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La lignée des oiseaux  Privé - Ambroise Favier 

En ce bel après-midi, la jeune Nora s'était réfugiée tout en haut de la tour d'astronomie. C'était sans conteste le recoin que la première année préférait dans tout Poudlard. Elle s'asseyait sur le parquet près du balcon et admirait la vue imprenable que lui offrait cet emplacement. Parfois, elle se demandait si elle se sentirait toujours aussi envoûtée à la fin de ses études à Poudlard. Mais cette fois-ci, la jeune fille ne se sentait pas de divaguer ainsi comme elle en avait l'habitude. Assise à genoux, elle avait étalé sur le sol une bonne vingtaine de papiers, coupures de journaux et autres documents concernant Poudlard et ses élèves. Elle avait pu emprunter tout cela à la bibliothèque mais avait préféré venir ici pour les consulter.

Nora avait perdu sa mère sept ans auparavant et n'avait vraiment posé de question à son père ce sujet. Elle avait vite compris que c'était trop douloureux pour lui, particulièrement à cause de cette incertitude planant au dessus de cette mystérieuse disparition. La Gryffondor n'avait que très peu de souvenir de sa chère mère et n'en savait pas plus. Elle ne s'était jamais trop posée de questions, étant habituée à ne pas pouvoir en poser du tout. Mais depuis son arrivée à Poudlard, elle y repensait bien souvent. Son père avait fait lui aussi ses études à Poudlard et elle se demandait si sa mère aurait pu être dans le même cas. D'où ces documents. Nora cherchait une quelconque trace de sa mère dans le monde sorcier, et plus particulièrement dans cette école de magie.

Réfléchissant à toute allure, la rouge et or passa machinalement ses doigts sur son front à la recherche de ses lunettes d'aviation. Elle avait toujours ce réflexe, oubliant perpétuellement qu'elle ne pouvait pas les porter ici et que par conséquent, ses lunettes se trouvaient dans son sac. Après avoir jeté un regard autour d'elle pour constater qu'elle était seule, elle mit ses précieuses sur son front.


*Voilà qui est mieux* se dit-elle.

Cette paire de lunettes faites de cuir et de verre étaient la seule chose que Nora avait gardé de sa mère. Elle les avait trouvé quelques années auparavant dans un carton portant son nom. En y repensant, sa mère ne travaillait pas dans l'aviation, mais avait été avocate. Elle le savait car le diplôme de Mme Starks était encadré sur un mur dans leur maison. Nora pensait donc qu'il était possible qu'il s'agisse en fait de lunettes que sa mère aurait pu porter lorsqu'elle jouait au Quidditch, dans le monde sorcier. Cela se tenait, n'est-ce pas ? Tout ceci avait du sens pour la petite fille, et elle en obtiendrait bientôt la preuve, elle le sentait.

Bien que la première année soit très concentrée sur sa tâche, elle laissa malencontreusement l'une de ses feuilles – une coupure de journal de la maison Serdaigle datant de 2016 – s'envoler avec un petit coup de vent. Elle souhaita la rattraper au vol sans succès. Tournant la tête pour suivre le document du regard, elle se trouva bien étonnée de remarquer que celle-ci avait fini sa course, grâce à sa rencontre avec un pied humain. Surprise, Nora laissa échapper un petit cri et ouvrit de grand yeux.



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La lignée des oiseaux  Privé - Ambroise Favier 

Pour une fois, il faisait beau. Cela faisait une éternité, semblait-il à Ambroise, que le soleil n'avait pas réussi à percer les lourds nuages écossais. Dans ses moments où une chape grise semblait recouvrir le château, s'appuyant sur les montagnes alentours comme une grande couverture s'étendant sur la vallée, la France lui manquait. Il n'y avait pas que ses moments-là où elle lui manquait. Il y avait aussi quand il sortait du carrosse de Beauxbâtons et que le froid anglais le saisissait sous son uniforme bleu, le congelant instantanément des pieds à la tête. Ce qu'il pouvait faire froid dans cette région reculée ! Quelle idée d'avoir mis une école aussi au Nord !

