Grande salle

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Distribution de bracelets

Reducio
Ce RPG est la suite de celui-ci.

« Après manger, je suis descendu dans le parc, parce que j'avais l'après-midi de libre. Je crois avoir vu une ado qui parlait à sa plume, c'était bizarre. »


Madeleine sortait de table après le petit déjeuner. C'était samedi matin. La plupart des élèves étaient heureux et quittaient la salle avec joie pour accueillir cette journée de détente après une longue semaine à courber l'échine sur des parchemins qui sentaient le moisi.

Madeleine, elle, soupira. Non, ce n'était pas à cause de la perspective d'une masse de devoirs énorme. Même si cette masse existait, les soupirs la concernant viendrait plus tard. Non, si elle soupirait, c'est à cause des escaliers et de l'ambiguïté du château. Pourquoi Gryffondor avait-il sa salle commune au 7ème étage ? Pourquoi pas comme les Poufsouffle au rez-de-chaussée ?


« Si vous allez à Gryffondor
Vous rejoindrez les courageux,
Les plus hardis et les plus forts
Sont rassemblés en ce haut lieu. »


Telle est la chanson du Choixpeau Magique récitée avant la Répartition. Et bien la première épreuve pour savoir si vous êtes un vrai Gryffondor, c'est de voir, si, après vous être goinfré au festin de début d'année, vous êtes capable de monter les sept étages qui vous séparent de votre nouveau dodo. Et pour ceux qui survivent à cette épreuve, ils sont ensuite tenus de recommencer l'expérience tous les jours ! Non, être un Gryffondor, c'est pas un boulot facile.

Madeleine faisait partie de ses valeureux qui avaient survécus à l'épreuve post-Répartition. Voilà maintenant plus de deux ans qu'elle renouvelait l'expérience. Mais à l'instant présent, elle se maudissait de ne pas avoir pensé, avant de descendre prendre son petit déjeuner, à prendre le nécessaire pour la suite de la journée car la Gryffone comptait passer la matinée dans la Grande Salle.

Maintenant, elle devait donc faire deux fois le trajet Grande Salle ↔ salle commune. Courageusement, elle s'élança dans les escaliers.

* * *


Quinze minutes plus tard, elle était de retour, son sac plein de bouquins et parchemins, et une petite boîte dans la main. Elle s'installa à l'extrémité de la table Rouge&Or la plus proche de la porte et ouvrit la petite boîte.

Elle contenait une dizaine de bracelets, de tous les matériaux et de tous les prix mais tous avaient un point commun : ils brillaient. C'est pour cela que les niffleurs les avaient pris pour cible et enfoui dans leur terrier. Mais Madeleine les avait retrouvé ! Au départ, elle n'en cherchait qu'un... mais les sortilèges d'attraction réservent parfois des surprises, du coup, elle en a eu dix.

Suite à cela, et voulant rendre à leurs propriétaires les bracelets égarés, la préfète avait placardé des affiches partout dans Poudlard : les couloirs, à côté des portes des salles de classe, dans la Grande Salle, dans la salle commune et dans les toilettes (des filles). Elle espérait ainsi que personne n'est loupé l'info et surtout pas les propriétaires des bracelets perdus.

Voici le mot que l'on pouvait voir partout dans Poudlard (pour le plus grand plaisir de Rusard,vous vous en doutez bien) :


Bonjour !

J'ai retrouvé une dizaine de bracelets perdus (volés par les niffleurs du professeur Almeida).
Si vous soupçonnez que l'un de ses bracelets vous appartient, je me trouverais le matin du samedi 2 mars dans la Grande Salle, à l'extrémité de la table des Gryffondor, j'aurais les bracelets avec moi.



Comme promis, la troisième année se trouvait donc au lieu de rendez-vous. Elle étala les bracelets sur la table devant elle, bien en vue. Pour patienter en attendant la venue d'éventuels élèves, elle avait pris ses devoirs. Il ne restait donc plus qu'à attendre.

Reducio
RPG libre. Il peut être très court, un ou deux posts le temps de retrouver le bracelet, ou bien plus long si vous comptez engager la conversation ou... si votre personnage n'a pas que de bonnes intentions... C'est à vous de voir. ;)

Griffes et Crocs, Griffes et Cœur, Gryff vainqueurs !
Gryffondor du mois en 01/2013, 06/2014, 12/2014 et 03/2015 - Elève du mois de Juin 2014 et Mars 2015
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Ancien sorcier

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Shannon se réveilla en sursaut. Elle prit quelques minutes pour calmer les battements de son cœur avant de se laisser tomber sur son matelas. Elle avait passé une nuit horrible, peuplée de cauchemars et de réveils à des heures indues. C'était la même chose depuis une semaine. Depuis qu'elle avait perdu son bracelet porte-bonheur. C'était sa meilleure amie, Emily, qui lui avait offert avant son départ pour Poudlard. La blonde avait eu du mal à accepter que sa sœur de cœur s'en aille à l'autre bout du pays pour la moitié de l'année. Alors, elle avait eu l'idée de ces bracelets. Elle avait fabriqué deux bracelets, presque à l'identique. Celui de Shannon était rose, et comportait une breloque argentée en forme de tortue, son animal fétiche.

Depuis qu'elle l'avait reçue, elle chérissait le bijou de tout son cœur. C'était le signe de l'amitié des deux fillettes. Un simple coup d’œil lui rappelait tous les merveilleux moments qu'elles avaient eus ensemble et cela lui remontait toujours le moral. Aussi, cela faisait une semaine que la Poufsouffle broyait du noir. Elle avait eu beau chercher, elle n'avait rien trouvé. Elle avait passé tout son temps de libre à retourner chaque pierre du château, à questionner chaque personne - vivante ou non - qu'elle croisait, en vain. Comble du malheur, cela lui avait fait prendre du retard sur ses devoirs et l'adolescente, très à cheval sur la politesse, détestait ne pas pouvoir rendre son travail en temps et en heure.

