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This is Halloween  PV 

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« Comme si les armures avaient besoin de compagnie. »

L’écho répéta ses mots dans le couloir sombre et désert – à moins que ce ne soit Peeves. En pensant aux Gryffondor blottis dans la Salle Commune ou dans leurs dortoirs, à manger des bonbons en se racontant des histoires pour jouer à se faire peur et à se lancer des défis plus idiots les uns que les autres, Abigail ne put retenir un soupir qui s’envola jusqu’à la voûte.

« C’est pas juste, pas juste, pas juste !... »

Fortuna s’était-elle laissée tenter à faire des farces ? Le pli, très court, que lui avait apporté un élève à peine plus jeune en fin d’après-midi la poussait à élaborer des théories plus improbables les unes que les autres. Une autre personne se serait en effet peut-être permis de douter que Meilla Primard (qui en plus d’être son amie n’aurait probablement pas augmenté sa charge de travail à la veille de rendre son insigne) ou Elina Montmort (bon, vu la relation qu’entretenaient les deux filles… mais non, juste non) se soient cachées dans des armures pour espionner sa conversation avec ses compagnes de chambre.

N’empêche qu’on l’avait quand même mise de corvée de ronde en remplacement de Bricou ou d’Amaëlle, elle ne se souvenait plus, tout ça parce qu'ils avaient accepté d'aller à l'anniversaire de mort de Nick ou elle ne savait trop quoi, et même l’idée que l’un des deux se coltinerait sa surveillance de retenue le jeudi suivant ne la consolait pas de la soirée qu’elle ratait, seconde après seconde, minute après minute. Pour couronner le tout, appelée d’urgence pour régler un problème dans son article pour l’édition en cours de préparation, elle n’avait même pas pu terminer sa part de cake à la citrouille.

Abby dévala les escaliers de marbres en pestant, passa devant les portes de la Grande Salle et s’apprêtait à se confronter au Très Terrifiant Couloir des Salles Abandonnées du Rez-de-Chaussée quand un détail retint son attention : il y avait du vent. Les Grandes Portes n’étaient pas fermées.

Pour être plus explicite, elles étaient entrouvertes. Et ça, ce n’était définitivement pas normal. Suspicieuse, et sourde à l’angoisse qui se glissait sournoisement le long de ses membres telle une araignée tissant sa toile, la fillette fit demi-tour au milieu du Hall et se dirigea résolument vers… le dehors. Elle n’essaya pas de se dire que c’était une très très mauvaise idée, se glissa dans l’interstice laissé par les lourdes portes de chênes et dévala les marches du perron.

On reconnaissait, près de la cabane de Hagrid, le gigantesque carrosse de Beauxbâtons à ce qu'en supposait la tache plus claire dans l'ombre de la nuit, à la lisière de la forêt ; sur le lac, aussi magnifique qu'impressionnant, le vaisseau fantôme de Durmstrang étincelait des quelques lumières allumées à son bord. La fillette laissa une dernière fois son regard voleter sur la vaste pelouse du parc et s'apprêtait à rentrer – il lui restait encore quelques couloirs à inspecter avant de retourner sa tour – quand du mouvement du côté des serres attira son attention. Comme répondant à un signal qu'elle aurait inconsciemment guetté, la fillette s'engagea en trottinant le chemin tracé par des générations d'élèves pour rejoindre les classes de botanique, sa baguette dégainée.

Elle ne savait pas ce qu'elle cherchait. Un épouvantail assassin ? Un Erkling ? Un furet ? La poignée glissa dans sa petite main. C'était ouvert.

« Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec on atterrit dans les étoiles. » – Oscar Wilde
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Ancien sorcier  

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Mary fit basculer la capuche noire de sa robe d'écolière sur sa tête, camouflant son visage. Le visage fermé, elle marcha le long des couloirs sinueux des sous-sols pour atteindre le Grand Hall. Il était précisément 21h30. Le couvre-feu avait été mis en place 15 minutes auparavant. Tendue, elle glissa sa main droite dans sa poche. Un léger bruissement de parchemin lui parvint aux oreilles. Les lèvres pincés, elle surveilla rapidement les alentours, se refusant de céder à la panique. Ses pas s'accélérèrent. Les préfets n'allaient pas tarder à fouiner l'école et si jamais l'un d'entre eux tombait sur la serpentarde, celle ci était cuite. Se retrouvant devant les Grandes Portes, elle observa celles ci, espérant qu'elles ne soient pas verrouillées. Le message lui avait indiqué très précisément que demain était le dernier délais pour remettre les plantes, cachées, sous l'un des fauteuils de la Salle Commune alors l'impossibilité de sortir était chose impensable. Elle se saisit de la plus grande et large poignée et la bascula vers le bas. Aucune résistance. Soulagée, elle entrouvrit la porte et silencieusement, se glissa dans l'obscurité extérieure de la nuit, frissonnante sous la fraîcheur nocturne.

