Grande salle

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Ancien sorcier

SOS d'un blaireau en détresse.  Libre 

« Ed', faut que tu sortes. Il faut que tu sortes. Il faut que tu sortes... »

La jeune sorcière était assise sur son lit jaune à baldaquins, attendant un signe. Lequel, elle n'en savait fichtre rien. Mais elle attendait. Depuis son arrivée à Poudlard, elle n'avait eu l'occasion de parler qu'à quelques uns de ses camarades Poufsouffle un peu fous, sans prendre le temps de s'attarder sur les autres maisons. Il fallait que cela cesse.

Ce n'était pas dans ses habitudes de faire causette avec les autres. Edme Poklan était davantage du genre à gambader dans des endroits un peu mystérieux et à s'inventer mille et unes histoires rocambolesques et imaginaires pour passer le temps. Pas sûr que ce soit une pratique courante dans ce château.

Et puis, Edme avait peur. De la réaction des autres, de son accueil, des regards, tout cela la terrifiait au plus haut point. Il lui fallait de la confiance, du respect et de la fantaisie pour vivre, mais avec les mines renfrognées et ternes qu'elle avait vues pour l'instant, la jeune sorcière avait peur de s'aventurer dans un espace inconnu où les êtres humains ne s'amusent pas. Il était tout de même devenu urgent de rencontrer des gens, c'était dans la nature humaine de discuter et de faire connaissance avec d'autres. Ce fut ainsi qu'Edme sortit enfin. On était samedi, un jour radieusement nuageux s'annonçait, et la matinée était déjà bien écoulée. Mais peu importait la jeune fille : elle avait un but et savait à quoi s'en tenir.

La jeune sorcière sortit donc machinalement de sa salle commune tournesol, et marcha, marcha, se laissant glisser où ses pieds voulaient la conduire. Leur choix se posa sur la Grande Salle. Dans un sens, Edme était bien heureuse d'être arrivée là, car c'était précisément dans cet endroit que tout avait débuté. La répartition, l'accueil chez les Poufsouffle, les repas... ! Il n'en fallut pas plus pour qu'Edme se décide du programme de sa journée : manger.

Les longs bancs et les tables de petit déjeuner étaient encore présents, narguant la jeune rousse de leurs yeux boisés. S'avançant presque mécaniquement jusqu'à l'antre réservée aux blaireaux, elle s'assit ensuite et laissa traîner son regard sur l'ensemble de la salle. La majorité des élèves étaient partis profiter des derniers rayons de soleil avant la fraîcheur de l'hiver, et beaucoup d'autres n'avaient pas pris la peine de se lever de bonne heure. Il n'y avait donc pas grand monde dans la pièce, mais bien assez pour qu'Edme se sente mal-à-l'aise. Elle n'aimait pas se sentir observée ou encerclée, mais elle était consciente que cette facette d'elle devait changer.

Son regard se posa ensuite sur la table plus particulièrement, qui avait été dévalisée totalement. Les elfes n'avaient pas pris la peine de remettre des victuailles dans les bols et récipients, se doutant que les élèves n'allaient plus arriver en nombre important. Dans un des bols présents devant elle, justement, restait une sucrerie, une souris en sucre, seule et démunie. Abandonnée par les siens, reniée, trahie, elle attendait dignement sa dernière heure, la queue cassée par une brute sans vergogne ni pitié. Pauvre petite créature. La fillette la pris dans ses mains enfantines, la caressant comme une mère caresse son enfant, tout en lui chuchotant tendrement :


« On est deux, chère amie. Deux pauvres âmes sans aucun moyen de retourner le temps. Obligées d'errer sans but... Oh, j'oubliais de me présenter : je m'appelle Edme. C'est quoi ton nom, petite souris ? »

Sur le banc des Poufsouffle, il n'y avait que les deux âmes en perte. Du moins, c'était ce qu'elles croyaient.

SOS d'un blaireau en détresse.  Libre 

Madeleine fut réveillée par les bruits de ses camarades de dortoir. Ne leur faisant pas savoir qu'elle était réveillée, elle resta allongée, espérant se rendormir dans son univers rouge&or. Une dizaine de minutes plus tard, elle entendit ses camarades sortir et refermer le plus doucement qu'elles le purent la porte du dortoir.

Madeleine se retourna avec un soupir de contentement, prête à retourner au pays des songes. Malheureusement, ce ne fut pas le cas, vingt minutes plus tard, elle était toujours en train d'attendre que le sommeil revienne, les yeux grands ouverts.

Mécontente, elle résolut donc de se lever. Il était tôt, le soleil n'était pas très haut et le parc presque désert, pourtant il faisait beau. La jeune Gryffondor s'habilla, se coiffa, puis se jugeant présentable, descendit les sept étages la séparant de la Grande Salle. Pour cela elle prit son temps, pas la peine de se presser, on était samedi matin après tout. Elle passa devant la bibliothèque, lieu où elle se rendrait plus tard dans la journée si elle s'ennuyait ou alors pour faire ses devoirs, mais encore faudrait-il en avoir le courage.

Bref, Madeleine arriva enfin en bas de l'escalier principal qui donnait sur le hall d'entrée, elle le traversa et pénétra dans la Grande Salle. Là, elle se dirigea vers la table de Gryffondor, et là surprise. Non, en fait il y avait deux surprises donc surprises !

Petit 1 : La table de Gryffondor avait été complètement dévalisée, plus que des assiettes sales, et des plats vides. A croire que les trois autres maisons avaient subitement décidé de venir squatter la table Rouge&Or.

