Astronomie

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Sous les étoiles  Solo 

- MAI -


Après le repas, Mia s'était hâtée de sortir de la Grande Salle. Depuis quelques temps, elle n'arrivait plus à dormir, et ses insomnies répétitives n'avaient rien de bon pour elle. Sauf que la jeune fille se refusait à aller voir le professeur de Potions pour lui demander un somnifère. La Serdaigle n'était pas méchante, en soi, mais Mia était la jeune fille la plus timide de tout le château. Aussi, depuis quelques jours, voyant bien que le sommeil ne la trouvait qu'à des heures tardives de la nuit, elle s'était mise en tête de fouiller Poudlard afin d'y déceler tous ses secrets. Mais aujourd'hui, le cœur n'y était pas, et la Serpentard voulait simplement être seule, dans la nuit.

La nuit, voilà son moment préféré dans une journée, d'ailleurs. "Le jour sombre", comme elle l'appelait. Lorsque le soleil se couchait et que les astres se levaient tous ensembles afin de briller, sans jamais atteindre la beauté du soleil, la jeune fille se sentait bien. Entière. Elle pouvait se balader, seule, sans bruit. Juste elle et les étoiles. Et les étoiles, parlons-en ! Elle les adorait. Elle aimait voir toutes ces petites lumières, semblables à des lucioles de là où elle se trouvait. Elle aimait se dire qu'il s'agissait en fait de personnes décédés qui veillaient sur leurs êtres chers. Et que lorsque ces être mourraient, ces étoiles disparaissaient elles aussi, dans un monde plus beau, et que de nouveaux prenaient leur place, désireux de protéger à leur tour.

En pensant à cela, aux émotions que la nuit lui procurait, la jeune fille se dirigea instinctivement vers la tour. Vers la salle d'astronomie. À cette heure là, il devrait y avoir quelqu'un. Mais de cela, Mia s'en fichait. De plus, si quelqu'un se trouvait là-bas, ce serait ouvert. Elle monta les escaliers, désireuse de retrouver le ciel et ses enfants.

Lorsqu'elle arriva en haut de la tour, la porte était néanmoins fermée et la jeune Serpentard se souvint alors que l'on était samedi. Et le samedi, il n'y avait pas cours, même d'Astronomie. Mia, pleine de ressource, sortit sa baguette.


"Alohomora", chuchota-t-elle en pointant la serrure.

Ce sort n'était, normalement, pas de son niveau, mais la jeune fille aimait lire, et au hasard de ses lectures, elle avait appris quelques sortilèges bien utiles. Elle ouvrit donc la porte, qui était désormais ouverte, et rangea en même temps sa baguette. Alors qu'elle entrait dans la salle d'astronomie, une légère brise vint lui effleurer la peau et lui lécher le visage. Mia inspira un grand coup, profitant de ce vent frais qui brisait la chaleur étouffante en cette fin du mois de mai, et avança dans la pièce. Il ne s'agissait pas vraiment d'une salle de cours, plutôt un toit ouvert sur le monde. Quelques objets pour étudier la matière était éparpillée un peu partout, rangés sous des bâches afin d'être protégé du temps, quel qu'il soit.

La jeune fille s'approcha du rebord. Le ciel était sombre, et quelques nuages assombrissaient encore plus le temps, cachant le mince croissant de lune et ses pâles rayons. À sa droite, elle entendit un bruit, comme des feuilles qui claque au vent, et elle tourna son regard vers le bruit. En effet, des feuilles de parchemin s'agitaient, coincées par ce qui semblait être un Scrutoscope. La Serpentard se détourna, puis une idée la prit. Elle récupéra un morceau de parchemin et chercha une plume. Elle en trouva une dans un bureau en ébène, à l'abri de la pluie et du soleil, ainsi qu'un peu d'encre, une encre rouge foncée comme elle aimait. Mia se mit à écrire.

~ Même le plus petit du serpent a du venin ~
“Les familles, l’été venu, se dirigent vers la mer en y emmenant leurs enfants, dans l’espoir, souvent déçu, de noyer les plus laids.”

Sous les étoiles  Solo 

Maman, papa,

j'espère que vous allez bien. Je ne vais pas tarder à entrer dans ma période d'examen, dans quelques semaines, et je ne pourrais plus vous écrire : je vais commencer à réviser comme jamais. En plus, les cours continuent, tout comme les devoirs. Mais vous devez connaître tout ça. Si je prends ma plume aujourd'hui, eh bien... Je ne sais pas vraiment. Peut-être que vous me manquez, tout simplement.


Mia relut ces quelques lignes. Non, ça n'allait pas. Vraiment pas. Elle barra rageusement son essai. Elle posa sa plume dans l'encrier et s'assit sur la dalle. Elle avait très certainement chauffé toute la journée, mais depuis que le soleil s'était couchée, elle était plutôt glacée. La jeune Serpentard apprécia ce contact. Assise en tailleur, elle pensa à sa lettre. Que pouvait-elle bien leur écrire ?

