Volière

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Solar, Solar !

21 février 2044


Le cœur battant à tout rompre dans sa poitrine, Sigmund accrocha fébrilement la lettre à la patte d'un hibou qui attendait, peut-être avec impatience puisqu'il donnait quelques légers coups de bec. 

« C'est pour Solar... La balade sera bien courte, mon pauvre ami. » murmura-t-il. Il y ajouta une rose rouge, liée à la lettre, puis l'oiseau s'envola.
Ma chère Solar,

Pourquoi t’écris-je cette lettre alors que nous vivons tous deux à Poudlard, je l’ignore. Peut-être est-ce parce que lorsque j’aperçois ton visage, tous les mots que je te destinais s’envolent, et que perdu dans la contemplation de tes beaux yeux, je ne parvins à les rattraper. Tu me fais toujours penser à un petit oisillon, parfois un peu perdu, et qui se braque dès que l’on s’approche de lui. Tu sembles insaisissable et pourtant si proche. Si tourmentée et pourtant, tu rayonnes comme un petit soleil.

Il m’est plus facile de coucher sur papier ce que je ressens pour toi aujourd’hui. Cette nuit, j’ai rêvé de ton Patronus. Un jour, tu m’as dit qu’il s’agissait d’un Colibri. J’ai rêvé de lui ; il brillait si fort. Il volait autour de moi, j’essayais de l’attraper, mais à chacun de mes pas, il s’éloignait un peu plus. Je me demande à quels souvenirs tu penses lorsque tu veux faire jaillir ce Colibri de ta baguette. Pour ma part, je pense à ma fille qui, bien que source de tourments, est ce que j’ai de plus beau dans ma vie. Peut-être, si je créais un Patronus aujourd’hui, y ajouterais-je le souvenir de ton doux sourire.

Solar, je ne saurais te dire ce que je ressens exactement. Mon cœur se serre quand je repense à tes tourments, à ces larmes brillantes sur ton visage. Tout comme il s’envole quand les souvenirs de nos moments de partage remontent à la surface : notre danse, ou encore, ta main dans la mienne lorsque nous avons patiné ensemble.

Si je t’écris aujourd’hui, ce n’est pas que pour te faire part de ces sentiments qui brûlent en moi. Même si je pourrais te les écrire à nouveau, te les dire de vive voix, te les crier et te les chanter, et ce mille fois jusqu’à ce que je sois certain que ce soit gravé dans chaque recoin de ton âme, que tu ne m’oublies pas, ni moi, ni mes sentiments. Et qu’enfin peut-être, tu me regardes, moi qui suis devant toi depuis tout ce temps.

Je voulais avant tout te souhaiter un très joyeux anniversaire, à toi, femme merveilleuse que tu es. Puisse cette journée être douce et agréable, tout comme l’année à venir. Accepte cette rose rouge, symbole de mes ardents sentiments pour toi. Demain, si tu l’acceptes, je t’offrirai un cadeau en main propre.

Pardonne-moi pour cette lettre qui peut-être, te surprendra. Comprends qu'il m'est difficile de te voir tous les jours, d'apercevoir ton sourire qui m'est si cher, et de réprimer ce qui brûle en moi depuis quelques mois déjà. Je n'attends nulle réponse à cette présente lettre. Brûle-la, n'y réponds jamais, ignore son existence si cela te chante. Solar, je ne veux que ton bonheur.

Tendrement,
Sigmund.
Cette lettre, il l'avait écrite et réécrite, de nombreuses fois, déchirant ses différentes versions au fur-et-à-mesure, réécrivant pour ne changer qu'un mot, qu'une expression, ou simplement parce que l'écriture était un peu trop penchée à certains endroits. Elle venait droit du cœur, elle était spontanée, tout comme l'était toujours Sigmund. 

Puisse-t-elle trouver sa destinataire, et la convaincre de la force des sentiments qui animent son auteur. 

Solar, Solar !

22 Février 2044.
Avec l'accord de Sigmund bien sûr.
Avant de lire cette lettre, il est préférable d'avoir lu ce RP solo au préalable.


Où que puisse être Sigmund, un hibou lui rapporta une lettre. Une réponse qu'il devait sans doute attendre au fond de lui. Redouter aussi, et qu'il trouvera peut-être rapide. L'écriture reconnaissable disait :
Sigmund,

Oui, j'ai été assez surprise par ta lettre. J'ignorais tout ça, et je ne m'en suis pas rendue compte. Je dois avouer que je ne savais pas comment réagir, que penser. Hier, j'ai longuement pensé à tout ce que tu as écris. Tu sais, ça m'a fait chaud au cœur. Mais peur aussi. Je n'ai pas envie de te cacher ce que j'ai pu penser... Je n'accorde pas d'importance à la différence d'âge, mais je ne nie pas non plus à quel point ton vécu et le mien sont différents. Peut-être que tu seras déçu de moi un jour. J'approche peut-être les 30 ans, mais j'ai l'impression d'avoir peu d'expérience de la vie au final.

Je ne peux pas répondre clairement. Je ne suis pas indifférente, mais je n'ai pas encore éclaircit mes sentiments. J'ai l'impression... Que je t'apprécie au-delà d'un simple ami. J'ai juste peur qu'un jour je me dise que je me suis trompée et que ça te fasse souffrir. Mais quand je pense à tous les moments qu'on a pu passer ensemble, à notre rencontre, je suis heureuse. Je crois que ma vie ici serait clairement différente sans t'avoir connu.

