Astronomie

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Ancien sorcier  

« On ne force pas une curiosité, on l’éveille »  PV - Ambre 

Mussé de l'obscurité naissante de la nuit chaude de septembre, Poudlard, l'antre des petits sorciers du monde entier mais essentiellement du Royaume Uni, vivait au rythme de ses occupants, c'est à dire aussi bien des simples élèves prônant bravement l'écusson de leur nouvelle maison que de leurs professeurs, tâchant de les instruire au mieux au sujet de la magie et de son monde nauséeux et enivrant. Ainsi depuis quelques heures, le voile opaque de la nuit était tombé sur les hectares de liberté dont pouvait disposer à souhait Enaël, le plongeant dans un bonheur sans fin. En y songeant, quelques jours auparavant, une violente querelle avait éclaté dans le Grand Salon de la maison de famille. Quel en était le motif ? Rien d'excessivement valable, si ce n'est l'avenir de notre jeune protagoniste. Depuis qu'il avait pris cette décision, celle de quitter sa zone de confiance, il ne lui était pas revenu en tête qu'il avait fait une erreur. Bien au contraire...

Pourtant, il lui arrivait de ressentir une certaine tristesse qui réveillait en lui des souvenirs dont il voudrait bien un jour se dévêtir. Le petit garçon au côté androgyne se convainquait néanmoins que ces souvenirs lui avaient bâti un caractère assez solide, afin d'aborder avec une certaine philosophie toutes les épreuves qui se mettraient sur sa route. Le doute n'était pas maître dans sa propre maison, il avait jadis douté, tergiversé et finalement pour quel résultat ? Aucun qu'il puisse se vanter ! Une larme vint alors perler au coin de sa pupille, s'éclatant violemment contre la balustrade en granite sécurisant le pourtour de l'espèce de donjon, abritant la salle de cours d'astronomie. Une envie peut être passagère lui intimait l'ordre de choisir l'astronomie en tant que matière obligatoire en troisième année : il serait alors plus proche des étoiles. La larme qu'il venait perdre vint se loger dans un défaut de la roche, une petite surface d'eau se créa ainsi, où le reflet de la lune pouvait être observer. Respirant à plein poumons, Dewberthon releva la tête doucement et fixa une étoile, une étoile en particulier où une lueur rougeâtre pouvait être observée. Ce rouge plus que inhabituelle pouvait rappeler à n'importe qui, la couleur qui tamisait le noir derrière les paupières lorsque l'on venait à fermer les yeux et à se placer en face à face avec le soleil. Pour Enaël, cette couleur primaire lui rappelait le sang. Enfin c'était une longue histoire, surtout pour un enfant qui, au final, n'en avait jamais perçu la moindre goutte. Alors comment pouvait il s'en rappeler ?

Cet état de tristesse à la limite de la dépression pour un enfant de son âge fut vite balayé par le sourire d'une personne chère à son cœur. Il devait être fort, au moins pour elle, pour lui assurer une vie bien meilleure que la sienne. Il serait son guide, son précepteur dans la vie, son ange gardien en sorte. Un sourire s'initia sur son doux visage, donnant du baume au cœur à ses propres yeux, qui redevenaient les prunelles bleutées qu'on lui connaissait. Cette indescriptible sensation qu'on était en sécurité avec lui dès lors que l'on observait ses yeux, empêchait quiconque à ressentir angoisse ou peur. C'était presque son petit pouvoir, celui de détendre les personnes.

Il ouvrit la bouche, comme s'il s'apprêtait à prononcer un mot à toute l'assemblée d'étoiles qui lui tendait les bras mais aucun son ne sortit de ses cordes vocales. Se pouvait il qu'il soit véritablement muet ? Lui savait bien qu'il fallait répondre par la négative. Mais force était de constater que malgré ses efforts, il ne parvenait plus à parler, comme auparavant. Auparavant, quand était-ce ? Un mois, un an, une décennie ? Il s'en souvenait mais ne préférait pas donner de date exacte puisqu'elle se referait à une époque plus funeste que la simple perte de sa voix. Un jour, il retrouverait sa voix, il en était persuadé mais ce n'était pas maintenant. La chaleur de la journée avait été emmagasinée dans la pierre de la tour d'astronomie, prodiguant à Enaël l'envie de rester encore plus ici, dans cette tour, régnant sur l'immensité du Château mais aussi à Poudlard même. Il se sentait bien. La découverte des lieux avait été une véritable renaissance, sans compter sur la rencontre de ses nouveaux camarades, qu'ils soient ses compagnons de classe que ses futurs frères et sœurs de maison. Il avait eu la chance de rencontre deux de ses professeurs, qui étaient d'une gentillesse sans nom, ce qui le changeait bien de l'atmosphère pesante de son ancien foyer.

D'ailleurs ce soir, il avait un rendez vous. Oui, vous avez bien lu. Un rendez-vous et en plus avec une fille, qui n'était pas moins que la préfète de Poufsouffle et préfète en chef de Poudlard. Sous ses airs de jeune fille joyeuse et extravertie, Enaël était persuadé d'avoir affaire à une jeune demoiselle réfléchie et calme que la vie n'avait pas épargnée mais il en saurait plus dès lors qu'elle mettrait un pas ici-même. Il espérait qu'elle ne serait pas trop en retard car demain serait une journée longue.

« On ne force pas une curiosité, on l’éveille »  PV - Ambre 

Depuis quelques jours déjà, de nombreux changements avaient eut lieu au sein de la grande communauté qu’est Poudlard. Nombreux changements, surtout dans la merveilleuse maison qu’est Poufsouffle –oui un petit coup de pub par-ci par-là, c’est bien. En effet, de nombreuses petites têtes étaient apparues comme par magie, et est le cas de le dire, dans le Petit Salon des Poufsouffle. Pour faire plus simple, un soir alors qu’Ambre rentrait tranquillement d’une bonne journée de cours bien remplie, elle avait atterri dans une salle commune animée. Largement plus qu’à la normal, il faut le dire. Il y avait beaucoup de nouveau pour la maison Jaune et Noire. La jeune fille était un peu perdue il faut l’avouer. Entres certaines personnes qui avaient prit peur en la voyant (faits quasi-réels oui oui), entres d’autres qui ne savaient pas où aller, une personne avait vraiment marqué sa conscience. Oui d’accord ce n’est pas vraiment sympa pour les autres, mais bon, elle allait se rattraper ; et puis, vous allez assez vite comprendre normalement. En fait, la personne qui avait retenu son attention était un garçon d’un an son cadet, donc en première année, fraichement arrivé d’elle ne sait où. Au départ elle le prenait comme un garçon « normal », enfin normal c’est vite dit… Car oui, chez les Blaireaux, y a pas beaucoup de garçons voyez-vous, disons que Poufsouffle est en pénurie de mâle. Ahem. Bref. Passons. Il vaut mieux pour vous en fait…

Donc, le garçon était en apparence, très très normal, banal. Le seul truc qui avait attiré l’attention de la jeune fille était le fait qu’il ne parlait pas. Il ne disait rien. Et ça, c’était bizarre. Surtout pour un Pouffy’s, car oui d’ordinaire les Poufsouffle sont très très bavards. Croyez-moi. Elle essaya donc de comprendre ce… phénomène, et se renseigna. Et là, elle apprit, rumeurs ou pas, que ce garçon était muet. Et ça, elle n’avait encore jamais vu.