Petit 2 : Une jeune Poufsouffle (d'après les contours jaunes de sa robe) était debout près du banc Gryffondor et dorlotait quelque chose qu'elle tenait dans ses mains. Ce devait être quelque chose de tout petit, car il ne dépassait pas la taille de la main de la Jaune.

Sûrement un rat ou un crapaud, Madeleine s'avança, cherchant un couvert propre et un plat où avec un peu de chance, en raclant bien les bords, elle trouverait assez à manger pour lui servir de petit-déjeuner.

Et la stupeur, en s'approchant de la Poufsouffle elle vit par-dessus son épaule, que ce n'était pas un animal de compagnie qu'elle câlinait mais une souris en sucre ! Elle caressait un bonbon !

Madeleine ne savait pas trop quel comportement adopté. Cette fille était en 1ère année visiblement. C'est alors, que la Jaune se mit à chuchoter des choses à la souris. Un peu en arrière, Madeleine put comprendre ses paroles :

« On est deux, chère amie. Deux pauvres âmes sans aucun moyen de retourner le temps. Obligées d'errer sans but... Oh, j'oubliais de me présenter : je m'appelle Edme. C'est quoi ton nom, petite souris ? »

Elle avait l'air cinglée cette fille, voilà qu'elle demandait son nom à la friandise, comme si celle-ci allait lui répondre ! Néanmoins, les premières phrases étaient clairs : la petite était seule, nouvelle, vraisemblablement perdue dans cette école et à tel point désespérée qu'elle parlait à un bonbon.

Bon, Madeleine n'était pas sûr du dernier élément mais se décida à aller parler à la Poufsouffle :


« Euh, salut... Je ne te dérange pas j'espère ? Je ne voudrai pas te gêner dans ta hum... conversation ? »

Mais pourquoi Madeleine était-elle si peu douée quand il s'agissait de parler aux autres ? Maintenant, la Poufsouffle allait croire qu'elle n'avait pas d'autres buts que de se moquer d'elle !

Elle se reprit et changea de sujet :

« Alors euh..., moi c'est Madeleine et toi ? »

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Gryffondor du mois en 01/2013, 06/2014, 12/2014 et 03/2015 - Elève du mois de Juin 2014 et Mars 2015
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Ancien sorcier

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Ed' tenait sa souris en sucre, tiraillée entre l'envie de la garder comme fille adoptive, et celle de la manger d'une bouchée. Eh bien oui, que voulez-vous, la jeune fille était une blaireau de Poufsouffle, il fallait qu'elle se remplisse goulûment l'estomac. Mais en même temps, c'eut été barbare que de manger sa propre fille, même adoptive, et même si cette dernière possédait des pattes blanches et brillantes, ainsi qu'une demi-queue.

Dans tous les cas, Miss Poklan s'amusait bien avec sa nouvelle amie, bien qu'elle la trouvait un poil (haha quelle blague ! Souris, poil ! Bref passons) réservée. Elle ne parlait pas énormément, voire pas du tout, mais cela, Edme le mettait sur le compte de la timidité d'une rencontre si émouvante. La jeune rousse était particulièrement contente d'être sortie de son trou à blaireau et d'avoir fait une telle rencontre ! Jamais elle n'aurait imaginé avoir tant de plaisir à parler à quelqu'un.

Oui, Edme était quelque peu dérangée.

C'était, à quelques variantes près, ce que devaient se dire les personnes présentes dans la salle qui avaient jeté leurs regards sur elle. Certes, ils ne devaient pas être nombreux, mais tout de même. De cela, la jeune fille s'en fichait royalement. Les réactions d'autrui ne l'atteignaient jamais, il fallait savoir marcher sans se préoccuper des autres. Cette idéologie était bien ancrée dans la petite cervelle de la petite fille, et elle n'était pas prête de changer, même avec ce qui allait se dérouler juste après.

Une voix se fit entendre derrière le dos de la Poufsouffle, sûrement un élève un peu trop curieux qui voulait s'amuser à importuner une pauvre et fragile sorcière. Mauvaise pioche, c'était une fille (mais qui a dit que les filles n'étaient pas méchantes?), de Gryffondor apparemment, au vu du blason ornant sa robe d'étudiante. Edme se mordit la lèvre, comme pour se dire : Oh non, pas de Gryffondor. La jeune fille n'avait pas de préjugés particulier sur aucune maison du château. C'était juste qu'elle n'aimait pas le rouge, trop violent, trop sanguinaire. Par extension, elle n'aimait pas les Gryffondor. Logique.


« Euh, salut... Je ne te dérange pas j'espère ? Je ne voudrai pas te gêner dans ta hum... conversation ? » 

D'un regard un peu désolée, la jeune fille de la noble maison de Godric Gryffondor s'avança, mais pas trop, comme si elle avait peur d'attraper une quelconque maladie en s'approchant malcontreusement près d'Edme. Celle-ci n'y fit pas réellement attention, les yeux rivés sur sa souris. Elle n'avait pas du tout l'intention de lui répondre, pas maintenant. La Poufsouffle était persuadée que sa nouvelle amie en sucre avait des tas de choses à lui dire, et ce n'était pas un lionceau qui allait l'enquiquiner.