Additionnez maintenant les deux éléments pré-cités, vous avez alors la juste description de ce qui mettait d'office le jeune français de mauvaise humeur quand il descendait les quelques marches du carrosse. Mais aujourd'hui, par le plus grand des miracles, cette journée n'avait pas commencé ainsi. Après des semaines passées à se geler sous une couverture grise et moche, le soleil avait enfin percer les nuages, caressant de ses rayons pas encore très chaud le visage d'Ambroise, quand celui-ci avait levé son regard vers le ciel. Une bonne journée qui commençait.

Durant l'après-midi, profitant d'une pause dans ses cours, il avait résolu de se rendre à la Tour d'astronomie, plus haut lieu de Poudlard afin de profiter au plus près de la présence exceptionnel de l'astre. L'absence de nuages lui permettrait également de voir un peu plus loin que les plus proches collines. Il pourrait respirer, libéré de la prison de nuages. Hélas, il n'était visiblement pas le seul à avoir eu cette idée. Quand il franchit la porte de la tour, une jeune fille de la maison rouge (les Lions d'Or ? Avec un peu d'espoir, d'ici la fin de l'année, il aurait retenu les noms des différentes maisons de Poudlard) se trouvait déjà sur place : installée à même le sol, elle consultait un fouillis de documents qui s'étalaient tout autour d'elle.

Ambroise décida de l'ignorer, comme il le faisait face à plus de 99 % des élèves anglais qu'il croisait, mais la météo (encore elle !) en décida autrement : un léger courant d'air fit s'envoler l'une des feuilles de la petite, feuille qui, je vous le donne en mille, termina sa course contre le pied d'Ambroise. Bien que pas forcément très sociable, le jeune homme n'aimait pas paraître mal poli. Et cela aurait été clairement irrespectueux de piétiner la feuille et de tourner les talons comme si de rien était. Il se pencha donc et ramassa le bout de papier. Sans trop en regarder le contenu (ça ne le regardait pas et puis il ne maîtrisait pas parfaitement l'anglais), il alla la tendre à la jeune anglaise, en commentant :


« Bonjour. Je crois que ce papier t'appartient. »

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« Bonjour. Je crois que ce papier t'appartient. »

« Bonjour. » répondit-elle.

Un jeune garçon se tenait devant Nora et lui tendait la feuille qui s'était envolée. La jeune fille le regarda, peut-être même avec un peu trop d'insistance. Elle reconnaissait son uniforme bleu, provenant de l'académie de Beauxbâtons. Elle ne pouvait pas s'empêcher de l'admirer quelques instants, c'était la première fois qu'elle avait l'occasion de voir cet uniforme de près et il fallait avouer qu'il était assez classe. Adressant un sourire reconnaissant au garçon, la première année tendit à son tour sa main pour se saisir du document.


« Merci, pour ma feuille. » continua t-elle.

Curieusement, la jeune Nora ne se sentait pas aussi mal à l'aise qu'elle pouvait l'être en présence d'un inconnu. Sa réserve faisait souvent barrage entre elle et les autres. Elle reposa le papier avec les autres, reporta son regard sur le français et lui souris à nouveau.


« J'imagine que tu fais partie de la délégation de Beauxbâtons. Je ne suis jamais allée en France mais je pense que ça doit être très différent de l'Ecosse ! N'est-ce pas ? »

La France devait être un pays magnifique. Ayant un peu étudié la géographie dans le monde moldu, elle savait que cela se situait bien plus au Sud que l'Ecosse, aussi le climat devait être plus doux. Cela devait faire un choc à la délégation française car ces temps-ci, les conditions climatiques à Poudlard étaient en règle générale assez rudes. En revanche, la délégation de Durmstrang devait être habitué, l'institut étant basé dans l'Europe du Nord. Mais où exactement ? Nora ne s'en souvenait plus.
Son esprit avait commencé à se perdre dans le flot de pensées, si bien que la jeune sorcière en avait oublié ses recherches. Elle admira ce capharnaüm monstre et se mit à rire doucement.


