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Une histoire de salades  Libre 

Euréka ! La légende veut que ce soit Archimède qui le cria le premier, quand il comprit le principe de la force s'exerçant sur tout objet plongé dans un fluide, cette force qui porte aujourd'hui son nom : la poussée d'Archimède. Depuis, ce mot à lui tout seul, symbolise l'idée géniale et soudaine, la révélation qui bouleverse en un instant la vision que l'on avait jusque là du problème, car en effet, pour qu'il y ait « euréka » il faut qu'il y ait eu problème. Un problème indiquant que non, on ne sait pas encore tout, que faire apparaître un joli bouquet de fleurs, c'est chouette, mais que ce n'est pas pour autant que vous êtes le maître de l'univers. Mais n'ayez pas peur des problèmes pour autant ! Ce n'est pas parce qu'il a l'air super compliqué, que vous avez peur de vous empêtrer là-dedans qu'il faut y renoncer ! Sûrement pas ! Car en effet, quand vous avez bravé les mille dangers de cette jungle dense et inquiétante dans laquelle vous aura lancé le problème, une belle récompense vous attend : l'euréka. Ce mot s'accompagnera d'une grande émotion, une impression de puissance immense. Vous penserez alors pouvoir soulever des montagnes, décrocher la lune, faire des pompes sans bras etc etc.

Aujourd'hui, l'euréka avait fait une victime : le professeur Rhodes. Alors qu'il était dans la serre n°3, soignant les fleurs géantes, une pensée lui traversa la tête :

*Tiens, je mangerais bien de la salade ce soir. * (c'était vrai que l'heure du dîner approchait)

Puis, une autre :


*Mais au fait, pourquoi la salade est verte ? *

Continuant son ouvrage et avec le courage d'un aventurier sans peurs et sans reproches, il s'enfonça dans la jungle hostile que lui offrait ce nouveau problème absolument essentiel.

Vingt minutes plus tard, l'euréka le frappa. L'effet fut immédiat, abandonnant baguette, sécateurs et autres outils, le professeur sortit en hâte de la serre et s'élança vers la Grande Salle, il fallait absolument qu'il partage cette idée géniale avec quelqu'un, peu importe qui.

Il traversa la plus célèbre salle du château à grands pas, se dirigeant vers la table des professeurs. Là il s'assit à côté de la première personne qu'il vit et lui expliqua :


« Je crois que je sais pourquoi la salade est verte ! En fait, vois-tu, quand les rayons du soleil traverse une goutte d'eau, il se sépare en une multitude de rayons colorés, tu me suis ? C'est pour ça que quand il y a du soleil et de la pluie, il y a un arc-en-ciel ! Tu me suis toujours ? Retiens simplement qu'un arc-en-ciel, c'est de l'eau plus de la lumière. Et maintenant pense à une salade : une salade, pour pousser, ça a besoin de quoi ? D'eau et de lumière ! Une salade est donc toujours baignée de l'un et de l'autre de ces deux éléments, donc, qu'est-ce qu'il devrait se produire ? Un arc-en-ciel ! Mais ce n'est pas si simple : vois-tu, un arc-en-ciel se déploie dans l'immensité du ciel, il a autant d'espace qu'il peut en souhaiter, alors qu'une salade, c'est tout petit en comparaison. Donc l'arc-en-ciel n'a pas la place de se déployer, il le fait quand même, mais nous ne pouvons alors pas l'observer dans sa totalité. Or, quelle est la couleur centrale d'un arc-en-ciel ? Le vert ! L'arc-en-ciel se déployant de part et d'autre de la toute petite salade, on ne peut en voir que la couleur centrale : le vert. Voilà pourquoi la salade est verte ! »

Même le plus petit des Serpents a du venin.

Une histoire de salades  Libre 

Le professeur Loewy avait généralement beaucoup de raisons de penser qu’elle était entourée de professeurs compétents. Si la plupart étaient assez jeunes, ils avaient tous su montrer leurs capacités à enseigner un jour ou l’autre, que ce soit devant elle-même, lors d’un entretien, ou devant les précédentes directions. En dehors de ces premières entrevues, cependant, Kristen n’avait pas vraiment eu le loisir de faire plus ample connaissance avec ses collègues. Pour être tout à fait franche, elle n’avait pas vraiment que cela à faire, et les rencontres avec les autres professeurs se limitaient au strict nécessaire, du « bonjour » cordial dans les meilleurs jours, au simple hochement de tête lorsque vraiment, elle ne souhaitait pas être dérangée. Même pour les adultes de l’école, Kristen Loewy était quelqu’un se réservant une certaine distance, une ombre que l’on voyait rarement passer dans un couloir, mais une ombre qui, on le savait, se démenait pour son école, du haut de sa tour. Surtout en cette période de tournoi des trois sorciers, où elle avait à régler de très nombreuses affaires.

