Astronomie

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Ancien sorcier  

Courir entre les gouttes de pluie pour mieux survivre  Libre 

18h30: Silence et vide
18h32: Toujours rien.
18h45 : La pluie qui tombe, encore et encore.

Et les minutes passent, interminables, promesses éphémères… Et le monde se fige, image d’un chaos sans fin que la nature se plaît à dominer…Peu importe le vent qui hurle, secouant les frondaisons du Château. Peu importe ces centaines de gouttes de pluie qui s’abattent sans fin, cinglant son visage sans pitié. Seul l’instant présent compte. Seul le sentiment de liberté infinie incombe. Les bras grands écartés, les cheveux se soulevant au rythme des rafales, Ayä ne peut s’empêcher de joindre son rire à cette harmonie dissonante. Elle qui affectionne tant les tempêtes profite de cet orage d’été avec bonheur, savourant les légers picotements se propageant le long de ses membres, humant l’odeur si particulière que dégage la pierre et l’herbe lorsqu’elles sont soumises à l’humidité. Au centre de cette ambiance étouffante et oppressante, elle se sent enfin à sa place.

Comme pour défier le ciel, la brunette entame un mouvement de rotation sur elle-même, gonflant ses poumons avec ivresse et insouciance sans même songer à se mettre à l’abri comme tout autre habitant censé de Poudlard. Aussi sauvage et incontrôlable que les éléments se déchainant autours d’elle, elle danse au rythme du tonnerre, indifférente au fait qu’on pourrait la surprendre. Se jouant de l'Existence et du Destin ou encore de cette maudite fatalité qui lui colle si bien à la peau, elle virevolte comme une feuille soumise au bon vouloir d'un vent impétueux et sans scrupule qui n'a de cesse de la faire changer de direction.

C’est comme si la vie reprenait enfin son cours. Comme si le monde tournait de nouveau dans le bon sens. A cet instant, Ayä se sent prête à affronter n’importe quel obstacle. Ses soucis s’envolent, ses larmes de soulagement se mêlant à la pluie, indissociables de celle-ci. Sereine, elle s’arrête pour reprendre son souffle, le visage tourné vers le ciel avec dévotion.

Voilà des heures qu’elle se trouve là, profitant avec allégresse de la solitude que lui offre la Tour d’Astronomie. A n’en point douter, elle est loin d’être la première à trouver refuge ici pour faire le tri dans ses pensées ou se ressourcer. Les murs en pierres brutes ont dû recueillir de nombreux témoignages d’émotions, gardant précieusement les secrets déversés par des centaines d’élèves heureux ou tristes venant s’épancher dans la quiétude du lieu. Sans compter les amoureux qui y ont échangé leurs premiers baisers si l’on se fie aux rumeurs circulant dans les couloirs. Pour une fois, néanmoins, l’endroit semble désert, élèves et professeurs ayant regagné salles communes et bureaux afin d’échapper à l’orage.

Émerveillée à la vue d’un éclair, Ayä s’apprête à s’avancer d’un pas lorsqu’elle se sent basculer, atterrissant sans ménagement les quatre fers en l’air dans une flaque d’eau. Ses vêtements lui collant comme une seconde peau, l’eau dégoulinant le long de son dos et de son visage, la brunette jure avant de s’esclaffer. Même cette chute plus que ridicule ne suffit pas à anéantir le sentiment de bien être qui a pris possession d’elle. Allongée de tout son soûl, les épaules secouées par un fou rire, elle n’entend pas la porte en bois de la tour grincer sous le mouvement d’ouverture imposé par une autre personne qui a elle aussi ressenti l’envie d’affronter la tempête…

Courir entre les gouttes de pluie pour mieux survivre  Libre 

Madeleine posa son livre, ouvert, sur ses draps, descendit de son lit et s'approcha de la fenêtre. L'orage avait pris de l'ampleur. La jeune fille huma une dernière fois l'odeur d'eau et de terre mouillée que l'on sentait même ici, au septième étage avant de fermer la fenêtre. Elle avait profité des températures plus fraîches en soirée pour ouvrir et aérer. Tant que la pluie tombait droite, ça allait mais maintenant que le vent se levait, le plancher du dortoir des filles de Gryffondor allait être trempé si on ne fermait pas la fenêtre.

Madeleine posa sa main sur la poignet de la fenêtre, prête à pousser le battant. Mais, elle interrompit son geste. A la lueur d'un éclair, elle a cru voir un mouvement au sommet de la tour d'astronomie et un bruit qui ressemblait à un rire lui parvint, mais c'était difficile à dire avec cet orage. Et puis, qui était assez fou pour rester dehors par un temps pareil ? Surtout au sommet d'une tour ! Et si la foudre tombait ?

Non, décidément, ce n'était pas possible. Personne n'est assez bête pour rester là-haut sous ses trombes d'eau qui se déversait à n'en plus finir, et de toute façon, mr Heltowny avait dû fermer l'accès au sommet de la tour. Néanmoins la jeune Gryffone restait là, à attendre, indifférente aux hurlements du vent et aux gouttelettes qui, par moment venait mouiller son visage et sa robe. Elle attendait de voir, à la lueur d'un éclair, ses doutes se confirmaient.

L'arc électrique ne se fit pas attendre, déchirant le ciel, accompagné d'un grondement de tonnerre des plus impressionnants.

