Salle des trophées

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 pv  En chemin vers l’inconnu(e)

04/05/2043


Erwan pensait maintenant à l’inconnue tous les jours. Pas une journée ne s’écoulait sans que quelque chose lui fasse penser à elle. Le rythme de leurs échanges s’était accéléré et ils étaient même devenus réguliers. La planque avait donc été changée pour plus d’intimité et de facilité. Erwan s’apprêtait à y déposer le tout premier mot. Il le gardait précieusement dans sa poche intérieure depuis le matin même et scrutait la moindre opportunité de s’éclipser cinq minutes pour l’y déposer.

Le lundi était devenu la pire des journées de la semaine. Elle était si chargée qu’Erwan se demandait même si elle n’avait pas été pensée exprès pour rappeler aux Poufsouffle que le week-end était terminé ! Sachant qu’il ne disposerait que de très peu de temps pour déposer son mot, il avait anticipé son écriture et posé ses mots la veille au soir avant de s’endormir. C’était souvent le moment qu’il privilégiait pour écrire à l’inconnue. Il pouvait être seul sans être observer, personne ne risquait de jeter un regard par dessus son épaule et si on lui posait la question, il n’avait qu’à mentir et prétexter travailler sur un devoir... De plus il savait que l’inconnue était forcément à quelques mètres de lui, dans le dortoir des filles, si proche de lui. Quand il réfléchissait un instant à la forme de la phrase qu’il voulait écrire, il laissait son regard se perdre dans la nuit qu’il voyait de la fenêtre proche de son lit. Il se disait à chaque fois, un peu naïvement, que par un possible hasard l’inconnue et lui regardait la même étoile...

L’année avançait à une allure magique et les examens semblaient arriver demain, l’atmosphère entière du château avait changé. Quasiment tous les élèves étaient pris dans une course au rythme effréné ! Il n’était pas rare de voir un ou une cinquième année emmenée à l’infirmerie tant la charge de travail pour passer les buses était grande... Mais dans cette marée de travail, Erwan rayonnait ! Il s’en sortait finalement pas si mal en cours, le dernier match de quidditch de l’année était imminent et il avait ce secret. Un secret qui parvenait à le faire sourire malgré tout, à lui faire oublier ses idées noires quand il en avait, un secret qui lui donnait parfois l’air un peu benêt quand il y pensait... Un peu comme en cette fin de lundi. Il avait finalement fallu attendre la fin des cours de la journée pour pouvoir se glisser rapidement dans la salle des trophées. Sans penser aux gens qui aurait pu l’attendre, un sourire jusqu’aux oreilles, Erwan gagna la salle au troisième étage. Personne. C’était décidément une très bonne idée qu’avait eut l’inconnue en pensant à la salle des trophées ! Comme ils en avaient convenu, Erwan souleva la planche défectueuse et y glissa son mot après l’avoir relu une dernière fois. Pas comme si il allait le raturer pour changer ou ajouter quelque chose mais pour se rassurer.

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Même après une dizaine de relectures entre la veille au soir et cette dernière lecture, Erwan ne perçut pas qu’il en avait dévoilé un peu sur son identité. Il n’était pas Jeffrey. Le jeune garçon s’octroya quelques secondes de pause pour observer par la fenêtre. Les jours semblaient s’étendre à chaque nouveau coucher de soleil. Les nuits devenaient douces et étoilées. Mais lorsqu’on était un élève de Poudlard, ce renouveau saisonnier arrivait avec un lourd fardeau. Les examens arrivaient aussi vite que grandissaient les attentes des professeurs. Erwan, gagné par la réalité, quitta le panorama et prit le chemin de sa salle commune. La salle d’études l’attendait.

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Le 08/05/2043


    Tous les deux jours. Tous les deux jours, elle détournait son chemin de retour à la salle commune pour passer dans la salle des trophées, pour voir si l’inconnu lui avait répondu. Il n’y avait pas un jour, une heure, une minute, une seconde sans qu’elle pense à lui. Lui qui occupe désormais toutes ses pensées, qui la fait sourire alors qu’ils ne se sont jamais rencontrés, jamais parlés face à face. Il avait éveillé en elle quelque chose d’inconnu, elle n’arrivait pas à le définir, mais c’était une sensation agréable. Une sensation qu’elle ne voulait plus ne jamais connaître. 


    Lorsqu’elle était à l’embrasure de la voûte, elle se retourna vers le reste du château pour s’assurer que personne ne l’avait suivi et risquait alors de mettre la main sur les parchemins, puis s’engouffra dans la salle des trophées. Là, elle se retrouvait le calme et à la fois l’excitation qu’elle ressentait à la bibliothèque, ou plus récemment, dans cette même salle, lorsqu’elle venait vérifier leur cachette.

    Arrivée devant la fenêtre, elle saisit délicatement la planche en bois, la souleva et à son plus grand bonheur, ramassa le morceau de parchemin qu’il lui avait laissé avant de reposer tout aussi délicatement la planche à sa place initiale. Sous le calme qu’elle émanait, elle était en réalité impatiente de découvrir les mots que l’inconnu lui avait écrit. Mais elle devra attendre car elle ne pourra les lire que ce soir, lorsqu’elle retournera dans son dortoir, après avoir mangé.
    Prenant son mal en patience, elle navigua à travers la fin de sa journée ; rédigeant ses devoirs, mangeant avec ses amis dans la Grande Salle, rentrant dans son dortoir pour se doucher et rapidement se mettre au lit pour pouvoir le lire et lui répondre à l’abri des regards indiscrets de ses camarades.
    