Elle était assise dans la Grande Salle, à la table des professeurs, puisqu’elle devait exceptionnellement surveiller une étude s’y déroulant, juste avant l’heure du repas et avant que les elfes ne débarquent pour dresser les quatre grandes tables, quand elle vit débarquer un de ces fameux collègues dont nous parlions plus tôt. Assis derrière cette table ne se tenaient que Kristen et un élève puni, assis au bout de la table, mais qui devait être surveillé de près. Voyant ce collègue arriver, Kristen pensa d'abord qu’il était peut-être de la relève pour surveiller l’étude, et alors qu’elle terminait d’écrire sa phrase dans son petit carnet de moleskine, elle se pencha pour glisser tout son nécessaire dans un petit sac qu’elle promenait là. N’étant ainsi pas très visible, elle entendit le professeur Edern Rhodes, éminent botaniste, apparemment en proie au génie, démarrer un discours ; que dis-je ? une grande théorie sur la couleur verte de la salade. Elle se redressa, tandis que le professeur Rhodes poursuivait son intéressante explication.

Elle l’observa, se touchant songeusement le menton et plissant les yeux, comme si elle pouvait réellement être intéressée par la folie de son collègue. Etait-ce sa fleur dans l’œil qui lui avait abîmé une partie du cerveau ou bien avait-il bu avant de venir ? Ou les deux, avait-il arrosé sa fleur avec de la vodka, qu’en sais-je ? Il devait bien y avoir une explication rationnelle à de telles élucubrations.


« Mais c’est très intéressant, ce que vous me dites, Edern… Je vous trouve de petites intonations socratiques, aujourd’hui. »

Et elle hochait la tête lentement, un sourire crispé figé sur ses lèvres. Elle avait clairement l’impression que le professeur de botanique n’avait plus toute sa tête.


« Dites-moi, il semblerait que je n’arrive pas à me souvenir… C’est moi qui vous ai embauché ? »

D'un simple coup de dés, j'ouvre le musée des horreurs

Une histoire de salades  Libre 

L'heure du repas n'était pas encore arrivée ce qui expliquait le peu de monde présent dans la Grande Salle à cette heure-ci. Juste quelques élèves qui travaillaient en étude. A la table des professeurs face à eux siégeaient un unique professeur et un élève privilégié… ou volontairement isolé. C'est sur ce professeur qu'Edern était allé jeter son dévolu pour partager son idée géniale du moment. Et ce professeur se trouvait être… Mme Kristen Loewy, la directrice en personne.

Quand le botaniste termina sa grande explication, elle l'observait d'un air sceptique, yeux plissés et se caressant le menton, l'air faussement intéressé. L'enthousiasme d'Edern s'en trouva mis à mal et il commença à douter de sa fameuse théorie. Il s'était peut-être un peu emballé. Peut-être qu'avant de se jeter sur la première personne venue, il aurait dû se rendre à la bibliothèque, faire quelques recherches pour tester la validité de son hypothèse. Après tout, l'optique n'était pas son domaine de prédilection.

Oui mais, toute nouvelle grande théorie scientifique ne paraissait-elle pas folle au premier abord ? Quand Einstein a un jour déclaré que la masse pouvait se transformer en énergie, balayant ainsi l'un des principes fondateurs de la mécanique newtonienne, n'était-il pas lui aussi passé pour fou quand il était allé expliquer son idée à la première personne venue ? L'histoire regorgeait d'épisodes semblables à celui-ci où une nouvelle idée complètement loufoque aux yeux du passé venait remplacer une théorie en place depuis parfois des siècles. Alors finalement, l'idée d'Edern était-elle si bête ?


