Astronomie

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Pourquoi m'avoir oublié, Marchant de Sable?  PV 

Cela faisait maintenant quelques heures qu’Ambre se retournait sans cesse dans son lit. Toutes ses camarades dormaient déjà, apparemment le marchant de sable avait oublié la troisième année. Dans un grognement elle passa les deux jambes par-dessus le lit, touchant le sol glacé de ses pieds. Elle se força pour ne pas dire quelque chose ; ramenant ses pieds sous la couverture, elle bascula sur le côté, cherchant à tâtons la paire de chaussette qu’elle avait déposé sur sa valise avant de se coucher. Farfouillant le plus silencieusement possible, elle réussit à extirper sa grosse paire de chaussette, en les brandissant victorieusement au dessus de sa tête. Après les avoir enfilé sous sa couette, elle recommença le processus qu’elle avait fait juste avant. Grâce aux chaussettes, le froid que la rouquine avait ressenti s’était transformé en une douce chaleur. Une fois debout elle sorti sa carte du maraudeur de son sac de classe et alla s’installer dans un fauteuil du petit salon. Une fois installée elle tapota la surface de la carte avec sa baguette, qu’elle avait également prise dans son sac, tout en récitant la phrase qui allait avec.

Le plan de Poudlard apparut lentement sous ses yeux émerveillés, et le jeu commença. Lorsqu’elle n’arrivait pas à dormir, Ambre prenait sa carte du maraudeur et regardait si des personnes se promenaient dans le château. Manque de chance, ce soir-là le marchand de sable n’avait oublié personne, si ce n’est Ambre elle-même. Repliant sa carte dans un nouveau grognement, elle resta quelques minutes les yeux dans le vague, toujours assise. Elle se leva alors brusquement, alla chercher ses chaussures qui se trouvaient au pied de son lit, les enfila, et sortit de sa salle commune. Bien que connaissant les risques qu’elle prenait, la troisième année commença à monter les escaliers. Rien de mieux qu’une petite ballade nocturne pour trouver le sommeil. En espérant ne pas trouver le concierge du château évidemment.

Laissant ses pieds l’amener où ils le voulaient bien, Ambre se retrouva au sommet du château, dans la tour d’Astronomie. Ce n’était pas la première fois qu’elle s’y trouvait, bien qu’elle n’ait pas prit cette option au début de sa troisième année ; mais l’impression qu’elle ressentait à chaque fois lorsqu’elle s’y trouvait était également au rendez-vous. La jeune fille s’approcha de la rambarde qui faisait face au vide dans un frisson. A environ un mètre de cette dernière, Ambre se baissa et s’assis sur le sol froid de la tour. Levant ses yeux vers le ciel dégagé, une toute petite larme coula sur sa joue alors qu’elle regardait les étoiles. En sentant la larme couler, elle souffla :


« Est-ce que tu nous vois de tout là-haut ?... »

Elle stoppa dès qu’elle entendit du bruit derrière elle et d’un geste brusque elle tourna la tête pour voir ce qui l’avait provoqué.

« DÉFONCE-LES TOUS », Monseigneur Endive • « Le souffle des Poufsouffle jamais ne s'étouffe » • Batteuse des Frelons

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Il était relativement rare que les cauchemars empiètent sur les nuits de la jeune Joy. Elle n'avait jamais rien vécu de dangereux ou de traumatisant, alors généralement, ses cauchemars se révélaient être d'une banalité effrayante. Arriver en cours en ayant oublié de s'habiller — quelle idée, franchement —, se rendre compte que Poudlard n'avait jamais réellement existé, et que sais-je encore comme autres rêves qu'une gamine de son âge pourrait avoir.

Mais aujourd'hui, le mythe se brisait, et la petite blonde nageait dans une horreur sans nom. Concrètement, elle était couchée dans son lit, et ses petits membres s'agitaient de plus en plus vite, son souffle s'accentuait et se faisait plus bruyant à chaque seconde qui passait, mais c'était tout. Cependant, dans un autre monde, dans celui où elle pensait être, elle se trouvait enfermée dans une bulle transparente, environ deux fois plus grande qu'elle. Et il lui était impossible d'en sortir. Elle avait tenté de la percer avec tous les objets qu'elle avait trouvés, elle avait essayé de la déchirer, mais en vain. Autour d'elle se trouvait une pièce blanche, qui semblait dépossédée de tous murs ou d'un quelconque plafond. Et comme ça faisait plusieurs heures que son calvaire durait, elle commençait sérieusement à paniquer. Résignée, la petite Joy décida d'arrêter de taper sur la bulle comme une folle et d'avancer, tout simplement. Elle arriverait bien quelque part, de toute façon. Elle posa donc ses bras maigrichons sur le plastique de la bulle géante pour se donner équilibre et commença à marcher.

