachés.
Devant son bureau, elle réfléchit. Puisque cet écrit venait des baguettes rouges, ce ne pouvait qu’être Père. Ou elle… Alors est-il bienvenu d’écrire à l’ennemi, ne fut-ce qu’un signe de vie. Et comment parler sans craindre la découverte de la supercherie ? Elle peut feindre ne rien avoir reçu, l’innocence préservée. Ce serait une bonne chose. La meilleure à faire. Oui, elle va écrire comme si rien ne lui était arrivé, enfin… parvenu. Dans tous les cas, elle ne sait rien de ce qu’était le contenu. Ce qu’elle désire, c’est enfin obtenir d’Emily ALEKHIN, née GUNNRAY, des réponses claires. Ce serait un grand pas pour elle. « Vous me devez la vérité, pour votre famille et mes frère et sœur.. ». Agit-elle convenablement en impliquant les autres ? A quoi pense-t-on lorsque l’on tient le plume entre ses doigts et que l’on veut à tout prix à obtenir le vrai ? Pourquoi donc cette obsession de la vérité ? De la lumière sur exactement chaque étape du processus ? La soif de justice, l’envie de savoir. Pour pouvoir établir. Et après toute la procédure, être en mesure de pardonner. Mais d’ici là, il faut des preuves, des faits, des témoignages. Comment faire parler ses propres parents ? Est-celle capable d’entendre ce qu’ils auraient à dire ? Est-celle même seulement capable de tenir debout ? Sans juger a priori ? Sa plume glisse sur le parchemin, par moments, le bruit est même sec, tranchant, on tremblerait presque pour la matière tant elle agit frénétiquement. « Je veux bien tout entendre mais je suis en pleine surdité, c’est un supplice qui a assez duré Mère ».
Circéia peine à rédiger sans pleurer. Ses paupières humides trahissent la douleur qui suinte dans les moments les plus intimes, à se retrouver face à elle-même, dans sa salle personnelle du cinquième étage. Phénomène rarissime chez elle, cette émotion nait de sa rage et non d’une forme de peur ou de tristesse. La frénésie la prend, comme lorsqu’elle avait entendu une musique russe, un soir de bal. Mais cette frénésie devient une rengaine : « dites-moi la vérité ». Chaque phrase écrite trahit la même motivation. Savoir, savoir enfin. Tout, sur tout. Car elle n’en peut plus des cachoteries familiales qui non seulement lui causent de la douleur mais surtout font peser sur elle une menace de mort. C’est insupportable, en plus de constituer une injustice qu’elle ne tolère plus. Alors elle poursuit. Et imagine quand Klinke parviendra à destination. Le grand duc portera ses mots, elle ne sait où et préfère ne pas imaginer. Qui pour l’aider ? Qui pour l’assassiner ? Ou pire, la plier à leur désir selon tel ou tel sortilège impardonnable. Les formes revêtues par le mal sont infinies. Elle ne pourrait prétendre les appréhender toutes. Et justement, cet inconnu la tue à petit feu. Que veulent vraiment ces baguettes rouges ? Et pourquoi le ministère ne fait-il rien ? Pourquoi même la gazette du sorcier n’en a jamais rien dit. Je veux des éclaircissements…. Il lui faut apprendre à maitriser certains sortilèges interdits. Cela ne sera qu’utile, même si c’est mal en soi. Il lui tarde de pouvoir aller fouiner dans les lieux où seuls les sorciers majeurs peuvent aller. Parce que tôt ou tard le début de partie s’achève. Une fois les ouvertures terminées, la vraie partie commence. Et Circéia sent qu’elle n’en est plus très loin. Maman, pourquoi ne m’as-tu pas donné le pouvoir de me libérer de toi ? Il me serait plus aisé de voler seule maintenant mais avec toute ces horreurs, je demeure clouée au sol. Comme une cracmol ne sachant commander à son balai de voler pour lui.
Cinquante centimètres de banalités où se noient les vraies questions. Sous sa cape, elle monte désormais envoyer son hibou. Elle ne sait pas pourquoi ces derniers temps Klinke est en poste à Poudlard et non proche des parents, comme avant. Obéit-il à un ordre ? Est-ce de son propre vœu ?
- Emily ALEKHIN.
Le regard de la bête parait s’assombrir, il désapprouve mais se doit d’acheminer l’objet. Car c’est dans sa nature, coute que coute. Elle avait le choix entre les deux sœurs. A préféré le plus dur en premier. Car il vaut toujours mieux subir le pire pour ensuite être prête à tout. A tous les maux.
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