Grande salle

Inscription
Connexion

 RPG+   LDC  Chapitre VII : Les étrangers

Livre : Les anneaux invisibles
Tome : Le lien des coeurs
Chapitres précédents : Prologue ; Chapitre I ; Chapitre II ; Chapitre III ; Chapitre IV ; Chapitre V ; Chapitre VI ;
Récurrents RPs : Regels Mordred, Hélène Chevalier, Elizabeth Thornfield.
-

Année : Deuxième année (Janvier 2042)

Partie I : La Grande Salle


     La reprise de janvier s'était déjà lancé et les élèves durent reprendre le traintrain quotidien des études. L'idée d'avoir déjà parcouru la moitié de cette année scolaire motivait les plus grincheux de l'école. Ce soir là, comme tous les soirs, Edward mangeait lentement son dîner, songeant au cours de Potions qui l'attendait demain. Son dernier parchemin avait été pour ainsi dire bâclé, dû à une fatigue contraignante qui s'était accumulée depuis septembre, aggravée par les fêtes. Il redoutait maintenant de lire la note obtenue, ne s'attendant pas à obtenir un miracle. Il avait tenté à quelques reprises de converser avec les autres mais encore et toujours, son esprit retournait à l'appréhension du lendemain. 

     Alors qu'il tendait le bras pour se saisir de son dessert, les portes de la Grande Salles furent traversées par l'esprit fantôme de Rusard, ancien concierge de l'école. Celui ci affichait un air particulièrement lugubre, se dirigeant droit vers la longue table où soupaient les Professeurs. Intrigué, Edward le suivit du regard, sa main suspendue en l'air. D'autres comme lui, s'étonnaient de ce comportement, taisant les conversations qui s'était animées plus tôt. 

" Professeur Loewy, elle est là ! La directrice de Beauxbâtons est là ! Au portail de l'école ! Elle vous implore de la recevoir ! ", disait-il sans prêter aucune attention aux élèves très attentifs.

     Edward reposa son bras, surpris par cette situation. Moult questions traversaient son esprit. Inconsciemment, son regard se tourna vers la fille de la directrice de Beauxbâtons qui suivait sa scolarité à Poudlard. Son intuition lui dictait que quelque chose ne tournait pas rond mais il était impossible pour le garçon de déterminer quoi précisément. Rien d'étonnant en soi. 

          Il se contenta donc d'observer les réactions des Professeurs. Certains semblaient se figer sur place, d'autres échangeaient quelques mots entre eux, gardant leur regard sur le fantôme et la directrice. Cette dernière, quant à elle, eut une réaction plutôt surprenante. Assez énergiquement, elle rétorqua à haute voix qu'on fasse entrer l'invitée inattendue sans perdre un autre instant. Aussitôt dit, aussitôt fait, le fantôme de Rusard se précipita à la sortie en entendant l'ordre donné. Immédiatement après qu'il eut quitté la Grande Salle, les conversations, plus avides maintenant reprirent, discutant de possibles théories pouvant expliquer la raison de la présence de la Directrice Française, Mme. Luneau. Certaines de ces théories étaient clairement absurdes, comme celle qui disait qu'elle souhaitait renverser Mme.Loewy pour prendre le contrôle de Poudlard, encore qu'elle souhaitait rejoindre les enseignants de Poudlard dans le seul but de renverser les Ministères britannique et français. 

     Préférant ignorer les messes-basses de l'ensemble des élèves pour attendre de connaître la véritable raison de cette venue, il profita du temps de marche nécessaire de la Directrice afin de les rejoindre pour se saisir du dessert qu'il n'avait toujours pas entamé. Comme sa mère lui disait quelques fois "Chaque chose en son temps". Trouvant que cette expression collait bien à la situation, il recueillit un peu de tarte aux pommes avec le creux de sa petite cuillère. 
Dernière modification par Edward Regencourt le 25 février 2018, 13 h 40, modifié 1 fois.