Et tout le problème était là. Parce que non seulement la fillette s'était mise à avancer dans son univers fictif, mais également dans la réalité. Les bras tendus dans le vide, elle se calma instantanément et se leva de son lit pour se diriger vers la sortie de son dortoir, puis celle de sa salle commune. Ses pas se faisaient discrets, seuls quelques craquements faisaient écho à sa balade nocturne non-intentionnelle. Toujours accoutrée de son pyjama uni blanc, elle grimpa les escaliers, traversa quelques couloirs sombres, pour atterrir sur la tour d'Astronomie.

Il était aux alentours de quatre heures du matin. Le ciel était noir, on n'y voyait presque rien, seules quelques constellations stellaires ainsi que la lune illuminaient la haute tour sur laquelle se trouvaient Joy et.. une autre élève. Autre élève dont la fillette blonde n'avait absolument pas conscience de la présence. Pas plus que de la sienne, d'ailleurs. Les bras toujours ballants, les yeux éternellement fermés, le vent en rafale faisant voler ses longs cheveux derrière elle, la fillette continua à avancer. Jusqu'à ce qu'elle sente un obstacle, comme une pierre dure et froide qui cognait contre ses genoux.

Contrariée, Joy décida de lever sa jambe droite pour passer par-dessus l'espèce de barrière qui se dressait devant elle.

Ils étaient cœur d'œillets, des fleurs face aux fusils,
Enfants du Bataclan, enfants du paradis.

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Il faisant trop sombre pour que la rouquine puisse voir ce qui avait provoqué le bruit, mais une chose était sûre, elle n’était pas seule. Dans un élan d’instinct elle dégaina sa baguette pour lancer le sortilège Lumos, mais elle se ravisa à la dernière seconde. En effet, imaginez un peu si la personne qui venait de faire du bruit était le concierge de l’école ? Faire apparaître de la lumière au bout de sa baguette n’aurait qu’une seule conséquence, à part de faire de la lumière évidemment, la faire apparaître aux yeux du vieux concierge. Car Ambre était quasiment certaine d’une chose : le concierge n’avait pas des yeux infra-rouge. Elle se leva donc rapidement, sans un bruit, et alla se cacher dans un petit recoin sombre, en espérant que ce ne soit pas Rusard.

La jeune fille s’accroupit et essaya tant bien que mal de réguler sa respiration pour faire le moins de bruit possible. Si Rusard avait amené Miss Teigne avec lui dans sa ronde, elle était fichue… Elle chassa rapidement cette idée de sa tête et se concentra pour écouter les bruits de pas. Ces derniers se rapprochaient petit à petit. C’était un pas plutôt trainant… Quoique non, pas vraiment trainant… Mais la personne n’avait pas l’air très réveillée… En même temps, à cette heure-là, que l’on soit le concierge de Poudlard ou non, on préfère généralement être dans son lit en train de dormir plutôt qu’être en train de parcourir les couloirs du château. Pendant que la troisième année se faisait bon nombre de film sur ce qui allait se passer dans la suite des événements, la personne ayant provoqué le bruit apparu dans la lumière.

Ce n’était absolument pas le concierge. La personne qui venait d’apparaître aux yeux de la Poufsouffle était beaucoup plus petite, plus frêle. Et surtout, aux dernières nouvelles, Rusard n’avait pas de cheveux longs. Ambre sortit donc légèrement de la pénombre et s’avança doucement, presque par peur de se faire voir. Elle observa la personne s’avancer tranquillement vers l’endroit où elle se trouvait quelques minutes auparavant. A première vue c’était une fille, un peu plus jeune qu’Ambre ; elle devait probablement être en première année et… Attendez.

