Éclaircie dans la Tourmente Pv E. O'K.

Deuxième année,
15 Octobre 2045,
Volière


Elle grimpait quatre à quatre les marches, le souffle court, heureuse de son initiative, nerveuse à l’idée d’où elle se rendait et de Qui elle avait besoin.
Elle haïssait avoir besoin des Autres, des regards jaunes et miel, des murmures de leurs respirations et de leurs tronches détestables.
Honnêtement ? Si elle avait connu un autre moyen pour communiquer avec Anaë elle l’aurait employé.

Elle reprit son comptage morne des marches, fixant ses pieds plutôt que le sol jonché de plumes, serrant les dents plutôt que de faire demi-tour.
Qui avait été assez crétin pour instaurer une volière en plein dans le château ?
D’abord, ça puait le hibou mal peigné.
Ensuite, c’était rempli de bestioles tout sauf sympathiques.
Enfin, c’était source de rencontres entre Envoyeurs de lettres désespérés à cause de la disparition de leur famille, ou naissance d’un marmot, ou mort d’un oncle ou que savait-elle encore.
Tout ça pour dire que la Volière, ça craignait sérieux.

L’odeur immonde s’intensifia, la prenant à la gorge et lui piquant les yeux.
Elle avait envie de hurler pour que tous les piafs s’en aillent, qu’ils la laissent avec les parfums de l’automne qui noyaient déjà le Parc et le Vent frais lui tournicoter les cheveux.
Ignorant royalement les volatiles qui tournaient lentement leurs têtes vers Elle, paupières à demi closes, becs claquants de se voir dérangés, elle alla se poster à son habitude près de la fenêtre.

L’année dernière, elle s’était faite écorchée les mains par Godric.
Cette année, le hibou grand-duc de son père n’était pas là, à sa plus grande joie. Il restait malheureusement tous les autres hiboux et chouettes de Poudlard.
Elle ne comprenait même pas ceux qui les choisissaient comme animaux de compagnie.

Avec un soupir résigné, elle ne put s’empêcher de se dire qu’il fallait pourtant choper une des bestioles afin d’envoyer sa lettre.
Elle y avait mis du temps, hésitant pour les formules de début et de fin, avant d’écrire ce qui lui passait par la tête. Certainement que sa tante pensait qu’une lettre bien tournée n’avait aucun intérêt, tout comme une mer plate et sans vagues.

Le papier rêche sous sa main la fit sourire. Elle l’avait pris épais, pour ne pas qu’il soit trop abîmé par l’eau de mer, même s’il n’y survivrait pas bien longtemps. L’encre utilisée était noire, elle n’allait pas non plus dégommer les yeux de Blackfall à écrire en violet ou en argenté.

Le contenu de la lettre s’afficha un instant devant ses yeux.
Chère Anaë,

Je suis rentrée à Poudlard, comme l’année précédente. Le château n’a absolument pas changé, comme la tonne de devoirs dont nous sommes déjà assommés.
Les couloirs sont absolument horribles, plein de pieds qui veulent écrabouiller les miens, de coudes qui rentrent dans les côtes et de regards parfaitement vicieux.
Le jaune de la salle commune de Poufsouffle agresse toujours les yeux, les fauteuils sont toujours confortables et un peu défoncés.
Les professeurs se veulent rassurant et disaient avoir tout mis en place pour nous protéger.
Enfin, je ne sais pas trop si j’ai le droit d’en parler, mais des évènements déjà…Spéciaux se sont pointés. Je crois que j’ai un peu peur. T’as de la chance sur ton bateau.
J’essaye de garder un œil sur l’horizon, mais j’ai l’impression qu’il recule à chaque fois que je m’en approche. C’est assez frustrant.
Un jour si tu veux, je t’enverrai un dessin du château et de ses environs.
Si tu me promets qu’il ne finira pas par-dessus bord au cours d’une de tes pérégrinations.

Sinon, on va bientôt fêter Halloween ici. Il paraît que tout le château va être décoré. J'espère juste que ça se passera pas comme l'année dernière...
C'est comment, d'ailleurs, Halloween chez les Moldus? Et sur ton bateau?

Que ta journée soit belle,
Alison.

P.S. : merci encore pour le coquillage.
P.P.S : Caresse Calypso de ma part.
Soupirant une nouvelle fois, elle s’approcha des hiboux, bien décidée à en finir. Leurs yeux luisants montraient bien qu’eux aussi n’attendaient qu’un faux pas de sa part pour la clouer au sol et lui arracher les yeux.
Elle les défia du regard, supérieure à toutes ces créatures emplumées, serrant dans une main sa lettre, dans l’autre, sa baguette.
On ne savait jamais.

Elle aurait aimé s’approcher d’une chevêchette, seule petite bestiole qui ne lui collait pas les jetons, mais leur taille minuscule n’aurait peut-être été pas très pratique pour lutter contre les vents et le froid.
Se rabattant avec un grognement sur une chouette effraie qui la toisa de ses yeux cendrés, elle s’approcha résolument et essaya de nouer la lettre à la patte griffue. Nerveuse, elle dut tirer malencontreusement sur une Plume, qui se décrocha et amorça sa descente vers le plancher.

*Oups.*

Les yeux roulèrent dans leurs orbites, un cri puissant jaillit du bec de la chouette, qui s’éleva dans les airs d’un battement d’ailes puissant, lui fondit sur le crâne, bientôt rejointe par ce qui lui semblait être la totalité des occupants de la Volière, en un vacarme assourdissant de cris et de plumes.
Assaillie de toute part, elle se protégea du mieux qu’elle put le visage, reculant dans un coin de la volière, ne supportant plus les tourbillons d’ailes et de cris qui fondaient sur elles.
*Par pitié, par Merlin, que ça s’arrête…*
Recroquevillée, la lettre perdue sur le sol, les mains sur les oreilles, la tête sur les genoux, elle abandonna face au cyclone de Plumes.