Alors que tout semblait au plus mal, l'espoir avait enfin resurgit lorsqu'elle avait aperçut un mot, placardé dans les toilettes. Une préfète de Gryffondor avait trouvé des bracelets, volés par des niffleurs. La brune ne savait pas ce qu'était un niffleur, mais peu importe ! C'était sa dernière chance. Si son bracelet ne se trouvait pas parmi ceux-là, elle n'aurait plus qu'à se jeter du haut de la tour d'Astronomie de désespoir.

Aussi, en ce samedi matin, elle se secoua pour sortir de son lit et se préparer. Il était tôt, trop tôt pour un début de weekend, mais elle n'en pouvait plus d'attendre. Après une rapide douche, elle enfila son uniforme et quitta son dortoir, essayant de ne pas réveiller ses camarades endormies. Pour une fois, elle n'eut pas trop de mal à trouver son chemin et fut bientôt dans la Grande Salle. Elle s'arrêta au seuil des immenses portes pour scruter les tables, admirant au passage le plafond magique. Il affichait un temps radieux. Était-ce un présage pour la journée ? Elle l'espérait.

Ne voyant aucun signe de l'auteur de l'annonce, elle s'installa parmi les Poufsouffle. Elle mangea avec appétit, tout en surveillant la table des lions à la recherche de celle qui serait peut-être sa sauveuse. Elle venait de reposer sa tasse de thé lorsqu'elle repéra une Gryffondor disposer des objets qui ressemblaient fort à des bracelets devant elle. Elle se précipita, manquant de s'étaler par terre. Arrivée près de la préfète, elle observa avec attention les bijoux.


"Mon bracelet ! s'écria-t-elle. C'est mon bracelet, je peux le récupérer ? demanda-t-elle en se tournant vers la jeune fille."

Finalement, son bonheur se trouvait là. Son bracelet, de rose et d'argenté entrelacés, brillait et semblait l'appeler. La chance lui souriait enfin !

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Madeleine n'était finalement pas très motivée pour faire ses devoirs. Apparemment les bougies qui voletaient comme à leur habitude au-dessus des tables de la Grande Salle et la plafond magique, qui pourtant ne montrait rien d'autre que le même ciel que celui que l'on apercevait par les hautes fenêtres, étaient bien plus intéressant. Au moins, elle avait eu la sagesse de ne pas emporter de livres (à part ses manuels) ou autre moyen de distraction. Si ça avait été le cas, alors là, pour les devoirs, c'était mort. Et même si la troisième année préfètre pour le moment baillait aux corneilles, l'ennui devrait vite l'emporter si rien ne se passe. Mais, malheureusement pour ses devoirs, ce ne fut pas le cas. La jeune fille n'était pas installée depuis dix minutes qu'une fillette se leva précipitamment de la table des Poufsouffle et courut vers elle. D'ailleurs, la demoiselle manqua s'étaler en se prenant les pieds dans sa robe, mais finalement arriva à peu près entière à la table des Gryffondors.

Elle était plus petite que Madeleine, sûrement une première année. Son visage était encadré par des cheveux châtains qui rappelaient la couleur ambrée du caramel. Elle avait de très beaux yeux verts qu'elles dardaient sur un des bracelets de la Gryffondor. Enfin, un des bracelets que la troisième année avait trouvé et comptait rendre à leur propriétaires, vous m'aviez comprise.


« Mon bracelet ! C'est mon bracelet, je peux le récupérer ? »

Vu son expression, son ton et la précipitation avec laquelle la Poufsouffle était arrivée près de Madeleine, elle devait beaucoup tenir au bracelet qu'elle avait égaré. Et visiblement, cette breloque était tombée entre les mains de certaines bestioles de Soins Aux Créatures Magiques...

Tout ça pour dire que la petite semblait avoir trouvé son bonheur parmi le trésor des niffleurs. Elle désignait un bracelet rose et argenté agrémenté d'une petite tortue brillante. C'était probablement cette dernière qui avait attirée la créature, ainsi que les fils d'argent.

Ravie d'avoir fait un premier heureux (et d'avoir un bracelet en moins sur les bras), Madeleine répondit en souriant :


« Celui-là ? Oui, bien sûr prends-le. Et fais attention la prochaine fois. Les niffleurs sont attirés par tout ce qui brille, un peu comme les pies moldues si tu préfères. »

La préfète ne connaissait pas les origines de son interlocutrice. Peut-être son explication était-elle inutile si la Jaune avait des origines sorcières, ou peut-être pas. Après tout, il arrivait même que des sorciers ne sachent pas reconnaître ses créatures et ne connaissent pas leur penchant pour tout ce qui brille. Dans le doute, Madeleine préférait préciser les choses afin que de telles mésaventures ne se reproduisent pas. Elle n'avait pas envie de passer tous ses samedis à distribuer des bracelets.

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Désolée pour le retard.