La demoiselle, intriguée, alla lui demander une sorte de rendez-vous, qu’il avait accepté. Comment avaient-ils communiqué ? Par hibou, tout simplement. En fait, Ambre voulait savoir comment il faisait pour communiquer avec les gens, comment il allait faire à Poudlard, et pourquoi pas, si besoin il avait, l’aider. C’était son devoir après tout, en bonne préfète qu’elle, espère, être. Et c’est comme ça qu’Ambre se retrouva à gravir les sept étage qui la séparait de la tour d’Astronomie. Ah. Cette tour. Cette tour maudite. Depuis ce jour. En y repensant la jeune fille sentit ses jambes trembler, sa respiration s’emballer et deux ou trois larmes coulèrent sur ses joues d’enfant de douze ans et quelques mois. Non, il ne fallait pas y penser.

Ambre secoua brièvement la tête, passa sa main droite sur ses joues pour chasser les larmes et continua son ascension. Une fois arrivée à destination, elle chercha du regard le garçon. Ah au passage, le garçon s’appelait Enaël. Elle chercha donc Enaël du regard, et ne mit pas longtemps à l’apercevoir. Il était près de la balustrade, tout proche du vide. Le vide. La chute… Ne pas y penser. Elle s’approcha du jeune garçon, et comme pour le prévenir de son arrivée, elle posa avec délicatesse sa main droite sur l’épaule du garçon en lui disant d’une voix douce et à la fois un peu nouée, triste :


« Tu n’devrais pas trop t’approcher de cette balustrade… S’il te plait…»

Puis elle déposa son sac de cours, qui n’était pas rempli de cours mais d’autres choses que vous découvrirez plus tard, sur le sol, en attendant « une réponse » de la part d’Enaël. Pour se faire elle sortit de son sac un morceau de parchemin qu’elle tendit au garçon, avant de lui donner sa plume et de lui dire avec un sourire et un clin d’œil :

« Tiens, pour communiquer. »

« DÉFONCE-LES TOUS », Monseigneur Endive • « Le souffle des Poufsouffle jamais ne s'étouffe » • Batteuse des Frelons
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« On ne force pas une curiosité, on l’éveille »  PV - Ambre 

Une effluve, que ce soit le parfum délicat d'une rose à peine effleurée par la rosée, l'arôme d'une madeleine en pleine cuisson dans une cuisine où se mêlaient les aromates les plus alléchants, ou encore la fragrance qui se dégageait d'une personne que l'on connaissait suffisamment bien pour la reconnaître à un simple reniflement, venait de transpercer par son intensité l'air ambiant régnant sur la Tour d'Astronomie, qui n'avait pas fini de délivrer au jeune première année tous ses secrets. Cette senteur semblait printanière, appartenant certainement à une jeune demoiselle, ce qui fit sourire Enaël, qui savait pertinemment quelle personne venait à sa rencontre. Elle avait fini par venir ! Non pas qu'Enaël n'y avait pas cru, enfin de sa part mais généralement son mutisme en effrayait plus d'un, renforçant d'autant plus le sentiment d'incompréhension et d'exclusion qui s'immisçait dans le cœur du petit garçon. Ce fut à ce moment qu'il décida de balayer d'un revers de main la probable trace laissée sa larme, celle qui aurait pu trahir son malaise passé. Pour une première rencontre, il valait mieux qu'il se montre sous son meilleur jour, si l'on pouvait penser ça à la nuit tombante.

La surprise convulsa chaque partie de son corps lorsqu'une main délicate vint à se poser sur son épaule. Ambre venait de signaler sa présence. La surprise bel et bien, puisque généralement ses interlocuteurs se contentaient de signifier leur présence en râclant leur gorge ou tout simplement en lui hurlant dessus, comme on l'aurait fait à un enfant à la limite sourd. Malheureusement, l'amalgame était rapide : mutisme et surdité semblaient être des synonymes bien trop faciles, à la vue de certains. Sombres idiots, auraient pu prononcer d'autres personnes. Quoi qu'il en soit, Enaël fut touché de la gentille attention de la jeune fille. Ambre semblait beaucoup plus prévenante qu'il n'aurait osé le croire. Peut être avait elle des frères ou sœurs ? Ou même avait elle dû se charger d'un handicap d'une personne, chère à son cœur ? Ce n'était que de simples suppositions que seul l'avenir parviendrait à dissiper les moindres doutes. Une chose à la fois...

Finalement, elle finit par lui conseiller, ou peut être lui interdire de s'approcher trop près de la balustrade. Ne s'étant toujours pas détourné de la vue que lui offrait sa position, il n'avait pas eu le temps d'observer sur la pâle figure de la jeune fille sa tristesse. Mais sa voix était bien plus révélatrice que son air, presque nouée, elle était presque étouffée. À cet instant même, le petit Poufsouffle décida de se retourner vers sa camarade d'un an son aîné. Son sac glissait déjà à terre et bientôt un morceau de parchemin lui serait tendu pour qu'ils puissent communiquer. Sa préfète avait donc pensé à tout ! Elle était tout simplement incroyable.

Un sourire vint à illuminer le visage du jeune homme, pour extérioriser sa propre joie à la vue de son interlocutrice et de toutes les précautions qu'elle prenait à son égard. Une plume lui fut alors présenté, signe que la discussion débutait. Acceptant avec un sourire discret, il commença à écrire sur le parchemin :


Je te remercie. J'avais peur que tu ne viennes pas...

D'une écriture fine et appliquée, le message traduisait toutes les peurs qui s'étaient mêlées dans son esprit, pour enfin être libérées et couchées sur le papier. Il sentait d'ores et déjà qu'il pourrait faire confiance à la préfète qu'il avait sous les yeux. À peine eut il montré sa petite phrase, il en écrivit une à la hâte, qui jetterait peut être un froid mais Enaël sentait que la peur de la jeune fille continuerait de la hanter si elle ne parvenait pas à en parler.