« Mais c’est très intéressant, ce que vous me dites, Edern… Je vous trouve de petites intonations socratiques, aujourd’hui. »

En tout cas, Kristen ne semblait pas convaincue pour le moment. Hochant la tête, l'air faussement amical, elle demanda :

« Dites-moi, il semblerait que je n’arrive pas à me souvenir… C’est moi qui vous ai embauché ? »

Edern eut également un petit sourire, moins crispé que celui de sa supérieure. Tranquillement, il répondit :

« Oui, effectivement. En août dernier suite au départ du professeur Muller. »

Il marqua une courte pause avant de reprendre :

« Vous ne semblez pas vraiment convaincue par mon idée. Mais avant de vous braquer tout de suite en la condamnant, prenez le temps d'y réfléchir. Arrêtez-moi si je me trompe, mais il me semble que toute nouvelle théorie peut paraître au premier abord pour le moins étrange. L'optique n'est pas mon domaine de prédilection, et il est peut-être aisé de démontrer que ma théorie est fausse, mais en attendant, je pense que cette vision des choses ne doit pas être balayé d'un revers de main pour son côté… loufoque. »

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La directrice hocha la tête et lâcha un petit « ah » à la première réponse de son collègue. Kristen s’autorisa ensuite un nouveau sourire, assez surprise que ce professeur défende à ce point une théorie si étrange, remettant en cause quelques données scientifiques plutôt solides. De plus, la question que se posait le professeur de botanique semblait loin d’être fondamentale, au moins pour une sorcière telle que Kristen, qui se souciait assez peu de la couleur des plantes. Cependant, les mots d’Edern étaient aussi valables pour une nouvelle théorie sur la couleur de la salade que sur n’importe quel sujet, ce qui les rendait moins inintéressants qu’ils ne pouvaient paraître au premier abord. Peu désireuse de débattre sur un thème si verdoyant, le professeur Loewy rattacha les paroles du professeur de botanique au travail qu’elle entreprenait actuellement : la rédaction d’un livre sur la Magie et sa maîtrise. Sur toutes les magies, à vrai dire.

« Vous avez raison. Je suis d’ailleurs assez mal placée pour condamner les théories qui se veulent révolutionnaires. »

Elle se permit un petit rire amusé avant de reprendre :

« J’avoue avoir été très surprise par votre idée. Je ne m’attendais pas à ce qu’un botaniste s’intéresse de si près au vert des plantes vertes, quand cet univers paraît si vaste. »

Durant ses études à Poudlard et lors de ses années à la faculté de Soins aux Créatures Magiques, Kristen avait reçu quelques bases en botanique, mais elle s’était parfois demandé s’il existait une réelle différence entre l’étude des plantes magiques et le jardinage. Etudier les plantes pour les lier aux potions, par exemple, était intéressant – encore faut-il être bon en potions, ce qui n’était pas nécessairement le cas de Kristen, qui ne s’en était sortie qu’avec un Effort Exceptionnel aux ASPICs dans cette matière : résultat intolérable ! – mais s’attarder sur la forme ou l’odeur des plantes pour le plaisir des yeux constituait à ses yeux une sacrée perte de temps. Si elle appréciait la nature (pourquoi, sinon, aurait-elle entrepris des études de Soins aux Créatures Magiques ?) elle avait abandonné l’idée de se la jouer « communion avec la nature » lorsqu’elle avait commencé à ne s’intéresser qu’à ce qui restait purement et simplement utile dans la vie, en l’occurrence, les sorts d’attaque et de défense, pour lutter pour sa survie. Le diktat de l’utile et la mort de l’agréable. Il faut croire qu’au moment de prendre cette décision, elle avait eu du flair quant à sa vie future.

Alors qu'elle ramenait son petit sac sur ses genoux, pas loin de quitter la pièce et laissant le professeur Rhodes à la charge de l'étude, elle pensa qu'un peu de politesse et de semblant d'intérêt pour son collègue ne ferait pas plus de mal que cela. Elle lui adressa un sourire poli et tâcha de poursuivre la conversation :


« Vous effectuez beaucoup de recherches de ce type ? »

Ou faites-vous aussi des recherches sur ce qui nous sert vraiment ? Des nouveaux moyens de lutter contre les maladies par les plantes d’origine magiques, des poisons contenus dans ces végétaux, quelque chose qui puisse avoir de l’impact, en somme.

D'un simple coup de dés, j'ouvre le musée des horreurs

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« ah » commenta Kristen Loewy.

Edern connaissait peu sa supérieure mais il en savait suffisamment sur elle pour savoir que ce « ah » dénotait un intérêt. Ou l'absence de réponse immédiate dans l'esprit de la sorcière. Un « ah » de la sorte, du moins lui semblait-il, n'était pas la réponse la plus courante dans sa bouche. A vrai dire, il l'imaginait mal être particulièrement fan des onomatopées.


« Vous avez raison. Je suis d’ailleurs assez mal placée pour condamner les théories qui se veulent révolutionnaires. » finit-elle par répondre, abandonnant les onomatopées.