« J'étais tellement perdue dans mes recherches que je n'avais pas fait attention au bazar que j'ai installé ! Je ferais bien de mettre un peu d'ordre avant de continuer. » déclara t-elle.

Elle n'avait pas tord sur ce point. Comment espérait-elle trouver la moindre information de valeur si elle n'était pas un minimum organisée ? Elle ramassa donc la totalité des papiers éparpillés et se mis à les ranger en plusieurs piles, représentant différentes catégories de documents. Ainsi les choses lui paraitront plus claires et ses recherches seront plus efficaces. Elle sortit de sa poche une photo de sa mère, datant de facilement 20 ans, et la posa sur ses genoux comme référence.


*A nous deux, maman*

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« Bonjour. » répondit la petite anglaise avant de commencer à dévisager Ambroise comme 90 % des élèves de ce château le faisait dès qu'ils en avaient l'occasion. Le genre d'attitude qui énervait prodigieusement le français, il n'était pas un animal de cirque ! Tout comme eux, il avait une tête, deux bras, deux jambes, et une baguette. Il était simplement né de l'autre côté de la Manche.

Après quelques secondes qui semblèrent une éternité au jeune homme tandis qu'il tenait encore et toujours ce bout de papier, la fillette se décida à récupérer son bien en disant :


« Merci, pour ma feuille. J'imagine que tu fais partie de la délégation de Beauxbâtons. Je ne suis jamais allée en France mais je pense que ça doit être très différent de l'Ecosse ! N'est-ce pas ? »

Elle avait dit cette dernière phrase en souriant. Ambroise répondit sur un ton pas spécialement empressé, ne révélant pas une folle envie de lancer la conversation :

« Oui, très très différent. »

L'anglaise se détourna du français et laissa voguer son regard sur les documents éparpillés autour d'elle. Ambroise allait en profiter pour se détourner à son tour quand elle reprit la parole :

« J'étais tellement perdue dans mes recherches que je n'avais pas fait attention au bazar que j'ai installé ! Je ferais bien de mettre un peu d'ordre avant de continuer. »

Elle commença à rassembler ces affaires et Ambroise commença à s'éloigner. Il la contournait pour atteindre l'autre côté de la tour, le côté qui donnait vers ce village sorcier pas loin, quand la fillette posa sur ses genoux une photo. Malgré lui, le français y jeta un coup d'oeil. Cette photo lui disait quelque chose. Non, ce devait être un hasard. Il reprit sa démarche lente, laissant son cerveau tenter de se souvenir à qui avait bien pu lui faire penser cette photo. Soudain, la lumière se fit. Dans la salle des honneurs de Beauxbâtons. Dans une des vitrines consacrées aux succès au quidditch des élèves de l'école, il y avait un portrait qui y ressemblait. Qui y ressemblait même beaucoup. Mais que pouvait bien faire le cliché d'une ancienne élève de Beauxbâtons, connue pour ses capacités au quidditch dans les mains d'une petite anglaise ? Faisait-elle des recherches sur ce sport ? La curiosité était un vilain défaut, mais Ambroise avait envie d'en savoir plus. Quitte à briser l'armure de glace qu'il se forgeait en présence des autres.

« Excuse-moi,
commença-t-il interrompant la Poudlardienne dans ses recherches, la dame sur ta photo, là, qui est-ce ? Parce que son visage me dit quelque chose... »

C'était sûrement stupide. Une simple ressemblance en passant. En plus, il n'avait pas vu la photo très longtemps. Moins d'une seconde. Juste un rapide coup d'oeil en passant. Comment pouvait-il être sûr que c'était la même personne que le portrait qu'il avait si souvent vu en traînant dans la salle des honneurs de Beauxbâtons, qui regroupaient tous les prix, réussites, et actes remarquables des élèves et anciens élèves de l'académie française ? Pour peu que les deux femmes aient la même couleur de cheveux et la même coupe, cela suffisait à établir une ressemblance. En revanche, il y avait un gouffre entre reconnaître une similitude et affirmer qu'il s'agissait d'une seule et même personne. Non, vraiment, c'était stupide.