La Poufsouffle ouvrit des yeux ronds comme des soucoupes lorsqu’elle s’aperçut que la jeune fille était décidée à ne pas s’arrêter devant la barrière qui les protégeait du vide. Son sang ne fit qu’un tour lorsqu’elle l’aperçut passer une jambe par-dessus la barrière. Elle ne voulait absolument pas revivre ce qu’elle avait déjà vécu ici-même. Elle courut vers la jeune fille, passa ses bras autour de sa taille et tira de toute ses forces en arrière pour l’attirer vers elle et l’empêcher de faire le grand plongeon. La troisième année avait tiré tellement fort qu’elle fut déstabiliser et tomba en arrière sous le poids de l’autre fille. Se redressant rapidement, elle la prit par les épaules en la secouant délicatement mais pas trop quand même -il fallait bien qu’elle comprenne que ce qu’elle était en train de faire était vraiment du grand n’importe quoi non ?


« Mais t’es complètement malade?! T’as cru que t’avais des ailes et que tu pouvais voler ou quoi ?! »

« DÉFONCE-LES TOUS », Monseigneur Endive • « Le souffle des Poufsouffle jamais ne s'étouffe » • Batteuse des Frelons

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Ça commençait à devenir sérieusement barbant. Elle n'allait quand même pas rester dans cette satanée bulle toute sa vie, si ? Au départ, il avait semblé à Joy qu'avancer droit devant sans se préoccuper de quoi que ce soit d'autre était une bonne idée, mais elle commençait à en douter. Elle ne savait toujours pas comment elle s'était retrouvée dans cette situation, mais pour l'instant, ça n'avait pas d'importance. Tout ce qu'il fallait retenir, c'était que plus le temps passait, et plus elle se disait qu'il serait plus intelligent pour elle de chercher une autre solution pour se délivrer. C'était décidé ; elle avançait encore cinq petites minutes, et si elle voyait que le décor ne changeait toujours pas, elle trouverait une autre idée.

Lorsqu'elle leva une jambe pour passer au-dessus de la barrière qui la gênait, la Serdaigle était plus contente. Même si elle ne le voyait pas, il était évident qu'un obstacle se dressait devant elle. Et un obstacle, même invisible, c'était toujours bon signe dans une pièce à la blancheur éclatante comme celle-ci. Mais elle se sentit soudain comme étrangement tirée en arrière.

Ses paupières alourdies s'ouvrirent, ses bras ballants retombèrent le long de son corps et il fallut plusieurs secondes à Joy pour reprendre ses esprits. Que s'était-il passé ? Pourquoi faisait-il si froid, tout d'un coup ? Pourquoi faisait-il nuit ? Elle était tout doucement en train de comprendre la situation dans laquelle elle se trouvait — heureusement qu'elle était au courant qu'elle faisait des crises de somnambulisme régulièrement, sinon elle aurait probablement paniqué —, quand une voix interrompit le fil de ses pensées.


« Mais t’es complètement malade ?! T’as cru que t’avais des ailes et que tu pouvais voler ou quoi ?! »

La jeune sorcière de Serdaigle tourna son regard bleu — et surtout endormi — vers l'auteure de cette phrase fort sympathique et cligna des yeux quelques fois avant de l'observer attentivement. Des cheveux roux flamboyants encadraient son visage constellé de taches de rousseurs, et ses yeux verts semblaient lancer des éclairs. Il faut croire qu'elle n'avait pas été particulièrement ravie d'avoir assisté à une tentative de suicide involontaire. Fait pour le moins étonnant. Impossible pour Joy de déterminer à quelle maison cette fille appartenait, et impossible également de mettre un nom sur ce visage. Elle ne l'avait vraisemblablement jamais rencontrée, et elle n'était donc probablement pas à Serdaigle.

Toujours un peu dans les vapes, Joy prit plusieurs secondes pour saisir le sens des paroles de la rousse. Quand elle eut assimilé leur sens, elle fronça les sourcils ; le sarcasme était de trop à son goût. Mais bon, elle ne semblait pas avoir compris que Joy n'était pas maître de ses gestes lorsqu'elle avait tenté de franchir la barrière de la tour d'Astronomie. Et puis, il aurait été mal placé de lui en vouloir. Si on se plaçait d'un point de vue objectif, elle venait quand même de lui sauver la vie. Ce fut lorsque cette pensée traversa son esprit que l'aiglonne prit réellement conscience de la gravité de ce qu'il venait de se passer. Encore un peu et elle mourait. Elle resta tétanisée un instant ; elle n'en revenait pas. Quelle était la probabilité pour qu'une autre élève se trouve à la tour d'Astronomie à une heure aussi tardive ? Les chances étaient sûrement très minces, et pourtant, ça avait été le cas. Un miracle. Voilà ce que c'était.