Percevoir quoi que ce soit dans cette pénombre était contraignant ainsi choisit-elle de prendre le sentier, longeant l'école encore éclairée par des torches pour se rendre aux serres. Des bruits d'animaux brisaient le silence et pour certains cris, la serpentarde grimaça, s'imaginant des créatures cauchemardesques. Elle manqua de trébucher trois fois avant de percevoir les vitres des serres. L'intérieure était seulement éclairé par la lune, belle et ronde dans le ciel dégagé. Un petit détail qui soulagea la Première Année qui, à son niveau n'était pas encore familière avec les sorts de lumière. Un malaise l'envahit alors qu'elle observa les silhouettes des plantes. Elle était en train de briser le règlement. Pas pour son propre bien mais à cause d'une lettre reçue durant le petit déjeuner. Le message lui ordonnait d'aller faire de sales besognes. Selon l'anonyme, c'était un rite à passer pour prouver sa valeur au sein de la maison. Bien entendu, Mary n'avait rien contre l'idée d'être reconnue comme une serpentarde à part entière mais il restait qu'elle était, à son grand damne, encore démunie académiquement et ignorante vis à vis de l'école.

Seulement armée de sa naïveté, Mary pénétra dans les serres, s'étonnant du fait que celles ci n'étaient pas elles-même verrouillées. La quantité astronomique de plantes devant elle lui donnait le tournis. Les Premières Années n'avaient encore ce cours là, alors drôle de première visite ! Elle marcha entre les allées, faisant attention à garder ses distances vis-à-vis de plantes douteuses et tenta de lire les petites pancartes associées à toutes les plantes. Elle devait, selon le message en trouver deux dont elle n'avait jamais entendu les noms : un Mimbulus Minbletonia et une Tentacula vénéneuse. Là de suite, toute cette histoire lui paraissait être une sacrée mission impossible car... si jamais elle les trouvait... comment allait-elle ramener deux plantes dans l'école sans que ça se voit et donc sache ?!

Un hissement produit par une des plantes fit sursauter la verte et argent qui, reculant d'un pas, fit basculer un seau qu'elle n'avait pas vu et qui traînait là.

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D’ordinaire, faire sa ronde ne la dérangeait pas plus que ça ; ces petits morceaux de nuit, à fortiori lorsqu’elle était seule, à sillonner l’immense château la réconfortaient étrangement, et lorsqu’elle partageait son tour avec Amaëlle, Ana ou Meilla, leurs joyeux bavardages prévenaient les élèves en faute, leur épargnant ainsi la partie désagréable du boulot. Il fallait juste savoir éviter Rusard, Peeves ou Miss Teigne, un art dans lequel elle était en passe de devenir maître. Alors oui, quand elle était fatiguée, il lui arrivait de ronchonner un peu. Mais juste un peu, et vraiment pas beaucoup.

Par contre, elle n’aimait pas les imprévus. Par exemple, personne ne lui avait dit que les Grandes Portes seraient ouvertes et ça c’en était un gros, d’imprévu. Baguette brandie, Abby hésitait cependant sur la marche à suivre. Entrer ? Retourner au château ? S'annoncer ? Se faufiler entre les sacs de terre et les plantes en pots sans piper mot ? Après tout, elle s'était peut-être fait des idées, et personne ne s'était introduit dans la serre, et ce n'était que l'ombre d'un hibou en chasse, et la porte n'était ouverte que parce que M. Rhodes s'occupait de régler les derniers détails avant d'aller se coucher. Cette dernière pensée plus que les autres la poussa à faire un pas en arrière : elle n'avait pas très envie de tomber sur le professeur de Botanique dans son pyjama vert à pois roses et ses bottes en caoutchouc, des sacs de terreau dans les bras. Tous les élèves devaient se plier aux obligations du couvre-feu, et elle n'était pas sensée dévier de son trajet de ronde. Qui n'incluait pas du tout les serres, ni la plus petite parcelle de terrain hors du château.