De quoi as tu peur ici ? Que s'est il passé ici ?

Bien que les deux questions se succédaient, sans trop de fioritures autour, toute la délicatesse se figeait sur son visage. Un moment de doute se manifesta avant de lui tendre le fameux parchemin. Devait il réellement être aussi curieux dès leur première rencontre ? Son instinct lui dictait de le faire et il s'exécuta avec un sourire beaucoup plus discret qu'auparavant avec un sentiment de gêne qui fit obscurcir ses prunelles. Une mèche de cheveux vint alors à lui obstruer la vue, lui donnant ainsi un répit et offrant par la même occasion un moment d'intimité pour la jeune demoiselle. Enaël avait déjà baissé la tête, regrettant presque sa curiosité, peut être mal placée. Il ne verrait donc pas l'expression de son interlocutrice. Pendant ce temps, il se remémora la première fois où il avait tendu un papier à son père pour lui parler. Ce dernier, à la limite de la léthargie, due à son chagrin, n'avait pas compris ce que son fils avait tenté de lui faire comprendre, la seule chose qui, aujourd'hui, l'empêchait de lier toute amitié : il ne parlerait pas. Son père s'était alors offusqué de son attitude puérile et avait préféré lui fausser compagnie, au lieu d'avoir une discussion sérieuse avec lui. Le jeune garçon était convaincu qu'à cette période si son père le lui avait conféré un minimum d'intérêt, il n'aurait pas été muet. Mais comment lui en vouloir avec ce qu'il s'était passé ? Finalement, il fut happé de ses souvenirs par l'attitude de la jeune fille.

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Enaël prit la plume et écrivit soigneusement ce qu’il avait à dire sur le morceau de parchemin. Si un jour on avait dit à la deuxième année qu’un jour elle communiquerait avec une personne muette à l’aide d’une plume et d’un parchemin, à Poudlard une école pour sorciers, elle aurait ri au nez de cette personne. Pour elle, communiquer avec un muet c’était surtout grâce à la langue des signes… Mais bon, ici on faisait avec les moyens du bord. Et c’était largement mieux aux yeux de la Poufsouffle. C’était différent. Calme. Tellement calme qu’elle avait l’impression d’être la petite tâche noire d’un tableau d’une blancheur éclatante. Entre les deux, c’était elle qui pouvait parler. Et lui, le jeune garçon qui était en face d’elle, lui écrivait. Silencieusement. Ambre était un peu gênée de cette situation…

La première année montra rapidement le bout de parchemin à la préfète. Un peu trop rapidement au goût de cette dernière qui déchiffra difficilement les caractères à cette vitesse. Avant qu’Ambre eut comprit le sens des lettres, Enaël écrivait une nouvelle phrase. Une fois cette dernière terminée, il lui tendit le parchemin que la jeune fille s’empressa d’attraper et de lire. Entièrement cette fois. Elle lut la première phrase ; le garçon la remerciait. C’était gentil… La préfète en chef releva les yeux du morceau de papier vers le Poufsouffle en lui souriant. Mais ce dernier avait une mèche de cheveux en pleine figure, on aurait dit qu’il se cachait, même si la mèche était tombé inconsciemment sur son visage. La demoiselle se doutait du sens de la deuxième phrase.

Elle se re-concentra sur le parchemin. Effectivement, elle avait vu juste. Enaël lui demandait ce qui s’était passé avec cette tour… A la vue de cette phrase, la mine d’Ambre s’obscurcit. Pouvait-elle lui raconter ? En avait-elle le courage ? Aurait-elle était d’accord… ? Sûrement. La deuxième année reprit la plume des mains du garçon et se mit à écrire à son tour, la main tremblante. Enfin, essaya. Et elle n’y arriva pas. Elle posa la plume par terre, se leva et alla murmurer l’histoire à l’oreille du jeune garçon. Une fois son petit récit terminé, elle alla s’asseoir en face du garçon, à même le sol. Ensuite elle reprit la plume et le parchemin et griffonna ces quelques mots :


J’aimerai te demander quelques petites choses… je peux ?

Elle tourna le parchemin en direction du garçon, et avant même d’avoir une réponse, le retourna dans sa direction pour continuer d’écrire :

D’abord, est-ce que je peux moi aussi écrire pour communiquer avec toi ? J’aimerai voir ce que ça fait de ne pas parler pour discuter… ?

Elle lui montra le papier avant de continuer :

Ensuite… Es-tu… Vraiment muet ?

C’était une question assez bizarre c’est vrai. Mais bon, elle voulait vraiment savoir… Savoir si depuis maintenant onze ans le garçon n’avait jamais prononcé un mot… Étrange il est vrai. Mais Ambre était comme ça, assez direct et un peu brute de décoffrage. C’était… sa nature. Enfin bref, elle lui tendit la plume et le papier, pour qu’il puisse lui répondre. Dans le calme. La jeune fille ramena ses genoux sous son menton et y déposa sa tête, elle était un peu fatiguée, mais il lui restait assez d’énergie pour en apprendre un peu plus sur l’histoire Enaël Dewberthon.

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« On ne force pas une curiosité, on l’éveille »  PV - Ambre 

Bien loin de penser que la simple et néanmoins habituelle faculté d'émettre des sons et plus généralement de parler, a contrario d'Enaël, lui conférait un certain pouvoir voire même une certaine emprise, la jeune préfète se révélait être une adolescente posée et encline à faire des efforts pour s'adapter à n'importe quelle situation qui se trouvait sur son chemin. L'adaptation au milieu, une qualité qui se révélait être une capacité intellectuelle enviable mais également un terrible défaut permettant d'évincer les plus faibles ou ceux qui préféraient rester dans leur marasme. Du haut de ses onze ans, le garçonnet avait décidé qu'il ne rajouterait pas son nom à la longue seconde liste. Bien que son incapacité totale d'émettre un son le plonge très fréquemment dans la solitude et dans l'ennui, il ne restait pas moins un élève aimant la compagnie d'autres pour se sentir vivre. Aussi, il avait réussi à inverser la tendance : il n'avait pas à s'adapter mais les personnes autour de lui, oui. Vous me direz alors qu'il était quelque peu égoïste et vous auriez parfaitement raison mais qui a décrété qu'un homme, même encore au stade d'enfant ne devait pas avoir de défauts ?