Automatiquement, Joy commença par reculer à petits pas avant de faire demi-tour et de se pencher par dessus la barrière. Elle ne voyait quasiment rien à cause du noir, mais effectivement, aucune chance de survie si elle était tombée. Elle grelottait sous les assauts violents du vent, mais elle s'en fichait comme de sa première chemise.


« Pas cool.. » fut la seule parole que la fillette parvint à faire sortir de sa bouche pour exprimer ce qu'elle ressentait à ce moment précis.

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Enfants du Bataclan, enfants du paradis.

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Malgré la faible lumière, la troisième année fut frappée par le regard de la jeune fille. Ses yeux bleus étaient particulièrement déconcertants. Elle avait l’impression que son regard se perdait dans le sien, tellement ses yeux étaient clairs. Retrouvant rapidement la raison par rapport à la gravité de la situation, elle s’aperçut que ces mêmes yeux, bien qu’ouverts, ne le resteraient pas longtemps si la fille ne faisait pas d’effort pour ne pas les fermer. Pour faire simple, la fille qui se trouvait face à Ambre avait l’air particulièrement fatiguée, comme si l’on venait justement de la réveiller. Faisant rapidement marcher ses méninges, examinant la situation et les événements passés, la rouquine en déduisit qu’elle devait probablement être somnambule. Mais ce n’est que lorsqu’elle l’aperçut froncer les sourcils qu’Ambre crut à cette version. Cette réaction ne pouvait venir que de quelqu’un n’ayant pas conscience de ce qu’il venait de faire, ou dans ce cas-là, essayer de faire.

Ambre n’osait pas ouvrir la bouche avant d’avoir une réponse de la part de l’autre élève. Cette dernière semblait comme tétanisée. Peut-être venait-elle de comprendre que si Ambre n’avait pas été là, c’en aurait été fini pour elle ?... D’ailleurs, la Poufsouffle était un peu chamboulée. Ce n’est pas tous les jours que l’on évite quelque chose comme cela. Si seulement elle avait pu faire la même chose quelques mois auparavant… Elle chassa ce mauvais souvenir lorsque la jeune fille recula. La troisième année la regarda s’éloigner vers la barrière qu’elle avait failli franchir quelques minutes auparavant.
Après avoir prit une profonde inspiration et avoir rajusté sa cape, qu’elle avait enfilée avant de sortir se balader, Ambre s’approcha de la jeune sorcière. Lorsqu’elle fût à côté d’elle, elle l’entendit clairement grelotter. Il faut dire qu’elle ne portait qu’un pyjama. Mais elle n’avait pas l’air de s’en soucier.


« Pas cool.. »

Visiblement, la fille venait de prendre réellement conscience de ce qui aurait pu se passer. En l’entendant, la rouquine soupira, repensant à ce qu’elle avait déjà vécu. L’envie lui prit une nouvelle fois d’allumer le bout de sa baguette grâce au sortilège Lumos, mais elle se ravisa. Eclairer à cet endroit dévoilerait probablement une partie du sol en contrebas. Ce qui n’était peut-être pas une bonne idée vu la réaction de la fillette. Laissant donc sa baguette dans la poche de sa cape, elle tourna son visage vers celui de sa camarade sorcière. Elle posa délicatement sa main gauche sur son épaule en lui disant, cette fois avec plus de délicatesse :

« …Ca va aller ? »

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Ses yeux bleus toujours fixés dans le vide qui s'étendait en-dessous d'elle, Joy ne sentit pas la présence de l'autre fille — dont elle ne connaissait d'ailleurs toujours ni le nom, ni la maison — qui s'était avancée discrètement pour se positionner à sa droite. Après une minuscule seconde de silence, la rousse posa une main délicate sur l'épaule de la Serdaigle, et malgré sa surprise, celle-ci ne sursauta pas.

