Grande salle

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A table!

Il était 20h30. C'était l'heure de manger. Aurélien devait alors abandonné sans peine,  sa leçon de potion pour aller manger. Forcément il fallait qui prévoit de partir au moins quinze minutes avant car tous les élèves se bousculer pour déguster le délicieux repas et être les premiers servis. De plus Aurélien se perdait souvent dans les couloirs. Il était fasciné par l'architecture de Poudlard. Ce qui le forcer souvent à s'arrêter, pour contempler les moindres détails du château et donc, le mètre encore plus en retard. 

Lorsqu'il entra dans la salle, quant à son habitude, Aurélien avait pris la décision de s'isoler de tout le reste du groupe et de se mettre dans un petit coin de la table. Au point même de déplacer ses couvert pour être totalement seul. Les autres voulaient bien essayer d'établir un contact avec lui, mais ils voyaient bien que c'était impossible car Aurélien était jugé comme associable. Dans son dortoir, il avait la réputation d'être toujours seul au point même d'être vexant envers les autres. Certains se demander même ce qu'ils avaient fait de mal envers lui...  Ce soir-là le dîner était très bon.  Comme à son habitude Aurélien était totalement muet et ne laisser aucune émotion apparaître sur son visage. Il se moquait bien de tout le reste du monde. Il voulait juste avoir la paix. 

En général il se dépêchait de manger pour retourner aller faire ses devoirs ou même contempler son vieil album photo, ou tout bonnement s'amuser à lancer des sortilèges.  Mais aujourd'hui la directrice dictait quelques mots et il fallait rester jusqu'à la fin. Sa voisine de table faisait exprès d'essayer d'entamer un sujet. Elle lui demandait de lui passer le sel, le poivre, l'eau bref elle essayait de le faire parler pour qu'il s'ouvre un peu plus au monde. Mais il restait de marbre, imperceptible. Malgré les "signes" que sa voisine envoyé, Aurélien ne faisait rien. Il n'aimait pas forcément la solitude c'était juste une carapace qu'il s'était forgé suite à son passé.

Vint le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus: il leur fallut le spectacle.

A table!

Février 2043



C'était une froide journée chargée qui se finissait ce soir-là. Les professeurs nous avaient donné pas mal de devoirs. Ajoutés à ceux que je voulais finir en avance pour ne pas me retrouver totalement dépassée par la masse, je n'avais pas eu beaucoup de temps pour faire autre chose. Bien sûr, je savais que les élèves des années supérieures avaient bien plus de devoirs que moi, je me demandais d'ailleurs comment ils pouvaient réussir à tous gérer, mais ça faisait une longue journée pour une petite fille de douze ans. J'étais donc soulagée quand l'heure du repas fut arrivée. Délaissant avec joie mes parchemins, je descendis à la Grande Salle où se pressaient déjà de nombreux élèves. J'aimais l'ambiance qui y régnait habituellement. Les bavardages, les rires… C'était joyeux, plein de bonne humeur. Un peu, voire très, bruyant certaines fois certes, mais c'était tellement plaisant de voir les autres élèves heureux. En tout cas, moi ça me faisait plaisir. Cependant, si j'aimais cette agitation perpétuelle, je n'étais pas forcément de celles qui aimaient y prendre part. En salle commune je commençais à m'ouvrir aux autres, à être plus naturelle lorsque je parlais avec les Aiglons, mais ailleurs j'avais encore du mal à braver ma timidité. J'avais donc tendance à favoriser le bout de la table pour manger, là où il y avait en temps normal un peu moins de monde. Accompagnée de Lyn, je m'assis non loin d'un Serdys de Première année. Ce garçon m'étonnait. Il était toujours seul dans un coin et ne parlait jamais à personne en salle commune. Je n'étais même pas certaine d'avoir déjà entendu le son de sa voix. J'avais déjà entendu des rumeurs sur lui, selon lesquelles il était asocial ou je ne sais quoi. Je n'y accordais strictement aucun intérêt. La probabilité qu'il le soit réellement et que les autres en soient au courant était faible. Peut-être était-il simplement trop timide ? Il avait l'air triste en tout cas. Le meilleur moyen de savoir de quoi il retournait, c'était de tenter de lui adresser la parole. Je ne faisais ça que très rarement, mais ça m'arrivait de temps à autre parce qu'à mon arrivée j'étais tellement heureuse que quelqu'un me parle, me prête un minimum d'attention, même juste le temps d'un repas. Je n'étais pas très douée pour engager des conversation, aussi essayais-je de le faire parler en lui demandant le sel, puis l'eau. Silence complet de sa part, c'était limite si il m'accordait un regard. C'était… Comment dire… Horripilant ? Oui c'est ça. Je faisais un effort, je tentais de lui faire ouvrir la bouche, mais je n'obtenais rien. *Tu vas pas te décourager tout de suite Solwen quand même, si ? A moins qu'il soit muet ou impoli, si tu lui poses une question, il va être obligé de te répondre.* C'était plus facile à dire, enfin à penser dans le cas présent, qu'à faire. Que lui dire ? Lui demander si les cours l'intéressaient ? Si il n'était pas bavard ça n'allait pas être passionnant comme discussion et ça n'aurait pas grand intérêt, pour lui comme pour moi. Peut-être fallait-il une question un peu plus restreinte ?

- Hum… Est-ce que ça va ?

Question débile bonjour ! Il était évident que ça n'allait pas au vu de sa tête. Mais avec un peu de chance, j'aurais le droit au pourquoi du comment ça n'allait pas. Ou pas. Mais bon, restons optimistes. Ce garçon ne pouvait avoir de problème insoluble. A onze ans, peut être douze, c'était peu probable. Et puis parfois, partager le poids que l'on porte, même avec un inconnu, peut soulager. Pour moi, la parole était ce qui guérissait le mieux le cœur. Lorsque j'avais un problème, j'en parlais presque à chaque fois à Lyn. Parce que même si elle n'avait pas de solution à me proposer, elle était présente pour moi et me soutenait.
Peut-être que parler un peu pourrait faire un peu de bien à ce petit Serdaigle ? Ou pas. Si il n'avait pas envie de parler, il y avait peu de chance que j'arrive à le faire s'ouvrir. Mais au moins j'aurais essayé. Personne ne pourrait me reprocher de n'avoir rien tenté.

"C'est sur l'horizon que je voudrais écrire, pas sur un cahier. J'aimerais qu'on nous apprenne comment toucher le ciel, comment repousser les orages, comment ne plus avoir peur." O. Khayat