Cependant ne soyons pas aussi naïf qu'un Candide sortit de sa campagne: une gêne aurait pu être perceptible de la part aussi bien d'Ambre que du garçon. Déjà de par leur présence à tous deux dans cette tour qui n'accueillait que très peu d'âmes à cette heure de la journée, sans compter les étoiles qui les enserraient dans un cocon de paisibilité. Il n'était absolument pas coutumier qu'une personne, qui n'était pas muette se mette au rang d'une qui l'était. Sans qu'aucun autre son ne se manifesta de la bouche de la deuxième année, la jeune fille décida de jouer le jeu d'Enaël : elle souhaitait lui écrire également. Il n'avait jamais pensé possible qu'une fille, d'un an son aîné, puisse se "mettre à sa hauteur". La plume, aussi rapidement tendue à Enaël, fut aussi prestement reprise pour qu'Ambre puisse écrire ou plutôt répondre à sa question, que regrettait déjà le Poufsouffle. Avait il bien fait ? Après tout, que connaissait elle de lui ? Pourrait il lui faire confiance ? Toutes ces questions se bousculèrent dans son esprit, ce qui ne l'empêcha néanmoins pas de constater la difficulté de son interlocutrice à bien vouloir coucher sur papier sa réponse. D'un sourire en coin de lèvres, non pas moqueur, mais empli d'une certaine compassion, le garçon songea qu'il n'était parfois pas aussi aisé de poser par écrit ses pensées, même les plus intimes, que parfois de les évoquer furtivement à l'oral. la tâche semblait insurmontable du côté de la seconde année. Ce ne pouvait être qu'un drame qui occupait encore ses lieux. Mais finalement, voulait il tellement en être le témoin passé ? Avait il absolument besoin de satisfaire sa curiosité, au point de faire se remémorer la jeune fille de terribles instants. Se mordillant la lèvre inférieure, il voulut tendre une main droite et impassible à la jeune fille, pour la convier à ne pas persister si seuls de mauvais souvenirs s'entremêlaient dans son cœur. Apparemment il ne fut pas assez rapide puisque Ambre était déjà à côté de lui en train de lui narrer, en lui chuchotant à l'oreille, le terrible accident. Serrant la mâchoire comme il put, un souffle furtif vint à être poussé de sa voix. Si Ambre avait tendu l'oreille à ce moment, elle aurait presque cru entendre un "désolée" accablant.

Son récit terminé, la demoiselle avait repris sa place et s'était assise en face du garçon. Et voilà qu'elle goûtait enfin au plaisir d'écrire sur un parchemin. La phrase qu'elle lui présenta l'ombre de quelques secondes fit sourire le jeune garçon. Bien sûr qu'elle pouvait lui poser une question, surtout après la question plus qu'embarrassante qu'il lui avait posé. Il ne put lui répondre qu'une deuxième question lui fut destiné. Un hochement fut suffisant pour lui permettre d'écrire elle aussi sur le parchemin. Et la troisième question fut toute aussi normale que les deux précédentes. En effet, on le lui avait souvent posée depuis sa décision mais généralement elle arrivait plus tardivement dans leur relation. Généralement aussi, il se contentait d'une réponse vague, voire illisible - le bonheur d'écrire, pour maquiller la vérité, ce peut être plus efficace. Pourtant aujourd'hui, il lui dévoilerait cette vérité.

Un hochement de gauche à droite lui apprit donc qu'Enaël n'était pas aussi muet qu'il le faisait croire, bien au contraire. Une lueur vint illuminer le regard du jeune homme. Quelle serait la prochaine question ? Pourquoi, certainement ? Que lui répondrait il ? En attendant, il s'approcha d'Ambre pour que leurs pieds se touchent et comme un garçon taquin, s'amusa à comparer la taille de leurs pieds en les apposant. Un sourire parcourut son visage. Puis cherchant dans son sac, il en sortit un bracelet qu'il fit tournoyer autour de ses doigts, d'une habilité extraordinaire. À force de jouer avec, on aurait cru que le bijou comme ses doigts ne faisaient qu'un. Finalement, il dégagea de son sac un carnet de cuir où il tourna les pages une à une pour finalement s'arrêter nette sur l'une d'entre elles. Il retourna le carnet pour que la face de la feuille de papier soit visible d'Ambre. Sur celle-ci, on pouvait y lire :


Tu ne trouves pas bizarre que je ne parle pas... je veux dire, ça ne te dérange pas ?

On aurait pu croire que moult personnes avaient pu lire cette même phrase. Ce n'en était pas le cas. Une étude approfondie du carnet vous aurait montrée que la dizaine de premières pages était destinée à toutes les civilités en tout genre : Bonjour, s'il vous plait, merci, au revoir, à bientôt et oui et non. Les dernières étaient néanmoins des questions plus poussées, plus intimes... Ambre venait d'en découvrir l'une d'entre elles mais quelles étaient les autres ?

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La jeune fille regardait attentivement le première année, l’esprit à moitié endormi, attendant de voir une quelconque réaction d’Enaël. Une quelconque réaction qui ne se fit pas attendre. Le jeune garçon remua la tête, de gauche à droite. C’était clair comme réponse. Assez clair en tout cas pour que l’esprit de la fillette se mette à remarcher à plein régime. Il y avait donc une fausse note dans la symphonie qu’interprétait Enaël Dewberthon. Et cela plut à Ambre. C’était comme une énigme… Drôle de comparaison, certes, mais en y regardant de plus près… Un jeune garçon, un sorcier, muet mais pas vraiment muet. La première question qui vint à l’esprit de la préfète fût, bien évidemment, pourquoi ? Mais c’était un peu trop facile à son goût de lui demander cela directement, et surtout, tout de suite. Il fallait laisser durer un peu le suspens… C’était beaucoup plus intéressant comme ça, et cela donnait un air un peu plus… énigmatique, à la situation.

La Poufsouffle fût tiré de ses pensées par son ami, car oui, elle le considérait comme un ami maintenant. Ce dernier s’était un peu rapproché d’elle, assez en tout cas pour coller ses pieds à ceux de la jeune fille. Vous savez, comme pour faire la taille, mais des pieds cette fois. Comme font les enfants. Comme font deux amis. La tête toujours reposée sur ses genoux, Ambre releva un peu les yeux pour regarder Enaël. Pour voir quelle tête il faisait à ce moment. Et elle ne fut pas mécontente du résultat. Il souriait. C’était bon signe. Au moins elle ne l’avait pas perturbé, ou froissé comme vous voulez, avec sa question. Et ça, Ambre en était contente. Elle voulut dire, ou plutôt écrire quelque chose, mais Enaël attira sa curiosité en sortant quelque chose de son sac. C’était un bracelet. Un bracelet qu’il fit tourner autour de ses doigts, assez habilement, il faut bien l’avouer. Ambre suivait le bijou des yeux, on aurait dit un chat regardant bouger sa proie… Jusqu’au moment où le garçon sortit un carnet de son sac. Intéressant ce carnet. La curiosité d’Ambre fût à nouveau mise à rude épreuve. L’énigme continuait donc. Le cœur d’Ambre s’accéléra quand Enaël lui tendit le carnet ; elle le prit soigneusement, doucement pour ne pas l’abîmer, et lut les mots qui étaient écrit sur les pages. Elle sentit son souffle s’accélérer.

