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Auror ou crépuscule  PV Circéia-M. Kwon 

Pour beaucoup, le choix est une contrainte, disons même une torture. Mais la chose revêtait pour Circéia une facette opportunément enthousiasmante. Car elle avait décidé de s’appuyer sur une personne qu’elle percevait comme bienveillante, toujours à son écoute même si elle n’était qu’une jeune pousse parmi d’autres. Sa professeure de Botanique représentait tout ce qu’elle aurait aimé voir chez sa mère ; douceur, attention permanente, inventivité…. Et surtout elle sentait une joie de vivre peu commune. Et même si la professeure semblait faire en sorte de ne pas la montrer, elle avait en elle une force de vie admirable.

Durant tout l’été, elle avait ruminé. Auror aurait bien constitué une filière d’excellence. Elle ne savait pas d’où lui venait cette attirance subite. D’autant que son année précédente s’était soldée par des résultats très décevants en défense contre les forces du mal… De son point de vue, c’était définitivement plié. Elle ne serait pas Auror. Mais elle avait besoin  de s’en assurer, de l’entendre dire par une personne de confiance. En outre, jamais elle ne s’en était ouverte à ses parents, persuadée que cette idée les froisserait. L’étude de ses possibilités la conduisait vers une autre possibilité très attirante. Mais Circéia voulait en avoir le cœur net.

Marcher en direction des serres fut pour elle une courte mais agréable promenade. Et jeter un œil à cet arbre de la connaissance qui la fascinait tant un instant de joie. Elle se demandait comment Miss Kwon s’y prenait pour créer autour d’elle un champ de sérénité à ce point manifeste. La nature, comme sa mère ne savait pas la magnifier, et pourtant elle s’y entendait. Mais faire de la recherche est une activité ingrate. On n’existe que le jour où l’on a mis la main sur quelque chose. Avant cela, on existe que pour son chaudron et ses livres.

Arrivée dans la serre, elle la parcourut pour trouver la professeure mais celle-ci semblait avoir oublié. Personne, si ce n’étaient les plantes qui comme à leur habitude tentaient de mettre la feuille sur un morceau de chair à grignoter ou juste un bout de tissu à ronger. Circéia n’avait pas le talent pour les remettre à leur place aussi se tient-elle à distance. Cette odeur…. Pour un peu elle se serait cru dans les landes autour de chez elle. Wick ne lui manquait pas le moins du monde mais ses promenades avec Ivanova et désormais Alexandre, qui, lorsque son état le lui permettait était un enfant très alerte, étaient des moments de rare sérénité. Circéia les aimait et l’idée qu’un jour elle puisse les protéger au travers de son métier lui apportait une paix intérieure presque suspecte.

Soudain, elle la vit s’avancer. On ne pouvait pas la rater. C’était comme une fée au-dessus du sol, on aurait dit que cette personne volait littéralement, dans la vie comme en direction du parc. Son cœur se mit à battre très fort. Elle allait avoir une conversation avec son professeur préféré. Dès qu’elle fut entrée, Circéia ne se fit pas prier.

- Bonjour Professeure…

Circéia décocha un sourire aussi large qu’un océan, ce qui était rarissime de sa part. Elle embraya derechef.

-… j’aimerais vous parler de quelque chose de personnel. Si vous aviez quelques minutes à me consacrer, ce serait vraiment gentil de votre part…

Elle savait la chose possiblement bien plus longue mais on ne dit jamais la vérité du premier coup.

Ils entendent nous enseigner la vie, eux qui n’ont aucune idée de ce qu’est le bonheur.

Auror ou crépuscule  PV Circéia-M. Kwon 

Solar s'était réveillée tôt à cause d'un mauvais rêve. Elle repensait encore souvent à ce qui s'était passé auparavant, avec Sigmund. Mais pour le moment, la jeune femme était bien décidée à ne pas se laisser submerger par ses idées noires. Durant ses cours, la professeure se sentait bien, ça lui changeait les idées, tout comme s'occuper des plantes de la serre. Au final, Solar se débrouillait bien pour mettre tout ça de côté. Parfois.
Elle faisait sa petite ronde quotidienne, vérifiant tout les spécimens qui peuplaient les nombreuses serres, et ça lui prenait un certain temps. Le mois de Septembre était encore un peu chaud, c'était donc agréable d'aller se promener dans le parc, mais Solar avait encore souvent du mal à se faire aux températures différentes du Brésil.