    Mais maintenant, il était temps, comme à son habitude, habitude maintenant devenu rituel, elle déplia le parchemin et le lut. Et plus elle lisait, plus l’envie de rencontre l’inconnue l’envahissait. Elle voulait le rencontrer, c’était une évidence pour elle maintenant. Cependant, elle avait aussi peur, peur que le fait de le rencontrer chamboule beaucoup de chose, que la relation qu’ils ont soit changée. Elle ne voulait pas que ça change, elle était heureuse comme ça, malgré le reste ; les examens, son passé, tout. Mais malgré ça, l’envie de le rencontrer prenait le dessous, elle ne savait juste pas comme cela pourrait se produire.

    En continuant sa lecture, elle en découvrit un peu plus sur l’inconnu, et ça lui faisait plaisir. Non pas de comprendre que sa situation avec son père l’attristait, mais qu’il ait assez confiance en elle pour lui confier cette part de lui, une part que personne d’autre qu’elle, ne connaissait. Eileen s’en sentait honorée.

    Après avoir relu une nouvelle fois la lettre de l’inconnu pour s’assurer de ne rien avoir raté, mais surtout pour remplir à nouveau son cœur du bonheur que la lecture de ces mots lui procurait, elle se saisit d’un parchemin vierge qu’elle avait sorti exprès et se saisit de sa plume pour à nouveau coucher sur le papier ce qu’elle voulait lui dire.


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    Eileen plia le parchemin après l’avoir relu pour s’assurer que tout était parfait, le déposa sous son oreiller avant de s’endormir. Le lendemain, elle se leva de bonne heure, profitant qu’on soit un samedi matin pour pouvoir se déplacer dans les couloirs sans qu’il n’y ait trop de monde.

    Une fois arrivée devant leur cachette, elle resta devant pendant quelques instants, immobile, avant de reprendre ses esprits et de déposer le parchemin sous la planche de bois.

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Dimanche 10 mai 2043


Quelle mauvaise journée que ce beau dimanche de mai pour Erwan. Il s’était levé tôt, enfin... plus tôt que certains dimanches, et avait prît un petit-déjeuner en solitaire dans la grande salle. Seules quelques têtes encore un peu endormies peuplaient la grande salle. Les lève-tôt et les plus sérieux dans leurs révisions profitaient donc du silence de la pièce avant qu’elle se remplisse de l’habituel brouhaha du week-end et du chahut des hiboux déversant mille lettres et paquets. Erwan n’avait pas spécialement de programme pour la journée. Il réfléchissait à ce qu’il pourrait faire aujourd’hui tout en avalant ses œufs brouillés et son bacon. Sûrement que quelques garçons du dortoir seraient motivés pour aller jouer dehors ; peut-être un quidditch, ou un foot si assez de ses amis moldus étaient motivés, ou même un cricket si Erwan réussissait enfin à convaincre ses camarades que ce sport méritait toute leur attention ! En tout cas, il avait assez révisé pour le week-end et ne comptait pas resté enfermé dans le château avec une journée comme celle-ci, digne d’un été agréable. Il remonta vers son dortoir et retrouva l’étrange spectacle qu’il offrait tous les dimanches matin... Certains étaient assis dans leur lit et bouquinaient, d’autres dormaient à poings fermés, certains essayaient de dormir et pestaient contre ceux qui faisait du bruit. On voyait parfois un oreiller voler, une paire de chaussettes en boule, un livre... Heureusement la précision de Cal ne semblait pas à son maximum avant au moins dix heures ! Erwan passa une bonne heure à motiver tout le monde mais étant le seul à avoir prit son petit-déjeuner il ne récolta que des « ouais mais tout à l’heure » ou des « je verrais après le petit-déjeuner »... Un peu frustré, un peu déçu de n’avoir pas plus dormi, Erwan gagna la salle commune. Il aurait aimé que sa journée de détente commence dès à présent mais personne ne semblait prêt à lui tenir compagnie... Il se dirigea machinalement vers la serre pour arroser les deux plantes dont il s’occupait en ce moment. Une fleur avait poussée dans la nuit et devait tout juste avoir éclos avec le jour ! C’était très beau...

Devant cette beauté matinale, Erwan pensa à l’inconnue. Ce fut comme un déclic dans sa tête ! Elle devait probablement avoir répondu à son dernier mot ! Il abandonna tous ses plans et fonça vers la salle des trophées ! Il était comme un enfant qui avait oublié qu’on était le jour de noël. Ne se souciant pas des personnes à qui il avait promis diverses parties, il fonçait deux étages plus haut pour probablement lire les mots de l’inconnue. Il entra dans la pièce et, la voyant vide, ne regarda pas derrière lui pour vérifier qu’il n’était pas suivi ou si quelqu’un prenait ce chemin... Il se rua vers la fenêtre et avait déjà ses mains sur la planche quand un bruit le fit se retourner brusquement. Mince ! Il n’était pas seul... C’était Jeffrey... Peut-être l’avait il suivi ou bien c’était le hasard mais Erwan senti son cœur s’accélérer au moment de lui adresser la parole. "Salut Jeff... Euh on t’a fait passer le mot ? On va sûrement se faire un petit quidditch comme il fait beau. Je suis monté voir si le terrain d’entraînement était libre..." L’excuse était pas terrible mais elle avait le mérite d’être crédible. Malheureusement, Erwan n’avait pas eu le temps de voir si un mot se trouvait sous la planche et il préféra quitter la salle plutôt que d’éveiller les soupçons de Jeff ou, pire, trahir leur cachette. En descendant les escaliers, sans le montrer, Erwan était furieux contre lui même. Ce coup d’adrénaline l’avait mis de mauvaise humeur, il avait risqué de dévoiler un secret auquel il tenait plus que tout. Enfin... Il se disait de plus en plus qu’il tenait plus à l’inconnue qu’au secret, qu’à la forme si particulière qu’avait pris cette relation. Au fond de lui, Erwan brûlait de la rencontrer. Probablement que sa rage intérieure, sa mauvaise humeur du jour ne tenait qu’au fait qu’il avait du mal à s’avouer ce simple fait. Ce n’était pas son manque de précautions ou même la présence de Jeffrey qui le tiraillait de l’intérieur mais bien son désir que cette relation qu’il chérissait évolue vers quelque chose qu’il ne contrôlerait plus.