 RPG+   LDC  Chapitre VII : Les étrangers

     De longues minutes s'était écoulé avant que les grandes portes de la Grande Salle ne s'ouvrent à nouveau. Sur le seuil apparaissait une femme de grande taille, reconnaissable tant par son allure que par ses cheveux clairs, dégringolant en cascade sur son dos. Mme.Luneau venait de faire son entrée et ce, de manière assez tonitruante : sa longue robe était ouverte tout en longueur sur un de ses côtés, laissant percevoir la pâleur de sa jambe. Alors que la femme traversait d'un pas très énergique la Grande Salle, son apparence, elle, commençait à éveiller les conversations au sein des rangs. Les garçons, tout particulièrement, étaient animés par un sentiment semblable à de l'émerveillement et, sans quitter Mme. Luneau du regard, s'échangeaient des commentaires pour certains peu restreints. 

     Etrangement, la femme provoqua chez Edward un sentiment semblable à celui qui pouvait vivre ses confrères. Elle était, après tout, incroyablement belle et malgré ses habitudes quant à ignorer ce genre de chose, le Serdaigle ne put lui même détacher son regard tant il était abasourdi. Il lui avait fallut un coup de coude de la part d'Hélène ainsi qu'un hochement de tête de celle ci vers la joue de Mme. Luneau pour qu'Edward finissent par remarquer la coupure qui enlaidissait le visage de porcelaine de la femme. Sa curiosité naturelle revint au galop et toute son attention se focalisa sur la table des professeurs qui, très cérémonieusement, attendait que la Directrice de Beauxbâtons les rejoignent. Autour d'eux, les conversations se turent et toutes les oreilles se tendirent à l'unisson lorsque la blonde arriva devant Mme. Loewy, accompagnée de sa fille qui venait juste de la retrouver. 

"Implore... école.... protection", furent les seuls mots qu'Edward parvenait à entendre de là où il se trouvait. Surpris, ses sourcils se haussèrent, plus encore alors que Mme.Luneau mettait le genou à terre comme pour symboliser le degré de désespoir qui la tourmentait.

     Le contraste entre l'arrivée déterminée de Mme.Luneau et sa posture actuelle était frappante. Les Poudlariens observèrent, retenant leur souffle, la main de Mme.Loewy se tendre vers sa collègue pour l'inviter à se relever. La lenteur et la délicatesse du geste ne fut pas ignoré d'Edward quand bien même il éprouvait des difficultés à comprendre le sens derrière ce geste particulièrement affectif en apparence. L'occasion de porter une conclusion se révélait très vite absente car le Serdaigle perçu les autres enseignants détourner leurs regards de la française en direction des élèves. 

     Lexie Campbell se leva de son banc, un air sérieux sur son visage. Paul Bricou, de la tablée des Poufsouffle en fit de même et tous deux, Préfets-en-Chef, se tournèrent vers l'équipe préfectorale qui ne tarda pas à se lever et à se retrouver pour s'organiser. Sous l'impulsion des Préfets-en-Chef, Wilson Kingson et Mary Grey retrouvèrent les Serpentards où Edward apercevait les regards indéchiffrables de Mordred et Elizabeth; James Silvershade et Maggy Thomson firent lever en priorité les Poufsouffle assis près des Professeurs; Lexie Campbell et Rosalys Lanoblis firent lever sa tablée, laissant les Gryffondor sortir en dernier, encadrés par Esmée Peterson et  Audric Hitward.

     Hélène resta tout à côté d'Edward le long du trajet menant à leur Salle Commune, silencieuse, aussi profondément plongée dans ses pensées que lui.

 RPG+   LDC  Chapitre VII : Les étrangers

     Partie II : Salle Commune de Serdaigle


     L'ambiance, habituellement sereine de la Salle Commune de Serdaigle s'était mue en quelque chose de difficilement descriptible. L'entrée dans la salle s'était faite dans un silence quasi religieux, les élèves ne souhaitant pas briser la tension installée. Edward et Hélène, le pas lent, se dirigèrent vers les confortables fauteuils de la salle. Le Serdaigle et sa camarade s'installèrent, assis côte-à-côte, observant sans trop regarder les autres bleus. Ils avaient une vue complète du lieu, remarquant les deux préfètes fermant la marche et désormais plantées au seuil. La tension ne perdura pas plus longtemps. Un élève qu'Edward reconnut vaguement pour l'avoir croisé dans les dortoirs sollicita les préfètes. Il fut impossible pour Edward et Hélène d'entendre un traître mot de ce qu'il disait mais la réponse de Lexie fut, elle, audible de tous :

