Grande salle

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Nid de serpent - Ch.14 vu par la table Poufsouffle

Avant de répondre à ce rp merci de lire ce post explicatif.

04/03/2044


La grande salle était bondée en ce vendredi soir de mars. La plupart des élèves étaient présent pour profiter de la cuisine des elfes du château et célébrer le début d’un nouveau week-end. Un brouhaha, familier pour Ena, s’élevait des quatre tables et lui rappelait à quel point il était bon d’être à Poudlard. Il était un peu plus de vingt heures quand la préfète des jaunes et noirs acheva son repas. Rassasiée, elle se laissa aller à écouter les différentes conversations qui l’entouraient ; beaucoup parlaient encore du dernier match qui avait opposé sa maison à Gryffondor, certains planifiaient déjà des programmes drastiques de révisions et un petit groupe de première année, assises à côté d’elle, se plaignaient de la durée de l’hiver écossais. Tout lui semblait parfait !

Mais, alors qu’elle songeait à se lever pour regagner sa salle commune, un silence pesant tomba sur la grande salle. Après presque six ans passé au château, Ena savait que ce genre de phénomène ne présageait probablement rien de bon. Ses sens en alerte, elle scruta le décor pour s’assurer qu’aucun danger n’avait causé ce soudain silence. Elle repéra vite la source du changement d’ambiance. Un heurtoir en or, un heurtoir...? se répéta t-elle dans sa tête en voyant l’objet gagner la table des professeurs, se déplaçait dans l’allée centrale. Après qu’il se soit arrêté, deux coups sonnèrent à en faire trembler les murs du château ! Le bruit était assourdissant et son effet terrifiant était amplifié par le plafond magique de la grande salle qui changea immédiatement en un amas de nuages noirs et menaçants. Ena tourna brusquement sa tête vers la table des Gryffondor pour voir si sa sœur, Rejane, y était encore. Elle trouva rapidement la tignasse de sa cadette et fut rassurée de voir qu’elle aussi la cherchait du regard et semblait être sur ses gardes. La préfète jeta un rapide coup d’œil à sa table pour voir ses camarades et regarda à nouveau le heurtoir. La directrice s’était levée et se tenait désormais devant le heurtoir. Ena n’avait pas eu besoin du conseil de Kristen Loewy pour empoigner fermement sa baguette et se tenir prête à la sortir mais quand cette dernière dit Toutes baguettes vers ce heurtoir. la préfète dégaina à la vitesse d’un vif d’or.

Au moment où miss Loewy invite on ne sait quoi à « entrer », Ena tourne à nouveau son regard vers sa table, bien plus soucieuse de savoir qui elle a à protéger que contre quoi elle doit les protéger. Elle énumère rapidement le nombre de première et deuxième années et cherche furtivement du regard ses camarades de sixième et septième années. Le heurtoir qui flottait jusque-là se fend en deux et tombe au sol. De l’endroit où se trouve Ena, le dos d’une impressionnante statue apparaît entre elle et la directrice. La jeune fille se tient prête, se déplaçant instinctivement sur sa droite pour se mettre devant le groupe de jeunes filles qui se plaignaient il y a encore si peu de temps de l’hiver. Des mots raisonnent dans la grande salle et semblent provenir de la statue elle-même... DAI HONG DAO, DEUXIÈME-NÉE DES TROIS CALAMITÉS, EST PORTEUSE DE NOUVELLES POUR KRISTEN LOEWY. Le fait que la puissante Kristen Loewy abaisse sa baguette apaisa Ena sans pour autant la rassurer. Cette fois la directrice s’adressa à son interlocutrice et semblait bien décidée à la faire entrer ici, au milieu de la grande salle remplie d’élèves...

Nid de serpent - Ch.14 vu par la table Poufsouffle

4 mars 2044

Lili était très contente que la fin de semaine soit enfin arrivée. En effet, elle avait couru durant toute la semaine et la jeune fille était réellement épuisée. Elle souhaitait passer un vendredi après-midi sans problèmes ni inquiétudes. Cependant, la jeune Poufsouffle n'aurait pas pu imaginer qu'un événement hors du commun allait se produire durant le souper dans la Grande salle.

Ce fut donc le coeur léger que Lili sortit de son dernier cours de la journée. Elle était ensuite allée à la bibliothèque pour travailler, travailler et encore travailler. La jeune fille devait bien remplir ses parchemins, ils n'allaient pas le faire pour elle, à son plus grand désespoir. Plein de devoirs l'attendaient sur une pile, bien sagement rangés sur une table la gigantesque pièce où elle adorait aller. Lili passa donc au moins deux heures sur ses travaux. Après cela, elle était vraiment fatiguée et ne souhaitait qu'une chose, aller se reposer sur sont lit. La jeune Poufsouffle prit donc tous ses cahiers dans ses bras. Sa pile était bancale et elle essayait tant bien que mal de marcher de manière la plus droite possible dans les couloirs avant d'aller dans les dortoirs. Elle y resta un petit moment - en fait, elle n'avait pas vu le temps passer - et remarqua même qu'elle s'était endormie sur son lit. Lili avait même les traces de son oreiller sur la joue gauche.

Elle se dépêcha donc d'aller souper dans la Grande salle. Le repas se passa sans encombre, mais à la toute fin, alors qu'elle voulait aller regagner la salle commune de Poufsouffle, un silence pesant s'installa dans la pièce. La jeune fille ne savait pas ce que cela signifiait, mais elle savait que ce n'était pas de bonne augure. Cela inquiéta un peu Lili puisqu'elle n'était pas habituée à faire face à ce genre de situation. En fait, elle n'en avait jamais vraiment vécu et aurait espérer ne jamais en vivre...

À ce moment, elle vit un heurtoir en or qui remontait l'allée centrale. Lili aurait pu entendre une mouche voler tellement c'était silencieux. Il s'immobilisa enfin devant la table des enseignants. Il frappa deux coups. Mais qu'est-ce que c'est que cela? Que se passe-t-il? se demanda la jeune Poufsouffle. Elle paniquait un peu, mais ne voulait pas que cela paraisse. De toute manière, elle était bien trop hypnotisée par cet objet et ne pouvait faire aucun mouvement. Lili leva la tête vers la voûte et vit des nuages noirs se rassembler. 

Paniquée, Lili chercha quelqu'un du regard. Elle entendit alors la directrice, Miss Loewy, parler. 

- Toutes baguettes vers ce heurtoir. Enfin, que ceux qui ne savent pas viser ou qui sont un peu trop impatients s'abstiennent...

La jeune Poufsouffle ne savait pas quoi faire, mais décida finalement de lever sa baguette d'un mouvement hésitant. Elle n'avait pas gagné l'expérience pour faire face à ce genre d'événement. Cependant, Lili voulait montrer qu'elle était là, avec eux. Ce fut donc à ce moment qu'elle vit également sa préfète, Ena, empoigner sa baguette magique. Bon, ne tremble pas, Lili... Le heurtoir se fendit alors en deux et une statue fit son apparition. Elle dit alors :

- DAI HONG DAO, DEUXIÈME-NÉE DES TROIS CALAMITÉS, EST PORTEUSE DE NOUVELLES POUR KRISTEN LOEWY

Miss Loewy abaissa sa baguette et Lili ainsi que d'autres élèves en firent autant. Cependant, elle avait peur et ne savait pas du tout à quoi s'attendre. C'était la pagaille dans sa tête. La jeune fille ne savait même pas comment réagir à tout cela. C'est vraiment étrange... Qui est cette DAI HONG DAO et qu'est-ce qu'elle veut à Miss Loewy?

Post d'explications et aventure lus!

L’écriture c’est le cœur qui éclate en silence

Nid de serpent - Ch.14 vu par la table Poufsouffle

4 mars 2044
Grande Salle — Poudlard
3ème année


C’est une habitude. S’assoir au plus près de la table des professeurs pour éviter le gros des élèves ; manger tête baissée car les Autres la rendent folle ; lire pour s’occuper. Aujourd’hui, rien n’est différent d’hier. Aelle engouffre mécaniquement sa fourchette dans sa bouche, mâche la viande et avale. De temps en temps, elle boit une rasade de jus de citrouille. Devant elle, un grimoire épais traitant d’un sujet quelconque. La question n’est certes pas de savoir s’il la passionne, car tous les sujets la passionnent. Le bruit autour d’elle ne la dérange pas, mais elle souhaiterait être ailleurs. Elle essaie de manger vite, mais c’est difficile car elle est subjuguée par les mots.

