Astronomie

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Clair de Lune

Ce soir là, Edna était triste, et pleine de colère.

Elle n'était à Poudlard que depuis quelques mois, et même si son intégration se faisait assez naturellement, elle ne pouvait s'empêcher de se sentir seule la nuit tombée.

Le fait d'avoir quitté sa famille et ses anciens amis était très difficile. Elle n'était jamais partie si loin d'Amersham, et si longtemps.

La tour d'Astronomie est son endroit de prédilection dans l'école. C'est un lieu d'ordinaire assez calme, et un des seuls ouverts même quand la nuit tombe. Elle y vient seule, après avoir dîné avec ses camarades à la table des Serpentard. Ce soir là, Edna avait à peine touché aux plats succulents préparés par les elfes de l'école... Quelque chose la tourmentait.

Elle se surprend souvent à observer les étoiles pendant des heures. Chez elle, elle pouvait monter sur le toit et regarder le ciel, de la même manière.
C'est drôle, le ciel est le même ici, que chez moi. Je me sens seule et pourtant je sais que des centaines de personnes regardent le même ciel, et au même moment que moi...

Dans l'après-midi, Edna avait demandé à son amie Lucy de l'aider à rédiger un poème pour un garçon qu'elle avait rencontré quelques jours auparavant, et avec qui elle avait noué des liens assez forts. Du moins, c'est ce qu'elle pensait. Ils se retrouvaient souvent seuls tous les deux dans la tour. A discuter, d'eux, et à rêver du temps qui passe. Ils s'étaient même embrassé une fois.

Depuis quelques jours, il ne la rejoint plus. Il ne la regarde même plus quand ils se croisent dans les couloirs.
Alors, c'est comme ça qu'elle s'est mise à vouloir lui écrire quelque chose, qu'elle cacherait dans un coin de la tour. Elle lui laisserait un indice, et il pourrait lire ces quelques mots pleins de colère, et de rancœur...

Regarde moi.
Je suis juste là, devant toi.
Tu n'as jamais voulu me voir
Alors que j'aurais tout fait pour t'avoir

Regarde ce ciel.
Un océan d'étoiles fusionnelles

Tu peux t'y perdre, viens
Tant que ton cœur reste près du mien

Mais tu m'as rejetée,
Ah ! Moi qui t'avait tant aimé,
Me laissant le cœur brisé

Les étoiles sont mes seules amies,
J'ouvre les yeux, je survis
Au loin, fort, mon cri résonne,
Mon âme, esseulée, jamais ne pardonne


Il voulait la guerre ? Elle la déclarerait.

Après tout, le choixpeau ne s'était certainement pas trompé. Et Edna décida qu'elle ne tomberait plus jamais amoureuse d'un garçon à l'avenir.
Dernière modification par Edna Gringot le 4 juin 2018, 18 h 52, modifié 1 fois.

Edna Gringot, rêveuse éveillée.

Clair de Lune

22 Novembre 2042, Minuit


Le cours d'astronomie venait de se terminer. Le professeur Briggs, nous distribua nos devoirs à faire pour le cours suivant. Chouette ! Une carte stellaire ! J'étais ravi rien qu'à l'idée de mettre à profit mes talents de dessinateur. Les élèves quittèrent peu à peu les lieux, précédant notre enseignant qui était visiblement pressé de profiter d'une bonne nuit de sommeil. Moi, je prenais mon temps. Je n'étais pas fatigué.
-Celo, tu viens ?, me demanda un camarade Serdaigle.
-Oui, oui j'arrive. Je range juste mes affaires et je vous rejoins.
Bon sang, jamais moyen d'être seul cinq minutes ici... Cette promiscuité permanente me fatiguait, et j'étais content de pouvoir m'isoler un instant dans la tour d'astronomie. Désormais la salle était vide.

Je m'approche du rebord de la fenêtre, mon manuel et mes notes de cours sous le bras. J'observais le ciel étoilé, infinité bleue s'étendant aux dessus des cimes de la forêt Interdite. La nuit était fraîche mais je m'en fichais, je profitais de l'instant. Fermant les yeux, je laisse mon esprit s'envoler, porté par le souffle du vent d'automne.

