Astronomie

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Douce brise d'été.  PV 

Aaron était encore considéré comme un nouvel arrivant au sein de l'établissement Poudlard. Durant ses premières heures sur ces terres qui lui sont encore totalement inconnues, il n'aura fait que rêver de paysages inexplorés, de créatures mystérieuses et d'occultes légendes urbaines. Il n'avait pas encore pris le temps de faire connaissance avec grand monde, il n'en avait pas encore ressenti l'envie. Il était plutôt du genre à se laisser aller et à croire aux actions du destin quand il s'agissait de rencontres, événements et tout autres futilités à son sens. Longeant la muraille entourant l'école sans destination précise, il s'attardera sur la grandeur et l'ancienneté de certaines bâtisses.

Aaron se contenta de glisser son index droit contre l'une des parois formant la protection de Poudlard, mesurant l'écart d'une saignée ainsi que la masse de mousse s'y étant incorporée depuis toutes ces années. La verdure quant à elle, présente dans les différentes cours qui s'offraient à lui, n'était plus aussi fraîche que ce matin et la rosée semblait s'être dissipée depuis de bien bonnes heures maintenant. En effet, le soleil n'était pas décidé à tarder aujourd'hui et rien ne semblait pouvoir ralentir sa chute. Après plusieurs dizaines de mètres à errer sans but et sans que l'actuel paysage ne lui fasse ressentir la moindre palpitante excitation, il se mettra à descendre une longue promenade en faisant bien attention à là où il mettait les pieds, ne manquant pas de frotter ses douces mains l'une contre l'autre pour se défaire des saletés ayant décidés d'y élire domicile.

Tout était étrangement bien entretenu. La route était lisse, on aurait presque dit que chaque grain et gravier avait été déposé minutieusement afin d'ajouter une petite touche magique à ce paysage déjà féerique pour n'importe qui d'autre que lui. Cette étroite route traversée l'entièreté du parc avant de se fendre en deux assez brusquement, donnant alors aux randonneurs le choix entre deux aventures. Durant sa longue trotte, il aura croisé le chemin de plusieurs élèves de l'institut sans jamais leur adresser la moindre attention. Il était à la recherche de quelque chose de grandiose, mais il ne savait même pas encore quoi. Rien ne pouvait l'écarter de ce but tiré par les cheveux qui était de se surprendre.
Ni d'une ni deux, il prendra l'intersection jusqu'à atteindre l'entrée d'un très grand et vieux bâtiment, une grande tour. Elle était différente des autres par une chose non-négligeable.. Elle les surplombait toutes.

* C'est la mère des tours.. Elle est grande. * pensa-t'il alors en observant la bâtisse de sa base jusqu'à son sommet, penchant alors sa tête assez loin en arrière pour se faire basculer maladroitement.

Le jeune garçon se mit alors à pénétrer dans l'enceinte de l'établissement tout en dépoussiérant son uniforme, le tout dans une marche sportive. Il lui restait une dernière épreuve avant de profiter de la surprise qui lui servirait de trouvaille, et il n'avait pas beaucoup de temps devant lui avant que quiconque - sur une prise de bon sens - ne lui dise de déguerpir rejoindre ses camarades. Sa marche restera - sans grandes raisons au vue de l'heure actuelle - furtive et maladroite, traversant couloirs inconnus et gravissant nombre de marches tout en profitant du magnifique spectacle de tous ces élèves se bousculant pour atteindre la grande salle. Il observait tableaux, visages, tailles, ... Garçons, filles, professeurs, ... Toutes ces nouveautés formant aujourd'hui son nouvel entourage, toutes ces nouveautés devant remplacer le peu de famille qu'il lui reste. C'est alors qu'il se mit à grimacer. L'image de sa mère seule face à quelques bûches éteintes dans une grande cheminée, un café et un bouquin à la main lui manquait. Il reprit alors conscience de sa quête après s'être fait bousculer par un jeune homme dont il ne pourrait même pas décrire le visage tant il était plongé dans ses pensées, seul un peu de jaune canari s'était incrusté dans son esprit.

