Botanique

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Folie en serres de Botanique

En cette saison automnale, la jeune adolescente de Serpentard se dirigeait vers les serres de Botanique, dans lesquelles elle avait eu ses premiers cours de ladite matière, sur laquelle elle ne pouvait pas encore déterminer son intérêt. Ni dégoût ni passion. Cependant, elle était curieuse de savoir quelles seront les plantes abordées pour les prochains cours, et la sorcière s’était mise en tête de fouiner un peu pour regarder les différents végétaux exposés. Par chance, la porte de l’une des serres était entrouverte et la Serpentard s’y engouffra discrètement, après s’être assurée qu’il n’y avait personne dans les parages.

Lorsqu’elle entra, elle vit des plantes de toutes sortes, à l’apparence plus ou moins intriguante. Certains pots étaient étiquetés et contenait une brève description, ce qui donnait à l’adolescente une idée assez précise de ce qui l’attendait. Devant tout cet ordre, une idée, certes stupide germa dans son esprit. Après tout, faire des blagues n’était pas du tout son domaine, et jamais elle n’en avait fait par peur des représailles. Mais ce jour, elle se sentait différente. Comme si elle pouvait tout se permettre. Quelle était donc cette illumination totalement dénuée de bon sens ? vous demanderez-vous. Eh bien la petite Swan s’était mise en tête d’échanger toutes les étiquettes, afin de perdre la nouvelle enseignante, qui avait encore besoin de prendre ses marques. La Serpentard entreprit donc de faire son œuvre tranquillement, en se disant que le plus jouissif dans cette affaire était de ne pas déjouer un article de règlement à proprement parler, sans pour autant faire une action unanimement approuvée par le corps professoral…

Une fois avoir bien semé la pagaille dans la serre, Phœbe la quitta en catimini et referma la porte soigneusement derrière elle, et elle se rendit compte que non pas une mais deux ombres se dessinaient sur le sol. Redoutant le pire, elle se retourna lentement pour faire face à la seconde personne, qui avait autant de chance d’être une alliée qu’un adulte ou responsable qui ne risquerait pas d’approuver son geste, s’il en prenait connaissance bien sûr.

Pudeur Ardeur Fureur
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Jetée en 2040 entre ces Murs de Pierre

Folie en serres de Botanique

Les cours se succédaient et avec eux, une certaine monotonie, Kaylie avait d'abord parler de Mandragore, puis de Séquoias, pour finir par évoquer les champignons au sens large. En résumé, une journée tout à fait normale pour ce nouveau professeur. Professeur, voilà encore un mot auquel la jeune femme avait du mal à s'y faire. Après avoir passé des années à explorer divers continents avec son père notamment, voilà qu'elle avait, depuis peu, démarré une vie bien plus posée et surtout plus routinière.

Le temps était encore doux et Kaylie avait bien l'intention de profiter des derniers rayons de soleil avant de s'enfermer dans son bureau où une montagne de copies reposait sagement sur son bureau en bois massif à la teinte rustique. Avant de se rendre au parc, elle se mit en chemin de manière robotique vers les Serres. Il était important pour elle de veiller à ce que tout soit en ordre. S'il y avait bien une chose sur laquelle Kaylie accordait de l'importance, c'était le confort et le bien-être des plantes, bien plus qu'elle n'en accorde aux êtres humains d'ailleurs.

Arrivée à hauteur de la Serre, une élève d'environ treize-quatorze ans, de la maison Serpentard, lui tournait le dos. Cette-dernière refermait la porte très discrètement et en se retournant, la fillette n'osait pas relever la tête. Trop occupée, et certainement inquiète sur ce qu'il va se passer dans les secondes qui vont suivre, elle gardait la tête bien basse, observant le sol, trop honteuse de se faire prendre sur le fait.


"Mademoiselle Swan, est-ce bien vous ?" finit par dire le professeur, mettant fin au silence gênant. "Que faites-vous donc là ?" demanda-t-elle tandis que la fillette ne bronchait pas.

N'attendant pas la réponse de la jeune fille, Kaylie sentait qu'elle n'était pas au bout de ses peines, ou du moins, de son étonnement. Phoebe Swan était connue pour être une élève modèle, probablement l'une des meilleures de l'école. Peut-être avait-elle une bonne raison d'être ici, mais au vu de sa tête, le professeur en doutait.

Poussant légèrement la jeune Serpentard sur le côté pour pénétrer dans la Serre, Kaylie ouvrait la porte. Le spectacle qui s'offrait sous ses yeux semblait sorti tout droit d'un film Hollywoodien. C'était un canular, elle ne voyait que ça...