Depuis toute petite, elle était très attachée à sa famille, c'était d'ailleurs la seule chose à laquelle elle tenait réellement. Mais désormais, elle avait passé une année loin d'eux, retrouvant ses parents que lors des vacances. Certes, elle avait apprécié ces retrouvailles, cependant, ce n'était plus pareil. Elle se prit la tête entre les mains. Elle était perdue. Si une année à Poudlard l'avait changé à ce point, qu'en serait-il de sept ? La jeune fille sentit ses yeux s'embués. Elle tenta de se retenir, mais quelques secondes plus tard, de grosses larmes coulèrent sur ses joues. Elle ne fit aucun bruit. En fait, c'était comme si elle n'était pas là.

Tout ce qu'elle voulait, à cet instant, c'était entendre la voix de sa mère. Elle voulait l'entendre, et lui parler. Lui demander conseil. Et si elle pouvait, la voir.

*Allez, ça va, tout va bien. Tu les revois dans quelques semaines. Tout ira bien jusque là.* se dit-elle en effaçant les dernières traces de pleurs sur ses joues.

Ses yeux, cependant, reflétaient toujours sa tristesse. Elle était perdue, elle ne pouvait le nier. Elle reprit néanmoins le parchemin et retenta quelque chose.


Maman, papa,

j'espère que vous allez bien. Je ne vais pas tarder à entrer dans ma période d'examen, dans quelques semaines, et je ne pourrais plus vous écrire : je vais commencer à réviser comme jamais. En plus, les cours continuent, tout comme les devoirs. Mais vous devez connaître tout ça. Si je prends ma plume aujourd'hui, eh bien... Je ne sais pas vraiment. Peut-être que vous me manquez, tout simplement.

Vous me manquez. Je ne vais plus avoir beaucoup de temps pour vous écrire, mes examens ne vont pas tarder à commencer. De toute façon, on se revoit dans quelques semaines. Je vous dirais tout, comment ça s'est passé... Tout, dans les moindres détails, même les plus insignifiants. J'espère que vous allez bien. Passez le bonjour à Grandpa et Grandma, je sais qu'ils sont de passage jusqu'à mi-juin. Je vous aime, Mia.


La Serpentard ne put écrire plus que ça. Elle n'avait pas l'inspiration. Alors elle reprit une feuille de parchemin vierge et réécrit son message, proprement, comme elle l'avait toujours fait. Elle se relut vite fait, vérifiant les fautes, et elle descendit à la volière afin d'envoyer un hibou à ses parents.

~ Même le plus petit du serpent a du venin ~
“Les familles, l’été venu, se dirigent vers la mer en y emmenant leurs enfants, dans l’espoir, souvent déçu, de noyer les plus laids.”

Sous les étoiles  Solo 

Après être passé à la volière, Mia remonta dans la tour d'astronomie. Elle voulait rester encore un peu, observer le ciel et penser, penser à toutes ces choses qu'elle mettait dans un coin de sa tête pendant la journée. Car la jeune fille savait qu'elle ne pourrait y cogiter qu'ici. C'était un endroit reposant, où elle avait les idées calmes, qui ne se bousculaient pas sans cesse dans sa tête. De plus, il n'était pas encore tout à fait tard, les élèves devaient être encore debout pour certains, et ce n'était vraiment pas une bonne idée de rentrer seule à cette heure-là. Il valait mieux attendre.La Serpentard s'accouda donc à la barrière de pierre de la tour et laissa son esprit divaguer. Elle repensa alors à cette première année. Elle repensa aux cours qu'elle avait suivit, des nombreux devoirs qu'elle avait rendu et des bonnes notes qu'elle avait ramassé à la pelle, malgré un petit Piètre en Potions. Mais ce n'était pas cela qui l'intéressait, elle avait toujours été studieuse. Non, ce dont elle voulait se rappeler, c'était les bons moments, comme les mauvais, les moments réels, chaleureux, humains. Et les sentiments qui allaient avec.

Mia se souvint de rires. Avec qui ? Elle ne savait pas vraiment. Sans s'être trouvé d'amis, elle avait voyagé, d'un groupe de copains à un autre, telle une abeille. Elle passait de bons moments, et lorsqu'elle sentait qu'elle ne pouvait plus, elle se mettait en retrait, se retrouvait seule durant quelques jours pour faire le point. Puis elle retournait avec d'autres. Elle se souvenait de ce Gryffondor avec qui elle avait dû partager une boîte d'allumer en cours de Métamorphose, afin de faire l'exercice et qui avait fait explosé la sienne. Un cours de Potions lui revint en mémoire. C'était un de ses premiers, durant les trois premiers mois et elle se souvenait qu'il s'agissait de faire une potion d'Amnésie. Mais ce n'était pas cela qui avait marqué la Serpentard. C'était le devoir. La partie compte-rendue devait être faite par deux, et la jeune fille avait dû se résigner à faire un devoir en commun. Elle avait donc choisi une Serdaigle en retrait, afin d'être sûre de ne pas travailler seule. Mia faisait le point intérieurement. Au final, ce n'avait pas été une année de perdue. En y réfléchissant, c'était même une bonne année. Elle avait beaucoup appris, tant au niveau des cours, que sur le plan sentimental.

