Astronomie

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Correspondance anonyme  PV Aurore 

La nuit était déjà tombée sur Poudlard. Le ciel, dépourvu de nuages, offrait une superbe vue sur la lune. Une légère brise glaciale soufflait en haut de la Tour d'Astronomie, là où Nell s'était réfugiée en cette calme soirée. Il était peut-être une heure avant le couvre-feu, elle avait donc le temps de se poser un bon moment à son spot habituel. Cela faisait plusieurs jours qu'elle parcourait les escaliers pour rejoindre le point le plus haut de Poudlard quelques instants avant le couvre-feu. Elle savourait ces moments de quiétude, puisque dans la chambre qu'elle partageait avec ses camarades Serpentardes, elle ne se sentait pas totalement à l'aise. Déjà parce qu'elle n'avait absolument pas l'habitude de devoir partager quoi que ce soit avec quelqu'un d'autre -et surtout pas des inconnues-, ensuite parce qu'elle n'arrivait tout simplement pas à se rapprocher d'elles. Pourtant, elle n'était pas quelqu'un de timide ni qui rechignait à aller vers les autres. Certaines la jugeaient trop arrogante, d'autres trop vulgaire. Elle n'était pas en mauvais terme avec eux, non, mais elle n'arrivait tout simplement pas à s'accorder à leur groupe.

Chaque soir, après le dîner, les filles remontaient dans leur chambre et discutaient des derniers ragots. A cet instant, Nell se sentait presque à sa place. C'était une de ses activités favorites, et elle excellait dans l'art de lancer des rumeurs, vraies ou infondées, et de les crier sur tous les toits. Pour ça, sa présence était toujours sollicitée. Quand elles passaient ensuite le restant de leur soirée à faire des Impérium ou Vérité, elle s'en allait dans ce qu'elle appelait son refuge. Elle n'avait aucune envie de se ridiculiser devant des filles qu'elle connaissait à peine et qui la jugeraient aussitôt. Elle avait néanmoins réussi à se faire une semblant d'ami avec qui elle faisait les quatre cents coups, mais elles n'étaient pas encore assez proches pour se dire quoi que ce soit de personnel. Cela viendrait, sûrement, mais en attendant, Nell passait son temps à envoyer des hiboux à ses parents.

Sa mère, inquiète, lui envoyait lettres sur lettres pour la rassurer et lui envoyer plein de friandises qu'elle pourrait partager avec ses camarades pour s'en faire des "amies". Elle l'étouffait, et elle le lui avait déjà dit, mais sa mère n'écoutait rien et continuait son petit manège. Son père, quant à lui, lui affirmait qu'elle avait plutôt intérêt à se faire des amis, car "pour réussir dans la vie il faut avoir un réseau solide, un réseau que l'on construit dès le plus jeune âge", bien qu'il doutait de sa réussite au vu de son caractère de cochon.

Elle avait donc décidé d'écrire une lettre à qui voulait bien l'entendre, qu'elle déposa dans le creux d'une fissure, recouvrant la lettre d'un caillou qui la dissimulait assez pour que n'importe qui ne puisse pas la voir. Elle n'espérait pas vraiment que quelqu'un la trouve, ou mieux, lui réponde, mais écrire ses pensées sur du papier lui avait fait un bien fou. Les mots qu'elle avait dressés sur le papier étaient encore bien frais dans sa tête alors qu'elle se remémorait ce qu'elle avait écrit.



< A l'intention de qui voudra bien lire cette lettre

Aujourd'hui encore, je n'arrive pas à me sentir bien à Poudlard. Les cours sont géniaux, le château est magique, mais je n'arrive pas à m'intégrer à mes camarades. On me parle, on rigole avec moi, mais personne ne s'intéresse à ce que je suis réellement. Je sais que j'ai tendance à jouer la comédie, à être capricieuse et à faire de mauvais tours, mais ma personnalité ne se résume pas à cet aspect là. J'aimerais que quelqu'un le sache.

Depuis toute petite, j'ai passé ma vie à la maison, entourée de mes parents et des elfes de maison. Je recevais parfois quelques connaissances avec qui j'allais jouer dehors, mais elles cessèrent très vite de venir quand je devins trop occupée par toutes ces choses que mon père voulait que j'apprenne pour parfaire mon éducation. Résultat, je n'ai jamais eu d'amis.

En rêvant de Poudlard, je me suis toujours imaginée entourée de plein d'amis, mais j'ai découvert que la réalité est toute autre. Je sais qu'avec le temps je lierai certainement des amitiés solides, c'est du moins ce que mes parents me répètent, mais, en attendant, je me vois obligée d'écrire cette stupide lettre pour apaiser mes tristes pensées.

Toi qui liras cette lettre, puisses-tu me comprendre et me répondre, peu importe qui tu es.

N. >

Nell, assise contre le mur près de la porte, regarda sa montre et se leva aussitôt. Le couvre-feu était presque dépassé, et elle ne voulait pas se prendre une retenue ou faire perdre des points à sa maison alors qu'elle semblait en bonne voie de gagner la coupe des maisons. Avec un dernier regard pour sa lettre cachée, elle passa la porte et regagna au pas de course sa salle commune.

Correspondance anonyme  PV Aurore 

Le soleil se levait tranquillement à Poudlard, illuminant déjà de ses premiers rayons le parc du château. Il n'était pas encore 8h, et la majorité des résidents était toujours au fond de leur lit, profitant de ce samedi matin pour rattraper toutes les heures de sommeil perdues durant la semaine. Pourtant, tel n'était pas le cas d'une élève de Première année. Aurore, ayant récemment intégré la maison des Serdaigle, n'était normalement pas très matinale. Elle avait pris l'habitude depuis quelques années déjà, de lézarder de longues heures dans son lit durant les week-ends et vacances. Mais pourtant, depuis son arrivée dans cette école quelques semaines auparavant, il lui était devenu impossible de fermer l'œil très longtemps. Pourtant, le sommeil était bien présent. Elle le sentait, de plus en plus écrasant au fil des jours, des devoirs et des nuits courtes qu'elle enchaînait. Mais une fois la nuit venue, impossible de fermer l'œil avant bien longtemps, tandis qu'elle se réveillait dès les premières lueurs du jour.