Le silence qui frappe soudainement la Grande Salle l’appelle à lever la tête. Assise face à la table des Serdaigles, elle repère bien vite les regards éberlués et les bouches arrondies. Et quand elle suit la direction qu’ils prennent, Aelle s’habille de la même tête. Son coeur s’arrête de battre à la vue de l’imposant heurtoir qui s’approche d’elle. Son livre oubliée, elle lâche sa fourchette et se penche pour mieux voir. L’objet remonte l’allée et quand il passe tout près, de l’autre côté de la table, elle ne peut s’empêcher de frémir violemment et de sentir son souffle se couper. Comme tous les Autres, elle suit du regard la Chose qui s’arrête devant la Directrice.
Kristen Loewy.
Aelle grimace légèrement, mais si peu. Le silence dans la Grande Salle la rend fébrile, les murmures lui donnent peur ; elle aimerait croire qu’il s’agit d’une nouvelle manifestation des pouvoirs de Poudlard. Puis quand la Chose bouge et fait entendre deux grands coups assourdissants, elle ne croit plus rien du tout : elle se bouche les oreilles, grimace *i’ s’passe quoi ?*, lève la tête pour voir le ciel se couvrir. Son coeur bat bien trop vite.
Elle a bien trop peur.
Elle est bien trop curieuse pour fermer les yeux.
Elle aime bien trop ressentir le tremblement qui la secoue tout au fond d’elle.

Loewy se lève, le regard d’Aelle s’y accroche puis se baisse quand la sorcière sort sa baguette. Le monde est en suspens. Comme si, à cet instant, il avait décidé de ne tourner qu’autour de la femme. Le monde d’Aelle aussi est en suspens ; lui, il n’a rien décidé du tout. Le fait est qu’il tourne autour de Kristen Loewy ; peut-être même qu’il se confond avec elle.

« Toutes baguettes vers ce heurtoir, » dit son Monde. Le reste n’a pas d’importance.

Bien sûr ! se dit Aelle, non pas parce que Loewy, qu’elle regarde bouche bée, l’a dit, mais parce que le danger s’infiltre dans ses veines aux paroles de la femme et que son sang la fouette violemment : sors ta baguette ! lui dit-il. Alors Aelle fourre la main dans la poche de sa cape, frôle le talisman de Zik’, et la ressort, baguette au poing. Elle vise le heurtoir ; son bras tremble.
La tension qui règne dans la Grande Salle la rend fébrile. Sa peau se couvre de frissons, ses épaules tremblent ; mais Aelle ne baisse pas sa garde. Pourtant, quand la Chose se fend et tombe sur le sol de pierre, elle sursaute violemment. *Merde*, pense-t-elle en resserrant la prise sur sa baguette.

Aelle lève les yeux, qu’elle a posé sur les restes du heurtoir. Son coeur manque un battement : une statue de pierre lui montre son dos, apparu de nul part. Malgré sa peur, Aelle tend son cou pour l’apercevoir dans son entièreté. 

« DAI HONG DAO, DEUXIÈME-NÉE DES TROIS CALAMITÉS, EST PORTEUSE DE NOUVELLES POUR KRISTEN LOEWY. »

La voix aurait pu l’effrayer.
Le ton aurait pu la terrifier.
Mais le fait est qu’Aelle retient seulement les trois premiers mots. Et il ne lui faut guère plus d’une seconde pour reconnaître leur provenance. *Chinois*, songe-t-elle aussitôt. Et comme en réaction à un vieux réflexe ancré en elle, Aelle se tend et son visage se tord dans une grimace d’effroi.

Extase

Nid de serpent - Ch.14 vu par la table Poufsouffle

Après une nouvelle journée chargée Jeffrey était bien content de pouvoir recharger les batteries dans la Grande Salle en prenant un bon repas. Comme souvent le deuxième année profitait de ce moment pour retrouver Maddie et ses potes de dortoir. Il régnait dans la pièce une atmosphère détendue, signe que le week-end tant attendu était enfin arrivé. Le jeune Hunter y contribuait en riant de bon cœur et piochant allègrement dans les plats à disposition.

Alors qu'il parlait avec Calum de ses projets pour les deux jours à venir l'atmosphère changea soudainement dans la Grande Salle. Le volume sonore se trouvant soudain étouffé.  Si le jeune anglais s'était habitué à ce fameux plafond magique qui se signalait parfois il n'avait jamais fait quelque chose de semblable. Non, c'était autre chose, quelque chose de nouveau. Jeffrey s'interrompit comme la grande majorité des élèves pour voir ce qu'il se passait. Sa première réaction naturelle fut de regarder celle de Maddie et de Calum en quête d'une explication à tout ceci. Puis le jeune anglais reporta son regard sur sa Préfète Ena qui saurait sûrement, elle. Il fut déconcerté de constater qu'elle aussi ne semblait pas savoir ce qu'il se passait.

Une porte avec un heurtoir s'avançait dans l'allée centrale en direction de la table des professeurs. Jeffrey fut perplexe en voyant cela. Il se passait souvent des phénomènes étranges à Poudlard mais il n'avait encore jamais rien vu de semblable. Alors qu'il s'étirait pour mieux voir ce qu'il se passait, les fesses soulevées légèrement du banc, Jeffrey se recroquevilla de peur et de surprise lorsque le heurtoir frappa par deux fois après s'être immobilisé. Les bruits assourdissants et la voute enchantée soudainement couverte de nuages noirs ne firent rien pour rassurer le jeune Poufsouffle.

Miss Loewy garda quand à elle tout son aplomb et semblait maîtriser ses nerfs mais le fait qu'elle ait sortie sa baguette ne rassura pas bien le deuxième année. Pas plus que les mots qui sortirent de sa bouche ensuite d'une voix forte à l'adresse de toute l'assemblée « Toutes baguettes vers ce heurtoir... ».

Jeffrey ne réagit pas immédiatement, un peu paralysé par la peur. C'était la première fois qu'il se trouvait dans une position pouvant se révéler réellement dangereuse. Le courage ne caractérisait pas en tout premier lieu le garçon… Mais la camaraderie et la loyauté si. A ses côtés se trouvait Maddie, ses amis de dortoirs, ses coéquipiers des Frelons… Il savait pertinemment qu'il ne pourrait pas peser sur la situation mais il se devait de défendre ses amis en faisant de son mieux. Il sortit donc à son tour sa baguette et la pointa fébrilement sur le heurtoir, mais la mine résolue. Quelques secondes plus tard Miss Loewy prononça « Entrez… »

A ces mots Jeffrey crispa un peu plus sa main sur sa baguette tandis que le heurtoir se fendit en deux et tomba au sol. Une statue de pierre se présenta devant la Directrice et dit « DAI HONG DAO, DEUXIÈME-NÉE DES TROIS CALAMITÉS, EST PORTEUSE DE NOUVELLES POUR KRISTEN LOEWY. »

Le terme Calamités ne fit rien pour détendre le jeune anglais. Pourtant Miss Loewy abaissa sa baguette. Devait il en faire autant ? Le nom Dai Hong Dao lui était inconnu mais il avait une sonorité chinoise. Les chinois… Poufsouffle s'était déjà attiré plusieurs fois des ennuis par manque de courtoisie envers eux. D'abord Aelle, puis Gryffs… Hors de question d'être le troisième à se faire remarquer en continuant de se montrer menaçant en pointant sa baguette alors que la Directrice ne le faisait plus. Toujours sur ses gardes, Jeffrey abaissa enfin sa baguette, attendant fébrilement la suite des évènements.

"Plan de table" vu avec Maddie et Calum

Nid de serpent - Ch.14 vu par la table Poufsouffle

Comme à son habitude, Maddie se rendit avec entrain dans la grande salle pour prendre son repas en compagnie de son petit ami et de l’ensemble de ses amis de deuxième année. Les conversations et les rires allaient bon train dans toute la pièce alors que Maddie allait venir à bout de son assiette. C’est alors que d’un coup, les bruits cessèrent. Maddie reposa son verre qu’elle venait de saisir deux secondes plus tôt et tourna le regard dans la même direction que d’autres élèves. Sa bouche s’entrouvrit  lorsqu’elle aperçu un heurtoir remonter l’allée centrale. *C’est quoi ça ?* s’interrogeât la jeune fille alors que l’objet s’immobilisa. Soudain, deux énormes coups retentirent et instantanément les mains de Maddie se crispèrent sur le bois de table.

Le regard de la petite blonde balaya la table des professeurs puis revint sur la directrice. Cette dernière se leva, contourna la table puis se rendit devant la porte. Maddie la trouvait calme et cela la rassura un peu, ses mains pouvaient se détendre et sa bouche se refermer. Cependant, tout un tas de questions lui venaient alors à l’esprit. Qu’allait-il se passer ? Miss Loewy allait-elle ouvrir la porte ? Quelque chose allait-il en surgir ? Étaient-ils tous en danger ?… Cette suite d’interrogations fut d’interrompue par la voix forte de la directrice de l’école :

« Toutes baguettes vers ce heurtoir... »

Maddie ne réfléchit pas et s’exécuta en se levant d’un bond. Elle tenait sa baguette aussi fermement que possible bien que des tremblements la trahissaient et dévoilaient la peur qui s’était emparée à nouveau d’elle. Elle ne savait même pas quel sortilège elle lancerait si l’ordre était donné. Une nouvelle fois la voix de Miss Loewy s’éleva :

« Entrez... »

Maddie retint instantanément sa respiration et se mordit les lèvres. Son regard était fixé sur le heurtoir mais elle ne put s’empêcher de lancer un rapide coup d’œil à Jeffrey avant de ce concentrer à nouveau sur la porte. Le heurtoir se fendit alors en deux et s’échoua au sol dans un bruit sourd. Maddie ne put contrôler un sursaut et se sentit un peu honteuse.

