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Une faim de Gryffon  Libre 

Kaeyann se lassa tomber sur une chaise à la table des Gryffondors. Elle était épuisée, et sa première journée de cours n'était même pas terminée. Son dos élançait douloureusement, mais c'était sa faute et elle le savait: elle avait tenu à emporter avec elle près de la moitié des livres que la bibliothèque de sa famille contenait. Elle avait pour mot dire qu'on n'avait jamais trop de lecture, et c'était d'autant plus vrai maintenant qu'elle venait de débarquer dans cette nouvelle école, seule. Enfin... pas «seule», mais c'était tout comme. Ses deux soeurs dont l'âge était le plus rapproché du sien, les jumelles Faewenn et Maella, étaient déjà en septième année d'études, et elles étaient dans une maison différente de la sienne: autant dire qu'elle ne les croisait pas souvent. Eh oui...Kaeyann était la cadette de la famille, et de loin. «Cadette et surprise», aimait dire sa mère. Après avoir eut trois filles, puis une paire de jumelles, Mr. et Mme. Hirondella avaient renoncé à avoir un garçon, et puis le temps avait passé. Six ans plus tard, Kaeyann pointait le bout de son petit nez plein de taches de rousseurs, et alors tout avait recommencé: les robes noires pour l'école, le chaudron neuf, les livres qui s'empilent!

Parlant de livre...Kaeyann tira un lourd ouvrage sur l'histoire des écoles de sorcellerie d'Europe et en tourna paresseusement les pages. Elle l'avait déjà lu des dizaines de fois, elle espérait simplement se donner un air détaché, ne pas montrer qu'elle était en fait affamée, mais trop timide pour sauter dans la mêlée et se servir à manger dans l'un des grands plats de service dont le contenu semblait des plus appétissant. L'odeur seule suffisait à faire grogner son ventre d'impatience. Chez elle, chaque personne mangeait le contenu de son assiette, et personne ne souhaitait revivre l'épisode du «repas commun» qui avait tourné à la catastrophe des années plus tôt et avait laissé sur la famille des cicatrices aussi bien physiques que psychologiques. Quelle idée, tout de même, de mettre à la disposition de six sœurs aux personnalités fortes - mais diamétralement opposées - UNE SEULE assiette pleine de petits gâteaux!

Kaeyann coula un regard en direction d'une montagne de petits pains chauds qui sentaient incroyablement bon. Ils étaient posés entre le pichet de jus de citrouille et la soupière pleine de ragout, et aucun des élèves assis devant ne semblait y prêter attention. Elle pourrait certainement tendre la main et en prendre un ou deux. Les attraper discrètement, sans interrompre la conversation animée qui se déroulait entre les autres occupants de la table - qui semblaient tous tellement plus grands et confiants qu'elle!-. Et peut-être même...faire glisser le plat de bœuf bourguignon vers la droite et le rapprocher suffisamment d'elle pour s'en servir une bonne portion sans déranger. Oui... c'était une bonne idée. La jeune fille fit glisser sa chaise sur le sol sans bruit et jeta des regards autour d'elle: personne ne semblait avoir remarqué sa présence, et c'était tant mieux. Elle devait avoir l'air bien ridicule, dans sa robe de sorcière au manches trop longues, avec son immense livre posé entre elle et son assiette vide, alors qu'elle se penchait lentement vers la pyramide de pains. Elle était déterminée, elle avait un plan. 1.Attraper un pain de sa main gauche. 2. Saisir la poignée du plat de bœuf de la main droite. 3. Dans un mouvement vif et discret, ramener le tout vers elle. 4. Attendre de voir si elle avait importuné les étudiants plus âgés. 5. Si non: manger. Si oui...rougir de la tête au pieds et se confondre en excuses... Elle frotta ses mains l'une contre l'autre et murmura:


« Action! »