Aurore s'était beaucoup questionnée. Elle avait l'habitude de partager depuis toujours sa chambre avec une de ses sœurs. Ne pas bénéficier d'un espace personnel n'était donc pas le problème. En revanche, elle avait toujours eu la chance dans le sens où Lily ne ronflait pas. Ce qui l'habitua vite au calme total. Et tel n'était pas le cas avec toutes ses camarades de dortoir. Certaines faisaient tellement de bruit que dormir s'apparentait presque à un calvaire pour la jeune fille. Et elle avait bien l'intention d'entreprendre incessamment sous peu des recherches à la bibliothèque. Elle espérait ainsi y trouver un sortilège qui lui indique comment survivre aux bruits pouvant se comparer à ceux émis par une locomotive. Et encore... Il lui semblait que même le Poudlard Express n'avait pas été si bruyant le 1er septembre.

Mais en attendant de trouver un remède miracle, la voilà qui était réveillée une fois de plus aux aurores. La petite Serdaigle enfila rapidement des habits et fila directement à la tour d'Astronomie. Elle avait pris l'habitude de s'y rendre depuis quelques jours déjà. Aurore était de nature rêveuse. Ce qu'elle appréciait par-dessus tout, c'était se sentir libre. Pourtant, la jeune fille ne voulait pas rester seule dans son coin, bien au contraire. Elle était venue à Poudlard dans l'idée de se faire des amis, dans l'idée de commencer une nouvelle vie. Et elle était plutôt fière pour le moment. Malgré sa timidité, elle avait déjà commencé à nouer une relation avec deux filles de son âge, de la même maison qu'elle. Il ne s'agissait pas encore de la grande amitié qu'elle espérait trouver durant sa scolarité, mais elle avait bon espoir pour la suite. Elles apprenaient doucement à faire connaissance, et la jeune fille en était heureuse.

Malgré tout, elle avait besoin de petits moments à elle, seule avec ses pensées. Elle avait besoin de pouvoir réfléchir en toute tranquillité. Et la tour d'Astronomie était un endroit qui lui offrait ce calme. Sans compter que d'ici, elle avait une vue magnifique sur le château et ses alentours. Elle appréciait tout particulièrement de s'y rendre tôt le matin. Quand le soleil n'avait pas encore achevé de se lever, offrant ainsi au ciel des couleurs rouges/orangées magnifiques. Dans ces moments, Aurore pouvait laisser son esprit vagabonder à sa guise. C'était dans ces instants qu'elle avait les idées les plus claires. Et malgré ses 11 ans, la jeune fille songeait énormément, philosophant intérieurement sur le sens de la vie, et se posant naturellement des questions existentielles. Mais avant tout, elle pensait toujours à sa famille... Parce que si Aurore dormait si mal, ce n'était pas simplement à cause des ronflements du dortoir. Elle en avait conscience depuis le début. Sa famille lui manquait affreusement, à un point qu'elle n'avait pas envisagé en arrivant ici. Et elle ne savait comment se défaire de cette sensation pesante.

Elle finit par s'assoir dans un coin, les yeux perdus dans le vague pendant un long moment. Jusqu'à ce que son regard soit attiré par une fissure dans la pierre. Une fissure recouverte d'un caillou et qui semblait cacher quelque chose en son creux. En regardant de plus près, elle découvrit un bout de parchemin. Etait-il déjà là la fois précédente ou une personne venait-elle de le déposer? A vrai dire, elle ne savait pas trop si elle devait y toucher ou non. Peut-être que l'émetteur ne voulait pas qu'on le trouve. Après tout, ce parchemin était plutôt bien caché. Elle se laissa un court instant de réflexion, et décida finalement de prendre le risque. *Dans le pire des cas, si vraiment le contenu de ce parchemin s'avérait secret et personnel, je le remettrai à sa place et mimerai de ne l'avoir jamais vu* finit-elle par se dire. La curiosité prit le dessus et elle déplia soigneusement le bout de papier.

Ce qu'elle y lut la bouleversa. Instantanément, elle fut heureuse d'avoir découvert cette lettre. Tout d'abord parce que visiblement, la personne qui l'avait laissé là voulait que quelqu'un la trouve. Aurore n'eut donc plus à s'inquiéter d'une possible intrusion dans la vie privée d'autrui. Mais également parce qu'elle se sentit de suite concernée. Cette personne, quelle qu'elle soit, se trouvait dans une situation à peu près similaire à la sienne. C'est comme si elles étaient destinées à se rencontrer. Du moins, c'est ainsi que la jeune fille voulait le prendre. Elle ne savait pas grand-chose de l'émetteur. Visiblement, c'était une fille. Et probablement de première année comme elle. Mais le reste, elle ne savait pas. Et c'était ce côté anonyme qui lui plus de suite. Elle qui avait parfois du mal à s'ouvrir aux gens, c'était là le moyen parfait.

Elle voulut lui répondre de suite, malheureusement elle n'avait ni parchemin, ni plume, ni encre. Rageant à l'idée de devoir faire tout le chemin jusqu'à son dortoir pour ensuite revenir à la tour d'Astronomie, elle entreprit de se mettre de suite en route, pour perdre le moins de temps possible. De retour à son point de départ après plusieurs minutes, elle choisit de rédiger sa lettre à l'extérieur plutôt que dans sa salle commune. L'air frais lui caressant agréablement le visage, elle laissa sa plume glisser sur le parchemin.

