Astronomie

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Réflexions au plus haut point  PV 

Meilla était venue sur la tour d'astronomie pour réfléchir, elle s'ennuyait grandement depuis qu'elle n'était plus préfète et se demandait encore pourquoi elle avait démissionné. Certes, elle avait les ASPICS à la fin de l'année, mais en fait, elle s'était habituée à partager son temps entre ses devoirs pour les cours et ses devoirs de préfète. Elle pensait se concentrer plus sur son orientation, mais il s'était avéré qu'elle se trouvait toujours des excuses pour ne pas se renseigner sur la suite. Une fois elle était fatiguée, après elle avait quelqu'un à qui parler, ensuite elle avait besoin de se détendre et allait faire un petit peu de quidditch... Enfin bref, ce n'était pas parce qu'elle s'était déléguée de ses tâches qu'elle avait plus de temps, c'était même presque le contraire. Vous l'aurez compris, elle regrettait un peu d'avoir démissionné, mais il était trop tard de toute manière. Elle avait beau essayer de se convaincre en se disant que de toute manière bientôt elle ne serait plus à Poudlard, et qu'être préfète ou non lui importerait peu, elle n'y arrivait pas. La rouquine commençait à en avoir vraiment marre d'avoir autant de trucs à gérer, elle en avait aussi marre de ne pas savoir faire des choix...

Bref, monter les sept étages pour arriver jusqu'à la tour d'astronomie et respirer un bon coup d'air frais lui faisait du bien. Elle avait besoin d'aller voir autre chose, et c'était ici qu'elle était venue lorsqu'elle n'était pas bien en apprenant que sa mère n'était pas Océane. A l'époque, c'était une Serdaigle du nom de Célia Rose qui l'avait rassurée et aidée. Elle n'était plus à Poudlard, et c'était bien dommage parce que la septième année l'appréciait beaucoup. Beaucoup trop de gens étaient partis de la vie de la jeune fille et un vent de nostalgie s’abattit alors sur elle.

Elle repensait à tous les gens qui avaient fait partie de sa vie à un moment ou à un autre. Haley avait été une de ses meilleures amies, elles avaient partagé quelques trucs ensemble. Il y avait aussi eu toutes les ennemis de la rouquine, que des Serpentards qui n'étaient plus vraiment là, comme si une malédiction avait été lancée sur les ennemis de Meilla. Et puis bien sûr, il y avait Elisabeth, sa demi-soeur. Elle ne l'avait pas vue depuis cette fois-là où elles avaient parlé ensemble à Pré-Au-Lard. Pendant les vacances, la Serdaigle n'était pas rentrée chez ses parents biologiques. Et depuis la rentrée, elle n'avait pas vu sa soeur dans Poudlard. En réalité, Elisabeth Connor n'était plus dans le château. Rien n'avait été dit officiellement à la septième année, mais elle avait fini par le comprendre. Il faudrait qu'elle envoie une lettre à Romain pour comprendre, mais rien que l'idée lui paraissait inconcevable, elle ne voulait et ne pouvait pas le faire. Dans ses pensées, elle se dit qu'elle pourrait toujours essayé d'envoyer directement une lettre à sa soeur, bien qu'elle ne soit pas sûre d'obtenir une réponse un jour. En fait, depuis qu'elle était partie de Ste Mangouste seule, elle n'avait plus eu de nouvelles de la Serpentard. Etait-ce ses parents qui lui avaient monté la tête contre elle, c'était bien possible.

Toutes ces histoires de famille étaient assez compliquées, et l'ancienne préfète aurait bien voulu pouvoir les oublier pendant un temps. Elle aurait voulu remonter au temps où elle croyait encore au père Noël, l'année où elle avait cru le surprendre descendre de sa cheminée par exemple. Elle avait alors six ans et s'était endormie devant la cheminée pendant qu'elle attendait le père Noël. Elle avait ainsi rêvé qu'elle l'entendait tomber dans sa cheminée, il s'était alors tenu devant elle dans ses beaux habits rouges, sans aucune trace de suie et la regardait du haut de ses 1,92 mètres. Elle, avait ouvert la bouche, choquée de le voir en chair et en os (elle commençait à penser qu'il n'existait pas). Il lui avait dit clairement que si elle voulait un cadeau, il faudrait qu'elle retourne se coucher. Voyant qu'elle se frottait les yeux et qu'elle commençait à dormir sur place, le père Noël la ramena dans son lit. Le lendemain, en se réveillant dans sa chambre alors qu'elle était sûre de s'être couchée devant la cheminée, elle cru à nouveau en ce vieux bonhomme. Evidemment, c'était son père qui l'avait ramenée dans son lit, mais elle ne comprit cela que bien plus tard. En ce temps là en tout cas, sa vie était beaucoup plus simple.

Mais revenons-en à la tour d'astronomie. Une personne était en train de monter les escaliers, de manière très peu discrète (enfin en tout cas cette personne réussit à sortir la jeune fille de ses rêveries). Ce n'était pas plus mal après tout, Meilla pourrait peut-être parler d'autre chose à quelqu'un et oublier un temps ses quelques problèmes. Lorsque l'ombre de cette dite personne se profila, elle ne perdit pas de temps pour lui dire ces quelques paroles, avant même de se rendre compte qu'il s'agissait de Joy Wedenjack, qui lui avait succéder au poste de préfète.


« Salut! Ca va? Alors ça fait quoi d'être préfète?»

Reducio
Ce RPG se passe en décembre de la 7è année de Meilla, donc elle n'est pas préfète.

~En voyage autour du monde et en couple avec la fille la plus extraordinaire du monde ~
Attention, apparition de carottes hallucinogènes dans le secteur des ornithorynques.

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*Un kilomètre à pieds, ça use, ça use..*

Fredonnant doucement une mélodie qu'elle aimait chantonner lorsqu'elle s'ennuyait profondément, la petite Wedenjack se baladait, sifflotait, discutait ci et là avec tableaux et élèves, évitait soigneusement le regard des gens qu'elle ne portait pas dans son cœur, repensait au jour où elle avait fait une chute monumentale devant toute sa famille, gravissait les escaliers trop têtus, se surprenait à admirer l'architecture du château, se maudissait lorsqu'elle prenait conscience qu'elle était en train de chanter à voix haute, se demandait comment les sorciers faisaient pour acquérir les bases des mathématiques.. puis elle poussa un soupir las.