Concentrée sur ses plantes, parcourant les allées, Solar ne vit pas Circéia de suite. Mais ses petits pas résonnaient de plus en plus tandis qu'elle lui adressa la parole. La jeune femme se tourna vers son élève, et lui offrit un sourire chaleureux. Avant même d'avoir pu la saluer, la fillette enchaînait sur son envie de discuter seule à seule.

"-Bien sûr, il n'y a pas de problèmes. Suis-moi, nous serons mieux dans mon bureau.

Solar conduisit donc Circéia jusqu'à son bureau, repoussant machinalement quelques plantes curieuse et gourmande au passage. À l'intérieur, on pouvait y trouver quelques sac de terreau et d'engrais, de la terre sur le sol, quelques plantes... Bref, un bureau un peu désordonné mais qui montrait bien son appartenance à une professeure de Botanique. Celle-ci s'installa sur une des chaises en face de son bureau, et invita la jeune fille à prendre celle en face.

-Je t'écoute, de quoi voulais-tu me parler ?" demanda-t-elle avec son sourire toujours là.

Auror ou crépuscule  PV Circéia-M. Kwon 

En toute confiance, Circéia s’assit sur une chaise banale mais qui lui sembla très confortable : du genre qui incite à parler en pleine sérénité.
Pourtant, le jeune ALEKHIN savait que le moment revêtait un caractère solennel. Pour la simple et bonne raison qu’elle venait prendre des conseils concernant son orientation. Ce n’était peut-être pas le lieu, ni la bonne personne. Mais la parole de Miss Kwon résonnait en elle comme du cristal de roche, pure et vivifiante.

- Professeure… je vais bientôt devoir choisir l’option que je suivrai l’an prochain. Au départ je n’avais aucune idée et puis au fil des mois, j’ai senti que j’avais un goût pour la défense contre les forces du mal.  C’est la matière que j’ai le plus travaillée, j’ai vraiment fait tout ce que je pouvais. Quand j’ai étudié les différentes filières, je me suis dit que je pourrais devenir auror. Je n’ai pas d’aptitudes particulières sur le plan physique mais je crois que je suis assez douée pour les enquêtes, les déductions.

Elle pensa aux échecs, un drôle de moyen de préparer son avenir, songea-t-elle.

- …mais mes résultats ne me le permettent pas. J’ai le sentiment que je perds mes moyens durant les examens de fin d'année, sur le terrain ce serait une catastrophe… alors je me disais… pourquoi pas la justice magique, le magenmagot. Alors j’ai creusé la question de la filière « spécial ». Et ai trouvé l’IDSM…

Ce n’était pas loin de chez elle, ses parents pourraient sans problème assumer les frais. Mais Circéia se dit qu’il ne valait mieux pas faire entrer ce genre de considérations en ligne de compte.

-… Et j’ai aussi croisé mes résultats avec les matières qui sont importantes pour cette filière. C’est plutôt encourageant. Alors voilà, ma question est celle-là. Vous croyez que je peux réussir en filière « spécial » ?

La question était autre mais Circéia renonçait d’elle-même à son vœu de deux ans, Auror… En même temps qu’elle parlait, elle comprenait, se comprenait. Surtout, elle avait parlé tout du long sur un ton monocorde, comme une mécanique dénuée d’émotion. Ce n’était pas forcément bon signe mais elle ne put faire autrement.

Ils entendent nous enseigner la vie, eux qui n’ont aucune idée de ce qu’est le bonheur.