Cette fois, Madeleine n'avait pas rêvé. Elle en était sûr, elle avait vu quelqu'un bougeait là-haut, au sommet de la tour d'astronomie, la plus haute du château, juste devant celle des Gryffondors.

La jeune fille se résolut enfin à fermer la fenêtre. Elle alla chercher un long pardessus noir, qu'elle enfila tout en sortant de la salle.

La salle commune était bondé, les élèves discutaient, riaient, se distrayaient, cloîtrés à l'intérieur par la colère des éléments. Mais Madeleine ne s'arrêta pas et se retrouva bientôt dans le couloir.

Elle courut presque, de peur que la personne qu'elle avait vu ne s'en aille, que l'apparition ne disparaisse. Elle ne croisa personne.

Enfin, elle arriva dans la tour d'astronomie, monta les escaliers en colimaçon, passant le plus silencieusement possible, comme une ombre dans cette nuit prématurée, composée de nuages. Elle longea la salle de classe, le bureau du professeur et enfin arriva devant la porte qui menait à la terrasse d'observation.

Longuement, Madeleine la contempla, cette solide porte de bois et de fer qui tremblait sous l'assaut de la pluie, et du vent. Elle entendait les gouttelettes crépitaient sur et derrière la porte. Allait-elle y aller ? Actionner cette poignée de fer forgé et affronter les éléments ? Allait-elle connaître l'origine de cette vision qu'elle avait eu, au chaud dans son dortoir ?

La jeune fille en venait à douter de ce qu'elle avait vu. Était-ce bien réelle ? Et déjà, comment est-il possible que, par un pareil orage, alors que le ciel, noir comme le charbon, n'était éclairé que quelques dixièmes de secondes, elle ait la certitude d'avoir vu quelqu'un bougeait au sommet de la plus haute tour du château ?

Mais la Rouge&Or n'allait quand même pas renoncer maintenant, alors que ses certitudes, qui, elle s'en rendait compte maintenant, n'était basé finalement sur rien, l'avaient mené jusqu'ici, dans la tour d'astronomie, devant cette porte qui la protégeait du déchaînement des éléments.

Ou bien, le quelque chose qui empêchait la petite Madeleine d'appuyer sur cette poignée et de sortir dehors, ne serait-ce pas de la peur ? Mais pourquoi aurait-elle peur ? Peur de l'orage ? Ou bien de cette ombre, de cette personne assez folle pour rester dehors par un temps pareil, au sommet de la plus haute tour de Poudlard qui plus est ? Allons, il n'y avait aucune raison d'avoir peur.

La fillette se décida. Elle avança sa main. Cette dernière tremblait. Agacée, Madeleine fit jouer ses articulations, et posa la main sur la froide poignée de fer. Elle ferma les yeux un instant, prit une grande inspiration et ouvrit la porte.

Aussitôt, le vent lui fouetta la figure, tandis que des centaines de petites gouttelettes s'écrasaient sur elle, lui piquant les joues, trempant ses cheveux et ses vêtements. Et encore, elle n'était pas sortie, elle avait juste ouvert la porte, donnant ainsi un accès à l'intérieur du bâtiment aux éléments.

Sous ces trombes d'eau, elle se glissa derrière le battant, et poussant de toutes ses forces, le referma aux trois-quarts, se laissant une marge pour observer ce qui se passait dehors.

Et Madeleine resta là, à observer. Elle voyait une ombre bougeait, ou plus précisément danser, savourant l'instant présent avec bonheur. La Rouge&Or ne pouvait pas distinguer ce qu'était cette ombre, juste une silhouette aux contours incertains.

Enfin, un éclair zébra le ciel, et la Gryffondor eut tout juste le temps d'apercevoir une robe de sorcier noir, une longue chevelure trempée de même couleur et un visage enfantin. L'ombre, ou plutôt l'enfant tournait sur elle-même.

Madeleine ne bougea pas, elle observa celle qu'elle savait désormais être une élève de Poudlard, peut-être même l'une de ses camarades de classe. La fille ne l'avait pas entendu, concentrée sur sa danse et sur l'orage.

Soudain, elle tomba. Elle jura, puis éclata de rire, d'un rire convulsif, hystérique. Ce rire avait quelque chose d'effrayant. Il secouait la petite fille comme une marionnette, allongée dans une flaque d'eau, exposée aux éléments sans pitié.

Soudain, le bras de Madeleine se leva et rouvrit le battant qui alla claquer contre le mur, manquant arracher la porte de ses gonds. Comme une automate, ne sachant pas trop ce qui la faisait agir ainsi, elle avança sous la pluie, tout en rabattant sa capuche sur sa tête. Elle se tenait droite comme un piquet, son visage dénué d'expression, et elle continuait d'avancer. Le vent et la pluie semblait n'avoir aucune emprise sur elle.

Elle marchait d'un pas égal, elle se rapprochait de la fille, pas après pas, cette dernière était toujours allongée dans l'eau, secouée de son fou-rire. Quand Madeleine arriva devant sa camarade, toujours avec des gestes d'automates, elle baissa sa capuche brusquement, laissant la pluie dégoulinait sur ses cheveux et tendit la main vers la masse informe qui s'agitait à ses pieds.

Griffes et Crocs, Griffes et Cœur, Gryff vainqueurs !
Gryffondor du mois en 01/2013, 06/2014, 12/2014 et 03/2015 - Elève du mois de Juin 2014 et Mars 2015