Soudain, une bourrasque me tira de ma méditation. Mes parchemins s'envolèrent eux aussi ! Ils étaient disséminés sur le sol de la salle circulaire. Je grince des dents, exaspéré par ma maladresse. Ne pouvais-je pas empoigner ces notes plus fermement ?! Je m'agenouille, tentant de récupérer les précieuses leçons d'astronomie. L'ordre des cours était tout chamboulé... C'est alors que j'aperçus, dans ce tas désordonné, une écriture qui n'était pas la mienne. Douce, régulière et propre, elle était loin de m'appartenir, très loin. Le parchemin était un peu usé, comme s'il était là depuis plusieurs semaines. Poussé par ma curiosité, je commence la lecture de la note.

C'est un poème ! Un poème d'amour. Fasciné par ma découverte, je lis avidement les vers du délicat pamphlet. C'est un poème d'amour impossible... Les mots, d'abord doux et pleins de passion, se transformèrent, devenant plus puissants, presque colériques. J'étais submergé par cette écriture. "La personne qui a écrit ce poème devait être très triste...", me dis-je, innocemment. Du haut de mes onze ans, l'amour était encore un mystère pour moi ; mais l'auteur, en revanche, en avait apparemment fait la triste expérience. "Je peux peut-être lui laisser un mot..."

Je sors ma plume, un parchemin neuf et me mets à écrire.

Chère inconnue,

Bien que le ciel est un océan d'étoiles, rien ne vaut le bonheur d'un coeur qui bat au rythme du notre. Quand l'amour semble t'abandonner, et que les étoiles te tournent le dos, attends le levé de l'aube et regarde vers le Soleil. Laisse pleurer ton coeur si ton coeur te le demande, les larmes sur tes joues te laveront de ton chagrin. Et quand le blanc immaculé de ta pureté s'en reviendra, regarde vers le Soleil et tu laisseras briller ta joie.

J'espère qu'en ce beau monde tu pourras t'ouvrir encore au sentiment d'amour qui vaut beaucoup plus que l'or.
Ma prose était hésitante, les mots sont plus durs à manier que le dessin... Déposant le billet dans un coin de la pièce, je quitte les lieux, emportant avec moi le poème de l'inconnue, espérant que cette dernière soit réconfortée par mon message.

Gloria è felicità ! Celo Venesi.

Clair de Lune

26 Novembre 2042, 23:17


C'était une de ces nuits venteuses, celles où les bourrasques fouettent ton visage violemment. Celles où il y a tellement de bruits autour de toi que tu te sens dans un autre monde, où le vent crie tellement fort qu'il t'assourdi. Celles où finalement il n'y a plus que l'univers et toi.

C'était probablement l'un des moments favoris d'Edna. Elle était une fois de plus perchée sur sa tour, assise sur un rebord à regarder l'horizon, le vent dans les cheveux. Aucun nuage, seulement elle et le vent qui la traverse dans la nuit noire.

C'était la première fois de la semaine qu'elle venait ici (à cause du surplus de devoirs qu'elle avait eu ces derniers jours)... Qu'est-ce que ça lui avait manqué ! Mais elle savait qu'elle n'était pas la seule à aimer ce lieu, et il fallait bien partager avec ses camarades... Heureusement, les soirs où le vent est si fort, elle peut être seule. Comme les soirs de pluie d'ailleurs.

Tom sortait avec une nouvelle fille. Elle les avait vu afficher leur amour sans gène dans les couloirs de l'école. Mains dans la main, bouche contre bouche. Beurk. Ils sont répugnants. Un nœud se nouait dans son ventre et dans sa gorge à chaque fois qu'elle le voyait. Elle voulait lui arracher les yeux. Lui faire manger des bombabouses plus pourries que pourries, lui faire exploser ses... avec des... Bref. Quand elle était face à lui pourtant, elle ne faisait rien du tout.

Mais le temps passe. Il faut attendre, c'est ce que lui on dit ses copines. Il semblerait que ce soit le seul remède. Ce n'est pas si simple pourtant. Les gens veulent tous que l'on passe à quelque chose très rapidement. Next. On n'a plus le temps d'être triste et de pleurer. Plus le temps de consoler, plus le temps de se plaindre. Plus le temps d'écouter. Passer à autre chose. C'est ce qu'on veut qu'elle fasse. Mais comment ? Et en avait-elle réellement envie ?

