Salle des trophées

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 PV Audric H.  Le Soleil pleure sans sa Lune

12/03/2044

Cela faisait deux jours qu'Elle était partie. Il y avait encore son odeur dans le dortoir, encore sa présence lorsque Solenn s'asseyait à la table de Serpentard. La jeune française s'était attendue au début à la voir apparaître à chaque nouveau virage, à chaque nouvelle porte. Sa magnifique lune. Elle avait été hantée par son regard émeraude ces deux dernières nuits. Et elle s'avait que rien n'était fini. D'ailleurs, l'espoir aussi avait fini par s'évaporer. La persuasion inconsciente ne fonctionnait plus très longtemps, ses bulles n'étaient plus aussi épaisses qu'avant. Malheureusement.
Aujourd'hui, elle n'avait pas la force de travailler. Elle était de nouveau cette coquille vide, cette chose qu'elle avait tant bien que mal essayer de remplir d'amitié. Et d'amour. Ah ! l'amour... Ce sentiment si meurtrier. Etait-elle maudite ? Devrait-elle toujours souffrir d'amour ?
Aujourd'hui, elle cherchait un endroit. Un endroit pour être seule, comme pour se rendre vraiment enfin compte de sa situation. Elle était seule. Elle n'avait pas d'amis, à part Cassiopée. Enfin, pas de vrais amis.
Ses pas semblaient résonner contre la pierre du couloir. Elle n'était pas la seule à se promener, mais les autres se dirigeaient pour la plupart vers la bibliothèque, donc au rez-de-chaussée, tandis que Solenn continuait de monter.
Elle s'arrêta au 3ème étage, devant une porte qu'elle n'avait jamais franchie. La salle des trophées. La troisième année était presque sûre que personne n'y mettait jamais les pieds. Ça n'intéressait personne, des trophées.
Elle poussa la porte, et atterrit dans un espace calme, si calme. Solenn s'y promena un temps, puis, comme si ce silence l'y invitait, se mit à pleurer, doucement. Elle s'assit entre deux vitrines sans grand intérêt, et enfouit son visage dans ses genoux.
On entendait seulement ses sanglots.

Quatrième année RP (2044-2045)
Serpentard la plus parfaitement parfaite de la mort qui tue (d'après la plus belle personne au monde)
Magic in the hair

 PV Audric H.  Le Soleil pleure sans sa Lune

 Les mains dans les poches, un air renfrogné coincé sur le visage, Audric déambulait dans les couloirs sans but. 
 Son anniversaire. 
Demain c'était son anniversaire, et il venait tout juste d'en prendre conscience. Il ne l'avait pas deviné tout seul en plus, c'était en recevant une lettre de son père qui avait décidé de lui envoyer une carte en avance de peur qu'il ne la reçoive trop tard. Il l'avait lue en diagonale en se promettant de répondre le lendemain. Voir qu'il n'y avait qu'une signature sur la carte lui avait rappelé que Jeanne ne signerait plus jamais de lettre pour lui. Ni pour personne. 
 Penser à sa mère l'avait ramené aux toilettes abandonnées. Tout comme il n'arrivait pas à oublier les mots de Gabrielle, ceux d'Esmée résonnaient encore dans sa tête. Cela lui semblait tellement faux lorsqu'il la voyait heureuse sans lui. Ce jour-là il avait apprit une leçon, mais c'était surtout la perte de sa meilleure amie qui avait été difficile à avaler. Ils n'étaient pas ennemis, juste en froid. Deux inconnus qui savaient tout l'un de l'autre et qui ne supportaient plus la présence du second. 

 Le brun enfonça un peu plus les mains dans ses poches en grinçant des dents. Il s'ennuyait ferme, mais n'avait aucune envie d'aller dans un endroit où il y aurait la moindre personne. Il voulait juste être un peu seul. Pour autant il n'avait aucune envie de rester avec ses pensées, alors il fallait qu'il trouve quelque chose à faire pour s'occuper. Dans un couloir, il passa devant la salle des trophées avant de s'arrêter brusquement et de faire demi-tour. Il n'était entré là qu'une fois, pour une retenue en première année, mais n'avait jamais vraiment fait attention aux trophées en eux-même. Curieux, il poussa alors la porte et s'avança doucement, appréciant le calme et la solitude du lieu.
 Il n'avait pas fait deux pas qu'un bruit attira son attention un peu plus loin. Avec une lenteur inhabituelle, le garçon aux yeux vairons s'avança entre les étagères, le regard balayant les recoins cherchant la source du bruit. Il trouva quelqu'un, recroquevillé là en train de pleurer doucement. Audric ne reconnut pas la personne en face de lui. Il devinait que c'était une fille, mais il ne connaissait personne avec les cheveux aussi courts, du moins pas à son souvenir. 