Elle se reculait donc très doucement, les doigts encore crispés sur le manche de sa baguette, lorsqu'elle changea d'avis. Ça fit bong !, pof !, cling !, presque tout en même temps mais pas tout à fait, et elle ne put s'empêcher de sursauter. Après un petit coup d’œil par-dessus son épaule, elle finit par entrer dans la serre, assez curieuse et un peu inquiète. La n°1, la moins dangereuse, n'est-ce pas ?

Sous la lumière de la lune, totalement ronde dans le ciel piqueté d'étoiles, quelques tables que jonchaient des morceaux de citrouille et diverses parties de potirons, un sol de terre, et des plantes un peu partout, de toutes les formes et de toutes les couleurs, qui se pressaient contre les parois de verre et formaient des allées sombres et étroites. Quelques sacs entassés à sa droite, une silhouette humaine, des fleurs étranges et parfois non dans leurs pots de terre cuite, un seau de fer renversé. Euh, attendez, rembobinez... une silhouette ?!

Abigail faillit en lâcher sa baguette. Elle ne distinguait pas très bien l'intrus, puisqu'à moitié caché derrière les plantes, mais ce n'était certainement pas le Directeur de Maison de Serpentard. Petit de taille, une silhouette gracile dans la robe de travail réglementaire, la tête recouverte d'un large capuche, la lune n'éclairait que son menton et quelques mèches d'un blond très pâle qui serpentaient dans son cou. Son blason ?

« Lumos » prononça-t-elle d'un voix douce, la baguette braquée sur le hors-la-loi.

Serpentard, lui répondit le mince faisceau de lumière. Trop blonde pour Amaëlle (qui d'ailleurs faisait on-ne-savait-quoi mais n'était certainement pas sortie chercher le loup pour converser avec lui), trop grande pour Purelune (qui toute préfète qu'elle soit n'avait d'ailleurs pas plus de raisons de traîner ici, puisqu'elle était sensée surveiller le couloir du quatrième étage).

« Est-ce que tu es au courant que tu n'as, euh... strictement rien à faire ici ? » questionna-t-elle l'élève, pas très rassurée par l'ombre des plantes sur le sol, la multitude de chuchotement qui affolait ses oreilles et la capuche noire qui masquait le visage malgré le sort de lumière qu'elle maintenait encore.

Elle se garda bien de dire qu'en réalité elle non plus, et puis elle avait une excuse plus pétante qu'un cognard bouchonné. Tentant de faire abstraction des petits détails qui clignotaient avec la mention DANGER, comme pour attirer son attention, elle ne fit pas un pas vers l'intruse.

« Et comment est-ce que tu t'appelles, petit serpent ? »

Campée devant la porte à la manière d'une sentinelle pour empêcher toute fuite, elle dévisageait l'autre avec perplexité. Vrai ça, qu'est-ce qu'elle venait faire dans le domaine de son DDM à cette heure de la nuit ? Voler les restes de citrouilles du cours des troisième année ?

Reducio
Couleur des dialogues : sienna ;)

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Ancien sorcier  

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Le choc du seau sur le sol fit manquer au coeur de Mary un battement. Elle se retourna promptement pour déterminer la source du bruit. Très vite elle repéra l'objet et souffla face à sa propre bêtise. C'est avec anxiété qu'elle jeta un regard aux alentours. Aucun mouvement mais son intuition ne lui permettait pas de se sentir tranquille car en réalité, elle ne voyait pas grand chose. Il lui fallait se dépêcher au plus vite. Malheureusement, elle n’eut pas le temps de retourner à son inspection qu’une lumière illumina une partie des serres. Son sang se glaça tandis qu’elle pivotait sur place, cette fois ci vers l’entrée des serres. Sa capuche l’empêchait de voir de qui il s’agissait précisément mais elle arriva à distinguer des pieds, fermement plantés au sol. Pas des jambes d’adultes néanmoins et sûrement pas une voix de grand :

« Est-ce que tu es au courant que tu n'as, euh... strictement rien à faire ici ? »