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Alors que Nora rangeait ses documents, le jeune garçon s'approcha du balcon afin d'admirer la vue. Mais il se stoppa dans son élan, s'intéressant soudainement à la photo de sa mère. La première année demeurait assez surprise, son interlocuteur ne semblant pas très sociable avec les étrangers. Mais ce n'était qu'un vilain préjugé et peut-être Nora se trompait-elle sur ce point.

« Excuse-moi, la dame sur ta photo, là, qui est-ce ? Parce que son visage me dit quelque chose... » lui dit-il.

La Gryffondor sentait son cœur battre la chamade, tant par pudeur à l'idée de dévoiler une partie de son histoire familiale à un inconnu que par espoir d'en apprendre plus sur ses origines. Elle releva la tête vers le garçon – dont elle ne connaissait même pas le prénom – et le regarda avec de grands yeux étonnés. Ce pourrait-il que, d'une quelconque manière, ce jeune élève de Beauxbâtons ait connu sa génitrice ? Au fond d'elle, Nora était persuadée que sa mère était aussi une sorcière, et également qu'elle avait joué au Quidditch. C'était en partie pour cette raison qu'elle-même avait souhaité rejoindre l'équipe de sa maison. Si son raisonnement avait été juste, elle se serait ainsi un peu rapproché de son parent.


« Il s'agit de ma mère, quand elle était jeune. Je pense qu'elle devait avoir à peine vingt ans sur cette photo. Elle s'appelait Juliette. »

Ou aurait-elle dût dire s'appelle ? Nora n'en avait malheureusement pas la moindre idée, problème majeur dans toute cette histoire. Mais au fond d'elle, la jeune fille gardait l'espoir qu'elle était là quelque part dans ce monde. Même si cela voudrait dire qu'elle les avait abandonné, son père et elle. Etait-ce possible ? Cette femme si douce aurait-elle pu commettre un tel acte et les laisser penser qu'elle n'était peut-être plus en vie ? Cette pensée lui donnerait des larmes aux yeux, aussi la chassa t-elle de son esprit. Elle regarda à nouveau le garçon et décida de se présenter. Après tout, c'était bien la moindre des choses. Elle adressa une fois de plus un sourire discret à son interlocuteur.

« Au fait, je m'appelle Nora Starks. »

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« Il s'agit de ma mère, quand elle était jeune. Je pense qu'elle devait avoir à peine vingt ans sur cette photo. Elle s'appelait Juliette. »

Maintenant qu'Ambroise avait abordé le sujet, et surtout maintenant que la petite anglaise avait accepté de répondre à sa question, il ne paraissait pas déplacer de regarder davantage la photo. Sans pour autant s'asseoir auprès la fillette, toujours bien décidé à ne pas trop se rapprocher des autres, le français se pencha pour détailler les traits de la jeune femme. Oui, effectivement la ressemblance était troublante. Toutefois, un léger doute persistait… la mémoire étant ce qu'elle était, plus on se concentrait sur un souvenir, plus celui-ci avait tendance à s'effacer ou à remettre en doute des éléments qu'on avait cru au départ certains. Mais il y avait ce prénom : Juliette. Ce prénom qui concordait bien avec la légende du tableau de la salle des honneurs.

« Au fait, je m'appelle Nora Starks. » annonça la petite de but en blanc, coupant court aux réflexions d'Ambroise.

« Hum ? Ambroise. Ambroise Favier. » finit-il par lâcher distraitement.

