Grande salle

Inscription
Connexion

Le mystère des huit lettres de Violette  Pv 

Assise à la table des professeurs, juste à côté de Amy Holloway, Octavia était songeuse. Elle observait les quatre tables qui s'étendaient devant elle, faisant promener son regard sur les élèves de Serpentard, Poufsouffle, Serdaigle et Gryffondor qui étaient assis. Des étudiants tous répartis dans une de ces quatre maisons singulièrement différentes ; quatre maisons qui devenaient une seconde famille pour des centaines de jeunes sorciers. Octavia se souvenait encore du moment où elle avait posé le Choixpeau sur sa tête ; elle avait attendu de longues minutes, et, enfin, le couvre-chef s'était écrié « SERPENTARD ! » d'une voix tonitruante. Il avait pourtant hésité, marmonnant des choses à propos du courage de Gryffondor, et Octavia avait bien cru qu'elle ferait sa scolarité dans la maison des Rouges. Mais non, car le Choixpeau avait finalement décidé de la répartir à Serpentard et Octavia s'était dirigée d'un pas morne vers ses nouveaux camarades de Maison qui l'applaudissaient. La jeune Peters n'avait pas décroché un seul sourire, n'avait pas ressenti une once de fierté. Elle s'était dirigée vers la Table des Rusés comme si le ciel lui était tombé sur la tête.

Octavia n'avait jamais vraiment compris pourquoi le Choixpeau l'avait envoyée à Serpentard, et encore moins pourquoi il avait hésité avec Gryffondor. Cela dit, elle ne s'était jamais vraiment penchée sur la question non plus. Cette histoire de Choixpeau qui sondait votre âme, ça l'agaçait. Jamais Octavia n'aurait pu accepter le fait qu'un chapeau la connaisse mieux qu'elle ne se connaissait elle-même. Peut-être était-ce par fierté ? Par désintérêt ? Par prétention ? Quoiqu'il en soit, Octavia avait toujours considéré que sa place n'était ni à Serpentard, ni à Poudlard. Ce n'était pas le Choixpeau qui s'était trompé en la répartissant chez les Verts ; c'étaient ses parents qui avaient fait une erreur en la scolarisant dans cette école.

Elle avait passé sept années affreuses à Serpentard, enchaînant mauvaises rencontres sur mauvaises rencontres, mauvaises notes sur mauvaises notes. L'ironie du sort ? Sa seule « vraie » amie avait été une Gryffondor, Jane ; cette fille était d'ailleurs une sorcière très douée. Elle se trouvait actuellement en Amérique, mais Octavia correspondait encore avec elle de temps en temps. En tout cas, ses années à Poudlard n'avaient pas été bercées de souvenirs heureux. Pourtant, la voilà aujourd'hui qui regardait « ses » élèves de Serpentard avec un certain air maternel qu'elle ne se connaissait pas. Elle voulait être une bonne Directrice de Maison ; elle voulait que ses élèves la voient comme une conseillère, une personne de confiance, un professeur compréhensif, une adulte à l'écoute. Supporter tous ces rôles ne serait pas une mince affaire, d'autant plus que Octavia devait également savoir être autoritaire, mais la jeune femme abordait tout de même cette année sereinement.

C'est avec cet état d'esprit optimiste que la Directrice des Serpentard vit son premier malheur lui tomber dessus. Et quand je dis « tomber », c'est au sens propre ; la chouette d'Octavia venait de lâcher une lettre sur la tête de la jeune femme qui l'ouvrit en maudissant son oiseau de malheur.

Inutile de vous retranscrire le contenu de ce courrier. Cette lettre reprochait à Octavia d'être une lâche, de ne pas assumer ses erreurs, d'être immature, de ne pas savoir prendre ses responsabilités. Au fur et à mesure qu'elle lisait les mots blessants couchés sur ce parchemin, ses lèvres se pincèrent imperceptiblement. Elle aurait du être envahie d'un sentiment de tristesse ou de culpabilité, mais non ; seule la colère faisait rage en son for intérieur. Elle posa la missive à côté d'elle, se refusant de la consulter une seconde fois. La lettre était signée avec une écriture raffinée et lisible, formant un prénom que Octavia maudissait :


Violette.
Dernière modification par Octavia Peters le 10 septembre 2016, 14 h 23, modifié 4 fois.