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Ancien sorcier

Distribution de bracelets

Roxane était de mauvaise humeur. Vraiment. Et pour cause : elle avait perdu son bracelet préféré. Il n'avait rien d'exceptionnel, ce n'était pas du dix-huit carats incrusté de diamants et autres pierres précieuses, ou encore un bijou ayant appartenu à son arrière-arrière-grand-mère. C'était une breloque toute simple, sans fioritures ni prétention, ne comportant pour décoration qu'une minuscule pierre bleue extrêmement brillante. Sans doute du toc, mais tant pis, elle se fichait pas mal de savoir si c'était du pur snob ou non. Tout ce qui importait, c'était qu'il avait disparu, et qu'elle ne le reverrait peut-être jamais. Sauf que cette solution n'était pas valable, elle n'entrait pas dans le formulaire, on ne pouvait décemment pas cocher cette case-ci, ce truc devait bien être quelque part ! Pourquoi de tous les bracelets du monde, avait-il fallu que ce soit le sien qui disparaisse de la sorte ? Et puis d'ailleurs, comment était-ce possible, vous pouvez me le dire ? Même si elle n'était pas quelqu'un de très ordonné... Rectification : même si elle était la fille la plus bordélique qui soit, elle n'omettait jamais de ranger son bracelet, soir après soir, et tant pis si cela paraissait bizarre. Et là, comme par hasard, il disparaissait comme s'il n'avait jamais existé, pouf ! Plus de bracelet. Franchement, est ce que quelqu'un avait une explication rationnelle face à ce phénomène ? Parce que dans l'état où elle était, Roxane aurait pu accepter les théories les plus farfelues qui soient. Ou presque. Parce que la vision du mot épinglé par Madeleine Koter dans tout Poudlard lui donna une nouvelle raison de s'arracher les dernières touffes de cheveux qui lui restait.
Reducio
C'est une image hein, Roxy a encore tous ses cheveux ! Ne pas dire qu'elle est chauve donc. :lol:


Il avait fallu que dans toute le château, que dis-je, cette faune d'élèves tous plus différents et imprévisibles les uns que les autres, il avait fallu que ce soit elle qui ait en sa possession son trésor ! A croire que le sort s'acharnait sur Roxane, c'était impossible autrement. Qu'est ce qu'elle avait donc fait pour mériter pareil supplice ? Cela aurait pu tomber sur n'importe qui, mais non, c'était l'autre Rouge qui avait insisté pour jouer la bonne pâte. Ne pouvait-elle pas avoir refourgué cette charge à quelqu'un d'autre ? Parce que si son bracelet se trouvait bien là, ce dont Roxane était pratiquement sûre, elle irait le récupérer coûte que coûte, mais l'idée de devoir croiser de nouveau le regard de son « ennemie » lui répugnait purement et simplement.

C'est donc le nœud au ventre et l'humeur toujours orageuse qu'elle se rendit dans la Grande Salle, bien décidée à expédier cette corvée au plus vite. Elle ne tarda pas à repérer Madeleine, juchée sur la table des Gryffons, blablatant on ne sait quelle formalité à une Jaune dont les yeux brillaient si fort qu'ils auraient pu éclairer aussi bien qu'une lampe de poche. Celle-ci tenait quelque chose dans sa main et semblait en littérale extase devant ledit machin, ça devait être un des nombreux bracelets rapportés par Miss Koter. Il semblait que son stand avait fait le bonheur de déjà quelques personnes, et, espérons-le, de Roxane. Car même si elle ne supportait pas la préfète, elle se devait au moins de saluer la gentillesse de celle-ci. La Verte s'approcha d'un pas tranquille, mais finit par accélérer l'allure au fur et à mesure. Elle finit par se retrouver devant Madeleine, un discret
« B'jour » suffit à jouer la carte de la politesse, en rogne oui mais toujours aimable ! N'est-ce-pas Roxy ? Mais maintenant, l'heure était au Où-est-mon-bracelet-?! et à rien d'autre. La deuxième année parcourut l'étalage des yeux. Il y en avait des précieux, des autres bon marché, certains colorés, ou encore sobres, simples ou étranges, bref il y en avait pour tous les goûts.

Mais pas pour celui de Roxane. Car son bracelet ne se trouvait définitivement pas là. La fillette commença vaguement à paniquer tandis qu'elle prenait peu à peu conscience que son bijou ne faisait pas partie de ceux exposés devant elle, autrement dit elle avait eu de faux espoirs, qui venaient eux-mêmes de s'éteindre comme une bougie qu'on souffle. Elle chercha encore et encore, mais aucun ne correspondait. La Verte sentit une certaine inquiétude l'étreindre tout à coup, elle n'avait pas prévu les choses ainsi. Elle respira un grand coup et planta ses pupilles dans celles de Madeleine, exactement comme la dernière fois – sauf que sur le coup, ce n'était pas pour lui cracher son venin.


« T'es sûre que t'en as pas d'autre ? Je veux dire, t'en aurais pas oublié un dans ta Salle Commune par hasard, ou quelque part ailleurs ? Un lacet de cuir, avec une p'tite pierre bleue super brillante. »

Elle savait sa question idiote, et qu'elle était probablement inutile ; mais au moins, elle serait entièrement sûre que son bracelet n'était pas ici, et pourrait recentrer ses recherches vers un autre endroit. Et puis, l'espoir fait vivre non ? Qu'importe qu'on ne soit pas dans un conte de fées, les miracles subsistaient encore de nos jours.

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Après la Poufsouffle, ce fut une Serpentard qui s'approcha de Madeleine. Et pas n'importe quelle Serpentard, Roxane, la personne que la préfète détestait le plus dans toute l'école derrière, bien sûr, Amber Hoover, le préfète verte et grande copine de la brunette qui s'avançait vers la Gryffondor.

« B'jour » dit la Verte à peine intelligiblement.

« Salut. » répondit Madeleine sur le même ton sans cacher le moins du monde qu'elle n'était pas heureuse d'avoir encore affaire à la Serpentard.

S'en suivit une inspection prolongée, que dis-je une fouille, menée par Roxane dans les bracelets, durant laquelle ni l'une ni l'autre des deux élèves ne desserra les lèvres.

Finalement, sans que la Verte ait trouvé ce qu'elle cherchait, elle dit :


« T'es sûre que t'en as pas d'autre ? Je veux dire, t'en aurais pas oublié un dans ta Salle Commune par hasard, ou quelque part ailleurs ? Un lacet de cuir, avec une p'tite pierre bleue super brillante. »

Madeleine leva les yeux au ciel. Oui, c'était méchant. Roxane était plus petite qu'elle et visiblement, elle avait perdu un objet très important à ses yeux mais la préfète n'avait pas pour autant l'intention de se montrer agréable.