« … Ca va aller ? »

Le ton de sa voix était doux et rassurant, fait étonnant quand on sait qu'elle était presque en train de lui crier dessus il y avait quelques secondes à peine. D'ailleurs, Joy ne savait pas trop quoi répondre. Elle ne pouvait pas vraiment lui dire qu'elle était au top de sa forme, puisqu'en fait elle avait plutôt été aux portes de la mort, mais elle ne pouvait pas non plus lui répondre qu'elle n'allait pas bien, c'était ridicule. Alors pour toute réponse, la petite Serdaigle se contenta de hausser les épaules avant de se tourner vers l'autre fille — largement plus grande qu'elle, d'ailleurs — pour la regarder dans les yeux.

« Au fait, tu t'appelles comment ? Je sais que c'est peut-être pas le meilleur moment pour faire les présentations, mais bon tu viens quand même de me sauver la vie, alors il me semble important de connaître ton nom.. » expliqua-t-elle d'une voix faible. « En tout cas, moi c'est Joy Wedenjack, de Serdaigle. »

C'est à ce moment précis, alors qu'elle se ressassait mentalement la scène qui venait de se produire pour la millième fois, que la petite blonde prit conscience d'une chose. Cette fille était dehors, sur la Tour d'Astronomie, à quatre heure du matin passée. Mais par tous les saints, que faisait-elle là ?

« Et heu.. Excuse-moi si c'est indiscret, mais pourquoi t'étais là toi, exactement ? » questionna Joy en ne la quittant pas des yeux.

Ce n'était pas dit avec un ton de reproche, évidemment, il aurait été culotté de sa part d'oser insinuer qu'elle allait la dénoncer. C'était simplement une question de curiosité. Une fille qui brave un des articles les plus importants de l'école volontairement, c'est toujours assez intrigant. La seule raison plus ou moins plausible que Joy voyait, c'était qu'elle avait un rendez-vous secret nocturne. Est-ce qu'une troisième personne risquait de débarquer d'un instant à l'autre ? Ça paraissait improbable. Ou alors, peut-être avait-elle simplement eu envie de prendre l'air ? C'était une autre possibilité.

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La main toujours posée sur l’épaule de la première année, Ambre regardait affectueusement cette dernière ; elle lui rappelait tellement la petite Poufsouffle perdue dans ce grand château et… *Stop* Elle ne devait pas y penser. Ou plutôt, elle ne devait pas y penser plus que ce qu’elle était en train de faire. Elle reporta toute son attention sur la jeune fille, qui se tourna vers elle. Ambre laissa sa main glisser le long du bras de la fillette, le ramena vers elle, tandis que cette dernière plongeait ses grands yeux bleus dans les siens.

« Au fait, tu t'appelles comment ? Je sais que c'est peut-être pas le meilleur moment pour faire les présentations, mais bon tu viens quand même de me sauver la vie, alors il me semble important de connaître ton nom... En tout cas, moi c'est Joy Wedenjack, de Serdaigle. »

Le rapide changement de sujet surpris quelque peu la troisième année. Elle ne s’attendait pas à ce que la Serdaigle mette aussi vite de côté l’incident qui avait failli se passer. Enfin, en y réfléchissant de plus près, ce n’était pas une si mauvaise chose. Des événements comme ceux-là, on préfère les oublier rapidement, ce qui était plutôt compréhensible après tout.
*Joy Wedenjack…* Le nom de famille de cette Joy l’interpellait ; non pas qu’elle connaissait quelqu’un portant le même nom, ou qu’elle l’avait déjà entendu quelque part, il lui rappelait juste quelque chose qu’elle vivait presque au quotidien.