Prise la main dans le sac, l’esprit de la serpentarde carbura, son coeur toujours battant à la chamade. Il y avait de fortes chances que cette voix vienne d’une élève lambda mue elle aussi par l’envie d’enfreindre les règles (le dénis, c’est la vie). Si cette théorie probable se révélait être correcte, alors Mary devait très vite la faire partir par une réplique cinglante. Elle ne pouvait se permettre d’avoir des curieux dans ses pattes pendant cette mission. Elle releva ses mains et retira sa capuche, dévoilant ainsi son visage pâle. Ses cheveux très blonds, lâchés couvrirent ses épaules. La lumière provoquée par le sort l’aveugla quelques secondes. Elle ferma immédiatement les yeux et se décala de deux pas. Alors que sa bouche commençait à laisser échapper une menace…

“Tu ferrais mieux de…”

… elle ne la finit pas. Devant elle se tenait une fille, visiblement plus âgée qu’elle. Ses cheveux bruns étaient courts, ne frôlant que ses épaules. Sur sa robe trônait le blason gryffondoresque. D’ordinaire, la fillette se serait agacée par une nouvelle présence des rouges et ors si ce n’était que la fille en question était une préfète. Deux choses pouvaient le confirmer : elle l’avait déjà vu encadrer les Premières Années de sa maison et le message encore présent dans sa poche avait décrit l’apparence de tous les préfets pour la prévenir. Mary ne sut quoi faire. Jamais encore elle ne s’était retrouvée dans cette situation et sa verve n’allait sûrement pas la sortir de ce pétrin.

« Et comment est-ce que tu t'appelles, petit serpent ? »

Mary tenta de garder bonne figure, les lèvres pincés et le regard déterminé. Intérieurement, le chaos régnait. Deux voies s’offrait à elle : soit elle inventait un nom ou prenait le nom d’une camarade de maison, lui évitant peut-être de récurer les chaudrons dans les sous-sols, soit elle cédait et avouait son nom. Si elle choisissait la première option alors celui ou celle qui lui avait donné ce message penserait qu’elle n’avait rien tenté pour récupérer ces fichues plantes et la verte et argent risquait d’en payer le prix, quel qu’il soit. La serpentarde maudit intérieurement la préfète pour l’avoir mise au pied du mur. Elle regretta d’avoir dévoilé son visage. Peut-être que les serres avaient une issue de secours, auquel cas la jeune fille se serait enfuît à toutes jambes

"Grey… Mary Grey", marmona t-elle, les dents serrés.
Il n'y avait aucun doute sur le fait que la préfète allait l'attendre au tournant sur les raisons précises de la présence de la Serpentarde dans les serres. Évidemment, hors de question de révéler les manigances qui se déroulaient dans les coulisses de sa maison. Il lui fallait anticiper cette question et déjà elle essaya de s'imaginer des raisons bien sûr plus improbables les unes des autres.

Reducio

Darkolivegreen
pour moi. :)

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Abby porta machinalement la main à ses cheveux châtains obscurcis par l'ombre des plantes et tira sur la tresse lâche qui serpentait dans son dos pour la ramener sur son épaule droite, les yeux fixés sur le visage de poupée de son vis-à-vis. Okay, la capuche tout juste retirée et la coupe de sa robe de travail lui donnaient un petit air de détraqueur assez inquiétant, mais sous la lumière crue du Lumos se dévoilaient un petit nez froncé, des lèvres pincées et un regard buté tout à fait charmants, peut-être même un peu trop. La posture fière et la mine revêche, la demoiselle ne devait pas excéder la deuxième année et puisqu'elle ne l'avait jamais vue, sans doute avait-elle fait sa première rentrée quelques mois auparavant.

« Grey… » grommela l'intruse entre ses dents : « Mary Grey. »

Le nom, plutôt commun en substance, lui fit un effet bizarre, une sorte d'étrange soulagement, et elle baissa légèrement sa baguette pour atténuer la lumière qui s'en dégageait, sans pour autant annuler le sort. Elle ne s'était jamais retrouvée face à une élève en pleine infraction, aussi étonnant que cela puisse paraître, d'abord parce que courser les élèves en faute n'était pas sa passion première, et ensuite parce que lesdits élèves en faute étaient généralement assez intelligents pour éviter tout représentant de l'ordre et de l'autorité, même (très, très, très) mineur. Y'avait des cas où on ne pouvait pas l'éviter, comme probablement dans le cas présent, et ce n'était de la tarte ni pour le fautif, ni pour le préfet. Parce que sa soirée d'Halloween se révélait tout de même un peu moins monotone que prévu, Abigail esquissa malgré elle un vague sourire plus ou moins compatissant et pas du tout moqueur pour lancer, maladroite :