Auror ou crépuscule  PV Circéia-M. Kwon 

Solar écouta attentivement, prise un peu au dépourvue. De sa vie, elle n'avait jamais douté dans son choix d'orientation. Maintenant qu'elle s'en rendait compte, la jeune femme imaginait un peu la difficulté que ça devait être pour ceux n'étant pas certains. Et devant, en l'occurrence, choisir une filière dès la troisième année.
Elle prit le temps de réfléchir, et commença par le commencement. Le pourquoi du comment Auror intéressait Circéia.

"-Je vois, mais à la base, qu'est-ce qui t'attirait dans la carrière d'Auror ? Est-ce que tu regrettes beaucoup de ne pas pouvoir partir là-dessus si tu pense ne pas pouvoir être capable de t'engager dedans ?

Solar marqua une pause, et compatissait au sujet des examens. Elle ajouta :

-Les examens et le terrain sont deux choses très différentes. Que cela te stresse beaucoup, c'est normal, ça arrive à beaucoup de gens. Mais sur le terrain, ça peut être totalement différent.

Mais comment tester sur le terrain sans possibilités de stages, et sans autre moyen ? Solar ne creusa donc pas plus, pour le moment elle ne voyait pas trop comment faire. Cependant, Circéia avait déjà une autre piste, ce qui était prometteur. Quelque chose d'autre pouvant fortement l'intéresser, et peut-être plus à sa portée. Solar consulta les documents qu'elle avait eu concernant les différentes filières, afin d'avoir à portée les bases. Après tout, la jeune femme ne pouvait pas tout retenir.

-Je pense que si tu t'en donne les moyens, si tu travaille bien, tu peux très bien réussir. Si la Défense Contre les Forces du Mal ce n'est vraiment pas ta tasse de thé, tu fais sans doute bien de changer d'orientation.

La professeure consulta une brochure concernant l'école donnée par Circéia, puis lui montra cette dernière. Peut-être que toute ces informations étaient déjà connus de l'élève.
Institut supérieur de droit magique (ISDM) : +++
Droit magique
Histoire de la magie
Trois langues étrangères maximum parmi : Français, Espagnol, Allemand, Italien, Portugais, Suédois, Hongrois, Russe, Chinois, Japonais.
Matières optionnelles : approche théorique des magies (noire et blanche), potions, droits des créatures magiques

Débouchés : membre du Magenmagot, historien de la magie, professeur d'histoire de la magie, employé du département de contrôle et de régulation des créatures magiques au ministère, oubliator, employé du ministère
Mode d'accès : examen écrit
Condition spéciale : être issu d'une famille de sorciers sur 4 générations
Après l'avoir laissé lire tout ça, elle ajouta :

-Est-ce que dans les débouchés, des choses t'intéressent ?"

C'était déjà la première chose à vérifier après tout.

Auror ou crépuscule  PV Circéia-M. Kwon 

-… je voulais… surprendre ma professeure, lui montrer que j’avais autre chose en moi que simplement les cours que nous avions reçus. Je voulais… bien faire.

Sans doute trop bien faire. Mais il était trop tard. Elle n’y croyait plus. Et quand Circéia avait pris une décision, elle était un peu trop souvent irrévocable.

- J’ai réfléchi. Je me dis que contribuer au jugement d’une personne est l’étape qui suit son arrestation. C’est le même instinct, je veux protéger la société, protéger les miens. Oui, j’ai une ambition. Mais ce serait une prétention que de vous la dire aujourd’hui, j’ai déjà été trop présomptueuse…

Elle avait été à deux doigts d’avouer son attirance pour la direction du magenmagot. C’était aller vite en besogne mais pourquoi perdre du temps si on a la valeur en soi ? Il fallait seulement les convaincre. Un bourgeon de piste pouvait suffire.

- J’aimerais travailler pour le magenmagot. Je serais la première de la famille à travailler pour le ministère,  il y a un début à tout…

En fait, son goût lui importait peu. Elle voulait contribuer à faire le bien, à défendre. Une chose au moins venait de passer dans le groupe des faits acquis de l’existence. Circéia voulait défendre la vérité. Ce qui supposait d’avant tout autre chose la connaître, la découvrir. Se découvrir.

Ils entendent nous enseigner la vie, eux qui n’ont aucune idée de ce qu’est le bonheur.