Il fut bougon jusqu’au soir. Se terrant dans un mutisme qu’il trouvait agréable. Marmonnant contre lui même, se montrant impatient et un peu brut avec celles et ceux qui lui parlaient. Puis il eut enfin le temps de retourner à la salle des trophées. Après de multiples vérifications, il souleva la planche et toute sa mauvaise humeur s’envola. Après une première lecture sur place, il retourna à son dortoir et gagna immédiatement la discrétion de son lit. Quand il eut la sensation de l’avoir assez lu, il prit son propre parchemin et rédigea sa réponse.
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Erwan était mitigé sur sa réponse. Elle était bien moins longue que ces précédentes réponses et il pensait que la longueur ne reflétait pas l’envie qu’il avait de converser avec l’inconnue... Il pensait tout le temps à elle, il voulait la connaître plus encore. Ce sentiment l’agaça à nouveau, le prenant au ventre dans un sentiment inconfortable. Pensant ne pas en avoir fait assez, sans vraiment réfléchir son trait, il traça un petit cœur en bas à droite du parchemin. Il plia le parchemin, enfila à nouveau son pantalon et, sans se soucier de l’heure, fila le déposer sous la planche de la fenêtre de la salle des trophées. Les couloirs étaient déserts, il était fort probable qu’il soit sorti après le couvre-feu mais peu lui importait. Ce même sentiment le prenait toujours au ventre et il se sentait capable d’affronter la colère et la punition de n’importe qui !

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17.05.2043

   Cela faisait maintenant plus d’une semaine qu’elle ne s’était pas rendue dans la Salle des Trophées, plus d’une semaine qu’elle n’avait pas pu aller déposer le mot qu'elle lui avait écrit, et un certain manque s’était installé en elle. Mais c’était un manque bien différent que celui qu’elle ressentait pour sa famille. Celui-ci était tout aussi fort, mais bien plus prenant, plus... Indescriptible. Eileen n’arrivait pas à mettre de mots sur ce sentiment, mais elle savait au moins une chose, qu’elle ne voulait plus le ressentir. Mais entre les révisions pour les examens qui se rapprochaient de plus en plus vite ; Herminie qui, ayant du mal en potion, avait demandé à la brune de l’aider ce qu’Eileen accepta avec plaisir ; Maddie qui lui avait si gentiment demandé de l’aider à convaincre les elfes en cuisine de confectionner un gâteau d’anniversaire pour Jeffrey qu’elle n’avait pu lui dire non ; mais surtout, surtout, les préparatifs pour le dernier match des Frelons qui lui prenait énormément de son temps libre, elle n’avait toujours pas trouvés le temps d’aller déposer la réponse qu’elle avait rédiger pour l’inconnu. Alors ce sentiment persista.


   Heureusement, le troisième dimanche de mai, en fin d’après-midi, elle put se libérer de ses obligations prétextant qu’elle était fatiguée et qu’elle allait se reposer dans son dortoir. Se rendant alors dans son dortoir, elle pénétra dans son alcôve et s’assit sur son lit, le parchemin où était couchés ses mots dépliés entre ses mains et en les relisant. En les relisant, la jeune Irlandaise se rendit compte que ce qu’elle avait écrit, ne correspondait plus à ce qu’elle pensait en ce jour, à ce qu’elle voulait dire à l’inconnu. Elle resta alors quelques instants immobile, assise sur son lit et les yeux dans le vide à débattre intérieurement. Allait-elle déposer ce parchemin, ou allait-elle en écrire un autre ? Mais après tout, pourquoi lui envoyer le premier si cela ne lui correspondait plus, si elle ne se retrouvait plus dans ce qu’elle avait écrit il y a une semaine.         

   Sa décision maintenant claire dans son esprit, elle prit un morceau de parchemin immaculé, sa plume avec un petit flacon d’encre et tenta de se faufiler le plus discrètement possible hors de la salle commune pour se diriger vers la Salle des Trophées, sans vraiment faire attention de savoir si elle était suivie ou non. Une fois qu’elle y était, elle s’assit sous la fenêtre qui contenait leur cachette, installa son petit flacon d’encre à côté d’elle et s’entreprit à rédiger son nouveau mot pour l’inconnu.   
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  Une fois contente de ce qu’elle avait écrit, elle se leva, s’appuya sur le rebord de la fenêtre pour attendre que l’encre finisse de sécher sur le parchemin qu’elle avait posé sur la planche devant elle, se perdant dans ses pensées, ses yeux fixés sur le cœur qu’elle avait tracé pour refléter celui qu’il lui avait adressé et qui l’avait complètement retournée, à réfléchir à l’inconnu ; qui il pouvait être, si allait se rencontrer un jour et si oui, si cette connexion qu’ils semblaient avoir allait rester. Même si Eileen savait que le cœur qu'il avait ajouté à la fin de son message pour elle, ne pouvait que la rassurer.

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Dimanche 17 mai 2043


Sept jours s’étaient écoulés depuis qu’Erwan avait déposé son dernier mot dans la salle des trophées. Sept jours, c’était rien... Une petite semaine parmi tant d’autres au château, quelques devoirs, quelques cours et quelques repas. Mais pour Erwan le temps semblait s’être arrêté. L’attente de la réponse de l’inconnue était un supplice. Le dimanche en demi teinte qu’il avait vécu la semaine passée semblait être de nouveau le programme de la journée. Il s’était levé tôt, tout comme le samedi, pour voir si il y avait une réponse. Mais toujours rien... Pourtant son propre parchemin avait disparu il y a de ça plusieurs jours... Le cœur qu’il avait dessiné à la fin de son parchemin le hantait. Avait-il été trop loin ? S’était-il permis plus qu’il n’aurait dû ? Que voulait-il dire par ce cœur ? Était-il amoureux de l’inconnue ?