Il faut dire aussi que la dernière fois que les deux filles s'étaient croisées, avait eu lieu entre elles une magnifique joute verbale, abrégée par Roxane et sa super-copine Amber. Les deux Vertes avaient dégainé leurs baguettes et finalement fait faire à Madeleine une chute de plusieurs mètres qui s'était résolue par une jambe cassée pour la jeune fille. Et ce, sans que la troisième année ait pu faire le moindre geste pour se défendre.

Depuis ce jour, Madeleine, blessée dans son honneur de s'être fait vaincre aussi rapidement et facilement, détestait purement et simplement les deux Serpentard.

Tout ça pour dire, que non, la demoiselle n'avait pas du tout envie de se montrer gentille envers sa cadette. Finalement, elle jeta à Roxane :


« Tout est là. Et non, désolée mais je ne me taperais pas l'aller-retour jusqu'au septième pour tes beaux yeux. Ça sert à rien de pleurnicher. Tu peux continuer à chercher ton bracelet parmi cela si tu veux, sinon casse-toi, je n'ai pas envie de devoir te supporter et tu pollues mon champ de vision. »

Il y avait longtemps que Madeleine n'avait pas ouvert les hostilités d'elle-même. En fait, elle ne se souvenait pas avoir jamais dite de telles choses et sur un ton aussi sec à un autre élève, surtout plus petit qu'elle. Habituellement, c'était plutôt elle qui calmait les choses, c'était d'ailleurs en partie pour ça qu'elle était préfète. Mais Roxane était rangée dans la case « Petite peste arrogante » et portait la mention « Ennemie » dans l'esprit de Madeleine. Elle bénéficiait donc d'un traitement en accord avec ces deux qualifications.

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Ancien sorcier

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« Tout est là. Et non, désolée mais je ne me taperais pas l'aller-retour jusqu'au septième pour tes beaux yeux. Ça sert à rien de pleurnicher. Tu peux continuer à chercher ton bracelet parmi cela si tu veux, sinon casse-toi, je n'ai pas envie de devoir te supporter et tu pollues mon champ de vision. »

Roxane n'aurait jamais imaginé qu'il soit possible de se faire remballer aussi crûment. Elle avait mis tous ses espoirs dans les mains de Madeleine, que dis-je, de Koter, de cette fille, cette idiote ! et voilà que celle-ci les écrasaient comme un vulgaire insecte dont on ne supporte pas la vue. D'ailleurs, cette peste ne se faisait pas prier pour faire remarquer que la présence de la Verte l'horripilait plus que tout, comme si cela n'était pas réciproque. Roxane, qui avait laissé son antipathie vis-à-vis de son ennemie de coté, paniquée qu'elle était à l'idée d'avoir perdu son bijou, vit alors toute sa colère se diriger vers la Rouge. Même si son visage gardait encore les traces de ce qu'elle venait de subir, elle s'intima calme et impassibilité. Ne pas lui faire plaisir, ne pas lui donner la satisfaction de voir sa douleur transparaître sur ses traits. Elle se devait de faire face, de sauver le peu d'amour propre qui lui restait pour pouvoir riposter à son tour, de toute la force dont elle était capable. Koter avait voulu jouer avec ses émotions, pas de problème. Elle aussi allait goûter au plaisir de se faire rembarrer, et, avec un peu de chance, finirait par saisir qu'il ne fallait jamais, au grand jamais, jouer avec les nerfs de Roxane. A moins de vouloir se reprendre le même coup en plus blessant, faut penser aux intérêts. J'te prête cinq gallions, tu m'en rends sept. C'est ça, le commerce. Et ça marchait aussi pour les joutes verbales.

« Je ne te savais pas aussi rancunière, va falloir que je l'ajoute à ta liste de défauts. Décidément, tu en es bourrée ! Mais t'inquiète pas, on devrait te trouver une thérapie pour ça. Du moins je l'espère, parce que je ne connais rien ni personne capable de trouver un remède à une insensibilité aussi profonde. Ta chute aurait-elle tari les émotions que tu as pu ressentir jusque là ? Ce serait désolant, en plus d'avoir dû te farcir une bouteille de Poussos ou je ne sais quoi d'autre, d'avoir perdu la faculté de ressentir le moindre sentiment.» assena-t-elle pour commencer, sachant que ce souvenir aurait le don d'égratigner un tant soit peu Madeleine. Roxane elle-même ne s'était pas totalement remise de cette scène épouvantable, mais la rage qu'elle avait accumulée contre la gryffonne lui faisait franchir toutes les limites. « A moins que ce ne soit ta méchanceté naturelle, pour un peu tu aurais pu intégrer les Verts...» Elle réfléchit un instant puis se ravisa. « Ah non en fait, parce que même chez nous les vacheries gratuites de ce genre sont moins courantes. Décidément, tu fais partie d'une classe encore supérieure ! Mes hommages, Maddy, ce n'est pas tous les jours qu'on surpasse les Serpentard !  » cacheva-t-elle, concluant sa tirade par une salutation tout ce qu'il y avait de plus ridicule – et moqueuse.

Elle pinça ostensiblement les lèvres et toisa son ennemie des pieds à la tête. Malgré son statut de deuxième année, et donc inférieur à celui de Madeleine, elle faisait à peu près la même taille (pour cause la taille longiligne de Roxane) ce qui était en cet instant bien pratique. Car malgré tout ce que la deuxième année avait fait subir à son aînée pour lui faire comprendre qu'elle n'était pas inoffensive, Koter, fidèle à son orgueil décapant, lui accordait toujours un mépris aussi injustifié que le port de chaussettes avec des sandales. A croire que sa capacité de compréhension ne dépassait pas le bout de son nez, ce qui était légèrement inquiétant. Après tout, cette fille était préfète, et il était de son devoir de comprendre un minimum les vérités tangibles qui habitaient le monde dans lequel elle vivait. Si elle n'était pas même capable de ça, alors il valait sûrement mieux qu'elle abandonne ses fonctions pour les confier à une personne compétente, qui, avec un peu de chance, saurait se dépatouiller un peu mieux avec. A moins que ce syndrome ne touche la caste des Gryffondor dans sa totalité, mais c'était une option quasi-inenvisageable, du moins si on était optimiste ; et Roxane l'était. C'est ainsi que, malgré la rage qui l'habitait, elle se mit à espérer que Koter retrouve un jour la raison et finisse par abandonner les hostilités pour regarder un peu plus loin. OK, c'était peu probable, mais comme on dit : "L'espoir fait vivre". N'est-ce-pas ?