Sur le ciel de nos blessures je te peindrai un idéal,
Et si nous sommes cernés de murs, moi j'en ferai des cathédrales.

Le mystère des huit lettres de Violette  Pv 

Ce jour-là Amy avait envie d'un bon petit déjeuner, bien consistant. Elle avait ainsi troqué son pyjama et ses éternels chaussons lapins pour une robe de sorcière, et s'était rendue dans la Grande Salle, prête à rejoindre ses collègues et à entamer une nouvelle journée. Ce qu'Amy ne savait pas encore, c'est que cette journée n'allait pas du tout se passer comme elle l'avait prévu. En tout cas, l'heure était venue du repas le plus important de la journée, et la professeure de Défense contre les Forces du Mal s'assit à la table réservée aux professeurs, juste à côté de l'une de ses nouvelles collègues, nommée Octavia Peters.

Lorsqu'elle avait entendu pour la première fois ce nom, elle avait légèrement tiqué, étonnée que quelqu'un ait le nom de jeune fille qu'elle même portait auparavant. Néanmoins, elle n'en fit rien, étant donné que ce nom de famille était plutôt courant, les homonymes étaient ainsi fréquents. Elle salua d'un signe de tête sa collègue, et en profita pour se servir. Du jus de citrouille, du pain beurré avec confiture, c'était prêt. Alors qu'Amy prenait une première bouchée de pain, le bruissement si particulier des hiboux lui fit relever la tête. Le courrier arrivait. La Directrice de Serdaigle reçut sa facture de chez Fleury et Bott, et se promit de retourner rapidement au Chemin de Traverse pour payer les livres qu'elle avait fait venir à Poudlard. Cette facture étant le seul courrier qu'elle avait reçu, Amy reprit une seconde bouchée de pain et une gorgée de jus de citrouille, lorsque son regard fut attiré vers la gauche, où sa collègue lisait une lettre qu'elle venait de recevoir.

Au début, Amy n'en fit rien, cela était sans aucun doute des affaires relevant de la vie privée d'Octavia. Néanmoins, lorsque cette dernière reposa sa lettre sur la table, la professeure de DCFM sentit bien que quelque chose ne semblait pas tourner rond, ou en tout cas, n'avait pas l'air de faire plaisir à la professeure de Sortilèges. Amy ne voulait pas faire sa curieuse, mais plutôt apporter une sorte de soutien à cette jeune femme qu'elle ne connaissait pas vraiment pour le moment. Elles s'étaient croisées plusieurs fois dans la salle des professeurs, bien sûr, mais à part des paroles aimables, le dialogue s'était arrêté là. La Directrice de Serdaigle se décida donc à prendre la parole, tout en se tournant légèrement vers sa collègue.


« Un problème ? Cette missive n'a pas l'air de vous enchanter... »

Co-fondatrice du club "notre supérieure est tyrannique mais on reste parce qu'on est maso"
Bisous de Miss Copier/Coller :D
"Blblbl" - Sara
Code couleur RPG : brown

Le mystère des huit lettres de Violette  Pv 

Violette Dupuis, une sorcière Française, était la mère d'Octavia. Entre elles, toute tentative de réconciliation semblait vouée à l'échec ; les liens étaient définitivement rompus. Chaque jour qui passait les éloignait davantage ; Violette maudissait sa fille pour son comportement, Octavia haïssait sa mère pour avoir si mal endossé son rôle. Elles étaient toutes les deux en tort, mais il fallait croire qu'elles se complaisaient dans leur haine mutuelle. Il est beau, l'amour familial. Dans l'esprit d'Octavia, tout parent responsable se devait de montrer le droit chemin à ses enfants. Mais les Peters n'avaient jamais rien fait de tel, laissant leur fille agir comme bon lui semblait ; et, forcément, ça avait dérapé. Papa et Maman Peters n'avaient pas su tracer la limite entre « je donne de la liberté à ma fille » et « je suis un parent irresponsable ».