Elle ne leva son regard que quand la jeune élève lui reposa une autre question, insistant davantage pour s’immiscer dans sa vie privée :


« Alors euh..., moi c'est Madeleine et toi ? »

Bon... Là, Edme était obligée de répondre. Non pas qu'elle se faisait une joie de le faire, mais c'était une règle de politesse que de répondre aux interrogations d'autrui. Posant sa souris délicatement sur la table en bois, la jeune fille se tourna pour pouvoir bien identifier son interlocutrice. D'un air méfiant, elle lui répliqua :

« Bonjour, Madeleine. Moi c'est Edme, et elle, je ne sais pas encore, vu que tu viens, avec toute l'élégance dont tu sembles être capable, de nous couper dans notre conversation. »

C'était assez mal parti pour faire de nouvelles rencontres, je l'admets. Mais Edme essaya de se rattraper comme elle le pouvait en se rapprochant de sa camarade, et lui susurrant à l'oreille :

« En fait, je crois que c'est une fée. Qui s'est transformée en souris pour éviter d'attraper des rhumes dehors. C'est pour ça qu'elle brille. »

D'un clin d’œil, la jeune Poufsouffle essaya de créer une sorte de secret entre elle et la Gryffondor. C'était pas gagné...

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« Alors euh..., moi c'est Madeleine et toi ? »

La jeune Poufsouffle leva la tête lentement l'air d'être tout sauf ravie d'avoir été abordée. Enfin, elle ouvrit la bouche pour jeter ces mots :

« Bonjour, Madeleine. Moi c'est Edme, et elle, je ne sais pas encore, vu que tu viens, avec toute l'élégance dont tu sembles être capable, de nous couper dans notre conversation. »

Et shlac ! Pas très aimable la nouvelle. Le ton était sec et laissait clairement entendre la pensée de la Jaune : Madeleine la gênait, l'embêtait pour rester polie.

Les paroles d'Edme, puisque elle avait au moins daigné répondre à la question posée, atteignirent leur cible de plein fouet. Et la Rouge, calmée dans son désir de venir en aide à sa petite camarade, allait lui lancer une réplique assassine quand celle-ci, changeant soudainement d'attitude s'approcha de la deuxième année et chuchota :

« En fait, je crois que c'est une fée. Qui s'est transformée en souris pour éviter d'attraper des rhumes dehors. C'est pour ça qu'elle brille. »

Edme s'écarta en lançant un clin d’œil à Madeleine qui n'avait toujours pas digéré l'insulte de la phrase précédente. Néanmoins, cette nouvelle réplique surprenante eut pour effet de stopper nette les réflexions de la jeune fille sur ce qu'elle pourrait bien rétorqué.

Une expression étrange se peignit malgré elle sur le visage de la Gryffondor. Elle aussi savait clairement communiquer ses pensées, et elle n'avait même pas besoin de mots !

En effet, à cet instant la jeune fille songeait :


*Non, mais elle est complètement cinglé cette fille ! Pourquoi il a fallu que je vienne la voir ? Pourquoi je suis pas restée à traîner dans mon lit comme tout élève normalement constitué devrait le faire un samedi matin ?*

A la réflexion, Gryffondor ne devait pas beaucoup compté d'élèves normalement constitué au vu du carnage qu'ils avaient réalisés à leur table en une heure si matinale.

Bref, continuant de se maudire en silence, Madeleine entreprit de reprendre un visage neutre, et réfléchit à ce qu'elle pourrait bien faire ou répondre. (Et faire tout ça en même temps n'est pas chose aisée !)

Que faire... Que faire... Partir en courant ? Ça serait lâche et stupide, Madeleine était plus évoluée que ça quand même. Donc, il fallait répondre par des mots, la jeune fille ne voyait pas d'autres échappatoires.

Que dire... Que dire... Lui expliquait par a+b que ce n'était qu'un bonbon et qu'il brillait à cause du sucre ? Ou bien c'était une blague ? Dans ce cas, il fallait rire mais si ce n'en était pas une bonjour les dégâts !

Madeleine regarda la Poufsouffle. Son visage exprimait le plus grand sérieux et il était difficile de deviner ce qui se passait derrière ses yeux verts qui vous fixaient avec une intensité peu commune.

En tout cas, aussi profonds qu'ils semblaient l'être, ses yeux renseignèrent au moins la jeune Gryffondor sur une chose : ce n'était pas une blague. Mais si la jeune fille pensait vraiment ce qu'elle disait c'était quand même grave !

Trêve de bavardages, maintenant il fallait vraiment répondre, sans quoi Edme allait perdre patience.


« Eviter d'attraper des rhumes dehors ?! Si ta fée est arrivée jusqu'ici alors elle n'a plus besoin de se transformer pour se protéger du froid. Si jamais elle est malade elle n'a qu'à aller voir mme Pomfresh, elle lui donnera un peu de Pimentine ! »

Madeleine avait finalement décidé de rentrer dans le jeu de la Jaune ne sachant pas ce qu'elle pourrait répondre d'autre. Maintenant la jeune Gryffondor voyait 2 tournures possibles à la conversation :

-Soit cette Edme était vraiment folle, et lui demanderai bientôt de discuter ou de faire je ne sais trop quoi avec cette souris devant tous les élèves (certes peu nombreux) présents dans la Grande Salle. Auquel cas, la jeune fille regretterait très vite de s'être embarquée là dedans.

-Soit c'était un délire de petite fille et les jeunes élèves pourraient peut-être partir dans un jeu quelconque qui en plus de les occuper, les distrairez et dans ce cas Madeleine pouvait espérer lier une amitié avec sa jeune camarade.

Mais peut-être que ce n'était pas du tout ce qui allait se passer... L'avenir le dira !

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Ancien sorcier

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Que les gens pouvaient être susceptibles.. En tout cas, les Gryffondors avaient l'air de l'être. Le petit air choqué de Madeleine la Rouge résumait à lui seul cette affirmation. Edme se fichait un peu de l'impression qu'elle faisait sur les autres. Ils allaient devoir l'accepter. M'enfin. Apparemment, sa deuxième phrase avait coupé de court la jeune sorcière rouge, qui voulait répondre. Trop rapide, cette petite Pouffy.