Elle avait même souri… et rit avant d'ajouter :


« J’avoue avoir été très surprise par votre idée. Je ne m’attendais pas à ce qu’un botaniste s’intéresse de si près au vert des plantes vertes, quand cet univers paraît si vaste. »

Elle ajouta après une courte pause et un geste esquissé vers son sac :

« Vous effectuez beaucoup de recherches de ce type ? »

Pour Edern, Kristen Loewy n'était pas le genre de personne à montrer facilement ses émotions. Chez elle, tout était toujours calculé, millimétré, la moindre de ses paroles, de ses gestes (elle se détendait des fois ? Est-ce qu'elle chantait sous la douche ?). Bien loin d'en jouer autant que sa supérieure, Edern s'en sortait également plutôt bien l'art du contrôle de ses réactions, de ce qu'il montrait aux autres. Quoiqu'il en soit, il avait parfaitement conscience, à l'instant présent, que derrière ses quelques paroles se cachait une infime partie de la pensée de la directrice. Une porte discrètement déverrouillée. Sur ces quelques phrases, on aurait pu disserter des heures pour tenter de les décoder, de lire entre les lignes, ou plutôt entre les mots. Ces quelques phrases nécessitant une analyse plus fine.

Edern, qui n'avait pas quatre heures devant lui et des connaissances en psychologie Loewy suffisamment poussées pour se lancer dans l'étude des quelques phrases précédentes répondit :


« C'est en comprenant d'abord des phénomènes paraissant simples et anodins que l'on peut en comprendre des plus complexes. Comment voulez-vous voyager dans notre vaste univers si vous ne comprenez déjà pas comment vous posez un pied devant l'autre ? »

Il marqua une pause avant de reprendre.

« Mes recherches sont entre parenthèses depuis mon entrée à Poudlard et mon… accident. Dans le laboratoire où je travaillais, j'étudiais particulièrement les fulvoles. Cette plante étonnante ouvre à elle seule de grandes questions physiques, métaphysiques, philosophiques, magiques et j'en passe. Il est certain que je n'aurai pas assez d'une vie pour en comprendre tout les mystères. Face à ce monstre, je n'ai d'autres choix que de tenter d'en comprendre d'abord des aspects simples pour pouvoir m'approcher petit à petit des plus complexes. J'avanç...ais pas à pas. Tout en sachant que je pouvais à tout moment tomber sur un roc. Un élément tout petit, plus petit qu'une bille mais aussi résistant qu'une montagne qui ferait tout basculer, tout ce que nous pensions. Et pas seulement à propos des fulvoles, à propos de notre approche du monde et de notre univers en général. »

Il marqua une légère pause. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas abordé ses sujets. Il termina sa longue tirade sur un ton moins scientifique :

« Mais excusez-moi, je vous ennuie peut-être avec toutes ces histoires. Vous alliez partir ? »

Même le plus petit des Serpents a du venin.

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Kristen hochait la tête à mesure des paroles d’Edern, assez intriguée par l’importance qu’un végétal pouvait revêtir pour ce botaniste passionné. Les fulvoles, dans la mémoire de Kristen, étaient ces plantes pas très éloignées des créatures magiques, dotées d’une apparente conscience et capables de modifier leur poids selon leur bon vouloir – ce qui devait avoir pour effet de rendre jalouses un bon nombre de sorcières. Le professeur Rhodes semblait avoir mis tout son petit cœur dans ses recherches, comme Kristen elle-même le faisait encore pour ses propres travaux, travaux qui duraient depuis de nombreuses années maintenant. Elle fut d’ailleurs étonnée que quoi que ce soit ait pu détourner Edern de ses recherches, toute entrée à Poudlard ou fleur enracinée dans l’orbite que ce soit. La directrice de Poudlard sourit vaguement et rattrapa son sac en se levant de son siège : la question du professeur de botanique avait été une sorte de feu-vert pour son départ.

« Vous ne m’ennuyez pas, mais le devoir m'appelle.  »

Elle passa l’anse de son sac sur son épaule.