Plume d' @Eryne O'Kieran, si tu veux bien te joindre à moi :cute:
N'hésite pas à me dire si une autre idée de titre t'est venue à l'esprit!
Dernière modification par Alison Morrow le 5 nov. 2021, 17:38, modifié 2 fois.

Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.

Éclaircie dans la Tourmente Pv E. O'K.
Deuxième année
Dimanche 15 octobre
Dans la matinée

Tranquillement, un gros livre de fantasy ouvert devant mes yeux, me cachant ainsi la vue sur les couloirs, j’avançai à pas lents vers les escaliers menant aux sommet de la tour, repère des chouettes et hiboux des élèves de Poudlard. Mes yeux parcourant avec douceur les pages de l’ouvrage, gobant les mots avec envie et appréhension, je n’étais pas pressée d’envoyer la lettre légèrement cornée coincée entre deux pages. Ça faisait six semaines que j’étais rentrée à Poudlard – rentrée et pas retournée, je m’étonnais moi-même parfois – et j’adorais pouvoir retrouver le goût d’une liberté différente au « confinement » vécu pendant les vacances. Je pouvais me permettre d’envoyer ma lettre vingt minutes plus tard, ça ne changerait rien à l’échange avec mes parents.

Je glissai un coup d’œil sur le côté en voyant que je m’approchais dangereusement des escaliers et plaçai mon coude sur la rambarde. Lentement mais sûrement, je me hissai jusqu’à la volière en poursuivant ma passionnante lecture – une guerre opposant deux mondes parallèles, où meurtres et trahisons s’enchaînaient dans un décor d’Halloween, se reflétant avec les décors à base de citrouilles de Poudlard. Quelques lignes après que Phoebe se soit faite kidnapper par le Clan des Voleurs d’Obsidienne, un bruit de couinements me parvint jusqu’aux oreilles. *Oh*, les chouettes ! Je les imaginais déjà se déchaîner en volant d’un coin à l’autre du sommet de la tour, folles à force de rester enfermées à Poudlard. Si peu nombreux étaient les élèves qui se rendaient à la volière pour écrire à leur famille ?

*Concentre-toi plutôt sur où tu poses les pieds* Je coinçai un de mes doigts, me stoppant en plein dans l’action de la tentative de fugue de l’héroïne, pour franchir le seuil de la pièce. L’image fut surprenamment différente de ce que je pensais quelques secondes avant. J’avais l’impression qu’une bonne majorité des hiboux – tous ceux qui étaient suffisamment en forme ou réveillés pour se déplacer – s’étaient lancés sur un coin de la volière.

Un paquet de Miamhibou ou d’autres sortes de bonbons négligemment laissé là ? Ce n’était peut-être pas si étonnant… Prise d’un doute, je m’approchai un peu mais pas assez pour être à la portée des volatiles et sursautai en voyant une forme humaine au centre de la tornade de plumes et griffes.

Qu’est-ce que… Quoi ? *Mais y’a une personne là, bordel !* Comment devais-je réagir ? Je restai paralysée un instant devant l’acharnement des oiseaux sur le sorcier. *Bouge, fais quelque chose !*

Pssst, bougez de là, ordonnai-je d’une voix chevrotante. Allez, pssst, dégagez ! ma voix prit un peu d’assurance et je répétai plus durement : Allez, on dégage ! Pssst, allez !

Pour accompagner mes mots, j’agitai mon livre devant moi, plaçant mon autre main en visière devant mes yeux. *N’aie pas peur*

Dégagez ! hurlai-je presque en me défendant avec le livre. Je chassai les dernières chouettes d’un coup bien asséné – mais qu’est-ce que je faisais, en maltraitant ces pauvres bêtes ? – pour m’approcher avec précaution de la personne.


Mais avec plaisir :cute:
Les titres n'étant pas mon fort, laissons comme ça sauf si un déclic soudain nous fait trouver autre chose.
Et, encore une fois, ravie de pouvoir écrire avec toi !

Mots soulignés pour l'animation d'Effie.

• Membre de la RASA,
l'organisation la plus secrète des secrètes •
#400080
avatar commun avec Melody Brown
teaseuse en chef car trop de tease tue le tease.

Éclaircie dans la Tourmente Pv E. O'K.
Peut-être qu'en pressant assez ses mains sur ses oreilles, elle ne verrai plus les yeux orangés.
Peut-être qu'en fermant les yeux assez fort, elle oublierait où elle était.
Peut-être qu'en se roulant en boule assez vite, elle disparaîtrait en rentrant dans le Mur.

Mais rien de tout ça ne se passa.
Si ce n'est qu'une voix chassa les hiboux, qui se mirent à continuer leur assaut en s'énervant de plus en plus.

"FOUTEZ-MOI LA PAIX!"

Finalement, les bestioles trouvèrent plus intéressant ailleurs, ou jugèrent que leur proie était suffisamment morte pour qu'ils la laissent finir de décéder en paix.
Relevant lentement la tête et desserrant à peine les yeux, elle essaya de voir malgré la barrière de ses cils noirs.
Une forme, armée d'un bouquin semblait avoir réglé leur compte au reste des hiboux, comme le témoignait le sol jonché de Plumes et une des bêtes un peu moins réactive que les autres, le plumage en bataille et la langue pendante.
Frissonnant, elle ouvrit d'un coup les yeux, se remit sur ses pieds en s'appuyant le plus possible au mur, son seul appui stable dans cette pièce.
Son visage portait la marque d'un coup de griffe plus rapide que les autres, et ses mains étaient constellées de tâches rouges là où les hiboux avaient frappés.
*Im.pitoyable. Eux, c'est le "Im".*

Elle resta un instant les yeux vagues, à tourner la tête à chaque crissement de serre, comme une bête traquée, ne sachant pas encore à qui se fier.
Finalement, ses yeux retombèrent sur la forme, beaucoup plus nette sans le voile de ses cils.