"Chère inconnue,

Je viens de trouver ta lettre alors que je profitais simplement de cette matinée douce et paisible. J'ai de suite ressenti le besoin de te répondre car, dans un sens, je me suis reconnue au travers de ta situation. Je ressens, tout comme toi, un petit mal-être. Pour ma part, celui-ci est simplement dû au manque de ma famille mais pour autant, je comprends ce que tu vis.

J'ai toujours eu du mal à me faire des amis. Pour être totalement honnête, je n'en ai eu qu'une dans toute ma vie. Je sais à quel point la solitude peut nous écraser dans ces instants. Mais pour autant, tout va mieux depuis que je suis à Poudlard. Comme toi, je n'ai pas encore noué beaucoup d'amitiés. Je me contente pour le moment de simples connaissances. Mais ce n'est pas pour autant que je perds espoir. Mon but en arrivant à Poudlard était de commencer une nouvelle vie. Un peu comme toi d'après ce que j'ai pu comprendre. Mais Rome ne s'est pas faite en un jour...

Permets-moi de te donner un conseil, tu pourras ensuite en faire ce que tu voudras: laisse le temps au temps. N'en attends pas trop, trop rapidement. Les vraies amitiés ont besoin de temps pour se construire. Prends les choses comme elles viennent. De ce que j'ai compris, tu sembles avoir déjà discuté avec d'autres élèves. C'est positif! Continue sur cette voie, et au fur et à mesure, je suis certaine que ces personnes commenceront à s'intéresser à qui tu es vraiment.

En attendant, je laisse cette lettre à ton attention. Si tu le souhaites, tu peux me répondre. Je te lirai avec plaisir.

A."


Après une rapide relecture, Aurore glissa sa réponse là où sa camarade avait auparavant laissé son message. Elle y laissa les deux parchemins, de sorte à bien lui montrer qu'une réponse attendait. Elle espérait que l'inconnue reviendrait, et que la lecture de sa lettre lui apporterait un peu de baume au cœur. C'était plus fort qu'elle... Elle se sentait le besoin d'aider les autres dès qu'elle en avait l'occasion. Après un dernier regard au loin, la jeune fille se releva et prit la direction de la grande salle où l'attendait son petit déjeuné.

"Lorsqu'ils déploient leurs ailes, les Aigles vous ensorcellent !"
Aigle du mois de juin 2016
Poursuiveuse/Gardienne remplaçante des Eclairs de Serdaigle
"Je crois en toi!" Comprendra qui pourra
Ma couleur = #4F79A4

Correspondance anonyme  PV Aurore 

Quelques jours après avoir déposé sa lettre, Nell était revenue en haut de la Tour d'Astronomie. Elle n'y avait pas encore remis les pieds, jugeant qu'il faisait trop froid et préférant la chaleur de sa chambre pour y lire un bon bouquin. Encore une fois, elle avait participé aux ragots, et, encore une fois, elle s'était isolée quand les filles s'étaient décidées à jouer à divers jeux. Ce soir, comme la dernière fois qu'elle était venue ici, une légère brise frappait le point le plus haut de Poudlard, mais la température ambiante était douce.

En arrivant à la Tour, sa lettre bien en tête, elle se précipita à l'endroit où elle l'avait laissée. Ce fut avec surprise et satisfaction qu'elle trouva non pas sa lettre, mais deux parchemins bien cachés dans la fissure. Aucun doute possible, quelqu'un lu et prit la peine de lui répondre. Restait à voir si cette réponse était compatissante ou moqueuse. Elle saisit les deux parchemins et en déroula le premier, celui qui contenait la réponse, en voyant que le deuxième était vide. Elle la lut avec attention, le sourire aux lèvres, constatant que la personne qui lui avait répondu souffrait des mêmes maux et s'était appliquée dans sa lettre. En quelques sortes, cela lui mettait presque du baume au cœur. Elle était également quelque peu rassurée de constater que sa correspondante semblait être une fille du même âge qu'elle. En revanche, elle n'avait aucune idée sur la provenance de sa maison, et, honnêtement, elle s'en foutait.

Elle prit le soin de relire la lettre deux fois, afin de ne passer à côté d'aucun détails. Quand elle imprima chaque mot dans son esprit, elle se saisit du second parchemin, qu'elle supposa destiné à sa réponse. De sa sacoche, elle en extirpa sa plume et un livre pour s'en servir comme sous-main, et s'empressa de commencer à poser ses mots sur le papier.


< Chère A.

C'est avec surprise que je constate ce soir une réponse à ma lettre précédente. Une agréable surprise dirais-je même ! Ta réponse, même si je ne l'avouerai sans doute jamais en face, a apaisé mon esprit.

Pour en revenir au contenu de ta lettre, je pense pouvoir te comprendre quand tu dis que ta famille te manque. Après tout, cela doit être le cas de beaucoup de nouveaux arrivants à Poudlard. La séparation avec les parents n'est jamais facile. Je ne dirais pas que mes parents me manquent, mais je dois avouer que le cadre familial est quelque chose que je regrette. Mon père n'est jamais présent et ma mère est trop étouffante, c'était donc un soulagement d'arriver à Poudlard, mais la séparation avec ma couveuse de mère était peut-être au final un peu trop brutale. Ici, je n'ai personne qui s'occupe de moi comme elle le faisait, qui préparait mon petit déjeuner et venait me réveiller avec douceur, qui s'assurait que je sois bien habillée, bien coiffée, qui m'offrait des sucreries en douce entre les cours avec mon précepteur, etc. Bien sûr, elle se rattrape en m'envoyant hibou sur hibou, mais c'est plus embêtant qu'autre chose... En revanche, je suis fille unique, et n'ai donc aucune idée de comment cela fait de vivre avec des frères et sœurs. Parfois, j'aurais aimé avoir quelqu'un avec qui jouer et partager mes secrets...