La position accroupie n'étant pas la plus confortable du monde et sa carapace commençant dangereusement à se fragiliser, le jeune homme se releva, rétablissant une certaine distance entre la petite et lui, et surtout, la surplombant, ce qui n'était pas pour lui déplaire, bien qu'il ne songeasse pas à en tirer un quelconque profit dans l'immédiat.

Il fit un ou deux pas distraitement, puis reporta son attention sur la jeune Nora :


« Son nom complet, c'est Juliette Martin ? »

Au moment où il prononça cette phrase, un petit détail l'intrigua : en anglais, le temps qui lui était venu naturellement, sûrement parce que ce n'était pas sa langue maternelle était le présent, mais quand il avait formulé mentalement sa phrase en français… c'était l'imparfait qui lui était venu. Pourquoi ? Nora avait-elle tourné sa phrase précédente au passé ? Pour le moment, et avec tout le détachement qu'il était capable d'avoir, il décida de ne pas s'en préoccuper.

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« Son nom complet, c'est Juliette Martin ? »

Les yeux fixés sur la photo dans sa main, Nora semblait être une vidéo moldue mise sur pause. Elle sentait son souffle se faire rare, tant cette dernière question de la part d'Ambroise l'avait secouée. Elle revoyait très bien sa petite maison où elle vivait seule avec son père. Il y avait très peu de choses accrochées aux murs et la jeune sorcière se souvenait parfaitement de ce cadre qui trônait fièrement malgré toutes ces années passées. Un diplôme d'avocat décernée à sa mère Juliette. Mais en cherchant mieux dans sa mémoire, elle arrivait à revoir le nom exact inscrit sur le document : Juliette Martin. Il semblait à Nora qu'elle n'avait jamais remarqué ce détail, jusqu'à ce moment où on le lui indiquait implicitement.

« Comment sais-tu cela ? »

Nora essayait de cacher sa stupéfaction, probablement en vain. Ce jeune français savait qui était sa mère. Elle-même n'avait jamais remarqué que son nom sonnait étrangement français. En posant sa question, la jeune fille se doutait de la réponse qui suivrait. Comment un jeune sorcier de France aurait-il pu entendre parler ou connaître sa mère disparue il y avait sept ans de cela ? A l'esprit de Nora, il semblait désormais logique qu'elle n'ai pas trouvé de trace de sa génitrice dans les archives publiques de Poudlard. Juliette Martin aurait-elle étudié à l'académie française de Beauxbâtons ? Cette hypothèse était plus que plausible mais afin de ne pas engendrer de faux espoirs, l'anglaise attendait la réponse de son interlocuteur. Elle plongea ses yeux dans ceux d'Ambroise d'un air sérieux. Son cœur battait désormais si fort qu'elle l'entendait presque plus que les oiseaux portés par le vent au dehors de la tour. Elle avait attendu ce moment depuis longtemps, celui où elle découvrirait qui était sa mère.

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La fillette parut se figer. Fixant toujours sa photo elle semblait d'un seul coup complètement coupée du monde, enfermée dans une bulle isolante ou stupéfixiée. Ambroise resta là à la regarder un moment, les mains glissées dans ses poches, désinvolte. Quelques secondes s'écoulèrent encore avant que Nora ne sortit de sa paralysie spontanée :

« Comment sais-tu cela ? » interrogea-t-elle.

Lentement, elle releva son regard et vint braquer ses yeux verts dans ceux d'Ambroise. Son ton dénotait une certaine surprise, du moins, c'est comme ça que le français l'interpréta. Il n'était pas toujours aisé de sentir les subtilités de l'intonation dans une langue étrangère. Pourtant son expression était sérieuse, très sérieuse. Les expressions avaient l'avantage d'être bien plus universelles que les intonations. Et dans le cas présent, le contraste était tel qu'Ambroise douta de sa première impression. Était-ce une faute de jugement ou avait-il perçu une réelle émotion cachée derrière ce regard grave ?