Le dimanche n'avait jamais été un jour particulièrement exaltant pour la fillette ; au contraire. Les devoirs avaient été faits le jour précédent et une ambiance maussade régnait dans le château, ressentiment désagréable qui se faisait de plus en plus pressant au fur et à mesure que les heures passaient et que l'instant fatidique du lundi matin se rapprochait lentement, inéluctablement, sans qu'aucun élève n'ait encore pu corrompre le cycle du temps. Qui donc aime cet instant où, le premier de jour de la semaine, emmitouflé dans ta couette et bien au chaud, tu comprends qu'il est temps pour toi d'endurer une nouvelle semaine ? Joy, en tout cas, détestait ce moment éphémère par dessus tout. C'était démoralisant au possible.

Alors elle traînaillait dans Poudlard, cherchant vainement quelque chose à faire pour s'occuper. Elle avait emporté sa carte maraudesque dans l'espoir de découvrir un nouveau passage secret, sans résultat concluant. Ainsi, elle s'était éprise d'une étrange envie ; visiter à nouveau tous les endroits de cette école gigantesque. Préfète, tu parles. « Va plutôt te rendre utile, à la place d'errer sans but », comme dirait l'autre. Quoique lorsque l'on y réfléchissait bien, passer dans tous les endroits qu'elle connaissait en jetant quelques regards intéressés ci ou là, ça pouvait lui donner des allures de préfète responsable. Mais oui, bien sûr qu'elle fait sa ronde. Un dimanche en plein après-midi. Dans les couloirs. Là où tous les élèves sont en parfait droit de se rendre. Utilité zéro.

Pour un peu, Joy se serait donné des allures négligées que certaines personnes tendaient à arborer avec classe. Vous savez, ces gens les mains dans les poches, le dos un peu en arrière, le regard fixé droit vers l'horizon et plein de sous-entendus. Sauf que la fillette, bien que ce ne soit pas l'envie qui manque, n'avait aucune classe. Les yeux dans le vague, les bras ballants et les cheveux blonds emmêlés, elle était ancrée dans son monde. Pour la sortir de sa torpeur, deux solutions radicales pouvaient s'offrir à vous ; soit il fallait la secouer vivement en l'attrapant par l'épaule, soit il s'agissait de lui hurler dans les oreilles.

Elle était plongée dans une réflexion digne de l'érudite qu'elle était censée être ; par tous les saints, y avait-il vraiment des sorciers dont le métier consistait à trouver des cœurs de dragons ou des crins de licorne pour faire des conceptions de baguettes magiques ? Si oui, n'avaient-ils pas l'impression que leur métier était un peu.. sauvage ? Et combien étaient-ils payés pour commettre ce genre d'horreurs ? Existait-il des universités qui formaient les sorciers pour cette carrière ? Et puis.. était-il vraiment possible que des sorciers envisagent sérieusement d'exercer ce métier toute leur vie ? Le monde était étrange, quand on y pensait deux secondes. Des ventricules de dragon, sérieusement. Il se passe quoi, si on met du sel et des plantes vertes dans une baguette ? Bon, d'accord, il était évident que ça n'allait rien donner. Mais des ventricules de dragon, bon sang ! Ils n'auraient vraiment rien pu trouver de moins encombrant ?

Sans y prêter attention, Joy montait les marches qui menaient à la tour d'Astronomie. Ça n'était pas un endroit qui regorgeait de bons souvenirs, même si elle y avait fait la rencontre d'Ambre Baxrendhel. Un soir, elle avait été prise de vertige et s'était tétanisée sous l'étendue de vide qui s'était offerte à elle. Il lui arrivait encore d'en faire des cauchemars dont elle n'arrivait pas à se défaire. Enfin bon, elle avait retenu la leçon ; quand t'as le vertige, c'est quand même pas fut-fut de t'approcher des barrières d'une haute tour comme celle-ci. Soudain, la jeune Serdaigle se mit à espérer que Raiponce n'avait pas peur du vide.. la pauvre, elle passait sa vie à se pencher au-dessus d'une tour en lançant ses cheveux. Elle eut une pensée attendrie pour cette malheureuse princesse.

Arrivée à sa destination non-intentionnelle, la fillette fut surprise d'entendre une voix familière l'apostropher qui l'émergea de ses pensées.


« Salut ! Ça va ? Alors ça fait quoi d'être préfète ? »

Elle releva la tête et sourit à son interlocutrice, juste avant de prendre conscience d'une chose primordiale. Ce matin, elle était sortie de son lit sans prendre la peine de se coiffer. Ses cheveux étaient un fouillis de nœuds plus qu’embarrassants. Joy tenta de ne rien laisser paraître, même si elle sentait le rouge lui monter aux joues en comprenant que la vision qu'elle offrait d'elle-même à Meilla Primard était celle d'une fille négligée.

« B'jour. »

En fait, Joy ne savait pas trop comment elle devait s'exprimer à l'égard de la septième année. C'est dire que leur dernière conversation n'avait pas été un très grand succès, puisque la fillette avait débarqué dans le salon de leur salle commune en hurlant quelques inepties à Meilla et à Blueberrye. Depuis, elle se sentait gênée dès qu'elle avait affaire à la Serdaigle rousse, qui l'intimidait plus qu'autre chose. Lui offrant un sourire hésitant, elle continua.

« Bah, j'vais bien. Je me promenais. Et toi ? »

Elle dévia son regard sur le ciel bleu et reprit.

« Être préfète ? C'est.. heu.. chouette. Enfin, j'sais pas trop comment dire. Mais bon, tu sais bien ! »

S'il y avait une chose qui pouvait empirer la situation, c'était qu'il y ait un moment de blanc durant l'échange. Joy voulait tout, sauf ça. Alors, elle laissa son aptitude au bavardage prendre le dessus et elle embraya.

« Tu sais, l'autre jour, j'faisais ma ronde dans les sous-sols et là.. j'ai croisé un garçon. Je sais pas si tu le connais, il s'appelle Dylan Swanson, à Gryffondor. J'pense qu'il était pas très content de s'être fait prendre, c'était carrément une teigne. »

C'était certain que le Swanson, elle n'était pas prête de l'oublier. Ce souvenir remontait en elle comme celui d'une première expérience ratée à chaque fois que quelqu'un évoquait la préfecture.

Reducio
Moi, faire tout un cinéma juste pour changer ma couleur de dialogue ? Pas du tout !