Il n'avait pas répondu à son poème. Tant mieux. Elle ne savait pas non plus si il l'avait vu.... Attends une seconde... Mon poème, il est où ? Edna avait beau fouiller, il avait disparu. Envolé. Le vent l'avait-il fait prendre la voie des airs avec lui ?
A la place Edna tomba sur une curieuse lettre de réponse. Tom ? Non, ce n'était pas son écriture. Le message s'adressait pourtant bien à elle.

Tout d'abord elle voit rouge. Qui avait osé lui voler son poème ? Puis d'abord, de quoi se mêle cette personne ? Mais ensuite, au fil des lignes, elle se rendit compte que c'était une prose assez agréable à la lecture... Cette lettre, elle ne savait pas de qui ça provenait, mais elle était heureuse que quelqu'un s’intéresse ainsi à son malheur, sans la juger.

Le vent continuait de la fouetter. Elle relu plusieurs fois les lignes de l'inconnu(e). Qui ? Quand ? Pourquoi ? Piquée de curiosité, elle voulait répondre. N'ayant pas de parchemin ni de plume sur elle, elle dévala les escaliers quatre à quatre et revint aussitôt dans la tour avec le matériel. Elle rédigea ces quelques mots pour son inconnu(e).

Qui es-tu ? Que connais-tu du monde, du soleil et des étoiles ?

Edna Gringot, rêveuse éveillée.

Clair de Lune

26 Novembre 2042, 23:34

Je monte les étroits escaliers de la tour d'Astronomie, serrant dans mes mains le poème de la jeune fille inconnue que j'avais trouvé quelques jours auparavant. J'ai réfléchi, j'ai réfléchi toute la journée et toute la soirée aussi. Ce que j'avais fait était mal. Je n'aurais pas du m'en mêler. Ce poème ne m'était clairement pas destiné et moi, moi je l'ai pris, je l'ai gardé pour moi ! Idiot ! Pourquoi faut-il que je me mêle sans arrêt des histoires des autres ?! Cette fille ne me connait pas et je ne la connais pas non plus. Et si elle avait changé d'avis ? Si elle ne voulait pas que ce poème soit découvert ? Ce n'était peut être qu'une page de son journal intime qu'elle aurait égaré par mégarde, qui sait ? Ou alors elle espérait qu'il soit trouvé par quelqu'un d'autre..sans doute. Et en plus il a fallu que je me prenne pour un poète avec ma prose à deux mornilles et ma philosophie douteuse ! "Bravo Celo !", comme dirait papa.
Non ne t'inquiète pas jeune inconnue, je vais tout arranger. Je vais reprendre ma note et remettre ton poème en place et tout retrouvera sa place.

J'accélère le rythme, les marches sont nombreuses, beaucoup trop nombreuses ! "La tour d'Astronomie est la plus haute tour du château", avait dit le professeur Briggs. "Je vous déconseille d'oublier la moindre de vos affaires en ces lieux ou vous risqueriez d'avoir des crampes en vous réveillant le lendemain !" Merci monsieur...j'aurais du vous écouter... Ça ne finira donc jamais de grimper ?! J'ai la nette impression que le temps presse...et voilà que je perds mon temps à gravir une à une ces maudites marches de pierre ! La cloche de l'école sonne la demie. 23h30, je devrais être au lit à cette heure, pourvu que je ne croise personne en retournant au dortoir sinon ça risque de chauffer pour moi... Allez j'y suis presque, je vois le sommet de la tour ! Encore un effort et tout sera fini.

Je touche enfin au but, épuisé par cette ascension interminable au beau milieu de la nuit. Je serre d'avantage le poème dans ma main. "Tu m'en auras fait faire des choses cette semaine toi !" me dis-je en souriant ."J'espère que tu n'as pas trop manqué à ton auteur sinon je suis mort !" J'arrive en face de la porte et l'ouvre délicatement. Tout était calme, seul le souffle du vent était audible à une telle heure de la "journée". Je passe ma tête dans l'encablure de la porte et c'est alors que j'aperçois une élève de Serpentard assise sur le rebord de la fenêtre. Mince ! J'espère que ce n'est pas une préfète...adieu mes petits points si durement gagné ce mois-ci... Non elle est trop jeune pour être préfète. Et même si c'était le cas, elle semblait préoccupée par quelque chose. Tant pis, il faut que j'y aille et tant pis pour les points de maison. J'ai assez travaillé, je méritais bien un petit écart non ? Je fourre le poème dans la poche de mon pyjama, mes affaires ne la regardaient pas après tout ! Je n'aurai qu'à attendre qu'elle retourne se coucher pour le remettre à sa place.