Madeleine commença alors à faire une sorte de grimace... Un sourire grotesque.. Enfin quelque chose sur son visage qu'Edme eut du mal à identifier. Elle prit ça comme une marque d'admiration, et continua de sourire à sa camarade. Ou, était-ce... du dégoût ? Ah, non, peut-être de la pitié. Pourquoi, Edme n'en savait fichtrement rien, mais les gens avaient le don d'être étranges parfois. La jeune Poufsouffle continuait d'analyser le visage expressivement nuancé de la Gryffondor. Elle avait une telle palette de visage, c'était impressionnant. Elle pouvait passer du sourire crispé à l'effarement, avant de passer au neutre, comme elle le faisait maintenant.

Edme était bouche bée, presque admirative. En fait, la jeune fillette ne savait pas ce que pensait sa camarade, et elle adorait ça ! Mais bon, au bout d'un moment, à force d'attendre la réponse de sa camarade, la Poufsouffle s'ennuyait. La souris était là aussi, immobile comme un Sphinx. Fallait qu'elle se décide la Madeleine.

Enfin, elle se décida. C'était par trop tôt, et Miss Poklan voulut lui dire, mais vu comment elle avait pris sa première phrase, il valait mieux pour la survie de cette discussion qu'Edme ne dise rien et qu'elle se contente d'écouter gentiment sa camarade rouge. D'un autre côté, la rouge était très certainement tiraillée entre l'envie de prendre la porte et de courir aussi vite que possible loin de la Poufsouffle, et celle de paraître polie et de continuer jusqu'au bout cette discussion. Bref, en tout cas, elle répondit cela :


« Eviter d'attraper des rhumes dehors ?! Si ta fée est arrivée jusqu'ici alors elle n'a plus besoin de se transformer pour se protéger du froid. Si jamais elle est malade elle n'a qu'à aller voir mme Pomfresh, elle lui donnera un peu de Pimentine ! »

La Poufsouffle continuait d'observer son interlocutrice, se gratta le menton, les cheveux, le bras, détacha son regard de la rouge et le dirigea vers la pauvre petite souris en sucre, puis le remit sur la Gryffondor.

« Hmm » huhumma-t-elle.

Les propos de Madeleine tenaient la route. Elle n'était peut-être pas si gourde qu'Edme le pensait. Elle ferait une bonne amie pour sa souris en sucre. Enfin, il fallait lui demander. La Poufsouffle porta la souris à son oreille, fit mine d'écouter ce qu'elle lui disait, avant de la reposer et de déclarer à sa camarade de Gryffondor :

« Ma copine dit qu'avec la Pimentine, elle fond. »

Puis, en se rapprochant, et éloignant la souris de la table, Edme continua plus bas :

« Mais moi je crois qu'en fait, c'est une trouillarde. La Pimentine c'est pas du jus de citrouille, mais peut-être que ça la sauvera ! Dis, tu veux te lancer avec moi dans cette formidable aventure ? »

Edme, avec sa bouille d'enfant de cinq ans, regardait sa camarade, les yeux qui pétillaient et la bouche en cœur, histoire de la faire pencher en sa faveur. En même temps, comment ne pas accepter une telle invitation ?

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Edme baissa son regard, enfouit sa main dans ses cheveux, se gratta vigoureusement la tête, le menton puis les bras.

« Humhum. » Fit-elle.

De toute évidence, elle réfléchissait à la tirade de Madeleine, qui scrutant le visage de la Jaune essayait de déterminer laquelle des deux tournures qu'elle avait imaginé tout à l'heure se réaliserait.

La Poufsouffle amena la souris en sucre à son oreille, et fit mine d'écouter ce qu'elle lui disait, hochant la tête de temps à autre, un air concentré sur le visage.

Enfin, elle reposa la souris et reportant son attention sur la Rouge, lui dit :


« Ma copine dit qu'avec la Pimentine, elle fond. »

Puis, écartant la souris, elle s'avança pour chuchoter quelque chose à l'oreille de Madeleine :

« Mais moi je crois qu'en fait, c'est une trouillarde. La Pimentine c'est pas du jus de citrouille, mais peut-être que ça la sauvera ! Dis, tu veux te lancer avec moi dans cette formidable aventure ? »

Aha ! Finalement, c'était la deuxième tournure imaginée par la jeune fille qui l'emportait ! Apparemment la jeune fille venait de trouver ce qu'elle allait faire de cette journée paisible.

Avec un grand sourire, elle répondit elle aussi à l'oreille de sa camarade :


« Bien sûr ! Mais il va falloir trouver un moyen de lui en faire manger sans qu'elle ne s'en rende compte. Et d'ailleurs, d'abord il faudrait réussir à se procurer de la Pimentine. »

S’écartant, Madeleine affichait un sourire complice et ses yeux brillaient à l'idée des moments de franches rigolades et de bêtises qui s'anonçaient.

Elle imaginait déjà des stratagèmes tordus pour entrer dans l'infirmerie et subtiliser la Pimentine : il faudrait que l'une d'entre elle face semblant d'être malade, pour se faire administrer le fameux médicament et en voler un petit flacon. Quoique plutôt dangereux comme méthode, il était fort possible que mme Pomfresh reste au côté de la soi-disant malade jusqu'à ce qu'elle prenne pour de bon son médicament. Peut-être valait-il mieux jouer les agents secrets et s'introduire en cachette dans l’infirmerie...

Bref, les deux filles avaient de quoi discuter.