Si tu acceptes malgré tout une jeune femme un peu perdue... Peut-être que nous pourrions essayer ? En attendant, j'accepte de te voir bien entendu, pour te laisser m'offrir ce cadeau. Je suis libre toute la journée alors ce sera en fonction de toi.

À bientôt,

Solar.
La jeune femme hésita longuement pour son message de fin. À bientôt ? Pourquoi se sentait-elle si timide d'un coup ? Mais elle laissa comme tel et envoya vite la lettre avant de changer d'avis.

En glissant je viens, en rusant je vaincs, le sommet j’atteins.
Kwon, pas Know, pensez-y !

Solar, Solar !

22 février 2044


Sigmund n’avait que peu dormi cette nuit-là. Il se tournait et se retournait dans son lit. La jolie coréenne ne quittait pas ses pensées. S’il ne regrettait pas d’avoir écrit cette lettre –après tout, il pensait chacun de ses mots, surtout après les avoir fait mûrir des semaines durant au fil des nombreuses lettres écrites puis déchirées : il craignait toutefois de l’avoir un peu brusquée. Bien sûr, il ne s’attendait pas à recevoir une réponse dans l’immédiat –ni même à en recevoir une tout court, en fait. Mais il se demandait comment elle avait réagi à la lecture de sa lettre, ce qu’elle ressentait, est-ce que ses mots l’avaient tourmentée, ou lui avaient-ils fait plaisir ? Dormait-elle convenablement ou elle aussi, se retournait-elle sans cesse dans son lit, peut-être en pensant à lui ? Enroulé dans ses couvertures, la tête enfoncée dans son oreiller pour se couper de son entourage, il mâchonnait sa moustache, grognait, puis soupirait, et enfin, souriait, puis grognait à nouveau. Le sourire de Solar ne quittait pas ses pensées, et son cœur battant à tout rompre dans sa poitrine ne semblait pas vouloir l’aider à rejoindre les bras de Morphée.

Le réveil fut difficile. Il ne savait exactement à quelle heure il s’était endormi –probablement très tard. Il avait une mine affreuse –d’énormes cernes témoignaient de son manque de sommeil. Tout en grognant et en s’étirant, le professeur se rendit dans la petite cuisine de son appartement et coupa deux tranches fines de concombre qu’il plaça sur ses yeux, après s’être rallongé. Les yeux fermés, tout en priant pour que la magie du concombre opère –mais les remèdes moldus étaient parfois assez inefficaces, il songea à la coupe et couleur qu’il donnerait à sa moustache pour plaire à Solar, s’il la voyait cejourd’hui. Il passa près d’une heure dans sa salle de bain, taillant chaque poil de moustache avec minutie pour tenter de se rendre un tant soit peu séduisant, colora sa précieuse dans un joli vert censé rappeler la nature, puis enfila quelques vêtements offerts par Amy, estimant qu’elle avait peut-être, finalement, meilleur goût que lui. Le reste de la matinée se déroula tranquillement. Pendant les cours, son regard était sans cesse tourné soit vers la fenêtre –où peut-être un hibou pouvait l’attendre, ou vers la porte –si Solar venait directement le voir, et tout à fait distrait, le temps passa plus vite qu’il ne l’aurait imaginé.

Vers midi, un hibou donna quelques coups de bec dans la fenêtre, le faisant sursauter. Il se précipita vers lui et ouvrit précipitamment la lettre. Ses mains tremblaient tandis qu’il avait du mal à se concentrer sur le contenu du parchemin. Fébrile, ses yeux parcouraient la lettre, peinant à comprendre le sens des mots tant son excitation était grande. Il la lut et la relut une dizaine de fois, ne sachant quoi en penser. Il se sentait comme un jeune adolescent qui découvrait les rouages de l’amour : l’attente d’une réponse, les regards échangés, le doute, la peur d’un sentiment non réciproque. Il avait oublié ce que cela faisait de ressentir de tels sentiments ; avec Ellen, la routine s’était rapidement installée, l’entraînant dans un quotidien toujours plus morne et ennuyant.

La réponse de Solar était favorable. S’il avait eu vingt ans de moins, ce seul fait lui aurait suffi, et il serait déjà dans les serres à embrasser sa belle. Ses joues s’empourprèrent à cette pensée. Mais puisqu’il était un peu plus âgé, et qu’il n'avait plus l'insouciance propre à la jeunesse, il se contenta de se caler confortablement dans son fauteuil en relut, encore une fois, la lettre de Solar. Elle doutait, et avait peur que ses sentiments ne soient pas réciproques, même si elle affirmait ne pas être indifférente. Il n’était pas certain de tout comprendre –n’ayant jamais été doué pour saisir toutes les subtilités de l’amour. Ce qu’il comprenait toutefois, c’est que cette lettre avait bouleversé la jeune femme, et qu’elle était prête à lui laisser une chance même si elle n’était pas sûre d’elle. Un sentiment de joie indescriptible l’envahit, mêlé néanmoins d’une certaine crainte. L’avait-il un peu brusquée en avouant sans détour ses sentiments ? Il se sentait comme égoïste, à n’avoir pris en compte que ses propres sentiments sans réfléchir davantage à la situation de Solar, à sa propre malchance en amour et ses récentes peines de cœur. Néanmoins, il sentait qu’il avait tant à lui offrir, si elle acceptait de s’ouvrir un peu à lui. Il serait capable de tout pour elle.

Il avisa un instant un morceau de parchemin qui traînait sur son bureau, ainsi que sa plume.

Non. Il irait lui dire ce qu’il pensait de vive voix.

*Solar, où que tu sois… J’arrive tout de suite.*