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Creuser pour espérer trouver ses racines.  PV 

Il faisait un temps radieux et Elina venait de quitter les murs du château pour s'aventurer dans le parc. Cela n'avait rien d'exceptionnel, elle s'y promenait souvent quand le temps le permettait, mais cette fois-ci elle avait un but bien définit. Ce n'est pas pour autant qu'elle pris le chemin le plus direct. Elle savait où elle allait, mais n'était pas certaine de savoir comment s'y prendre. Quelques temps auparavant, en mars de cette année 2042, un nouveau professeur était venu prendre la relève de son amie Meilla Primard pour enseigner les potions. Ce professeur avait été assigné à Poufsouffle. Jusque là, rien qui sorte de l'ordinaire. C'était le même protocole à chaque fois qu'un professeur quittait Poudlard et que son remplaçant arrivait. C'est lorsqu'Elina avait appris le nom de ce professeurs que les choses avaient dévié de leur cours habituel. Basilius Fawley... C'était le nom de ce nouveau professeur. Fawley, c'était aussi le nom de jeune fille de la mère d'Elina et celui de sa tante. La Poufsouffle, qui avait tenté d'en apprendre plus sur les membres de sa familles dont ses parents refusaient de parler, était arrivée au point mort de son enquête. Et on ne pouvait pas dire que ses recherches avaient été fructueuses. Il n'était pas évident de mettre son nez dans les affaires de quelqu'un comme sa mère. Si elle était devenue directrice du département des mystères, c'était bien parce qu'elle avait déjà l'âme d'une langue de plomb. Sans compter qu'Elina n'avait pour ainsi dire aucune piste lui permettant de savoir où chercher. Peut-être que l'apparition de ce professeur était un signe du destin lui montrant qu'elle pouvait toujours espérer en apprendre plus sur sa famille. Peut-être aussi que cela ne voulait strictement rien dire et que le professeur n'avait pas le moindre lien de parenté avec sa mère. Même s'il s'agissait à ce jour de sa seule piste, elle n'avait pu s'empêcher de retourner longuement la question dans sa tête. Elle avait hésité si longtemps que le professeur Fawley avait eu le temps de changer de poste et de se retrouver à enseigner la botaniques plutôt que les potions, apparemment à cause d'un problème de santé. La crainte de le voir partir comme il était arrivé avait décidé la Poufsouffle. Elle ne pouvait pas perdre sa seule piste sans tenter quoi que ce soit. Cela ne voulait pas dire pour autant qu'elle était à l'aise avec l'idée d'interroger un professeur a propos d'autre chose que ses cours.

Bien qu'elle n'ait pas pris le chemin le plus direct, Elina finit inéluctablement par arriver devant les serres. La rumeur disait que le professeur Fawley avait entrepris de réaménager entièrement les lieux. En d'autres circonstances, cela aurait piqué la curiosité de la Poufsouffle, mais elle avait d'autres choses en tête dans l'immédiat. Elle avisa la porte d'entrée et se dirigea dans sa direction. Peut-être bien que le professeur ne serait pas là... Ou bien qu'il refuserait de lui répondre... Elle avait cru comprendre que ses parents n'étaient pas en très bons termes avec leurs familles respectives. Elina eut une dernière hésitation au moment de toquer, son poing restant un instant suspendu en l'air avant que ses doigts repliés n'entrent en contact avec la surface lisse de la porte a plusieurs reprises. Elle ne pouvait plus qu'attendre d'obtenir ou non une réponse a présent. Les secondes s'égrenant comme des heures tandis qu'elle devait lutter contre son envie de faire demi-tour. Sauf qu'elle ne pouvait pas s'autoriser a faire demi-tour. Si elle manquait cette occasion, elle le regretterait et elle détestait avoir a regretter quelque chose.

¤ Finisseuse des Frelons ¤ Responsable de la Cabane de Cristal ¤ Sixième année RPG ¤ Rédactrice ¤
~Ne sous estimez pas les griffes du blaireau parce que sa fourrure vous semble douce~

Creuser pour espérer trouver ses racines.  PV 


Au moment où le poing d’Elina Montmort heurta la Porte des Saisons, une fleur rouge fana instantanément sur le bureau du professeur Fawley. Penché sur l’infusion qu’il se faisait couler, ce dernier releva la tête, les sourcils froncés. Une visite ? Le lendemain de la rentrée ? Voilà qui n’était pas commun. Il n’avait même pas l’impression d’avoir particulièrement marqué l’école de son empreinte avant la trêve estivale pour que quelqu’un s’intéressa de venir le trouver alors que les cours ne reprenaient officiellement que demain. Intrigué, il reposa le récipient d’eau chaude d’un coup de baguette magique avant de fourrer cette dernière dans la grande poche de son tablier. Quittant son bureau en remettant un peu d’ordre dans ses cheveux, le professeur Fawley remonta le chemin de pierre au doux son de l’eau qui se déversait en quantité depuis la Cascade du Séquoia.