"Qui vous a forcé à faire cela ?" finit par demander le professeur, persuadée que Phoebe Swan avait été prise pour cible par un groupe d'élèves malintentionnés. Impossible qu'il en soit autrement. Elle finirait bien par connaître le fin mot de l'histoire...

Folie en serres de Botanique

Finissant de se retourner complètement, l’adolescente vit une jeune femme aux yeux vairons encadrés d’une chevelure très claire qui ne lui était pas inconnue dans la mesure où il s’agissait de son enseignante en Botanique. L’un des côtés de son visage était marqué par une longue cicatrice. Très observatrice, la Serpentard l’avait très rapidement remarquée, peut-être même au banquet de début d’année scolaire, mais elle gardait tout de même suffisamment de délicatesse pour ne pas poser une question aussi indiscrète et intime. La bouche de Phœbe était plutôt sèche, ce qui lui arrivait souvent, n’étant pas de nature particulièrement bavarde. À l’écrit c’était tout une autre histoire mais elle parlait avec parcimonie.

Le silence qui suivit l’apparition de Miss Chapman devait être aussi perturbant pour les deux sorcières, mais la petite Swan n’osait pas s’éclaircir bruyamment la gorge pour s’exprimer et préféra attendre que l’adulte finisse par s’adresser à elle, ce qui était inévitable. En l’entendant, la Serpentard ne put que fixer sans bruit le professeur en se mordant les lèvres, tic qui la prenait souvent quand elle n’était pas sereine. Par chance, celles-ci n’étaient pas trop abîmées par le traitement que les dents de la troisième année leur appliquaient régulièrement.

La jeune fille recula subrepticement de deux pas pour laisser passer Miss Chapman et entrer dans la Serre. Son attitude trahissait un manifeste ébahissement, suivi de près pas un soupçon de déception, du moins c’est ce que l’adolescente croyait interpréter en observant son enseignante. La question qui parvint aux oreilles de Phœbe mirent du temps à s’imprimer dans son esprit, d’où le léger de retard avec lequel elle répondit :


« J’errais dans le parc... » Cette information était tout à fait véridique, la Serpentard n’avait presque jamais de destination précise quand elle marchait, et ses pensées divagantes étaient ses seules guides.

Sous cette nouvelle perspective, le résultat de son méfait lui semblait bien différent ce qu’elle pensait, et elle tenta de se mettre à la place de son interlocutrice et contempla l’hécatombe. Certes il était normal qu’une personne enseignant la Botanique n’apprécie pas le spectacle. Pensive, la troisième année regardait ce qu’elle avait fait et commença à se sentir mal.


« Je suis bien à l’origine de… ceci. Je n’avais pas le recul sur le moment. »

Il n’y avait pas grand-chose de pertinent à dire, elle n’avait malheureusement que peu de contrôle sur certains de ses agissements qu’elle ne comprenait pas plus tard. L’élève ne connaissant pas la stabilité dans son comportement mais son attitude lunaire ne l’avait jamais menée aussi loin. Assumer semblait l’option la plus envisageable :

« Toutes mes excuses, ce doit être blessant pour vous. Je n’avais pas l’intention de vous atteindre. Il m’arrive de laisser place à mon impulsivité, mais ce n’est pas toujours une bonne idée. »

N’empêche, ce qu’elle venait de faire aurait été intéressant, si l’on n’était pas en début d’année mais en juin. En effet, une sorte de jeu de piste dans ce style pour un examen de fin d’année comportait de l’idée. Cependant, considérant les problèmes dans lesquelles Phœbe s’était embourbée en si peu de temps, elle ne risquerait pas de faire cette remarque. Elle espérait déjà ne pas avoir réveillé le courroux de Miss Chapman.

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Folie en serres de Botanique

La jeune élève était suffisamment honteuse pour que Kaylie comprenne qu'elle était bien à l'origine de ce... difficile de mettre un mot sur le résultat de l'impulsivité d'une adolescente.

« Toutes mes excuses, ce doit être blessant pour vous. Je n’avais pas l’intention de vous atteindre. Il m’arrive de laisser place à mon impulsivité, mais ce n’est pas toujours une bonne idée. »

Des excuses ? C'était bien le minimum attendu par le professeur. Blessant ? Pas tellement. Kaylie savait que ce comportement n'était pas dans les habitudes de cette jeune élève, pourtant si intelligente et réfléchie. En pensant à cela, la jeune femme se disait qu'elle aurait très bien pu aller à Serdaigle d'ailleurs. Mais si elle était à Serpentard, c'est qu'il y avait une raison. Quelque chose en elle, peut-être bien enfouie, l'avait conduite chez les verts et argent. Une chose était sûre dans l'esprit de Kaylie, cette jeune fille avait mal agi, faisant quelque chose qui ne lui ressemblait pas et qui devait cacher un problème sous-jacent bien plus grave.