Je vois que nous sommes dans la même situation. Simples connaissances, aucune vraie amitié pour l'instant. Oui, c'est en quelque sorte normal d'en être là alors que l'année scolaire vient de commencer, mais ce n'est pas facile en voyant les autres élèves de première année déjà soudés parce qu'ils ont grandi ensemble pour certains... J'aurais aimé avoir une amie d'enfance que j'aurai retrouvé à Poudlard.

Pourtant, tu as raison. Le temps fera les choses naturellement... Que faire en attendant ? Tes mots me rassurent, et me laissent entrevoir un nouvel espoir. J'ai le sentiment que je pourrai t'exprimer mes craintes et mes angoisses et que tes réponses me mettront toujours du baume au cœur. Je souhaite vraiment prolonger cette correspondance, la garder anonyme (c'est plus facile comme ça, je pense que tu es d'accord) et attendre tes lettres avec impatience.

Parle-moi un peu de toi, s'il te plait. Que faisais-tu avant Poudlard ? Les cours te plaisent-ils ? As-tu des frères et sœurs ? As-tu réussi à te faire des amis ?

N.'

Après une rapide relecture, Nell rangea sa plume et son livre dans sa sacoche, et en sortit le parchemin qu'elle avait pris avec elle si elle devait rédiger une réponse à sa lettre. Comme précédemment, elle plaça sa lettre et le parchemin vide dans la crevasse et les recouvrit par un caillou.

Il était encore tôt, ainsi elle décida de traîner encore un peu ici. Elle s'assit à la même place qu'en écrivant la lettre, et se laissa emporter par le flot de ses pensées, en observant le ciel éclairé par la lune. Elle avait toujours aimé la lune, la seule lumière à travers les ténèbres. Tantôt rayonnante, tantôt effacée, elle n'en restait pas moins toujours là, infaillible. Un quart d'heure plus tard, alors que l'on se rapprochait du couvre-feu, elle se releva et mit les voiles, rejoignant sa chambre pour y lire un bouquin au chaud avant de s'endormir avec le sourire sur le souvenir de la lettre qu'elle avait lu à la Tour d'Astronomie.

Correspondance anonyme  PV Aurore 

Quelques jours étaient passés. Aurore était revenue à plusieurs reprises à la tour d'Astronomie (pour ne pas dire chaque jour) mais aucune nouvelle lettre ne l'y attendait. Elle ne savait si c'était parce que sa correspondante anonyme avait oublié, ou simplement qu'elle ne tenait pas à poursuivre cet échange, ou encore parce qu'elle n'avait pas remis les pieds ici. La jeune fille se posait beaucoup de questions, tentant d'y trouver le plus de réponses possibles, mais sans succès. Alors, elle avait finit par laisser tomber, et désormais elle ne venait ici que pour son propre plaisir personnel.

C'était un vendredi pluvieux. Aurore avait terminé ses cours pour la journée, et elle ne savait pas trop quoi faire pour s'occuper. Il était encore relativement tôt, et elle ne s'imaginait tout simplement pas rester toute la fin de journée enfermée dans sa salle commune. Elle qui appréciait tant de pouvoir se balader dehors, la forte pluie accompagnée du vent l'en empêchait. Elle était frustrée, et malgré sa résolution de ne plus y penser, elle ne pouvait s'empêcher de songer à cette lettre. Elle avait peur que la pluie traverse les fentes entre la pierre et vienne s'attaquer aux parchemins. Elle avait peur que cela rende illisible sa réponse, empêchant ainsi sa correspondante de la lire et de lui répondre par la suite. Elle ne voulait pas que ça se termine de cette manière, si stupidement.

Alors, elle prit la décision de s'y rendre sur le champ. S'emmitouflant dans une cape, rabattant sa capuche sur sa tête, elle brava le mauvais temps et grimpa les escaliers quatre à quatre, de sorte à rejoindre rapidement la tour d'Astronomie. Une fois là haut, elle s'accroupit au niveau de ce qui était désormais leur cachette secrète. Prenant garde à protéger de son corps le petit espace creusé, de sorte à empêcher au maximum la pluie de s'infiltrer, elle eut la grande joie de découvrir une nouvelle réponse, l'attendant sagement. Les yeux s'illuminant de bonheur, elle s'empressa d'attraper les deux parchemins, les cacha sous sa cape, et repartit en sens inverse, rejoignant sa salle commune.

Elle n'était pas peu soulagée de retrouver la chaleur agréable de la pièce. La douce lumière qui émanait de la salle lui réchauffait le cœur. La journée était plutôt froide en ce début d'automne, c'est pourquoi la cheminée avait été allumée. Après avoir enlevé sa cape trempée, la jeune fille se casa dans un fauteuil libre près du feu, et ouvrit la nouvelle lettre. Le sourire aux lèvres, elle entreprit de la lire attentivement, tentant de noter chaque détail, sa réponse se formant dors et déjà dans un coin de sa tête au fur et à mesure qu'elle avançait dans sa lecture. Elle était plus longue que la précédente, ce qui signifiait que sa correspondante avait des choses à lui dire, qu'elle voulait réellement discuter. De plus, elle lui posait plusieurs questions sur elle, sa vie. Aurore y voyait là un joli signe. Peut être qu'un réel échange allait pouvoir s'installer entre elles deux. Et peut être que cet échange aboutirait sur le début d'une amitié. Elle ne savait toujours pas à quelle maison elle appartenait, mais elle décida de ne pas s'y attarder. Après tout, quelle importance? Une maison ne signifie rien, c'est le caractère de la personne qui importe le plus.

