Salle des trophées

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Jamais tranquille  PV Ulysse Mage 

Fin Février 2044
@Ulysse Mage



Vraiment, t'en as marre de cette école. Tu ne veux plus vivre ici. Et tu ne veux pas non plus rentrer chez toi, avec tes parents. Ce que tu voudrais, c'est partir loin, loin de tout et de tout le monde, pour qu'on te fiche enfin la paix. Tu ne veux plus essayer de supporter les autres alors même que tout ce que tu dis ou fait est mal interprété ou mal pris. T'y peux quand même rien si t'es meilleur que tous les autres ici. C'est tous des jaloux, tu le sais bien. Mais s'ils pouvaient être jaloux en silence et sans te faire sans cesse passer pour le méchant de l'histoire, ça t'arrangerait. Tu ne sais pas qui a tout dit à tes parents pour les bagarres à répétition. Peut-être Stolas, peut-être Miss Holloway, peut-être même que c'est Blaze, il est capable de tout, tu le sais. Ou peut-être que tu vires un peu à la parano et que t'as décidé que tout le monde était coupable pour ton comportement d'imbécile.

N'empêche, avec la Beuglante que tu viens de recevoir, t'as pas trop envie de faire ton malin. T'as eu de la chance, tu l'as récupérée dans ton dortoir et il n'y avait personne. Mais vu le bruit que ça fait, tu serais pas franchement étonné que tous ceux présents dans ta salle commune aient pu en profiter. Tes parents ne criaient même pas, c'est simplement que le son amplifié magiquement atteint un niveau sonore très désagréable. Ils n'ont même pas dit qu'ils étaient déçus. Ils ont simplement appuyé sur le fait que Stolas n'avait jamais eu ce genre de problème, que c'était inadmissible, et qu'il n'y avait vraiment que toi pour leur faire si honte. Comme s'ils n'avaient jamais rien attendu de toi. Comme s'ils savaient que tu n'étais bon qu'à déclencher des bagarres.

Pourtant, depuis ta rentrée, tu fais tout pour avoir des bonnes notes. T'as ramené que des Optimal, dans toutes les matières, même celles que tu n'aimes pas. Tu t'es appliqué pour qu'ils puissent être fiers de toi, qu'ils voient que, toi aussi, tu peux réussir tout ce que tu entreprends. Mais à ce propos, rien du tout. Non, ils ne retiennent que le mauvais. Comme tous les autres, ils ne voient en toi qu'un gamin qui est incapable de se gérer et qui n'est bon qu'à user de ses poings. Tous tes efforts ont été faits en vain. Tu ne sais même pas pourquoi tu continues à travailler correctement, tu vois bien que tout le monde s'en fiche.

T'es venu dans la salle des Trophées pour être tranquille. Il y a rarement du monde, t'as fini par le comprendre. Alors tu t'es assis contre un mur, devant les vitrines emplies de récompenses données aux élèves méritants. T'es arrivé ici en te disant que tu y aurais ton nom. A présent, t'as simplement envie de tout casser. De tout détruire. Parce que t'as bien compris que tu ne mériterais jamais une telle récompense. T'es bon qu'à être méchant. C'est peut-être ce que tu es vraiment. Un méchant et un incapable.

- I'm coming for something they said I couldn't have. -
- PP par une plante verte -

Jamais tranquille  PV Ulysse Mage 

J'avais toujours sut que je n'étais pas bon à l'école, quelle que soit la matière. Que je sois dans un cours de maths dans une école Moldue, ou dans un cours de Métamorphose à Poudlard, ça rendait toujours le même résultat : ou rien, ou des mauvaises notes. J'avais commencé à m'habituer à cette idée, et j'en était presque fier. Parce que j'en avais rien à foutre de leur école de merde et de leurs devoirs stupides, et que je préférais m'amuser, me disant que j'avais ma vie devant moi et qu'il ne fallait pas la gâcher en travaillant trop. Mais après la lettre que j'avais reçu ce matin, j'avais soudainement envie de travailler des heures et des heures. Elle avait servie de fouet pour me motiver, me faire comprendre que dans la vie, il n'y avait pas que l'amusement. A présent, j'avais compris que j'étais nul. Complètement nullissime, et que je faisais honte à la fois à mes parents mais aussi à mon frère. Maintenant je comprenais que la phrase prononcées très souvent par les profs n'était pas un compliment : "Vous êtes bien différents de votre frère, Monsieur Mage, et vos notes aussi."