"Je l'ignore Peter, tout ce que je sais, c'est que la femme qui a fait irruption dans notre Grande Salle est Aude Luneau, Directrice de l'école française Beauxbâtons, et comme toi, je ne sais pas ce qu'il se passe, ni pourquoi elle se trouve ici à Poudlard. Attendons la venue d'un Professeur ou de Miss Loewy pour en savoir plus. Pour l'heure, nous n'avons que cela à faire."

     Aucune information nouvelle et pertinente à en tirer pour le garçon et Hélène. Ils se jetèrent un regard empli de sous-entendus et gardèrent le silence alors que les murmures s'élevaient déjà. Ceux-ci empirèrent dès lors que Bones questionna la sécurité de l'école et de ses élèves. Lexie, tentant de sauver les meubles et apaiser la foule, présenta une justification de la blessure de Mme.Luneau qui très clairement, ne pouvait convaincre tous les Serdaigle, Edward et Hélène inclus. Visiblement, ils ne tireraient rien de Lexie et Rosalys. Les deux Deuxième Année décidèrent donc de les ignorer, tout simplement. 

"Quelqu'un est sorti du château ! Là ! Regardez !", s'écria un des élèves, le visage collé contre une vitre, flanqué par un de ses amis.

     Edward bondit sur l'occasion trop alléchante et les rejoignit comme un certain nombre d'autres élèves. Effectivement, une silhouette agile et fine se glissait avec détermination en direction de l'entrée de l'école, là où se trouvait le haut portail orné de piques affreusement intimidantes. Le Serdaigle écouta d'une oreille distraite les hypothèses de ceux qui avaient débusqués le Professeur, faisant attention à ne pas trop cligner des yeux pour être sûr de rien manquer, quoi qu'il puisse se produire.

"S'il vous plait messieurs, éloignez-vous de la fenêtre, vous ne verrez rien de toute façon."

    Faisant volteface, Edward tourna rapidement son attention vers la nouvelle arrivante, Mrs. Holloway, qui venait de rentrer dans la demeure de Rowena. Son regard perçant évalua la Salle Commune, comme pour s'assurer que tout était en ordre. Face à un ordre aussi direct, Edward se détourna de la vitre pour rejoindre Hélène, encore assise sur son fauteuil. Celle ci le fixait d'un regard avide. Le Serdaigle lui adressa un hochement de tête, lui signalant qu'il lui décrirait bien assez tôt ce qu'il venait de voir. Lorsque leur Directrice de Maison leur proposa un dialogue si questions il y avait, ni Edward, ni Hélène ne quittèrent leur place, ni n'exprimèrent leurs questions. Ils se doutaient qu'ils auraient des réponses dignes des Langues-de-Plomb.

 RPG+   LDC  Chapitre VII : Les étrangers

     L'heure venue de se coucher, les Serdaigle se dispersèrent dans leur dortoir respectif. Edward et Hélène s'étaient engagés dans un jeu d'échecs version Sorcier en attendant le couvre-feu. Telle leur conversation non révolue, ils laissèrent le jeu tel quel sur la tablette située entre leurs fauteuils et s'adressèrent une "bonne nuit", pleine de promesses. Montant les marches de pierre d'un pas traînant, Edward fonctionna mécaniquement, se lavant les dents, la figure puis se changeant sans discuter avec qui que ce soit. La fatigue commençait à l'alourdir et l'idée de plonger dans un profond sommeil était plus que bienvenue.

     Le lendemain matin, le garçon resta un long moment sous sa couette, réveillé mais gardant les yeux fermés. Dans son esprit défilaient inlassablement les images de cette silhouette qui s'était dirigée vers la sortie de l'école, comme s'il craignait que le temps ne rende le souvenir flou et inaccessible. Confortablement installé, gardé au chaud, il ne tarda pas à replonger, finalement, dans un profond sommeil.
____

"Ca ne fait que deux ans que nous sommes là et chaque année, il semblerait se produire des choses dangereuses... et encore...nous n'étions pas encore là quand a eu lieu la Bataille. Tes parents ne t'avaient pas dit qu'ils te changerait d'école si des choses de ce genre se produisaient ?", demanda Hélène au jeune Serdaigle, les sourcils froncés avec une certaine marque d'inquiétude.