J'entre dans la pièce, faisant légèrement grincer la porte. La jeune fille lève les yeux et me regarde entrer, elle semblait surprise de croiser un autre élève ici à cette heure. Je décide de rester calme et courtois malgré l'urgence de la situation. J'affiche un grand sourire avant de dire d'une voix douce :

-Oh, salut ! Excuse moi de te déranger, je pensais pas croiser quelqu'un si tard...

Gloria è felicità ! Celo Venesi.

Clair de Lune

26 Novembre 2042, 23:38


Edna termine tout juste son petit mot qu'elle prévoit de placer à la place de son poème. Elle le met rapidement à l'endroit exact où elle avait glissé son poème pour Tom.

Elle reviendrait bientôt pour voir si il/elle aurait répondu. Peut-être que c'était quelqu'un qui lui faisait une mauvaise blague. Elle espérait que non. Bien sûr, elle ferait bonne mine mais au fond d'elle, elle ne se sentait pas le courage de prendre une deuxième claque en pleine figure.

Edna sait qu'il est l'heure d'aller au lit, demain serait une grosse journée. Deux travaux à rendre, et elle terminait tard. Mais elle n'était pas fatiguée. Son baladeur MP3 lui manquait terriblement, et écouter de la musique sur la tour était la seule chose qui lui aurait fallu à cet instant précis pour être réellement bien.

Elle entend un bruit. La porte de la tour claque. Le vent ? Non, un jeune garçon entre et s'approche doucement d'elle. Ça alors, un garçon ici, en pleine nuit et un soir de vent. C'était bien la première fois depuis le début de l'année qu'elle voyait quelqu'un d'aussi courageux. Elle ne le connaissait pas, mais aux vues de ses couleurs c'était un serdaigle.

-Oh, salut ! Excuse moi de te déranger, je pensais pas croiser quelqu'un si tard... entend Edna malgré le souffle du vent qui cache sa voix.

Il devait avoir une bonne raison de venir si tard. De plus, son air préoccupé et ses yeux tristes firent comprendre à Edna qu'elle devait s'en aller.

- Non, ne t'inquiète pas. J'allais partir de toute façon.. Bonne nuit à toi alors.

Elle quitte le rebord de la fenêtre, jette un dernier et furtif regard à sa cachette et s'en va.

Edna Gringot, rêveuse éveillée.

Clair de Lune

Mince, je l'ai fait fuir... Je ne savais pas que j'étais si effrayant, mais en même temps, elle m'a facilité les choses. Au moins je n'ai pas eu à me montrer désagréable avec elle. Je la regarde quitter la pièce et attends qu'elle ait refermé la porte pour me jeter à l'endroit où j'avais placé mon mot. Vite, je dois le retrouver, si je me fais surprendre ici à cette heure, c'est la fin de moi... Je cherche, encore et encore mais ne retrouve pas mon mot. Caspita !! Où est-il ?! Ne me dites pas que... que quelqu'un l'a déjà trouvé ! Non c'est impossible, je l'ai déposé il y a moins d'une semaine ! Ça doit être le vent qui l'a emporté...

Je retourne à l'endroit où le poème était placé la première fois et y trouve un nouveau morceau de papier. Je le lis. C'est la même écriture que celle du poème. Le message se résumait en deux questions : qui suis-je et qu'est ce que je connais du monde du Soleil et des étoiles. Oh non j'arrive trop tard !! La jeune fille s'est rendu compte que j'avais pris son poème et maintenant elle veut me rencontrer ! Elle veut des explications ! Oh non, oh non, oh non !! Qu'est ce que je fais maintenant ? Lui laisser un nouveau mot ou attendre et faire comme si rien ne s'était jamais passé ? Les rouages de mon cerveau tournent à plein régime, tellement que de la fumée pourrait presque sortir de mes deux oreilles. Mes pouces se posent sur les lignes du message et je m'aperçois que l'encre n'est pas sèche, elle bave au contact de mes doigts... Mais... c'est impossible... cela voudrait dire que le message vient d'être écrit et je n'ai croisé personne dans les escaliers pour venir jusqu'ici. Personne sauf...

- La fille de Serpentard !!