Une plume à la main, le parchemin appuyé sur un support posé sur ses genoux, Aurore commença alors à rédiger sa propre réponse.

"Ma chère correspondante anonyme,

Quelle joie de constater que tu as répondu à ma lettre. C'est avec un réel plaisir que je rédige en cette journée maussade une nouvelle réponse à ton attention. Et quel plaisir de réaliser que ces échanges te font du bien. Je me sens utile, et c'est un sentiment que je n'avais jamais ressenti auparavant. Je dois avouer que c'est fort agréable et valorisant.

Pour être parfaitement honnête, je n'avais pas du tout prévu ce manque ressenti. Tout comme toi, Poudlard était pour moi la promesse d'un nouveau départ. Depuis plusieurs années, on peut dire que j'entretiens des relations difficiles avec ma famille, ma mère principalement. C'est une grande sorcière, et elle a toujours souhaité la même chose pour moi. Mais j'ai mis beaucoup de temps à découvrir mes pouvoirs. Ce qui fait qu'elle m'a rapidement mise à l'écart, probablement involontairement. A l'inverse de toi, j'ai 4 frères et sœurs, tous plus âgés que moi. Et pour ma part, ça n'a pas forcément été une réussite de vivre avec eux... A l'exception d'une de mes sœurs, je me suis toujours sentie mise à l'écart par tous. Ils étaient plus âgés, plus forts, ils avaient tous découverts leurs pouvoirs, et moi je me sentais à part. Un peu comme le vilain petit canard (histoire moldue, je ne sais pas si tu en as déjà entendu parler).

Je pense comprendre ce que tu ressens par rapport à ta situation de fille unique. J'imagine qu'on est toujours attiré par ce qu'on n'a pas. C'est une réaction naturelle. Tu n'as pas de frères et sœurs, et tu aurais voulu connaître la sensation de vivre avec. Et pour ma part, j'en ai 4 et je ne me sens pas à l'aise en leur présence. Dans le fond, c'est comme si j'avais été fille unique. C'est parfois difficile de s'adapter aux autres, de partager la maison avec eux, et surtout de trouver sa place parmi eux. C'est pourquoi je pensais me sentir libre à Poudlard, et j'ai été prise de court par ce manque violent... Je pense que, malgré les relations conflictuelles, la famille est ce qu'on a de plus précieux. Ta maman me semble être une merveilleuse personne. Elle a toujours voulu t'offrir tout ce qu'elle pouvait t'offrir. Elle a juste eu du mal à trouver le juste milieu... Je crois qu'être parent est plus difficile qu'on ne peut l'imaginer du haut de nos 11 ans.

Je crois aussi que cet éloignement va nous faire grandir. On recommence tout à zéro. Sans amis, sans parents, sans famille, sans le cadre de vie habituel. A Poudlard, on perd tous nos repères, et c'est difficile au début. Mais je pense qu'on peut rendre cette situation différente. La tourner à notre avantages. Quel plus grand plaisir et quelle satisfaction de construire notre propre vie, en partant de rien? Je suis certaine que les amitiés vont finir par se nouer. Peu importe ceux qui se connaissaient déjà avant. Peut être que ça prendra plus de temps pour nous, mais on parviendra au même résultat, j'en ai la conviction. Il suffit de s'en donner les moyens.

Et enfin, je vais tâcher de répondre à tes questions. Je viens donc d'une famille mixte: ma mère est une sorcière (tout comme mes frères et sœurs) et mon père est un moldu. J'ai donc fait ma scolarité dans une école moldue de Londres. Et comme je te l'ai déjà sous entendu, mon enfance n'a pas été des plus faciles..."


Aurore marqua une pause dans sa réaction. Avait-elle envie d'aller plus loin? En s'engageant dans cette discussion, elle le savait, elle allait devoir se dévoiler totalement. En était-elle capable? Non... Pas déjà. Ca viendrai, elle en était certaine, mais pour le moment, elle ne connaissait pas assez cette fille pour lui dévoiler toutes les difficultés de sa vie à Londres. Elle en a déjà un peu parlé au début de sa lettre, sans rentrer dans les détails. Le reste viendra plus tard. La jeune fille raya donc la dernière phrase, suffisamment pour la rendre indescriptible, et poursuivit sur un sujet plus simple.

"Et comme je te l'ai déjà sous entendu, mon enfance n'a pas été des plus faciles... Je n'ai pas eu d'amis avant très longtemps, et c'est pourquoi j'ai placé de grands espoirs en Poudlard. Je veux commencer une nouvelle vie ici. Je me veux optimiste! Les cours me passionnent (bon, à l'exception de l'histoire de la magie peut être, même si j'y trouve toujours des éléments intéressants), j'aime découvrir au fur et à mesure le château, les professeurs sont sympas, j'aime ma maison. Bref... Je suis plutôt heureuse et je fais en sorte de ne pas trop penser au manque de ma famille. Et toi alors? Je sais que tu te sens mal par rapport à ta solitude, mais je suis certaine que tu trouves des aspects positifs à Poudlard. Quels sont tes cours préférés? As-tu des activités extrascolaires? Qu'aimes-tu faire pendant tes heures libres?

J'espère que cette communication entre nous deux va se poursuivre. J'ai vraiment envie d'en apprendre davantage sur toi. Toi qui voulait qu'on découvre qui tu étais vraiment, sache que je souhaite être cette personne. Je veux pouvoir creuser et découvrir ta personnalité qui, j'en suis sûre, cache de nombreuses qualités. Et j'aime également le côté anonyme, c'est plus simple de discuter ainsi.
En attente de ta réponse, je te souhaite de bonnes journées à venir, espérant que ton intégration à Poudlard présentera des améliorations.