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Ancien sorcier

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Un sourire s'installa sur le visage de la Gryffondor, et Edme ne savait pas vraiment pourquoi, mais elle sourit aussi. Cette bataille de dents blanches s'arrêta bien vite, même si la Poufsouffle se demandait vraiment quand est-ce que sa camarade allait répondre. Cela arriva bien vite, comme un chuchotis dans l'oreille de la Poufsouffle :

« Bien sûr ! Mais il va falloir trouver un moyen de lui en faire manger sans qu'elle ne s'en rende compte. Et d'ailleurs, d'abord il faudrait réussir à se procurer de la Pimentine. » 

Il y avait donc deux étapes distinctes dans le discours de Madeleine. First, trouver de la Pimentine. Second, il fallait faire boire la potion à la petite souris en sucre qui était en réalité une fée. Tout ceci n'était pas simple, pas simple du tout. Ça allait demander de la ruse, de la folie et un grain de punition, c'était sûr. Et Ed' ne voulait pas passer sa première année de blaireau dans les cachots ou dans le bureau des tortures de Rusard, ça non.

Edme aimait les aventures, c'était un de ces passe-temps favoris, mais c'était risqué. Pour elle comme pour Madeleine,e t elle ne voulait pas la faire punir à cause d'elle. Roh mais, dans un sens, c'était la rouge qui s'était invitée, fallait qu'elle assume bon dieu !

Edme passa une main dans ses cheveux roux, laissa glisser sa langue dans l'emplacement de feu sa dent perdue, et réfléchit. Miss Pomfresh serait sûrement mécontente, voire furieuse, mais ce n'était que de la Pimentine...


« Bon écoute. Je crois qu'il faut absolument de la Pimentine. Il faut donc qu'on aille à l'infirmerie. Mais si on se fait prendre, on est bonnes à une torture, qui serait encore pire que de laisser un astrophobe en pleine nuit d'orages. »

Tout en disant cela, Edme caressait sa souris en sucre, dans le sens du poil s'il vous plaît. Toute cette histoire était vraiment palpitante, et lui rappelait bon nombre d'autres quêtes, comme celle avec Monsieur Pingouin, ah oui... Bref, revenons à nos Scroutts.

Il y avait plusieurs options possibles : demander cash à Miss Pomfresh la potion, quitte à lui révéler le pourquoi du comment. S'introduire dans l'infirmerie, mais là c'était guillotine assurée. Ou être une malade, et voler la Pimentine durant un moment d'inattention de la bonne vieille femme.

Tout ceci ne plaisait guère à la jeune Poufsouffle, mais rien n'était trop beau pour sa petite fée en sucre. Sur un air de défi, encore une fois, Ed' lança à sa camarade :


« Élaborons un plan, camarade. »

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« Bon écoute. Je crois qu'il faut absolument de la Pimentine. Il faut donc qu'on aille à l'infirmerie. Mais si on se fait prendre, on est bonnes à une torture, qui serait encore pire que de laisser un astrophobe en pleine nuit d'orages. » répondit Edme.

Ah bah ça c'était sûre ! Leur petite aventure pouvait prendre une tournure catastrophique si elles se faisaient prendre ! Rusard les forcerait peut-être à astiquer du sol au plafond toute l'infirmerie. Ou elles seraient envoyées directement devant leurs directrices de maisons respectives ou pire chez le directeur ! Après un an à Gryffondor, Madeleine commençait à bien connaître miss Grayce, mais même si la jeune fille ne doutait pas que la professeur l'appréciait un minimum, elle savait que la sous-directrice serait tout aussi sévère sur sa punition qu'elle l'aurait été avec un autre élève.

Mais bon, les Gryffondors ne reculent jamais devant le danger ! Surtout quand la vie d'une fée transformée en souris en sucre est en jeu ! Griffes et Crocs, Griffes et Cœur, Gryff vainqueur ! Non mais oh ! On est Gryffondor tout entier ou on ne l'est pas ! C'est comme ça que ça se passe chez les Rouges !

Et mais une seconde... Cette Edme là... c'est pas une Rouge ! C'est une Poufsouffle... C'est quoi la devise des Poufsouffles déjà... Ah oui, un truc comme « On t'étouffes, on t’essouffle, on t'époufsouffle ! » Qu'est-ce qu'on peut bien tirer de cette devise ? Que les Jaunes courent vite ? Qu'ils étaient doués pour étouffer les gens ?

D'après le Choixpeau Magique, la maison du blaireau est celle du travail acharné... Et déjà c'est quoi cet animal ? Un blaireau ??? Non mais qu'est-ce qu'elle avait dans la tête Helga Poufsouffle quand elle a choisi son symbole ? Peut-être que les blaireaux à cet époque n'avaient pas la même image qu'aujourd'hui et que c'était un animal noble ? Bon en tout cas, si ça l'a été un jour, maintenant ça l'est plus !

Pour Madeleine, un blaireau est une personne bornée, et tout sauf sympa ! Cette définition ne semblait pas s'appliquer sur Edme mais sait-on jamais, les jeunes élèves ne se connaissaient pas encore très bien et il faudrait surveiller ça pour ne pas se laisser trahir par surprise par la Jaune.

Donc après cette longue analyse, si on récapitule, on peut dire que le Poufsouffle moyen est une personne pas sympa, bornée, qui étouffe les gens, qui court vite et qui travaille avec acharnement. Dans tout ça peut-être que le fait de courir vite aidera les jeunes filles à fuir si jamais ça tournait mal (ou la Jaune s'en servirait pour mieux laisser tomber la Rouge), ou que le travail acharné leur serait utile pendant leur hypothétique retenue...

Bon on peut en déduire que les Jaunes, ils sont pas comme les Rouges et qu'ils peuvent très bien laisser tomber leurs amis, et fuir devant le danger ! Pas très rassurant tout ça, mais Madeleine allait devoir faire avec ! D'ailleurs, à la réflexion, plus la Rouge comparait les maisons entre elles, plus elle était persuadée d'être dans la meilleure.