Il y a à Noël, au milieu de la foule et du fracas, quelques tendresses parfois ; celle d’un flocon, d’une odeur, celle d’une fleur.
Quatrième année RP.

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Joy avait l'air de ne pas s'attendre à trouver quelqu'un ici. Elle ne semblait pas avoir vu Meilla avant qu'elle lui parle puisqu'elle eut une sorte de temps de réflexion et rougit par-dessus le marché. La rouquine ne comprit pas pourquoi la petite fille avait rougit, cela avait-il un rapport avec ce dimanche-là en salle commune ? Il fallait dire que l'ancienne préfète n'y avait pas été de main morte, elle avait engueulé Joy comme du poisson pourri, avec une raison plus ou moins douteuse et peu valable. Certes, la blondinette s'était plainte de manière un peu trop forte et un peu exagérée, mais la réaction de la septième année avait franchement dépassé les bornes et bien qu'elle se soit excusée, elle s'en voulait toujours. D'ailleurs, la première année ne semblait pas vraiment à l'aise. Elle essayait de le cacher, mais la Serdaigle n'avait que trop l'habitude d'observer l'attitude des gens pour le remarquer. Cela ne faisait pas très longtemps qu’elle inspectait les moindres faits et gestes des personnes devant elle pour obtenir quelques indices sur leurs pensées. Il fallait qu'elle fasse quelque chose pour briser la glace qui était apparue entre elles deux. En tant qu'aînée, il fallait qu'elle fasse preuve de discernement et qu'elle arrange toute cette histoire qui n'avait que trop mal commencé, sans bonne raison.

« B'jour. »

Ça commençait bien non? Déjà elles pouvaient se saluer normalement, ce n'était pas donné à tout le monde et après avoir eu autant d'ennemis, Meilla savait très bien que ce n'était pas comme cela que ça se passait quand on ne s’entendait pas. Quand deux ennemis daignaient se dire bonjour, cela cachait toujours quelque chose, et était ironique 90 pourcent du temps. Bref, ce n'était jamais sincère, alors qu'ici Joy ne semblait pas avoir d'arrières pensées négatives.

« Bah, j'vais bien. Je me promenais. Et toi ? »

Meilla avait comme l'impression que son interlocutrice était en grande réflexion avant qu'elle ne la dérange. Elle plissa les yeux, comme si cela lui permettrait de découvrir ce secret, ce qui évidemment ne lui donna pas d'autres indices. Joy avait le regard fuyant trahissant son mal-être de se retrouver avec la septième année. En tout cas, c'était ainsi qu'elle l'interprétait et elle n'aimait pas cela. Elle ne voulait pas que les gens soient mal à l'aise avec elle, ce n'était pas normal. Evidemment, tout le monde ne l'aimait pas, loin de là, mais elle ne souhaitait pas être la cause d'un mal à l'aise, surtout si c'était un Serdaigle. Elle préférait que quelqu’un ne veuille pas de sa compagnie parce qu’il ne l’aimait pas, plutôt que pour échapper à une situation gênante.

« Moi aussi ça va. C'est un peu compliqué en ce moment mais bon... »

« Être préfète ? C'est.. heu.. chouette. Enfin, j'sais pas trop comment dire. Mais bon, tu sais bien ! »

Oui, Meilla le savait très bien. La famille préfectorale était une grande famille accueillante contrairement à ce à quoi on pouvait s'attendre venant d'élèves de différentes maisons, âges et horizons. Au début, elle avait été étonnée de voir que tout le monde s'entendait aussi bien (il ne fallait pas oublier que sa première expérience avec une préfète ne s'était pas très bien passée), mais finalement elle y avait pris goût et en était des plus heureuses. Elle avait connu des personnes merveilleuses qui étaient devenues des amies formidables, notamment Madeleine ou Alyce, aussi se doutait-elle que Joy aimait bien être préfète, malgré les obligations dont il était forcément question. La jeune fille savait que sa camarade était une très bonne préfète, malgré sa jeunesse. Mais désormais, elle n’était plus étonnée de voir d’excellents préfets avoir onze ou douze ans. En réalité, la plupart des préfets étaient jeunes désormais, et le château ne s’en portait pas plu mal. Il fallait croire qu’il n’était pas que question d’autorité.

« Tu sais, l'autre jour, j'faisais ma ronde dans les sous-sols et là.. j'ai croisé un garçon. Je sais pas si tu le connais, il s'appelle Dylan Swanson, à Gryffondor. J'pense qu'il était pas très content de s'être fait prendre, c'était carrément une teigne.  »

Meilla ne savait pas pourquoi Joy lui parlait de ce Dylan Swanson, peut-être était-ce pour combler le silence qui s'était installé? La jeune fille le connaissait pour avoir été dans la même équipe à Halloween, mais c'était la seule fois où elle l'avait vu. Entendre la petite fille lui parler ainsi de Dylan lui rappela ses débuts à Poudlard quand elle s'était fait disputée par Amber. Ce n'était pas exactement la même situation, mais ça y ressemblait fortement. Elle faillit sourire mais se dit que cela risquait d'être mal pris par la première année, aussi décida-t-elle de prendre l'histoire au sérieux.

« Je ne connais pas très bien ce Dylan, mais je suis sûre que tu as fait ce qu’il fallait. »

La rouquine avait travaillé sur sa voix et savait la moduler un peu selon la situation. Elle avait ainsi réussi à lui donner une douceur dont elle n'était auparavant pas capable. Elle était prête à tout pour se montrer comme elle était réellement auprès de Joy. Il était hors de question que quand elle partirait de Poudlard les gens se rappellent d’elle pour sa méchanceté, ce n’était pas elle. D’ailleurs penser à son départ la fit frissonner, elle ne voulait pas partir du château, elle ne voulait pas changer ses habitudes, elle préférait garder sa routine, ce qui ne lui ressemblait pas. Habituellement, elle détestait la routine, mais celle de Poudlard était spéciale, et puis il y avait toujours quelque chose qui changeait.

Bref, elle avait pris l’habitude de faire comme si elle ne partirait jamais, elle avait pris pour habitude de ne pas y penser, ce qui incluait ne pas penser à ce qu’elle allait faire l’année prochaine. Vous comprenez maintenant pourquoi son orientation était encore incertaine, et même pire qu’incertaine.