"T...T'es qui toi?"

Ce croassement minable avait réussi à se frayer un chemin depuis ses cordes vocales.
Les hiboux lui jetèrent un regard patibulaire, avant de scruter la fille au bouquin.
Elle réussit cependant à relever la tête et se dirigea vers les fenêtres. La caresse de l'air frais sur ses joues lui fit du bien.
Il chantait, ce vent.
Joie. Force. Solitude.

Fermant les yeux, elle imagina Anaë sur son bateau, contemplant l'horizon, une main devant les yeux, écoutant l'appel de la Mer.
*Elle me manque...*

Rouvrant les yeux, elle fut presque surprise de retrouver la Volière et ses occupants, ainsi que la fille.
Son air lui disait quelque chose, elle avait forcément dû la croiser dans le château.
Dans les dortoirs.
Une Jaune alors.
Comme elle.

Elle grimaça un peu, puis partit rattraper sa lettre.
Les serres l'avaient à peu près épargné, ce qui tenait clairement du miracle au vu de la rancune des bestioles.
En croisant un regard mordoré, elle se retint de tirer la langue comme une Gamine.
Elle l'aurait probablement fait si la Jaune n'avait pas été avec elle dans la Volière.
En haussant les épaules, elle se dit qu'elle aurait tout le temps de le faire quand elle serait partie.
Ce qui ne devrait pas tarder d'ailleurs, après qu'elle ait posté sa lettre.

Tournicotant le papier dur entre ses doigts, elle hésitait sur la démarche à suivre.
S'approcher des hiboux?
*Jamais-d'la-vie.*
Demander de l'aide?
*Plutôt crever.*
Ne rien faire?
*Pire que tout.*

Bafouillant un peu, les joues écarlates et les yeux rivés au sol, elle réussit à articuler quelques mots.

"M-merci..."

Elle jeta un coup d’œil par en-dessous au livre de la fille, releva légèrement la tête, posa son regard sur les niches de la Volière pour ne pas avoir à observer l'autre.
La lettre dans ses doigts la brûlait.
Elle voulait vraiment la poster, de tout son cœur qui tambourinait dans sa poitrine pour l'exhorter à poster cette fichue lettre.
Mais la Peur était trop grande.
Elle lui broyait les poumons, l'empêchant de respirer tout à fait. Son cœur faisait des bonds dans son frêle squelette, si fort qu'elle était sûre que l'autre l'entendait aussi.
Ce roulement de tambour emplissait ses oreilles, l'empêchant de penser à autre chose qu'aux milles paires d'yeux acérés la fixant, qu'aux milles paires de serres tranchantes raclant le sol, qu'aux milles éclats ténébreux et dangereux qui émanaient de chaque pore de la Volière.

La voix enrouée, étranglée, elle choisit l'esquive.

"'L'est pour qui, ta lettre?"

Puis elle se résolut à faire ce qu'elle s'était refusée.
Plonger d'un coup dans les yeux de la Jaune, ne pas lui laisser le choix de lui détourner le regard, s'enfoncer sous la surface des prunelles, rentrer dans le cœur d'onyx des pupilles.
Loin, derrière ce regard, elle pourrait reprendre son souffle et ses esprits.
C'était comme s'enfoncer dans le Lac, au final.
Plus un bruit, plus un remous une fois au fond.
Juste les éclairs vifs de la lumière vers le haut, l'absence de respiration et d'Autres, un paradis pour laisser voguer ses pensées, ou les ressaisir.
Elle n'aimait pas souvent Plonger, comme elle le disait.
Elle se focalisait trop sur les yeux, et devinait trop, après.
Mais juste pour cette fois, elle en avait besoin.
Promis, après elle s’enfuirait de cette salle horrible, avec ou sans sa lettre.

Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.

Éclaircie dans la Tourmente Pv E. O'K.
Je la vis ouvrir soudain les yeux comme se rendant compte que l’attaque des oiseaux était finie et la reconnus presque immédiatement. Il s’agissait bien évidemment d’Alison, cette autre fille – assez antipathique pour ne pas se mentir – avec qui traînait parfois Lena. Je ne pouvais empêcher une petite boule se former dans ma gorge quand je les voyais ensemble, *pas bien la jalousie*. Mais, après tout, mon amie avait le droit de rester avec qui elle voulait… tant que je faisais partie de ces personnes-là.

Je reportai mon regard sur la Jaune et ses mains rougies par les assez dangereux becs et griffes des hiboux. Une moue inquiète déforma mes lèvres tandis que mon cerveau tournait à tout allure. Il fallait sûrement aller désinfecter les minuscules plaies, une infection ne serait pas forcément la bienvenue. Et ça devait faire mal non ? Quelle raison avait les volatiles pour s’acharner ainsi sur la pauvre deuxième année ? *’Fin, ce s’rait pas si étonnant qu’elle leur ait lancé un sort…* Je préférais ne pas partir dans ces hypothèses là ; plus le monde était gentil et plein de paillettes et d’arc-en-ciels, mieux c’était. *Pas comme l’autre là, Dai-…* Chut. Les mauvais souvenirs devaient rester d’où ils venaient, ne jamais sortir.

La voix d’Alison me fit sortir de mes pensées. Elle ne m’avait donc pas reconnue ? Je cachai mon orgueil dépité par un sourire penaud et une phrase hésitante mais suffisamment répétée pour être apprise par cœur.

Eryne… O’Kieran. J’suis aussi une amie de Lena… dis-je pour voir peut-être un déclic se faire sous ses pupilles – sans aucune arrière pensée possessive. Toi c’est Alison, non ? demandai-je par politesse.

