Astronomie

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Discordance  RPG+ PV Mad Mal 

             17 février 2043, la veille se tenait le nouvel an chinois. Franz y vécut de nombreuses péripéties qui le tinrent éveillé jusqu'au petit jour. Tant par les heures qu'elles lui coûtèrent que par l'exaltation afférente, qui ne la quitta pas de la nuit. Après avoir vainement tenté de dormir quelques heures, il décida de se lever et de profiter de l'air matinal pour le réveiller. Il partit donc, pieds nus, écumer les eaux bordant le lac. Il y passa un long moment à tracer des allers-retours d'une centaine de mètres, la meilleure façon, selon lui, de réfléchir. Il trébucha une ou deux fois car son regard se perdait dans le ciel qui, à cette heure, tirait de l'orangé vers le rosé. *De la veille d'une aube éclairée, s'en est allée ces étoiles enflammées.* pensa Franz. Phrase que répétait souvent sa mère. *En tout cas, météorologiquement, c'est fiable.* constata-t-il. "Néologisme !" dit-il d'une voix inflexible, se reprochant à lui-même de créer des mots. *Enfin, tant que je me comprends...*

        Franz s'était planté là, faisant tourner ces badineries dans son esprit, ses pieds s'enfonçant lentement dans le sol et l'eau. Elle était fraîche, un peu trop, mais le manque de sommeil lui enleva sa sensibilité au froid. Il tourna sur lui-même plusieurs fois, puis s'arrêta du côté de la Lune, toujours présente à cette heure-ci et en cette saison. Il la fixa quelques minutes en se demandant si les sorciers pouvaient voyager jusque là-bas. *Il faudra que je demande si le transplanage permet de voyager dans l'espace... Avec un sort de Têtenbulle amélioré peut-être...* se questionna Franz.

          "Le meilleur moyen de le savoir est encore d'essayer !" déclara-t-il pour lui-même. Sachant qu'il était tôt mais n'ayant aucune idée de l'heure exacte, Franz se dirigea calmement vers le château. Il comptait l'arpenter de toute sa hauteur, afin d'arriver, en bout de course, à la tour d'astronomie. *Il y aura sûrement des choses qui m'éclaireront.* songea-t-il.

         Tandis qu'il se promenait, tout en réfléchissant à l'Univers, Franz remarqua quelques ombres passer. Parfois à sa droite, parfois à sa gauche ; il était trop soucieux pour s'en inquiéter. *Et à dos de dragon? Non, trop long... En balai*
       BAM !
Mauvaise coordination de la vue et du toucher, Franz avait tourné un peu trop tôt et rentra dans le mur. La main sur le nez, il vérifia qu'il ne saignait pas. "Pfff, ça m'apprendra à ne pas dormir, j'en étais où moi ?" râla-t-il. Il ne sut pas si quelqu'un l'avait vu, mais il crut entendre pouffer. Sûrement des Poufsouffle. Il jeta un œil à une porte sur sa droite "Bibliothèque". Il commençait à s'essouffler et prit quelques minutes pour se requinquer, il n'était qu'au 4ème étage...

        Il reprit sa marche en se donnant des motivations pour monter là-haut : *Il y a peut-être des télescopes qui fonctionnent en plein jour chez les sorciers !* Arrivé au bas de la tour d'astronomie, il commença à grimper. Il croisa un jeune garçon qui avait l'air bien plus réveillé que lui-même. Franz espéra alors qu'il n'y aurait personne là haut, il avait besoin de tranquillité ce matin-là.

          *Raté!* se dit-il. En effet, en arrivant au sommet de la tour d'astronomie, il aperçut une jeune fille qu'il ne connaissait pas. Blonde comme lui, elle lui apparaissait comme physiquement supérieure à lui, ce qui l'intimida quelque peu. Mais les nuits blanches ont du bon, elles permettent de s'oublier soi et sa gêne. Il lança alors un "Salut!" qui n'exigeait pas tant d'artifices sonores...