A."


Une fois de plus, Aurore pris le temps de relire sa lettre et, satisfaite, la plia soigneusement. La pluie ne lui inspirant guère confiance, elle attendit que cette dernière se calme. Finalement, il lui fallu patienter jusqu'au lendemain, où elle fila rapidement au lieu habituel pour placer le parchemin dans leur cachette secrète.

"Lorsqu'ils déploient leurs ailes, les Aigles vous ensorcellent !"
Aigle du mois de juin 2016
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Correspondance anonyme  PV Aurore 

Nell n'était pas revenue avant le dimanche après midi à la Tour d'Astronomie. Entre ses devoirs et son essai d'intégration, elle n'avait pas eu une seule seconde pour elle. Elle avait passé un bon samedi en compagnie de ses camarades de chambre, étonnamment, et avait réussi à se rapprocher d'elles. Encore une fois, son point fort, diffuser des rumeurs et colporter des ragots, l'avait éclairée. Il semblerait que ses camarades de chambre appréciaient beaucoup cet aspect de sa personnalité. Elle en jouait donc à outrage. Nul doute qu'on ne pouvait pas créer d'amitiés solide sur quelque chose comme ça, et elles lui tourneront sûrement assez rapidement le dos, mais elle espérait que cela suffirait pour lui ouvrir le chemin de l'amitié.

Après une grasse matinée et un petit déjeuner copieux, Nell avait terminé ses derniers devoirs dans la salle commune. Les autres filles planchaient encore dessus, avec plus de difficulté, ou moins d'entrain, et elle ne souhaitait pas les assister sur des sujets qu'elle venait à peine de finir. Elle n'était définitivement pas du genre à aider les autres pour faire leurs devoirs. Faire les siens lui suffisait amplement. Ce n'était pas bien compliqué, mais c'était clairement du temps perdu. Toutefois, elle les faisait de bon coeur uniquement pour obtenir de bonnes notes. Bref, elle se décida à gravir les escaliers de la Tour, curieuse d’apercevoir une réponse à sa lettre ou pas. Elle se précipita vers leur cachette et découvrit avec satisfaction que sa correspondante avait répondu. Elle se saisit de la lettre, prépara à l'avance sa plume et ses parchemins, et s'assit contre un mur à l'abri de la brise glaciale.

Ce qu'elle lut lui fit très plaisir. Ainsi, sa correspondante chérissait cette correspondance autant qu'elle. Elle réfléchit un instant et s’imagina entourée de quatre frères et sœurs. Cette image ne la ravit pas vraiment. Elle qui souhaitait un frère ou une sœur, quatre c'était quand même beaucoup. Sur cette partie là, elle put constater que sa correspondante avait eu une enfance très différente de la sienne. Elle était mise à l'écart, Nell était sur le devant de la scène. Toutes deux se plaignaient de cette condition, à juste titre.

Elle pensa un bref instant à sa mère, qui, même si elle était très étouffante, n'a toujours pensé qu'à son bonheur. Ça, elle devait le lui accorder. Elle était loin d'être parfaite, mais elle a fait de son mieux. La phrase rayée l'intrigua un instant, mais elle ne réussit à en capter aucun mot. Qu'avait-elle écrit ? Si elle l'avait rayée, c'est qu'elle n'était pas prête à en parler. Nell décida donc de ne pas trop s'attarder là dessus. A la place, elle rit doucement en lisant que sa correspondante n'appréciait pas tellement l'histoire de la magie. C'était pareil pour elle. A vrai dire, elle essayait de son mieux de trouver quelque chose d'intéressant dans ce cours, mais elle échouait souvent lamentablement.

Après avoir fini de lire la lettre, Nell prit sa plume et commença à rédiger sa réponse.


"Chère A.

Je suis vraiment heureuse de lire ta réponse. J'avais peur que tu ne voulais peut-être plus converser avec moi finalement... C'est donc avec soulagement que je constate que cette correspondance te rapporte autant de joie que moi. Je suis sûre que nous pourrons apprendre à nous connaître sans artifices par ce moyen. Créer une réelle amitié. C'est en tout cas ce que je souhaite.

Pour en revenir au contenu de ta lettre, je pense que nous avons tous les deux eu de sacrés extrêmes. Je suis fille unique, tu as quatre frères et soeurs, j'ai été étouffée et chouchoutée, tu as été mise à l'écart. C'est là que je me rends compte qu'il est difficile de faire un juste milieu. Peut-être vaut-il mieux simplement accepter notre situation et en tirer le maximum de satisfaction. Cela doit te faire du bien d'être un peu tranquille à Poudlard, et je comprends mieux pourquoi tu vois en cette rentrée une promesse de nouvelle vie. Tu n'as pas du avoir une enfance facile...

Je ne connais pas cette histoire de vilain petit canard. Je ne suis pas très familière avec les histoires et autres choses moldues, même si mon père soutient à qui veut l'entendre que notre famille est "l'amie des moldus". Au final, nous n'avons jamais vraiment pris le temps d'apprendre quoi que ce soit sur eux. J'aimerais beaucoup entendre cette histoire, si cela ne te dérange pas.