Même enfant, Octavia ne s'était jamais réjouie du comportement de ses parents envers elle. Elle se sentait complètement inutile, mal-aimée. Elle avait souvent eu l'impression d'être de trop. Alors, dans des espoirs désespérés de capter l'attention de sa famille, elle avait commencé à piquer des crises, à être arrogante. Elle voulait que ses parents soient comme ceux de ses camarades ; qu'ils crient un bon coup quand leur enfant faisait une bêtise, qu'ils essaient de lui enseigner la vie, qu'ils soient de vrai parents, quoi ! Et puis, progressivement, les regrets s'étaient transformés en une colère sourde. Octavia ne voulait plus gagner leur intérêt ; elle voulait les punir. C'est là que c'était véritablement et délibérément parti en vrille.

Résultats scolaires désastreux. Cigarettes. Alcool en abondance. Teintures de cheveux. Petit-ami délinquant. Octavia avait tout fait. Elle avait tout tenté pour provoquer la fureur de ses parents, pour que ceux-ci soient désemparés et inquiets, pour que les remords les envahissent. Parfois, ils s'étaient quand même un peu énervés, mais souvent, ils affirmaient que « c'est une ado', elle fait comme tous les gosses de son âge, ça lui passera ! » Entre coups bas et incompréhensions, leurs faibles petits liens familiaux s'étaient rapidement déchirés. La belle affaire : d'un côté, les parents qui se disputaient sans cesse, sans faire attention aux dérapages de leur fille ; de l'autre, la pauvre gamine paumée, qui perdait la boule et prenait des décisions inconscientes sans même tenter de communiquer pour arranger les choses.

Un beau jour, Octavia avait décidé de s'éloigner de tout ça. Elle en avait eu marre. Elle était majeure, alors elle était partie sans prévenir personne, s'achetant un petit appartement dans le cœur de Londres. Les sous que son père lui avaient donné en abondance avaient permis à Octavia de se lancer dans de vraies études. École supérieure, puis Poudlard ; tout semblait se dérouler à la perfection. Mais de l'autre côté du mirage, rien ne s'était arrangé. Les Peters étant divorcés, ils avaient tous les deux tenté de reprendre contact avec leur fille de leur côté. Agacée par les nombreuses lettres qui lui étaient livrées, Octavia avait finalement consentir à leur répondre une fois pour toutes. Ça avait suffit à Andrew, son père, mais pas à Violette. Môdame Dupuis n'était pas contente, ah ça non ! elle allait le payer cher, cette gamine mal-élevée ; quelle idée a-t-on d'abandonner sa mère sans un mot ?

Alors voilà, Violette avait continué à harceler sa fille de lettres, auxquelles la jeune femme n'avait jamais plus répondu. Octavia espérait qu'elle finirait par se lasser. Elle en avait marre de lire des reproches à longueur de journée. Si ça continuait, elle ne prendrait même plus la peine de les lire. Cela dit, Octavia avait beau prétendre que cette histoire lui passait à des kilomètres au-dessus, elle se leurrait peut-être un peu. Après tout, si Amy Holloway avait remarqué que quelque clochait, c'est bien que la Directrice des Serpentard avait été touchée par cette missive.


« Rien de grave, répondit-elle tout de même. C'est juste cette Violette... »

Elle fronça les sourcils et se reprit :


« Je veux dire... ma mère. »

Octavia était tant préoccupée par l'idée de s'éloigner le plus possible de Violette qu'elle en avait même perdu l'habitude de la considérer comme sa génitrice. C'était éloquent quant à l'ampleur du problème, mais la jeune femme était sincèrement désireuse de rassurer Amy, alors elle ajouta :

« De simples petits problèmes familiaux, on connaît tous ça. »

Puis elle sourit à sa collègue, avant de planter sa fourchette dans un bout de pomme de terre farcie qu'elle savoura. Amy Holloway n'avait plus aucune raison de s'inquiéter. Plus la moindre.

Sur le ciel de nos blessures je te peindrai un idéal,
Et si nous sommes cernés de murs, moi j'en ferai des cathédrales.

Le mystère des huit lettres de Violette  Pv 

Amy se remit à manger, voyant qu'Octavia ne semblait pas décidée à répondre. La Directrice de Serdaigle se dit que l'attention qu'elle avait porté à sa collègue n'était peut-être pas du goût de cette dernière. Elle reprit une gorgée de jus de citrouille lorsqu'elle entendit la voix de la professeure de Sortilège s'élever dans l'air, répondant que ce n'était rien de grave, seulement une certaine Violette, qui se trouvait être sa mère. La professeure leva un sourcil. La réaction de sa voisine semblait assez étrange. Sa mère lui envoyait une lettre, mais il semblait qu'Octavia avait très mal réagi à cette missive, comme si elle ne voulait rien recevoir de sa génitrice. La professeure de sortilèges reprit la parole.