« D’ailleurs je n’ai pas eu l’occasion de te féliciter pour ton travail en tant que préfète, alors je te le dis maintenant, bravo. »

Meilla hésita un peu, devait-elle parler de ce qui s’était passé la dernière fois, ou au contraire se taire à propos de toute cette histoire ? La deuxième solution semblait la plus sage et ne raviverait pas le malaise qui se dissipait petit à petit. Aussi, la septième année se tue sur cette partie de leur histoire commune.

« Tu avais l’air en grandes réflexions avant que je ne t’interpelle… C’était important ? »

La rouquine ne voulait pas que Joy pense qu’elle s’immisçait dans sa vie, mais elle était curieuse et il fallait bien engager la conversation d’une quelconque manière.

~En voyage autour du monde et en couple avec la fille la plus extraordinaire du monde ~
Attention, apparition de carottes hallucinogènes dans le secteur des ornithorynques.

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L'observation n'était pas une qualité de Joy Wedenjack ; c'était un fait irréfutable, à énoncer sur un ton hautain et le sourcil relevé avec dédain, comme savent le faire peu de personnes. Elle était du genre à ne voir les détails seulement après qu'on les lui ai fait remarqués, elle était également du genre à ne pas se souvenir de la tête des gens qu'elle côtoyait — ce qui donnait souvent lieu à des conversations surréalistes telles que « Oh salut Joy ! » « Heu salut.. t'es qui, en fait ? » « Bah.. heu.. Naomi, mais ça fait juste trois ans qu'on est camarades de classe. » « Ah oui pardon ! » —, et il lui arrivait même d'hésiter sur la couleur de cheveux d'un membre de sa famille. Elle ne gravait jamais les aspects des choses dans sa mémoire, qu'elles soient importantes ou futiles. Si bien qu'on lui reprochât souvent de ne pas être assez attentive.

Pourtant, aujourd'hui, son regard azur chavira sur quelque chose d'anodin, mais duquel elle ne pouvait détacher ses yeux. Même si elle ne l'aurait jamais avoué, la concentration soudaine qu'avait trouvé l'Écossaise envers un caillou avait pour seul but de fuir le regard de son interlocutrice. Il était noir — le caillou, j'entends, pas le regard —, minuscule — là encore, je précise que je parle bien du caillou —, et quelques rayons lui donnaient un reflet lumineux qui transparaissait comme de microscopiques bouts d'ors — ai-je besoin de notifier que je parle du caillou ? —. Ouais, un bête scintillement dû au soleil, en somme. La voix, pourtant douce et prévenante, de Meilla la tira brusquement de ses pensées.


« Je ne connais pas très bien ce Dylan, mais je suis sûre que tu as fait ce qu’il fallait. » la rassura-t-elle avec bienveillance.

Si on considérait que demander à Swanson de dessiner à la main une affiche concernant la promotion du Bal de Noël était une punition appropriée, alors Joy avait fait ce qu'il fallait. Dans le cas contraire, tant pis, c'était trop tard.

Elle hocha simplement la tête en une approbation de remerciement, puis planta à nouveau ses yeux sur le petit bout de roche qui n'avait pas bougé. En fait, il n'était pas si beau que ça, si bien qu'elle lui donna un léger coup de pied, juste pour le plaisir de le voir disparaître derrière les barrières de la tour et se l'imaginer chuter. L'aiglonne se demanda brièvement comment il était possible qu'un caillou ait atterri sur une tour aussi haute, puis elle jugea qu'elle n'aurait probablement jamais sa réponse et qu'il était inutile de tergiverser davantage sur le sujet. Elle se passa une main dans les cheveux, sentit que ça coinçait à cause des nœuds, força un peu quitte à s'arracher quelques mèches blondes, puis, satisfaite, elle reporta son regard sur l'ancienne préfète. Qui, merci Merlin, ne semblait pas s'accommoder des mœurs étranges de Joy ; elle ne s'était jamais intéressée aux sorts de beauté. Quant à la brosse à cheveux, non merci, tu rentres chez toi.


« D’ailleurs je n’ai pas eu l’occasion de te féliciter pour ton travail en tant que préfète, alors je te le dis maintenant,                bravo. »

« Merci. » répondit simplement la fillette en la gratifiant d'un sourire timide qui se voulait confiant.

Meilla sembla légèrement hésiter, entrouvrit la bouche avant de la refermer. Sûrement s'apprêtait-elle à aborder le sujet qui fâchait. Allait-elle se couvrir de précautions comme elle l'avait fait jusqu'à présent ou bien le souvenir de leur altercation était-il encore trop cuisant dans son esprit pour qu'elle se soucie des formalités ? Joy tiqua, peu désireuse de devoir se justifier sur cet événement qui la mettait à l'aise. Heureusement, la septième année embraya sur un sujet bien différent et bien moins désagréable.

« Tu avais l’air en grandes réflexions avant que je ne t’interpelle… C’était important ? »

Encore une qualité typiquement Serdaigle que la fillette aurait du posséder mais dont elle était dépourvue ; la réflexion. Si Meilla s'attendait à entendre des théories poussées et complexes sur des sujets hautement scientifiques, alors elle allait être déçue. Le cerveau de Joy était sans cesse embrumé d'idées et de questions ; c'est vrai. Mais généralement, ses pensées n'avaient que peu d'intérêt. D'ailleurs, ce genre de prise de conscience l'attristait tant qu'elle en venait à se questionner sur la décision du Choixpeau Magique.

Serdaigle, vraiment ? Elle qui avait autant de logique qu'un hippopotame, qui rechignait régulièrement à faire ses devoirs ? L'intelligence et la concentration n'étaient-elle pas des qualités made in Blue ? Cela dit, si l'on posait la question cinq minutes, on pouvait aussi déduire que la fillette aimait lire et s'instruire ; était curieuse — surtout à propos des rumeurs sur les amourettes, mais la curiosité bien placée viendrait avec le temps —,... alors était-elle si mal que ça dans sa maison ? Non, certainement pas. De toute façon, on ne pouvait pas conditionner des enfants pour qu'ils ne correspondent qu'à une seule maison. Est-ce parce qu'un Poufsouffle n'est pas gourmand que la maison des Jaunes lui est d'office refusée ? Les gens ne naissent pas en quatre catégories distinctes. En plus, la salle commune de Serdaigle était beaucoup trop jolie pour qu'elle songe à la regretter un jour.

Finalement, Joy décida de jouer cartes sur tables et de faire part de ses vraies réflexions à son aînée.