     Edward étudia avec attention le plateau d'échecs, réfléchissant aux coups d'avance qu'il souhaitait mettre en place pour battre sa camarade. Un pion déchu dans sa main, il le tournait et le retournait distraitement alors qu'il écoutait Hélène. Il prit soin de réfléchir à sa réponse avant d'ouvrir la bouche:

"Si. Je ne leur ai pas envoyé d'hiboux sur les incidents, ni même l'année dernière. Enfin, ils sont forcément au courant des problèmes : ils sont parents et sorciers. En tout cas, ils ne m'ont rien dit là-dessus."

     Hélène émit un fredonnement compréhensif puis tourna la tête dans tous les sens, comme pour compter le nombre de Serdaigle encore présents dans la Salle Commune. La Grande Salle était ouverte pour les petits déjeuners depuis un certain temps, ce qui avait évacué les premiers levés de la salle. 

"Alors, qu'est-ce que tu as vu, hier soir, à la vitre ?", demanda t-elle voix basse mais avec empressement.

     Les yeux d'Edward quittèrent définitivement le plateau pour plonger dans ceux de sa camarade. Plus personne n'avait vraiment envie de continuer de jouer à cet instant. La partie reprendrait après le petit déjeuner. Il regarda autour de lui, comme l'avait fait Hélène puis lui répondit aussi objectivement qu'il le pouvait :

"C'était difficile de percevoir quoi que ce soit clairement. Je me suis juste fié à la lumière des torches extérieures. Il y avait une femme qui se dirigeait vers le portail de l'école, nul doute là-dessus. Qui, précisément ? Pas de certitude, elle était emmitouflée dans ses vêtements. En tout cas, il était fort probable que quelque chose ou quelqu'un d'extérieur à l'école se trouvait au portail. Bonne chose ou mauvaise chose ? Je ne sais pas mais vu comment Mme. Luneau a demandé protection, je ne crois pas que ce soit un ou une de ses amis qui l'attendait dehors. Je me demande ce qui s'est passé à Beauxbâtons...", expliqua t-il, laissant traîner sa voix lorsqu'il s'était posé cette dernière question. 

     Hélène réfléchit longuement suite à la description de son camarade.

"Hum, en tout cas, notre Professeur est partie seule donc ce ne doit pas être aussi grave que cela pour l'école. Sinon, elle serait partie accompagnée..., tu ne penses pas ?, proposa t-elle avec une certaine hésitation.

"Je ne sais pas... je ne suis pas resté à la vitre longtemps. Peut-être que quelqu'un l'accompagnait mais je n'ai pas eu le temps de le voir.", finit-il par répondre.

     Tous deux avaient une sainte horreur d'être ainsi plongés dans le doute et l'ignorance. C'était contre leur élan naturel qui était de trouver vérité et solution rapidement, sans s'éterniser dans des hypothèses qui tenaient à peine debout. Maintenant à court d'arguments, ils décidèrent de se lever pour se rendre dans la Grande Salle. Lorsqu'ils s'apprêtèrent à franchir le seuil de leur Salle Commune en direction des couloirs, Edward arrêta ses pas et saisit le bras d'Hélène qui lui retourna un regard interrogateur. 

"Que dirais-tu de manger avec les verts, ce matin ?", demanda t-il lentement, faisant comprendre que des intentions bien plus profondes se cachaient derrière la simple idée de manger avec des Serpentard.

"Pourquoi pas. Pourrait être instructif.", répondit Hélène avec un regard entendu. 

     Le fait que les deux Serdaigle pensaient sur la même longueur d'onde avait ses avantages.