A présent, je voulais m'améliorer, montrer à ma famille et à mes professeurs que j'étais capable d'être intelligent l'espace d'un devoir ou d'un cours. Ça me faisait trop mal au coeur de savoir que j'étais la honte de mes parents et qu'ils désespéraient pour ma scolarité et mon avenir. J'avais mal en pensant que eux, eux qui voulaient me voir réussir, me voyaient autant mal tourné niveau école... Je voulais leur prouver, à tous ces crétins désespérés et honteux, que j'étais capable d'être aussi fort que mon frère et d'avoir d'aussi bonnes notes que lui, ou du moins qui étaient au dessus du Piètre. Mais comment devenir soudain cultivé et intelligent, après avoir passer presque douze ans en étant bête et désobéissant ? Lorsque je lisais mes devoirs, je ne les comprenais pas car je n'avais pas écouté en cours. En écoutant les cours, je ne les comprenais pas car je n'avais pas écouté les précédents. C'était découragent. cela faisait une semaine que je tenais de faire des efforts, mais je m'étais rendu compte  de mon retard et de mes difficultés. Et pourtant, ce n'était pas dans ma nature d'abandonner.

Et c'était pour cela que je marchais dans les couloirs, mon sac à dos sur le dos et non pas trainant sur le sol poussiéreux comme il en avait l'habitude, un bout de parchemin dans les mains. Mon regard translucide était rivé sur ce dernier, que je relisais pour la millième fois. C'était la lettre coup-de-fouet reçue il y avait bientôt une semaine et qui provenait de mes parents. Les mots inscrits sur le parchemin me faisaient mal, mais je m'y étais habitué à force de les lire tous les soirs pour me redonner du courage et de la persévérance pour les cours du lendemain.

Bonjour Ulysse,
Je te contacte pour une raison sérieuse et importante. C'est pour te parler de ta scolarité et de ton avenir. Avec ton père, nous nous rendons bien compte que tu ne fais rien en cours et que tu ne rends pas tes devoirs. Ton frère nous l'a dit dans l'une de ses lettres, car il commençait à s'inquiéter pour ce que tu devenais. Il nous a aussi dit que tu étais en train de très mal tourné, aussi bien pour l'école que pour ton comportement. Il paraît que tu enchaines les bêtises en plongeant dans le Lac ou en grimpant sur le Saule Cogneur. Cela, je ne le tolère pas.
Je ne tolère pas non plus la brochette de mauvaise notes que tu as récoltée. Je veux bien de l'excuse "je suis nul" à petite dose, mais tu nous ressort ça depuis que tu as sut parler. Donc non, maintenant je ne veux plus entendre ça. Tu le sais aussi bien que moi : tu as les capacités pour travailler, mais aussi beaucoup de flemme. Tu ne travaille pas, tu rends des feuilles blanches, tu enchaines les Désolant et les Piètres. Tout ceci n'a que trop durer. Donc, à présent, soit tu décides de te bouger et de réussir ta vie, soit on te désinscrit de Poudlard. Tu as entendu ?
Je te souhaites une bonne fin de journée,
Maman.
Je déglutis avant de replier la lettre et de la ranger dans la poche de mon jeans. Comme chaque fois après ma lecture du parchemin, je ne me sentais pas bien. Je voulais absolument prouver à ma mère qui avait perdue toute confiance en moi que j'étais capable de "réussir ma vie" comme elle le voudrait. Mais tout ceci n'était que des rêves, car la réalité s'était imposée à moi : j'étais complètement nul et ne comprenais rien. Cette pensée fut suivit d'un soupir. Je ne savais même plus où j'allais et ce que je faisais là, je marchais tout simplement en suivant mon instinct. Et mon instinct me mena devant la porte d'une salle qui m'était encore inconnue. Sans me poser de questions, je poussais le battement dans un geste empli de rage et de tristesse, et pénétrais dans la pièce. La première chose que j'y vis fut des rangées de coupes et de médailles bien astiquées et très brillantes. Puis mon regard tomba sur le profil d'un garçon.

Surpris de trouver quelqu'un à cette heure-ci dans une salle habituellement vide, je demandais bêtement :

"Qu'est-ce que tu fais ?"

Gryffon du Mois de Mai ~ Ulysse Holmes et Isaac Moriarty ~ Esquimau Bisounours à la Fraise Tagada polygame et dragueur en série.
Ulysse et Taylor, amoureux des devoirs et d'une future victoire.