Bon pendant que la Rouge réfléchissait aux valeurs morales des Jaunes, Edme parlait :


« Élaborons un plan, camarade. »

Ok, de toute façon dans ses circonstances un plan était o-bli-ga-toi-re !

La jeune fille répondit donc en baissant la voix :


« Bon alors, moi je vois deux solutions : soit l'une de nous se fait passer pour une malade est tente de subtiliser la potion, soit on entre en cachette dans l'infirmerie et on la vole directement dans l'armoire de mme Pomfresh. »

Après un court silence, elle reprit :

« Bon finalement, je ne pense pas que la deuxième solution soit la bonne : on ne sait pas où est rangée la Pimentine, et à mon avis c'est plus risqué que l'autre solution... »

Pris d'une inspiration soudaine elle s'écria (toujours à voix basse) :

« Je sais ! On aura simplement besoin d'un berlingot de fièvre et d'une pastille de gerbe : L'une de nous mange le berlingot de fièvre, elle fait croire à miss Pomfresh qu'elle a un gros rhume, et qu'elle a très facilement de la tempèrature. L'infirmière va donc chercher la Pimentine mais au moment où elle revient l'autre, celle qui n'a pas de fièvre, mange la pastille de gerbe et entre un vomissant ses tripes. En bonne infirmière, miss Pomfresh fonce s'occuper d'elle car son cas est plus urgent que l'autre, d'autant plus qu'elle salit l'infirmerie. La première qui a mangé le berlingot de fièvre vole un peu de Pimentine dans un flacon et s'enfuit. Alors, qu'est-ce que tu en dis ? »

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Ancien sorcier

SOS d'un blaireau en détresse.  Libre 

Les paroles d'Edme eurent un drôle d'effet sur l'expression faciale de Madeleine Koter. La jeune Poufsouffle lui avait juste dit que, si jamais elles se lançaient dans une telle quête, il était normal qu'il y ait des risques, et des gros. Mais c'était le prix à payer. Mais la Gryffondor sembla soucieuse, même un peu beaucoup trop pour la Poklan.

Déjà, l'interlocutrice rouge d'Edme fit une tête bizarroïde, déterminée et bien faire d'elle. Bon certes, elle était Gryffondor, c'était une maison de courageux, sûrement davantage remplie de prétentieux que de véritables courageux mais ne nous étalons pas sur le sujet. Puis, le visage de Madeleine devint plus renfrogné, et se fixa sur le blason cousu sur la robe noire et jaune de la Poufsouffle. Quoi, qu'est-ce qu'elle avait encore ? Elle aimait pas le jaune ? Ou elle n'aimait pas les jaunes. Et là, c'était problématique...

Non ce n'était pas possible, sinon elle serait partie depuis bien longtemps, voyons. Passant son regard sur le blason, la rouge regarda ensuite la tête d'Edme et retourna dans ses songes. Juste en cet instant, Ed' aurait voulu lire dans les pensées de sa camarade, histoire de savoir ce qu'elle pensait réellement de toute cette histoire, de sa maison et son blason qu'elle regardait avec tant d'intérêt.

Pour finir, Madeleine haussa les épaules, comme pour faire comprendre à Edme et à elle-même qu'elle était bien obligée de se lancer dans cette aventure. Non mais si les rouges n'aimaient pas les magnifiques Poufsouffle, fallait pas se gêner pour le dire ! Edme croisa les bras, quasi vexée par les sous-entendus faciaux de sa camarade. Celle-ci sortit enfin de ses réflexion pour lui chuchoter à l'oreille :


« Bon alors, moi je vois deux solutions : soit l'une de nous se fait passer pour une malade est tente de subtiliser la potion, soit on entre en cachette dans l'infirmerie et on la vole directement dans l'armoire de mme Pomfresh. » 

La Gryffondor fit une courte pause dans son discours, et continua en disant que sa deuxième option n'était peut-être pas la meilleure. Bien vu, l'aveugle. La Pimentine pouvait être partout, et la chercher pouvait demander énormément de temps, surtout si elles n'avaient pas la chance de tomber dessus de suite.

Edme n'était pas très emballée par ces deux plans. Déjà parce qu'elle était toujours méfiante envers les pensées qui ne semblaient pas très fair-play envers sa maison. Et puis, elles allaient commettre le plus grand vol de tous les tem... Non, il ne fallait pas exagérer, mais ce « vol », ou « emprunt », ce qui serait davantage correct, devait se faire de manière spectaculaire, et non comme un simple vol. Il fallait une véritable fourberie, digne d'un Scapin.

C'est alors que Madeleine se réveilla, et cria doucement :


« Je sais ! On aura simplement besoin d'un berlingot de fièvre et d'une pastille de gerbe : L'une de nous mange le berlingot de fièvre, elle fait croire à miss Pomfresh qu'elle a un gros rhume, et qu'elle a très facilement de la tempèrature. L'infirmière va donc chercher la Pimentine mais au moment où elle revient l'autre, celle qui n'a pas de fièvre, mange la pastille de gerbe et entre un vomissant ses tripes. En bonne infirmière, miss Pomfresh fonce s'occuper d'elle car son cas est plus urgent que l'autre, d'autant plus qu'elle salit l'infirmerie. La première qui a mangé le berlingot de fièvre vole un peu de Pimentine dans un flacon et s'enfuit. Alors, qu'est-ce que tu en dis ? »

Il fallait reconnaître que cette idée était tout particulièrement... géniale. Edme observa sa camarade, décroisa les bras et respira un bon coup. C'était assez astucieux. Car en plus, ce n'était pas vraiment un vol, les fillettes n'allaient prendre qu'un peu de Pimentine, pas tout le flacon. Ce n'était pas quelque chose d'introuvable, ni de rare, ainsi pas de problème.