 L'adolescent s'accroupit doucement et détourna le regard un instant avant de reporter son attention sur l'inconnue. Il hésita vaguement avant de tendre son bras et de poser sa main gauche sur le coude de sa camarade. Il espérait ne pas lui faire peur, mais c'était plutôt compliqué. « Hey! » souffla-t-il doucement. 
 Il ne lui demanderait pas comment ça allait : ça n'allait pas, il le voyait bien. Et puis il avait assez entendu cette question pour la trouver agaçante lorsqu'on était au plus bas. En revanche il n'avait pas grand chose à dire de plus. « Salut. Hum... Est-ce... est-ce que t'es blessée? »
 Visiblement elle ne semblait pas blessée. Du moins pas physiquement. Le brun tâtonna ses poches sans se redresser, mais ne trouva aucun mouchoir à lui offrir en attendant qu'elle réponde. Alors il l'observa, détournant parfois le regard pour ne pas la mettre mal à l'aise, patient. 

Là où les Ninker passent, la défaite trépasse. Audsée un jour, Audsée toujours! Un jour Jonois resplendira.
"If you've finally had enough, turn your fist to the sun."

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Une main se posant sur son bras. Une voix. Solenn ouvrit les yeux, son visage bien caché par ses bras. La voix ne lui semblait pas inconnu, mais son cerveau ne parvenait pas à se concentrer assez sur ce qu'il entendait pour pouvoir le jurer. Elle releva alors enfin la tête, s'essuya sur la manche de son sweat préféré, et à travers les larmes reconnut le regard si artistique du garçon qu'elle avait rencontré sur le Chemin de Traverse, par un temps pluvieux. Comment s'appelait-il déjà ? Impossible de retrouver son prénom, la fatigue n'aidant pas la jeune fille à mettre un doigt dessus. De toute façon, ce n'était pas très important en ce moment, non ? 
Quelque peu gênée d'avoir été découverte en train de verses des larmes, elle tenta un faux sourire pour rassurer le brun, puis répondit à sa question, sa voix encore pleine de pleurs.

-Hum... Non, ne t'inquiète pas... Tout va bien.

Qu'est-ce qu'elle mentait mal dis donc. Comment le Gryffondor pourrait croire à une bêtise pareille ? Soucieuse de ne pas se faire questionner, Solenn essaya tant bien que mal de changer la conversation. Elle se racla la gorge et dit :

-Je... je n'étais jamais venue ici. C'est assez sombre.

Ou l'art de ne pas savoir quoi dire. Son petit sourire n'était même pas joli, son nez coulait, ses cheveux longs d'à peu près trois centimètres lui donnait l'air d'une folle. Il n'y avait plus Cassiopée pour l'envelopper de sa douce lumière argentée. Elle n'était plus là pour lui donner le sourire. Solenn était seule, si seule. Elle repartait de zéro. Et ça lui faisait si mal.

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 La tête de la jeune fille se releva doucement. Là dans la pénombre, il reconnut les traits de la personne en face de lui, même si elle avait un peu changé depuis qu’il l’avait rencontrée. Sélène qu’elle s’appelait, du moins à son souvenir cela sonnait ainsi. Il avait plus retenu le goût des glaces qu'il avait mangées que l’identité de sa camarade. Il faut avoir certaines priorités parfois, comprenez... 
 Le brun l’observa attentivement. La dernière fois la couleur de son visage et celle de ses cheveux se rejoignaient presque. Aujourd’hui c’était bien différent, mais peut-être que l’ombre dans laquelle elle s’était assise n’aidait pas non plus. 