Jamais tranquille  PV Ulysse Mage 

Tu rumines pas mal cette Beuglante. Faut dire qu'il y a de quoi. T'en as marre d'être perçu de cette façon par tes parents. Tout ce que tu veux, c'est qu'ils soient enfin fiers de toi, et qu'ils te le disent. Qu'ils arrêtent de te comparer encore et toujours à Stolas. Quand tu fais les choses correctement, t'as l'impression d'être invisible. Que si tu n'existais pas, ce serait exactement pareil. Alors évidemment, tu fais tout pour te faire remarquer. Parce que t'es là, et que t'as envie qu'on le voit. T'as envie de le hurler de toutes tes forces, mais tu ne sais pas comment faire. T'accumules, encore et encore, jusqu'à ce que tout pète complètement. C'est comme ça que tu te retrouves à te bagarrer avec tes camarades pour le moindre regard de travers, ou pour le moindre mot déplaisant. T'es constamment sous pression, prêt à exploser.

Ces trophées devant toi, ces médailles réservées aux bons élèves, ou à ceux qui ont rendu service à l'école, ceux qui ont eu des postes à responsabilité... Tu ne les vois pas comme une reconnaissance de leurs aptitudes, mais bien comme un rappel, un glas qui résonne dans ta tête : tu n'as pas ce qu'il faut pour obtenir ta place parmi eux. Tu n'es rien d'autre qu'un gamin incontrôlable et violent. Et toutes les bonnes notes du monde n'y changeront rien. Tu passes et repasses nerveusement ta main dans tes cheveux, les ébouriffant toujours plus à chaque passage. Tu serais presque capable de les arracher, juste pour extérioriser toute cette souffrance qui te ronge de l'intérieur. Pourquoi les choses sont-elles toujours compliquées avec toi ?

T'as déjà pensé à parler à tes parents. A leur expliquer ce que tu ressens, au plus profond de toi. Parce que t'as envie qu'ils comprennent. Mais à chaque fois que tu te retrouves devant eux, ou que tu essaies de mettre les mots sur un parchemin, t'es incapable d'exprimer quoi que ce soit. Tu n'y arrives pas. T'as peur de paraître faible à leurs yeux, en plus de tout le reste. T'as peur de les décevoir plus encore. Parce que Stolas n'a jamais eu besoin de ça pour qu'ils l'aiment, lui. C'est bien que le problème doit venir de toi. Ton regard se perd à nouveau sur ces trophées magnifiques. Tes poings se serrent sur tes genoux. T'as envie de tout casser. De tout réduire en miettes. De les balancer aux quatre coins de la pièce, de ne plus rien voir de ces vitrines affreuses. Et tandis que tu t'apprêtes à laisser libres cours à toutes tes pulsions, une voix te tire de tes sombres envies.

Un garçon de ton âge, ou peut-être un peu plus âgé. Il a les cheveux longs, comme une fille. Mais contrairement au rouquin de ton dortoir, on voit bien que c'est un garçon. Tu lèves les yeux vers lui tout en te remettant debout. Et tu hausses les épaules, l'air fermé.

- J'regarde les noms de tous les lèche-bottes qui ont une médaille ici pour leur faire la peau.

T'as pas envie de lui parler à lui. T'as envie de parler à personne, t'as juste envie de pouvoir enfin laisser exploser la haine qui gronde en toi. Et il vient de t'empêcher de tout saccager en arrivant ici. Alors tu décides de lui en vouloir.

- I'm coming for something they said I couldn't have. -
- PP par une plante verte -

Jamais tranquille  PV Ulysse Mage 

J'étais à la fois surpris et agacé qu'il y est déjà un garçon dans cette salle habituellement vide. Pour une fois que je voulais m'isoler, moi qui détestais la solitude et le calme, il y avait un inconnu qui venait tout gâché. Tout à coup, j'aurais voulu le baffer, lui hurler au visage que je voulais être seul et tranquille, sans personne pour me dire que j'étais nul et que je tournais mal. Sans personne pour me regarder, pour me parler, pour s'énerver sur moi. Plus personne pour voir les larmes de détresse autant que de tristesse commencer à perler au bout de mes cils. Pourquoi est-ce que je n'avais pas de chances ? Chaque fois que je passais devant cette pièce, elle était vide de tout être humains, sauf lorsque Rusard venait jeter un coup d'oeil aux trophées ou qu'un élève y était puni. Mais la seule fois que je venais ici, avec l'intention d'y rentrer, il y avait quelqu'un.