Ce garçon… Ce carnet… Les phrases qu’il devait contenir… Mais celle-ci… En lisant cette question, elle se rendit vraiment compte de la situation dans laquelle vivait le garçon depuis son mutisme. Elle imagina rapidement les moqueries qu’il avait pu endurer, les tristesses du garçon… Mais tout ça c’était fini maintenant. C’était un sorcier. A Poudlard. Dans la maison d’Helga Poufsouffle. Intérieurement, Ambre se fit la promesse qu’Enaël soit toujours bien, même avec son mutisme. Sa phrase intérieurement terminée, elle sourit de toutes ses dents. Elle attrapa la plume, barra la phrase du carnet et écrit en dessous :


Je ne parle pas, et alors ? Je suis quand même NORMAL. Si ça te plait pas, je m’en fiche. Pars.

Et de nouveau une belle preuve sur le fait qu’Ambre Baxrendhel avait toujours ce petit côté animal, toujours prêt à ressurgir, ce côté un peu brute de décoffrage. Elle redonna le carnet à son propriétaire avec u grand sourire, satisfaite de ce qu’elle venait de faire. Elle prit ensuite le parchemin qui contenait leur discussion et y écrivit :

Voilà je pense que ça devrait répondre à ta question.

Bien sûr que non cela ne la dérangeait pas qu’Enaël ne parle pas. C’était quelque chose de nouveau, qu’elle n’avait jamais vu, qu’elle n’avait jamais vécu. Et puis, en y réfléchissant bien, qu’est-ce qu’il y pouvait lui ? Même si cela l’avait dérangé, il n’aurait probablement rien pu faire, de toute façon. Elle réfléchit trente seconde et rajouta une question après sa réponse :

Mais dis-moi… Que renferme ce carnet, à part des questions/réponses banales ?

Ambre insista bien sur le « à part », en le soulignant. Elle attendait une réponse sincère. Une réponse qui la ferait avancer dans l’énigme Dewberthon.

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Les années s'égrainant à mesure qu'Enaël devenait mature, ce dernier, du haut de ses onze, avait songé et ce depuis quelques années, que la banalité qui pouvait habiter les lieux que l'on fréquentait tous les jours ou les cœurs que l'on croisait aux détours de notre vie, rendait la vie plus simple, plus facile à supporter, mais également plus ennuyeuse et morne. Alors était-ce si bon de vouloir vivre dans nos petites habitudes, quitte à en oublier tous les petits plaisirs imprévus et les dangers si excitants ? Le cœur qui tressaute dans notre corps, la tension artérielle qui se fait plus forte, les idées se bousculant sur le tapis de course de notre cerveau, bref autant de sensations qu'Enaël ne saurait inhiber, bien au contraire. Il envisageait à chaque moment la façon de pimenter sa vie, pour la rendre plus vivante et plus passionnante. Ce n'était pas parce qu'il était entièrement dépourvu de parole, qu'il ne pouvait pas se faire entendre et devait même se rendre discret au point de l'assimiler à ce genre de fantômes, qui ne vous prédisent que mauvaise fortune.

Face à lui s'érigeait une jeune fille, au caractère bien trempé. Il ne fallait donc jamais s'attarder aux premières impressions, elles pouvaient bien être trompeuses. De cette force de caractère, presque assimilable à une lionne ne voulant pas lâcher son bout de steak, Ambre n'en demeurait pas moins une adolescente sensible et à la fidélité démontrée. Quand Enaël la scrutait du regard comme il en avait l'habitude, il se rappela de sa cousine qu'il aimait et qui lui manquait tant. Il avait un peu trouvé par son intermédiaire, une cousine de substitution. Ce qui fit d'autant plus sourire le jeune garçon était la folle impression que tous deux pourraient bien s'amuser. En effet, malgré l'insigne que portait la petite préfète, il en aurait mis sa main à couper qu'elle ne devenait pas aussi docile que lui aurait imposé son titre. Le garçonnet se promit de voir si son impression se confirmerait avec le temps. Qui sait, peut être qu'il ferait le casse du siècle ? (voler les chocogrenouilles de leur fameuse sous directrice...)

Et cet instinct animal qui ressurgissait par moments arracha à Enaël un sourire, franc et tellement espéré. Ce dernier n'avait pas souri de bon cœur depuis très longtemps. Ambre était véritablement un numéro à elle toute seule. En lisant la phrase qu'elle avait griffonné sur son carnet après avoir raturé sa propre phrase, Enaël la regardait avec un air de profond dégoût, bien travaillé, il l'embêtait !


Oui, tu ne parles pas mais t'es franchement bizarre...

Sur cette phrase, le Poufsouffle lui fit une grimace digne d'un ogre des montagnes, qui venait d'écraser une coccinelle. Comment ça, vous n'avez jamais vu cette grimace ? Celle qui tord la moindre partie du visage, avec les coins de la bouche diamétralement opposés et de travers, des yeux qui louchent et bougeant dans tous les sens... Bref un visage digne du magazine "Je suis belle et ogresse. un problème ?" Après sa grimace, il eut un rire, qui contrasta avec le silence pesant de la tour d'Astronomie. Il finit par lire l'autre phrase, qui montrait à quel point son interlocutrice était à la fois "sauvage" et sage, une véritable énigme. La côtoyer offrait au petit garçon une fraîcheur qui balayait toute la poussière de souffrance qui s'était accumulée depuis trois ans. Bien sûr, le Poufsouffle n'en avait pas oublié le motif de son mutisme mais il crut percevoir une lueur d'espoir au loin. Peut être qu'un jour, il recouvrirait à la parole.

Après trente secondes de pure réflexion de la part de la préfète en chef et de contemplation de la part du premier année, la demoiselle venait à nouveau d'écrire sur le carnet. On pouvait dire que sa question, qui semblait attendre une réponse précise, plongea Enaël dans un tourbillon de pensées. La demoiselle tenait entre ses mains son carnet et pourtant, il ne lui était pas venu à l'esprit de feuilleter ce dernier pour en obtenir la réponse qu'elle attendait. Profond signe de respect pour le jeune garçon, il n'en doutait absolument pas. Ce fut alors à ce moment, qu'il prit la décision qu'il pouvait véritablement lui faire confiance :


Toutes les phrases que j'aurai voulu dire aux personnes qui ont croisé mon chemin... y compris ma mère et mon père.