Poussé par un élan de vigueur, je cours vers la porte de la tour d'Astronomie et crie dans les escaliers :
- Hey attends moi !! J'ai quelque chose qui t'appartient !! Hey euh... (je cherche son prénom avant de me rappeler que je ne la connais pas) Fille de Serpentard !! Reviens !!!
Je dévale les escaliers quatre à quatre, tenant toujours son poème dans mes mains ne voulant pas qu'il s'échappe. Je descends les marches en soufflant, un point de côté apparaît au creux de mon abdomen. Je ne ralenti ma course qu'une fois que j'eu aperçu les longs cheveux bruns de la jeune fille que j'espérais être la poétesse. Elle finit par s'arrêter et me regarda avec surprise. À bout de souffle je lui tend le parchemin qu'elle avait écrit il y a de cela plusieurs semaines, voir même plusieurs mois.
- Hey ! Euh excuse moi... Je...est-ce que c'est toi qui a écrit ça ?
Dernière modification par Celo Venesi le 20 juin 2018, 16 h 58, modifié 2 fois.

Gloria è felicità ! Celo Venesi.

Clair de Lune

Son sang ne fait qu'un tour. Quand elle voit le papier tout froissé que le jeune garçon lui tend, Edna le reconnait immédiatement. Elle a chaud, et elle sent ses joues s'enflammer. Son coeur s'emballe, sa respiration s'accélère mais elle n'arrive plus à bouger. Plantée là, elle fixe son interlocuteur sans être capable d'ouvrir la bouche.
Des heures entières semblaient s'écouler sans qu'elle ne sache comment réagir.

La honte, la honte, la honte. Il me voit, il me voit et il sait maintenant qui je suis. Et il sait ce que j'ai écris. Et il l'a lue, et il m'a répondu ! Oh non, oh non, la honte ! J'aurais dû rester en haut de la tour et me jeter dans le vide, ça m'aurait évité ça !

Edna panique, et puis soudainement, un sentiment de colère prend le dessus. Pourquoi il venait la rattraper ? Il voulait la juger ? Comment avait-il osé prendre son poème avec lui ? Qu'est-ce qu'il en avait fait tout ce temps ?

En réalité, quelques secondes seulement s'étaient écoulées pendant que toutes ces émotions envahissaient la jeune Serpentarde.

Elle attrape son poème des mains du garçon, et part en courant. La fuite, génial. Elle dévale les escaliers, elle descend aussi vite que possible. Mais ça n'en finit jamais, combien il y a de marches ici ?
Finalement, elle arrive en bas. Essoufflée. Alors qu'elle croit avoir échappé à une discussion très gênante, elle sent une main chaude se poser sur son épaule. Encore lui, mais il est rapide bon sang.
Elle se retourne, et se pose face à lui. Il est très légèrement plus grand qu'elle, et il semble reprendre plus vite sa respiration.

- OK. Qu'est-ce que tu veux ? Ce poème ne t'étais pas adressé, pourquoi tu l'as volé ? Tu veux te moquer de moi c'est ça ? Ben tu sais quoi, vas-y, moque toi ! Je m'en fiche ! Raconte le à tout le monde si ça te fait plaisir !

Edna Gringot, rêveuse éveillée.

Clair de Lune

Elle ne semble pas super ravie d'apprendre que je lui ai emprunté son poème... C'était prévisible, elle voulait que quelqu'un d'autre le trouve et voilà que c'est moi qui lui ramène. Tu parles d'un bonne surprise. Je ne sais pas de quelle façon j'aurais réagi si j'avais été à sa place mais je suppose que ma réaction n'aurait pas été très différente de la sienne. Cependant, au fond de moi, je savais que je n'avais pas fait quelque chose de mal. Certes, je n'étais pas la personne qu'elle espérait voir débarquer dans la tour d'astronomie à minuit et quelques ; mais je sentais que malgré ça, j'étais peut être celui qui pourrait l'aider à passer outre son chagrin. Dommage qu'elle se soit enfuie dans les escaliers par contre...

Je vais devoir courir pour la rattraper encore une fois ! Elle teste les limites de mes capacités sportives, ma respiration haletante et mes crampes qui commencent à apparaître dans mes deux mollets. Pitié, ralentis sinon je vais faire un malaise. Heureusement, mes jambes sont grandes et je déballe facilement les marches qui nous séparent. Lorsque je la vois reprendre sa respiration en bas des escaliers, je m'arrête à mon tour.