La Poufsouffle, après avoir réfléchi à l'idée de sa camarade et avoir réécouté le discours qu'elle venait de lui faire, lui répondit tout simplement :


« D'accord, je suis opérationnelle. Il va falloir qu'on prépare notre coup, mais c'est carrément jouable. On y va ? »

SOS d'un blaireau en détresse.  Libre 

Pendant tout le temps que Madeleine réfléchissait la Poufsouffle avait pris une moue assez étrange, comme si elle essayait de jauger la Gryffondor et de deviner ce qui pouvait bien se passer derrière ses yeux bleus.

La jeune Rouge lui exposa son plan à voix basse et le visage de la Jaune, jusque là sceptique s'illumina, apparemment, l'idée de Madeleine n'était pas pour lui déplaire.

Néanmoins, elle prit le temps de réfléchir mais finalement répondit :

« D'accord, je suis opérationnelle. Il va falloir qu'on prépare notre coup, mais c'est carrément jouable. On y va ? »

Ok, donc l'idée lui plaisait vraiment, et elle n'avait rien à y redire.

Maintenant, restez la « préparation du coup ». Pour pouvoir le réaliser, elles avaient absolument besoin des deux friandises des frères Weasley.

Madeleine n'en avait pas, et elle ne savait pas si elle pourrait sans procurer parmi les Gryffondors. Chez les autres maisons, elle ne connaissait pas grand monde, et de toute façon, elle n'était pas assez proche des rares qu'elle connaissait pour leur demander ça, sans craindre qu'ils ne la dénoncent.

Elle chercherait quand même parmi les Rouges, après tout, elle ne pouvait pas être au courant de tout et peut-être que l'un de ses camarades gardaient secrètement quelques boîtes à flemme. Mais elle ne pouvait rien promettre.

Par contre, elle avait quelque chose qui pourrait très bien les aider pour leur retraite, à l'une comme à l'autre... elle en fit par à sa camarade, toujours à voix basses :


« Ok, bon pour les bonbons, je ne sais pas si je pourrais en avoir... Je demanderais quand même au cas où... on sait jamais... Et sinon, j'ai pensé à quelque chose : une fois qu'on aura de la Pimentine, pour sortir de l'infirmerie, j'ai de la Poudre d'obscurité du Pérou. Celle qui prendra la Pimentine, n'aura qu'à ensuite en jeter une poignée, on profitera de la panique et de l'obscurité pour s'enfuir discrètement... Alors t'en pense quoi ? Et tu pourrais avoir les bonbons, toi ? »

Griffes et Crocs, Griffes et Cœur, Gryff vainqueurs !
Gryffondor du mois en 01/2013, 06/2014, 12/2014 et 03/2015 - Elève du mois de Juin 2014 et Mars 2015
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Ancien sorcier

SOS d'un blaireau en détresse.  Libre 

Après la phase motivation, se trouvait la phase recherchation. Oui oui, ça existe, ne vous inquiétez pas, tout ce qui est ici est normal. Bref, phase recherchation. Il fallait vite partir à la recherche des ingrédients de leur future aventure, et sur-le-champ. Il fallait faire cela dans la plus grande discrétion, ne pas attirer les soupçons, et surtout, surtout : ne pas se faire prendre.

C'était cela qui terrorisait la petite Poklan, tandis que sa camarade rouge repartait dans une autre transe gryffonesque dont elle avait le secret. Mais quand faut y aller, faut y aller. Pas le droit au doute ou à l'erreur. Il fallait donc, pour leur quête, deux choses primordiales, d'après Madeleine : des bonbons de chez Weasley, et de son côté, la Gryffon préconisait l'aide d'une poudre d'obscurité du Pérou. Pratique. Elles ne savaient pas si leur entrée seraient discrète, mais leur sortie le sera assurément.

Ce qui posa problème, ce fut ce que la Rouge et Or lui demanda ensuite :


« Alors t'en pense quoi ? Et tu pourrais avoir les bonbons, toi ? »

Les yeux d'Edme s'agrandir aussitôt, et le vide se fit, aussi bien dans son regard que sa petite cervelle. La jeune fillette n'avait même idée de la forme, de la taille ou du prix des bonbons. Elle vivait recluse sur une île écossaise, loin du Chemin de Traverse ou de Pré-Au-Lard. Comment s'en fournir ? Mais il ne fallait pas que sa camarade s'en aperçoive, il ne le fallait surtout pas.

Ainsi, Ed' essaya de détourner l'attention de Madeleine sur les bonbons, en lui parlant d'autre chose. Il fallait n'importe quoi, mais surtout autre chose.


« Tu as vraiment de la Poudre d'obscurité du Pérou ? De la vraie ? Enfin, je veux dire, une qui est de bonne qualité ? »

La Poufsouffle essaya de faire un regard de chat émerveillé, les yeux gros comme des billes, brillant d'excitation. Elle parlait d'une voix douce mais légèrement aiguë, comme pour faire passer son admiration de par ses cordes vocales à son interlocutrice. La jeune Poklan continua à être ainsi dubitative, si bien qu'elle se mit presque debout sur sa geste. Elle occupait l'espace par de grands gestes, pour représenter l'explosion, ou le brouillard causé par la poudre.

La jeune fille l'imitait tellement bien qu'elle bousculait des objets sur son passage, mais elle s'en fichait un peu. Il fallait que Madeleine oublie les bonbons, et toute cette histoire qui n'était pas très bonne.