 RPG+   LDC  Chapitre VII : Les étrangers

     Partie III : La Grande Salle 

      Etonnement, la Grande Salle était à moitié pleine à cette heure matinale. L'agitation provoquée par les événements de la veille avait sans doute ses conséquences. Tranquillement, Edward et Hélène se dirigèrent vers la tablée des Serpentard. Ni Regels, ni Elizabeth n'étaient en vue. Néanmoins, certains membres de leur groupe étaient déjà présents et comme ils ne voyageaient rarement isolément, il ne serait pas étonnant de voir les deux verts arriver bientôt. Faisant attention à ignorer quelques regards intrigués, les deux Serdaigle s'installèrent à un espace relativement vide de la grande table. Le fait que des élèves de différentes maisons viennent manger à d'autres tables n'était pas rare mais jamais Edward et Hélène ne l'avait fait auparavant. 

     Ils adressèrent un hochement de tête en direction de quatre cinquième année qui les observaient s'installer. Deux d'entre eux répondirent aux salutations puis le groupe reprit ses conversations comme à leur habitude. Edward se versa du jus de pomme et en proposa à Hélène qui accepta de bonne grâce. 

"Sacrément bizarre de manger ici.", constata à voix basse Hélène en regardant autour d'elle, quelque peu mal à l'aise.

     Le Serdaigle approuva mentalement la remarque. Ses mains tremblaient légèrement tant il se sentait en dehors de sa zone de confort.

"Personne ne vous mordra, ici. Vous n'êtes pas des Gryffondor après tout.", répondit avec amusement une voix féminine. 

     Edward jeta un coup d'oeil par dessus son épaule droite. Elizabeth Thornfield venait d'arriver, et ce, avec ses éternelles remarques pleines de dédain. Edward ne répondit rien à celle ci, reniflant seulement avec amusement. Elle s'installa à la place juste à côté de lui et se saisit de la carafe d'eau. Elle se tenait droite et chacun de ses mouvements semblaient mesurés. Tout ce contrôle personnel se voyait même dans sa manière de s'habiller : pas un mauvais pli ne pouvait être noté sur ses vêtements et ses cheveux étaient tenus en un chignon parfait où nulle mèche rebelle ne pouvait s'échapper. 

"Que nous vaut le plaisir de cette surprenante visite ?", ajouta celle de Mordred qui lui avait longé la table du côté d'Hélène. 

     Le Serpentard s'assit avec nonchalance sur le banc, à la place située à gauche d'Hélène, en face d'Elizabeth. Le Serpentard se frotta les yeux, cherchant à débarrasser les dernières traces de fatigue puis tendit son verre en direction d'Elizabeth qui finissait de se servir. La verte remplit son verre, recueillant un "merci" de la part de Mordred puis tous deux observèrent les Serdaigle avec une certaine curiosité dans leur regard. Etrangement, être maintenant en compagnie des deux verts semblait soulager Edward et Hélène de leur anxiété de ne pas être à leur table habituelle. La familiarité de leur visage les encourageait à aller droit au but.
Dernière modification par Edward Regencourt le 8 avril 2018, 13 h 15, modifié 1 fois.

 RPG+   LDC  Chapitre VII : Les étrangers

"Infos., répondit assez crûment Edward.
- Comment ça ? Pas pour mon charisme ? Mes talents de leader ?, rétorqua Mordred du tac-o-tac, un large sourire narquois sur les lèvres.
- Talents de leader... j'ai vu assez de ce que ça donnait., grimaça Edward.
- Père-des-tempêtes..., grommela Hélène, levant les yeux face à cette joute verbale.
- Coup bas, Regencourt." grogna Mordred en se saisissant d'un croissant pour y mordre dedans à pleine bouche.
 
     Les quatre élèves commencèrent leur petit déjeuner. Quand bien même la conversation était initiée sous des hospices de la convivialité et des taquineries, il ne restait pas moins qu'ils étaient des Serdaigle et des Serpentard. Le naturel n'était jamais vraiment oublié. En l'occurence, quant à savoir qui lâcherait le morceau le premier et l'échange qui en découlerait n'était pas oublié dans leurs jeunes esprits. 

     Regels déglutit le dernier morceau de croissant, prit une gorgée d'eau, se pourlécha les lèvres puis retourna son attention vers Edward. 