« Hortensia. »

Elina Montmort vit soudainement les rouages métalliques de la porte s’actionner. Le cadran magique divisé en quatre segments se mit à tournoyer à une vitesse infernale avant de se figer brusquement. Une nette fissure fendit la porte en deux puis les deux battants s’ouvrirent largement, révélant la présence du professeur Fawley qu’elle n’avait même pas entendu approcher. Sa pipe légendaire logée dans le coin de ses lèvres, celui-ci offrit un large sourire de bienvenue à l’élève de sixième année. C’était la première fois qu’un élève se voyait ouvrir la porte de la Serre aux Sept Cascades. De là où elle se tenait, Elina Montmort pouvait distinguer l’immense hauteur de plafond de l’édifice et désormais entendre le doux chant de l’eau qui clapotait quelques mètres plus loin. Il lui sembla même distinguer d’étranges scintillements loin derrière la silhouette du professeur Fawley, comme de petites lumières accrochées à d’épais buissons.

« Mademoiselle Montmort, si ma mémoire ne me fait déjà pas défaut, déclara le professeur Fawley en tenant sa pipe dans la main. Que me vaut l’honneur de cette visite pour le moins… précoce ? »

Une fée laissa apparaître sa petite tête dans la poche avant de son tablier. Un sourire mutin fendit ce petit visage en voyant le soleil radieux qui brillait sur la vaste étendue du parc. La petite créature s’extirpa discrètement de sa cachette et s’élança, ailes déployées, vers le vaste monde.

« Hey toi ! lança le professeur Fawley en ayant dégainé sa baguette magique. Où pensais-tu aller comme ça ? »

L’attraction magique exercée par la baguette ramena la fée champêtre dans la main du professeur Fawley qui l’enferma précautionneusement entre ses doigts légèrement écartés.

« Venez, entrez donc, annonça-t-il à la Poufsouffle. Les fées champêtres sont attirées par la lumière du soleil. Ces idiotes sont capables de se brûler littéralement les ailes en essayant de l'atteindre. »

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Voyant les rouages de la porte se mettre en mouvement, Elina eut un mouvement de recul. Une sorte de cadran se mit a tournoyer a toute vitesse sous son regard perplexe avant de se stopper net. Dans l'instant qui suivit, la porte sembla se fendre en deux battants qui s'ouvrirent et révélèrent le professeur Fawley qui se tenait derrière. Assurément, le professeur de botanique savait soigner ses entrées ! La Poufsouffle dû faire l'effort mental de retenir sa mâchoire qui se serait volontiers décrochée sous le coup de la surprise. Son cerveau se trouvait devant un difficile dilemme, tandis qu'il ne savait pas s'il devait se concentrer sur l'étrange mécanisme de la porte d'entrée, sur le professeur Fawley ou ce qu'Elina pouvait apercevoir des serres derrière lui. Il faut dire que ce qu'elle pouvait voir de l'intérieur n'avait plus grand chose de commun avec les lieux où elle avait étudié les années précédentes.

« Mademoiselle Montmort, si ma mémoire ne me fait déjà pas défaut. Que me vaut l’honneur de cette visite pour le moins… précoce ? »


Ces mots semblèrent venir a bout de l'hésitation de ses petites cellules grises qui se décidèrent a se concentrer sur le professeur. Elina cligna plusieurs fois des yeux, s'offrant quelques secondes pour reprendre contenance. Alors qu'elle s'interrogeait encore sur la manière dont elle pouvait aborder le sujet qui la préoccupait, une petite créature vint lui offrir une distraction bienvenue. Une minuscule fée jeta un premier coup d'oeil vers l'extérieur avant de s'extirper d'une des poches du tablier du professeur Fawley et de tenter une échappée. Sa tentative de fugue fut cependant rapidement interrompue par le professeur qui n'eut besoin que d'un coup de baguette pour la rattraper.

« Hey toi ! Où pensais-tu aller comme ça ? »


Bien que le petite fugueuse soit ramenée fermement dans la main du professeur, Elina nota la délicatesse avec laquelle le professeur la retenait. Une personne aussi attentionnée avec une si petite chose ne pouvait pas être quelqu'un de mauvais. Non pas qu'Elina ait pu penser qu'une personne affiliée a Poufsouffle pu être une mauvaise personne, mais cela avait quelque chose d'encourageant. Cela l'amena néanmoins a se demander si le professeur se promenait souvent avec quelques-unes de ces créatures dans ses poches. Avant qu'elle eut pu dire quoique ce soit, le professeur toujours souriant repris la parole.