 Elle ouvrit la bouche enfin avec un sourire qu’il connaissait bien. Son père avait exactement le même en décembre, chez son grand-père. Il ne l’utilisait pas pour lui mais pour tous les autres qui lui demandaient comment il se sentait. Et c’était drôle parce qu’il donnait exactement la même réponse que la Serpentard, accompagné parfois d’un « laissez-moi » sur un ton trop doux.
Enfin non, ce n’était pas vraiment drôle.

La jeune fille changea totalement de sujet, parlant soudainement de la luminosité de la pièce. Audric ôta sa main du coude de sa camarade et garda le bras tendu devant lui toujours accroupi. Il lui jeta un regard malicieux à sa vaine tentative, essayant de lui faire comprendre qu’il n’était pas tombé dans le piège. Il était idiot oui mais il ne fallait pas exagérer non plus. 

« Ne me mens pas. Je vois bien que ça va pas j’suis pas bête. Rien ne t’obliges à dire pourquoi, juste... ne mens pas. » 

Audric détestait que les adultes lui mentent. Depuis l'année dernière, il ne leur faisait plus du tout confiance. Mais pour ses camarades c'était différent. Après tout ils pouvaient bénéficier de la même excuse que lui : ils étaient des enfants. C'était donc normal de sortir un ou deux petits mensonges de temps en temps. Mais dans ce genre de cas en revanche, il préférait que la vérité soit dite. Il y avait quelque chose qui lui faisait du mal, à Sélène. Pour autant elle n'était pas forcée de dire quoi, même si l'adolescent curieux aurait beaucoup aimé en savoir plus. Si au moins il pouvait y faire quelque chose... mais non il ne servirait surement à rien.

Il sortit doucement sa baguette de la poche de sa robe et la leva doucement. Il lança un Lumos qui éclaira faiblement la pièce. Inutile de les rendre aveugle, il pourrait augmenter l’intensité au fur et à mesure. Une fois ceci fait, il se tourna vers la rousse à nouveau. A défaut d'avoir quelque chose d'intelligent à dire, essayons l'ironie pensa-t-il surement : 

« C’est toujours mieux un peu de lumière quand on broie du noir, non? Le chocolat ça marche aussi mais j’ai pas pris mon sac. Désolé. »

Puis (ou enfin) il se tut et posa ses fesses sur le sol froid. Il posa sa main gauche qui tenait sa baguette sur ses jambes et tourna la tête vers les vitrines, laissant le choix à la rouquine de parler ou non. Si le silence s’éternisait, il trouverait bien quelque chose à dire. Et puis si elle ne voulait pas entendre de choses inintéressantes ou drôles seulement pour lui, elle n'aurait qu'à lui dire de se la fermer.

Là où les Ninker passent, la défaite trépasse. Audsée un jour, Audsée toujours! Un jour Jonois resplendira.
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Evidemment, sa phrase n'avait pas fonctionné. Qui aurait pu croire à son sourire... Cela faisait trop longtemps qu'elle n'avait pas du faire semblant de sourire, elle en avait presque oublié comment faire.
Alors que la douce voix du garçon résonnait dans la pièce, Solenn s'essuya le nez sur sa manche. Son gros nez. Qu'est-ce qu'elle se sentait moche, sans sa Cassiopée à ses côtés. Elle était arrivée lors de sa Renaissance à se voir d'un autre œil, à se voir sans ses défauts. De toute façon, en ce moment elle ne voyait que Cassiopée partout, dans ses rêves, dans les couloirs bondés de Poudlard, dans la Grande Salle en face d'elle. Mais elle devrait le comprendre un jour, sa p'tite Lune était partie. Fini leur amitié, fini leur amour.
La douce lumière qui s'échappa de la baguette fit réaliser à la troisième année toute la fatigue qui alourdissait ses yeux. Elle tenta de nouveau un léger sourire qui se finit en une grimace de douleur. Solenn soupira et posa sa tête contre une vitrine, et laissa quelques secondes un silence s'installer. 

-Tu t'souviens quand on s'était rencontré ? Et ben... Depuis ça, il s'est passé pas mal de choses...