« J’espère sincèrement que vous trouverez le temps de poursuivre vos recherches. Je n’aimerais pas savoir que vous êtes du genre à abandonner en chemin, quelle qu’en soit la raison, lui dit-elle avec un petit sourire en coin. »

Et s’il pouvait aller un peu plus loin que le vert des plantes, cela finirait sans doute par être intéressant. Il fallait toujours creuser, dans ce genre de recherches, et s’il ne fallait pas avoir peur de l’invraisemblable pour se lancer, il était préférable de ne pas s’arrêter à la première hypothèse. Car c’est là tout le principe de la recherche : une hypothèse en amène une autre, puis une autre, jusqu’à épuisement et conclusion ; et pour les plus chanceux, une conclusion peut devenir l’hypothèse de quelqu’un d’autre, et ainsi avancera la recherche - et donc le monde. Que ce soit dans ce domaine ou dans la vie en général, Kristen avait du mal avec ceux qui abandonnaient. Prétention de Gryffondor, peut-être. En tout cas, le professeur Rhodes pourrait prendre la remarque de sa supérieure comme une provocation, ou comme un encouragement - et c'en était un, plus qu'autre chose. Cependant, elle avait l'habitude que ses propos soient mal interprétés, alors tant pis si c'était le cas.

« À plus tard, Edern.  »

La directrice longea la table des professeurs afin de se diriger vers la sortie. Quand elle arriva au niveau de l’élève puni qui y était assis, elle observa les inscriptions sur son parchemin. Le puni avait eu à faire une recherche sur les épouvantards. Son parchemin était à peine entamé, et il faisait semblant de réfléchir en posant sa grosse tête sur sa main. Il devait être dans cette position depuis si longtemps que son poignet allait finir par rester coincé dans cette position. Kristen soupira longuement, levant les yeux au ciel, et se penchant sur son espace de "travail", attrapa la plume d’oie dont le bout était à peine taché d’encre. Elle la planta dans l’encrier et corrigea quelques aberrations sur le parchemin de l’étudiant, avant d’ajouter une mention, dans un coin : « Inutile de me remercier. Bonne sieste. » Et réinstallant son sac sur son épaule, elle quitta la pièce par la petite porte du fond, tandis que l’élève la suivait du regard avec un air complètement ahuri.


Reducio
Fin du RP pour moi, on remet cela quand tu veux ! :-)

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« Vous ne m’ennuyez pas, mais le devoir m'appelle. » répondit Kristen en attrapant son sac. « J’espère sincèrement que vous trouverez le temps de poursuivre vos recherches. Je n’aimerais pas savoir que vous êtes du genre à abandonner en chemin, quelle qu’en soit la raison. À plus tard, Edern. »

Le professeur de botanique la regarda s'éloigner. Abandonner n'avait jamais été sa volonté. D'ailleurs il ne s'était jamais vu poursuivre le reste de sa vie à Poudlard. Certes il prenait plaisir à enseigner et il n'avait jamais envisagé d'y rester jusqu'à ses vieux jours. En fait, il n'avait jamais vraiment pensé à l'avenir depuis qu'il avait posé ses valises devant les portes des serres. Celui-ci dépendait de tant de paramètres qu'Edern s'était toujours refusé à la moindre prédiction. Pas tant de paramètres que cela en fait. Quand on y réfléchissait, cela ne dépendait en principe que de deux questions simples : Sophie survivra-t-elle ? Et : Les magicomages trouveront-ils une solution à la fleur d'Edern ou au moins quelque chose lui permettant de réintégrer le monde moldu ? Deux interrogatives totales, appelant donc deux possibilités de réponses : oui ou non. Donc quatre scénarios possibles. Toutefois le botaniste se refusait d'imaginer ce qui se passerait dans l'un ou l'autre de ces scénarios : ils étaient soit trop douloureux, soit trop optimiste et Edern, pragmatique, s'interdisait de s'imaginer un idylle ne tenant que du champ des possibles.

Depuis son arrivée à Poudlard, il avait donc arrêté de penser à l'avenir, de faire des projets, d'imaginer. Tenant simplement sa place de professeur, il attendait plus ou moins consciemment un événement imprévu quelque chose qui apporterait une réponse à l'une ou l'autre de ses questions ou qui changerait la donne d'une manière ou d'une autre. Pour l'instant, penser l'avenir par lui-même, prendre les devants et ne pas attendre d'éléments déterminants lui semblait hors d'atteinte. Simplement une impression, ou l'expression d'une faiblesse psychologique, ou encore un manque de courage ? Peut-être était-ce un moyen de s'enfermer dans Poudlard, de renouer avec une période heureuse de sa vie, avant tout ça.

N'ayant pas envie de rester assis à attendre, Edern entreprit de vagabonder entre les tables, surveillant et aidant les élèves installés.


Reducio
Eh bien nous y voilà, mon dernier RP sur ML. Je ne voulais pas partir en sachant que j'avais laissé ça en suspens. ^^
En tout cas, il fut très plaisant, merci à toi d'y avoir participé. :)

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