« Venez, entrez donc. Les fées champêtres sont attirées par la lumière du soleil. Ces idiotes sont capables de se brûler littéralement les ailes en essayant de l'atteindre. »

La Poufsouffle ne pu s'empêcher de se demander si elle n'était pas aussi idiote que les fées champêtres. Sauf que ce n'était pas la lumière du soleil qui l'attirait, mais la vérité sur sa famille. Elle n'était pas certaine de pouvoir affirmer que c'était plus sûr. Peut être que ce qu'avait fait ses parents n'était rien d'autre que ce que le professeur venait de faire en retenant la fée champêtre ? Quoiqu'il en soit, elle n'allait pas faire demi-tour maintenant qu'elle se trouvait là. Elle fit quelques pas dans la serre sous l'invitation du professeur avant de prendre la parole.

« Merci...» Elina marqua une légère hésitation avant d'oser mettre des mots sur ce qui l'amenait. « Cela va peut-être vous sembler un peu personnel, mais est-ce que vous connaîtriez une sorcière du nom d'Isabella Fawley ? »

Elina avait bien du mal a détourner son attention de ce qui l'entourait pour se concentrer sur le professeur. Les serres avaient radicalement changées. Au point que la Poufsouffle n'avait plus tout a fait l'impression de toujours se trouver à Poudlard.

¤ Finisseuse des Frelons ¤ Responsable de la Cabane de Cristal ¤ Sixième année RPG ¤ Rédactrice ¤
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Ô bien sûr, le professeur Fawley entendit très clairement la question d’Elina Montmort, mais il s’offrit le temps de la réflexion en refermant la Porte des Saisons d’un coup de baguette magique. La Serre ainsi refermée, Elina Montmort put pleinement profiter du doux bruit de l’eau qui s’écoule, du bon parfum de verdure, et surtout de l’édifice, qui avait très vraisemblablement subi quelques sortilèges d’Extension à comparer son immensité intérieure à sa petitesse extérieure. Le professeur Fawley, lui, n’avait aucunement besoin de sonder sa mémoire pour savoir qui était Isabella Fawley. Etant sa seule et unique cousine, l’isoler sur son arbre généalogique n’était pas la tâche la plus difficile (comparée à celle qui consistait à remonter le mince file d’argent qui la reliait à son père et lire son prénom…) Si Basilius Abraxas Fawley prenait son temps c’est qu’il convenait d’être prudent en pareille circonstance. Il ne savait pas encore où voulait en venir l’adolescente.

« Aux dernières nouvelles, elle est ce qui s’apparente le plus à une cousine germaine qui n’a plus donné de nouvelles depuis de très longues années, répondit-il en relâchant la fée champêtre. De souvenir, elle a rencontré un allemand avec qui elle s’est mariée. »

Le professeur Fawley rangea sa baguette magique dans la poche de son tablier tout en observant le vol gracieux de la fée champêtre. Il saisit ensuite sa pipe dans la main droite et, d’un mouvement éclair de la gauche, changea la couleur de la fumée pour un rouge rubis.

« Drôle de chose que la famille… ajouta-t-il d’un ton songeur, comme l’était soudain son visage. »

Portant sa pipe à ses lèvres, le professeur Fawley s’engagea soudain sur le chemin de pierre en invitant Elina Montmort à le suivre. Sur la gauche, la porte de son bureau était restée ouverte. Il s’y engouffra volontiers.

« Entrez, faites comme chez vous, annonça-t-il depuis l’intérieur. J’étais entrain de me servir une infusion aux feuilles de Carnascier, vous en voulez ? »

Le bureau du professeur Fawley était constituée d’une seule pièce éclairée par des jeux de lumière stupéfiants. Une grande collection de carnets était soigneusement rangée dans de hautes bibliothèques. Bibliothèques qui étaient sculptées dans un seul et même tronc d'arbre dont les racines couraient au sol et les branches au plafond. Certaines de ces branches étaient d’ailleurs chargées de fruits jaunes inconnues. Deux fauteuils rembourrés faisaient face au bureau parfaitement rangé du professeur Fawley (bureau sur lequel la fleur rouge avait retrouvé toutes ses pétales flamboyantes alors que les anciennes flétrissaient encore dans le pot.) A droite de la porte d’entrée, le professeur Fawley s’affairait autour d’un service en porcelaine.