C'aurait pu paraître énigmatique mais l'adolescent ne se sentait pas encore prêt à expliquer les problèmes qui s'étaient accumulés au pas de sa vie depuis quelques temps. Il y parviendrait à un autre moment mais ce n'était pas le moment. Alors de façon aussi inattendue que possible, il griffonna sur son carnet :

T'as des frères ou des sœurs, toi ? Ou même des animaux ? Mais en fait, tu es issue d'une famille moldue ou sorcière ?

Cette suite de questions n'avait rien à voir avec une curiosité mal placée mais plutôt la volonté du garçon à changer de sujet. Il savait qu'il ne pourrait pas éternellement tourner au tour du pot mais s'il pouvait avoir quelques temps de répit, il était preneur. Et puis, finalement, il aimerait bien en connaître davantage sur la demoiselle assise en face de lui. Vous pourrez également remarquer la juxtaposition des questions sur une quelconque fraternité et possession d'animaux. Enaël avait été déçu des comportements de certains êtres humains et s'était tourné alors vers les animaux, qui pouvaient si bien se faire comprendre, sans avoir besoin, eux, de parler. C'est ainsi qu'il avait passé une rimbambelle d'heures dans les champs et forêts en train de courir avec son chien, un Saint Bernard. Et puis le simple fait de savoir si elle était issue d'une famille moldue ou sorcière n'était que pour comprendre s'il n'avait pas été trop difficile pour elle de quitter ses parents. À eux deux, il était certain qu'ils en apprendraient beaucoup plus l'un de l'autre que d'une toute autre personne.

« On ne force pas une curiosité, on l’éveille »  PV - Ambre 

La deuxième année était consciente d’une chose, elle tenait entres ses mains quelque chose d’important pour le garçon. Enfin, c’est ce qu’elle pensait, la vérité était peut-être tout autre. Ce carnet pouvait très bien être quelque chose d’horrible pour le première année, ou peut-être pas. Horrible dans le sens où cela accentuait le fait qu’il soit muet. Non pas qu’il soit différent. Quoique si, mais ne le sommes nous pas tous ? Enfin bref, revenons à nos moutons. La question qu’elle venait de lui poser semblait l’avoir fait plonger dans ses pensées. Le fait qu’Ambre ne cherchait pas à regarder les autres pages probablement… Ou peut-être qu’il cherchait une réponse. Une réponse qui ressemblerait à une énigme. Ou peut-être pas. Pour savoir il faudra attendre les phrases écrites du garçon. Qui ne se firent pas attendre. Le garçon lui répondit assez franchement, il faut l’avouer. Toutes les phrases que contenait ce carnet étaient destinées à tout le monde, à chacune de ses connaissances, y compris ses parents… Si Ambre avait été muette, elle n’aurait probablement jamais fait ceci, elle n’y aurait même pas pensé… Pour elle, un muet ça parlait la langue des signes avec ses proches… Mais peut-être Enaël ne savait lui-même pas parler cette langue… Et si tel, était le cas, ses parents devaient être exactement dans le même cas… Quelques questions apparurent dans l’esprit de la Poufsouffle, mais cette dernière se retenait pour ne pas lui poser tout de suite. Patience patience… Ambre voulut lui écrire quelque chose mais elle fut couper par le bruit de la plume qui gratte le papier, Enaël était en train de lui écrire quelque chose. Une fois terminé, Ambre déchiffra son message. Il la fit sourire. C’était un bon signe en tout cas. Elle inspira, expira et lui répondit simplement :

J’ai une demi-sœur oui, elle était professeur à Poudlard mais elle est partie…

La suite serait pour plus tard, si le garçon lui demandait plus d’information. Si tel était le cas, elle lui dirait tout, elle lui faisait confiance. Elle continua d’écrire :

Oui j’ai un animal, un hibou, OVeutaq.

Elle laissa échapper un petit rire. Le nom de son hibou la faisait toujours rire. Elle ne l’avait pas choisi, elle l’avait acheté, il avait déjà ce petit nom. Et c’était quasiment comme ça pour chaque animal de chaque personne ici à Poudlard. Elle savait qu’elle avait de la chance, le nom de sa petite créature était encore prononçable, pas comme pour tout le monde…

Et pour terminer, je suis de Sang-Mêlé. Mon père est un sorcier, ma mère une moldue.

Voilà, elle avait répondu à toutes ses questions. Maintenant ce serait à son tour de lui répondre :

A ton tour de répondre à ces questions maintenant !

Elle lui tendit le papier avec un grand sourire. Elle voulait en apprendre un peu plus sur lui, de continuer et de percer le mystère Enaël. Elle prenait ça comme un jeu. Un jeu d’enfant. Une façon bien à eux d’en apprendre plus sur les gens. Car s’amuser en apprenant, il n’y a que ça de vrai, même pour les sorciers !

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« On ne force pas une curiosité, on l’éveille »  PV - Ambre 

À mesure que les secondes s'égrenaient dans un sablier invisible dont seuls Ambre et Enaël semblaient être les maîtres, la complicité entre ces deux là ne faisait que grandir, que s'accentuer. Chacun éprouvait une confiance sans borne, qui se traduisait par la plus grande franchise l'un envers l'autre, tout comme des petits rires et sourires échangés qui clouaient leur relation amicale dans le durable. Aussi curieusement que cela puisse paraître, le petit garçon n'attendait rien en échange et espérait bien que leur dialogue se poursuivrait tard dans la nuit, quitte à ne pas être très en forme demain. Ils avaient tant à apprendre l'un de l'autre. Et puis, vous devez connaître cette sensation qui vous foudroie dès lors que vous pensez avoir trouvé un ami, un ami pour de bon, et non une simple connaissance. Un ami à qui vous pourrez tout dire et qui ne vous jugera pas. Preuve de tolérance et de confiance, Ambre aurait pu, rien que par ses deux qualités, appartenir à la maison des Gryffondor, elle aurait fait une parfaite recrue mais elle était tombée chez les Poufsouffle, tout comme Enaël. En y songeant avec un tantinet d'attention, la patience et la loyauté dans l'amitié caractérisaient aussi bien les deux amis que la maison qu'ils incarnaient.