"Infos sur quoi, exactement ?", demanda t-il avec son sempiternel regard calculateur. 
"Beauxbâtons et Mme.Luneau... sur ce qu'il s'est passé pendant que nous étions coincés dans nos Salles Communes", répondit Edward, choisissant précisément ses mots. 
"Oh...ça. I'll show you mine if you show me yours, Regencourt.", répondit-il avec ironie tout en s'essuyant les coins de sa bouche à l'aide de sa serviette. 

     Quand bien même Edward ne pouvait la voir, il pouvait entendre le sourire d'Elizabeth, assise à côté de lui. Le Serdaigle plissa les yeux en direction du Serpentard. Il n'était pas tellement surpris de devoir donner de sa part s'il voulait croquer à la sienne. Néanmoins, Mordred savait très bien de quoi Edward parlait et le fait de jouer avec lui ainsi avait tendance à agiter le bleu. Il jeta un regard vers Hélène qui semblait afficher une mine semblable à celle d'une mère, coincée avec des enfants de quatre ans d'âge mental. Edward serra les lèvres dans sa direction comme pour lui signaler qu'il avait remarqué le manque de soutien de la part de la Serdaigle. Elle haussa finalement la tête, un sourire en coin sur son visage. Cette fille était quelque fois indéchiffrable. 

"Très bien. On partagera après toi.", déclara Edward, s'installant plus confortablement sur son banc pour mieux écouter les deux verts, par soucis de rien manquer. Il appuya donc ses coudes sur la table, reposant sa tête au creux de ses paumes de mains, son regard on-ne-peut-plus sérieux. 

     Amusé d'être ainsi sous les projecteurs des deux Serdaigle, Regels Mordred jeta un regard vers sa camarade, prit une nouvelle gorgée d'eau et fit mine de plonger dans ses pensées, pour le simple plaisir de les faire patienter encore un peu plus. Lorsqu'il les sentit commencer à s'agiter par agacement, il ouvrit enfin la bouche pour rompre cette torture mentale : 

"En fait, rien n'a été dit par les Préfets hier soir. De toute façon, qu'est-ce qu'ils auraient bien pu dire... Par contre, notre Préfète a laissé, un peu comme le Petit Poucet, des petites choses derrière elle. Surtout une, en fait. Nous ne l'aurions pas remarqué si nous n'étions pas assis à côté des aînés de la maison... Finalement, le mystère n'est pas aussi opaque que ça en y repensant...", commença t-il par raconter, laisser volontairement traîner un suspens dans son discours.

     Lorsque le silence retomba de nouveau entre les quatre, Hélène fut la première à craquer.

"Et ?, sollicita t-elle, penché vers le blond, les oreilles grandes ouvertes.
- Et... la réponse se trouve dans la dernière édition de la Gazette. Vous qui êtes avides de lecture, je ne vous spoilerai pas." conclut-il en s'emparant cette fois ci d'un pain aux raisins.

     Edward regarda distraitement le garçon en train de continuer son petit déjeuner. Il devait mettre la main sur cette édition de la Gazette. Cela ne devait pas se révéler impossible car si toutes les réponses s'y trouvaient, alors les nouvelles courraient les couloirs en l'espace de quelques heures. Elizabeth l'arracha de ses pensées pour qu'il présente sa propre histoire et comme il l'avait fait avec Hélène, il leur raconter la personne qu'il avait aperçu se diriger vers le portail de l'école d'un pas déterminer ainsi que ses hypothèses sur le fait que le dernier invité ne devait pas être une gracieuse connaissance de Mme. Luneau. 

     L'histoire semblait intéresser grandement les Serpentard. Leur Salle Commune donnant sur les profondeurs du lac, il leur aurait été impossible de voir ce que les Serdaigle pouvaient voir. 

"Intéressant...", dit simplement Mordred, la mine songeuse. 

     Les deux verts ne tardèrent pas à quitter la tablée, les saluant au passage. Edward et Hélène étaient eux mêmes proches de la fin de leur déjeuner. Le reste du temps passé dans la Grande Salle se fit en silence et lorsqu'ils furent prêts, tous deux se levèrent pour se diriger vers la Bibliothèque. Peut-être qu'ils y trouveraient cette fameuse Gazette. Edward se sentit impatient.

[FIN DU CHAPITRE VII]