« Bon, j'te laisse t'amuser à refourguer tes bracelets à deux balles, vu qu'apparemment tu es bien trop égoïste pour te préoccuper un tant soit peu de ce que je ressens. Bonne chance. » lança-t-elle finalement, bien décidée à en finir avec Madeleine.

Elle tourna ensuite les talons, le cœur encore battant des derniers évènements. Malgré tout ce qui s'était passé, l'idée que son bracelet lui échappait toujours était intolérable, mais que faire sinon chercher encore encore ? En tout cas, elle ne voulait plus avoir affaire à son ennemie avant longtemps, sinon elle ne jurait plus de ses actes. Que la préfète aille s'occuper de ses veracrasses, elle n'avait pas besoin d'elle.


Reducio
A toi de voir si tu souhaites prolonger le RP ou non, j'agirais (ou pas) en fonction. ^^

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La réplique de Madeleine ne fit visiblement pas plaisir à Roxane. Tant mieux, c'était le but. Moins longtemps elle la verrait, mieux se porterait la préfète. Quand on y pense, quelle drôle d'idée ils ont eu Salazar et Godric d'enfermer les Gryffondor et les Serpentard dans la même école. Au vu déjà, des conflits, qui, il y a des centaines d'années, opposaient les deux créateurs, c'était évident que les élèves des deux maisons ne pourraient pas se saquer. Remarque, on s'ennuierait s'il n'y avait pas ses conflits centenaires pour rythmer le quotidien poudlardien.

Bref, de toute façon, ce qui est fait est fait, et maintenant, Madeleine était obligé de supporter la vue de Roxane.

Celle-ci se reconstruisit vite son expression d'arrogance et d'assurance, avec ses yeux de fouine qui cherchait la moindre faille dans les actes de l'adversaire et ses lèvres étroites qui laissaient deviner une langue fine et agile, en train de ruminer les paroles acides qu'elle pourrait cracher à son adversaire. Ce visage n'évoquait à Madeleine qu'un profond dégoût. Dégoût qui simplifiait à chaque mot articulé par cette langue de vipère.

Finalement, Roxane dit :

« Je ne te savais pas aussi rancunière, va falloir que je l'ajoute à ta liste de défauts. Décidément, tu en es bourrée ! Mais t'inquiète pas, on devrait te trouver une thérapie pour ça. Du moins je l'espère, parce que je ne connais rien ni personne capable de trouver un remède à une insensibilité aussi profonde. Ta chute aurait-elle tari les émotions que tu as pu ressentir jusque là ? Ce serait désolant, en plus d'avoir dû te farcir une bouteille de Poussos ou je ne sais quoi d'autre, d'avoir perdu la faculté de ressentir le moindre sentiment. A moins que ce ne soit ta méchanceté naturelle, pour un peu tu aurais pu intégrer les Verts... Ah non en fait, parce que même chez nous les vacheries gratuites de ce genre sont moins courantes. Décidément, tu fais partie d'une classe encore supérieure ! Mes hommages, Maddy, ce n'est pas tous les jours qu'on surpasse les Serpentard ! »

C'était tout ce qu'elle avait trouvé ? Pathétique franchement. Madeleine s'attendait à mieux. Ce n'était pas une vipère qu'elle avait en face d'elle mais un ver de terre.

Oui, Madeleine était rancunière et elle l'assumait. Mais qui ne le serait pas contre quelqu'un qui lui a volontairement cassé la jambe ? Il est vrai que ce n'est pas Roxane qui avait poussé la troisième année du haut de cette poutre mais elle était présente, et dans la pleine possession de ses moyens. Elle aurait pu intervenir. Mais à la place de cela, elle était restée tranquillement, les mains dans les poches, à regarder Amber agir. « Qui ne dit mot consent », donc, pour Madeleine, Roxane avait accepté les actes de sa préfète, elle était tout aussi coupable.

Puis, la Verte parlait d'émotions. C'est vrai qu'elle était un petit ange qui méritait qu'on la berce, la cajole et la console. Si c'était une mère de substitution qu'elle cherchait, elle n'avait qu'à demander à Amber. Madeleine savait que la petite qui jouait la fragile et le petit chiot perdu n'avait rien en commun avec la petite boule de poils que l'on caresse et qui remue la queue.

Dans sa tirade, Roxane évoquait ensuite la fameuse chute et les heures qui avaient suivi. C'était parfaitement inutile, de la salive gaspillée vraiment. A la simple vue de sa face de fouine ou à la simple évocation de son nom, les souvenirs de cette fameuse après-midi remontaient aussi sec.

Et la fin de la réplique de la Verte était risible ! Madeleine comprenait bien que ce n'était pas l'idée qu'avait voulu exprimer la Serpentard mais ce qui ressortait de ces quelques phrases, c'était que Roxane reconnaissait (enfin) la méchanceté gratuite dispensée par les élèves de sa maison. Le patriotisme exacerbée dont la Verte avait fait peur lors de leur précédent affrontement à l'égard de sa maison aurait-il disparu ?


« Bon, j'te laisse t'amuser à refourguer tes bracelets à deux balles, vu qu'apparemment tu es bien trop égoïste pour te préoccuper un tant soit peu de ce que je ressens. Bonne chance. » conclut Roxane avant de tourner les talons.