Quoiqu'il en soit, ce qui était évident, c'était que la conversation était en train de prendre un tournant important : aux yeux d'Ambroise, ils n'avaient fait que passer de banalité en banalité mais le regard de Nora le détrompait : de toute évidence, il avait vu juste sur le nom de sa mère et cela semblait revêtir une grande importance pour la petite bien plus qu'une simple coïncidence. Conscient de cela, le français se débarrassa de son flegme et de son indifférence habituelle pour rendre son ton et son regard plus sérieux, plus intéressé. Prenant soin de la formulation de sa réponse, il expliqua :


« J'ai vu son portrait dans la salle des honneurs de Beauxbâtons. Dans la vitrine réservée au quidditch. »

Il hésita à poursuivre, plusieurs possibilités d'interrogations se bousculant dans sa tête, mais il choisit de se taire, laissant le choix à Nora de poursuivre dans la direction qu'elle souhaitait. Toutefois, il prit garde à ce que son expression ne manifeste plus aucune antipathie, mais bien un réel intérêt pour la conversation et une estime de son interlocutrice.

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La salle des honneurs de Beauxbâtons. La vitrine réservée au Quidditch. Beauxbâtons. Quidditch. Juliette Martin était – ou avait été – une sorcière. Elle avait fait ses études à Beauxbâtons, en France, ce qui expliquait pourquoi elle ne trouvait trace de la jeune femme à Poudlard, en Ecosse. Elle avait joué au Quidditch et avait été suffisamment douée pour entrer dans la vitrine d'honneur. Sa mère était une sorcière.

Son regard auparavant sérieux était devenu grand et joyeux. Grâce à Ambroise, elle savait. Pas tout bien entendu, mais c'était un début. Peut-être le français en savait-il plus sur la disparue. Bien que Nora ne souhaitait pas agacer le garçon, elle ne pouvait décemment pas se taire et mettre fin à la conversation.


« Alors elle a étudié à Beauxbâtons. C'était donc inutile de rechercher sa trace dans les archives de Poudlard. Est-ce que tu sais autre chose à son sujet ? » demanda t-elle. « Je ne veux pas t'ennuyer, c'est que je ne sais pratiquement rien sur elle. »

Nora ne connaissait pas Ambroise. Au premier abord, il semblait très distant, voire renfermé. Désormais, la jeune Starks pensait déceler un intérêt pour la situation présente. N'étant pas sûre de son impression – car elle n'était franchement pas douée pour lire entre les lignes – elle invita le sorcier à s'assoir à ses côtés en lui proposant une dragée surprise de Bertie Crochue. Elle essayait de s'en procurer un paquet de manière régulière et en mangeait rarement plus de deux par jour pour faire durer le plaisir. Ces douceurs étaient incontestablement ses préférées mais ses maigres moyens financiers ne lui permettaient pas d'en acheter autant qu'elle le souhaitait. Mais Nora n'était pas égoïste et partager ne lui posait pas de problème, bien au contraire. Elle était contente d'avoir, pour une fois, une personne avec qui elle pouvait partager son butin.

Reducio
Pour des raisons de cohérence au niveau du contexte, merci de considérer que Nora est en troisième année dans ce RPG, et non en première année.

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Ambroise, bien qu'il n'en laissa rien paraître, était assez étonné de constater qu'il semblait en connaître plus sur Juliette Martin que la propre fille de celle-ci. Il était évident que Nora et sa mère n'avaient plus aucun contact, et il supposait qu'une sale histoire familiale devait se cacher derrière tout ça. Cette petite anglaise n'était pas en train de s'adonner à une occupation puérile et sans intérêt comme le faisaient la plupart des élèves de Poudlard ; ses recherches avaient un sens. Elle n'était pas en train de questionner Ambroise à propos de choses inutiles, elle n'était pas en train de discuter avec lui pour le simple plaisir d'être vue en compagnie d'un des invités de Beauxbâtons. Non, si cette anglaise était encore là, avec lui, c'était visiblement pour tenter de lever certains mystères qui assombrissaient sa vie.