Pendant que je te lisais, mes pensées ont divagué vers ma mère. Tu as raison, elle a toujours fait de son mieux, même si son mieux était loin d'être parfait. Nous sommes loin de pouvoir imaginer ce que cela demande d'être parent, nous qui commençons à peine à savoir ce que veut dire autonomie et responsabilités. Je me dis que c'est aussi en quelque sorte notre rôle d'enfant de râler sur notre famille, prétendre qu'ils nous embêtent plus qu'autre chose, alors qu'au fond ils nous manquent... C'est un passage obligatoire pour grandir. Tu as encore une fois raison. Poudlard nous offre la possibilité de façonner notre propre vie, loin de nos repères... C'est à la fois effrayant et excitant. Peu importe notre passé, notre famille, nos convictions, ici, nous sommes ici pour apprendre et grandir.

J'ai beaucoup ri à la mention de l'histoire de la magie. Je n'aime pas particulièrement cette matière non plus, même si je tâche d'y être très attentive. Je me demande quand est-ce que nous apprendrons autre chose qu'une énième guerre des gobelins... Pour répondre à ta question, je dirais que ma matière préférée est sans aucun doute Potions. J'aime également beaucoup la DCFM pour son côté pratique, mais c'est peut-être l'engouement de pouvoir enfin faire de la magie et apprendre de nouveaux sorts qui me pousse à l'apprécier. Pour ce qui est de mes activités extra-scolaires, eh bien... je lis beaucoup. J'essaye de m'intégrer, de discuter avec mes camarades de dortoir, et cela passe souvent par des jeux ou des ragots. Je révise, je m'applique à mes devoirs. Avoir de bonnes notes est très important pour moi. C'est autant une question de fierté personnelle que pour rendre fier mes parents. Enfin... surtout mon père. Il n'est jamais vraiment satisfait de moi, j'espère donc pouvoir changer cela en ramenant de bonnes notes. Pour l'instant, c'est plutôt bien parti, je n'ai eu que des Optimals !

J'espère également que nous pourrons maintenir cette correspondance. Elle me fait le plus grand bien, et j'aime énormément lire tes réponses. Je sens que nous avons encore plein de choses à nous dire, mais peut-être est-ce trop tôt. Je ne me permets pas de te poser de questions sur ton enfance, bien qu'elle m'ait intriguée, puisque c'est à toi de juger si tu veux m'en parler ou pas. N'hésite pas à me poser des questions sur la mienne, ou sur ma famille, j'aimerais t'en parler, mais je ne sais pas par où commencer.

En espérant pouvoir lire ta réponse bientôt,

N."

Reducio
Désolée pour le retard, j'étais un peu occupée ces derniers temps ^^

Correspondance anonyme  PV Aurore 

Pour une fois, Aurore décida de ne pas se focaliser sur la réponse de sa correspondante. A trop guetter, l'attente en devenait insupportable. La jeune fille risquait alors de ne pas profiter de ce qui l'entourait et d'oublier de vivre. C'est pourquoi elle décida de laisser passer plusieurs jours sans se rendre à la tour d'Astronomie. Elle y monta une unique fois un soir avant le couvre feu, de sorte à pouvoir admirer les étoiles. Mais elle se refusa à jeter un coup d'œil à leur cachette.

Presque deux semaines s'écoulèrent donc. Aurore passait encore beaucoup de temps sur ses devoirs, mais Septembre avait laissé la place à Octobre, et doucement mais sûrement, les vacances approchaient. La Serdaigle aimait particulièrement Halloween. Cette fête représentait pour elle la magie dans toute sa splendeur. Depuis toute petite, elle adorait se déguiser en sorcière, mimant de voler sur un faux ballet en jetant des sorts à toute sa famille. Et cette année, pour la première fois, elle n'aurait pas besoin de revêtir un déguisement... Une magicienne, elle en était devenue une véritable. Et rien ne pouvait lui faire plus plaisir.

C'est donc toute excitée qu'elle se rendit à la tour d'astronomie ce jour là. Elle devenait plus qu'impatiente, les quelques semaines la séparant de ce jour lui semblant insurmontables. Elle voulait se changer les idées, penser à autre chose un instant, et pour cela, rien de mieux que de poursuivre la correspondance qu'elle affectionnait tant. Elle fut donc soulagée et heureuse de découvrir une nouvelle lettre l'attendant sagement à l'endroit habituel. Elle espéra soudain ne pas avoir trop fait attendre sa camarade, et ne perdit pas une seconde de plus pour lire la réponse de cette dernière. Et une fois de plus, la lettre lui apporta un réel réconfort, même si, dans le cas présent, la jeune aiglonne n'était pas malheureuse.

"Je me dis que c'est aussi en quelque sorte notre rôle d'enfant de râler sur notre famille, prétendre qu'ils nous embêtent plus qu'autre chose, alors qu'au fond ils nous manquent..." Aurore laissa échapper un rire à la lecture de cette phrase. C'était exactement ça. Bien que, dans son cas, elle estimait qu'elle avait parfois de véritables raisons de se plaindre de sa famille. Elle essayait de garder beaucoup de choses pour elle, de sorte à ne pas passer pour une pleurnicheuse jamais satisfaite, mais c'était parfois difficile de faire comme si de rien n'était. Et elle était certaine qu'il en était de même pour sa correspondante.

Aurore tilta également sur le fait que sa correspondante prenait très à cœur ses devoirs. Le fait qu'elle tienne absolument à avoir de bonnes notes et qu'elle n'ait obtenu que des Optimal jusqu'alors lui rappelèrent le comportement des Serdaigle. L'espace d'un instant, la jeune fille pensa que, peut être, cette N. appartenait à la même maison qu'elle. Dans un sens, ça expliquerait pourquoi elles s'étaient si bien entendues d'entrée de jeu. D'un autre côté, elle serait probablement un peu déçue si tel était le cas. Bien qu'elle n'ait aucune préférence de maison, à choisir, elle apprécierait de pouvoir nouer des amitiés à l'extérieur de sa zone de confort. C'était, à son sens, bien plus enrichissant de faire connaissance avec un peu tout le monde. Aurore était pour la mixité. Cependant, elle prit la décision de ne pas s'attarder sur ce point et de ne pas demander de précision sur la maison à laquelle elle appartenait. Préférant garder encore l'anonymat. Ainsi, ne perdant pas une seconde de plus, la jeune fille entama une nouvelle réponse.