Il passa donc, encore une fois, son dimanche à se maudire. La semaine n’avait pas suffit à ce qu’il réalise que ce qu’il maudissait vraiment c’était le fait de ne pas la rencontrer. La journée passa à un rythme d’escargot. Erwan lui-même ressemblait à un escargot ! Cloîtré dans son dortoir, espérant ne pas être dérangé par quelqu’un, trompant la mélancolie par l’ennui... Lorsque l’heure fut bien avancée, que le dortoir se remplissait à vue d’œil par des garçons joyeux d’avoir passé la journée dehors ou bien repus d’avoir goûté dans la grande salle, Erwan décida que c’était trop et qu’il était temps de s’aérer. Il attrapa son sac en tissu qui contenait un jeu de carte, un carnet et un stylo, une boîte de dés et des osselets. Bref, son kit de survie personnel. Il le plaça en bandoulière sur le t-shirt noir qu’il portait ce jour-là et sortît de sa tanière.

Il devait être dix-sept heure quand la chaussure du première année foula l’herbe tendre du parc du château. L’air était bon et vivifiant après une journée à ruminer dans l’antre des garçons de Poufsouffle. Machinalement, Erwan retira chaussures et chaussettes pour pouvoir marcher pieds-nus. Il déambula quelques minutes, profitant des quelques rayons de soleil persistants à cette heure sur son visage. Il longeait le château, observant les moindres détails, raccrochant à telle vision tel souvenir. L’année qui touchait bientôt à sa fin avait considérablement changé le petit garçon de Bristol et elle était chargée en souvenirs et émotions. Avec en apothéose, cette relation avec l’inconnue. Cette amie dont il ne connaît pas les traits, cette confidente qui ne l’avait jamais jugé, cette présence qui rassure et apaise à tout moments. Malgré ses états du moment, le garçon éprouvait une immense joie de la savoir dans sa vie. Chaque fois qu’il pensait à elle, un sourire se dessinait sur son visage encore enfantin. Mais ces derniers temps, à la joie se mêlait une sorte de mélancolie, un sentiment d’inachevé, une boule au ventre qui rendait la situation plus floue. La marche méditative dans laquelle il était entré suivait son chemin depuis peut-être une heure. Puis Erwan arriva face à son destin.

Ça lui était finalement venu comme une évidence. "Faut que je sache qui elle est !" avait-il lâché à haute et intelligible voix. Sans y penser, sans vraiment avoir fait attention où il avait stoppé sa marche, il leva les yeux sur le château et aperçu la fenêtre qu’il ne tarderait pas à identifier. À cette fenêtre flânait une jeune fille. Ce fut de ce genre de moment où l’on ne se demande pas si il est bien en train de se passer quelque chose. Erwan se figea. Puis partit en trombes vers les portes du château dans l’espoir d’arriver à la salle des trophées et que l’inconnue y soit encore. Mais si c’est forcément elle ! pensait-il plein de fougue et d’excitation. Il lui fallu cinquante bons mètres avant de se décider à s’arrêter pour remettre ses chaussettes et ses chaussures.

C’est seulement à dix mètres de l’embrasure de la porte qu’Erwan arrêta de courir. Il avait été si vite qu’il en avait été trop vite. Il réalisa qu’il était tout essoufflé, qu’il ne savait pas quoi dire et que, finalement maintenant qu’il était là, ce n’était peut-être pas l’inconnue à l’intérieur... Il s’appuya au mur trente secondes pour récupérer son souffle. Essuya son front. Déglutit une franche et honnête dernière fois puis rentra dans la pièce occupée par Eileen. Il ne peut pas la reconnaître car elle lui fait dos mais déjà il sait qu’il veut que ce soit elle. Il n’a pas de plans de toute façon alors il se lance "Bonjour... on peut entendre le sourire dans sa voix Est-ce que tu viens écrire ici ?"

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   Eileen n’avait pas bougé d’une once, elle était toujours calmement appuyée sur le rebord de la fenêtre, son regard plongé dans le ciel de ce beau dimanche du mois de mai, absorbée par les pensées qui traversaient son esprit. Cette sorte d’introspection était quelque chose à laquelle s’adonnait bien plus fréquemment l’Irlandaise désormais, depuis qu’elle avait commencé à parler, ou plutôt écrire, à l’inconnu. Toute sorte de questions auxquelles elle n’avait aucune réponse ou alors juste une ébauche se bousculaient dans sa tête. Elle s’interrogeait sur l’identité de l’inconnu, qui la brune aimerait qu’il soit. Car Eileen avait beau se dire que peu importait qui il serait, que cela ne changerait rien, elle avait tout de même un nom qui revenait sans cesse lorsqu’elle se posait cette dernière question. Comment les deux enfants allaient-ils réagir lorsqu’ils se rencontreront, enfin s’ils se rencontrent un jour, faisait également partie des questions qui revenait fréquemment. Est-ce que leur rencontre allait être gênante ; allaient-ils rester bouché-bé l’un devant l’autre au point qu’aucune parole ne soit prononcée ou pire que l’un d’autre eux partent en courant en découvrant qui l’inconnu(e) ? Pas qu’Eileen se voyait fuir, mais c’était un scénario aussi stupide qu’improbable qui avait fleuri dans son esprit parmi un tas d’autres. Aussi, leur rencontre allait-elle changer quoi que ce soit dans la relation qu’il entretenait grâce à leur échange de parchemins.