Audric ! Voilà comment il s'appelait ! Le prénom avait fusé dans son esprit, alors que les doux souvenirs étaient remontés à la surface. La glace, la tâche, le sauveur... C'était un moment où elle avait pu oublier pour quelques instants les tourments qui l'entouraient à ce moment-là. Arriverait-elle à être réellement heureuse ici, dans ce château hanté ? Au moins un jour ?
La Serpentard ancra son regard dans celui du brun, et reprit son propos :

-Hum... Tu sais, quand t'es tellement ami avec quelqu'un que tu n'arrives pas à vivre sans lui ? T'as déjà vécu ça ?

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 Attendant dans le silence, Audric observa la lumière diffusée par sa baguette, avant de s'attarder sur les ombres qu'elle projetait autour d'eux. Étrangement il les trouvait plus jolie que l'illumination qu'il avait créée, mais elles ne pouvaient pas vivre sans cette lumière. Alors qu'il bougeait légèrement sa main pour voir les ombres se déplacer, il sentit le mouvement de la rousse en face de lui. Il reporta son attention sur sa camarade alors qu'elle posait sa tête contre une vitrine. Elle semblait épuisée, il l'avait déjà remarqué mais avait cela sur le compte de la pénombre. A présent que la clarté ce faisait il voyait qu'elle l'était réellement. 

 La fillette ouvrit de nouveau la bouche, parla de leur rencontre. Bien sûr qu'il s'en souvenait, il avait perdu de vu sa mère ce jour-là. Cela lui semblait tellement ridicule à présent, mais c'était un très bon souvenir. Il regrettait de ne pas avoir mangé plus de glaces ce jour-là, il aurait peut-être pu en partager une avec Jeanne justement. Elle n'avait jamais eu l'occasion d'en manger. Elle n'aurait...
 Le brun se retint d'ouvrir la bouche pour lui dire que chez lui aussi, beaucoup de choses avaient changées. Mais ce n'était pas son histoire qui était importante, alors il choisit de l'écouter attentivement et d'essayer de trouver les bons mots. 

-Hum... Tu sais, quand t'es tellement ami avec quelqu'un que tu n'arrives pas à vivre sans lui ? T'as déjà vécu ça ?

 Le garçon releva brusquement la tête, qu'il n'avait même pas eût conscience d'avoir baissée, et plongea son regard dans les yeux de la Serpentard. Oui, c'était justement ce qu'il lui arrivait avec Peterson. Mais il avait comprit la leçon, il suffisait juste... que ça passe.

« Je ne pensais pas que ça serait comme ça mais oui, je connais. » Il grimaça et tenta de cacher cela en se raclant la gorge. Il détourna le regard un instant avant de l'observer vaguement à nouveau. Le brun abaissa sa baguette et pencha la tête, comprenant qu'elle était dans la même situation que lui. 
« C'est ça? Il y a quelqu'un avec qui tu étais proche et qui est... partit? » Il baissa doucement la tête, laissant ses cheveux masquer son visage mèches par mèches. « Nan laisses, t'as pas besoin de répondre. C'est juste est-ce qu'il y a quelque chose... enfin s'il y a quelque chose à faire... »

 Quoi exactement? "Je peux t'aider?" Ils n'étaient pas si proches tous les deux, et même : qu'aurait-il pu faire? C'était ridicule. C'était horrible comme sensation, il le savait bien et il n'y avait rien à y faire. Quelque soit la raison du départ de son ami(e), si la Serpentard avait pu faire quelque chose pour y remédier elle l'aurait certainement fait. « Je comprends pourquoi tu n'es pas bien. »

 Audric releva la tête légèrement et observa le mur derrière sa camarade. N'ayant aucune sucrerie à lui proposer, il finit par choisir de changer de sujet en attendant. Si elle voulait parler, elle le reviendrait sur ce qui l'intéressait. « Ah ton avis, y'a combien de coupes qui récompenses autre chose que le Quidditch ou la coupe des quatre maisons ici? » Voilà, une information inutile comme il les aimait.