Nora lui avoua ne presque rien connaître à propos de Juliette Martin, ce qui ne surprit pas le Français. Polie, elle l'invita à prendre place à côté d'elle et lui présenta une dragée surprise de Bertie Crochue. Il refusa courtoisement la friandise, qui ne l'avait jamais attirée ; comment certains pouvaient trouver du plaisir à risquer de goûter de la crotte de nez ou du vomi ? Était-ce une sorte de jeu, de concours ? « Celui qui mange dix dragées écœurantes sans recracher gagne la médaille du sorcier le plus idiot !  »

Suite aux paroles de Nora, Ambroise réfléchit, fouillant au plus profond de sa mémoire, pour tenter de trouver davantage d'informations à propos de Juliette Martin. Mais il se rendit bien vite à l'évidence ; ce nom ne lui évoquait rien de plus. Il n'avait jamais entendu parler d'elle. Nora semblait pleine d'espoir, comme si elle allait enfin trouver la réponse à une énigme qu'elle cherchait à résoudre depuis longtemps. Pourtant, Ambroise allait devoir la décevoir, car il avait déjà dit tout ce qu'il savait.

« Non, je ne sais rien de plus, dit-il en se levant. Je dois y aller, merci de m'avoir proposé une friandise.  »

C'était vrai ; il était vraiment l'heure pour lui de partir rejoindre le carrosse de Beauxbâtons. Adressant un dernier regard à la jeune anglaise, il lui dit au revoir à sa façon :

« J'espère que tu trouveras ce que tu cherches.  »

Puis, sans un mot de plus, il s'éloigna, avec cette démarche hautaine qui lui était propre.

Reducio
RPG terminé pour moi.

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Ambroise semblait pensif, voire perplexe, face aux révélations de Nora. Elle-même se demandait ce qui lui avait prit de se confier ainsi à un inconnu, qui plus est ne semblant pas spécialement enclin à aller vers les autres. Le jeune français paraissait être la définition même de l'orgueil et du mépris des autres. Il n'était donc pas la personne rêvée pour se confier, surtout pour la jeune Nora qui restait seule la plupart du temps. Mais elle ne souhaitait pas avoir un jugement trop hâtif et trop dur envers le garçon.

Ambroise se rapprocha encore et, après avoir poliment refusé la dragée que lui tendait la Gryffondor, avoua ne pas pouvoir l'aider d'avantage. Un petit soupir de déception s'échappa de la bouche de la jeune fille, désireuse d'en savoir toujours plus au sujet de sa mère disparue. Mais elle ne se laissa pas abattre par cette réponse et sourit à Ambroise.


« Merci. J'espère que tu vas apprécier ton temps à Poudlard. » conclue t-elle en le regardant s'éloigner.

Elle entendit des pas dans l'escalier menant au sommet de la tour, puis le silence total. Elle était à nouveau seule. Son sourire s'effaça petit à petit, laissant place à une expression lasse et triste. Elle attrapa un morceau de parchemin vierge et griffonna les quelques informations qu'elle avait apprises aujourd'hui grâce à cet élève de la délégation de Beauxbâtons. Puis elle ramassa ses documents et mis le tout dans une chemise cartonnée portant le nom de Juliette Starks, puis la rangea dans son sac. Elle en avait suffisamment fait pour ce jour. Nora se leva, prit son sac et resta quelques minutes à admirer la vue. La seule manière d'en savoir plus sur la jeunesse de sa mère était de se rendre à Beauxbâtons ou de parler à l'actuelle directrice, qui la connaissait peut-être. Mais au fond, il lui semblait qu'elle ne devait pas suivre cette piste. Peut-être était-il temps d'en savoir plus sur ce qu'il s'était passé, il y avait presque dix ans de cela. Inconsciemment, la jeune Starks allait s'embarquer dans une voie sombre. Car toutes les vérités n'étaient pas bonnes à dévoiler.


Reducio
Fin du RPG, merci beaucoup !

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