« Wedenjack… J’imagine que tu connais les Wendenja et les Wadejack ? »

Elle sourit à la jeune fille en espérant que sa blague n’était pas si nulle que ça. Mais malheureusement, elle n’était pas vraiment certaine de faire mouche. Bon, il faut dire qu’au vu de l’heure, elle avait une bonne excuse pour débiter des blagues qui n’en étaient pas vraiment… Enfin bref, avant que Joy, puisque tel était son prénom, ne la prenne pour une folle si ce n’était pas déjà fait, elle se dépêcha d’ajouter :

« Oublie la blague pourrie, retiens juste que je m’appelle Ambre Baxrendhel, tu vois entre noms compliqués on devrait se comprendre, et je viens de Poufsouffle, voilà. Ah si, je suis en troisième année… Je suppose que tu es une première année non ? »

Après avoir terminé sa petite tirade, elle reposa son regard sur les yeux de Joy. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’elle remarqua qu’effectivement, tout au long de sa réponse elle ne l’avait pas regardé une seule fois, elle n’avait pas soutenu le regard de cette Joy, alors que cette dernière la fixait toujours de ses yeux bleus. Et quels yeux… Se secouant intérieurement pour penser à autres choses que ces yeux, elle se força à essayer de comprendre les paroles de la petite Joy Wedenjack :

« Et heu.. Excuse-moi si c'est indiscret, mais pourquoi t'étais là toi, exactement ? »

Détournant une nouvelle fois le regard, la troisième année se tourna vers la barrière et fit un pas. Une fois contre la barrière elle sortit sa baguette en soufflant « Lumos ». Lorsque le bout de la baguette s’éclaira, la Poufsouffle se tourna vers la jeune fille et lui attrapa la main, la tirant près de la barrière. Pour qu’elle ne prenne pas peur, elle ajouta avec un sourire :

« Viens voir, n’ais pas peur je ne vais pas te faire mal. »

Tout en tirant délicatement Joy vers elle, elle pointa une étoile avec sa baguette. L’étoile en question brillait beaucoup plus que les autres, c’était flagrant.

« Tu vois cette étoile qui brille plus que les autres ? J’aime croire que c’est une amie qui m’a quitté et qui est toujours avec moi… Malheureusement elle n’est là que la nuit… »

Elle sentit une larme perler au coin de son œil, puis couler le long de sa joue. Tout en la chassant d’un revers de main, elle souriait tristement en regardant l’étoile.

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On changeait de sujet comme on pouvait, non ? Apparemment, aucune des deux élèves ici présentes n'avait envie de déblatérer sur ce qui venait de se passer, et chacune d'elles tentait de faire oublier l'incident qui venait de se dérouler par deux techniques différentes. Joy avait opté pour les présentations plus ou moins banales, et Ambre pour l'humour. Et puis, la Poufsouffle n'avait pas tort du tout ; c'est vrai qu'on se trompait souvent sur son nom de famille. La Bleue sourit donc à sa camarade et acquiesça lorsque celle-ci lui demanda si elle était en première année. Et dans sa petite tête, Joy se fit une promesse qu'elle essayerait de tenir du mieux qu'elle le pouvait. Elle, elle ne se tromperait jamais sur le nom « Baxrendhel ». Déjà pour faire honneur aux noms de famille compliqués, et aussi parce qu'elle lui devait au moins ça. Ambre lui sauvait la vie, et pour la remercier, Joy ne se tromperait pas sur son nom. Bon, d'accord, c'était un peu déséquilibré.. mais sur le moment, la Serdaigle ne voyait que ça pour la remercier.

Après que la première année ait posé sa question sur la raison de la présence de Ambre ici, celle-ci détourna son regard pour s'avancer vers la barrière. D'un sort rapide, elle éclaira sa baguette et tira Joy par la main pour l'approcher de la barrière à son tour. Loin d'avoir peur de la Poufsouffle, Joy se laissa faire et attendit qu'elle lui réponde. Décidément, sa curiosité était de plus en plus éveillée.

« Tu vois cette étoile qui brille plus que les autres ? J’aime croire que c’est une amie qui m’a quitté et qui est toujours avec moi… Malheureusement elle n’est là que la nuit… »

Pendant un instant, le silence s'éprit de la nuit et aucun son ne franchit les lèvres des deux filles. Elles se connaissaient à peine et la Poufsouffle venait de lui annoncer le décès d'une de ses proches. Pourtant, Joy était loin de trouver ça inapproprié ou gênant. Juste triste. Le pire, c'était qu'elle ne voyait même pas de quelle étoile Ambre voulait parler. Pour la Serdaigle, elles étaient toutes les mêmes.. cependant, elle se garda bien de le dire et se contenta d'observer une larme couler le long de la joue de la troisième année. Peut-être qu'elle se faisait des idées, mais Joy avait l'impression que ce moment qu'elles partageaient signait comme une espèce de.. contrat entre elles. Ambre lui confiait une partie douloureuse de sa vie et la Bleue l'écoutait sans broncher. C'était comme un truc de confiance, ou c'était peut-être rien du tout, mais sur le coup, Joy le voyait comme ça.