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Alors lui aussi, avait connu ce déchirement, ce deuil dont on ne se relevait pas, au moins d'après Solenn. Elle avait juste l'impression d'avoir laissé partir la moitié de son cœur. Et avec un bout manquant, on vit plus difficilement, c'était sûr. Audric semblait vouloir rester fort devant Solenn. Il avait sûrement réussi à s'en sortir, s'il était là, devant elle. D'ailleurs, la question qu'il venait de poser montrait ce dépassement de la douleur. Ou alors, juste une façon de faire semblant. Il était sûrement bien plus fort qu'elle pour faire semblant.
Malheureusement, aucun sourire ne parvint à traverser les larmes qui séchaient misérablement sur ses joues, et Solenn répondit :

-Aucune idée. Pas beaucoup, je pense. Ce serait drôle de trouver la plus vieille coupe.

Pourquoi fonçait-elle dans cette bulle que le garçon venait de lui créer ? Parce qu'elle ne savait faire que ça. Depuis qu'elle était à Poudlard, elle avait vécu enfermée dans ses bulles, cachant ses sentiments. Elles éclataient parfois, mais très vite, Solenn parvenait à en créer d'autres. Ça n'avait pas de fin. Enfin si, il y avait une fin. Cassiopée. Cassiopée avait détruit ses bulles, et avait caché sa réservé d'eau et de savon.

-J'avais trouvé la personne parfaite pour moi. J'en étais follement amoureuse, j'le suis toujours.

Sans s'en rendre compte, ses larmes remplies d'acide recommencèrent à couler. Ses vieilles ennemies. Elle tourna alors son regard océan vers Audric. Elle ne pouvait apercevoir ses yeux, et se trouvait bête de lui dire tout ça. Cela ne devait pas l'intéresser. Et de toute façon, elle avait l'impression d'être dans un de ses films débiles où le garçon vient sauver la jeune fille en détresse. Mais elle lui demanda d'une toute petite voix pleine de larmes salées :

-Comment t'as fait pour te relever ?

Elle marqua un léger temps de pause, puis réalisa ses paroles.

-Non désolé, j'aurais pas dû te demander ça.

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 Un instant Audric crut avoir réussi, il avait pu changer la conversation un court moment pour que la rouquine pense à autre chose. Il lui adressa un large sourire devant sa proposition, trouvant l'idée particulièrement intéressante. Est-ce toutes les coupes étaient gardées ici? Dans ce cas il devrait y avoir celles datant des premières années de l'école, du moins si la compétition entre les quatre maisons était déjà d'actualité. Grâce à ses recherches les années passées il savait que le Quidditch était arrivé bien plus tard, donc les premières coupes liées à ce sport ici ne devrait pas avoir plus d'un siècle.

 Pourtant il aurait du se douter que la Serpentard relancerai le sujet. Il ne pouvait pas l'empêcher d'y penser, et de toute façon ce n'était pas ce qu'il voulait. Il commençait à comprendre que, dans ce genre de cas, il fallait crever l'abcès et continuer d'avancer. Enfin c'était facile à dire, il n'avait aucune idée de comment faire cela. Lui avait choisit d'ignorer le problème et de se trouver un bouclier. 
 Sa camarade se remit à pleurer en avouant ses sentiments, et le brun ne trouva rien d'autre que de replacer sa main sur le coude de la fillette. C'était sa façon de montrer qu'il la soutenait, sans à avoir à trouver des mots pour l'exprimer. C'était bien trop compliqué pour lui il n'était pas doué avec ça. 

-Comment t'as fait pour te relever ?

 Audric redressa vivement la tête, cessant de fuir les deux perles azur et accrocha son regard. La fillette se rétracta immédiatement mais le brun hésita. Il savait bien comment il avait fait, mais il refusait de se l'avouer depuis le début. Il préférait chercher la réponse ailleurs, peut-être qu'il y avait une autre raison après tout... 

« Je... » Il baissa doucement la tête et passa une main sur sa nuque. Mouais... La rousse espérait peut-être qu'il ait trouvé une bonne solution, une qu'elle pourrait appliquer pour moins souffrir du départ de cette personne qu'elle aimait tant. Mais la vérité c'était qu'il n'avait fait qu'appliquer un pansement et qu'il le regrettait un peu. Pas pour lui, mais pour la personne qui l'aidait justement sans le savoir. Quoi que, la connaissant, elle devait s'en douter.