"Eh bien chère enfant, ce qui est certain, c'est que je désapprouve entièrement ce comportement, j'espère d'ailleurs ne plus vous y voir. Quant à votre impulsivité, si elle a pu consentir à vous donner le pouvoir de réaliser ce foutoir, elle devrait vous permettre de tout remettre en ordre également, et sans magie !" finit par répondre le professeur, une fois la nouvelle bien digérée.

Le professeur Chapman trouvait important qu'un enfant répare sa bêtise. L'enfant doit comprendre le lien de cause à effet qui découle de cette mauvaise action. Et rien de tel que réparer son erreur immédiatement. Non seulement, cela lui permet de se responsabiliser, mais en plus, cela semble bien plus pédagogique. Il a fait une erreur, il doit assumer son acte.


"Allons, qu'attendez-vous ? Je vous donne une heure. A mon retour, je veux que cet endroit soit rangé et nettoyé, voire mieux que ça ne l'était à votre arrivée. Tenez ! Vous en aurez besoin, j'ose espérer que vous savez de quoi il s'agit ?" dit-elle en faisant apparaître, grâce à sa baguette, le nécessaire pour nettoyer à la façon moldue.

"Comme je vous l'ai dit, pas de magie ! Vous comprenez que je ne peux pas vous rendre la tâche trop facile" répliqua Kaylie en tendant la main pour que la jeune élève lui confie sa baguette magie.

Son regard se voulait dur, pour que Phoebe Swan soit bien consciente de la gravité de la situation et surtout que le professeur ne plaisantait pas avec le respect. Tant vis-à-vis d'elle, des élèves utilisant les éléments présents ici, mais également sur le matériel que l'école leur fournit pour leurs études.
Une fois assurée que le message était passé, Kaylie Chapman tournait les talons. Elle ne voulait pas rester pour l'espionner, elle espérait que cette demoiselle serait suffisamment mature et responsable pour s'exécuter sans que l'on soit derrière elle. A travers cela, elle espérait aussi que cette fillette voit qu'elle avait suffisamment d'estime et confiance en elle. Elle avait besoin d'établir cette relation pour qu'un jour, la jeune fille accepte de se confier sur le véritable mal-être qui l'a poussée à commettre cet acte effroyable.

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C’était quasiment incontestable, l’enseignante était déçue par l’attitude de la Serpentard, et pouvait même lui en vouloir. Cette dernière ne pouvait que rester immobile, tétanisée par ses états d’âmes contradictoires qui l’assaillait, se focalisant sur les faits et gestes de l’adulte. La respiration de la troisième année s’accélérerait et elle espérait juste ne pas faire de crise de panique, car le moment serait vraiment mal choisi, et l’adolescente tenta de garder son calme pour ne rien afficher qui puisse être relevé par miss Chapman.

Phœbe écouta la sentence annoncée par la professeure de Botanique, et en entendant l’expression « chère enfant », elle ne put s’empêcher d’y voir une appellation blessante, et tenta de se faire aussi petite que possible, l’étudiante fit même un pas en arrière pour s’éloigner de cette aura sombre et menaçante qui l’enveloppait, l’oppressait de ses griffes mordantes.

La jeune sorcière devrait réparer ses torts au sens propre du terme en réarrangeant ce qu’elle avait dérangé, ce qui lui ne semblait pas étonnant comme décision venant de son interlocutrice. Elle n’osait affronter le regard transperçant et tranchant de l’enseignante et se contentait de bouger nerveusement les doigts de ses mains en se mordant la lèvre de manière presque compulsive.

La jeune Swan sursauta quand elle se fit presque invectiver et pris avec des gestes très maladroits le nécessaire à nettoyage moldu. Compte tenu de son passé, elle n’en connaissant que très vaguement les fonctionnement grâce à des récits racontés par des connaissances ayant déjà été retenus pour diverses raisons, souvent des infractions classiques du règlement. En tout cas, Phœbe n’osa répondre qu’elle ne savait pas vraiment ce dont il s’agissait et se contenta de regarder l’objet avec un infime froncement de sourcil en se disant qu’elle apprendrait par la pratique.

Comme si l’élève n’était pas accablé par suffisamment de directives sur sa tâche qui l’occuperait une heure, miss Chapman lui demanda aussi sa baguette magique pour qu’elle ne s’aide pas de celle-ci. La sorcière verte et argent ne connaissait pas tant de sortilèges mineurs que ça et trouvait cette précaution inutile. Il lui fallut fouiller dans toutes ses poches pour la trouver, n’étant pas même certaine de l’avoir prise. Elle finit par la sortir de l’endroit où elle l’avait placée après un cours qui avait eu lieu un peu plus tôt dans la journée.