Bon, je dis quoi maintenant ? "Salut, c'est encore moi ! Je trouve que tu cours bien, on va faire un jogging ensemble ? On pourra parler poème, chagrin d'amour et Astronomie !" Idiot... Je me contente de poser une main sur son épaule, geste qui la fit se retourner instantanément. Mmh... Elle semble contrariée et je pèse mes mots.


- Je n'avais pas du tout l'intention de me moquer de toi tu sais... Je voulais pas en parler non plus. J'ai simplement trouvé ton poème par hasard et comme il m'a plu je me suis dit que je pourrais le garder pour moi. Quand je l'ai lu, je me suis dit qu'il fallait que j'aide l'auteur de ce mot, que je t'aide toi. Mais j'ai fait ça sans réfléchir, je savais pas que ça pourrait te faire du mal... Je m'en suis rendu compte aujourd'hui, j'ai voulu remettre ton poème à sa place mais tu étais déjà passée par là.
Je souris maladroitement en pensant à ma façon si particulière de me justifier. Beaucoup de mots, pas toujours bien choisis mais toujours sincères. La méthode Celo, quoi...

- Si tu veux, on peut faire comme si de rien était, tu gardes ton poème, je reprends le mien et chacun retourne à sa vie de son côté.
Je grimace à cette idée. Ça serait dommage de se séparer comme ça, sans un mot.

-Ou alors, on peut devenir camarades de poésie ! On formerait un club des coeurs brisés, chargé de répandre la poésie dans ce grand château gris ! Tu en penses quoi ?
J'affiche un grand sourire enfantin. Je n'avais jamais fait parti d'un club de ma vie, alors en fonder un avec une fille que je connaissait à peine, ça semblait un peu fou, mais carrément mortel à la fois ! Je regarde la jeune fille et me souviens que je ne connaît toujours pas son nom. Je décide de remédier à cela.

-Au fait ! Moi c'est Marcelo Venesi (deuxième du nom haha !), mais tu peux m'appeler Celo, c'est plus court !
Je lui tends la main, espérant ainsi sceller notre rencontre officielle et la faire débuter sur de bonnes bases.
Dernière modification par Celo Venesi le 23 juin 2018, 0 h 58, modifié 1 fois.

Gloria è felicità ! Celo Venesi.

Clair de Lune

Elle écoute ce que lui dit le garçon qui s'appelle Celo jusqu'au bout. Elle le regarde, les yeux ronds. Elle le trouve assez maladroit dans ses propos, mais il parait tout à fait gentil finalement. La jeune Serpentarde se risque à baisser une seconde sa garde.

Mais ils sont tout de même un peu trop proches à son goût. Edna n'a pas l'habitude d'être si près des autres êtres humains. Il fait le malin à courir partout, mais je suis sûre qu'il est aussi essoufflé que moi celui-là. En attendant, il a quand même eu l'audace et le cran de me suivre jusqu'ici... pour créer un club ... le club des cœurs brisés ?

Il lui tend la main, elle continue de le fixer droit dans les yeux. Elle n'avait d'ailleurs pas décroché son regard durant tout son discours pour essayer de percevoir le fond de sa pensée. Elle réfléchit une seconde, puis se laisse le droit de lui serrer la main. Le contact est franc malgré le fait que leurs mains soient assez peu assurées. C'est probablement à mon tour de me présenter, une fois qu'il saura qui je suis, je ne pourrai plus faire demi-tour...

- Salut. Moi c'est Edna Gringot, dernière du nom... Elle marque une pause, Quelle humoriste! Ton histoire de club là, c'est sympa mais je crois que t'as pas compris que je n'avais pas pour ambition d'être un cœur brisé toute ma vie en fait.

Elle se rend compte qu'elle est un peu violente. Mais bon, elle n'avait jamais voulu être dans cette situation, si elle avait pu éviter d'être amoureuse, elle l'aurait fait ! Alors pourquoi voulait-il contempler cet état ? Le mettre en alexandrins ? Savait-il combien il est difficile de ressasser son malheur ? Elle ne voulait pas s’apitoyer sur son sort. Et elle ne voulait pas non plus que le jeune garçon la regarde avec pitié.

Au bout que quelques secondes, elle reprend :

- Mais si tu me dis tout ça, c'est que tu as déjà été brisé n'est-ce pas ?

Edna Gringot, rêveuse éveillée.