Quelques instants après, une statue de pierre sortit de nulle part et Maddie la regarda avec des yeux ronds et se demandait ce que c’était. Elle obtint rapidement sa réponse :

 « DAI HONG DAO, DEUXIÈME-NÉE DES TROIS CALAMITÉS, EST PORTEUSE DE NOUVELLES POUR KRISTEN LOEWY. »

*Calamités ? ce truc a bien dit Calamités?* s’inquiéta Maddie. Elle vit cependant la directrice abaisser sa baguette, ce qui était plutôt bon signe mais elle ne baissa pas la sienne pour autant, elle en attendait l’ordre ou bien de voir les autres replier le bras. Elle était cependant beaucoup plus détendue et s’autorisait volontiers à regarder autour d’elle alors que la directrice demandait quelles étaient les nouvelles qu’on souhaitait lui porter.

Troisième année RP - Membre de l'A.C.D.C et de Pata-P
Maddie Joy

Nid de serpent - Ch.14 vu par la table Poufsouffle

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◆ ENTRELACS ◆




4 mars 2044
Grande Salle — Poudlard
2ème année


Les murmures des Autres se répercutent dans mon crâne comme tant de piques de verre s’enfonçant dans ma chair. Le bruit fait mal, mal au cœur, mal à l’esprit. Les couverts qui raclent contre les assiettes, les paroles chuchotées ou criées à son voisin, des rumeurs courantes qui me transpercent le cœur. Comment font-ils, tous, pour supporter cela ? Toute cette horreur ? J’ai envie de me rouler en boule par terre, les mains pressées sur les oreilles, et de hurler, de hurler que j’ai mal. Comment Sky fait-il donc pour manger ici ? Je sais qu’il le fait, il me l’a dit ; il vient à la Grande Salle presque à chaque repas, pour manger avec ses deux ou trois amis. Amis. Il en a. Cette seule éventualité me donne envie de vomir : Sky arrive à se faire des amis, et pas moi. Pas moi.
Assise tout au bout de la table, à une des places les plus proches de la porte, je suis éloignée des Autres. Trois, non, quatre places me séparent de mon plus proche voisin. Et un grand livre ouvert occupe la place devant moi, signifiant clairement aux Autres qu’ils ne sont pas les bienvenus ici. De toute manière, le bouquin est bien plus intéressant : il Sait, et il ne cause pas. Je mastique lentement ma viande, grignote machinalement mon pain et goûte du bout des lèvres une variante du jus de citrouille ; définitivement, je ne sais pas pourquoi je suis là. Je n’ai même pas faim, pourquoi, aujourd’hui comme presque chaque midi, n’ai-je pas décidé de rester dans les couloirs, dans le parc ou ailleurs ? *i’ va s’passer un truc*, répond en chantonnant une petite voix dans ma tête. Idiotie ; les repas à la Grande Salle sont monotones, excepté ce bruit d’Autres qui déchire mes oreilles. Pourtant, je sais que si j’ai ramassé le livre que je feuilletais avec attention à la bibliothèque pour venir le déchiffrer ici, au plein cœur de l’agitation, c’est parce que j’avais un pressentiment. Un pressentiment désormais envolé, je crois. *Non*, protesté-je ; un pincement au creux de mon ventre persiste, sans que je ne sache trop pourquoi. Après tout, les nouvelles de Poudlard ne m’intéressent pas : elles ne m’ont jamais intéressé, ce n’est pas aujourd’hui que cela va commencer. Renfrognée, je dévisage mon livre comme si c’était un Autre, et par Circée, il ressemblerait presque à l’un d’eux, incompréhensible comme il est. Ses pages renferment un trésor, comme dans tous les bouquins, mais il se refuse à me le révéler ; buté, borné, comment un simple objet peut-il être comme cela ? Ce n’est que des morceaux de parchemins assemblés, un tour de magie, et bam ! un bouquin, alors comment peut-il avoir une fichue âme qui m’interdit de le comprendre ? Si je le déchire, ça ne changera rien à son Savoir, si j’arrache une page, de même. Pourtant, je ne comprends rien. Le livre m’intéresse, tout en lui m’intéresse, mais les lettres ne veulent pas s’aligner pour former des mots puis des phrases. Rien. Tout à l’heure, à la bibliothèque, dans le calme des rayonnages, j’y arrivais ; je suis sûre que ce sont les Autres qui m’empêchent de me concentrer. Oui, les Autres et leurs murmures incess-

*I’ font plus d’bruit ?* ; le silence me frappe. Plus puissant que le boucan l’ayant précédé, le silence me fout un grand coup dans le ventre et me coupe le souffle.
Mon regard reste fixé sur le bouquin, et soudain, les syllabes s’alignent pour trouver un sens ; mais le ah, oui ! victorieux qui aurait pu se pointer sur mes lèvres est étouffé par cette Absence. À la place, ma bouche reste entrouverte, mes lèvres éloignées comme dans l’incapacité de se retrouver de nouveau, figées dans l’ellipse d’un Monde qui ne tourne plus. Alors mon regard continue de voguer sur la page, mais sans s’accrocher aux mots ; il ne s’accroche plus à rien, dans ce Monde figé ayant coupé toute attache. Il me semble, soudain, que ma tête est plus lourde que jamais, mais je réfrène cette pensée car je sais qu’elle a déjà été bien plus lourde. Non, aujourd’hui, ma tête est seulement beaucoup trop lourde pour une si petite fille, mais je parviens tout de même à braver cette masse incommensurable pour relever mon visage vers l’allée qui me fait face : celle du milieu, la plus large.

Une Chose remonte l’allée centrale.
Une Chose dorée ; une Chose en or.
Une Chose à la composition particulière qui tord mon cœur pour le nouer dans une position plus qu’inconfortable. Deux serpents. Mon cerveau habitué aux animaux fouille quelques instants avant de ressortir leur exacte espèce : deux couleuvres. Entremêlées. Pourquoi me font-elles si peur, ces deux couleuvres ?
Peut-être car il en émane, d’après moi, une sorte d’aura maléfique. Qui, oui, me rappelle d’autres moments, des moments de début d’année.

Je suis terrifiée. Certes. Mon palpitant ne bat plus, stoppé dans sa course en même temps que le Monde s’est fait figer. Entre les bancs, les élèves immobiles ne font pas un bruit ; la Chose, peu importe son nom, aura réussi à faire taire les Autres. Et je retiens mon souffle, longtemps, sans inspirer, sans expirer. Jusqu’à ce que la Chose produise un bruit. Deux bruits. Qui retentissent dans la Salle ; des battements, des cognements. J’aimerais me boucher les oreilles, me soustraire à cette calamité, mais je ne peux que rester figée avec ce Monde et lever le regard vers le faux-Ciel qui se couvre, vers les tourbillons sombres qui se mêlent dans la voûte. Et mon souffle reprend, court et rauque. Quelqu’un a frappé à une porte invisible, je crois. Une porte invisible. Un Portail ?
Ma main tremble doucement mais je plante mon regard sur le heurtoir. Le heurtoir qui s’est arrêté devant la table des professeurs. Devant Loewy. Bien sûr. La Grande Force se lève, pointe sa baguette, et je bois chacun de ses mouvements car, au fond de moi, je sais qu’ils sont ceux d’une Mage, une Mage puissante.
J’ai trop peur pour bouger, mais je suis trop exaltée pour fermer les yeux. Je suis heureuse, aussi. Emplie d’une joie de gamine : quelque chose se passe, là, immédiatement. C’est important, je le sais très bien.

« Toutes baguettes vers ce heurtoir, » déclare Loewy de sa voix toute-puissante. Cette voix qui pénètre jusqu’au plus profond de mon Être et fait que, plus vite que l’éclair, je dégaine la baguette dissimulée dans ma poche et dont je savourais la présence dès le début. Au loin, à la table des Rouges et Ors, j’entends un grand donner des instructions aux plus jeunes, mais je ne sais pas ce qu’il dit. De toute manière, mon attention est concentrée sur la table des professeurs. Pas sur le heurtoir ; sur Loewy. Pour voir comment elle réagit. En cet instant, tout tourne autour d’elle. De ses paroles, de ses actes, de ses Choix. Moi, j’observe. Et, silencieusement, j’apprends.