En fait, si elle avait obéi à son instinct sans réfléchir, la Serdaigle aurait pris sa camarade dans ses bras. D'habitude, les élèves plus âgés qu'elle l'intimidaient, mais on ne pouvait pas en dire de même avec Ambre Baxrendhel, qu'elle ne connaissait pourtant pas bien plus que tous les autres. Mais Joy la comprenait ; elle aussi, elle avait perdu une amie — sa meilleure amie, en fait —. Dans un accident de voiture, mais ça ne changeait rien aux faits.


« Elle s'appelait comment ? » murmura finalement la Serdaigle, brisant ainsi le silence qui s'était installé.

Cette fois-ci, elle ne voulait pas éviter le sujet. Certes, il la rendait triste, mais il ne la mettait pas mal à l'aise. Et Joy voulait absolument connaître le nom de la personne qu'avait perdu Ambre Baxrendhel.

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Ambre ne comprenait pas vraiment pourquoi elle se mettait à déballer des choses comme cela sur ce qu’elle avait vécu. En règle générale, elle n’aimait pas en parler. Tout garder pour elle n’était certes probablement pas la meilleure chose à faire, mais en parler signifiait pour elle devoir avoir mal, d’y repenser et d’être triste. Ce qu’elle ne voulait pas. Mais ce qu’elle ne s’avouait pas était que même en le gardant pour elle, cela n’arrangeait pas les choses, pire, cela les empirait. Mais cette fois c’était différent. Elle ne comprenait pas exactement pourquoi cela était différent avec Joy, qu’elle voyait pour la première fois et dont elle ne savait rien à part qu’elle était somnambule, plutôt qu’avec ses amis, ses professeurs, qui avaient eux aussi connu la fillette. Même avec ses parents elle ne voulait pas en discuter. De toute façon, quand aurait-elle pu placer trois mots sur son amie disparue ? Qu’importe. Peut-être que c’était juste ça, le déclic, en parler avec une personne pseudo-inconnue ? Ou peut-être y avait-il autre chose ? Elle n’en savait rien.

« Elle s'appelait comment ? »

Le murmure de la première année brisa le silence qui s’était installée entre les deux jeunes filles et apporta la réponse aux questions que la rouquine se posait. Elle pensait comprendre pourquoi elle se dévoilait comme ça à la Serdaigle. Cette dernière était calme, curieuse sans être indiscrète. Ambre avait l’impression que quoi qu’elle puisse lui dire la Serdaigle ne reviendrait pas dessus et se contenterai juste de ce que la Poufsouffle voulait bien lui dire. C’est ça… Elle la trouvait digne de confiance. Elle ne savait pas vraiment comment la décrire, mais en tous cas, elle appréciait. C’était la seule chose dont elle était certaine.

« Mila… »

Elle prononça son prénom calmement, sereinement. Prononcer, et même rien que de penser à ce prénom lui faisait peur : elle avait peur de pleurer. Certes, pleurer n’était pas grave, cela prouvait au moins que la personne est sensible à certaines choses, dans certains cas c’est plutôt pas mal pour différencier les humains des extra-terrestres mais, je m’égare. La Poufsouffle avait peur d’être vulnérable. C’était stupide, très stupide, elle en avait conscience, mais elle ne pouvait pas changer cela en un claquement de doigts. Ambre posa son regard sur Joy et lui dit doucement :

« Mais bon, c’est la vie… Malheureusement… J’espère au moins qu’elle est mieux là où elle est maintenant. C’était son choix. C’était une vraie tête de mule de toute façon. »

Elle termina sa phrase en souriant tristement. Le pire, c’est que c’était vraiment une tête de mule. Chassant ces idées noires, elle retrouva un visage serein et passa son bras autour des épaules de la première année :

« J’crois qu’il est temps d’aller se recoucher, qu’en dis-tu ? Demain on aura de grosses cernes toutes moches sinon… »

•••

Après avoir raccompagné Joy jusqu’à sa salle commune, ou plutôt jusqu’à l’étage de sa salle commune, la rouquine s’assura que cette dernière était bien retournée se coucher à l’aide de la carte du maraudeur. Contente de voir la Serdaigle dans sa salle commune, la troisième année se dirigea vers sa salle commune, son dortoir et enfin son lit, tout en laissant ses idées divaguer sur la petite Poufsouffle qu’elle n’oubliera jamais.