La Serpentard tendit son instrument magique pour le donner, et ne souhaitant pas trop s’approcher de l’adulte, elle le fit très rapidement avant de se placer en retrait.

Aucun mot ne pouvait sortir de la bouche de l’adolescente impuissante qui vit l’enseignante commencer à s’éloigner. À ce stade il aurait été vain de se perdre en justifications vaines, et ce qui était en cause impliquait des choses si personnelles et intimes que Phœbe préférait de loin se faire sanctionner plutôt que de s’ouvrir.

La fait qu’elle ne soit pas épiée par la présence étouffante d’un professeur rassurait un peu l’élève qui pouvait un peu se détendre et se calmer. L’élève de troisième année pris de profondes inspirations afin de recouvrer un état plus ou moins normal. Lors de relations futiles et banales, son masque était bien en place, mais dans une situation telle que celle qu’elle venait de vivre, ses vieux fantômes revenait, pour faire renaître en elle la petite fille troublée qui avait essayé d’oublier. Contenir ses larmes avait été un défi, mais elle savait que de toute façon elles n’auraient jamais coulé. Depuis des années, l’adolescente les sentait affluer mais jamais ne sortir. Ce qui était en somme le plus douloureux.

La petite Swan contempla l’espace dont elle devra s’occuper, et décida d’analyser froidement comme elle le pouvait l’endroit, quadrillant les lieux afin d’établir un ordre des choses à faire pour rendre la serre aussi agréable que possible. Étant perfectionniste et jamais satisfaite, elle savait qu’une heure ne suffirait jamais à obtenir un résultat qu’elle puisse regarder sans honte.

Sans réelle notion du temps, elle commença par le coin au fond à gauche, ayant établi de progresser en serpentin au fur et à mesure. Très mécaniquement, elle entreprit d’ôter la poussière ou les saletés, d’ordonner ce qui n’était pas en place, et de nettoyer tout ce qui ne lui semblait pas absolument propre. Elle avançait très lentement, mais peu lui importait son avancement au bout d’une heure. La jeune sorcière préférait voir un dixième de la salle agencé et organisé de manière formidable, plutôt que l’entièreté superficiellement remis en ordre.

Tout en agissant, elle réfléchissait sur sa sensibilité qui n’était pas facile à traîner en tout temps, d’où la raison pour laquelle elle préférait côtoyer des personnes avec lesquelles elle aurait des relations ne l’impliquant pas trop émotivement. Le moindre dire la touchant était exacerbé, et restait gravé en elle de manière indélébile, et les paroles de la professeure en Botanique rebondissaient justement dans son esprit, contribuant déjà à l'élaboration d'une image de celle-ci qui ne s'effacera certainement jamais.

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Kaylie finissait de corriger ses copies tout en jetant un œil sur la pendule qui annonçait que l'heure était écoulée. Elle rangeait son bureau et prenait la direction de la Serre où une jeune fille devait être en train de réparer une bêtise. Arrivée devant l'entrée de la Serre, Phoebe Swan était bien là s'affairant à sa tâche. Tellement occupée qu'elle n'avait pas remarqué la présence du professeur. Kaylie Chapman était partagée entre deux émotions. D'une part, la Serre était encore loin d'être rangée et nettoyée, mais d'un autre côté, la jeune Serpentard ne faisait pas les choses à moitié, tout était fait minutieusement, ce que la jeune botaniste ne manqua de souligner.

Quelques secondes après son arrivée, la fillette remarquait enfin son professeur. Elle avait le front en sueur, les joues rouges, les vêtements salis et la fatigue se lisait sur son visage.


"Mademoiselle Swan, il se fait tard, et l'heure du diner approche. Aussi, je vous autorise à rentrer au château afin de faire un brin de toilette avant de vous rendre dans la Grande Salle."

Phoebe Swan jetait un rapide coup d'œil sur la Serre... Déçue du résultat, elle ne semblait pas avoir envie de laisser cela en l'état. Kaylie avait bien saisi que cette jeune élève aimait les choses bien faites.

"Allons jeune fille, vous devez vous nourrir, prendre des forces, vous reposer, mais aussi vous assurer d'avoir du temps pour vos devoirs. Laissez tomber pour ce soir. Je vous propose de venir tous les jours après les cours jusqu'à ce que votre travail ici soit terminé."