« Entrez. »

Elle a parlé. Une faille semble se créer dans l’air, et je pointe d’autant plus fermement ma baguette vers la Chose. *Immobulus... Diffindo... Incendio... Expelliarmus...* ; les formules volent dans ma tête, mais j’ai l’impression que les plus importantes m’échappent et surtout, surtout, que je ne saurais pas les réaliser au bon moment. De toute manière, ce que la Chose fera surgir sera trop puissant pour moi ; je le sais pertinemment. Tout comme je sais qu’être là ne servira à rien, mais que je dois être forte.
Pourtant, quand le heurtoir-Chose se fend en deux et retombe au sol, ma main tremble doucement. Puis je me reprends et concentre ma Sœur-de-Bois sur l’autre Chose qui vient soudainement d’apparaitre. Une Chose-de-pierre, une statue comme on en trouve au Château, mais bien plus terrifiante. Je renifle avec peine, sens ma peau me brûler et mes joues rougir doucement de peur. Et je suis incapable, cette fois, d’empêcher mes membres de trembler puissamment lorsque la Chose-de-pierre prend la parole :

« DAI HONG DAO, DEUXIÈME-NÉE DES TROIS CALAMITÉS, EST PORTEUSE DE NOUVELLES POUR KRISTEN LOEWY. »

Je crois que je devrais avoir peur.
Je crois que je pourrais avoir peur.
Je crois que, sous le poids de cette voix, ma mâchoire devrait se décrocher et je devrais lâcher ma baguette.
Pourtant, je suis incapable d’avoir peur. Incapable de faire autre chose que de me raccrocher à ma Sœur-de-Bois. Car je suis captivée par cette voix de tonnerre, exaltée par cette annonce qui devrait me faire frémir jusqu’au plus profond de mon Être. Je ne peux pas faire autre chose qu’esquisser un sourire mi-forcé mi-joyeux, un sourire de gamine qui a peur sans avoir peur et qui veut savoir la suite.
Parce que la sonorité du Nom ne me laisse aucun doute possible. Les Chinois. Qui ? Qui vient, ou, qui revient ? Au fond de moi, je m’en fiche complètement. *Chu-Jung, Mei, Qiong*, répète mon esprit sans pouvoir créer une autre pensée. Pourtant, mon cœur se retrouve emprisonné dans un étau de fer quand je découvre que je ne suis pas sûre de ce que cette annonce provoque en moi. Oui, je ne sais pas si je vais me réjouir de leur retour, ou exploser de colère et de peur. Je crois... je crois que cette fois, chercher la réponse est véritablement au delà de mes forces.

Comme une Poupée Russe abandonnée qui retrouve sa Moitié.

Nid de serpent - Ch.14 vu par la table Poufsouffle

Comme si l’apparition impromptue d’un heurtoir au milieu de la grande salle n’était pas assez anormal, il fallait qu’il en sorte une gigantesque statue annonçant la visite d’une calamité... Ena restait aux aguets, sa baguette bien en main, et se préoccupait de plus en plus de la sécurité de tous les enfants présents. Il en fallait peu habituellement pour qu’Ena s’inquiète de la sécurité des uns et des autres, on ne le refera pas, mais la tension palpable lui donnait, pour une fois, raison. Elle regarda à nouveau sa table ; imaginer ses amis, sa famille, en danger lui nouait le ventre. Elle était capable de se transformer en une véritable lionne pour défendre celles et ceux qui comptaient sur elle.

Elle avala cependant sa salive, de stupeur, lorsque deux créatures pénétrèrent dans la grande salle. La préfète ne voyait pas leurs têtes mais fut frappée, dans un premier temps, d’apercevoir deux grandes queues au pelage blanc comme la neige danser sur l’arrière train de chacune des bêtes. Les créatures avaient l’allure de tigres mais n’en étaient pas. En témoignaient les deux énormes dents aussi grandes que des épées qui dépassaient de leurs gueules ainsi que le bleu étoilé de leurs yeux qu’Ena pu apercevoir lorsqu’il tournèrent autour de l’endroit d’où la statue était sortie. L’une des deux bêtes grogna et plusieurs élèves de Serdaigle et de Poufsouffle sursautèrent. S’en était trop pour Ena ! Elle pensa que la directrice était folle d’avoir invité ce je ne sais qui à entrer dans la grande salle bondée d’un vendredi soir... Quelques élèves gardaient leurs baguettes en joue alors que d’autres les avaient baissé, soit parce qu’ils vouaient à miss Loewy une confiance sans faille soit parce qu’ils avaient compris que si une de ces bêtes décidait subitement d’attaquer, leur baguette ne serait pas d’une grande utilité pensa Ena.

« Tathya, Santih ! » Une voix qui semble provenir de ce qu’Ena pense être une faille, calme les deux créatures. Sa théorie semble correcte puisque de nouveau, deux silhouettes apparaissent par magie au milieu de la grande salle. Une femme au cheveux gris, tatouée sur l’ensemble des bras et entièrement vêtue de noir se tient devant... Serait-ce... Ena ne voit pas le visage de la plus petite femme des deux mais l’agitation qui semble provenir de ceux qui la voit confirmerait l’intuition de la préfète. La femme en noire s’adresse alors à la directrice dans un anglais assez juste mais pas assez fort pour que la sixième année puisse entendre son message. Pourtant, alors que la plus petite s’apprête visiblement à parler, le silence semble regagner les tables de la salle. Ena entend même le moindre petit sanglot qui parvient de la jeune fille. Sans s’en rendre compte, Ena a finalement abaissé sa baguette et accepté l’idée que la directrice savait ce qu’elle faisait ; elle est attaché au silence de l’instant, comme tous les élèves, attendant qu’un mot ou une phrase viennent ponctuer les sanglots de la jeune femme. « Biao Xixia a été exécuté. Mon grand-père n'est plus de ce monde... ». Ena pèse le poids des mots. L’identité de la jeune femme confirmée, elle ne comprends que mieux de la voir s’effondrer contre la femme en noir. Qu’est-ce que cela impliquait ? Enfin, qu’est-ce que cela implique pour Poudlard, se rectifia Ena...

Miss Loewy fini par briser le silence qui se faisait de plus en plus lourd. « Je suis désolée. Peut-être pourrions-nous en parler en privé ? Vous pourrez ensuite rejoindre les élèves pour partager un moment avec eux, si le cœur vous en dit. ». Mais celle qui se faisait appeler calamité continua de discuter avec la directrice et Ena ne parvînt pas à entendre ce qu’elles se disaient. Puis Qiong s’en alla...! Aussi vite qu’elle était apparue. Ena ne savait plus où se mettre, elle était persuadée que les élèves et elle-même n’auraient pas dû assister à cette scène. Plus l’échange se prolongeait plus l’inconfort d’Ena grandissait. Pour couronner le tout, les deux créatures qui répondaient aux noms de Santih et Tathya s’allongèrent aux pieds de la calamité, laissant ainsi supposer à la préfète que l’échange pourrait encore durer un bon moment...

Nid de serpent - Ch.14 vu par la table Poufsouffle

Maddie pointait toujours sa baguette en direction de la « porte » alors que la question de Miss Loewy restait encore sans réponse. Aucun mot, rien, mais d’un coup, deux créatures sortirent de la faille invisible. La deuxième année, impressionnée et terrifiée, entrouvrit la bouche. Elles se montrèrent menaçantes. L’une d’entre elle remontait même l’allée et montra les crocs dans sa direction, tout près d’elle. Maddie ne bougea pas. Son seul mouvement fut ses yeux qui se dirigèrent vers Jeffrey, alors que sa tête, elle, demeurait fixe. Elle savait qu’il fallait qu’elle abaisse sa baguette mais elle se demandait également si elle n’allait pas se faire attaquer en faisant le moindre mouvement. Elle ne fit donc strictement rien, incapable d’agir. Les bêtes furent rappeler à l’ordre par une voix venue d’ailleurs, le supplice de la petite blonde prit alors fin. Cette fois-ci elle descendit le bras pour le positionner le long de son corps tout en gardant sa baguette en main. Des larmes lui montèrent aux yeux, elle n’avait jamais eu si peur de sa vie.

Cependant, l’arrivée de deux personnes suscitèrent assez sa curiosité pour que les larmes ne se mettent pas à rouler le long de ses joues. *Qui c'est ?*, *C’est quoi ces trucs noirs qui sortent du sol ?* Maddie ne trouvait pas de réponse à ses questions. Elle ne parvenaient pas à voir les visages. Seulement les chevelures et une oreille et un morceau de joue. C’était insuffisant. Il y avait bien les nombreux tatouages sur l’un d’eux mais cela ne l’avançait à rien.

Au vu des sons qui s’élevaient, elle remarqua tout de suite que les élèves situés au premier rang, eux, savaient quelque chose qu’elle ignorait. *Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?* pensa la petite blonde qui s’impatientait. Quelque chose lui échappait et elle n’aimait pas cela. Elle fronça alors les sourcils et se pencha sur le côté en espérant mieux voir les visages mais c’était peine perdue. La personne tatouée ne lui disait absolument rien alors que la deuxième, elle, était beaucoup trop resserrée contre la première pour qu’elle puisse voir quoi que ce soit. Elle se concentra donc sur le sens qui lui serait le plus utile : l’ouïe.

*Des pleurs ?* ce constat entraîna instantanément une moue sur son visage. D’une voix déchirante, la plus petite des personnes annonça l’exécution de Bao Xixia en le désignant comme étant son grand-père. Maddie ouvrit la bouche en grand et se tourna vers ses camarades. Là elle savait de qui ils parlaient et que c’était Qiong qui pleurait. C’était vraiment une visite des plus sérieuses et une conversation auxquels les élèves n’avaient pas à assister. Maddie se sentit gênée sur le coup.