« Dites-moi, pourquoi cette question-qui-ne-pouvait-visiblement-pas-attendre ? demanda-t-il, le nez baissé sur le liquide légèrement rosé qu’il faisait verser dans une tasse en donnant de petits tours de poignet à sa baguette. »

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Le professeur Fawley ne répondit pas immédiatement à Elina, ce qui l'amena a se demander si sa question n'était pas véritablement jugée indiscrète. Le professeur mis ce temps à profit pour refermer la serre d'un simple coup de baguette. Ce temps permis aussi à la Poufsouffle de profiter de la vue. De l'intérieur, la serre était définitivement plus grande qu'elle ne le paraissait de l'extérieur et cela n'était certainement pas un simple effet d'optique. Cependant, elle n'avait jamais vu un sort d'extension appliqué à si grande échelle. Elle qui avait l'habitude des tables de travail et des pots alignés sur les étagères entre les outils de jardinage et les sacs de terreau. Ici, elle se trouvait confrontée a de véritables écosystèmes reconstitués. Sans compter les diverses cascades incorporées à l'ensemble. Finalement, le professeur accorda une réponse à la Poufsouffle.

« Aux dernières nouvelles, elle est ce qui s’apparente le plus à une cousine germaine qui n’a plus donné de nouvelles depuis de très longues années. De souvenir, elle a rencontré un allemand avec qui elle s’est mariée. »

La Poufsouffle n'aurait su dire quels sentiments lui inspirait cette réponse. Devait-elle être soulagée de voir qu'elle ne s'était pas trompée et que, pas conséquent, elle n'aurait pas à passer par l'étape, oh combien gênante, du « excusez-moi professeur, c'est une méprise » ? De toute évidence, il ne pouvait s'agir d'un homonyme ; la coïncidence serait assurément trop grande. L'absence de nouvelles coïncidait, ainsi que la mariage avec un allemand. Bien que son père ne soit pas à proprement parler allemand, il avait obtenu la naturalisation, mais c'était là un détail qui pouvait facilement être occulté en l'absence de nouvelles de la principale concernée. Le professeur de botanique avait profité du cours silence qui suivit pour remettre sa pipe en usage non sans en colorer la fumée. Tandis qu'Elina observait avec perplexité la fumée rouge qui s'échappait de la pipe, son propriétaire marmonna :

« Drôle de chose que la famille… »

La Poufsouffle ne su pas comment interpréter cette remarque énigmatique. Mais sans attendre, le professeur s'engagea sur un chemin de pierre, invitant Elina a faire de même. Le chemin les mena jusqu'au bureau du professeur qui était demeuré ouvert.

« Entrez, faites comme chez vous. J’étais entrain de me servir une infusion aux feuilles de Carnascier, vous en voulez ? »

La Poufsouffle entra, se demandant quel genre de plante était le Carnascier. Elle n'avait encore jamais entendu ce nom, ce qui éveilla sa curiosité.

« Je veux bien, merci. Mais qu'est-ce que le Carnascier ? »

Le bureau semblait faire partie intégrante des serres. Il semblait pour ainsi dire niché au pieds d'un arbre dont les racines couraient sur le sol et dont le tronc servait de bibliothèque. Le fait que son tronc ait été sculpté pour servir de bibliothèque ne semblait pas l'avoir autant affecté qu'on aurait pu s'y attendre puisqu'il donnait toujours des fruits. Des fruits sur lesquels Elina aurait été bien en peine de mettre un nom. Elle pris place sur l'un des fauteuils qui faisaient face au bureau tandis que le professeur Fawley manipulait son service a thé. Finalement le professeur repris la parole.

« Dites-moi, pourquoi cette question-qui-ne-pouvait-visiblement-pas-attendre ? »

Elina s'attendait à cette question et se demandait quand elle devrait finalement y répondre. Il était normal que le professeur se demande d'où venait sa question indiscrète. Elle se demandait comment sa réponse serait prise. Après tout, le professeur n'avait pas précisé s'il avait un jour été en bons termes avec Isabella.


« Isabella Fawley est ma mère... Mais elle ne parle jamais de sa famille alors, quand j'ai su que vous vous appeliez aussi Fawley... »
Elina laissa un instant sa phrase en suspend avant d'ajouter : « Mais j'ai peut-être été trop curieuse... »

Mal à l'aise, la Poufsouffle remua un peu sur son siège, se demandant quelle serait la réaction de son professeur.

¤ Finisseuse des Frelons ¤ Responsable de la Cabane de Cristal ¤ Sixième année RPG ¤ Rédactrice ¤
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