Surtout que ce quelqu'un semblait aussi sympathique que Lord Voldemort et aussi énervé que ce dernier lors d'une bataille. Autant dire que je commençais à regretter d'avoir posé ma question et de resté planté sur le seuil de la porte. Le garçon en face de moi est brun, et a des yeux verts. Il ressemble à tous les garçons de notre âge, sans aspect physique particulier. J'ai surement dût le voir quelque part, mais je ne m'en rappelle pas. Au vu de sa cravate bleue et bronze, il doit être à Serdaigle. Ce doit être un intello ayant reçu une mauvaise note, ce qui l'a énervé. Un peu rassuré par cette pensée, je m'avançais de quelques pas pour mieux entendre ce que l'inconnu me répondait. Et sa réponse n'était pas très sympathique. Haussant les épaules, je demandais :

"Toi aussi t'aimerais bien que ton nom soit marquer sur une coupe ?"

Je poussais un soupir profond en embrassant du regard la pièce. Toutes ces rangées de trophées et de médailles étincelantes me donnaient le tournis et une soudaine envie de les détruire. Tous ça, c'était dédié aux bons élèves, à ceux ayant un comportement et des notes excellents. Tous ceux qui n'étaient pas moi, quoi. J'enviais les élèves ayant accès à ces honneurs, j'avais envie d'être aussi reconnu et envié qu'eux. Pourtant, moi, je n'y aurais jamais accès puisque mes notes étaient catastrophiques et que j'étais bête et stupide. Ma rage me donnait envie de tout exploser, et je vis que l'inconnu aussi devait ressentir la même chose.

Gryffon du Mois de Mai ~ Ulysse Holmes et Isaac Moriarty ~ Esquimau Bisounours à la Fraise Tagada polygame et dragueur en série.
Ulysse et Taylor, amoureux des devoirs et d'une future victoire.

Jamais tranquille  PV Ulysse Mage 

Malgré ta réponse des plus claires quant à ton intention de ne faire aucun effort avec lui, le garçon ne s'en va pas. Il s'approche même de toi, entrant dans la salle à son tour. Ta mâchoire se crispe légèrement. Qu'est-ce qu'il cherche à t'approcher alors que t'es d'aussi mauvaise humeur, ton poing dans sa figure ? Il est un peu plus grand que toi, mais bien plus petit que Stolas, alors tu ne risques pas d'hésiter si l'envie te prend de lui casser le nez. Et pourtant, malgré ton poing serré, tu n'armes pas le bras. Tu ne fais aucun geste vers lui. Parce qu'elle est bizarre sa question. Qui ne voudrait pas avoir son nom sur une coupe ? Qui ne voudrait pas faire partie des plus grands élèves que Poudlard ait jamais formé ? Il faut sans doute passer par là pour devenir le plus grand sorcier du monde comme tu en as l'intention. Et pourtant... T'as bien compris que jamais cet honneur ne te reviendrait.

Mais tu leur prouveras, à tous. Tu leur prouveras autrement ce que tu vaux. Un jour, ils seront tous forcés de reconnaître ton talent et ta puissance. Leur jalousie se transformera en admiration. Et ils regretteront tous de t'avoir renié de la sorte, te refusant les honneurs alors même que tu les méritais. Cependant, tu hausses les épaules, d'un air que tu veux indifférent.

- Non, ça sert à rien les trophées. J'ai plus envie de tout casser.

Tu le penses réellement. Un objet ce n'est rien. C'est la reconnaissance qu'il y a derrière que tu cherches. T'en as marre d'être toujours considéré comme un méchant, tu sais que tu ne l'es pas au fond. Mais tu colles toujours à l'image que la personne en face de toi se fait de toi. Tu ne parviens pas à faire autrement. Il suffirait que quelqu'un croie en toi pour que tu donnes le meilleur de toi-même. Mais les adultes n'ont que faire de toi. Tu n'existes pas à leurs yeux, si ce n'est lorsque tu te montres sous ton plus mauvais jour. Sauf que t'es là, t'existes, et t'as besoin de le montrer. Parce que tu sais que tu vaux plus que ce qu'ils pensent tous. Ils ne te laissent juste pas la chance de le prouver. Ils ne comprennent pas, ils ne comprennent rien.

- Tu veux toi ?

Après tout, il a dit "aussi". Tu ne sais pas s'il parlait pour lui ou pour ceux qui ont déjà leur nom sur une coupe. Et il peut très bien prendre ta question dans le sens de tout casser aussi. Après tout, t'es peut-être pas le seul à avoir cette envie. Quoi que t'en doutes quand même. Mais quitte à ce qu'il vienne t'embêter jusqu'ici, il peut peut être se montrer utile.

- I'm coming for something they said I couldn't have. -
- PP par une plante verte -