Elle se déplaça jusqu’à une des ouvertures de la volière et je la suivis du regard. Elle resta là un instant, ses doigts abîmant les côtés de l’enveloppe, de la même manière que mes ongles avaient tendance à s’enfoncer dans mes paumes, et sûrement pour la même raison. Elle baissa les yeux, intimidée. *Intimidée ? Elle ? Face à toi ? Y’a un truc qui cloche*

M-merci…

*Oh*

Une des seules fois où j’étais restée plus de quelques minutes à ses côtés, l’image qu’elle m’avait donné était bien plus désagréable et renfermée, lors de cette dispute avec l’autre là, la grande. *Bristyle* Jamais je n’aurais pensé qu’elle était capable de prononcer ce mot, encore moins envers moi, alors qu’on ne se connaissait que de vue.

Je penchai un instant ma tête sur le côté quand elle posa sa question, juste avant d’être happée par ses yeux. Je n’avais pas remarqué à quel point ils étaient grands et expressifs. Et verts. Et beaux, aussi. Mal à l’aise, je détournai mon regard.

C’tait… C’est pour ma mère.

Je bougeai légèrement mon bras, comme dans un essai étrange de hausser les épaules en montrant ma lettre.

Et la tienne ?

C’était sortit automatiquement, sans me donner le temps d’y réfléchir. Et, connaissant certaines autres personnes, je savais comment elle pouvait faire la tactique de l’huître et se renfermer sur elle, ne plus rien dire. Me parant à cette attitude, je lançai d’une voix faussement enjouée :

‘Fin, t’es pas obligée de répondre, hein. Pause. Pourquoi elles t’ont attaquée comme ça, les chouettes ? Changement de sujet. Une blague d’Halloween ? Rire sans joie.

• Membre de la RASA,
l'organisation la plus secrète des secrètes •
#400080
avatar commun avec Melody Brown
teaseuse en chef car trop de tease tue le tease.

Éclaircie dans la Tourmente Pv E. O'K.
Silence.
Rester encore un peu immerger sous les remous.

"Eryne… O’Kieran. J’suis aussi une amie de Lena…"

BAM.
Brusque retour à la réalité et à ses horreurs.
*A-amie de L-Lena?*
Pourquoi est-ce que ça lui faisait mal, ce mot d'Amie? Pourquoi est-ce qu'elle se sentait blessée de voir que son Soleil traînait avec d'autres? Pourquoi est-ce qu'à présent les yeux bleus-gris la mettaient mal à l'aise, la chassaient de leur refuge?
*La ferme! C'était mieux quand tu parlais pas!*

Elle se renferma un peu plus, roulant les coins du papier entre ses doigts, afin d'arrêter d'incendier du regard la Jaune.
Après tout, elle l'avait bien aidé à se débarrasser de ces bestioles immondes qui peuplaient la Volière, hein?
Prenant sur elle, elle arriva à peu près à cacher la rancœur et la jalousie qui flambaient dans son regard.
Oh, elle le savait parfaitement. On ne pouvait pas éteindre des Flammes d'un claquement de doigt, ou d'un battement de cils.
Tant pis pour les étincelles crépitant toujours dans le vert mousse.

Néanmoins, elle eut beaucoup de mal à garder son calme alors que l'autre continuait tranquillement ses petites questions, comme si elle parlait de la pluie ou du beau temps, sans se soucier le moindre du monde de ses mains ou de son hésitation à poster sa foutue lettre.
C'est normal que tout le monde s'en fiche de toi, t'avais oublié?
La tristesse acheva de lui chiffonner le cœur en une boulette de papier totalement inutilisable et percluse de douleur.

Avalant lentement sa salive, elle détourna les yeux pour les fixer sur le sol qui décidément lui semblait bien accueillant face aux Autres, et répondit d'un murmure inaudible.
Prenant une inspiration qui lui sembla minuscule à cause du poids lui compressant la poitrine, elle répéta un peu plus fort :

"Ma tante."

Arracher ces mots de sa bouche était un vrai calvaire.
Mais entendre que la Jaune postait des lettres à sa mère était pire.
Qu'avait dit sa mère à la dernière fois qu'elle lui avait envoyé des lettres? J'ai pas le temps de m'occuper de t'envoyer des lettres stupides. J'espère que tu es à Gryffondor. J'espère vraiment pour toi, parce que sinon n'espère même pas rentrer pour les vacances.
Résultat? Elle avait menti. Elle était rentrée pour les vacances.
Ses yeux menacèrent de s'embuer mais elle secoua la tête pour chasser les larmes.
*Pas pleurer, Merlin...*

Elle devait se concentrer sur autre chose.
Vite.
Sinon ses digues intérieures allaient céder, et elle ne serait qu'une boule de nerfs perdue dans la tourmente, pleurant toutes les larmes de son corps, se noyant dans ses souvenirs, essayant d'oublier en se cognant contre le mur pour mieux sentir la Douleur du Présent et moins celle du Passé, hurlant de tous ses poumons le trop-plein d'émotions qui grondait en elle depuis Noël dernier.

Tremblements venant agiter la feuille dans ses mains.
*Pas céder, Merlin, j't'en prie...*
La Jaune vint la sauver de ses pensées.
Une blague? Ça avait l'air d'être un BLAGUE les milliards de chouettes cherchant à la déchiqueter vive?

"J'crois qu'on a pas la même définition de blague."

C'était peut-être une pique, destinée à la faire rire. *Pfft. Pas drôle.*Sauf que le peu d'humour qu'elle pouvait supporter par jour était parti en lambeau sous les serres acérées.
Sans faire de commentaire mais en se redressant un peu et faisant la moue pour bien rentrer dans le crâne d'Eryne qu'elle n'avait aucune envie de rire, elle daigna tout de même faire une remarque.

"J'ai jamais fêté Halloween."