Cette dernière phrase fut comme la cerise sur le gâteau pour Madeleine. Ou bien la goutte qui fit déborder le vase. La préfète ne put se résoudre à laisser partir comme ça sa vieille ennemie, en lui laissant le dernier mot.

Elle l'interpella en élevant la voix :


« T'es-tu préoccupée, toi, de ce que je pouvais ressentir quand tu as braqué ta baguette sur moi et quand Amber m'a fait tomber ? T'es-tu au moins demandée ce que je pouvais ressentir ? Ce n'est pas la peine de répondre, je le sais déjà. La réponse est non. A ce moment, là, tu n'en avais strictement rien à faire, du moment que ça t'offrait la possibilité de t'en sortir sans ennui. Alors explique-moi pourquoi, moi, maintenant, après avoir passé grâce à toi et à ta petite copine Amber une après-midi à l'infirmerie, pourquoi je devrais m'inquiéter de tes états d'âmes à l'égard d'un petit bracelet perdu ? Arrête de jouer à la petite fille modèle, Amber te l'a dit l'autre jour si mes souvenirs sont bons. Tu n'as plus rien de l'enfant innocent qui attendrit son monde avec ses airs de chiens battus. Et encore, je ne suis même pas sûre que tu l'es été un jour. Alors arrête un peu de jouer la victime et assume tes actes ! »

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Ancien sorcier

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Pourquoi ? Pourquoi avait-il fallu que Koter riposte de nouveau ? Ne pouvait-elle pas la laisser tranquille ? Roxane avait pourtant tenté de mettre un point d'orgue à cette conversation excessivement pénible, mais il avait fallu que son interlocutrice se décide à ajouter son petit grain de sel. Comme si c'était nécessaire... Elle croyait franchement que ses répliques étaient un tant soit peu utile, la Rouge ? Parce que si c'était le cas, elle se fourrait le doigt dans l’œil, et profond. A moins que... Non, je retire ce que j'ai dit plus tôt : les remontrances de Madeleine avaient bien un but, et non des moindres : pointer instamment du doigt sa propre arrogance. Parce qu'il n'était plus question de la Maison de l'une ou l'autre, mais bien de leur personnalité à elles, et non de toute une communauté. Après tout, Roxane connaissait d'autres gryffons, bien plus intelligents que la teigne stupide en face d'elle. Kaeyann, par exemple, avec qui elle avait eu l'occasion de partager de bons moments ; il semblait donc clairement que l'appartenance à une maison ne définissait pas forcément un caractère en particulier. Heureusement d'ailleurs, parce que si les Rouges étaient exclusivement des Madeleine bis, inutile d'imaginer le résultat.

La Verte se ressassait encore et encore les paroles de son interlocutrice. Même si elle n'aurait jamais voulu se l'avouer, cela lui avait fait mal, bien plus qu'elle ne le laissait paraître. Une boule de ciment commença à se former dans son ventre, pour remonter dans sa gorge et l'étouffer progressivement. Elle commença à regretter les faux semblants, cette image propre et nette qu'elle devait constamment arborer dans les couloirs, le cliché de langue de vipère attribué à tous ceux de sa Maison, et non démérité, il fallait le dire... Cette manie qu'elle avait peu à peu attrapée, consistant à rabaisser plus bas que terre jusqu'à ce que l'un des deux soit K.O. C'était pourtant le principe avec les ennemis, alors pourquoi se sentait-elle si mal tout à coup ? Elle tenta de réfléchir à la question, sondant ses pensées les plus intimes, cherchant le truc qui coinçait, jusqu'à ce qu'une évidence la frappe telle un coup de Cognard dans le ventre : Madeleine avait remis en doute sa propre sincérité. Et cela, c'était tout bonnement impardonnable pour Roxane. On pouvait la critiquer sur de nombreux points, mais l'attaquer sur sa franchise lui apparaissait comme une offense, pire, une calomnie si énorme qu'elle ne pouvait être avalée.

De plus, on ne l'avait pas remise en question sur n'importe quel sujet, mais bien sur « L'accident Madeleine », comme elle l'appelait, ce moment atroce où elle avait vu un corps inerte tomber d'un gradin, et le cognement sourd qui avait retenti à ses oreilles en cet instant. Se rappeler ce jour réveillait un goût amer dans sa bouche, saveur qu'elle sentait encore un bon moment après ladite scène. Il lui était même arrivé d'en rêver, pour se réveiller en sueur, le souffle coupé par l'horreur ; personne n'était au courant sauf les trois protagonistes de ce jour là, du moins à la connaissance de Roxane ; mais elle doutait qu'aucune de ses compagnes n'aient soufflé le moindre mot. Bien trop compromettant, que ce soit pour toutes, même Madeleine. S'en découlerait des formalités sans fins, et autres problèmes bons à ruiner une réputation durement construite, voire un titre ; et cela, toute personne normalement constituée n'en aurait pas voulu.

Roxane tourna lentement les talons, la lèvre inférieure tremblant sans qu'elle ne puisse rien faire. Madeleine était allée trop loin, c'était indéniable. Et pourtant, elle n'avait aucune envie de riposter comme elle en avait l'habitude. Les mots ne venaient pas, la laissant seule et déboussolée. Il n'était plus l'heure d'enfantillages inutiles, mais bien d'explications en bonne et due forme. Fini les faux semblants, elle allait s'ouvrir pour la première fois devant son ennemie. Et, si étrange que cela puisse paraître, elle n'était pas effrayée par cette perspective.