« Oui, c'était super important.. » commença-t-elle en se retenant de rire. « Je me demandais si ça existe, les gens qui font des études pour récupérer des cœurs de dragon et les mettre dans des baguettes. »

Elle fronça les sourcils, réfléchit intensément, puis poussa le vice ; après tout, s'il y avait une personne à Poudlard qui était en mesure de lui répondre honnêtement sur les métiers post-Poudlard, c'était bien Meilla Primard, ici nommée présente. Les professeurs louangeaient tous les métiers, et elle ne connaissait pas d'autre septième année.

« C'pas mal dangereux, non, comme métier ? Enfin, si ça existe.. N'empêche, j'me demande qui aurait pour ambition de faire ça. »

Soudain, une illumination.

« Ou alors.. ce sont les sorciers qui sont dresseurs de dragons qui arrachent un cœur ou deux de temps en temps.. » dit-elle, l'air pensif. Elle enchaîna, toute réticence soudainement envolée. « En parlant de ça.. tu veux faire quoi, toi, plus tard ? Quand tu seras encore plus grande ? »

Quand même, Meilla, elle allait bientôt devenir une adulte ; et ça, c'était super classe. L'aiglonne lui adressa un regard embué d'admiration, soudainement fascinée.

Il y a à Noël, au milieu de la foule et du fracas, quelques tendresses parfois ; celle d’un flocon, d’une odeur, celle d’une fleur.
Quatrième année RP.

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Joy sembla en proie à un gros doute, comme si elle n'était pas sûre que ça valait le coup de faire part de ses réflexions à la rouquine. Elle ne semblait pas forcément gênée, mais Meilla se demanda pendant un moment si la première année allait vraiment lui expliquer ce qui lui passait par la tête. Enfin, si elle ne voulait pas, elle s'en remettrait, mais elle devait avouer qu'elle était curieuse de le savoir.

« Oui, c'était super important. Je me demandais si ça existe, les gens qui font des études pour récupérer des cœurs de dragon et les mettre dans des baguettes. »

La septième année ne pouvait évidemment pas dire honnêtement qu'elle s'attendait à cela. Comment aurait-elle pu deviner que la blondinette se posait des questions aussi... Etranges? En soi, ce n'était pas si bizarre que cela, c'était plutôt surprenant. La rouquine ne savait immédiatement pas quoi répondre, il fallait qu'elle y réfléchisse puisqu'elle ne l'avait jamais fait jusque-là, réfléchir à propos d'où venait l'élément principal des baguettes hein, pas réfléchir tout court. Quoi que l'on puisse en dire, tout le monde avait déjà réfléchi au moins une fois dans sa vie. Quand on est petit, on s'insulte souvent en disant que l'autre n'a pas de cerveau, ou qu'il ne sait pas réfléchir, mais en réalité, en grandissant, on se rend bien compte que ce type d'insulte est des plus désuets et n'a absolument aucun sens. Rien que la capacité à rêver prouve que l'on peut réfléchir. Evidemment, tout le monde n'a pas la même capacité de réflexion, mais passons. La jeune fille avait encore un peu de temps pour formuler une réponse à sa camarade puisque celle-ci enchaîna précisant ce qui la dérangeait dans cela.

« C'pas mal dangereux, non, comme métier ? Enfin, si ça existe.. N'empêche, j'me demande qui aurait pour ambition de faire ça. »

Meilla devait avouer que dit de cette manière, cela ne semblait pas être un métier simple, mais dans le monde sorcier (et même dans le monde des Moldus) il y avait pire comme métier. Prenez les éleveurs de dragons par exemple, ou encore les pompiers! Ils risquent leur vie, avec le feu. Dans un but différent, avec différents moyens, mais le risque reste le même. Et puis, ceux qui récupéraient les coeurs de dragon ne le faisaient pas quand le dragon était encore en vie, en tout cas c'était ce qui semblait évident à la septième année, alors le risque était moindre en théorie. Joy sembla arriver à une conclusion toute seule, mais Meilla n'était pas sûre que ce soit exactement la même que la sienne.

« Ou alors.. ce sont les sorciers qui sont dresseurs de dragons qui arrachent un cœur ou deux de temps en temps.. »

*Elle veut bien dire quand ils meurent hein?*Ca, c'était juste de l'auto-persuasion, la Serdaigle n'était pas trop sûre d'elle, mais Joy embraya sur un autre sujet particulièrement épineux pour la septième année. Enfin, peut-être un peu moins que n'importe quel sujet à propos de sa famille, mais quand même assez particulier émotionnellement parlant.

« En parlant de ça.. tu veux faire quoi, toi, plus tard ? Quand tu seras encore plus grande ? »

La dernière phrase fit sourire Meilla. Elle se mit deux secondes à la place de Joy. Pour la préfète, elle devait paraître vieille, et c'était normal elle même trouvait les 7è et 6è années vieux quand elle n'avait encore que onze ans. Cependant, la question en elle-même la faisait moins sourire. Que voulait-elle faire? Son futur était encore un grand vide dans sa tête. Elle ne savait pas et avait l'impression qu'elle ne saurait jamais. Elle ne pouvait pas se tourner vers ses parents et espérait pouvoir se débrouiller toute seule en fait. Elle aurait pourtant pu demander à un professeur de l'aider, mais elle avait décidé qu'il était de son devoir de se débrouiller toute seule comme une grande fille. Au bout d'un moment si elle ne savait toujours pas, elle demanderait bien évidemment de l'aide, mais pour le moment elle cherchait seule.

Il y avait plusieurs problèmes. Le premier était qu'à chaque fois qu'elle réfléchissait à tout cela elle avait mal à la tête. C'était comme si son cerveau avait décidé qu'elle ne devait pas y réfléchir. Le deuxième était qu'elle aimait beaucoup trop de matières pour seulement en choisir une ou deux. Et puis, comment était-elle censée décider dans quelle école elle voulait aller alors qu'elle ne connaissait pas les métiers à quoi elles menaient autrement que de nom? Evidemment, elle savait ce que faisait un professeur en théorie, mais elle ne pouvait pas savoir si elle aimerait enseigner. Travailler au ministère... En quoi cela consistait-il? La seule carrière dont elle pouvait à eu près savoir de quoi il s'agissait était joueur de quidditch mais elle n'avait pas le niveau pour et journaliste, mais elle ne voulait pas passer sa vie à écrire des articles. Cela pourrait être un bon métier pendant un temps pourquoi pas, mais elle ne souhaitait pas l'exercer toute sa vie. Alors, dans quelle mesure pouvait-elle choisir? Pourquoi des stages n'étaient-ils pas faits au ministère?