« Abigail Lewis, enchantée. Erm, je veux dire, qu'est-ce que tu fais ici ? C'est pourtant pas tout près de ton nid, de ce que j'en sais ! »

L'air faussement sévère qu'elle se composa n'était pas le plus naturel qui soit, mais elle ferait avec, comme avec son humour poisseux et ses gaffes habituelles. La moue dédaigneuse et le visage sévère d'Elisabeth Connor lui vinrent en tête, comme une sorte de modèle pour terrifier les plus jeunes ainsi qu'elle l'avait été face aux reproches de l'ancienne préfète de Serpentard, près d'un an plus tôt. Ironiquement, la situation semblait se répéter, à ceci près que la préfète était bien moins impressionnante et l'élève bien moins impressionnée, et que les blasons sur les robes avaient joyeusement switché. Abby retint un soupir désabusé pour prêter une oreille plus attentive aux explications de Mary Grey, avec une pointe de curiosité : qu'est-ce que la demoiselle allait lui sortir pour se tirer d'affaire ? Et quelle salle réserver pour la retenue à venir ? D'ailleurs, qu'allait-elle proposer en guise de retenue ?

« Donne-moi une seule bonne raison de ne pas faire mon boulot de pion » finit-elle par murmurer, assez fort cependant pour que l'autre saisisse sa chance.

Avec un peu de chance, peut-être qu'elle pourrait lui refiler ses devoirs de Potions ou de Sortilèges ?

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Quelques instants de silence planaient dans les serres alors que Mary laissait la préfète la dévisager. Celle ci arborait d'ailleurs un air étrange, presque affectueux ce qui fit hausser un sourcil à la serpentarde qui se demanda si la rouge et or ne commençait pas par être affectée par une des plantes qui les entouraient. Cet étrange comportement s'aggrava même alors que Mary observait l'autre élève abaisser légèrement la baguette. Si son père voyait cela, il lui aurait chuchoté à l'oreille combien certaines personnes pourraient finir dans de sacrés pétrins à baisser la garde ainsi, aussi rapidement. Néanmoins, était est-ce le problème de la serpentarde ? Non.

« Abigail Lewis, enchantée. Erm, je veux dire, qu'est-ce que tu fais ici ? C'est pourtant pas tout près de ton nid, de ce que j'en sais ! » , avait-elle alors commencé pour ensuite plonger dans ses pensées. L'idée de s'enfuir en douce avait alors effleuré l'esprit de Mary mais il était bien sûr trop tard, ayant déjà donné son nom.

Elle prit donc son mal en patience, attendant que la préfète revienne sur le plancher des hippogriffes. Il lui fallait faire un choix sur la prochaine journée qui s'annonçait périlleuse pour la fillette. Autant dire que si elle ne ramenait pas ce qui était dû demain soir à 18, elle serait dans un pétrin. Il lui vint alors à la mémoire le cours de Métamorphoses que nombre d'élèves avaient reçu durant la période d'Halloween. Il était question de camoufler l'écriture personnelle en une autre afin de tendre des pièges anonymes. Il était donc fort probable que la personne en question l'ai utilisé. Impossible en tout cas de rencontrer le professeur en question car comme tous les autres, il était probablement très occupé à gérer les élèves étrangers qui avaient débarqué dans l'enceinte de l'école. La Bibliothèque donc. Elle y ferrait un tour après le déjeuner et si elle parvenait à trouver le contre sort à temps durant les deux heures de temps libre qu'elle avait, alors peut-être aurait-elle une chance de rendre la monnaie de sa pièce à ce fichu inconnu. Une note menaçante en plus n'allait d'ailleurs par faire de mal.


« Donne-moi une seule bonne raison de ne pas faire mon boulot de pion »

- J'ai voulu aller aux toilettes pis j'ai rencontré Peeves qui m'a dit de passer par là et voilà..."

Bidon. Cette excuse était juste bidon mais entre ça et se faire enlever par des cloportes, la marge de manœuvre était limitée.

"C'que tu veux"., finit-elle par répondre au haussant des épaules.