« Je pensais avoir trouver quelque chose de... mieux dirons nous mais en réalité je n'ai trouvé qu'un bouclier. » Il lui offrit un sourire contrit avant de continuer. « Désolé je n'ai pas de solution miracle. En réalité je penses toujours que les choses pourraient s'arranger. »

 Oui, peut-être qu'un jour les maux d'estomacs cesseraient, et qu'Esmée redeviendrait son amie. Comme avant. Ou presque, rien ne pouvait faire revenir le passé. Mais il lui arrivait de croire que la brunette et lui pourraient se reparler, s'amuser à nouveau ensemble comme si rien ne c'était passé. 

« De toute façon je ne suis pas amoureux de cette personne, du coup c'est pas pareil. » Il retira sa main du coude de sa camarade et, fuyant toujours son regard, reprit : « Est-ce que... tu continues de lui parler ou vous vous êtes disputés? Je veux dire, si tu peux lui parler encore vous pourrez vous retrouver. Plus tard... Non? »

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Audric hésita, renforçant Solenn dans son sentiment d'intrusion. Elle n'aimait pas faire cela pour les autres, et le haïssait encore plus dans le sens inverse. Mais après quelques secondes de perdition dans ses pensées, sûrement à inventer un joli mensonge pour consoler la rousse, il revint sur Terre, près de cette dernière. Les réponses qu'il apporta firent hausser les sourcils de Solenn. Pas de solution miracle. 

Pas de solution miracle.


Ces quelques mots continuèrent de résonner dans l'esprit vide de la française, se cognant un peu partout. L'écho s'interrompit brusquement lorsque le Gryffondor reprit la parole. Solenn ne fit aucun commentaire, mais elle aimait Cassiopée autant en amitié qu'en amour. Tous les conseils étaient donc bons à prendre. Malheureusement. Pourquoi avait-il fallu que leur parfaite amitié se transforment en de l'amour ? Solenn avait déjà trop souffert pour son âge, n'aurait-elle pas pu continuer de voir en la brune la meilleure amie qu'il lui fallait ? Pourquoi avait-elle commencé à vouloir sentir le contact de ses lèvres sur les siennes ? Elle avait quatorze ans, elle avait le temps pour ces bêtises !
Solenn reporta son attention sur le garçon, qui semblait lui aussi traversé par des souvenirs aussi destructeurs, ou presque, que ceux de Solenn.

Audric fit une légère pause, puis continua. Il lâcha le coude de Solenn, qui n'avait même pas remarqué ce contact physique, et lui posa des questions qui lui firent froncer les sourcils. Elle marqua à son tour une légère pause, puis répondit, la voix encore pleine de larmes salées :

-Nan, on s'est pas disputé. Elle... Elle a quitté Poudlard. Donc non, on ne pourra pas se retrouver.

La dernière phrase lui fit lâcher un sanglot. Dire ce qu'elle pensait tout bas était plus difficile qu'elle ne le pensait.

-Elle est sûrement plus heureuse sans moi, de toute façon.

Les larmes n'en pouvaient plus de couler le long de ses joues rondes. Elle devait embêter Audric, à pleurer comme cela...

-Désolé...

Je m'excuse à mon tour pour ce retard !!!

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Je te présentes mes excuses pour cette absence. 

Loin d'être de bon conseil dans ce genre de situation, Audric tenta de trouver dans sa mémoire des phrases qu'il avait entendues et qui pourraient coller à la situation. Mais il les trouvait toutes ridicules et hors de propos. D'ordinaire il aurait proposé à la fillette d'aller chercher quelqu'un d'autre, une personne de meilleur conseil (enfin de conseil tout court d'ailleurs) ou même un adulte même s'il n'avait pas toute confiance en eux. Il n'y avait que son père qui l'avait, et il n'était pas là.

 La voix encore embrumée par les larmes, la rousse reprit la parole. A sa première phrase l'adolescent songea immédiatement aux phrases que les adultes auraient pu lui sortir en l'entendant. Comme quoi il ne fallait pas faire d'histoires pour ça, qu'elle pourrait toujours la revoir en dehors de l'école. Qu'il était inutile d'en faire un drame, cela allait s'arranger. Les adultes n'y comprenaient rien de toute façon, à croire que certains n'avaient jamais été des enfants. 