« Je pense qu'ils prennent les coeurs quand les dragons sont morts, mais oui, peut-être qu'ils demandent de l'aide à des éleveurs de dragons. Néanmoins, je ne suis pas sûre que des personnes soient chargées de seulement récupérer ces "ressources". A mon avis, elles créent aussi les baguettes, ou en tout cas ils s'arrangent en famille. Enfin, ce n'est que mon humble avis.»

Le sujet allait être plus ou moins clos selon l'instinct de Meilla, aussi avait-elle décidé après avoir réfléchi à la question de dire tout ce qu'elle en pensait, bien qu'elle ne soit pas certaine de tout ce qu'elle avançait. Cela mériterait plus de recherches.

« ... Je ne sais pas ce que je veux faire. Il y a beaucoup trop de possibilités, et je dois bien avouer que je suis perdue. Je ne sais pas par où commencer, pour choisir... »

La jeune fille ne dit rien de plus, ne sachant pas si Joy avait demandé cela juste pour savoir ce qu'elle avait prévu ou si elle voulait réellement TOUT savoir sur ses doutes et peurs. Meilla resserra alors les coins de son manteau contre elle, le vent s'était levée et il ne faisait pas très chaud. Se disant que sa camarade ne devait pas avoir chaud non plus, elle leur lança un sortilège de réchauffement histoire que la discussion soit plus confortable et attendit de voir comme Joy allait réagir.

~En voyage autour du monde et en couple avec la fille la plus extraordinaire du monde ~
Attention, apparition de carottes hallucinogènes dans le secteur des ornithorynques.

Réflexions au plus haut point  PV 

J'aime énumérer. Alors, énumérons. Joy n'aime pas ; se retrouver seule le soir et entendre des pas qui lui paraissent suspects, devoir se remémorer sa chute fracassante dans les escaliers lors de son neuvième anniversaire, quand quelqu'un lui coupe la parole ou l'ignore, ne pas comprendre ce qui se trame autour d'elle, les personnes qui ont l'audace de se moquer d'elle, qu'on lui reproche de mal faire quelque chose alors qu'elle considère remplir sa tâche correctement, que le vent se lève et empiète son humeur joyeuse avec ses bourrasques violentes. Ainsi, lorsqu'elle s'était engagée dans une discussion équilibrée - forcément, puisque c'était avec une septième année qu'elle discutait -, elle n'avait que peu apprécié l'interruption spontanée de la fausse tempête qui sortait de son songe.

La fillette dut se retenir de claquer des dents en entendant Meilla lui affirmer qu'en fait, les sadiques qui attrapaient les cœurs de dragons... pratiquaient leur métier barbare sur des bêtes probablement mortes. Et elle ne put, évidemment, que se sentir stupide face à l'évidente vérité que lui soudoyait sa collègue. Bien sûr, qu'ils étaient morts - qui donc se risquerait à tuer un des animaux magiques les plus dangereux au monde pour récupérer son cœur et le mettre dans un futile bout de bois ? Joy ne put donc qu’acquiescer aux propos de la septième année, songeant que son esprit logique s'en était sûrement allé faire la malle. Puis, avec un grelottement incontrôlé, elle resserra son manteau trop léger sur ses épaules, en y enfouissant sa tête. Par pure politesse, cependant, elle garda ses yeux bleus fixés sur Meilla Primard.

Trop ancrée dans sa jeunesse teintée d'innocence, l'aiglonne s'imaginait un monde de différence entre les « grands » et les « petits ». Par exemple, à partir d'un certain âge, il est possible de régler tous ses problèmes en un coup de baguette magique. Figurez-vous qu'une personne acquiert toute sa maturité d'adulte du jour au lendemain. Que la prestance des plus âgés ne se construit pas au fil du temps, mais bien en une seule nuit. Que les avenirs des sixième et des septième année étaient, évidemment, déjà tout tracés. Mais il y avait, comme toujours, l'exception qui confirmait la règle ; et Joy l'avait trouvée, cette exception. Il s'agissait de Meilla Primard, qui semblait encore étonnamment hésitante sur son futur métier.

Le problème de la jeune Wedenjack, c'est qu'elle voulait bien rendre service - du moment que ça ne lui coûtait pas trop d'efforts. Par contre, elle ne savait jamais comment s'y prendre. Et donner des conseils avisés à des camarades aussi âgés que l'autre préfète de Serdaigle, voilà qui n'était pas chosée aisée pour une fillette comme elle.


« Ben, t'as qu'à redoubler. » proposa-t-elle en haussant les épaules.

C'était du moins l'option qui lui semblait la moins contraignante. Meilla pourrait encore profiter de Poudlard pendant une année de plus, tout en ayant davantage de temps pour songer à ses études supérieures.


« Merci. » fit la fillette lorsque son aînée les recouvrit d'un sortilège bienfaisant.

Rien que pour pouvoir exécuter ce genre de choses, elle avait hâte de grandir. Joy fixa son interlocutrice avec des yeux plein d'émerveillement, comme si elle détenait la science infuse en elle.

« T'as trop de la chance, de pouvoir faire plein de sorts et tout... et quand t'as agrandi l'armoire de miss Holloway, c'était trop classe ! »

Elle faisait référence au jour où elles s'étaient retrouvées enfermées dans une armoire de Défense contre les Forces du Mal pour faire une surprise à Abigail Lewis. Qui s'était d'ailleurs close par un succès total ; la Gryffondor semblait avoir apprécié les efforts de ses amis et camarades.

Songeuse, Joy leva les yeux vers le ciel couvert, qui semblait même être un peu triste, et elle sursauta lorsque le premier éclair lointain résonna.


Reducio
Je suis navrée pour le retard...

Il y a à Noël, au milieu de la foule et du fracas, quelques tendresses parfois ; celle d’un flocon, d’une odeur, celle d’une fleur.
Quatrième année RP.