Avec un petit sourire songeur, qui faisait remonter ses pommettes rebondies et rosâtres, il écouta attentivement les réponses de sa préfète à ses questions quelques peu indiscrètes. Il avait toujours eu en horreur les personnes qui se contentaient de poser des questions mais n'en écoutaient pas la réponse, ça l'horripilait au plus haut point. Ainsi, la petite rouquine avait une demi-soeur et qui plus est, qui avait été professeure à Poudlard. Et un soupçon de curiosité vint s'immiscer en lui, le départ de cette professeure n'avait rien de banal, à en juger par la mine quelque peu déconfite de son interlocutrice.
Lorsqu'il apprit le nom du hibou d'Ambre, il faillit mourir de rire : OVeutaq, on avait l'impression que c'était O veut du tac. Il faut dire que l'animalerie qui fournissait les compagnons aux petits sorciers de Poudlard, attribuait toujours des noms...particuliers aux animaux. À croire que c'était celui qui aurait le nom le plus étrange voire ridicule qui l'emporterait.
Il apprit enfin que la petite préfète était une sang mêlé. Enaël s'en fichait à vrai dire, qu'elle soit de sang "pur", de sang mêlé ou de sang de moldu. Néanmoins, les habitudes de sa famille remontaient fréquemment à la surface, même s'il tentait de mettre un voile dessus. Il se doutait bien que ce serait à lui de répondre à ces questions, mais il n'en vit aucune objection.

Reprenant le petit carnet qui disposait encore de quelques pages vierges, preuve que personne ne lui avait posé ce genre de questions auparavant, il griffonna à la hâte un paragraphe, qui se voulait complet mais pas trop long non plus.

Je suis fils unique, au plus grand déplaisir de mon père. Mon père comme ma mère viennent de familles de sorciers de sang pur, comme on dit... Et je n'ai pas encre la chance de beaucoup épargner pour m'acheter une chouette !

Sur ces derniers mots, une petite mou venait de s'être installée. Il espérait bien qu'en fin de première année, il aurait une belle chouette. Il pourrait ainsi plus facilement échanger avec ses camarades et professeurs. Même si ça ne l'empêcherait de monter à la Volière pour contempler les chouettes et hiboux au repos. Et puis, c'était toujours l'occasion de faire de nouvelles rencontres. Il montra de loin la page griffonnée pour tout de suite après écrire un nouveau mot à Ambre. Il écrivit, puis effaça, puis réécrivit. Bref, Enaël était dans la tourmente mais se résolut à écrire franchement ce qu'il pensait :

Qui était ta demi-soeur au juste ? Ca ne t'a pas fait trop de peine qu'elle s'en aille ?

Enaël connaissait parfaitement le sentiment d'abandon qu'on pouvait ressentir au départ d'un de ses proches, attendu ou non. Le fait de parler de professeurs lui rappela une de ses rencontres avec un professeur encore en poste à Poudlard. On ne pouvait jamais savoir ce que le futur leur réservait mais ce dont le petit Poufsouffle était certain, c'était qu'Ambre figurerait dans son futur. Un sourire plus que radieux vint illuminer le visage du petit adolescent !


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Je suis désolé pour ce retard... Tu pourras jouer avec mes cheveux...

« On ne force pas une curiosité, on l’éveille »  PV - Ambre 

Après lui avoir donné le papier, Ambre pu lire différentes expressions sur le visage de son camarade tandis que ce dernier lisait les réponses qu’elle lui avait donné par rapport à ses questions. Sa première réaction était une sorte de « réaction curieuse », la Poufsouffle l’assimila directement à la première chose qu’elle avait écrit, c’est-à-dire le départ de sa demi-sœur. On aurait dit qu’il brûlait d’envie de lui poser une question à ce sujet mais, à priori, il préférait d’abord terminer sa lecture. Ensuite, et bien, on aurait dit que le jeune garçon rigolait. Oui oui, sur le coup c’est assez bizarre à s’imaginer un muet en train de rigoler (ah bon pas pour vous ?), mais c’était la vérité. Encore une fois, Ambre était quasiment certaine de ce qui était à l’origine de son rire ; le prénom de son hibou. C’était inévitable en même temps. Ambre posa sa tête sur ses genoux, ramenant son visage vers l’intérieur. Elle se cachait. C’était idiot mais comme ça. En fait elle rigolait toute seule en repensant au prénom de son petit compagnon à plume. En relevant la tête elle découvrit le carnet tourné vers elle où était écrite la réponse d’Enaël ; elle la lut rapidement avant que ce dernier ne la lui enlève des yeux. Alors comme ça il était de sang pur… Intéressant. Fils unique… Et n’avait pas encore d’animal de compagnie. Logique pour un nouvel arrivant, finalement. Quoique, il aurait pu ramener sa propre chouette. S’il en avait une bien sûr, ce qui était, à priori, le contraire.

Ambre n’eut même pas le temps de dire « chocogrenouille » qu’Enaël lui tendit de nouveau son carnet. Il lui demandait plus d’information sur sa demi-sœur et son départ. La préfète en chef n’y voyant pas vraiment d’inconvénient prit sa plume et le papier pour lui griffonner sa réponse :


Ma sœur s’appelle Anatéine Eden-Slown, elle était professeur de Sortilège. Disons que sur le coup j’étais assez énervée contre elle, j’avoue… Mais en y réfléchissant un peu, finalement je la vois toujours, moins souvent certes, mais quand même !

Elle tendit sa feuille au garçon en l’accompagnant d’un large sourire. Large sourire voulant tout simplement dire « J’étais triste mais je ne le suis plus ! ». Enfin bref…

Un courant d’air traversa la tour où étaient les deux jeunes gens. En sentant le vent lui fouetter le visage, Ambre frissonna. Il faisait de plus en plus froid. Et l’heure était, elle aussi, de plus en plus tard. Ils ne devraient pas tarder. La préfète voulut faire part de sa remarque au Poufsouffle mais quelque chose attira son attention. Le courant d’air était toujours présent et s’amusait avec les cheveux du jeune garçon en les mettant n’importe comment. Ambre se retint de rire. Ça lui arrivait souvent les cheveux en bataille à cause du vent, elle connaissait assez bien pour pouvoir dire que c’était très très… Chiant.

Mais elle avait envie de s’amuser. Elle se mit sur ses genoux et avança le bras droit vers la tête du garçon avant de lui ébouriffer les cheveux avec sa main tout en éclatant de rire.