*Merde.*
C'était pas du tout ce qu'elle voulait dire. Elle n'avait jamais voulu s'apitoyer sur elle, ou attirer l'attention sur sa Vie.
Des citrouilles, elle avait vu ses frères en creuser, sa sœur animer des fantômes en papier d'un coup de baguette, la maison sentir le pumpkin bread , des tasses squelettes se remplir de dragées de Bertie Crochue, de baguettes à la réglisse, de caracollants, gnomes aux poivres ou encore de suçacides. Mais elle n'avait jamais goûté tous ces délices.
Elle avait parfois réussi à grignoter un reste de pumpkin bread ou enfouir au fond de sa poche un Caracollant pour plus tard, mais jamais devant ses parents.
De sa fenêtre, elle avait adoré voir la Maison entièrement parée de citrouilles illuminées et sentir bon la cire fondue.
Elle avait observé ses frères et sœurs se déguiser, se prêtant parfois au jeu et étant ignorée de ses parents, mais elle n'avait jamais mis le nez dehors pour fêter le tout avec le voisinage, qui de toute façon était assez lointain.

S'arrachant à ses souvenirs, elle réussit à demander d'une petite voix :

"C'est comment?"

Plume, navrée, je n'ai pas pu m'empêcher de répondre!
C'était bien trop tentant...:cute:
Dernière modification par Alison Morrow le 30 oct. 2020, 09:24, modifié 1 fois.

Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.

Éclaircie dans la Tourmente Pv E. O'K.
Je hochai doucement la tête. Sa tante. Pas ses parents, ou ses grands-parents ? *Mêle-toi de tes affaires. Si ça se trouve elle en a peut-être même pas ?* Orpheline ? Je préférais encore ne rien savoir sur tout ça. Même si Lena était peut-être au courant ? Normal, si elles étaient amies. Amies au point de voir Alison se refermer lorsque j’avais parlé de la Jaune. Meilleures amies ? J’aurais aimé l’être – sa meilleure amie, à Lena – presque une relation d’exclusivité, rien que toutes les deux. *Impossible* Malheureusement.

Non, je… *Zut* Elle m’avait mal comprise, s’était vexée avec ma brusque supposition, sûrement déplacée. Pas une blague dans ce sens là, fin… Y’a des gens à qui ça amuse de faire ça autre, j’sais pas. Moi pas ! lui assurai-je d’une voix hésitante. Mais…

Une moue forma l’esquisse d’une grimace mécontente et je pinçai les lèvres, inquiète que la discussion – assez calme pour l’instant – ne tourne au vinaigre. Quand son ton n’était ni trop froid ni trop violent, ses traits semblaient agréables et sympathiques, par moments. Je voulais qu’elle m’apprécie, pas qu’elle me juge sur un commentaire sarcastique et mal choisi. Car plaire au gens était plus facile que se faire détester de tout le château ? Et puis, avoir des amis sur lesquels compter était toujours une bonne chose. *Mais elle ? Qui ne te dit pas qu’elle se fiche de toi ? T’emballes pas.*

J'ai jamais fêté Halloween.

Je penchai la tête sur le côté. Pourquoi cette remarque ? Ç’avait peut-être à voir avec la mienne… Mais je ne comprenais pas vers où allait mener la conversation suite à cette phrase. Un changement de sujet ? Mais pour quoi faire ? Était-elle déjà mal-à-l’aise ?

J’opinai du chef suite à son interrogation. Comment ? Comment… était Halloween ? C’était étrange comme question. C’était… triste. Tous les enfants que je connaissais avaient toujours fêté ce jour. Tous les enfants que je connaissais s’étaient régalés de bonbons en faisant du porte à porte, s’étaient déguisés et avaient lancé des bouh ! absolument pas effrayants à leur parents qui se prêtaient au jeu. Pourquoi pas elle ?

Jamais ? fis-je, tout bas. C’est… C’est… je ravalai un « chouette » hors contexte et sûrement mal aperçu par la Poufsouffle pour me lancer dans une explication – du moins j’essayai. Les enfants se déguisent. ‘Fin, les adultes aussi mais mes parents jamais. Il faut être effrayant, car, je crois, c’est le jour où il faut faire peur aux esprits méchants qui reviennent hanter les vivants. Alors, on se déguise, on doit être effrayant. En vampire, fantôme, squelette, parfois en sorcier pour les moldus. On creuse des citrouilles pour qu’elles fassent peur et on place une bougie à l’intérieur.

Je m’arrêtai, à court de souffle, et reportai mon regard dans ses yeux, pour observer avec attention sa réaction avant de poursuivre.

• Membre de la RASA,
l'organisation la plus secrète des secrètes •
#400080
avatar commun avec Melody Brown
teaseuse en chef car trop de tease tue le tease.

Éclaircie dans la Tourmente Pv E. O'K.
"Hey, trick or treat?"
"...Don't talk about that."

______________________________


Les arêtes de pierre lui rentraient dans le dos.
D’ordinaire, elle aimait le contact froid ses pierres, rassurant, lui montrant les siècles qu'elles avaient passés, les vagues des événements les ayant abîmées mais toujours présentes, stoïques, épaulant des dizaines de corps s’étant appuyées sur elles, continuant à protéger le château du froid mordant et du vent.
*Pas foutues de coller les hiboux dehors par contre. *

Elle bougea imperceptiblement vers la gauche, se rapprochant de la fenêtre.
Beaucoup mieux.
Elle leva ostensiblement les yeux au ciel lorsque la Jaune s’empêtra dans ses excuses. Mais qu’est-ce qu’elle s’en fichait de ses excuses !
Si elle regrettait ses mots, elle avait qu’à tourner trois fois sa langue dans sa bouche avant de l’ouvrir.
Oh, et si elle pouvait se taire au final, et ne pas lui détailler un Halloween brûlant de joie et de bonheur en famille, un récit illuminé comme un sapin de Noël, elle apprécierait grandement.