Tout se déroula en un instant: Kaeyann étira le bras, mais presque dix centimètres séparaient toujours ses doigts du pain le plus près. Elle se leva de sa chaise, et alors qu'elle était dans cette position semi-fléchie, penchée sur la table, un hululement perçant au-dessus de sa tête la fit sursauter et elle perdit l'équilibre. Les centaines de hiboux et de chouettes qui venaient de faire leur entrée dans la grande salle pour la distribution du courrier troublèrent la joyeuse lassitude qui s'était installée à chaque table, mais même leurs cris et leurs battements d'ailes frénétiques ne purent couvrir le boucan terrible que fit la jeune fille en tombant de sa chaise, renversant l'assiette de pains au complet. C'en était fini de l'appétissante pyramide. Le plateau en or heurta le sol dans un grand claquement que les murs de la grande salle renvoyèrent en écho amplifié.

Confuse et horriblement gênée, Kayeann se releva lentement, consciente que tous les regards étaient maintenant braqués sur elle.

.oOo.Kaeyann Hirondella.oOo.C'est dans le brouillard qu'une rencontre est belle.oOo.
Capitaine des Red Lights ~ Préfète ~ Tutrice ~ Gryffon d'Argent
♦ Élève du mois de Février 2014♦
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Ancien sorcier

Une faim de Gryffon  Libre 



Gwen -qui était en retard car elle n'avait pas vu le temps passer à la bibliothèque- se précipita dans la Grande Salle. Lorsqu'elle eut passer les portes, elle se rendit compte que ce n'était pas très discret de courir, et elle se stoppa donc net, regardant les alentours.

* Aucun regards. Tant mieux. *

Elle haussa les épaules, accompagné d'une petite moue, et se dirigea vers sa table. Elle choisit une place un peu à l'écart, mais en face de plats succulents. Elle posa avec vacarme son sac rempli de livres et se rendit compte, encore une fois, à quel point elle n'était pas très délicate... Cela fit d'ailleurs renverser un verre de jus de citrouille sur la robe d'un jeune Serdaigle de première année qui la foudroya du regard, essayant de s'essuyer comme il le pouvait. Elle lui fit un petit sourire d'excuse, qui ressemblait plus à une grimace qu'à un sourire, et s'assit en espérant qu'elle serait enfin tranquille et qu'elle allait agir moins bêtement... Elle fixa donc son regard sur son assiette durant tout son repas, essayant d'apprendre par cœur son emploie du temps.

Elle se remémora alors sa première journée : elle avait eu ses premiers cours et avait découvert ce monde exaltant qu'est la magie. Malgré le bonheur qu'elle ressentait d'être ici, elle était nuancée quant à ses sentiments : enfin elle pouvait apprendre des choses extraordinaires et comprendre d'où lui venait certaines différences d'avec les moldus, mais d'un autre coté, certains points ne changeaient pas, puisqu'elle n'avait toujours pas réussis à rencontrer quelqu'un, encore moins à se faire des amis. Elle soupira bruyamment et se demanda si elle avait à faire un réel effort, ou si elle devait désormais se résigner à rester seule... Elle balaya d'un geste ces pensées et se concentra sur ses cours.

Elle sortit le livre de première année de Bathilda Tourdesac, « Histoire de la Magie ». Elle n'avait pas encore eu ce cours, mais adorant l'histoire, elle n'avait pas pu s'empêcher de le feuilleter longuement : elle avait découvert des anecdotes extraordinaires, et comprenait un peu plus le monde moldu par la même occasion. Un chapitre l'avait particulièrement intéressé : c'était celui dans lequel elle avait découvert qu'il n'existait pas qu'une école de sorcellerie. Poudlard n'était pas le seul collège pour jeunes sorciers au monde, et cela l'avait frappé de logique, bien qu'elle n'y avait pas pensé... Malheureusement, ces écoles n'étaient pas décrites dans le livre qu'elle avait, et lorsqu'elle avait demandé plus d'informations la bibliothécaire, celle-ci lui avait machinalement répondu que le seul livre vraiment précis sur ce sujet venait d'être emprunté. Gwen laissa tombé alors tomber, bien que cela l'intéressait toujours...