   Et comme souvent, lorsque la jeune Shelby s’enfonçait dans les méandres de ses pensées, elle dériva, commença à se poser des questions par-delà la tonne qui envahissait déjà sa tête et qui manquait de la faire exploser. Est-ce qu’elle-même avait… changé, depuis l’échange du premier parchemin, ses amis avaient-ils remarqué un changement dans son comportement ? Sûrement pas puisque personne ne lui avait fait remarquer, ou du moins, c’est ce qu’Eileen croyait, et d’un côté, elle s’en réjouit car elle ne voulait pas partager ce secret, ce refuge qui lui tenait tant à cœur aujourd’hui. Elle aurait toujours pu mentir, mais elle faisait une piètre menteuse et elle le savait.

   Un mal de tête commençait à l’envahir à cause de toutes ces interrogations, ces hésitations, ces sentiments qui la traversaient. Elle n’était sûre de rien à part une chose, le fait qu’elle était partagée. Oui, elle était partagée quant au fait de rencontrer l’inconnu. Cela pouvait paraître étrange, mais d’un côté elle ressentait une immense envie de le rencontrer, une impatience parfois même ; mais de l’autre, elle avait peur. Peur de quoi, elle ne savait pas vraiment, mais elle avait peur.

   Aussi, elle n’aurait jamais pensé, lorsqu’elle avait quitté son dortoir pour rejoindre la salle des trophées que quelqu’un aurait la même idée qu’elle et qu’elle se ferait confronter par un autre élève. C’est pourquoi lorsque la voix d’un garçon prononça un « Bonjour » enjoué qui retentit dans la grande salle vide, elle se figea, surprise. Ses yeux alarmés se posèrent sur le parchemin qui gisait devant elle, éclairé par la lumière du soleil qui pénétrait par la fenêtre. Que devait-elle faire ? Elle ne pouvait pas laisser le garçon découvrir le parchemin et risquer que le secret de sa relation avec l’inconnu n’en soit plus un. Hésitant entre froisser les mots qu’elle avait écrit ou se placer devant de sorte à ce que le morceau de papier soit invisible au regard du garçon, elle choisit finalement la troisième option qui lui était venue. D’apparence calme, mais avec des mains tremblantes qui rendaient ses mouvements quelque peu maladroit, Eileen entreprit de plier doucement le parchemin en deux, puis en quatre pour le ranger dans son sac.

   Se tournant doucement vers le garçon alors qu’il lui demandait si elle venait écrire ici, elle fut agréablement surprise de reconnaître la voix d’Erwan Martin sur qui elle venait de poser ses yeux gris.

« Bonjour Erwan, » sourit timidement Eileen avec des joues toujours rosées par le fait d’avoir été surprise il y a seulement une poignée de secondes, mais aussi car c’était lui. « Ça m’arrive de temps en temps. C’est pas un endroit très fréquenté, je peux y être au calme pour écrire, » conclut l’Irlandaise en se refrénant de tourner son corps vers le rebord de la fenêtre mais ses yeux n’avaient apparemment pas eu le mémo car les orbes gris d’Eileen décidèrent de n’en faire qu’à leur tête et de se fixés l’espace de quelques millisecondes sur la planche de bois.

   Eileen ne voulait pas en dire de trop, se trahir et trahir le secret qu’elle avait avec l’inconnu s’il s’avérait qu’Erwan ne l’était pas. Comment pouvait-elle le savoir vraiment ? Certes, elle avait certains doutes car elle trouvait cela étrange qu’il vienne visiter la salle des trophées, car à part quelques trophées il n’y avait rien de bien intéressant dans cette pièce, mais elle n’avait aucune certitude. Et puis qu’Erwan soit l’inconnu, c’était trop beau pour que ce soit vrai pour l’Irlandaise.

   Plongeant ses yeux gris, les reflets bleus, parfois certains dorés, ressortant grâce à la lumière du soleil, dans les verts du garçon en face d’elle, Eileen reprend enfin la parole.

« Et toi, que viens-tu faire ici ? »

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Eileen se retourne et tout n’est plus qu’un rêve. Toujours persuadé que le doute n’était pas permis, Erwan fut transporté dans un doux et agréable état. Depuis des mois, il aimait à imaginer l’inconnue. Il l’imaginait un peu comme ça puis beaucoup comme ça ; mais à chaque fois, comme le réveil qui vient brutalement interrompre un rêve, il finissait par se dire qu’elle était bien réelle et que ça ne servait à rien de fantasmer une inconnue. Que cette fille à qui il tenait désormais comme personne existait bel et bien et que l’imaginer autrement ne lui rendait pas justice. Alors il commençait à énumérer les noms des filles de première année de la maison Poufsouffle, considérant chacune d’entre elle comme potentiellement son amie secrète. Et à chaque fois cela finissait par « j’aimerais que ce soit Eileen »... Tout cela se passait dans sa tête et le jeune garçon n’avait pas concrètement conscience de son attirance mais cela se finissait toujours comme ça. Alors quand il croisa son regard, tout devînt agréable, il était comme transporté par un nuage qui l’étreignait et le réconfortait. Rien de mal ne pouvait leur arriver.

Le sourire qu’il affichait lorsqu’il dît bonjour s’amplifia comme par magie. Puis, instinctivement, comme pour se protéger d’une éventuelle erreur sur la personne, il se mit à scruter les alentours. Il aperçut Eileen qui pliait quelque chose discrètement et qui semblait, par le langage de son corps, vouloir dissimuler la planche sur le rebord de la fenêtre. Tout lui indiquait qu’il ne se trompait pas ! Voir Eileen le rendait euphorique et lui procurait une certaine confiance en lui qu’il ne se connaissait pas. Ses mots le firent sourire. Elle restait sur ses gardes, ce qui avait pour effet de rassurer encore plus Erwan dans ses convictions. Toutes les angoisses que cette hypothétique rencontre avait pu engendrer s’étaient envolées ! Lorsqu’elle lui demanda si il lui arrivait également de venir écrire ici, il ne prit même pas le temps de la réflexion et donna la réponse la plus honnête. "D’habitude, j’écris plutôt dans mon dortoir... il n’osait pas encore la regarder directement dans les yeux. Il voulait d’abord lui dire, faire le premier pas vers Eileen pour qu’elle n’ait pas de doutes sur son identité, qu’elle n’ait pas peur de profiter de cette première rencontre. Puis je viens déposer mes écrits juste là."