Kaylie avait réfléchi à la situation. La Serre était souvent utilisée pour ses cours, mais une idée lui était venue à l'esprit. Elle couperait le lieu en deux, gardant la partie propre pour les élèves et rendant inaccessible la seconde partie où tout restait à faire. Cela ne devrait pas poser de problème. Après le repas, elle ferait le point sur ce dont elle avait besoin pour ses cours et regrouperait le nécessaire dans la partie qui serait encore accessible.

"Miss, suivez-moi je vous prie." répondit-elle en tendant le bras pour lui indiquer la sortie.

C'est ensemble que professeur et élève retournèrent dans l'enceinte même de l'école. Mademoiselle Swan reprit la direction du sous-sol afin de rejoindre sa salle commune, quant à Kaylie, elle montait les escaliers jusqu'à la tour de Serdaigle.

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Doucement, sans s’annoncer, la nuit avait commencé à s’imposer, assombrissant de manière très progressive l’intérieur de la serre, mais la Serpentard ne le remarqua pas vraiment, obsédée qu’elle était par son action. Des œillères semblaient s’être positionnées autour d’elles, opacifiant certains de ses sens qu’elle n’avait pas jugé utile de garder alertes pour la tâche dont elle tentait de s’acquitter de manière relativement correcte.

La brise automnale qui entra avec l’enseignante quand elle fit son apparition une fois l’heure annoncée écoulée vint caresser la peau de l’adolescente, qui réagit à ce contact en se retournant vers la personne qui venait d’arriver. L’adulte lui annonça qu’elle mettait un terme à son activité pour la soirée, et en prenant un peu de recul, l’étudiante fut contrainte de reconnaître que presque rien n’avait été accompli. Miss Chapman l’enjoignit à délaisser son rangement pour se réintégrer à la vie monotone du château, remplir ses devoirs et obligations, satisfaire ses besoins vitaux. Manger, boire, dormir… Tout ceci n’était qu’une perte de temps dont elle se serait bien passée. Phœbe avait fini par les considérer comme des moyens de découper et ponctuer la journée de moments de pause afin de marquer des ruptures, rien de plus, et le repos encore était une donnée relative car il lui semblait ne jamais avoir eu la chance de l’avoir réellement connu ces dernières années.

La petite Swan avait obtenu en fin de compte une injonction à revenir quotidiennement s’occuper de la serre dévastée, et ces paroles ne lui firent ni chaud ni froid. Se faire sanctionner ainsi ne la touchait pas tellement, puisqu’elle y voyait une opportunité de s’échapper d’un environnement oppressant pour se perdre dans l’oubli et dans les brumes de l’inconscience de soi auxquels elle accédait en vidant totalement son esprit. Une activité telle que le rangement était parfaite pour l’empêcher de penser à des choses qu’elle n’appréciait pas voir s’imposer mentalement à elle.

Ensuite, l’adolescente suivit lentement la Botaniste à travers le parc pour rejoindre le hall, sans ne dire un mot et se contenta d’un salut des plus formels avant de bifurquer vers une autre direction.


*****


Seconde session de réparation. L’après-midi était bien entamée quand la sorcière verte et argent passa le seuil de la serre pour continuer son œuvre. En apercevant miss Chapman, elle lui adressa qui était selon ce qu’elle avait prévu un bonjour poli, mais ce ne fut qu’un souffle vaguement sonore qui traversa ses lèvres, et Phœbe ignorait si elle avait été entendue. Par manque d’assurance, il lui arrivait souvent de tenter de parler sans que sa voix ne suive et ne porte les mots.

Silencieusement elle s’empara du nécessaire à nettoyage et s’installa dans la case de la deuxième ligne, colonne du milieu de la grille mentale que l’élève avait établi de l’espace afin de situer les endroits où elle s’arrêtait et ne pas repasser sur ce dont elle s’était déjà occupée. Elle ignorait si l’adulte allait encore une fois s’éclipser ou rester cette fois et se contenta de se focaliser sur son travail de longue haleine. La jeune sorcière aurait besoin d’un peu de temps avant de retrouver l’habitude acquise vers la fin de la soirée précédente, et l’état mécanique qu’elle avait réussi à atteindre.

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Une nouvelle journée venait de se terminer, et comme convenu Phoebe Swan s'était présentée à elle pour ranger et nettoyer la Serre qu'elle avait saccagée la veille. Kaylie la saluait et la jeune fille ne perdait pas plus de temps. Elle savait qu'un boulot monstre l'attendait encore. La jeune femme ne suivrait pas son élève, elle avait encore beaucoup à faire en cette fin de journée. De toute façon, elle avait confiance en la jeune Serpentard, elle savait pertinemment qu'elle finirait sa tâche, coûte que coûte, nul besoin de la surveiller.