Ses pensées furent alors coupées par l'arrivée des hiboux et des chouettes qui amenaient le courrier. Bien sûr, Gwen n'avait pas de lettre... Mais elle profita tout de même du moment pour admirer les rapaces. C'est alors qu'on entendit un grand fracas provenant de la table des Gryffondors. Gwen se retourna en fronçant les sourcils, pour voir ce qu'il venait de se passer : une malheureuse première année venait de tomber et de renverser le plat de pains qui se trouvait à ses côtés. Ses cheveux étaient en pagaille et elle avait le teint légèrement rougi. Gwen fronça le nez lorsqu'elle vit que les autres élèves de sa maison la regardaient avec insistance, et ceux des autres (ainsi que la sienne) réagissaient soit en levant les yeux au ciel avec un air d'exaspération, soit en se moquant et en faisant des messes basses à leurs voisins... Gwen, elle, secoua la tête d'amertume.


* Cela pourrait arriver à n'importe qui ! Je viens bien de renverser un verre sur un autre élève en entrant dans la salle... Les gens ne sont vraiment pas indulgents. *

Elle soupira alors, et se rendit compte que c'était la première fois qu'elle ressentait de la compassion et de la chaleur pour quelqu'un depuis qu'elle était arrivée au château.

C'est alors qu'elle ouvrit de grands yeux ronds : le livre ! Le livre sur les écoles de sorcellerie ! Elle n'avait pas rêvée ?! Elle fronça les yeux pour mieux lire. Oui ! C'était bien ça ! Elle vit la demoiselle se relever lentement. Que devait-elle faire ? Aller la voir ? Lui demander si elle pouvait jeter un coup d’œil ou combien de temps elle comptait le garder ? Elle réfléchit à toute vitesse... La chaleur lui montait aux oreilles. Appart de simples politesses, elle n'avait pas encore véritablement adressé la parole à quelqu'un. Elle soupira un instant... puis se leva et fit plusieurs pas pour arriver devant la demoiselle.

Elle s'arrêta net, ne sut pas trop quoi faire, resta plantée là plusieurs secondes à regarder étrangement la jeune Gryffondor qu'elle avait en face d'elle, puis se baissa pour ramasser les petits pains. Elle vit que sa camarade faisait de même et croisa son petit sourire. Elle vit ses beaux yeux verts et ses tâches de rousseur. Une fois les petits pains ramassés et remis à leur place, Gwen regarda une nouvelle fois les autres élèves qui regardait discrètement la scène. Elle jeta un regard froid à un Serpentard de première année qui les pointait du doigt, puis, déterminée, tendit une main droite et ferme à la demoiselle en face d'elle.


« Gwenvred Filip » fit-elle sans un sourire.

* OUF ! Les premiers mots sont passés ! *

Elle attendit donc de voir comment allait réagir la Gryffon, et si elle allait répondre à sa poignée de main...

Une faim de Gryffon  Libre 

Kaeyann replaça sa robe d'un mouvement sec et tenta vainement d'en lisser le bas du plat de la main. C'était peine perdue: l'étoffe était déjà froissée avant sa cascade, et elle était désormais tachée d'une matière brune et chaude. C'était sans doute la sauce du ragoût qui avait giclé pendant sa chute, où plutôt: son plongeon disgracieux du haut de sa chaise. La jeune fille secoua la tête pour dégager son visage des mèches de cheveux rebelles qui lui obstruait la vue et se pencha pour essayer de limiter les dégâts. Les petits pains qu'elle avait projetés par terre étaient bons pour la poubelle, assurément, mais peut-être pourrait-elle en sauver quelques uns parmi ceux qui étaient tombés sur la table.

Quand elle releva la tête, elle aperçut une jeune Serdaigle qui était venue à sa rescousse. Elle lui sourit, reconnaissante, et termina de nettoyer son dégât avec son aide.

« Gwenvred Filip », dit la Bleue quand le plancher fut débarrassé de tous les petits pains.

«Salut, je suis Kaeyann Hirondella.» répondit la rouquine en serrant la main que lui tendait Gwenvred. «Merci de t'être portée à mon secours, et sans même rire de moi un peu. Tu as beaucoup de self-control, dis donc.»