Il se dirigea vers la fenêtre, laissant Eileen très légèrement derrière lui. Il s’appuya sur la planche, jeta un bref coup d’œil au magnifique couché de soleil qui se profilait sur les lands écossais, puis se tourna à nouveau vers Eileen. "Avant j’allais à la bibliothèque. Mais depuis quelques temps je dépose mes écrits juste là, derrière moi." À ce moment, tout ce qu’il avait entrepris pour ne pas la regarder directement dans les yeux s’envola ! Il cherchait son regard, sa réaction. Il voulait voir ses yeux s’éveiller, ses pommettes rougir, ses lèvres sourire...

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   Surprise. Oui, c’était le mot qui décrivait bien l’état d’esprit d’Eileen. Elle était surprise de voir qu’Erwan semblait être si confiant dans ses gestes, dans son attitude. Il semblait être à l’aide contrairement à la jeune Eileen qui, elle, était complètement stressée, désemparée, sur ses gardes. Elle était perdue, ne sachant pas à quoi s’attendre de cette « rencontre » avec son camarade Poufsouffle. Cela se voyait d’ailleurs à son expression corporelle, elle était crispée ; l’Irlandaise se tenait droite, les épaules tendues, laissant transparaître toute la tension qui régnait en son être. Les traits de son visage quant à eux étaient neutres, même si l’on pouvait lire dans ses yeux son appréhension, peut-être même une once de crainte à l’idée de s’être trompée sur l’identité de l’inconnu.

   Si elle avait tort et qu’Erwan n’était pas l’inconnu, alors quoi ? Elle venait très certainement de se trahir avec le parchemin, trahir l’inconnu ; qu’allait-elle bien pouvoir inventer pour se sortir de cette situation indemne ? Elle n’en avait aucune idée et cela ajoutait au stress qu’elle ressentait déjà. La jeune brune était à deux doigts de s’effondrer, l’angoisse qu’elle ressentait étant bien trop étouffant pour elle. Seul le dernier fragment d’espoir qu’elle arborait que ce soit lui l’inconnu faisait qu’elle était encore là, devant Erwan.

« D’habitude, j’écris plutôt dans mon dortoir… »

   Une seule phrase suffit pour qu’elle s’effondre intérieurement, tous ces espoirs s’envolèrent, ce qu’elle redoutait tant c’était produit. Ce n’était pas lui. Il n’osait même pas la regarder dans les yeux alors que les siens qui le regardaient se voilèrent de larmes. Elle déglutit difficilement, accablée et perdue, elle ne savait pas quoi faire.

« Puis je viens déposer mes écrits juste là. »

   Eileen ne bougea pas lorsqu’il passa derrière elle, ses yeux étaient restés fixés au niveau duquel les orbes verts d’Erwan étaient précédemment. Son esprit, embrumé par la peine qu’elle ressentait, ne fit rien des mots que le garçon venait de prononcer. Elle ne comprenait pas ce qui se passait autour d’elle. Pourquoi était-elle aussi perdue ? Heureusement, le coût silence qu’il laissa prendre place lui permit de quelque peu reprendre ses esprits. Malheureusement, le temps qu’elle commence à peine à comprendre ce qu’il voulait dit, et il reprit la parole.

« Avant j’allais à la bibliothèque. Mais depuis quelques temps je dépose mes écrits juste là, derrière moi. »

   Le regard de l’Irlandaise qui était alors jusque-là des plus perplexes, s’illumina, ses sourcils froncés retrouvèrent leur place originelle, adoucissant son regard. Elle ne s’était donc pas trompée, c’était bien lui. Instantanément, tout en elle s’apaisa ; son corps se relâcha tout comme les traits de son visage. Elle était heureuse, si heureuse. Toutes traces d’angoisse, de peur, de doute s’envolèrent comme de la poussière avec le vent. Elle pouvait enfin mettre un visage et un nom à son inconnu et elle ne pouvait pas être plus ravie que ce soient ceux d’Erwan.

  Le temps sembla s’arrêter autour d’elle, mais il n’en n’était rien. Seulement quelques secondes s’étaient écoulées entre le dernier mot prononcé par le Poufsouffle et le moment où Eileen se retourna vers lui ; le temps qu’elle prenne entièrement conscience de ce qu’il se déroulait à ce moment-là. Elle ne voulait rien précipité, profiter du moment présent, savourer chaque instant que ce moment, leur rencontre, avait à lui offrir.

   Lorsque, finalement, elle fit face à Erwan, ses yeux brillants de mille feux, le coucher de soleil faisant ressortir les nuances bleues et parfois dorées de ses iris apportées par ses larmes qu’elle n’avait pas laissé couler. Ses lèvres roses étaient étirées par un beau sourire que peu timide, mais tout de même radieux. Sa gorge, resserrée par l’émotion, l’empêcha un temps soit peux de lui adresser la parole. Lorsqu’elle s’en sentit capable, elle se jeta à l’eau, prononça une seule phrase qui allait sûrement chambouler son année. Une et une seule phrase, elle ne se sentait pas capable de plus pour l’instant.

« Alors c’est toi… L’inconnu. »

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 pv  En chemin vers l’inconnu(e)

Le jeune garçon avait vu juste. Ses mots eurent l’effet escompté car l’attitude d’Eileen changea en un instant. Lorsqu’elle réalisa ce qu’Erwan venait de lui dire son visage s’illumina. Ils se regardaient désormais directement. Jusqu’alors protégés par l’anonymat, les parchemins et les mots, ils n’ont plus d’autres choix que de se voir, de se regarder dans les yeux. Les yeux d’Eileen... Erwan aurait pu s’y perdre. Avec la lumière du soir et ce qui semblait être une larme qui n’avait pas coulé, leurs couleurs devenaient merveilleuses. Erwan ne voulait rien dire. Il restait stoïque, attendant un signe de sa part. Seuls quatre mots suffirent à supprimer les quelques doutes qui subsistaient et qu’Erwan ne voulait pas entendre.