Reducio
Je te laisse conclure comme prévu ! ;)

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« Mila... »

Elle avait prononcé ce prénom tout simplement, sans y mettre artifices et grandes larmes théâtrales. Les deux syllabes s'étaient échappées de sa bouche en un murmure presque reposé. Il n'y avait pas besoin de rajouter grand chose, que voulez-vous savoir de plus ? Elle s'appelait Mila et, si on en croyait les dires de Ambre, c'était une magnifique étoile dans le ciel sombre de la nuit fraîche qui avait enseveli la lumière. Si la Poufsouffle avait le regard plongé dans le ciel, Joy ne pouvait détacher le sien de la troisième année. Elle avait la vague impression qu'elle attendait quelque chose d'elle, mais elle ne savait pas quoi précisément. Peut-être qu'elle espérait secrètement que celle-ci lui propose de retourner se coucher ? La Serdaigle était épuisée, et elle revenait doucement sur terre. Il faisait nuit, il faisait froid, elle était en pyjama et par conséquent elle était peu couverte. En plus, les deux enfants risquaient gros si un professeur les surprenait dans leur escapade nocturne. Escapade qui n'en était pas vraiment une, dans le cas de Joy.

« Mais bon, c’est la vie… Malheureusement… J’espère au moins qu’elle est mieux là où elle est maintenant. C’était son choix. C’était une vraie tête de mule de toute façon. »
reprit Ambre en la regardant de nouveau.

Avec une certaine d'hésitation, Joy offrit un léger sourire à la Poufsouffle. Comment réagir ? Ambre avait l'air d'être un peu revigorée, plus vive, moins pensive. Ça n'était pas plus mal, parce que si la petite Bleue avait apprécié de pouvoir passer un moment si spécial pendant quelques instants, elle n'en était pas moins gênée désormais. Et puis, que pouvait-elle bien ajouter à un tel commentaire ? Elle ne connaissait pas cette Mila. Elle ne pouvait ni hocher la tête au commentaire de Ambre qui lui affirmait que c'était une tête de mule, ni s'esclaffer. Ça aurait sûrement été mal reçu par sa camarade, comme réaction.

« J’crois qu’il est temps d’aller se recoucher, qu’en dis-tu ? Demain on aura de grosses cernes toutes moches sinon… »

Ah ! Il fallait croire que Ambre lisait dans ses pensées. Soulagée, Joy murmura un « D'accord » et se laissa raccompagner dans sa salle commune. Elle n'avait pas vraiment besoin d'un guide pour ça, mais elle se garda bien de faire un quelconque commentaire. Ambre avait l'air d'être quelqu'un d'assez protecteur, c'était étrange. Joy ne s'attendait pas à des attitudes si prévenantes et maternelles de la part d'une Capitaine - et de surcroit une batteuse - de Quidditch. Comme quoi, les apparences sont trompeuses.

Lorsqu'elles furent arrivée devant la salle commune des Serdaigle, l'aiglonne foula le marbre bleu roi du petit salon en marchant sur la pointe des pieds, tentant de se faire la plus discrète possible. Elle passa devant quelques canapés d'un ton qu'elle trouvait trop peu réconfortant, bien qu'assez classe, pour aller grimper les marches menant à son dortoir le plus vite possible, s'abaissant même pour prendre appui sur ses mains. Elle fit bouger les rideaux de son lit d'un geste frivole puis s'y coucha en silence. Lorsqu'elle releva les couvertures au-dessus d'elle, Joy ne put s'empêcher de sourire en repensant à l'étrange nuit qu'elle avait passée.

Parfois, les meilleures rencontres étaient aussi les plus inattendues.


Reducio
RPG terminé ! Merci beaucoup Ambre :)

Ils étaient cœur d'œillets, des fleurs face aux fusils,
Enfants du Bataclan, enfants du paradis.