La directrice proposa que la conversation se déroule en privée et la petite blonde était bien d’accord avec cela bien que sa curiosité prenait, comme d'habitude, le dessus. Elle avait envie d’en savoir plus sur cette affaire. Le mot « exécution » avait été prononcé, ce n’était pas anodin. Qui aurait pu vouloir sa mort ? Étaient-ils en danger ?

Une fois de plus Maddie se concentra sur les paroles échangées. L’adulte semblait totalement ignorer la proposition de la directrice et ne semblait pas impressionnée par elle. Maddie était totalement surprise par cette attitude voir même choquée, pour elle, la directrice de son école était crainte de tous. Apparemment non. L’ensemble de la conversation l’étonna. *Ouah, elle a encore des choses à apprendre* *Des ennemis ?* Cela ne lui disait rien qui vaille. Cependant, la conversation suivit son court et la petite blonde ne comprenait désormais plus rien. Les noms d’écoles à l'autre bout du monde, l’évocation de personnes dont elle n’avait jamais entendu parler faisait que petit à petit elle décrochait et commençait à trouver le temps long. C’était apparemment aussi le cas des créatures qui s’allongèrent sur le sol de la grande salle. Maddie eut un petit sourire et se dit qu’elle aussi aimerait bien aller se coucher.

Troisième année RP - Membre de l'A.C.D.C et de Pata-P
Maddie Joy

Nid de serpent - Ch.14 vu par la table Poufsouffle

Lili ne comprenait plus ce qui se passait. Elle tremblait comme une feuille. Bien que sa baguette soit baissée, la jeune fille se sentait toujours un peu en danger. Cela n'était pas arrivé depuis qu'elle était à Poudlard. La jeune Poufsouffle trouvait cela vraiment bizarre et espérait qu'il ne se passe rien de grave. Elle regarda autour d'elle et vit beaucoup de visages apeurés. Ce n'était pas rassurant du tout. La première année voulait se concentrer sur la directrice, mais ses yeux se promenaient un peu pour regarder toute la salle. Elle vivait à Poudlard depuis septembre, mais n'avait que peu souvent l'occasion d'observer la beauté de l'école. Quand elle le faisait, c'était généralement quant elle était mélancolique ou inquiète. Comme en ce moment. 

Le plancher, les cadres, les bougies, les tables. Tout était grandiose dans cette magnifique école. Tout. Chaque élève arborait les couleurs de sa maison, ce qui rendit Lili encore plus fière qu'elle ne l'était déjà. Oui, elle était fière de faire partie des élèves de Poudlard et se sentait chanceuse. Cependant, elle était encore plus fière d'être un Poufsouffle. Parce qu'elle adorait cette maison, parce que son père l'était également. Enfin, elle reporta son attention sur ce qui se passait dans la Grande salle et sursauta. Des tigres, ou des bêtes comme ça, arrivèrent dans la pièce. Mais... Qu'est-ce qu'ils font là? Hein?!?!? Lili ne comprenait absolument plus rien. Mais vraiment rien. L'une d'elles gronda. Lili poussa donc un petit cri discret, tout de même. 

- AHHHHHHHHHHHHH

Enfin, elle pensait qu'il était discret, mais pas tant que cela, finalement. Elle eut la honte de sa vie. Tout le monde était pétrifié donc avec un petit peu de chance, personne ne l'avait entendue. Pourquoi Miss Loewy les a-t-elle invité à rentrer? Ils vont nous tuer, c'est sûr!

- Tathya, Santih !

Qui est-ce? Et d'abord, est-ce que c'est réellement une personne ou euh...? C'est un nom asiatique, en fait? Lili pensait trop, mais elle ne pouvait absolument pas s'en empêcher. Deux silhouettes apparurent donc dans la Grande salle et Lili ne les connaissait pas du tout. Cela n'était vraiment pas rassurant. Il y avait une femme aux cheveux gris tatouée et une autre. 

- Biao Xixia a été exécuté. Mon grand-père n'est plus de ce monde...

Mais c'est qui enfin? Je déteste ne pas savoir!! On dirait que les plus vieux savent par contre... Dis comme cela, c’est comme si j’avais dû arriver à Poudlard plus tôt pour savoir qui c'était. La jeune fille voulait avoir une réponse à ses questions, mais elles étaient difficiles à obtenir. Tout le monde était soit obnubilé, soit apeuré. Elle n’eut pas le temps de dire un mot que Miss Loewy prit la parole.

- Je suis désolée. Peut-être pourrions-nous en parler en privé ? Vous pourrez ensuite rejoindre les élèves pour partager un moment avec eux, si le cœur vous en dit.

Au moins, elle invitait cordialement la personne à parler avec elle, ce qui signifiait que les étrangères n'étaient peut-être pas de mauvaises personnes. Enfin, si Miss Loewy avait ressenti du danger, elle ne les aurait probablement pas invitées de la sorte, c’était sûr. Cela n’empêcha tout de même pas Lili de se poser plein de questions et elle sentit le besoin de toutes les demander à voix haute, comme elle le faisait généralement. Elle parlait à tout le monde, mais personne en même temps.

- Pourquoi finalement, la directrice les invite? Est-ce qu’elles sont des ennemies ou des alliées? Et c’est qui elles en fait? Je n’en ai jamais entendu parlé. Ai-je l’air idiote en disant cela ou non? J'espère juste qu’elles ne sont pas déjà venues à l’école cette année et que je ne m’en souviens même pas!! 

La jeune fille paniquait un peu, non pas sans raison. Elle voulait réellement avoir des réponses à des questions et si Lili sentait que personne ne l’écoutait, elle pouvait se fâcher et disons simplement qu’elle n’était pas magnifique à voir dans cet état. Maintenant, à voir si quelqu’un allait avoir la gentillesse de lui expliquer ou non. Peut-être qu’un deuxième année pourrait l’aider? Elle ne savait pas à qui demander et c’était à ce moment qu’elle se sentait très, trop jeune. 

L’écriture c’est le cœur qui éclate en silence

Nid de serpent - Ch.14 vu par la table Poufsouffle

Pour toute réponse à la question de Miss Loewy ce fut un long silence, pesant. Jeffrey se sentait encore peu rassuré et l'arrivée soudaine de deux "tigres" à la fois beaux et effrayants fit sursauter le deuxième année. Passé cette surprise le jeune anglais les contempla avec fascination, son attrait pour les créatures magiques prenant le dessus. Il n'avait jamais vu de tels animaux et fut surpris de voir la présence de deux queues et de magnifiques yeux améthyste et scintillants, contrastant avec leur pelage blanc. Tandis qu'il les contemplait l'un d'eux montra les crocs en direction de la table des Poufsouffle, visiblement peu enclin à se laisser menacer par les baguettes pointées sur lui.

Très tendu Jeffrey regarda Maddie qui conservait le bras raide et pointé vers l'animal. « Qu'est c'qui t'prend ?! Baisse ça ! » marmonna le garçon entre ses dents, sans doute avec beaucoup plus de dureté qu'il ne l'aurait voulu. Après un temps qui lui parut interminable durant lequel le Poufsouffle était en apnée, omnibulé par les crocs de l'animal, sa petite amie s'exécuta enfin. Jeffrey poussa un soupir de soulagement de courte durée. Il constata en effet que Maddie avait les yeux embués... Avait elle eu peur comme lui ? Était ce son ton cinglant qu'elle avait mal pris ?

Au moment où il voulut en avoir le cœur net en le lui demandant il fut interrompu dans son élan par l'arrivée de deux personnes : une adulte, suivie d'une enfant qui était vaguement familière au garçon. Était-ce... Qiong ? Quand il la vit passer devant lui pour rejoindre Miss Loewy, cachée derrière l'adulte, il la reconnut nettement. Elle semblait être en plein désarroi... Mais le jeune anglais fut aussi happé par autre chose. L'adulte, sans doute cette Dai Hong Dao, laissait apparaitre temporairement sous chacun de ses pas une herbe noire. L'aura de puissance qui se dégageait de la sorcière, couplée au fait qu'elle soit annoncée comme une Calamité crispa à nouveau le garçon. Il reporta son attention sur la Directrice mais celle-ci se maîtrisait parfaitement, du moins en apparence. Jeffrey tendit l'oreille, se disant que la rencontre entre les deux femmes pourrait faire des étincelles.

Contre toute attente ce fut finalement Qiong, en larmes, qui parla. Son annonce fut un coup de tonnerre pour le Poufsouffle. « Biao Xixia a été exécuté. Mon grand-père n'est plus de ce monde... »... Le premier réflexe de Jeffrey fut malgré lui de plaquer sa main sur sa bouche. Avant de murmurer « C'est impossible... »... Immédiatement le garçon revit en souvenir les images du Doyen à l'œuvre lors de la troisième épreuve. Comment un tel sorcier, si puissant et vif, capable de se doter magiquement d'une armure en écaille de dragons pouvait il être mort ? Plus que sa mort c'est le mot exécuté qui choqua le jeune anglais. Ce qui laissait présager que ce sorcier incroyable avait été dominé et tué comme un vulnérable insecte, du moins dans l'esprit du jeune garçon. La tête ailleurs Jeffrey ne suivait pas la suite des évènements, ses pensées entièrement tournées vers la mort du Doyen...