« Il serait peut-être temps d'enterrer la hache de guerre histoire de s'expliquer, tu ne crois pas ? Oh, ne t'inquiète pas, on pourra se cracher au visage de nouveau une fois la corvée finie, ce n'est qu'une question de temps. » Elle marqua une pause puis s'approcher d'avantage de Madeleine histoire que toute la Grande Salle ne soit pas en mesure d'écouter tout ce qu'elle avait à dire.« Si tu es d'accord, et j'espère que c'est le cas, je te propose d'être franche. Pour ma part, je l'ai toujours été, que tu le croies ou non, mais je tenais à le préciser. Et si tu ne veux toujours pas l'accepter et bien... tant pis, je ne peux pas y faire de grand chose de toute façon. Mais en ce qui concerne tout ce que tu viens de me balancer, j'ai plusieurs choses à te dire.  » Ça y était, les choses sérieuses commençaient enfin. Roxane sentit une hésitation l'envahir, mais soudain les paroles vinrent, franchissant presque inconsciemment ses lèvres. Elle était partie, et il serait difficile de l'arrêter avant que toutes ses pensées ne se soient taries. « Déjà, je ne peux que te donner raison : je n'ai pas cherché à empêcher ta chute, et cela me rend peut-être la plus fautive dans l'histoire. N'empêche, j'ai eu beau jouer la peste Verte sans faille, je n'en ai pas moins été touchée par ce qui est arrivé. Quand je t'ai lancé ce sort, Agorio, ce n'était aucunement pour cette raison. Tout s'est déroulé au feeling, tu l'as sûrement compris, et même si j'assume - à tort peut-être, mais qu'importe - les actes d'Amber, je regrette toujours ce qui s'est passé. Ça n'aurait pas dû finir comme ça, mais ce qui est fait est fait, on peut pas revenir en en arrière et j'ai fini par le comprendre. Et, vu que je sens que tu vas me poser la question, autant déballer ce qui reste : si je t'ai lancé ce sort, c'est que j'avais envie de prouver ce que je valais. Je ne suis pas stupide tu sais, d'ailleurs n'importe quel crétin aurait pu voir que ce que tu me témoignais : du mépris, toujours du mépris. Ça n'a pas changé d'ailleurs, mais j'suis pas en train de te raconter ma vie pour déblatérer des horreurs sur ton compte. Bref, je suis comme tout le monde, j'ai un minimum d'amour propre et le fait qu'une fille qui n'a qu'une année de plus que moi me considère comme dix fois plus inférieure n'aide pas. » Elle s'arrêta de nouveau, cherchant les mots qui sauraient conclure cette curieuse déclaration. « On s'est rencontré dans des circonstances peu enclines à l'amitié, et il est probable que sitôt cette trêve passée, les hostilités recommencent. Mais en tout cas, j'avais besoin de vider mon sac, et j'espère que cette tentative n'est pas qu'un aller simple dans le mur. »

Elle quêta une éventuelle réponse de son interlocutrice, à la fois apaisée et anxieuse. Elle ne savait s'il était sage de se livrer de la sorte, mais ne regrettait rien. Quoi que dise Madeleine, cela ne pouvait être que construit, après ce que lui avait confié Roxane. Et si le courant n'arrivait définitivement pas à passer, même après cette pause « révélations », alors autant baisser les bras. Dans tous les cas, rien n'était perdu, et ne restait plus qu'à entendre ce qu'en disait la préfète.
*Seul l'avenir nous le dira* se dit silencieusement la deuxième année, un sourire relevant imperceptiblement ses commissures.

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Les paroles de Madeleine n'avaient pas laissé Roxane indifférente. La Verte se figea et lentement, très lentement, se retourna.

« Il serait peut-être temps d'enterrer la hache de guerre histoire de s'expliquer, tu ne crois pas ? Oh, ne t'inquiète pas, on pourra se cracher au visage de nouveau une fois la corvée finie, ce n'est qu'une question de temps. »

Après ces quelques phrases, Roxane se rapprocha de la table. Bonne idée, comme cela, les deux élèves pourraient régler leur histoire toutes les deux, sans que les nombreuses paires d'yeux qui se tenaient dans la Grande Salle ne soient braquées sur leur dispute.

« Si tu es d'accord, et j'espère que c'est le cas, je te propose d'être franche. Pour ma part, je l'ai toujours été, que tu le croies ou non, mais je tenais à le préciser. Et si tu ne veux toujours pas l'accepter et bien... tant pis, je ne peux pas y faire de grand chose de toute façon. Mais en ce qui concerne tout ce que tu viens de me balancer, j'ai plusieurs choses à te dire. »

A vrai dire, il était vrai que par moment, Madeleine avait douté de la sincérité des dires de la Verte. Lors de leur premier « affrontement », elle s'était montrée hésitante, puis à partir du moment où la Rouge était entrée en jeu, le jugement le la Verte était devenue extrémiste, soutenant à fond sa préfète alors que juste avant, elle avait exprimé des doutes, et même, quelques remords.

Mais oui, Roxane avait raison de lâcher l'affaire, les deux filles pourraient se disputer des heures sur la question sans arriver à une fin satisfaisante.

La dernière phrase la Verte sonnait, elle, comme une introduction avant qu'elle ne déchaîne sa langue de vipère. Voyons voir ce que ça allait donner.


« Déjà, je ne peux que te donner raison : je n'ai pas cherché à empêcher ta chute, et cela me rend peut-être la plus fautive dans l'histoire. N'empêche, j'ai eu beau jouer la peste Verte sans faille, je n'en ai pas moins été touchée par ce qui est arrivé. Quand je t'ai lancé ce sort, Agorio, ce n'était aucunement pour cette raison. Tout s'est déroulé au feeling, tu l'as sûrement compris, et même si j'assume - à tort peut-être, mais qu'importe - les actes d'Amber, je regrette toujours ce qui s'est passé. Ça n'aurait pas dû finir comme ça, mais ce qui est fait est fait, on peut pas revenir en en arrière et j'ai fini par le comprendre. Et, vu que je sens que tu vas me poser la question, autant déballer ce qui reste : si je t'ai lancé ce sort, c'est que j'avais envie de prouver ce que je valais. Je ne suis pas stupide tu sais, d'ailleurs n'importe quel crétin aurait pu voir que ce que tu me témoignais : du mépris, toujours du mépris. Ça n'a pas changé d'ailleurs, mais j'suis pas en train de te raconter ma vie pour déblatérer des horreurs sur ton compte. Bref, je suis comme tout le monde, j'ai un minimum d'amour propre et le fait qu'une fille qui n'a qu'une année de plus que moi me considère comme dix fois plus inférieure n'aide pas. »