Seulement voilà, le drame arriva. A force de grands gestes éloquents et pas très impressionnants, sûrement, pour la Gryffondor qu'Edme estimait courageuse et brave, un objet de trop se brisa sur le sol de la Grande Salle. Ce fut un bruit atroce, comme un cri déchirant l'air. Comme une flèche qui fendait tout sur son passage, c'était déjà trop pour la jeune et innocente Poufsouffle.

La petite souris en sucre, censée être une fée, ne vola pas pour sauver sa vie. Au contraire, le bras de la jeune Poufsouffle la poussa, tombant et finissant sa chute à terre, aux pieds des deux jeunes filles. A la vue du massacre se déroulant sous ses yeux, Edme stoppa net tous ses gestes, restant immobile comme une statue. Ses petits yeux verts fixèrent intensément la friandise, presque comme obnubilés. Ses membres se raidirent, et la jeune Poufsouffle ferma les poings, ainsi que les yeux, avant de les rouvrir. Non, ce n'était pas une illusion. Non. Non...

Les débris de la friandise brillaient même avec la luminosité ambiante, tandis que la jeune fille s'abaissa, et ramassa le corps de la défunte souris. Elle regarda ensuite Madeleine, et lui dit machinalement, la gorge nouée et la voix étranglée :


« Je... je... Je crois qu'il... qu'il vaut mieux s'arrêter... ici. »

Les yeux embués, Edme Poklan sortit de la Grande Salle, le cadavre dans les bras, laissant derrière une Madeleine sûrement interloquée de ce qui venait de se passer. Pleurer pour une souris en sucre, c'était absurde. Une petite fée venait de s'éteindre dans ses mains. Comme quoi, dans ce monde, on s'attache vraiment à un rien.

Reducio
Je te laisse le soin de clôturer ce RPG, ce fut une joie de le faire avec toi ! :)

SOS d'un blaireau en détresse.  Libre 

« Alors qu'est ce que tu en dis ? Et tu pourrais avoir les bonbons, toi ? »

Suite à cette question, Edme réagit bizarrement, comme prise d'une soudaine crise de panique. Madeleine commença à prendre peur : quoi, qu'est-ce qu'elle avait tout d'un coup ? Les avait-on entendues comploter ? Un professeur ou Rusard était-il là, juste derrière elle ?

Mais avant que la jeune Rouge ne dise quoi que ce soit ou n'esquisse le moindre geste, la Poufsouffle avait repris la parole :


« Tu as vraiment de la Poudre d'obscurité du Pérou ? De la vraie ? Enfin, je veux dire, une qui est de bonne qualité ? »

Ah, ça n'était que ça ! Voilà qui rassurait la Gryffondor, mais cet instant de retour au calme ne dura guère : la Jaune se comportait toujours bizarrement, bon d'accord, depuis le début, aux yeux de Madeleine, son comportement était bizarre, mais là, elle atteignait des sommets !

Elle fixait sa camarade de ses gros yeux écarquillés remplis d’excitation autant d'émerveillement. Puis elle commença à avoir de grands gestes désordonnés avec ses bras, pivotant sur ses jambes, tournant dans une danse effrayante et grotesque.

Edme bousculait des objets, qui tombaient sur le sol dans un fracas de métal et de verre. Madeleine recula, ne sachant que faire pour arrêter la folie qui, soudainement, semblait avoir pris possession du corps de la Jaune. Tournant la tête de droite à gauche, elle attendait de l'aide, quelque chose. Enfin, elle se résolut à attraper sa baguette. Mais, juste quand elle amenait sa main à sa poche, la Poufsouffle cessa son manège.

D'un air complètement atterrée, elle fixait le sol, juste devant ses pieds. Là, gisait la petite souris en sucre, où du moins ce qu'il en restait.

Edme était figée, ses membres raides, elle contemplait le massacre, elle ferma les yeux et les poings, les rouvrit, se pencha pour ramasser les restes de la friandise et enfin, d'une voix étranglée dit à Madeleine :


« Je... je... Je crois qu'il... qu'il vaut mieux s'arrêter... ici. »

Et sur ses derniers mots, elle s'enfuit, la souris serrée contre elle, laissant derrière elle une jeune Gryffondor, un tantinet éberluée par ce qui venait de se produire, au milieu d'une mare de débris.

Reprenant ses esprits, la Rouge tourna la tête à droite, à gauche, puis contempla la vaisselle étalée par terre : il fallait vite nettoyer tout ça avant que quelqu'un arrive.

Alors, sortant sa baguette, elle entreprit de réparer les dégâts d'Edme à coups de Reparo successifs. Puis lança un Récurvite sur le tas (quitte à ranger, autant ranger de la vaisselle propre), enfin, soupirant, elle s'agenouilla et entreprit de remettre sur la table tout les objets étalés par terre.

Quand la seule trace des événement visible fut le tas de vaisselle propre au milieu de la table ravagée des Gryffondors, Madeleine, renonçant à se chercher quelque chose à manger, sortit de la Grande Salle, direction : la pile de devoirs à faire qui l'attendait au pied de son lit.

Sa journée de samedi, qui pendant quelques minutes, lui avaient semblé excitante et insolite allait finalement être comme tant d'autres : se résumer à une plume qui gratte un parchemin dans son coin.


Reducio
RPG terminé.
Le plaisir fut partagé. ;)

Griffes et Crocs, Griffes et Cœur, Gryff vainqueurs !
Gryffondor du mois en 01/2013, 06/2014, 12/2014 et 03/2015 - Elève du mois de Juin 2014 et Mars 2015