Évidemment, la télépathie n’était pas possible même dans le monde sorcier.
L’autre se mit à lui débiter des phrases sur les déguisements, les bonbons, les parents qui se déguisaient et les enfants aux visages peinturlurés de blanc et de noir censés faire peur.

Elle n’était préparée en rien au brusque pincement au cœur qui l’étreignit.
Le malaise grandit lorsqu’elle s’imagine des gamins aux sourires édentés brandissant des paniers plein à ras bord de sucreries et en demandant encore plus, s’offrant déjà un billet gratuit pour aller chez le dentiste le mois prochain.
Et les citrouilles sculptées... Elle n’en avait jamais approché seulement une, mis à part cette année en cours de botanique.
Le grand couteau de la cuisine était jugé bien trop dangereux pour seulement qu’elle daigne l’approcher, alors l’utiliser...
C’était non envisageable.
A voir le regard noir de sa mère, elle avait compris que Morgane en personne s’opposerait à ce qu’elle touche au couteau pour dessiner des visages tordus sur des citrouilles bossues. Elle réussit tout de même à plaquer une esquisse de sourire vacillant sur son visage et à articuler la question suivante :

« T...T’aimais bien Halloween, toi ? »

Le passé? Pourquoi son emploi?
Peut-être car Halloween semblait maintenant si loin de ce que le château endurait.
*Les élèves déguisés en mange-morts c'tait certainement pas pour chasser les mauvais esprits...*
Peut-être parce que voir passer des gamins avec un grand sourire et le visage barbouillé de maquillage, c'était rare de nos jours.
Peut-être parce que son entrée à Poudlard avait refoulé les espérances de gamine quelque part au fond d'elle. Ça les avait annihilés, les avait fait se recroqueviller en copeaux calcinés.
Le pseudo-bal pour se détendre avait fini en fiasco, avec des élèves traumatisés, renfermés, sombres.

Peut-être que réentendre des rires d'enfants effacés lui ferait du bien.
Ferait du bien au château.
Au monde entier.
Pour arrêter de se tuer, tous, avec des sorts qui nous dépassaient, des conséquences qui nous ensevelissaient, des remords insurmontables.
*Re-Morts.*

Le sourire s'affaissa, comme écrasé par les évènements.

Combien de fois pouvait-on mourir?
Une première fois de l'intérieur, se dessécher comme un arbre en hiver? Pourrir lentement, ne plus sentir une seule étincelle nous réchauffer le cœur?
Une deuxième fois lorsque le cercueil rentrait en terre?
Ou bien lorsque nous prenions conscience que nous allions tous mourir un jour? Que nous n'allions pas survivre à ce monde, terrassés par les évènements?
Combien de fois, on se sentait mourir?

Brusque inspiration, changement rapide de sujet.

« T'avais l'droit à quels bonbons toi?»

Son accent irlandais s'était accentué, phrase presque incompréhensible.
Foutu tremblement dans sa voix.
Elle baissa les yeux, mordillant sa lèvre et tapotant du doigt les pierres derrière elle.
Avait-elle vraiment envie de s'enfermer dans des souvenirs qui n'étaient pas les siens?
De voir encore une fois une joie qu'elle n'avait jamais partagée?
De retourner le couteau dans la plaie.
Ou tu pourrais te dire que c'est un songe. Que tu y es invitée. Que c'est beau?
*Beau? Le beau n'existe que dans l'âme d'celui qui l'voit.*
Et?
*J'crois qu'le Beau est resté avec DaÏ. En Mai.*
Dans ce cas, tais-toi. Et écoute les échos du bonheur.
Bonheur...

Bonheur...

*Bonheur.*

Son bonheur était un tournesol qui dépérissait.
Pas une fois elle n'avait croisé Alyona depuis le début de la rentrée.
Elle lui manquait, si fort que ça lui faisait comme un trou au milieu de la poitrine.

« Ça...Ça t'faisait plaisir Halloween? »

Voix brisée.
*Le bonheur ça sert à rien. Juste à faire mal quand on s'rend compte qu'on l'a perdu.*
*...*
*J'ai pas perdu Alyona, hein? Hein? Eh, répond!*


Silence.

Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.

Éclaircie dans la Tourmente Pv E. O'K.
Alison semblait m’avoir totalement oubliée, perdue dans ses pensées. M’avait-elle seulement écoutée ? J’avais autre chose à faire que parler dans le vide. Continuer de fixer son visage presque impassible me lassait ; je baissai la tête et contemplai les dalles irrégulières du sol, attendant un mouvement autre que s’éloigner de moi. Lorsque les inégalités des pierres commencèrent à m’ennuyer elles aussi, la Jaune prit la parole.

Un petit sourire à peine crédible m’observait depuis ses lèvres et je fus troublée par sa question. Si j’aimais bien Halloween ? Je… Je supposais que oui. C’était une fête comme une autre, une fête quotidienne que j’appréciais. Je l’avais juste toujours célébrée avec mes parents, en faisant du porte à porte, de la même manière que je me serais levée le matin. C’était une routine quoi, une routine annuelle. *Jusqu’à l’année passée*

L’image d’une Lumah dévastée, pleine de sang, s’imposa à mes paupières maintenant serrées l’une contre l’autre. Halloween me plaisait, oui, avant qu’une vraie peur plane autour de cette date. Cet évènement allait être fêté cette année ? J’en étais presque effrayée.

Euh… Ouais. *Ouais ?* Ouais. C’tait cool.

Je pris une inspiration et tendis l’oreille pour l’écouter de nouveau. Le droit ? *Droit ?* Oui, le droit… Mais pourquoi n’en aurais-je pas le droit ? À moins que… *Que ?* Pourquoi des parents refuseraient des bonbons à leur enfant ? Ou, pire, de fêter Halloween ? Car c’était pour ça que la Poufsouffle voulait tout savoir, n’est-ce pas ? Les citrouilles taillées, les enfants déguisés en sorciers, la fausse peur chez les uns et chez les autres… Elle n’avait jamais vécu ça, elle ?

