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 rpg+  Comment ils vivent, les Moldus, sans magie?

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On était au mois d'octobre. Vers le 10. Ou le 15. Pas le 20, pour sûr. C'est pas que la petite française avait perdu la notion du temps, mais c'est qu'elle ne l'avait jamais trouvée en fait. Toujours en retard, jamais à l'heure. Mais dites-moi, c'est plutôt sympa, ça comme credo. Bref. Toujours est-il qu'on était environ à la moitié du mois d'octobre et ça faisait donc environ un mois et demi que la petite blonde entendait parler de Muggles à tout va. Que ce soit simplement ce mot ou qu'il soit avec le mot born pour que cela donne Muggle-born, Cléo n'aurait pas pu compter le nombre de fois qu'elle entendait ces mots. Pas qu'elle les comprenait pas, non, parce qu'elle savait que cela signifiait respectivement Moldus et né-moldu mais c'est qu'en cette quarantaine de jours, Morel s'était bien vite rendu compte qu'elle ne connaissait strictement rien aux Moldus. Triste constat, mais constat on ne peut plus vrai. Jamais ses parents ne s'étaient intéressés de près ou de loin à ces personnes dépourvues de magie. Non, détrompez-vous, ils étaient le genre de sorciers à les laisser tranquilles. Ils ne leur voulaient aucun mal, Merlin soit loué.
C'était donc attablée chez les Gryffondor, un matin, encore toute endormie que Cléo tentait de suivre une conversation qui donnait quelque chose comme cela :

« Puisque je te dis que chez moi, pas de baguette. Non, non. On fait tout. T-O-U-T à la main. Même le ménage, on prend un balais.
- Hein ? Un balais ? Mais c'est pour le Quidditch ça !
- Mais non, pas que ! »

Alors la petite fille était rassurée de ne pas être la seule à ne pas être totalement au point sur le mode de vie des Moldus. Elle écoutait, ne disait rien. Ça parlait de tout. Ça parlait de rien. Et puis l'argumentation était bien trop rapide pour que la petite blonde n'arrive à en placer une, vous savez, le temps qu'elle cherche ses mots. Alors elle se concentre sur ses œufs et son bacon. D'ailleurs, en parlant de cela, elle ne s'y fait toujours pas vraiment. Comment on pouvait manger cela au petit-déjeuné ? Chez elle c'était tout à fait différent. Bref. Cléo suivait donc la conversation des deux jeunes gens d'une seule oreille puis, au bout de quelques minutes de réflexion plus ou moins intensive, elle se redresse, fronce les sourcils et s'exclame.

« Attendez, qu'elle débute en français avant de se reprendre et de continuer dans la bonne langue, comment les Moldus peuvent faire pour se déplacer s'ils n'ont pas la magie ? Pas de balais, pas de poudre de cheminette, pas de transplanage ? »

Un accent fort français, une syntaxe assez suspecte mais allait-elle se faire comprendre ? Complètement. C'était plutôt clair et compréhensible ce qu'elle baragouine. Elle est encore restée sur le mode de transports des non-sorciers. 

my color is #d45c65

 rpg+  Comment ils vivent, les Moldus, sans magie?

Mad sortait difficilement de son lit ce matin. En effet, son endormissement avait été encore plus compliqué qu'habituellement, ce qui lui avait valu une courte nuit d'une flopée rapide d'heures. Elle traînait donc un peu des pieds ce matin, avec ses cernes de dix kilomètres, emmenant dans sa lente course combative un oreiller blanc. Elle s'était rapidement débarbouillé le visage à l'eau froide, ce qui la faisait cligner des yeux incessamment et qui lui donnait un air de serial killer mal réveillé, et descendit encore en pyjama dans la Salle Commune. Son premier cours de la matinée avait sauté et elle avait donc tout le temps pour se préparer plus tard. Elle enfila juste un gros sweat noir en passant devant un fauteuil rouge foncé de l'antre des Gryffondor, cachant une grande partie de son corps afin de paraître décente aux yeux du Monde. Il appartenait à un garçon de Gryffondor, mais lequel ? Elle n'en savait trop rien et se débrouillerait pour le replacer avant qu'il ne s'en aperçoive. Elle n'était pas d'humeur pour polémiquer sur un vêtement. Elle entra dans la Grande Salle après avoir lâché son coussin et dévalé à une vitesse raisonnable les escaliers mouvants. Elle prit place sur un banc de sa table et prit la carafe de jus de citrouille pour s'en servir un peu. Elle n'avait pas vraiment faim pour plus et elle n'avait rien envie d'avaler, même pas ce jus orange mais les réflexions fuseraient si elle ne l'ingurgitait alors c'est ce qu'elle fit. Elle tenta d'écouter les conversations alentoures et remarqua tout d'abord qu'elle était loin des personnes qu'elle appréciait. Elle était au milieu d'une bande de Première Année qui débattait sur les Moldus. Elle n'était pas sure d'avoir sa place dans cette discussion, étant né-moldue, mais lorsqu'un fort accent français se fit entendre, elle ne put s'empêcher de détailler la personne qui le possédait. C'était une Gryffondor, une Première Année pour ne rien changer, avec une chevelure blonde et des yeux bleus azur. Tout ce que cette personne inspira à la Deuxième Année fut le dédain. En effet, elle avait une posture qui ne lui inspirait pas confiance mais elle ne put s'empêcher de se questionner sur sa présence ici. Bien sur, elle y était autorisée mais les français allaient en général à Beauxbâtons et Mad pensait être une exception. Ne s'intéressant pas à la question qu'elle venait de poser mais uniquement à la manière dont elle avait été prononcée, Mad lui chuchota, d'un français correct avec des restes d'un accent écossais qu'elle garderait probablement pour longtemps :

- Comment se fait-il que tu sois ici ?

Une jalousie prit place au creux de son âme. Elle aimait être une des seules à avoir la particularité d'une nationalité différente des britanniques, et encore plus être la seule française du château. 

Comment te dire, ou te faire comprendre, que la Vie n'était qu'un simple Songe ? Un Mensonge, que la Vérité Ronge.
Rire à m'en déchirer les abdos. Brûler nos complexes et nos vieilles pulsions d'ados.