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« On ne force pas une curiosité, on l’éveille »  PV - Ambre 

Depuis quelques minutes, qui avaient été le réceptacle d'une amitié naissante entre les deux petits poufsouffle, un voile invisible, pénétrant l'atmosphère autour d'eux, venait s'abattre. Sa fraîcheur aurait pu provoquer quelques frissons, au sein des jeunes élèves mais le vent n'était pas assez pénétrant pour en être totalement désagréable. Il était fort à parier que la nuit serait fraîche mais de cette douceur qui oblige tout bon élève de se balader dans le Parc, malgré le couvre feu. Mettant de côté cette idée, qu'il proposerait à un moment donné à Ambre, il lut les quelques mots écrits sur son carnet. Alors comme cela, l'ancienne professeur et demi-soeur de la préfète en chef était Anatéine Eden-Slow. Il en avait entendu parler, sans jamais la croiser. Il aurait bien souhaité mettre un visage sur un nom, mais soit, peut être que pour une autre occasion....

Il y avait un sentiment doux-amer qui semblait régner dans l'esprit de la jeune deuxième année, la tristesse de ne plus la voir aussi souvent avait été contrebalancée par une impression peut être de liberté. Et l'essentiel était de bien garder contact, même si l'éloignement n'y aidait pas forcément. Enaël avait connu cela, une ancienne amie et lui s'étaient séparés. Ou plutôt, Enaël avait choisi de ne plus la revoir. Il savait pertinemment pour quelle raison ce choix avait été fait mais tout de même, c'était sa meilleure amie et il avait fait une croix dessus. Il ne l'oublierait certainement jamais. Son souvenir le hantait constamment.

Enaël sourit du petit frisson qui avait parcouru tout le corps de son ami. D'ici quelques minutes, l'un ou l'autre, si ce n'est les deux, prendrait la décision de quitter la Tour d'Astronomie, l'heure tournait à une allure folle, la météo était de moins en moins clémente et encore pas mal de travail était à abattre. Autant dire qu'ils ne s'attarderaient plus pour longtemps. Et puis finalement, ce fut son interlocutrice qui réagit la première. Appuyée sur ses genoux, elle venait de tendre la main vers Enaël, comme si ce dernier avait une bestiole dans les cheveux ou un cil sur la joue. Une bouffée de nervosité s'empara de lui. Qu'allait elle faire ? Finalement ses cheveux furent l'accueil de sa main : elle lui ébouriffait les cheveux. Bien loin de s'en offusquer, il rit de bon cœur, accompagné élégamment du rire de son ami. Il fallait bien se l'avouer, ses longs cheveux, couleur jais, contrastaient avec la pâleur de son visage et attiraient irrémédiablement le regard de garçons comme de filles. D'autant plus que les traits encore enfantins du garçon le confondaient assez facilement avec ceux d'une fille. Enaël jouissait donc d'un physique androgyne, ce qui ne le dérangeait absolument pas.

Finalement, Il reprit son carnet et le déposa délicatement dans son sac. Puis il se leva et tendit la main vers Ambre pour l'aider à se relever. Bien loin de lui l'idée de sous-entendre un quelconque problème d'équilibre, ce n'était qu'une précaution, une forme de politesse. Il la regarda avec un sourire en coin, puis sans piper mot, et après l'avoir aidé à se relever, se dirigea vers la porte qui menait à un escalier. Le rendez vous avait été parfait, il n'aurait su mieux le qualifier. Et avant d'arriver en bas des marches de l'escalier et à l'abri des regards indiscrets, qui auraient pu lancer quelques ragots par ci par là, il déposa un baiser délicat sur la joue d'Ambre. C'était devenu son amie !


Reducio
Fin du RPG pour moi, Ambre. Je te remercie pour celui-ci ! :D

« On ne force pas une curiosité, on l’éveille »  PV - Ambre 

Toujours la main dans les cheveux de son ami, Ambre fut assez surprise de la réaction de ce dernier. Mais surprise dans le bon sens attention ! Le garçon aurait très bien pu avoir un mouvement de recul pour dégager ses cheveux de la main de la deuxième année, il aurait très bien pu pousser une sorte de cri pour avertir la jeune fille que ses cheveux c’étais sacré et que personne n’avait le droit de les toucher, que personne n’avait le droit de faire ce qu’elle venait de faire, sans avoir demandé la permission avant. Mais non, rien de tout cela. Juste un petit rire. Juste un petit rire qui signifiait tout l’inverse de ce qu’elle avait bien pu imaginer. Pour son grand soulagement il faut l’avouer. Si bien que, tout danger effacés ou éloignés, elle se mit également à rire, accompagnant Enaël. Mais quelques secondes plus tard, le rire fit place à un long frisson. Le vent se faisait de plus en plus frais et la fatigue devenant de plus en plus intense de faisait qu’empirer les choses.

La deuxième année enleva sa main lorsque le jeune garçon commença à ranger ses affaires. Il attrapa son carnet et le mit dans son sac comme en faisant bien attention de ne pas l’abimer et se leva. Sur le point d’en faire de même, la jeune fille fut assez surprise de voir la main de son nouvel ami tendu dans sa direction qui ne cherchait qu’à se rendre utile en l’aidant à se lever. Ce qu’Ambre accepta immédiatement en le gratifiant d’un sourire. Ce n’était pas tout les jours que l’on se faisait un ami aussi gentil et gentleman. Une fois qu’Ambre fut remise sur pieds, les deux nouveaux amis se dirigèrent vers la porte et se mirent à descendre les escaliers sans prononcer un mot. En même temps, comment voulez-vous qu’un muet se mette à parler vous allez me dire…

Juste avant la fin de l’escalier, la deuxième année eut droit à une nouvelle surprise. Enaël venait de lui faire un bisou sur la joue. Ambre sentit ses joues s’empourprer sous l’effet de la surprise et elle regarda rapidement et presque instinctivement si personne ne les avait vus. Elle ne voulait pas faire partie des nombreux ragots qui circulaient chaque jours dans les couloirs du château. Mais il n’y avait personne. Normal vu l’heure qu’il était déjà. Si les deux nouveaux amis se faisaient chopper par un professeur, ça allait sûrement chauffer pour eux. Se retournant vers Enaël, la jeune fille lui adressa un sourire et se remis à marcher un peu plus rapidement histoire de ne pas s’attarder dans les couloirs et de rejoindre rapidement leur salle commune, suivie du garçon. Ambre était très contente de ce petite sortie/rendez-vous nocturne. Elle s’était fait un nouvel ami et elle était sûre que cela durerait longtemps, et il y avait intérêt ! Ce n’est pas tout les jours que l’on rencontre des cheveux aussi tentants à ébouriffer !



FIN DU RPG


Reducio
Merci pour ce Rp Enaël, j'ai hâte d'en refaire un avec toi ! ^^

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