« Excuse-moi, je ne t'avais pas vu ! » entendra-t-il de la part du jeune homme extrêmement jovial, sûrement un peu plus vieux que lui s'il devait en juger au ton de sa voix.

* Sérieusement ..? C'est déjà l'heure de manger ? * s'interrogea-t-il avant de recevoir une réponse instantanée de ses intestins se contractants à la recherche de nourriture.
« C'est pas plus mal, on ne risque pas de m'y trouver au moins.. » marmonnera-t-il doucement à sa propre personne avant de se retourner afin de se frayer un chemin, tête baissée et à contresens, entre tous les élèves.

Après la masse de temps dont il a dû user pour atteindre le cinquième étage, il finit par remarquer à quel point tout était devenu silencieux.
Par réflexe, il prendra le temps de jouer du bout des doigts de sa main gauche avec la gourmette présente sur son poignet droit tout en profitant de la vue des deux - trois élèves que l'on pouvait déjà considérer comme retardataire malgré leur présence au rez-de-chaussée. Il lui fallut une simple seconde de plus pour écarquiller les yeux et comprendre qu'il n'avait plus une seconde à perdre, surtout si toute cette escapade finissait sur une sanction plutôt que sur quoi que ce soit d'autre de plus agréable. Il reprit alors sa course, s'agrippant à la rampe des escaliers pour ne pas finir trop essoufflé, jusqu'à arriver au septième étage. De là, il ouvrira une vieille porte qui ne manquera pas de grincer un petit coup. Il n'en faudra pas plus pour que le jeune garçon se crispe totalement avant de recevoir un premier courant d'air assez puissant, qu'il aurait pu confondre avec un aquilon s'il était un tant soit peu frileux, en pleins sur son visage. Il traversera alors rapidement cette petite bourrasque avant de refermer la porte derrière lui.

« Encore, encore, et encore des escaliers.. C'est pas possible, est-ce qu'il y a vraiment des gens qui rêves de marcher autant ? » chuchotera-t-il à lui-même en relevant la tête vers la lumière qui tentée de se refléter contre la rugueuse roche formant cette magnifique tour d'astronomie.

Enfin arrivé sous le couronnement de la tour, le jeune garçon était subjugué. Il sera parvenu à atteindre son but quelques minutes en avance afin de profiter du spectacle. Le soleil continué sa chute, cette fois-ci bien visible à vue d’œil, et un magnifique sourire se dessiner sur son visage. Pas à pas, il rejoindra lentement le garde-corps sur lequel il déposera délicatement sa poigne. Un magnifique couché de soleil s'apprêtait à débuter, des nuages en désordres se contentaient de former un arc assez tumultueux au loin, comme si il allait servir de panier à cette boule de feu impérissable. C'est à ce moment-là qu'il senti une sensation ne lui étant jamais parvenue auparavant. Il se sentait plus vivant que jamais. Rien ne semblait pouvoir le défaire de l'emprise que ce magnifique ciel et paysage lui faisait subir. Rien ne semblait pouvoir le faire sentir mieux que cette douce brise d'été frôlant chaque trait de son visage comme si elle tentait de le redessiner.

Douce brise d'été.  PV 

Fatigue, encore une fois. Chaque jour était déjà assez épuisant pour que la jeune fille subisse cela, elle s’était retournée une vingtaine de fois dans son lit sans fermer un seul oeil. Le repas du soir n’avait pas encore été servi qu’elle souhaitait déjà s’endormir, les journées étaient pénibles pour elle qui n’avait jamais suivi un rythme scolaire pareil. Observant son plafond, elle programmait combien d’heures elle devait dormir si elle aspirait à être en forme pour les prochains jours. Ses camarades de chambre en avaient décidé autrement, elles étaient revenues dans le dortoir et Darcy ne pouvait pas compter sur leur vives voix pour s’endormir. La rouge et or s’était extirpée de sa couette, tirant son coussin de plume avec elle. Elle avait pri la direction de la salle commune sans broncher, en espérant pouvoir se reposer auprès du feu. Échec, la pièce était encore plus bruyante que sa chambre. Darcy s’était finalement retrouvée face aux escaliers, chaussettes en laine rouge et coussin à la main. Elle vagabondait dans les couloirs en prévoyant de s’allonger dans un petit recoin tranquille sans se faire remarquer par quiconque passait par là. Elle n'avait pas envie de se faire punir pour avoir simplement envie de dormir.