Nid de serpent - Ch.14 vu par la table Poufsouffle

*Si Chu-Jung met un pied ici*, pense-t-elle en observant Loewy baisser sa baguette — mais sans pour autant faire de même —, *j’crève !*. Cette pensée viscérale n’a pas à être discuté ; Aelle ne doute pas de sa véracité. Sa peur est si grande qu’elle ne s’en fait même plus de voir son bras trembler. Elle vise la statue du bout de sa baguette et le monde s’efface autour d’elle. Elle bouge à peine les yeux quand Loewy prend la parole, s’adressant à la statue comme elle pourrait s’adresser à n’importe quel être humain.
Aelle est fébrile. Elle a hâte, elle a peur, elle craint. Elle veut des réponses et elle n’en veut pas. Si elle avait le choix, elle se lèverait pour s’en aller loin d’ici. Il est toujours plus facile d’ignorer ce qui fait mal. Mais elle ne peut pas bouger, car la terreur l’en empêche ; elle n’en a que peu faire que Loewy ait baissé son arme et que les Autres autour d’elle l’aient également fait. Aelle a peur et que Merlin en soit témoin, elle ne baissera jamais sa baguette tant que toute trace chinoise n’aura pas disparu de ce fichu château !
Pendant que le silence s’étire, la patience d’Aelle s’effrite ; son ventre se tord si fort qu’il lui fait mal. Elle a tout juste le temps de déglutir, son esprit habité du visage du jeune garçon chinois qu’elle craint, avant que ne sortent de rien du tout deux grosses bêtes blanches. Aelle glapit, comme bien d’autres, et son bras flanche avant qu’elle ne le lève de nouveau, cette fois-ci en direction des tigres.

*Merlin !*, s’étouffe-t-elle. Ses yeux ne sauraient être plus écarquillés et son ventre plus crispé. Pourtant, elle sait déjà quel sort beugler si les bestioles s’approchent ; sort qu’elle manque effectivement de beugler quand un grognement menaçant sort de la gorge de l’un des tigres. Aelle, comme ceux qui sont face à elle, sursaute et bouscule la vaisselle en voulant s’éloigner. Elle jette à peine un regard à l’Autre sur sa droite dans lequel elle vient de s’enfoncer pitoyablement. Son coeur s’ébat follement ; elle a l’impression de perdre pied. Elle ne parvient à détourner ses yeux des bestioles, même quand ils se calment, même quand une silhouette apparaît à l’orée de son regard.

Il n’y a guère que les murmures de ses camarades pour la forcer à tourner la tête.
*Oh… Merlin…*
Son bras s’échoue sur la table, son poing se relâche.
Le souffle coupé, Aelle reconnait Qiong. L’Aveugle ; elle ne peut oublier aucun de ses profils.

« Pas elle…, » murmure-t-elle sans avoir la force de crier comme elle aurait aimé le faire.

Car dans son crâne, elle hurle. Elle hurle si fort que les conversations se brouillent et que ses yeux ne voient plus que la jeune chinoise.
*J’espère qu’Charlie la voit pas*
Elle meurt d’envie de se retourner pour voir si Elle est quelque part ; elle n’en a pas la force. Sa gorge se gonfle d’un quelque chose de désagréable qui lui donne envie de pleurer. Mais ses yeux restent secs.

La seule chose qu’elle parvient à entendre, c’est la voix de l’Aveugle qui lui tord le coeur.
Mais Aelle, elle s’en fout de la mort d’un vieillard qui a participé à son exclusion. Aelle, elle s’en fout de la tristesse de la gamine. Tout ce qu’elle veut Aelle, c’est que la chinoise disparaisse et arrête de la torturer. Car son coeur qui se meurt, son ventre qui la tiraille, les souvenirs qui l’envahissent sont une torture et elle a envie de vomir. Vomir pour ne pas gueuler sa colère, vomir pour ne pas sentir plus longtemps la jalousie qui manque de la faire chialer.
*’faut pas qu’Charlie la voit !*
Si elle ne parvient pas à détourner les yeux, ce n’est pourtant pas l’envie qui lui manque. Elle donnerait tout ce qu’elle a pour ne pas avoir l’Autre chinoise sous les yeux.

Le visage d’Aelle s’est transformée en une grimace qui oscille entre le dégoût, la peur et la rage. Son poing est baissé sur la table, mais il serre sa baguette si fort qu’il en tremble.

« Vous pourrez ensuite rejoindre les élèves pour partager un moment avec eux, dit Loewy à la chinoise, si le cœur vous en dit. »

A ces mots, Aelle se redresse légèrement. « Oh non, non, non ! » murmure-t-elle, le coeur en proie à la peur. *Si Qiong s’ramène* se dit-elle *j’crève !*. Mais la femme l’accompagnant semble d’un tout autre avis. Aelle lève pour la première fois des yeux papillonnant sur elle, s’efforçant de ne pas s’en détourner. La grande femme à la chevelure grise est imposante ; c’est un peu une Loewy chinoise, décide-t-elle, et ce constat ne lui plait guère.

S’en suit un échange nébuleux entre les deux Grandes. Aelle, elle regarde l’Aveugle qui se serre contre l’adulte et elle essaie d’oublier que son coeur est en train de mourir d’effroi. Elle essaie d’oublier qu’une envie presque dérangeante la chatouille ; celle qui la forcerait presque à se retourner pour fouiller la table des Gryffondor à la recherche de Charlie.
Mais elle s’accroche à la scène qui se déroule devant elle.
Et à la crainte de louper une arrivée soudaine d’un nouveau visiteur ; *Pas Chu-Jung, Merlin…*.
Mais rien n’arrive et son regard danse entre Loewy et l’autre chinoise adulte.

« Mei m’attend pour l’entraînement, » intervient l’Aveugle, faisant mourir son coeur. Aelle la fusille du regard, la colère se battant avec la jalousie. Elles ne cessent de la tirailler qu’au moment où la petite chinoise disparaît de la Grande Salle.

Le soulagement se répand dans les veines d’Aelle lorsqu’elle comprend qu’aucun autre chinois ne fera son apparition ce soir. Elle se détend légèrement et, soudainement, sans même avoir décidé de son geste, elle se retourne vers la table des Rouges ; elle a tout juste le temps de la fouiller du regard qu’elle se détourne, le coeur battant. Elle n’a pas aperçu Charlie ; ou peut-être n’a-t-elle pas voulu la voir.

Aelle lève un regard brumeux sur la scène qui se déroule devant elle. Elle a vaguement conscience des voix qui s’élèvent autour d’elle et qui chuchotent malgré la gravité du moment. Son coeur à elle est trop bruyant pour qu’elle s’y intéresse.
Son regard s’accroche à Loewy et ne bouge plus.
La suite se déroule dans un brouillard. Il se passe des choses importantes ici, des choses essentielles. Pourtant, il ne se passe qu’une chose dans la tête d’Aelle : la crainte, la honte, les souvenirs. C’était il y a plus d’un an, mais ces fichus souvenirs lui font mal comme si c’était hier. Elle n’arrive pas à s’extirper de l’emprise glaciale qu’a créé l’arrivée de Qiong. Elle sent la peine et la panique monter le long de son corps et se loger dans sa gorge.

Respirer est difficile désormais, mais Aelle ne réagit pas : personne n’en a rien à faire de toute façon.

Dernière modification par Aelle Bristyle le 2 août 2019, 18 h 20, modifié 1 fois.

Extase

Nid de serpent - Ch.14 vu par la table Poufsouffle

Ma fourchette faisant des allers-retours entre mon assiette et ma bouche, je participe activement aux discussions de la table Poufsouffle, en ce dîner du vendredi quatre mars. C’est le début du week-end, et je ne suis pas mécontente de pouvoir me reposer un peu. Mon programme pour ce soir n’est pas bien compliqué : lecture à volonté !

Ayant terminé mon plat, je passe au dessert en me servant copieusement. Les températures encore froides de ce début de mois me donnent plus faim qu’à l’accoutumée. Je ris à une remarque d’un de mes camarades de maison, puis me saisis de ma cuillère et entame la part de gâteau.

Lorsque je relève les yeux pour répondre à Ellanaelle, assise en face de moi, ma cuillère arrête subitement son trajet et reste suspendue dans les airs. Juste derrière elle, un… truc doré est en train de traverser la Grande Salle. Perplexe - il se passe des choses étranges à Poudlard, mais celle-ci me semble moins banale -, je jette un regard à droite, puis à gauche. Le bruit ambiant qui diminue rapidement me confirme mon impression.

Lentement, je repose mon couvert en lançant des regards inquiets autour de moi. L’objet en or continue son chemin, avant de s’arrêter devant la table des professeurs. J’observe d’un œil inquiet la Directrice, Miss Loewy, pour tenter de déterminer si la chose vient en amie ou non.