Une heure plus tard, Kaylie fermait son bureau et se hâtait de rejoindre la Serre qui tentait de recouvrer sa magnificence d'autrefois par l'intervention de Miss Swan.

Arrivée devant l'entrée, elle observait pendant une minute silencieuse la demoiselle s'affairer. *elle est consciencieuse au moins* songea Kaylie.


"Miss Swan, venez me voir, je vous prie."

Kaylie Chapman avait rédigé sur une lettre la punition qu'elle lui avait réservée. Réparer sa bêtise en rangeant la Serre n'était pas suffisante, elle en était convaincue. Elle lui tendait son papier et attendait patiemment que la jeune fille le déplie pour le lire.


Comme convenu, et après mures réflexions, voici la punition que je vous inflige pour avoir eu un comportement des plus inadaptés en ces lieux qui n'avaient rien demandé. Conformément au règlement intérieur qui stipule que vous devez respecter le matériel de l'école, je vous invite à rédiger l'éloge d'une plante qui se trouve ici, sous la forme d'une poésie, en décasyllabe qui plus est, puisque nous sommes en octobre. En saccageant une Serre, vous avez montré un tel irrespect envers les plantes et envers mon travail. J'ai été profondément touchée par cette action, vous savez ô combien j'affectionne chaque plante, qui je vous le rappelle est là pour vous permettre d'étudier et sert également dans l'élaboration de potions ou de mixtures pour l'infirmerie de l'école. La nature est un don et je n'accepterais jamais qu'on puisse la dénigrer, l'abîmer d'une quelconque manière. Peu importe la raison qui se trame derrière tout ça, votre action ne peut demeurer impunie. J'espère que vous prenez conscience du mal que vous avez causé. Je vous laisse méditer là-dessus. Votre poésie devra être écrite avant les vacances. Bonne chance."


"Bien, vous avez suffisamment avancé pour aujourd'hui, rentrez diner et vous reviendrez demain pour continuer." finit-elle par lui dire en voyant la Serre pas tout à fait remise dans son état d'origine. Son ton se voulait plus froid et plus dur que la veille. En écrivant cette lettre et se rappelant ainsi qu'un élève avait pu lui faire un tel affront, cela l'avait mise hors d'elle. Comment pouvait-on faire du mal à ce que nous offre la nature ? Elle qui a tant à offrir.

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Tant bien que mal, Phœbe avait fini par complétement se bloquer les sens, et ne percevait plus ce qu’il se passait dans son environnement. Elle se contentait d’analyser machinalement les éléments de la Serre pour les trier méthodiquement en fonction du traitement qu’il convenait de leur faire subir. L’élève n’était absolument pas réceptive et n’aurait pas été ouverte à un quelconque dialogue. Son corps était mobilisé pour effectuer sa tâche, son esprit s’était fermé pour ne pas avoir à émerger pour une petite heure. Les petites avancées qu’elle effectuait par micro-pas sur le côté une fois qu’une partie était complètement traitée se faisaient de façon si progressive que l’adolescente ne se rendait même pas compte de ses déplacements. La petite Swan approchait peut-être du bon tiers d’effectué, mais n’y prêta pas attention. Ce n’est que lorsque qu’elle entendit son nom que la jeune sorcière réagit et posa ce qu’elle avait en main pour se retourner et rejoindre la personne l’ayant interpellée.

L’enseignante tenait un morceau de parchemin, écrit à l’intention de la Serpentard, qui s’en saisi lentement en soutenant le regard de miss Chapman sans laisser la moindre émotion affleurer. Les yeux gris de l’étudiante commencèrent à parcourir les lignes d’encre foncée, et elle fut effarée en apprenant le châtiment supplémentaire qui lui était infligé. Sa respiration s’accéléra, et Phœbe fit preuve d’un contrôle exemplaire pour ne pas laisser paraître sa panique. Un impératif créatif. C’en était bien trop pour l’étudiante, qui sentait venir à l’avance les nuits blanches et l’horrible et cruel sentiment d’insatisfaction qui la tenaillait et la poussait à jeter rageusement tout ce qu’elle produisait par dégoût la prendre pour les semaines à venir. Si l’adulte avait pour intention de mettre au point une punition des plus exemplaires, elle avait visé juste.

Elle médita sur l’irrespect qu’elle avait montré envers les plantes. Certes elle ne les avait pas cajolées, mais pour autant aucune mauvaise action n’avait été intenté contre elles, aucune n’était blessée ou morte. Phœbe avait fait suffisamment attention pour qu’elles soient toute intactes. La Serpentard était incapable de faire naître le vrai chaos. Même lorsqu’elle virait tous les livres d’une bibliothèque mal organisée, bien que les ouvrages se retrouvent disséminés hors des étagères, jamais au grand jamais elle n’avait abîmé un livre. Elle n’osait pas corner le coin des pages pour les marquer. La petite Swan se trouvait dans une situation analogique dans les Serres. Bien qu’elle ait apporté le désordre, aucun végétal magique n’en avait souffert personnellement.