Lors de son long trajet, certains élèves un peu plus vieux qu’elle s’étaient permis de la dévisager. Il était tout à fait compréhensible que les jeunes sorciers s’interrogent sur son état, la jeune fille ressemblait plus à un zombie qu’à une élève de deuxième année. Il aurait d’ailleurs été plus judicieux pour elle de se retrouver à l’infirmerie plutôt qu’à rôder dans les couloirs des différents étages.
Trainant des pieds, elle s’était retrouvée devant la salle d’Astronomie. Celle-ci s’était donc affalée contre la porte, se contentant d’imiter un mort-vivant. Elle avait failli briser sa tête contre la porte en s’appuyant contre elle, plissant ses petits yeux cafardeux au même instant. Quelques minutes, ou secondes, ou heures… Elle ne s’en rendait plus trop compte à vrai dire, la porte s’était entrouverte sous la force de son corps. La jeune fille était tombée en arrière suivant le rythme de la frontière entre les deux lieux. Un filé de bave coulant sur son petit menton, elle avait ouvert les yeux en poussant un beuglement. La Gryffondor s’était relevée, s’appuyant sur ses deux mains et s’était retrouvée dans la salle d’Astronomie, une brise d’air frais la traversant pour lui rappeler où se trouvait-elle.

Darcy avait refermée la porte derrière elle, et reprenant son coussin qui se situait à terre, elle s’approcha à la lisière de la tour. Les yeux de la jeune fille ne pouvaient plus se refermer, c’était la première fois qu’elle admirait la vue de cette tour. Ce spectacle de lumière l’avait bien réveillé, et le coucher du soleil semblait l’interpeller, venait-elle de louper le repas du soir ? Il est vrai que Darcy n’est pas une grande goinfre en général, mais il ne fallait pas oublier que Poudlard lui offrait la possibilité de gouter à tout à chaque repas, la cuisine était si délicieuse dans ce château. Elle engagea quelques mots de lamentation, comprenant pourquoi tous ses camarades se dirigeaient vers la grande salle. Se retournant dos à la vue digne d’une carte postale de moldu, elle comptait combien de biscuits lui restait-il dans sa malle afin de se faire un petit festin de grignoteuse.


« Si j’en ai mangé deux avant-hier et un autre ce matin, il doit m’en rester…. trois ou quatre ? » dit-elle à haute voix.

C’est en faisant volte-face qu’elle se retrouva confrontée à un élève qui semblait être en première ou deuxième année à Serpentard. Le jeune homme était concentré sur le soleil s'abaissant petit à petit, il portait une grosse écharpe enroulée autour de son coup et ses cheveux ébouriffés lui donnait cet air mignon. Elle fixait le grand brun droit dans les yeux, rougissant légèrement d’avoir parlé seule en présence d’un étranger. Darcy n’avait jamais été à l’aise avec son tic, elle ne voulait pas que les personnes autour d’elle la trouve bizarre, mais il était plus facile pour elle de réfléchir en parlant. C’est d’ailleurs ce qui l’avait empêché, plus jeune, de fréquenter des enfants de son âge. La jeune fille était persuadée que le garçon avait entendu ses paroles, ils étaient bien trop proches pour qu’elle ne se fasse pas percevoir par l’ouïe. Elle s’était vite retournée en direction de la vue, se tenant à la rambarde et observant le sol longeant la tour, ses mains se crispant autour de la barre pendant qu’elle se mettait sur la pointe des pieds, imitant une personne découvrant la vue afin de ne pas se faire remarquer plus par son acolyte.