« De simples petits problèmes familiaux, on connaît tous ça. » 

Puis elle s'intéressa de nouveau à son assiette. Amy fit de même, terminant son morceau de pain et se perdant dans ses pensées. Elle trouvait la situation un peu... Bizarre. En effet, son nom de jeune fille était Peters, après avoir été adoptée à l'âge de quatre ans par la famille Peters, qui n'avaient pas pu avoir d'enfants. Un couple des plus adorables et qui avaient choyé l'enfant du mieux qu'ils le pouvaient. Ainsi, lorsqu'elle avait entendu le nom de sa collègue pour la première fois, elle n'avait pas pu s'empêcher d'être surprise. Néanmoins, elle était presque sûre de ne jamais avoir entendu le nom « Octavia Peters » lorsqu'elle vivait encore chez ses parents. Elle n'avait donc pas été chercher plus loin, et s'était dit que ce n'était qu'une simple coïncidence.

Cependant, le nom Violette l'avait quelque peu surprise. Plusieurs fois, et ce durant son adolescence, elle avait entendu une discussion vive entre son père et sa mère. Cette dernière lui reprochait d'avoir coupé les ponts avec son propre frère, et son père lui rétorquait qu'il ne voulait rien avoir à faire avec son frère tant qu'il était avec cette Violette, selon ses dires. C'était définitivement une drôle de coïncidence, Violette n'étant pas un nom commun, que ce soit en Angleterre ou aux Etats-Unis. Amy hésita à lui poser la question. Mais que pouvait-elle bien demander à une collègue qu'elle ne connaissait pas vraiment « Oui dites c'est marrant, j'ai une tante par alliance qui porte le même nom que votre mère, vous pensez qu'on pourrait être de la même famille ? » Ridicule. La Directrice de Serdaigle soupira.

Le seul problème à ce tableau était que le nom de sa désormais collègue n'avait jamais été mentionné dans sa famille. Ainsi, il était possible que ce ne soit véritablement qu'une simple coïncidence et que les deux jeunes femmes portent le même nom en étant dans des familles séparées. Son questionnement reprit le dessus lorsqu'Amy s'entendit demander à sa collègue :


« Navrée de vous déranger Octavia, mais... C'est assez drôle, car vous portez le même nom de famille que moi lorsque je n'étais pas encore mariée... Non en fait, laissez tomber, cela ne doit être qu'une coïncidence ».

Quelle andouille, elle avait eu tort d'ouvrir sa bouche. Il n'y avait aucune explication quant au fait qu'Octavia puisse faire partie de sa famille. Elle n'avait jamais entendu parler d'elle. Tout en pestant intérieurement contre son impulsivité, Amy se resservit un morceau de pain beurré.

Co-fondatrice du club "notre supérieure est tyrannique mais on reste parce qu'on est maso"
Bisous de Miss Copier/Coller :D
"Blblbl" - Sara
Code couleur RPG : brown

Le mystère des huit lettres de Violette  Pv 

Octavia n'avait jamais vraiment su comment il convenait de se comporter « entre adultes ». Depuis ses seize ans, on lui rabâchait qu'elle devait être responsable, qu'il fallait se comporter comme une grande, être mature, courtoise, sympathique, et même hypocrite. Elle devait faire semblant de s'intéresser à des conversations ennuyeuses, elle devait sourire à des gens qui la saluaient mais qu'elle ne reconnaissait pas. C'était comme ça, c'était la normalité, c'était le comportement à avoir en société. Octavia ne s'était jamais pliée à ce genre de règles, mais depuis qu'elle était professeur à Poudlard, elle représentait une figure d'autorité pour les élèves. Et en tant qu'enseignante, elle devait être droite dans ses bottes – ou du moins, elle devait faire semblant de l'être, notamment avec ses collègues. Une promesse qui avait été bien vite bafouée, puisqu'elle avait eu un accrochage avec le professeur de Potions avant même d'entrer à Poudlard. Cependant, ses relations avec Amy Holloway étaient cordiales, et Octavia n'avait pas l'intention que cela change. Elle ressentait la plus nette indifférence à son égard, et c'était une situation qui lui convenait parfaitement.