Les mots de conclusion furent ceux que la sorcière vert et argent lu avec le plus de ressentiment et ne put s’empêcher de chuchoter le ‘Bonne chance’. Cette formule était blessante, car la chance n’avait pas le moindre rapport avec la venue de la verve littéraire. Lui souhaiter du courage, de la patience ou n’importe quoi d’autre aurait été plus appropriée. Un tel châtiment ne s’accomplissait pas par de la chance, mais au prix d’efforts de taille et non négligeables. Phœbe avait une certitude, c’est qu’elle en souffrirait et ne risquerait pas d’oublier le jour où son enseignante de Botanique lui avait imposé de composer dans les codes très stricts de la poésie. Elle ignorait encore combien de jets passeront sous sa plume, mais beaucoup de papier risquait d’être utilisé pour accueillir son écriture.

Les paroles d’au revoir de miss Chapman parvinrent derrière un voile, comme très distantes et la petite Swan y répondit d’une voix faible avant de s’éclipser, réfléchissant déjà à ce qu’elle pourrait tenter de produire.

*****

Lorsque la porte des Serres fut devant la Serpentard, celle-ci s’arrêta brusquement dans son élan, afin d’avancer son bras pour éviter de la rencontrer violemment. L’élève ouvrit la poignée afin de pénétrer dans les lieux. Son regard embrassa l’ensemble afin de jauger ce qu’il n’allait toujours pas.

La Serpentard était extrêmement fatiguée, ayant passé la nuit à griffonner sur un parchemin des idées de thèmes, de sujets, des mots intéressants, des sonorités. Elle avait bien quelques vers en tête, mais ignorait comment donner de la cohérence. La poésie était un chant, avait un rythme et une musicalité dont Phœbe ne pouvait pas la priver en décidant de passer à la ligne toutes les dix syllabes. Trouver le parfait équilibre était la partie la plus difficile à son sens, et c’est pourquoi la petite Swan remerciait le ciel d’avoir encore un délai de quelques petites semaines devant elle. L’étudiante ignorait si son enseignante allait lui en toucher mot ou si elle attendrait de le recevoir sans ne l’évoquer entre temps.

Mettant fin à ces réflexions, la punie se plaça au centre de la Serre et se focalisa un moment sur le nettoyage des lieux, luttant contre le flot de pensées qui l’assaillaient et tentaient de la faire retourner à son projet littéraire.

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C'était une nouvelle journée qui commençait, et avec elle, les cernes. Oui, le professeur n'avait pas très bien dormi cette nuit, se posant mille questions sur ses choix concernant la punition de Phoebe Swan, son élève. Elle ne savait plus comment agir. Elle espérait ne pas avoir été trop dur, mais suffisamment pour que cela ne se reproduise plus. Elle ne pouvait se permettre d'être trop amicale avec une adolescente. Il fallait être ferme, elle en était convaincue, même si cela lui déchirait le cœur. Ce n'était pas dans son tempérament, mais elle voulait être prise au sérieux, du moins suffisamment pour être respectée.

Après avoir donné ses cours du jour, le Professeur ne se rendait plus à la Serre pour vérifier l'avancée des "travaux". Au fil des jours, elle avait saisi que Miss Swan irait au bout, et qu'elle ne ferait pas les choses à moitié. Elle ne s'en faisait pas le moins du monde. De ce fait, ayant pris un peu de retard dans la préparation des cours du prochain semestre, elle décidait qu'il était plus judicieux de mettre ce temps à profit de sa mission principale en tant que professeur de la célèbre école Poudlard. La qualité de son enseignement ne devait pas diminuer et pour cela, il fallait garder un rythme soutenu et proposer des cours riches et diversifiés.

A mesure que le soleil déclinait laissant ainsi apparaître la pénombre dans les locaux de l'école, Kaylie faisait traîner ses yeux de plus en plus sur l'horloge de son bureau. Il se faisait tard, trop absorbée sur sa tâche, elle n'avait pas vu que l'heure du repas était déjà bien avancée. Elle se levait d'un bond, rangeait ses affaires à la hâte afin de ne pas laisser son bureau dans un foutoir. S'il y avait bien un toc chez la jeune femme, c'était bien que chaque chose devait être à sa place.