Je ravalai ma salive et laissai échapper quelques mots avant de me stopper net :

Parce que toi, tu…

Je me tus et la dévisageai en silence. Était-ce possible que… Non. Je ne voulais pas y croire. *C’est pas aussi grave que ça, quand même ?* Si ! Halloween était, devait être, une fête à laquelle tout le monde participait, où tout le monde s’amusait. J’en étais persuadée. De plus, *si tu ne te trompes pas*, elle semblait vouloir connaître cette tradition, y goûter un peu.

Une idée germa dans ma tête et les coins de mes lèvres se levèrent vers le ciel. Quand elle posa sa troisième question – *jamais deux sans trois* – mon sourire se décomposa légèrement. Ce fut presque de la pitié qui s’empara de moi, de la pitié pour cette voix tremblotante qui voulait vivre cette date comme il fallait. Je hochai doucement la tête, les yeux toujours rivés sur elle.

Ouais. C’tait cool, répétai-je. Tellement cool que, si tu veux, on… on peut le fêter ensemble. *Ça, c’est cool, nan ? Ou tu vas esquiver ça, comme tous les gens de ton genre ?*

• Membre de la RASA,
l'organisation la plus secrète des secrètes •
#400080
avatar commun avec Melody Brown
teaseuse en chef car trop de tease tue le tease.

Éclaircie dans la Tourmente Pv E. O'K.
Pourquoi tout le monde se centre-t-il sur la tempête?
Son moment le plus intéressant reste le calme qui la précède.
Car on a besoin de la Tempête pour savoir qu'on l'a connu, ce calme.
Et qu'on l'a brisé.

______________________________


Elle triturait depuis quelques secondes la lettre.
Elle aurait voulu questionner sa tante sur où elle était, sur comment allait calypso, vers où elle partait, ses aventures en pleine mer et milles choses lui embuant beaucoup plus intéressantes qu’une volière sentant le moisi et le hibou mal léché.
Le contact de quelque chose roulant entre ses doigts, la raccrochant à la réalité et le bruit familier du papier froissé consistait un bien maigre barrage contre l’horreur de la volière, mais un barrage tout de même.

La réponse d’Eryne la prît au dépourvu.
Parce que toi tu...
"T'avais l'droit à quels b..."

*L’droit...Le...Droit ?*
Elle sentit ses yeux s’écarquillent et sa mâchoire se décrocher bêtement alors qu’elle aurait voulu rester de marbre et chasser d’un signe de la main les mots qui lui avaient été innocemment adressés.

Le droit.
Ce n’était pas aux Autres de juger e qu’il fallait faire ou pas. Ce n’était pas à eux de la regarder avec des yeux de croup mouillés, de prendre une voix insupportablement aiguë pour décrier tout ce qu’Ils avaient fait.
Car s’ils avaient décidé qu’elle ne ferait pas Halloween, c’était peut-être pour son bien, hein ?
La Jaune n’avait pas le droit de juger sans connaissances de cause, hein ?

Les battements de son cœur résonnaient lourdement dans son crâne, l’empêchant de réfléchir correctement et rendant plus funèbres les secondes de silence qui s’écoulaient.
Elle aurait voulu dire à ses poumons de respirer correctement au lieu de la laisser dans cet état amorphe, plus très vivant mais pas mort pour de bon.
Elle aurait voulu dire à ses pensées d’arrêter de se fracasser en vagues les unes contre les autres, de ne pas chercher à s’enfuir de son crâne qui était bien trop petit pour leur tumulte et de ne pas se démultiplier comme un objet atteint du maléfice de Gemino à chaque fois qu’elles s’entrechoquaient.
Elle aurait voulu dire à ses doigts d’arrêter de rouler les coins de la feuille, à sa bouche de se refermer, à ses yeux de retrouver leur expression hautaine et froide.

Mais elle en était incapable.

Heureusement, la Jaune continua à balbutier des mots certainement pour remplir le vide qu’elle avait créé.
Ce vide, elle le retrouvait au creux de sa poitrine, comme un trou béant aspirant le peu de réactions qu’elle aurait pu avoir.
Arrête de faire la petite apeurée. Arrête de croire qu’elle va te lâcher avec ses questions. Mais réagis, par Morgane !

Cette injonction remit peu à peu la mécanique en place.
Ses dents grincèrent une fois à nouveau sellées, son cœur ralentit, devenant une simple pulsation lourde, battant comme le centre d’un volcan prêt à exploser, ses mains arrêtèrent de malmener la lettre qu’elle avait mis si longtemps à écrire.
Elle n’était plus qu’une boule de rage, incandescente, prêt à tout ravager sous un flot de colère destructeur.
De quel droit les Autres venaient-ils toujours fourrer leurs nez là où on ne les attendaient pas ?
De quel droit Eryne jugeait de Leurs actes ? Et elle se disait ami de Lena ?Jamais son P’tit Soleil n’aurait posé de questions. Jamais elle n’irait ose poser la question, tout comme elle-même ne l’aurait jamais posée. Elle serait passée outre. Les ennuis des Autres, c’était pas ses affaires. Les problèmes des Autres tant qu’ils ne voulaient pas qu’elle en soit concernée, c’était pas ses affaires. Alors pourquoi personne dans ce château pouvait-il raisonner correctement ?

Ses yeux étaient devenus étincelants, annonciateur de l’orage.
Et le silence précédant la tempête n’est là que pour la sublimer dans toute sa splendeur.