-Elle est sûrement plus heureuse sans moi, de toute façon.

« Je ne la connais pas, mais j'suis sûr que c'est faux. » Lui en tout cas ne l'était pas de son côté. Et peut-être que la personne dont la Serpentard était amoureuse, était dans le même état qu'elle en ce moment. Sa camarade s'excusa, alors qu'elle pleurait de nouveau. Ne sachant pas quoi faire pour l'arrêter, Audric décida de la laisser faire. Après tout, il valait mieux que ça sorte maintenant. 

« Je crois... que ça fait encore plus mal de garder ses larmes à l'intérieur. C'est... ça brûle. Alors 'vaut mieux qu'elles sortent. Enfin j'penses. » Le garçon aux yeux vairons fit une nouvelle tentative pour trouver un mouchoir mais aucun était apparu par magie dans sa poche. En désespoir de cause, il tira sur sa manche et la proposa à sa camarade. 

« Je suis vraiment désolé pour toi. Je... je suis vraiment pas la bonne personne pour t'aider désolé. » Il se passa une main derrière la nuque en baissant la tête, honteux d'être aussi inutile. « Mais dis pas qu'elle est plus heureuse sans toi. Si elle disait que toi tu es plus heureuse sans elle ça ne te rendrais pas triste? »

 Le brun grimaça en s'entendant parler. Les voilà, les phrases favorites des adultes. Pourtant il y croyait dur comme fer cette fois. Il bougea légèrement ses jambes qui commençaient à s'engourdir et releva les yeux sur la fillette. « Est-ce que tu veux... me parler de cette personne? Elle était dans ta maison? » Si c'était le cas, il ne pouvait que comprendre le vide qu'elle devait ressentir. Il se demanda un instant ce qui était le plus dur : ne plus jamais revoir une personne que l'on adorait, ou bien la voir tous les jours mais ne plus pouvoir lui parler, rire avec elle. L'absence totale ou la distance glaciale?

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La phrase du garçon ne la rassura pas. Elle savait très bien qu'il ne disait cela que pour arrêter ses larmes, ou peut-être pour se convaincre lui-même. Il y avait tant de possibilités lorsque quelqu'un sortait une de ces phrases bateau, ce genre de phrases qui faisaient lever les yeux au ciel pour certains tandis que d'autres se raccrochaient à cela, espérant que ce soit vrai. Mais non, au fond, tout le monde savait que ce genre de phrases étaient fausses. On les sortait lorsqu'on était gêné, lorsqu'on ne savait pas quoi dire. Mais Solenn comprenait tout de même l'intention d'Audric. Peu de gens étaient réellement doués pour consoler, pour rassurer. Et la rousse ne faisait que pleurer depuis le début, ce devait être compliqué à gérer.

-Je crois... que ça fait encore plus mal de garder ses larmes à l'intérieur. C'est... ça brûle. Alors 'vaut mieux qu'elles sortent. Enfin j'penses.

Solenn hocha la tête, montrant qu'elle avait compris le garçon. Elle refusa sa manche dans un sourire triste, et, tout en se mouchant dans la sienne, répliqua :

-J'ai essayé toute ma première année de ne pas pleurer, et... Lorsque ça a explosé, et ben... C'était pas joli.

Il s'excusa de ne pas être très doué, puis ressortit une autre de ces phrases. Solenn secoua la tête négativement.

-Je ne sais pas si elle est plus heureuse sans moi. J'espère pas. Mais je comprendrais si c'était le cas.

Le brun posa alors la question, celle qui la fit frissonner. Parce qu'elle avait tellement envie de lui parler d'elle. De ses yeux, de ses cheveux, de ses paroles toujours intéressantes. Mais arriverait-elle à trouver les bons mots pour la décrire ? Il lui semblait déjà qu'elle la perdait de vue, qu'elle n'était plus si proche d'elle. Elle bougea légèrement à son tour, et toussa pour éclaircir sa gorge.

-Hum... Oui, on était dans la même maison. Tu l'as peut-être déjà aperçu. Elle était...

Magnifique. Intelligente. Surprenante. Mystérieuse.

-Petite. Les cheveux très noirs, les yeux verts.

Pourquoi les mots restaient-ils bloqués au fond de sa gorge ?

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