Clair de Lune

Soudain, de mauvais souvenirs refont surface. Kilkenny, la serre en feu, et Joy... le doux sourire de Joy avant que... qu'elle... Tu as déjà eu le coeur brisé Celo ? Non... Tu es sûr ? ...oui. Tu vois, tu te mens encore à toi même ! Tu dis vouloir aider cette jeune fille alors que tu n'es même pas capable de t'aider toi. Tout ce que tu sais faire, mon 'tit Celo, c'est pleurer sur ton sors en essayant tant bien que mal de te convaincre que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais regarde la ! Cette fille n'a pas besoin de ton aide. Ne serait-ce pas toi, au fond, qui aurait besoin d'aide ? N'aurais-tu pas fait tout cela dans l'espoir de trouver du réconfort au près de personnes qui ne te connaissent ni d'Eve ni d'Adam ? Avoue, Celo ! Avoue le.

Je regarde Edna, souriant timidement avant de baisser les yeux vers mes pieds.

- Si j'ai déjà eu le coeur brisé ? Oui c'est probable... Mais sans doute pas de la même façon que toi. Quand j'étais petit... Stop ! Ne dis plus rien. Si elle ne veut pas parler, ne parle pas non plus. Euh.. c'est une longue histoire. Je te raconterai un jour, au cours d'une réunion de club par exemple haha !

Edna n'avait pas l'air convaincue par cette idée d'ailleurs. Elle disait qu'elle ne resterait pas un coeur brisé toute sa vie. Mais je pensais justement que pouvoir exprimer son chagrin de façon plus... poétique serait un bon moyen pour guérir d'une blessure psychologique. Cependant, cela demanderait d'exposer une part de soi aux yeux du monde. C'était accepter de se montrer tel que l'on est vraiment. En soit, c'était aussi une manière d'arrêter de se mentir à nous même.

- Tu sais Edna, si tu ne veux pas rester un coeur brisé toute ta vie comme tu dis, peut être que la poésie est la solution pour passer à autre chose. Peut être que nous devions nous rencontrer à ce moment précis, pour qu'on s'entraide. Pour qu'on puisse guérir. La poésie c'est la musique de l'âme, la musique qui soigne les coeurs brisés comme... Comme nous. S'il te plaît, devenons amis. On pourrait s'apporter beaucoup l'un à l'autre. Et ce club de poésie, le Club des Coeurs Brisés, pourrait permettre à de nombreux écoliers en peine de s'épanouir eux aussi. Moi non plus je ne veux pas rester un coeur brisé toute ma vie... mais je pense que le moment est venu pour nous.
Mon visage est plus sérieux que jamais, les yeux posés sur Edna, presque implorants. Nous avions besoin l'un l'autre, j'en étais certain.

Gloria è felicità ! Celo Venesi.

Clair de Lune

Wow, je ne sais pas ce qui est arrivé à ce garçon, mais compte tenu de la maturité de ses propos il a dû vivre des choses difficiles..
Edna cesse de ne penser qu'à elle à partir de cet instant. Elle qui n'avait, jusque là, parlé que d'elle, de son monde et de ses petits malheurs se rendit compte qu'un être à fleur de peau lançant un appel au secours se tenait face à elle. Une vague de compassion l'a prend, elle a envie de le prendre dans ses bras, de lui dire qu'ensemble ils surmonteraient tout, qu'ils allaient se battre. Mais ce n'était pas dans ses habitudes de s'ouvrir comme ça, et quelque chose au fond d'elle l'en empêche.

Elle s'assoie sur une marche froide des escaliers de la tour. Il fait très sombre, il est bientôt minuit et il n'y a que deux bougies pour éclairer le lieu.
Edna prend sa tête dans ses mains et tente de digérer les paroles de Celo. C'était fort et violent tout ce qu'il venait de lui dire. Il lui faut quelques secondes sinon elle risque de perdre le contrôle sur ses sentiments. Et ce n'est pas ce qu'elle voulait, elle ne voulait pas passer pour une pleurnicharde.

Il avait commencé à lui raconter son histoire intime, puis s'était ravisé. Elle comprend, c'est leur première rencontre et elle ne le poussera pas à raconter sa vie si il n'est pas prêt à se livrer à elle. Et puis, elle, était-elle prête à entendre le passé de Celo ? Rien de moins sûr...