« Tu sais rien, O’Kieran. Rien du tout. Tu crois tout savoir et tu t’trompes complètement. Est-c’que j’en ai quelque chose à foutre moi, d’tes Halloween joyeux et innocents, hein ? »*Oui.* « Est-c’que tu crois qu’j’ai envie de m’déguiser en ce quoi j’suis toute l’année et ce pourquoi des gens crèvent ? Est-c’que c’est ton rôle de venir fouiller chez les Autres et remuer leurs histoires ? J’te conseille un truc : ne t ‘mêle pas de c’qui t’regarde pas. »

Elle avait craché chacun de ces Mots, les laissant vibrer de fureur, prononcés à mi-voix pour ne faire que mieux retentir leurs menaces.

Elle avait été calme en disant Ça. Calme, comme tout orage se devrait de l’être.
Rien ne sert de hurler pour écorcher.
Rien ne sert de cogner pour faire mal.
Un murmure souvent bien articulé avait le même effet qu’une avalanche de remontrances et était souvent bien plus marquant.

« Et quant à passer Halloween ensemble... »

Oui.
*Non. *
Si !
*Jamais d’la vie.*
Allez...
*J’AI DIT NON !*

«Ça dépend d’si tu continues à poser tes questions idiotes ou pas. »

*Hein ?*
Mais s...Ah ben bravo. Elle est nulle ta réponse.
*La ferme. C’est ta faute si j’me suis embrouillée. *

Wahou Plume!
Là, là je crois qu'elle est vraiment pas contente... Et tout ça pour une phrase pas achevée!
Imagine si Eryne était allée au bout de sa question... :laugh:

Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.

Éclaircie dans la Tourmente Pv E. O'K.
Mon sourire et hésitant *et naïf, trop naïf* restait là pour combler ce petit silence. Hésitait-elle ? Son regard perçant me fixait, peut-être trop. Trop ? Comment pouvait-il trop me fixer ? Je devais avoir des hallucinations. Attendant sa réponse, je triturai le bout de ma manche. Avec mes propositions tombées toutes droites du ciel – des petits anges croyant bien faire –, je risquais plus me ridiculiser qu’autre chose. Pourtant, ce sourire toujours bien affiché, j’étais persuadé que tout le monde pouvait être ami ; arc-en-ciels, paillettes et licornes, la vie est belle !

Je me trompais.

Ses mots durs, blessants, me tombaient un par un tandis que ma moue joyeuse fondait petit à petit en une grimace de douleur, totalement prise au dépourvu. Elle semblait se délecter de chacune des menaces, goûtant bien leur saveur avant de me les cracher à la figure, profitant du spectacle. *Méchante* Elle était méchante, beaucoup trop méchante. Je n’avais rien fait, rien pour mériter cela. Qu’avais-je dit de trop ? Tout, tout était de trop avec elle. Et dire que quelques minutes plus tôt, j’avais massacré quelques hiboux du livre encore entre mes mains… C’était comme ça qu’elle rendait ses services ? Comment Lena pouvait-elle être amie avec elle ?

J’avais mal, elle me faisait mal. J’aurais voulu que ses mots rebondissent sur moi, glissent comme des gouttes d’eau sur une armure impénétrable, mais ce n’était pas le cas. J’étais sensible et j’en payais le prix, une boule se formant dans ma gorge. Je ne pouvais lui montrer les larmes qui me montaient aux yeux, pas à elle, car, maintenant, je la détestais. Je devais la détester. Peut-être que j’abusais ? Peut-être qu’elle n’était pas si dure, que j’imaginais son regard ravageur ?

Je baissai la tête sur le côté – *Lève la tête ! Lève la tête ! Fais-lui face ! Aller !* –, me soumettant entièrement à ses reproches. Une fois qu’elle aurait fini ça irait mieux, j’en étais certaine. J’encaissais maintenant pour répondre une fois que le flot de paroles se calmerait, voilà tout.

Et quant à passer Halloween ensemble...

*Et elle se permet de nous faire souffrir plus avec un NON catégorique ? Elle est vraiment… vraiment…*

Ça dépend d’si tu continues à poser tes questions idiotes ou pas.

Qu… Quoi ? *Je me corrige. Elle se permet d’accepter ? Ah non, là ça va plus. Ça va plus du tout.* Je bouillais de l’intérieur, me sentais prête à exploser. J’allais lui répondre et, même si le tac au tac n’était pas mon fort, je n’allais pas me laisser faire. Je ne pouvais pas me laisser faire. *C’est bon, t’as fini là, Nom de famille d’Alison ? Faut qu’on discute*

Tu vois, mes questions idiotes, là ? Bah c’est simplement les réponses à tes questions débiles. Parce que si t’en avais vraiment rien à foutre de moi, tu s’rais pas là en train de me poser des questions sur Halloween – sur les bonbons ! – sur ma vie à moi. C’est pas ma faute si on n’a pas eu les mêmes choses, les mêmes droits, et c’est sûrement pas grâce à mon… mon vécu que tu vas te trouver des faux souvenirs ! Alors si quelqu’un ici dois se mêler de ses affaires, je pris une inspiration, la face rouge, c’est toi et rien qu’toi. Et si y’a un truc qui t’échappe, un truc que tu voulais pas que je sache mais que maintenant je sais, faut que t’en prennes à toi, ET RIEN QU’À TOI ! hurlai-je presque.

Je la défiai du regard. Oui, elle m’avait fait mal, oui, j’étais blessée et la carapace me protégeant percée. Mais je lui avais répondu, j’avais affronté ses mots inexacts, j’avais levé mon visage vers le sien pour lui montrer qu’elle ne dominait pas le conversation.

Et quant à passer Halloween ensemble, l’imitai-je d’une voix froide. Ça dépend si tu te rends compte que tes questions sont débiles et que tout ce que moi je fais, c’est y répondre. Si j’y réponds mal, bah c’est ton problème. T’avais qu’à a pas les poser.

• Membre de la RASA,
l'organisation la plus secrète des secrètes •
#400080
avatar commun avec Melody Brown
teaseuse en chef car trop de tease tue le tease.