          Franz se rendit compte qu'il aurait dû se taire lorsqu'il remarqua les traits de la fille. Elle n'avait pas l'air commode, ni très joyeuse. *Elle ne doit pas être du matin elle non plus...*

             "Euh, tu vas bien?" lui asséna Franz tout en se rapprochant d'elle avant qu'elle ne puisse le révoquer. *Ne jamais laisser tranquille quelqu'un qui n'a pas l'air dans son assiette!*

          

         

Je ne t'aime pas trop.

Discordance  RPG+ PV Mad Mal 

La jalousie. Sentiment dévastateur, exclusif, impulsif, excessif, vif, compulsif. Belle bêtise incontrôlable et futile en somme. La même bêtise qui venait d'ailleurs de la mener à une dispute -l'une des premières- avec Duncan, au sujet de la veille au soir. En effet, le jour précédent s'était tenu à Poudlard le splendide Nouvel An Chinois qui avait comblé le regard de Mad de mille et une étoiles. Tout avait été plus ou moins parfait et plus ou moins ravissant. Il y avaient plusieurs bons points : elle avait fait la découverte d'Eliott qu'elle avait assez apprécié, ainsi que celle plus prestigieuse de Biao Xixia, et enfin, ombre qui gâchait quelque peu le tableau : celle de Tally. En soi, la jeune fille était une personne tout ce qu'il y avait d'aimable et d'appréciable, il n'y avait pas de problème là dessus, mais dans les faits, elle l'était un peu moins au goût de la Gryffonne. Elle était lâchement partie avec Duncan, voilà où se trouvait le problème.

~FLASHBACK, QUELQUES MINUTES AUPARAVANT~

- Il s'est passé quoi hier soir ?

- Oh, c'était le Nouvel An Chinois, tu sais bien. T'sais que je suis allée dans la pagode !

- Oui, j'en ai entendu parler. Avec Tally, oui.

- M'enfin ça on s'en fiche, on...

- Ah bon ?

- Bah oui, je la connais pas moi, je...

- Pourquoi t'es parti avec elle alors ?

- Hein ? Qu'est ce que tu racontes ? Je suis pas parti avec elle, on vous a perdu de vue.

- T'as vraiment bien chercher, j'imagine.

- Oui ! Mais t'étais avec Eliott, alors je me suis dit que...

- Que tu pouvais profiter d'être avec Tally, je vois.

- Non, c'est pas ça, je...

- Au revoir Duncan.

- Mais laisse moi t'expliquer ! Je...

~FIN DU FLASHBACK~


Après cet épisode qui avait été assez tumultueux, la colère avait pris possession de l'Âme de la Deuxième Année qui avait donc feint de quitter la Tour d'Astronomie. Cependant, en ce petit matin avec cette aube levante et après cet accrochage, le seul endroit capable de la calmer était bien ce donjon et elle comptait donc bien attendre le départ de Duncan pour en reprendre possession. Elle se glissa donc dans un recoin rocheux pour s'y nicher confortablement.

Quelques minutes plus tard, le jeune garçon décollait de son sommet et dévalait peu à peu les escaliers, passant devant la fine silhouette de la Gryffonne camouflée entre deux pierres. Ainsi, assez vite, cette dernière grimpa la petite dizaine de marches qui la séparait du haut de la tour pour s'y poser tranquillement. Accoudée à la barrière, elle pouvait contempler le paysage qui s'offrait à elle. Tout à perte de vue était magnifique ou presque et le paysage était baigné d'une lumière sans pareille grâce au soleil levant. 

Soudain, entre la rage qui combattait à l'intérieur de Mad et la plénitude qui s'étendait jusqu'à l'horizon, un étudiant fit irruption. Il portait sur la tête de petites mèches blondes rebelles qui semblait s'entremêler en un amas charmant, et ses yeux pétillaient d'un éclat majestueux au dessus de cernes qui indiquer clairement une fatigue. Elle le regarda donc s'approcher et prendre place à ses côtés. Il tenta de lancer mollement la conversation, ce à quoi la jeune fille à sa gauche répondit :

- J'ai l'air ?