Une fois la pièce remise en l'état, elle se dirigeait vers la Grande Salle pour prendre son diner. En chemin, elle se demandait si Phoebe Swan en avait fait de même. Elle commençait à la connaître et elle n'était pas rassurée lorsqu'elle pénétrait dans la Salle.

Du monde, il y en avait dans cette pièce à cette heure. Les discussions allaient bon train. Il lui était difficile de repérer l'élève qui l'intéressait à cet instant précis. Un rapide coup d'œil en direction de la table des Serpentard lui montrait qu'elle avait raison de s'inquiéter. Elle ne voyait pas la jeune fille, faut dire aussi qu'à cette table, régnait une agitation des plus dérangeantes et désagréables.

A la table des professeurs, il restait un emplacement vide : le sien. Amy, sa collègue, la rouquine de l'équipe lui faisait des signes pour la rejoindre. Dans la précipitation, Kaylie ne se faisait pas prier et s'installait à table, oubliant presque qu'elle n'avait toujours pas vu son élève punie. Où était-elle ? Etait-elle en chemin ? Etait-elle restée à la Serre pour terminer son travail de réfection ? Etait-elle en train de diner avec ses camarades sans que Kaylie ait pu la voir ? Tant de questions qui tourbillonnaient dans l'esprit du professeur de botanique.

Folie en serres de Botanique

Au fil du temps, la jeune sorcière avait vu les jours devenir de plus en plus courts, et la nuit arrivait bien vite lors de ses sessions de nettoyage de la serre. Son avancée progressait à un assez bon rythme, mais ce n'était pas une raison pour se précipiter sur la fin. L'élève souhaitait faire un travail abouti et fini, sur lequel miss Chapman ne pourrait revenir. Ainsi le soin apporté à chaque petite parcelle de la Serre n'était pas négligeable, afin que ses occupants ponctuels s'y sentent relativement à l'aise.

Toute notion du temps avait échappé à Phœbe, qui ne s'arrêtait en général que lorsque son enseignante en Botanique passait pour lui signaler de mettre un terme à ses activités. La Serpentard ne s'octroyait que rarement des pauses, mais quand l'endroit s'obscurcit au point qu'elle n'y voyait plus rien, elle s’assit sur le sol, en pliant ses jambes devant elle. L'adolescente n'avait pas le droit à la magie et n'avait donc pas sa baguette magique sur elle, car sinon elle aurait été capable de dissiper l'ombre avec un simple Lumos.

De toute façon l'élève avait presque achevé cette partie de sa punition, elle devrait à son sens revenir peut-être un à deux jours pour vérifier qu'elle n'avait rien négligé et que tout était revenu dans l'ordre. Bien sûr ce serait au professeur Chapman d'en juger lors d'une inspection finale. Phœbe ne se sentait pas très à l'aise en sa présence, car en suivant les cours de Botanique subsistait de son côté la gêne d'avoir mal agi vis-à-vis de celle-ci, et la petite Swan n'osait pas se faire remarquer et restait très discrète, évitant de prendre la parole par sa propre initiative.

Les yeux gris de la sorcière verte et argent embrassèrent l'ensemble de la Serre, peu visible bien que les silhouettes de certaines plantes se découpaient faiblement, donnant une atmosphère mystérieuse à cet endroit. Phœbe avait tenté de commencer son poème, mais elle savait bien que la meilleure source d'inspiration qu'elle puisse trouver se tenait devant elle. La Serpentard avait suivi quelques cours déjà, et sa punition lui avait même donné l'opportunité de découvrir de nombreuses plantes mais elle ne s'était pas permise de déterminer laquelle méritait le plus cet éloge.

Une idée avait germé, mais elle se demandait si ce choix était vraiment le meilleur. Moins il y avait de contraintes, plus il y avait de contraintes en quelque sorte. Donner la liberté de trouver un sujet d’étude multipliait le temps de réflexion, et la Swan devait avancer pour espérer le rendre avant les vacances. Elle ignorait ce qu’il se passerait si elle tardait trop, mais la Serpentard préférait ne pas le découvrir.

Ni fatigue ni faim n’atteignaient Phœbe qui resta un long moment dans la serre, fixant aléatoirement des plantes et murmurant des mots, essayant de capter des sonorités intéressantes. Sans parchemin à portée de main, l’adolescente en était réellement à une phase de préparation, elle se donnait des pistes et se dit que si certains vers sortaient par écrit le soir même elle en serait ravie. L’élève ne se posait pas la question de savoir où se trouvait l’adulte et ne pensa pas à quitter les lieux avoir d’être interrompue.

Pudeur Ardeur Fureur
Elle brûlera ses Ailes. Garde !
Jetée en 2040 entre ces Murs de Pierre