Soudain, celle-ci se met à bouger, et deux coups tonitruants retentissent dans l’immense salle, dont le plafond s’assombrit. Le dos vouté et la tête rentrée dans les épaules, je suis maintenant apeurée pour de bon. De plus, la déclaration de la Directrice ne me rassure pas le moins du monde :


« Toutes baguettes vers ce heurtoir. »

Les mains tremblantes, je m’exécute, en me disant intérieurement que je ne m’en servirai pas. De toute façon, même si j’avais connu des sorts utiles dans cette situation, j’aurais eu bien du mal à les utiliser.

L’objet doré se scinde en deux parties, qui tombent au sol, m’arrachant un sursaut. Puis, une statue apparaît - comme si elle passait une porte - à l’endroit où il se trouvait quelques instants plus tôt. Une voix s’élève, comme provenant de la figure de pierre :


« DAI HONG DAO, DEUXIÈME-NÉE DES TROIS CALAMITÉS, EST PORTEUSE DE NOUVELLES POUR KRISTEN LOEWY. »

Le nom m’est inconnu, et si le sens exact du mot calamité m’échappe, j’ai tout de même un doute sur sa signification. Et cela ne me dit rien qui vaille. Pourtant, Miss Loewy baisse sa baguette. Hésitante, je finis par faire de même - je ne suis pas d’une grande utilité ici.

C’est alors qu’après un silence d’une longueur insoutenable, deux tigres étranges apparaissent aux côtés de la statue. Leurs dents immenses et leurs deux queues me font me demander un instant à quelle espèce ils appartiennent, mais je reviens bien vite à la réalité : je ne saurais pas dire si je les trouve majestueux ou s’ils me font incroyablement peur. Un peu des deux, peut-être.

L’un deux s’approche des tables bleue et jaune, les crocs découverts, et je regarde les élèves assis là avec de la panique dans les yeux.


« Tathya, Santih ! »

À ces mots, un pied entre dans la salle de la même manière que la statue et les tigres, semant des herbes sombres tout autour de lui. Mes yeux vont des tigres, qui se sont calmés, à la nouvelle venue. Son visage - tourné de l’autre côté, de toute façon - me semble inconnu, et je ne crois pas qu’elle faisait partie de la délégation de Zhuangyán. Je remarque alors une deuxième personne auprès d’elle, tandis que des murmures s’élèvent tout autour de moi. Elle, elle y était, par contre. Chi… Qiong, je crois ? Je ne suis plus sûre de son nom.

Les yeux rivés sur ce qui est en train de ce passer, j’en oublie presque la panique qui me gagnait quelques instant plus tôt, le heurtoir, la statue et les tigres. Qu’est-ce qu’elles font là ? Les paroles de la première arrivée ne sont pas assez fortes pour qu’elles arrivent à mes oreilles, mais je parviens tout de même à capter le mot ”annoncer”. Tous les élèves de la Grande Salle s’étant unanimement tus, je peux entendre la suite, prononcée par la fillette :


« Biao Xixia a été exécuté. Mon grand-père n'est plus de ce monde… »

Je regarde autour de moi, guettant les réactions, tandis que Qiong se met à pleurer. Cette personne, c’était le directeur de l’école chinoise, c’est ça ? Même si je ne l’ai pas beaucoup vu, il m’impressionnait beaucoup et avait l’air très puissant à mes yeux. Comment a-t-il pu être tué ? Le sens du mot ”exécuté” me semble tellement définitif, tout à coup…

Mes yeux reviennent à Miss Loewy, qui déclare simplement :


« Je suis désolée. »

Les deux adultes continuent à parler l’une à l’autre, alors que je décroche en partie de la conversation. Je ne suis pas directement concernée - en tout cas pas pour le moment - et ne comprends pas tout ce qui se passe. Le plus discrètement possible, je récupère ma cuillère et finit ma dernière bouchée, tout en observant les tigres s’allonger aux pieds de la femme. Puis, de la même manière qu’elle est arrivée, Qiong repart par la faille invisible.

"Plan de table" vu avec Ellanaelle

Megan Arrington
2ème année RP - Couleur : #783F04

Nid de serpent - Ch.14 vu par la table Poufsouffle

Alors que les deux bêtes sauvages se sont allongées près de leur probable maîtresse, la grande salle est en suspens. On entend le moindre murmure, le moindre couvert, le silence semble s'être glissé dans l'air et le face à face qui a lieu près de la table des professeurs participe à rendre le tout irrespirable. Il est rare que la directrice bénéficie de toute cette audience ; et lorsque c'est le cas, elle domine la salle, les cinq grandes tables, elle est dans la position de force où tout le monde l'écoute. Mais en ce vendredi soir de mars, elle aussi semble spectatrice en son château. Ena peut voir d'où elle est que Ms Loewy, malgré l'apparence décontractée qu'elle tente de donner à la discussion, ne semble pas sereine.

Lorsque celle qui semble s'appeler Dai s'approche un peu plus de la directrice de Poudlard, la préfète de Poufsouffle remarque la magie qui semble émanée de la sorcière à chaque pas. Des touffes d'herbes noires poussent à même la pierre à chaque fois que la femme s'apprête à poser le pied par terre. Puis un autre se forme tandis que le précédent se change en poussière. Ena ne voit que le gris cendré des cheveux à l'arrière de son crâne mais elle sent qu'elle n'a pas besoin de la voir en face pour la considérer comme étrange et potentiellement dangereuse. Elle semble s'adresser à Kristen Loewy à voix basse tant leurs visages sont proches. Il faut dire que la grande salle ne se remet pas encore de cette scène. Le silence s'est invité pour le repas et ne semble pas vouloir partir. A la table des Poufsouffle, les réactions sont différentes selon les élèves. Alors qu'Ena effectue une énième vérification de ses camarades les plus jeunes, elle aperçoit le jeune Jeffrey, assis à côté de son coéquipier des Frelons, Calum. Le deuxième année semble choqué et pensif, il a peut-être entendu quelque chose qui a échappé à Ena. Parmis le groupe de deuxième année se tient également Maddie, qu'Ena apprécie beaucoup, elle a l'air inquiète et ne semble pas s'apercevoir que sa préfète l'observe. Ce sont tout de même les Première Année qui semblent le plus perplexe... Julia semble terrifié, pour sûr qu'elle ne s'attendait pas à tout ça en venant mangé et qu'elle n'a pas encore l'habitude des surprises que réserve Poudlard. Ena tente de faire bonne figure et lui adresse son plus grand sourire espérant que cela suffirait à la rassurer le temps que tout ça se règle. Réconfort dont n'avait pas besoin Megan puisqu'elle semblait s'être désintéressée de la situation et avait repris son repas discrètement. C'est Aelle qu'Ena regarda le plus. Elle pouvait lire sur son visage, elle ne pouvait qu'imaginer les émotions de la jeune fille mais elle savait pour sûr que la situation avait déclenché quelque chose chez la troisième année. Elle avait envie d'aller la voir de ce pas mais préféra remettre à plus tard le moment elle lui demanderait de vive voix si ça allait.

Finalement, les deux femmes se séparèrent. Ena s'attendait à ce que la sorcière asiatique reparte par là où elle était arrivée mais cette dernière rassembla les deux pièces du heurtoir d'un geste de la main. Une forte détonation résonna contre les murs de la grande salle lorsqu'elle fit claquer ses doigts. Dai commença à s'éloigner et sembla enfin, pour la première fois depuis son apparition, porter son regard sur l'ensemble de l'assemblée. Ena fut stupéfaite de découvrir le nombre de tatouages qu'elle portait sur le visage, elle n'aurait sut dire si elle était dangereuse pour Poudlard mais c'était une sorcière puissante à n'en pas douter. "Je résiderais parmi vous le temps qu'il faudra. Inutile de me trouver une chambre. Je ne dors jamais.. Elle allait finalement rester au château... Avait-elle peur d'être elle aussi exécutée ? Mais pourquoi dans ce cas-là avait-elle laissé Qiong repartir ? Elle sembla s'adresser à nouveau à la directrice puis prit la direction de la grande porte. Elle se saisit du heurtoir dans sa course et marche d'un pas décidé, Ena est obnubilée par l'herbe qui pousse sous ses pieds... La sorcière, suivie par ses deux tigres, s'arrête une dernière fois au moment où elle arrive au niveau d'Ena. La préfète sursaute mais entend les derniers mots de l'invitée pour la directrice. Elle n'est pas sûre que tout le monde ait entendu mais elle sait d'avance qu'elle s'abstiendra de le répéter aux plus jeunes si ils n'ont pas entendu de leurs propres oreilles. "L'attaque que vous avez subie il y a un an et demi n'était qu'un avant-goût de leur force. Il ne m'appartient pas de juger vos mœurs, mais vous faites une erreur en pensant que les enfants placés sous votre protection ne doivent pas connaître la vérité. Le monde qui les attend dehors sera bientôt plus sombre que la plus longue des nuits d'hiver. Les sept lignées avancent doucement leurs pions dans l'obscurité. Bientôt. Bientôt, chacun d'entre nous devra leur faire face. Chacun devra choisir son camp : résister ou céder." C'était donc grave pour Poudlard également... Quelque chose se tramait et Ena savait par expérience que des jours plus sombres se profilaient. Alors qu'elle approchait doucement de la fin de sa sixième année, de nombreuses questions allaient bousculer ses choix pour son avenir dans les mois à venir.