- D'accord, Marcelo Venesi, j'accepte d'être ton amie. Mais je veux que tu me promettes de ne pas m'abandonner du jour au lendemain sans explication. Sinon, je te retrouve et je te fais manger l'herbe.

Elle n'attend pas que le jeune garçon approuve, elle continue son discours toujours assise sur les marches :

- Je ne suis pas sûre d'être douée en poésie, et j'ai un peu peur de montrer le fond de mon cœur à tout le monde. S'il-te-plaît, pour commencer pourrait-on être un club de deux membres ? Et puis quand on se connaîtra mieux, ou que je serai plus assurée dans ma prose, on pourra s'ouvrir un peu ?

Elle marque une pause. Et ajoute d'un ton plus léger et le sourire aux lèvres :

- Par contre, le Club des Cœurs Brisés ça fait un peu trop pessimiste je trouve - que dis-tu du Club des Cœurs Mélancolique ? Ou quelque chose d'un peu plus métaphorique ? Club des Cœurs Battants ? Pour dire que l'on est en vie et qu'on se bat contre nos vieux démons ?

Edna réfléchit tout en sortant une chocogrenouille de sa proche. Elle la casse en deux et en propose la moitié à son nouvel ami.

Edna Gringot, rêveuse éveillée.

Clair de Lune

Je rejoins Edna et m'assoie sur la marche où elle se trouvait avant de prendre avec délicatesse le chocolat qu'elle me tendait. Je lui souris avec gratitude, la remercie et déguste lentement la sucrerie qu'elle venait de m'offrir. "Le chocolat adoucit les moeurs !" comme dirait ma mère. La jeune fille souriait aussi, elle donnait l'impression d'aller mieux. Je n'irai pas jusqu'à dire que tout s'était arrangé comme par magie, mais nous avions franchis une petite étape dans le chemin de la guérison.

Puis je me dis qu'elle a peut être raison, que si nous voulions passer à autre chose il fallait arrêter de se prendre pour des coeurs brisés. Nous étions plus forts que nous en avions l'air, nous étions des guerriers fiers et courageux ! Des battants comme elle avait dit. J'acquiesce à l'écoute de sa proposition.

- Oui, je crois bien que vous avez raison Miss Gringot. Je lui tire la langue et ris doucement avant de reprendre. Commençons par nous aider nous même avant de sauver les autres. Soyons courageux, forts, des combattants ! D'ailleurs, "Le Club des Combattants" c' est un nom qui déchire !

Je me lève et me place devant la jeune fille. Prenant un air officiel très théâtrale et surjoué, je fais mine de signer un parchemin officiel imaginaire avant de lui faire la révérence en lui tendant le fameux papier.

- Chère mademoiselle, par le présent document (Edna regarde la main vide que je lui tends.) je déclare officiellement ouvert notre prestigieux club de poésie ! Le Club des Coeurs Battants a l'honneur de vous accueillir en tant que vice présidente et membre exclusif de cet organisation VIP ! Applaudissez bien fort Miss Edna Gringot, mesdames et messieurs !

J'imite une foule en délire, applaudis ma camarade et exécute une roulade avant pour la rejoindre près des marches en riant. C'était carrément absurde mais cela me faisait du bien de pouvoir rire. Les blagues sont une sorte d'échappatoire lorsque le coeur et ses chagrins deviennent trop lourds à porter. Enfin, bref, fini la déprime pour ce soir ! Nous aurions tout le temps de penser à ça une autre fois.

Malgré l'appréhension de devoir révéler mes peines aux yeux d'une personne autre que moi même, j'étais impatient de pouvoir rejoindre notre première réunion de club, écrire et discuter avec la jeune fille. J'étais pressé d'aller mieux, qu'elle aille mieux et que nous puissions aider les autres à aller mieux aussi.


- J'espère que tu me trouves pas trop bizarre héhé ! Je fais pas ça tous les jours, rassure toi !

Je marque un temps d'arrêt afin de reprendre mon souffle. Caspita... mes crampes aux mollets me tiraillent encore ! Heureusement qu'on est pas sur le point de fonder un club de sport sinon je ne sais pas dans quel état on nous aurait retrouvés ! Je me tourne vers Edna et ajoute joyeusement :

- Du coup, quand aura lieu notre première réunion Miss ? Le public imaginaire nous réclame avec impatience !

Gloria è felicità ! Celo Venesi.