Inutile de tourner autour du pot. Elle avait échoué et s'était faite attrapée par la même occasion. La fillette devait accepter ces faits. Elle s'arracha donc de son coin pour rejoindre d'un pas exagérement traînant la préfète toujours postée à l'entrée des serres. La fatigue causée par une anxiété qu'elle ne s'avouerait jamais commençait maintenant à peser sur ses épaules et sa démarche. Quelle perte de temps. Le regard vide, elle jeta un coup d'oeil vers son aînée et d'une voix monotone ajouta :

"J'te suis."

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« Donne-moi une seule bonne raison de ne pas faire mon boulot de pion. »

Abby pensait pourtant avoir tendu une perche. Soit sa manœuvre avait été trop subtile et pas assez franche, soit Mary Grey n'en avait fichtrement rien à faire de cette satanée perche. Après avoir baragouiné un truc bizarre à propos de toilettes, de Peeves et de voilà, la demoiselle avait finalement lâché, comme le suspect tend de lui-même ses poignets au policier pour que ce dernier lui passe les menottes (encore un truc qu'elle avait vu dans l'une des innombrables séries Moldues que regardait sa tante Eirian) :

« C'que tu veux. »

Court silence. Étonnée et un brin déçue, la jeune préfète regarda son vis-à-vis hausser les épaules avec un air de je-m'en-foutisme tel qu'elle-même ne saurait jamais l'imiter, et ajouter, désabusée :

« J'te suis. »

« Si facile ? » grommela Abby, toujours postée à la porte de la serre. « C'est même pas drôle. »

Elle attendit que l'autre la rejoigne, puis lui adressa un sourire compatissant en la laissant passer par la porte, la baguette toujours pointée sur la silhouette frêle. De toute manière, ainsi qu'elle devait l'avoir compris, fuir ne servait rien dès lors qu'elle avait dévoilé son visage et livré son nom. Évidemment, elle pouvait avoir menti sur ce dernier point, mais Abigail n'avait aucune raison de vouloir condamner une fillette innocente à d'effroyables retenues non-méritées tant qu'elle ne portait pas ses initiales M.M au revers d'une cravate de Serdaigle, et elle n'aurait qu'à décrire la fillette à ses collègues de Serpentard pour que son nom, quel qu'il soit, s'ajoute à celui des collés de la semaine.

« Donc, Mlle la Botaniste » commença-t-elle alors qu'elle refermait la porte de la serre derrière elles : « En vrai, tu faisais quoi dans le coin le soir d'Halloween ? Piquer en douce les restes de citrouilles du dernier cours ? »

Elle la considéra un moment, attendant sa réponse, puis ajouta dans un froncement de sourcil :

« Et comment ça se fait que tu aies pu entrer ? »

Pas sûr qu'un Alohomora puisse débloquer la serrure, cette fois. Les plantes qu'abritait la serre n°1 étaient peut-être parmi les plus inoffensives, elles étaient également fort utile dans la préparation de tout un tas de farces, et il n'était dans l'intérêt de personne de les laisser en libre service, surtout quand on savait que ces deux brutes de Serpentard (les frères Caltwell, pour ne pas les citer) avaient récemment été surprises à rôder dans ce coin de parc avec l'air le plus Serpentard qu'un Serpentard ait jamais pu avoir. Or les farces desdits zigotos n'étaient pas aussi gentillettes que le seau d'eau sur la porte et les confettis de rideau dont s'amusaient Vendrale ou Mirena, et Abigail n'aurait pas voulu être la préfète chargée de leur tirer les oreilles.

Tordant le cou pour guetter une possible irruption du professeur de Botanique, elle accorda une oreille distraite à la réponse dont lui fit grâce sa future collée de la soirée, avant de se redresser. La voie était libre, elles allaient pouvoir y aller. Bien évidemment, il ne lui vint pas une seule fois à l'idée de préciser à la dénommée Mary Grey qu'elle était tout aussi hors de son droit qu'elle à cet instant.

Puis surgit...

*Quelle pestilence, empyreume, exhalaison, remugle, fétidité ! Berk, ça pue !*

...la moufette.

Reducio
Sincèrement navrée pour le retard.