Nid de serpent - Ch.14 vu par la table Poufsouffle

C'était à la base, une soirée ordinaire avec un repas ordinaire, dans une ambiance ordinaire de la grande salle au moment des repas.

La tête posée dans ta main, tu faisais un joli méli-mélo avec la purée et le ragoût qui composait ton assiette. Tu n'en avais pas touché une cuillère, la faim étant décidément bien peu présente ce jour-là. Entre tes bras, assis juste devant ton assiette, Aizon semblait lui se régaler d'un morceau de carotte qui grignotait à grand bruit. Qui aurait cru qu'une aussi petite créature aurait pu faire autant de bruit ? Il arborait toujours sa jolie fourrure rose, bien brossé comme tu aimais en prendre soin. Mais même ce soir, les pitreries de ton animal de compagnie ne te déridèrent pas. Tu poussas un long et profond soupir. Tu étais comme perdue dans tes pensées et à cet effet, tu n'avais nulle conscience de l'environnement présent autour de toi.

Aussi, lorsque la sonorité de la salle baissa d'intensité et que petit à petit les murmures s'évanouirent, tu restas de marbre, continuant de fixer ton assiette.

C'est alors que le premier Gong résonne dans la grande salle te faisant sursauter et pousser un petit cri effrayé en même temps que tu sors de ta torpeur. Du regard, tu cherches la provenance de ce dernier, tout en plaquant tes mains contre tes oreilles. Aizon est aussi affolée que toi. Il a grimpé sur ton épaule et a gonflé tout son poil, se mettant clairement en position d'attaque ou cas où l'on s'en prendrait à lui. Tes yeux suivent machinalement la même direction que l'ensemble des élèves du château et se posent sur le heurtoir qui a fait son apparition. Tes mains sont toujours plaquées sur tes oreilles avec une frayeur évidente qui se lit dans ton regard.

La directrice se lève alors et après avoir fait le tour de la table des professeurs, toi comme beaucoup, la suivant du regard, elle pointe sa baguette sur l'étonnant objet magique en haussant la voix pour demander à tout à chacun de lever sa baguette en direction. Tu es encore un peu perdue par tout ce qui vient de se passer et tu ne comprends pas vraiment car ton esprit à bien du mal à faire le lien. Hors, tout reviens vite en place lorsque tu vois chacun de tes camarades, se lever, ou rester assis, mais se mettre un à un à pointer l'étonnant objet avec sa baguette magique. Tu les imites avec un train de retard et dans ton esprit, tout se lie petit à petit. S'il y a danger, il faudra forcément attaquer, et s'il faut attaquer, il faut savoir quel sort lancé.

Tu fais immédiatement une recherche de tous les sorts que tu maîtrises, cherchant le plus approprié à la situation. Tes yeux sont fatigués, mais ton visage devient déterminé. Sur ton épaule, Aizon se gonfle d'autant plus à poussant un petit cri menaçant.

Les mots résonnent dans la grande salle alors que le silence des élèves et lui, prenant. Le "Entrez" de la directrice dans un premier temps, puis peu après, la grande statue qui fait son apparition et parle d'une voix profonde qui résonne en écho.

Ton sang se glace et pourtant, ta baguette magique ne tremble pas. Ton regard est fixé sur la statue, mais ton champ de vision périphérique te permet de distinguer bon nombre de tes camarades. Herminie qui est assise juste à côté de toi et Eileen également. Tu respires rapidement et tu sens que ton cœur bat la chamade.

Un échange s'établi entre la statue, la directrice et cette fameuse Dai Hong Dao. Tu fermes les yeux quelques secondes et soudain, Aizon est pris d'une véritable crise de panique alors qu'il sent un évident danger pour lui. Il court partout et fini par trouver refuge en se cachant à l'intérieur même de ton pull.
Les deux tigres viennent de faire leur apparition et toi-même, tu ne peux t'empêcher d'être inquiète en les voyant s'avancer dans la salle, leur longue queue faisant balancier avec le reste de leur corps. Leurs longues canines bien visibles dans leur gueule. Tu sens Aizon tremblait contre ta poitrine en poussant des petits cris affolés. Nul doute qu'il ferait un bon casse dalle pour eux, mais tu ne comptais pas les laisser le dévorer. Tu frémis et poses ta main libre sur ta poitrine tout en ne perdant pas de vue les deux félins.

La suite se déroule comme un rêve. La grande femme s'avance avec cette aura magique autour d'elle. Une magie qui t'est familière, car tu as déjà pu côtoyer des sorciers étrangers … Mais j'avais avec une telle stature. La suite se déroule très vite et tu reconnais l'une des élèves de Zhuangyan lors du tournoi. C'est à ce moment-là que ta baguette se baisse enfin. Tu gardes cependant un œil sur les félins toujours présent non loin de toi. La jeune fille prend la parole et les mots sont durs et prononcés avec une très grande tristesse qui semble faire baigner dans la salle une atmosphère des plus glaciales ou la surprise ne tardent pas à faire son apparition. Tu n'as jamais vraiment perdu personne dans ta famille jusqu'à présent. Du moins, pas une personne dont tu sois assez proche pour ressentir une véritable peine, mais la vision du visage détruit par la tristesse de la jeune asiatique te met mal à l'aise. Tu es triste pour elle.
Elle quitte les lieux et tu ne sais pas quoi faire, n'y comment réagir. Ton regard se porte sur l'ensemble de la salle et tu cherches dans les yeux des plus âgés une sorte d'explication sur la façon de se tenir dans de pareilles circonstances. Tout le monde semble concentré, légèrement angoissé par la présence de cette femme, mais aussi par sa façon d'agir. Un souffle te fait soudainement te retourner. Elle vient de passer prés de toi, sa longue tenue effleurant le banc ou tu te trouves et ses félins la suivant dans son action. Ses paroles te laissent surprises lorsqu'elle annonce qu'elle va rester au château et qu'elle nul besoin de dormir. Tu ouvres grand les yeux un peu effrayée par cette force de la nature et tu n'as aucun mal toi aussi a entendre les propos de la nouvelle arrivante qui s'est arrêté à côté d'Ena.

Ses paroles résonnent dans ton esprit comme un avertissement, une mise en garde que malgré ton jeune âge, tu as bien compris.


Tu te rassois sur ton siège et observes ton repas que tu n'as toujours pas touché. Sans t'en rendre compte, tes mains tremblent et tu lances un regard un peu dépitée à tes copines alors qu'Aizon, toujours tremblant refait son apparition pour lécher les larmes qui ont commencés à s'écouler de ton visage sans même que tu ne t'en rendes compte. La tension et toutes ses paroles… Cela te fait peur… Terriblement peur…

Le Poufsouffle est Méchant, Le Poufsouffle est Sournois ! Le Poufsouffle Mord, griffe ! Il a les crocs !
3eme Année RP - 5ème Année Devoirs
Membre de la LSE

Nid de serpent - Ch.14 vu par la table Poufsouffle

La bouche encore pleine, je termine la dernière bouchée de mon gâteau, tout en reposant ma cuillère. Mes yeux restent fixés sur les deux tigres tant je suis fascinée, à la fois impressionnée et terrifiée par ces créatures.

Miss Loewy et l’autre femme parlent un moment, et mon regard ne se relève vers elles que lorsque cette dernière s’avance vers la Directrice, faisant apparaître puis disparaître ces plantes noires bizarres autour d’elle. Qu’est-ce que c’est comme type de magie ? Je ne crois pas avoir vu cela par le passé - je n’ai prêté que peu d’attention à la troisième épreuve, au début de l’année. En tout cas, le ciel magique gronde au-dessus de nous, et je ne saurais pas donner la signification de cet orage, mais Papa a confiance en Miss Loewy et donc moi aussi. Là, elle discute simplement, mais si quelque chose se passe, elle saura nous protéger, non ?

Surprise par le bruit assourdissant du heurtoir qui reprend sa forme initiale, je sursaute et reporte mon attention sur l’étrangère - la Calamité - qui s’est retournée vers nous. Je reste perplexe d’une part en voyant ses tatouages, mais d’autant plus en entendant ses paroles. Un monde plus sombre ? Les sept lignées ?

Je parviens à saisir avec quelques difficultés que ce dont elles parlaient quelques instants plus tôt dépasse ma compréhension actuelle du monde. Mais ce que je ne comprends pas peut tout de même avoir des répercussions sur ce que je considère comme mon foyer. Pour me rassurer, je jette un regard à Ena, mais cela a l’effet inverse : l’assurance et la confiance que je m’attendais à trouver sont absentes des yeux de la préfète.

Je reporte mes pupilles sur mon assiette. J’ai un peu envie de rentrer à la maison, là.

Megan Arrington
2ème année RP - Couleur : #783F04