Mais puisque le destin semblait vouloir confronter Octavia et ses problèmes familiaux, Amy reprit la parole pour lui parler d'une « drôle de coïncidence » ; apparemment, son nom de jeune fille était Peters. Octavia aurait pu s'en trouver étonnée si ce nom n'avait pas été si répandu. La Directrice de Serpentard ne voyait franchement pas grand intérêt à parler du nom de jeune d'Amy, quand bien même celui-ci était identique au sien. Cependant, il y eut bien quelque chose de troublant dans les paroles d'Amy ; elle s'était arrêtée au beau milieu de son explication, comme si elle avait eu quelque chose d'autre à lui dire mais qu'elle s'était rétractée. Le comportement d'Amy, plus que ses dires, finit d'intriguer Octavia.

Elle se mit à fouiller dans les méandres de sa mémoire pour tenter de retrouver quelques souvenirs à propos de la famille de son père. Andrew n'avait jamais aimé bavarder à propos de sa famille, et pour cause ; il s'était disputé avec eux de nombreuses années auparavant. Octavia n'avait jamais vraiment su pourquoi (cela dit, elle n'avait jamais cherché à savoir), mais les faits étaient là. Un nom, cependant, revenait en mémoire de la jeune femme ; un nom tabou, prononcé avec mépris les rares fois où il l'avait été, un nom détesté ; celui d'Henry Peters. Le frère d'Andrew, de ce que l'enseignante en avait déduit. Octavia ne savait pas grand chose à propos de cet homme, puisque les seules fois où son nom avait été évoqué, cela avait été pour le dénigrer.

Cet oncle, qu'elle n'avait jamais voulu connaître auparavant, éveillait aujourd'hui un intérêt nouveau chez Octavia. Si le début de phrase d'Amy cachait bel et bien un doute sur d'éventuels liens familiaux inconnus, alors cet Henry méritât qu'on s'intéresse à lui. Bien qu'elle eut du mal à envisager un éventuel lien entre sa collègue et elle, cette étrange hypothèse tournoyait dans sa tête, vrillait son esprit, embrumait ses pensées. L'espace d'un instant, Amy avait réellement semblé en proie au doute ; Octavia aurait mis sa main à couper que leur nom de famille commun n'était pas la seule coïncidence qu'avait remarquée le professeur de Défense contre les Forces de Mal. Il y avait eu, dans son esprit, un mélange d'informations qui l'avait amenée à poser cette question. Alors, pour apporter la lumière sur les soupçons de sa collègue et sur les siens, Octavia lâcha :


« À moins que vous n'ayez un certain Henry Peters dans votre famille, il y a fort à parier que nous n'avons rien en commun. »

Et la jeune femme eut un petit sourire ; vous savez, ce petit sourire-là, celui qui se veut sympathique mais qui veut dire « voilà, j'ai mis fin à la conversation, pouvons-nous manger en paix désormais ? »

Sur le ciel de nos blessures je te peindrai un idéal,
Et si nous sommes cernés de murs, moi j'en ferai des cathédrales.

Le mystère des huit lettres de Violette  Pv 

Tout en mâchonnant d'une façon peu élégante son pain beurré, Amy se remémorait certains détails de son enfance. Comme elle y avait pensé plus tôt, il n'y avait aucune trace d'Octavia Peters dans sa famille. Le père d'Amy s'était disputé avec son propre frère à cause de la femme, dont il disait qu'il « ne pouvait pas la voir en peinture », et les ponts entre les deux frères Peters avaient été coupés depuis un bon nombre d'années maintenant. Amy avait bien entendu demandé à son père et à sa mère pourquoi ils ne voyaient plus « tonton Andrew », mais leurs réponses avaient été, pour son père « ça ne te regarde pas Amy, ce sont des histoires de grandes personnes », et pour sa mère « ils n'arrivent plus à s'entendre ma chérie, c'est comme ça et c'est la vie ». Ces phrases ayant pour but de clôturer la discussion, Amy n'avait jamais osé en remettre une couche. Et puis en grandissant, elle avait fini par s'y faire et oublier le fait qu'elle avait un oncle du côté paternel.