L’Inconnue n’était plus inconnue. "C’est moi oui... Enfin, c’était moi" il ne put réfréner un rire. "Et donc c’était toi l’Inconnue... J’ai l’impression de t’connaître sans te connaître." Il est vrai que leurs échanges par écrit avaient été bien plus nombreux que les échanges qu’ils avaient eut tous les deux dans l’année. Eileen faisait partie de ces élèves qu’Erwan aurait aimé compter dans ses amies si sa timidité ne l’empêchait pas de provoquer certaines rencontres. Ils se côtoyaient mais n’étaient pas devenus amis, le garçon était toujours très heureux quand un cours ou un repas le rapprochait d’Eileen mais jamais l’occasion ne s’était présentée de la connaître un peu plus et, pourquoi pas, devenir son ami. Or l’amitié est une affaire de chance, de hasards, et cette chance n’avait pas réunit les deux jeunes Poufsouffle. Enfin... pas de la manière à laquelle il pensait... "Mais j’suis super content de te voir, enfin de savoir. J’espère que toi t’es pas déçue...?" Soudain, l’idée lui traversa l’esprit qu’Eileen pourrait être déçue de découvrir son identité. Oh bien sûr Erwan avait imaginé ce scénario et l’idée que l’Inconnue puisse le rejeter en le découvrant lui avait donné des nausées plus d’une fois, mais découvrir Eileen lui rappela cette possibilité.

C’était beaucoup d’émotions pour la journée. Un véritable ascenseur émotionnel pour le jeune Poufsouffle, et pas un vulgaire ascenseur moldu ! Plutôt l’un de ceux du ministère de la magie qui vous secoue, vous retourne et vous donne le tournis. "Est-ce que tu veux marcher un peu et discuter ? Ça nous changera des parchemins..." Erwan avait besoin de reprendre ses esprits mais il ne voulait pas quitter Eileen, il ne voulait pas que cette rencontre s’achève si rapidement. C’était pourtant comme si tout le poussait à fuir cet endroit qui rappelait le temps du secret de leurs identités. Inconsciemment, Erwan voulait s’en aller et il espérait qu’Eileen le suive. Si c’était le cas, cela voudrait dire qu’elle aussi voudrait continuer de nourrir la relation qu’ils avaient développé. Plus Erwan imaginait la situation où elle ne voudrait pas le suivre, plus son excès de confiance en lui le quittait. Le rythme de son cœur s’était accéléré et tout son corps attendait la réponse d’Eileen. Le suivrait-elle ?

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   Pendant le petit laps de temps qui s’était écoulé entre les derniers mots de la jeune fille et ceux que venait de prononcer Erwan, Eileen avait contemplé les moindres détails du visage d’Erwan. Cela pouvait paraître étrange, voire même flippant, mais ce n’était en aucun cas son intention. Elle s’était juste perdue dans le charme du visage du garçon et notamment de ses yeux ; des yeux d’un vert si… pure et unique.

   Mais la brune savait pertinemment qu’elle ne pouvait pas rester ainsi à le « fixer », elle ne voulait pas que le mettre mal à l’aise ou l’effraie ; mais surtout, elle ne voulait pas se perdre dans les orbes du Poufsouffle et en oublier tout ce qui l’entourait ; la salle des trophées, Poudlard. Elle en viendrait même à en oublier le moment qui se déroulait à ce moment précis, à en oublier le fait qu’elle était avec Erwan tellement il la captiva. Et ça, il en était hors de question. Alors, elle détourna son regard vers la fenêtre, observant l’extérieur du château à travers cette dernière et l’horizon qui prenait petit à petit une teinte orangée.
   Néanmoins, elle regretta immédiatement d’avoir brisé cet échange ; elle ne voulait pas qu’Erwan ne se fasse de mauvaise idée quant au fait qu’elle avait détournée le regard. Elle ne voulait pas qu’il puisse penser qu’elle était déçue que ce soit lui l’inconnu, qu’elle détournait le regard parce qu’elle ne voulait pas affronter son regard ; bien au contraire. Elle était si heureuse que ce soit lui, si heureuse. Alors, Eileen replongea ses orbes dans ceux d’Erwan, ne voulant pas lui faire penser l’inverse que ce qu’elle ressentait.

   Le rire d’Erwan eut cependant l’effet de rassurer la jeune fille ; il ne semblait pas être décontenancé par le fait que la brune avait détourné le regard, et tant mieux. Eileen préférait s’être inquiétée pour rien que d’avoir raison. Elle ne savait pas comment elle réagirait si ça avait été le cas.
   
   Un large sourire étira alors les lèvres rosées de l’Irlandaise, elle ne savait pas pourquoi, mais le rire d’Erwan l’emplissait d’une joie indescriptible et sourire était d’un naturel déconcertant.

« C’est moi, » acquiesce Eileen toujours en souriant, même si ce dernier se faisait plus timide, ses joues s’embrasant un peu plus. « C’est… Perturbant oui, cette sensation de se connaître sans jamais s’être vraiment parlé. »

   C’est vrai qu’en y pensant, la situation pouvait paraître étrange ; deux élèves qui se connaissent sans jamais s’être parlé autre qu’un bonjour par-ci, par-là. Et qui se connaissent, qui plus est, grâce aux nombreux parchemins qu’ils s’étaient échangés. Cela pouvait paraître étrange, oui, mais pour rien au monde Eileen ne changerait ce qui les avaient amenés jusqu’ici.