Après une petite pause, Roxane conclut :

« On s'est rencontré dans des circonstances peu enclines à l'amitié, et il est probable que sitôt cette trêve passée, les hostilités recommencent. Mais en tout cas, j'avais besoin de vider mon sac, et j'espère que cette tentative n'est pas qu'un aller simple dans le mur. »

La Verte attendait la réponse de Madeleine. Il n'était pas dans la nature de la Rouge de déclarer délibérément les hostilités (sauf conditions exceptionnelles comme précédemment). Après une ou deux secondes de flottements, celle-ci répondit :

« Ok pour la trêve. Je pense qu'il est inutile que je reparte sur la question de la sincérité ou de ce qui s'est passé quand vous m'avez fait tomber, tout a été dit là-dessus. Par contre, pour la question du mépris, il n'était pas volontaire, et ce n'est pas parce que tu es une Verte ou quoi que ce soit. Si ça t'a blessé, je suis désolée, ce n'était pas mon intention. Le truc, c'est que votre plan... ça m'a dégoûtée. J'arrive pas à concevoir que vous vouliez faire ça juste pour une victoire au quidditch. Alors voilà, empêcher les élèves de faire des conneries, c'est ce qu'on demande à une préfète et c'est pour ça que je suis intervenue. J'ai rien d'autre à dire, alors je propose qu'on s'arrête là si c'est aussi ton cas. On devrait se séparer, je pense. Si un jour, on se reparle, on verra, à ce moment-là, ce qu'il en sort. Je ne garantis pas qu'on devienne amies. On peut pas l'être avec tout le monde et peut-être qu'on est tout simplement pas faites pour s'entendre. »

Après une petite pause, Madeleine conclut, en lui tendant la main :

« Donc... si tu n'as rien d'autre à ajouter... au revoir ? »

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Désolée pour cet énorme retard.

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Ancien sorcier

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Roxane écouta avec une docilité qui lui était habituellement étrangère les propos de Madeleine, chaque mot prononcé par la préfète s'inscrivant en lettres de feu dans sa mémoire. Elle était tiraillée par ce que lui déballait son interlocutrice, et regrettait presque de s'être livrée au préalable. Presque. Parce qu'après tout, si elle n'avait pas cessé le feu, inutile d'imaginer comme cette prise de bec se serait terminée. Avec un peu de chance, elles n'auraient fréquenté que l'infirmerie ; mais ç'aurait tout aussi bien pu finir chez monsieur le directeur. Après, bonne chance pour annoncer ça aux parents ! Surtout que les Verts, solidaires ou non, ne manqueraient pas de diffuser des rumeurs toutes plus insolites les unes que les autres ; et là, bonjour !

L'enfer, sans exagérer le moins du monde. Non, si la Rouge avait une nouvelle fois joué la langue de vipère, ce qu'elle n'était pas censée faire en tant que lionne (bah oui, c'était ainsi dans l'esprit de Roxy : les serpents crachaient leur venin au visage de leur entourage, les félins tentaient de riposter avec toute la bravoure dont ils étaient capables, et les blaireaux jouaient les gentils médiateurs. Quant aux aigles, ben... Ils ramenaient leur science au milieu ?), il était fort probable que les choses aient empiré au point de ruiner la réputation de l'une et de l'autre. Ce qui n'aurait pas été catastrophique chez Roxane, elle qui, de un, se fichait de l'avis que les gens se faisaient d'elle et de deux, n'avait aucun titre à défendre courageusement – excepté son poste chez les Crochets, mais ça ne comptait pas en ligne de mire – ; Madeleine, apparemment pour son plus grand bonheur, avait pour sa part un rôle de préfète à assumer, autrement dit elle devait se tenir à carreaux. Sinon, salut la compagnie, je remballe mon enseigne à la noix et je vais vendre des baguettes farceuses au porte à porte. Certes, c'était exagéré comme comparaison, mais tout ça pour dire que les enjeux n'étaient pas les mêmes pour nos deux protagonistes.

Bref, Madeleine en était à se lâcher un bon coup – hallelujah ! – et la deuxième année à l'écouter. Il fallait dire que la préfète avait un bon paquet de trucs à exprimer, en déduisait le bloc de mots alignés à la suite des autres, qui formaient des phrases, commencées par des majuscules et achevées par des points, mais il fallait que ses phrases soient cohérentes sinon cela ne voulait rien dire...
*Faut que t'arrêtes le jus de citrouille, ça te réussit pas.* se conseilla Roxane à elle-même, juste au moment où la brunette d'en face concluait sa tirade.

« Donc... si tu n'as rien d'autre à ajouter... au revoir ? » dit-elle, visiblement peu sûre d'elle.

« Au plaisir de s'voir de nouveau. » décréta le plus simplement du monde la Verte, avant d'ajouter, d'un ton malicieux qui ne collait que peu à la situation : « Sache que, même si on s'est "réconciliées" je ne te ferai pas de cadeau au prochain match de Quidditch. Ah, et préviens-moi si tu retrouves ce bracelet parmi tes affaires, j'y tenais quand même pas mal. »

Sur ce, elle mima un bref salut militaire, esquissa un bref sourire puis partit comme elle était venue, cette fois pourtant plus légère qu'à aller. Elle franchit les portes de la Grande Salle, traversa le hall bondé pour descendre les escaliers menant aux cachots qui servaient de QG aux Serpentard, puis se dirigea tranquillement jusqu'à son dortoir respectif. C'était bon de se retrouver chez soi.