Kaeyann sourit. Elle savait très bien qu'elle était maladroite et qu'elle se mettait continuellement les pieds dans les plats. Au fil des années, elle avait appris à en rire pour ne pas se rendre malheureuse, et depuis, les choses s'étaient un peu améliorées pour elle. Oh, elle renversait encore tout ce qu'elle trouvait, fonçait dans les murs aussi bien que dans les gens, s'étouffait dans sa propre salive et trébuchait dans ses propres pieds, mais au moins elle le prenait avec un sourire résigné, et les gens y faisaient moins attention.

Une vive douleur traversa soudainement son doigt, la forçant à se retourner. C'était Cupidon, le hibou imbécile de sa sœur ainée, qui s'impatientait sur la table et lui avait mordillé l'index pour attirer son attention. Kaeyann se pencha pour détacher le journal roulé que l'oiseau portait dans le cou, et elle lui donna à manger l'un des pains qui était tombé.


«Ne fais pas la fine gueule avec moi, veux-tu?» gronda Kaeyann quand le hibou jeta un regard courroucé à ce qu'elle lui offrait.

Comme les gens commençaient à se désintéresser d'elle au profit du courrier qu'ils avaient reçu, Kaeyann s'étira et attrapa la soupière par les deux poignées. Personne ne sembla remarquer qu'elle s'enfuyait avec le repas, et c'était tant mieux. La jeune fille s'installa un peu plus loin au bout de la table avec son livre, son journal et son ragout, bien décidée à ne plus déranger personne, et tira une chaise à côté d'elle pour inviter Gwenvred à se joindre à elle.
«Je te promets de faire de mon mieux pour ne rien te renverser dessus» ajouta Kaeyann avec un faible sourire appelant à l'indulgence.
Reducio
Pour bien préparer le merveilleux dessert qui attends tous ces merveilleux enfants, il ne faut pas se planter dans les ingrédients. Tout d'abord, ne pas oublier la farine, parce que sans farine, pas de gâteaux ! Tout comme la levure d'ailleurs, les élèves seraient triste de manger un gâteau tout raplapla ! Que faut-il d'autre ensuite ? Ha, mais oui, des oeufs, spécialement amenés par madame la Poule en personne ! N'est-ce pas génial ? Bon, ensuite vient le beurre, la poudre d'amandes, le sucre roux et glace... Sans oublier le chocolat ! C'est pas très diététique tout ça, mais c'est pas grave, les élèves suivront une cure après ça.

Pour commencer, et avant de commencer à préparer tout ça, il faut préchauffer les baguettes pour une cuisson e-x-e-m-p-l-a-i-r-e ! Ah mais non, les Elfes de maison n'ont pas de baguette... Dans ce cas, préchauffez ce qui vous sert de chauffage à gâteau... et tout ça à une température très précisément précise : 210 degrés !

Faites fondre le merveilleux chocolat et le beurre au bain-marie, sans en manger... Il en faut assez pour tous les gâteaux, non mais !

Dès que vous avez fait cela, il faut ajouter le merveilleux sucre roux avec la farine, la levure, la poudre d'amandes et les oeufs entiers de Madame la Poule ! Est-ce fait ? D'accord, il faut bien mélanger maintenant... Et pour ce faire, chantez avec moi, ce sera plus gai : "je fais de la bouillie pour mes trois petits cochons, pour 1, pour 2, pour 3..." Oui, ok, c'est pas de la bouillie mais c'est pas grave, c'est moi le chef donc vous chantez !

Ensuite, versez dans un moule beurré et mettez tout cette délicieuse préparation et laissez ça chauffer pendant 20 petites minutes. Quand ce merveilleux gâteau sortira du four, saupoudrez de sucre glace et tout sera par-fait !

.oOo.Kaeyann Hirondella.oOo.C'est dans le brouillard qu'une rencontre est belle.oOo.
Capitaine des Red Lights ~ Préfète ~ Tutrice ~ Gryffon d'Argent
♦ Élève du mois de Février 2014♦