Pour la politesse, c'était fichu et elle ne comptait pas faire d'efforts dessus, encore moins en ce jour. 

Comment te dire, ou te faire comprendre, que la Vie n'était qu'un simple Songe ? Un Mensonge, que la Vérité Ronge.
Rire à m'en déchirer les abdos. Brûler nos complexes et nos vieilles pulsions d'ados.
Absente jusqu'au 18 août

Discordance  RPG+ PV Mad Mal 

            Le risque quand on ne laisse pas tranquille ceux qui n’ont pas l’air d’aller bien, c’est de se heurter face à un mur. Et la réponse de la jeune fille lui fit exactement cette impression… En somme, Franz avait déjà pris deux murs en pleine face avant même que le Soleil soit à son zénith. Mais il en fallait bien plus pour le décourager ! Il fit le tour de la jeune fille, passant de sa gauche à sa droite à plusieurs reprises, scrutant ses différents profils. Puis, après quelques secondes de ce jeu, il s’arrêta, lui sourit et plaisanta : « Oui ! Enfin, t’as l’air en bonne santé ! Mais par contre tu souris pas, et ça, ça va te donner des rides ! »

             *Bon là, j’y suis peut être allé un peu fort* songea Franz, se rendant compte que son ton jovial détonnait sûrement un peu trop avec celui de la jeune fille. *’Fin bon, elle m’a répondu, tant pis pour elle !*. Il décida tout de même de ne pas la vexée et de rattraper sa maladresse, il ajouta alors. : « Euh, je plaisantais, désolé, c’est… comment dire, l’humour irlandais, l’est pas terrible…Tu vois, c’est juste que t’avais l’air en colère, alors je me demandais pourquoi ? Enfin, c’est pas que j’suis curieux, c’est plutôt que j’voulais savoir si je pouvais t’aider ! Je dis pas que je peux t’aider, mais, j’aime pas trop quand les gens ont pas l’air bien. Mais t’as l’air d’une fille bien hein ! C’est juste que… ».

                 Franz fit alors une pause dans son discours balbutié et pesta contre lui-même. Il savait bien qu’il n’arrivait jamais à justifier son humour ou son comportement et qu’à chaque fois qu’il le faisait, il s’enfonçait petit à petit, devenant de plus en plus incompréhensible pour son interlocuteur… Mais c’était plus fort que lui, il ne voulait pas que les autres le comprennent de travers et le jugent mal, alors il s’expliquait, encore et encore, dans des monologues interminables, dont chaque phrase durait le temps de sa capacité à débiter un flot de paroles sans respirer. N’ayant pas été interrompu, il reprit son souffle et continua, emmêlant de plus en plus ses pensées: « C’est juste qu’avec une telle vue, le soleil, le ciel, les oiseaux qui s’éveillent, tout ça, je m’demandais pourquoi tu souriais pas. Du coup, qu’est-ce qui va pas ? Non, d’abord, comment tu t’appelles ? Moi c’est Franz, et, euh, j’ai pas trop dormi alors peut être que j’dis n’importe quoi. Et toi ? T’es pas à Poufsouffle ? Je me souviens plus. Alors, qu’est-ce qui va pas ? Quoique ce soit, je peux t’aider ! Et pis, comme je te l’ai dit, j’ai pas trop dormi, et quand je dors pas, c’est impossible de me faire lâcher l’idée que j’ai en tête, et là, l’idée, c’est d’te comprendre ! »

         Franz adressa alors un large sourire à la jeune fille, en y mettant tout ce qu’il y avait de plus chaleureux et amical en lui. « Ah, en fait, moi c’est Franz » dit-il en lui tendant la main, ayant déjà oublié qu’il s’était présenté quelques secondes auparavant…

Je ne t'aime pas trop.