Réflexions au plus haut point  PV 

Meilla savait bien que Joy ne pourrait pas réellement l'aider, mais elle avait espéré jusqu'au bout que la petite fille ait une solution miracle à lui proposer. Les Moldus ne croyaient pas en la magie, et pourtant la magie existait. Peu de gens croyaient aux miracles, mais est-ce que, pour autant, cela signifiait que les miracles n'existaient pas? La rouquine n'était pas sûre d'avoir la réponse un jour, en tout cas, elle était déçue de n'avoir vu aucun miracle se produire. C'est là qu'elle se dit que peut-être il faudrait qu'elle se débrouille toute seule, et qu'elle se mette à chercher et à réfléchir réellement. Pour le moment, elle savait à peine quelles étaient les caractéristiques des différentes écoles. Elle n'était même pas sûre de toutes les connaître en fait. Tout ce dont elle était sûre, c'était qu'elle aimait beaucoup les potions et les sorts. Une autre chose dont elle était sûre, était qu'elle ne pouvait pas rester éternellement élève à Poudlard. Elle allait forcément devoir faire ses études autre part afin de se spécialiser et d'apprendre un métier.

Joy remercia Meilla pour le sortilège de réchauffement, ce que la rouquine put comprendre, il commençait à faire vraiment très froid sur cette tour, ce qui était normal au vu de la période et du temps.


« T'as trop de la chance, de pouvoir faire plein de sorts et tout... et quand t'as agrandi l'armoire de miss Holloway, c'était trop classe ! »

Effectivement, la septième année devait avouer que sa vie n'en était que facilité depuis qu'elle pouvait utiliser des sorts quand bon lui semblait. Evidemment, elle avait aussi appris qu'il ne fallait pas en abuser, et c'était peut-être grâce à son petit côté Moldu. Eux étaient obligés de se lever pour tout faire, de passer des heures debout en plus par rapport aux sorciers. Prenons l'exemple d'une mère de famille Moldue qui habite seule avec ses trois enfants (parce que trois ça commence à être plus compliqué). Elle se lève, elle doit préparer le petit déjeuner sans magie, doit faire attention à ce que rien ne brûle, tout en réveillant ses petits chéris qui ne veulent pas aller à l'école. Puis, elle les amène en voiture ou à pieds avant d'aller elle même à son travail. Le soir, en rentrant elle doit faire à manger, la vaisselle, les lessives, vérifier que les devoirs sont faits, éventuellement les aider à les faire, nourrir le poisson rouge, les perroquets, le chat et faire encore plein de petites tâches qui sans magie prennent beaucoup plus de temps. Une mère sorcière peut faire la vaisselle d'un coup de baguette, sa vie en est ainsi facilité. Alors oui, Meilla devait avouer qu'elle était bien contente de pouvoir utiliser la magie, surtout en sachant ce que les Moldus devaient endurer tous les jours.

«C'est sûr que la vie est beaucoup plus simple avec la magie! Quand on voit tout ce que les Moldus doivent faire... »

L'orage s'approchait et un éclair illumina le ciel. Il valait peut-être mieux qu'elles ne s'attardent pas trop sur la tour d'astronomie, mais tant qu'il ne pleuvait pas et que l'orage était encore loin, elle pouvait parler un peu encore.

«Le pire ça doit être les cracmols quand même. Ils savent que la magie existe, tout le monde l'utilise devant eux, mais ils ne peuvent pas faire de même... Ca ne doit pas être facile à vivre quand même. C'est même pire que les Moldus se mariant avec des sorciers puisqu'eux ont appris à vivre comme des Moldus.  »

La jeune fille se fit alors la réflexion qu'elles avaient des pensées presque philosophiques ce soir, c'était décidément une bien étrange conversation, mais pourquoi pas après tout, il fallait de toutes sortes de discussions pour faire un monde.

~En voyage autour du monde et en couple avec la fille la plus extraordinaire du monde ~
Attention, apparition de carottes hallucinogènes dans le secteur des ornithorynques.

Réflexions au plus haut point  PV 

On ne choisit jamais vraiment, complètement, assidument, intégralement, consciemment, et d'autres adjectifs qui se terminent par « ent » ses amis. On peut se guider vers tel ou tel type de personne, on peut éviter une relation ou y mettre fin, mais certains facteurs entrent en compte et font qu'on ne choisit pas toujours ses amis. L'âge, par exemple, est sans aucun doute possible une grosse barrière à une relation amicale entre deux individus qui aurait pu se profiler mais, puisque l'un a dix ans et que l'autre en a cinquante, n'a jamais pu commencer. Les différences de langue et d'origine sont elles aussi, souvent, un obstacle à une relation qui aurait pu naître. C'est toujours beau et glorieux de prôner à qui veut l'entendre que « le mélange de cultures est un élément indispensable aux civilisations et à l'évolution d'une personne ». Sauf que, on le concédera, il n'est jamais très facile de se nouer d'amitié sincère avec un Allemand en a) discutant de sujets ô combien importants, comme l'amour ou le sens de la vie alors que b) votre éventuel ami Allemand parle allemand et que c) vous faites mieux la roue sur un cheval au galop que vous parlez allemand.

En plus, dans l'étrange cas où ce sujet vous intéresserait et que vous prendriez la peine d'y réfléchir, vous comprendriez que les facteurs tels que l'âge et les différences de langage ne sont pas les seules choses qui comptent dans le non-choix d'une relation amicale. Exemple : vous êtes une personne atteinte d'un triste syndrome, celui qui consiste à ne jamais oser recaler les gens parce que vous prenez n'importe quel idiot en pitié. Vous descendez, un soir d'été étouffant, dans la rue pour y faire je-ne-sais-quoi. Là, vous rencontrez un jeune homme assis par terre, qui s'est fait mal au pied et qui n'arrive plus à marcher pour rentrer chez lui. Comme par hasard, il habite dans le même appartement que vous et, de ce fait, vous acceptez de l'aider à le ramener au bercail. Il vous remercie, vous discutez un peu, sans pour autant beaucoup l'apprécier. Au fil des jours, il ressent une infinie grâce pour vous et continue de vous aborder dès que vous vous croisez. Sur ce, vous vous rendez compte qu'il est plutôt sympa et devenez amis. Ce qui ne serait jamais arrivé si il n'avait pas bêtement trébuché, l'autre soir. Bon, c'était une histoire décousue, qui ne vous arrivera certainement jamais, mais c'était pour que vous compreniez le principe.