Si la jeune fille devait conclure, elle aimait être ici. Les couloirs du château offraient un abri quant au monde extérieure, et les hautes tours permettaient de s'évader. Le parc et ses alentours, son lac aussi, étaient des endroits merveilleux à découvrir, et Pré-au-Lard serait bientôt à portée de main. Mia avait sept années à mettre à profit. Et elle comptait bien en profiter ! Un peu rassurée, la Serpentard sentit la fatigue la prendre d'un coup, ses jambes ne la portèrent plus. Elle s'assit sur la pierre, essayant de se réveiller par la fraîcheur, mais ce fut l'effet contraire qui eut lieu : Mia s'endormit, le sourire aux lèvres.

~ Même le plus petit du serpent a du venin ~
“Les familles, l’été venu, se dirigent vers la mer en y emmenant leurs enfants, dans l’espoir, souvent déçu, de noyer les plus laids.”

Sous les étoiles  Solo 

- JUIN -


C'était la fin du mois, la chaleur oppressante était enfin arrivée, et la plupart des élèves étaient soit au lac pour se rafraîchir, soit entre quatre murs, afin de passer un examen, ou en train de réviser - au frais, en tout cas. La seule exception, c'était Mia. Elle venait tout juste de finir son examen de Défense Contre les Forces du Mal, et en attendant son prochain examen, elle n'avait aucune envie de rejoindre les autres. Elle était une solitaire endurcie, et même si elle s'était rapprochée de certains élèves durant cette année (elle avait même participé à certaines activités qui se tramaient dans la Salle Commune, une première !), ce n'était pas près de changer. Pour l'instant, elle était habituée à réussir d'elle-même. Elle monta donc, par habitude, sur le toit du château. La "salle" d'astronomie était rapidement devenue l'un de ses endroits favoris. En fait, depuis qu'elle s'était endormie sur le toit. Par chance, elle s'était réveillée à l'aube et personne n'avait eu vent de l'incident. Mais de ce fait, elle s'était prise d'affection pour cet endroit (allez savoir, dormir quelque part, ça crée des liens).

La Serpentard ouvrit donc la porte, tout comme la première fois et s'avança sur le grand balcon, sans oublier de refermer derrière elle. Elle avait failli être surprise une fois, juste à cause d'une erreur de débutante, et depuis, elle faisait toujours bien attention à verrouiller la porte. Comme à son habitude, elle s'avança vers ce qu'on pouvait appeler la balustrade et elle s'accouda, observant le paysage en dessous d'elle. À sa gauche se trouvait le lac de Poudlard, bleu sombre malgré la clarté du jour. Il était impossible de voir à travers, même en s'approchant au plus près. À côté s'étendait le Parc. Mia adorait se promener là-bas, en particulier quand il n'y avait personne. Et plus à l'Est, il y avait la Forêt Interdite. Tout était dans le nom. C'était un bois peu éclairé, sombre, avec des arbres serrés, trop serrés, à tel point qu'il fallait faire attention à où l'on marchait. La jeune fille rêvait de pouvoir explorer l'endroit, mais si elle se faisait attraper, elle n'avait aucun moyen de s'échapper. De plus, elle était quasiment sûre que la forêt regorgeait d'êtres étranges et dangereux, et elle n'était certainement pas de taille à les affronter. Aussi avait-elle décidé de se contenir, jusqu'à avoir atteint, au moins, sa quatrième année.

Soudain, Mia entendit des pas. Peu désireuse de se faire remonter les bretelles par un professeur ou un préfet, elle se jeta derrière la porte, essayant de faire le moins de bruit possible. Quand elle fut sûre qu'il n'y avait plus de danger, elle sortit de sa cachette, en poussant un léger soupir. Encore un élève qui devait aller à la Volière. Ces temps-ci, les gens se précipitaient sur les hiboux de Poudlard, à tel point qu'il n'y en avait presque plus lorsque l'on voulait envoyer une lettre importante.


*Ils n'écrivent donc jamais à leurs parents ?*, se questionna la vert et argent, oubliant qu'elle était plus proche de ses parents que le reste des élèves ne pouvaient l'être.

D'ailleurs, il était temps pour elle de leur écrire. Elle les reverrait dans moins d'une semaine, mais sa dernière lettre avait été un peu expédiée, et ses parents l'avaient inondé de hiboux avant qu'elle ne commence ses examens. Elle soupira. Elle était aussi accro à eux qu'ils ne l'étaient. Ça n'allait pas du tout ! Il allait falloir qu'elle vole de ses propres ailes, à un moment. Mais en pensant cela, elle secoua la tête. Elle avait le temps encore. Elle pouvait profiter un petit peu du temps restant à être leur petite protégée. Elle pouvait encore se réfugier dans leurs bras, dormir avec eux, et leur confier ses secrets. Elle avait encore un petit peu de temps, avant de passer dans sa période découverte...


FIN

~ Même le plus petit du serpent a du venin ~
“Les familles, l’été venu, se dirigent vers la mer en y emmenant leurs enfants, dans l’espoir, souvent déçu, de noyer les plus laids.”