La Directrice de Serdaigle se questionnait : Octavia allait-elle la prendre pour quelqu'un de dérangée ? Amy posait tout de même pas mal de questions, trop de questions même, et d'ordre plutôt personnel. Elle savait, au fond d'elle-même que ces questions allaient avoir une réponse qui lui conviendrait, et ce en temps voulu et selon la volonté de sa collègue de Sortilèges. Amy espérait juste qu'elle n'allait pas se prendre une réponse cinglante ou pire, un sortilège dans la figure pour avoir été trop curieuse et impulsive. Elle tenait ça de son père justement. Mais lorsque la réponse vint, Amy ne sut plus quoi dire.


« À moins que vous n'ayez un certain Henry Peters dans votre famille, il y a fort à parier que nous n'avons rien en commun. »

Amy avala tout rond son dernier morceau de pain et faillit s'étouffer. Toussant comme une forcenée, elle attrapa son verre de jus de citrouille et le but d'un coup sec. Tout se mélangeait dans la tête de la professeure de Défense contre les Forces du Mal. A moins de faire partie de sa famille, elle ne pouvait connaître son père, moldu de son état. C'était la seule solution possible au problème qui s'était posé juste avant : Octavia faisait partie de sa famille sans qu'Amy ne le sache. Tout coïncidait. Le nom de famille, le prénom de Violette ainsi que le nom du père d'Amy évoqué à haute voix. Cette dernière faillit lui répondre « Et bien justement... » mais seul un gargouillis sortit de sa bouche. Il fallait qu'elle se ressaisisse afin de s'exprimer correctement et de trouver le fin mot de l'histoire. Après s'être raclé la gorge, la Directrice de Serdaigle répondit, tout en se triturant les mains, signe d'un stress apparent.


« Il se trouve justement que c'est le nom de mon père adoptif ».

Il fallait qu'elle dise autre chose, qu'elle pose encore d'autres questions. Mais Amy n'en avait-elle pas déjà assez fait ? Tout se mélangeait lors de sa tergiversation intérieure. Demander encore d'autres informations, comme le lieu où Octavia avait vécu, si elle avait entendu parler d'une Emily dans sa famille, la mention de sorcellerie dans ladite famille ? Ou bien juste la boucler et attendre que sa collègue réponde ? La Directrice de Serdaigle ne put empêcher un « Par Merlin » de sortir de sa bouche. A trente ans, elle découvrait un nouveau membre de sa famille. Finalement, et après de longues minutes passées à réfléchir, Amy finit par se tourner vers Octavia et lui adressa de nouveau la parole.

« Il faut que nous discutions de tout ça en privé. Si cela se trouve, ce n'est qu'une énorme coïncidence. Et personnellement, je ne crois pas aux coïncidences ».

Amy finit rapidement le peu de mets qu'il restait dans son assiette, attendant d'essuyer un éventuel refus de la part de sa jeune collègue et peut-être... Cousine.

Co-fondatrice du club "notre supérieure est tyrannique mais on reste parce qu'on est maso"
Bisous de Miss Copier/Coller :D
"Blblbl" - Sara
Code couleur RPG : brown

Le mystère des huit lettres de Violette  Pv 

Lorsque Amy se mit à tousser bruyamment sous le coup de la surprise, Octavia ne put retenir un petit sourire mi-amusé, mi-moqueur. Difficile de rester insensible face à une réaction aussi drôle. Cette scène, celle d'un professeur manquant de s'étouffer devant ses élèves, était une situation comique, aussi cruel ce fait inéluctable puisse-t-il être. Mais bien vite, l'amusement d'Octavia s'estompa, car la réaction d'Amy ne pouvait vouloir dire qu'une chose ; ce nom de famille commun n'était pas qu'une coïncidence.

Amy voulut dire à Octavia ce qu'elle avait déjà un compris, mais seul un son difforme s'échappa de ses lèvres. La réaction extrême d'Amy étant désormais passée, la situation n'avait plus rien d'amusant ; au contraire, elle avait pris un tournant particulièrement sérieux. Après vingt-sept ans de vie, Octavia s'apprêtait à découvrir de nouvelles choses sur sa famille, ici, à Poudlard. Et, finalement, après quelques secondes, Amy cracha le morceau (et pas au sens littéral, cette fois). Sa collègue laissera entendre qu'elle avait été adoptée, ce qui signifiait que si elles avaient toutes les chances d'être cousines, elles n'avaient pas le même sang. Mais quelle importance ?