Tout ce charabia pour dire que si Joy avait pu choisir ses amis, elle aurait indiscutablement ajouté Meilla Primard à la liste. C'était une demoiselle qui, lorsqu'elle ne criait pas pas parce qu'on s'en prenait à sa flûte, était charmante, pas méchante, cultivée et compréhensive. D'autres auraient peut-être ajouté qu'elle était intelligente parce que c'était une Serdaigle, mais Joy était bien placée pour savoir que les Serdaigle n'étaient pas tous des lumières, alors elle évita de penser que Meilla était intelligente, parce qu'elle n'en était pas encore totalement sûre.

Sous le sifflement strident du vent qui courait près des oreilles des deux filles, alors que le début de soirée se rafraichissait et que les veines de Joy prenaient une teinte violette, Meilla prouva cependant qu'elle était compatissante lorsqu'elle dit :


« Le pire ça doit être les cracmols quand même. Ils savent que la magie existe, tout le monde l'utilise devant eux, mais ils ne peuvent pas faire de même... Ça ne doit pas être facile à vivre quand même. C'est même pire que les Moldus se mariant avec des sorciers puisqu'eux ont appris à vivre comme des Moldus. »

Et elle était d'accord. Connaître l'existence de la magie sans jamais avoir appris à faire comme si elle n'existait pas et sans pouvoir apprendre à l'utiliser, ce devait être un enfer. Joy ne pensait pas que les Moldus étaient à plaindre. Ils pensaient qu'ils étaient au paroxysme de la facilitation de la vie, alors pourquoi seraient-ils malheureux ? On n'est pas tristes d'être ignorants lorsque l'on ignore qu'on l'est. Les cracmols, en revanche, étaient à plaindre, et Meilla venait très justement d'en faire la remarque. Joy ne vit rien d'autre à ajouter que :

« Ouais. Ouais, j'suis d'accord. »

Elle frissonna, baissa les yeux quelques secondes, frotta ses bras et dit :

« Dis, on pourrait rentrer ? J'ai froid. »

La pensée que Meilla pourrait la prendre pour une peureuse traversa l'esprit de Joy et elle se sentit obligée de préciser :

« Mais j'ai pas peur de l'orage, hein ! »

En fait, elle avait peur de l'orage, mais ça, Meilla Primard ne le saurait pas.

Reducio
Voilà, dernier post pour moi ! C'était un super RPG, merci. :D

Il y a à Noël, au milieu de la foule et du fracas, quelques tendresses parfois ; celle d’un flocon, d’une odeur, celle d’une fleur.
Quatrième année RP.

Réflexions au plus haut point  PV 

La discussion se termina sur un acquiescement de Joy et rien de plus ne semblait venir perturber la petite fille pour le moment. Le vent commençait à souffler fort, et les éclairs se rapprochaient du château. Comme si la première année lisait dans ses pensées, elle demanda à rentrer. C'était un timing parfait pour rentrer, après tout. Meilla n'était pas sûre que cette petite entrevue l'ait vraiment aidée, elle était même sûre du contraire, mais cela ne lui avait pas fait de mal en tout cas.

La septième année n'entendit même pas Joy lui dire que ce n'était pas parce qu'elle avait peur de l'orage qu'elle voulait rentrer, dans le cas contraire, elle aurait sûrement sourit en entendant cette précision. Cependant, elle était retournée dans ses pensées et rien ni personne ne pourrait la détacher de ce à quoi elle était actuellement en train de penser. Elle n'avait pas eu de nouvelles de sa famille depuis la rentrée. Ni Ana qui pourtant, habituellement, lui envoyait une lettre par semaine pour lui dire quelles étaient ses dernières prouesses au quidditch, ni son frère pour lui dire comment s'était passé sa rentrée, ni Clémence pour lui parler des dernières frasques d'un garçon, du nom de Théo, qui passait son temps à embêter la moitié du château. A dire vrai, Clémence avait été distante à la fin des vacances. Meilla ne s'en apercevait que maintenant parce qu'elle avait été très occupée à se dire qu'il fallait qu'elle trouve un appartement, à se demander comment faire. Bref à prendre ses responsabilités avant de repartir en Angleterre.

Encore une fois, les pensées de la rouquine étaient retournées vers sa famille et leur comportement étrange qu'elle commençait à assimiler petit à petit. Tout cela n'était vraiment pas normal, surtout le comportement de Clémence. Mais s'il s'était vraiment passé quelque chose, Julia sa petite cousine lui en aurait sûrement parlé non? Elle l'avait fait quand Clémence s'était retrouvée à l'hôpital après s'être cassé le pied, alors pourquoi n'avait-elle rien envoyé cette fois-ci? Vous allez me dire, peut-être parce que Clem' n'avait absolument rien, qu'elle allait très bien mais qu'elle était occupée avec ses examens de dernière année, ce qui n'était pas complètement idiot, puisqu'elle visait une très bonne école. Depuis quelques années, le droit l'intéressait beaucoup et il était fort probable qu'elle se lance dans cette voie. Mais Meilla était persuadée qu'il y avait autre chose dans ce silence et dans les agissements de sa cousine. Tout cela n'était pas normal et elle avait bien l'intention de découvrir le pourquoi du comment. Il fallait qu'elle aille envoyer un hibou. Non, en fait elle allait envoyer plein de hiboux jusqu'à avoir une réponse, et si elle n'en obtenait pas, elle se débrouillerait pour se rendre dans son petit village provençal pendant les vacances de Pâques. Quoique, cela risquait d'être compliqué sachant qu'elle approcherait des ASPICS et qu'il lui faudrait donc travailler et trouver ce qu'elle voulait faire si cela n'était toujours pas fait.


« Rentre sans moi en salle commune, il faut que j'aille envoyer des hiboux. »

Et sans plus de parlote, les deux filles se séparèrent. En arrivant à la volière, Meilla se rendit compte qu'il n'était peut-être pas judicieux d'envoyer sa chouette dans l'orage qui se profilait. D'un autre côté elle n'avait vraiment pas envie d'attendre pour envoyer ses lettres, il fallait qu'elles partent aujourd'hui, elle avait bien assez attendu. Aussi, la Serdaigle décida d'attendre sur le sol de la volière que l'orage passe. Elle enverrait ses lettres plus tard et pourrait par la suite rentrer dans sa salle commune.


~FIN DU RPG~


Reducio
Oui c'était un super RPG :D

~En voyage autour du monde et en couple avec la fille la plus extraordinaire du monde ~
Attention, apparition de carottes hallucinogènes dans le secteur des ornithorynques.