   Eileen allait prendre à nouveau la parole, lui dire qu’elle aussi était contente de le voir, de découvrir enfin qui se cachait derrière les parchemins qu’elle recevait, d’être simplement en sa présence ; mais la dernière phrase d’Erwan l’arrêta nette dans son élan.
   Déçue ? Comment pouvait-elle être déçue ? N’avait-elle pas été assez explicite dans sa joie de découvrir que c’était lui. Oh… Peut-être que, finalement, il avait finalement douté de la réaction d’Eileen lorsqu’elle avait détourné le regard. Ses sourcils se froncèrent et ses yeux perdirent de leur éclat, prenant une teinte grise plus terne qu’auparavant ; la jeune fille n’avait jamais voulu le faire douter quand dans sa tête, elle n’aurait pas pu espérer mieux que cette rencontre. Alors, ne voulant pas donner encore plus de doute au garçon en face d’elle, elle dégagea doucement la boule qui s’était formée dans sa gorge afin de pouvoir parler.

« Je ne suis pas déçue, Erwan, » commença la brune d’une voix douce, sans le lâcher des yeux. « Beaucoup de fois je me suis imaginée qui pouvait bien se cacher derrière les parchemins que je recevais, qui pouvait me rendre si joyeuse simplement à l’idée de lire des mots. Et à chaque fois, sans que je sache pourquoi, c’est ton visage qui me venait à l’esprit. »


   Eileen se rendit compte qu’elle allait sûrement passer pour une psychopathe, alors qu’ils ne se connaissaient pas, qu’ils s’étaient à peine parlé depuis qu’ils étaient à Poudlard, elle l’imaginait déjà comme celui qui égayait ses journées. Elle vit alors comme une aubaine la proposition d’Erwan, elle allait pouvoir quitter ce lieu qui devenait presque oppressant, et surtout elle allait pouvoir se cacher derrière ses longs cheveux sans paraître encore plus bizarre.

« Oui, j’aimerais beaucoup. »

   La brune suivit alors le Poufsouffle avant d’arriver à sa hauteur, les deux Première Année marchant désormais côte à côte. Eileen ne savait pas vers où il se dirigeait, mais peu lui importait à ce moment-là.
Un léger silence s’était installé, un silence durant lequel Eileen vit un milliard de pensées se bousculer dans sa tête. Elle tentait de trouver une manière d’engager à nouveau la conversation, mais rien ne lui venait. Son cerveau avait décidé de partir en vacances et sa timidité, elle, venait pointer le bout de son nez.

   Mais finalement, après quelques instants de réflexion intense dans le silence qui n’était seulement déranger que par le bruit de leurs pas sur le sol en pierre, la langue de l’Irlandaise se délia et le silence fut enfin remplacer par la voix de la jeune fille.

« Tu sais, je suis contente que les préparatifs pour le match de Quidditch m’ai empêcher de déposer mon parchemin avant aujourd’hui, » sourit timidement Eileen, ses joues portant désormais de façon permanente une teinte rosée.

Je suis vraiment désolée pour l'attente

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 pv  En chemin vers l’inconnu(e)

Lorsque les deux Poufsouffle sortirent enfin de la salle des trophées, Erwan se sentit tout à coup libéré. Comme si le poids de leur première rencontre, ou plutôt l’importance qu’elle avait, était resté dans la petite salle de pierre où ils avaient échangé. Ils n’étaient plus que tous les deux, libres d’aller où ils voulaient, libres de discuter de tout ce dont ils avaient échangé, sans que l’oppressante découverte de l’autre ne viennent les plonger dans un silence trop pesant au goût du jeune garçon. Les mots d’Eileen résonnaient dans sa tête... « Je ne suis pas déçue », « C’est ton visage qui me venait à l’esprit »... Il affichait désormais un sourire un peu niais, le même qu’il arborait quand il trouvait un mot sous la planche. Rien ne pourrais plus lui ôter ! Tout était trop beau. Il se pinça discrètement pour être sûr que tout ça n’était pas un rêve.

Quand Eileen amena le sujet du Quidditch, toute forme de gène disparue ! Rien ne transcendait plus le première année. Et il pouvait en parler directement avec son inconnue désormais ! Tant de fois ils avaient évoqué le championnat, les matchs, les entraînements, les coups de telles équipes, etc... Erwan sauta sur l’occasion ! "Oh oui le dernier match de la saison ! J’suis si pressé ! J’espère qu’on sera champion ! Puis il y aura pas de neige comme la dernière fois..." Il échangea ainsi divers avis et émotions concernant le match à venir, oubliant complètement le moment gênant qui avait fait naître la peur et l’angoisse chez lui quelques minutes seulement auparavant. Sans qu’il en ait conscience, le joie qui l’envahissait était autant due au plaisir de passer du temps avec Eileen qu’à l’apaisement de voir sa peur du rejet balayé par l’instant présent.

Rassuré par la tournure des événements, résigné à ne plus laisser une boule au ventre le malmener, Erwan prit son courage à deux mains comme un toréador empoigne les cornes du taureau qui souhaite le percuter. Plus question d’avoir peur, c’était Eileen qui était à ses côtés ! "Je dois t’avouer Eileen que... Au fond... J’ai toujours voulu que ce soit toi l’inconnue... J’arrive pas à l’expliquer. Mais tu es une belle personne, tu es même... belle tout court." Il ne put s’empêcher de rougir et de détourner légèrement les yeux, c’était, après tout, la première fois qu’il faisait un tel compliment à une fille... Mais cette fois-ci il savait qu’il ne se ferait pas rejeter et que ses mots feraient même sûrement plaisir à Eileen. Du moins il l’espérait... Mais peu lui importait sa réaction, le simple fait de replonger s’est yeux dans ceux de la jeune Poufsouffle suffit à le rassurer et se sentir bien.

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