"Ma très chère N.

J'espère ne pas t'avoir fait trop attendre. Je n'ai absolument pas oublié notre correspondance durant ces quelques semaines, loin de là. Elle me tient toujours à cœur et je n'ai pas dans l'idée de l'abandonner. Mais j'ai été pas mal occupée par les cours, et j'ai essayé de nouer de nouvelles amitiés pendant mes heures libres. Quoi qu'il en soit, me voilà, ravie de retrouver ma plume et mon parchemin pour t'écrire.

Pour faire rapide, le vilain petit canard est une histoire qui raconte la différence et dénonce la non acceptation de cette dernière. Le vilain petit canard naît dans une famille dans laquelle il ne trouve pas sa place. Il est physiquement différent des siens, et se retrouve donc rejeté. Je me reconnais un peu dans ce conte pour enfant, par rapport au fait que j'ai été un peu rejetée à cause de ma magie ayant mis du temps à se manifester. Tu devrais lire quelques histoires moldues, c'est très enrichissant. Et si tu as des questions sur ce monde qui t'es inconnu, n'hésite pas à me les poser, j'y répondrais autant que je peux, avec grand plaisir.

J'ai, pour ma part, beaucoup ri sur le fait que c'est notre rôle de râler contre nos parents. C'est tout à fait vrai! Même si je pense que, toutes les deux, nous avons parfois de vraies raisons de le faire. Je ne tiens pas encore à parler en détail de mon enfance, c'est douloureux et je ne suis pas dans une optique de me plaindre pour le moment. Ca viendra un jour, mais pour le moment, je préfère me concentrer sur cette nouvelle vie qui s'offre à moi. Je te remercie de ne pas insister, je suis vraiment très reconnaissante que tu respectes ma vie privée =)

Je me retrouve beaucoup en toi, notamment au niveau du sérieux et de l'apprentissage. Je mets également un point d'honneur à avoir d'excellentes notes, pour moi-même mais également pour que ma mère soit fière de moi. J'ai malheureusement obtenu deux E, mais autrement, j'ai également des Optimal partout et j'en suis satisfaite. Tout comme toi, j'aime énormément la DCFM, ainsi que les Sortilèges. J'aime pouvoir utiliser ma baguette magique, même si j'ai conscience que ça fait un peu enfantin. Mais je pars du principe que c'est la base de notre magie, et je veux vraiment apprendre à l'utiliser. Me défendre, c'est une notion qui me plait bien. A l'inverse, j'apprécie un peu moins la métamorphose que je trouve parfois un peu difficile. Je m'en sors bien depuis le début de l'année, mais ce n'est pas la matière la plus amusante. Ca demande beaucoup de rigueur, et c'est parfois fatigant. Et concernant l'histoire de la magie, ce que j'aime dans cette matière, c'est le fait d'en apprendre plus sur le passé, sur les fondateurs de Poudlard, et j'ai hâte d'étudier quelques figures emblématiques tel que le grand Harry Potter...

J'ai pour ma part quelques questions à te poser. Tu as dit ne jamais avoir eu d'amis mais je peine à y croire... Je veux me dire qu'on peut toujours compter au moins sur une personne dans sa vie, autre que ses parents. N'as-tu donc jamais noué de liens avec une personne de ton âge? Ou simplement une personne extérieure à ta famille? Une personne sur qui tu sentais que tu pouvais compter? Quelle est la personne qui compte le plus pour toi?

Et sinon, tu as un peu évoqué ta vie hors de Poudlard. Comment se passait-elle? Où vivais-tu? J'ai cru comprendre au fil de tes lettres que tu n'avais pas vraiment quitté ta maison. N'es-tu donc jamais allée à l'école? Qui faisait ton éducation? J'avoue ne pas trop m'imaginer une vie entière passée enfermée chez soi. C'est aussi le monde extérieur qui permet de s'évader, de penser à autre chose que nos problèmes.

Et tu as également évoqué les elfes de maison. Ma mère est une sorcière, mais je n'en ai jamais eu. J'en ai entendu un peu parler, mais je n'en ai jamais rencontré, pas même à Poudlard. Comment sont-ils? Dans les livres, ils m'ont toujours semblé adorables. J'ai toujours eu beaucoup de tendresse pour eux, mais j'avoue regretter de ne pas avoir pu leur parler véritablement. Parfois, j'aimerais leur remonter le moral. Eux aussi le méritent. Peux-tu me parler un peu d'eux? "


Aurore fit une pause dans la rédaction de sa lettre et réalisa que, peut être, elle y avait été un peu fort avec toutes ses questions. Elle décida donc de rajouter une petite ligne pour temporiser le tout.

"J'espère ne pas trop te submerger avec toutes ces interrogations. Tu m'as dit vouloir parler de toi, donc je me suis lancée... Habituellement, je ne suis pas si bavarde et étouffante. Excuse-moi si je suis allée trop loin, tu n'es pas obligée de répondre à absolument toutes mes questions si tu n'en a pas envie =) Et sur ce, je te dis à très bientôt.

A."


Reducio
Pas de problème ^^

"Lorsqu'ils déploient leurs ailes, les Aigles vous ensorcellent !"
Aigle du mois de juin 2016
Poursuiveuse/Gardienne remplaçante des Eclairs de Serdaigle
"Je crois en toi!" Comprendra qui pourra
Ma couleur = #4F79A4