Pendant d'interminables minutes, les deux professeurs ne dirent rien. Un silence régnait entre elle ; mais ce n'était pas un de ces silences particulièrement gênants. C'était plutôt une invitation à la réflexion, un moment intime qu'elles seules pouvaient comprendre, car Amy était probablement aussi bouleversée qu'Octavia. C'était comme si, pendant quelques instants, l'enseignante aux cheveux bleus avait été emprisonnée dans une bulle ; elle semblait un peu déconnectée de la réalité – le brouhaha de la Grande Salle lui semblait lointain. Elle avait des millions de questions à poser à Amy, mais elle n'osa rien dire. Elle se demanda quel genre d'homme était son oncle, et, soudain, elle s'intéressa à la dispute qui avait séparé Andrew et Henry Peters. Évidemment, il y avait toujours la possibilité, aussi mince soit-elle, que tout cela ne soit qu'un immense hasard. Et quand Amy reprit la parole, Octavia ne répondit qu'avec un hochement de tête. Il fallait, effectivement, qu'elles parlent.

Et c'est ce qu'elles firent. Juste après le dîner, elles eurent une conversation privée, et toute hypothèse de « grosse coïncidence  » fut définitivement écartée de l'esprit des deux jeunes femmes. C'était la première fois que Octavia s'intéressait aussi rapidement à quelqu'un. Elle posa des dizaines de questions à Amy, d'abord sur son éducation et sur Henry, puis, progressivement, elles se mirent à discuter de leurs goûts, de leur adolescence, de leurs envies, de leur avenir.


[right][/right]

Sur le ciel de nos blessures je te peindrai un idéal,
Et si nous sommes cernés de murs, moi j'en ferai des cathédrales.

Le mystère des huit lettres de Violette  Pv 

Finalement, la situation était comme Amy l'avait imaginé. Pendant des années, ses parents lui avaient caché l'existence d'un autre membre de sa famille. Membre qu'elle avait pu rencontrer seulement en Angleterre, après avoir fui les Etats-Unis. A ce moment là, et après sa dernière phrase à Octavia, Amy en voulait réellement à ses parents adoptifs. Son existence d'enfant unique ne lui avait pas porté préjudice, mais maintenant qu'elle savait qu'elle avait une cousine, la professeure se disait qu'il avait pu y avoir un vide dans son enfance. Le fait notamment de ne pas avoir de membre de sa famille ayant son âge aurait pu la perturber. Octavia finit par acquiescer aux paroles d'Amy et toutes deux quittèrent la Grande Salle afin d'avoir une conversation privée.

Pendant de longues minutes, des heures peut-être, les deux professeurs échangèrent sur leurs parents respectifs, sur l'enfance de chacune, mais également à propos de leurs goûts, comment elles avaient grandi, et sur beaucoup d'autres sujets. Amy n'hésita pas à confier à sa nouvelle cousine qu'elle avait changé de nom un peu plus d'un an auparavant, ce qui expliquait pourquoi elles ne portaient pas le même nom de famille. Au bout d'un moment, les deux professeures finirent par retourner chacune dans leurs appartements respectifs. Amy n'avait pas vu le temps passer, et cette conversation lui avait fait extrêmement plaisir.

Le lendemain, et après avoir peu dormi, la Directrice de Serdaigle s'empressa d'écrire une lettre plutôt salée à l'attention de ses parents. Elle ne pouvait s'empêcher de leur en vouloir d'avoir caché l'existence de cette cousine désormais connue. Malheureusement pour elle et heureusement pour eux, Amy ne pouvait se rendre immédiatement aux Etats-Unis, ayant des engagements à honorer à Poudlard avant les vacances de Noël. Entre Noël et le premier de l'an, elle se rendrait sans aucune doute sur le continent américain afin d'avoir une discussion sérieuse avec ses parents. Peut-être qu'en les écoutant de vive voix, elle pourrait comprendre pourquoi elle n'avait rien su pendant tout ce temps.


Reducio
(Fin du RPG pour moi également!)

Co-fondatrice du club "notre supérieure est tyrannique mais on reste parce qu'on est maso"
Bisous de Miss Copier/Coller :D
"Blblbl" - Sara
Code couleur RPG : brown