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Une nuit étoilée, un fond de musique classique et un café au lait à portée de main, le professeur Rhodes était dans ce qu'il considérait de parfaites conditions pour travailler. Installé à son bureau au-dessus de la serre n°3, en chaussettes, il corrigeait ses devoirs de cinquième année. Cela faisait maintenant un peu plus de deux heures qu'il travaillait dans son bureau. Profitant de la vue panoramique sur le château éclairé et la voûte céleste qui s'étendait au-dessus de lui. Le parc de nuit revêtait une beauté singulière, mélange d'ombres s'entrelaçant et laissant deviner aléatoirement et périodiquement quelques-uns de ces éléments.

Le professeur trempa une dernière fois sa plume dans l'encre et acheva son appréciation, avant d'inscrire en gros un E. Il donnait toujours la note après avoir écrit l'appréciation. Pour une raison très simple : il changeait tout le temps d'avis. Alors, pour éviter d'utiliser quinze sorts correcteurs par copies, il préférait rédiger en premier l'appréciation, qui l'obligeait à reprendre chaque partie du devoir et à synthétiser sa pensée. Ainsi, ces quelques lignes une fois écrites, il y voyait bien plus clair et la note associée était alors plus facile à donner.

Il plaça le parchemin sur la pile de gauche, la pile des « corrigés » et leva la tête un instant le temps de boire une gorgée de café avant d'entamer une nouvelle copie. Mais son geste se suspendit. Il venait d'apercevoir une faible lumière dans l'une des serres. Oui, c'était bien ça, une lumière émanait de la serre n°1, qui lui parvenait à moitié cachée par les plantes qui habitaient cette dernière. Il ne savait pas si cette lumière était là depuis longtemps, concentré qu'il était sur le devoir mais une chose était sûre : il y avait quelqu'un dans la serre.

Ce constat évident et rapide fit bondir le botaniste de sa chaise. Enfilant ces chaussures à toute vitesse, il sortit dans la nuit fraîche.

Au fur et à mesure qu'il approchait, il ralentit son allure, veillant à se faire discret. Finalement, alors qu'il approchait du dernier virage avant l'entrée de la serre, il eut tout loisir de voir deux élèves en sortir, l'une pointant sa baguette sur l'autre. Cette « une » referma tranquillement la porte tout en interrogeant sa camarade :


« Donc, Mlle la Botaniste. En vrai, tu faisais quoi dans le coin le soir d'Halloween ? Piquer en douce les restes de citrouilles du dernier cours ? Et comment ça se fait que tu aies pu entrer ?

- Elle n'a pas tort, renchérit le professeur Rhodes en entrant dans le champ de lumière de la baguette. Bonsoir mesdemoiselles. »

Sur cette salutation d'un ton glacial, il reprit la parole :

« Je vais me permettre d'élargir ces questions : que faisiez-vous l'une comme l'autre dans les serres à cette heure de la nuit, au lieu d'être au chaud dans vos salles communes ? Et comment y avez-vous eu accès ? »

Même le plus petit des Serpents a du venin.
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Ancien sorcier  

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« Si facile ? »grommela Abby, toujours postée à la porte de la serre. « C'est même pas drôle. »

Oui, aussi facilement que cela. Plus les minutes défilaient plus la fillette commençait à ressentir la fatigue s'aggraver tel un épais nuage dans sa tête. La journée, aussi pénible soit-elle pesait lourd sur ses épaules en plus du fait qu'elle avait l'habitude d'être déjà au lit à cette heure ci de la soirée. Qu'est-ce qu'elle donnerait pour y être à cet instant précis, blottie dans les bras généreux bien que quelques fois sadiques de Morphée. La fatigue, doucement, inexorablement, se teinta d'une amertume maintenant proche de la rage.

« Donc, Mlle la Botaniste. En vrai, tu faisais quoi dans le coin le soir d'Halloween ? Piquer en douce les restes de citrouilles du dernier cours ? Et comment ça se fait que tu aies pu entrer ? »

Il fallait avouer que la préfète ne manquait de ressources pour persister à poser les mêmes questions. Bien sûr la rouge et or ne tirerait rien de la Serpentarde mais la petite blonde ne put s'empêcher d'observer le comportement de l'autre élève. Sûrement devait-elle faire partie des populaires de sa maison, elle qui se pavanait ainsi avec autant de nonchalance. Peut-être était elle la chouchoute des enseignants ? Elle fronça les sourcils, s'agaçant de penser des choses aussi stupides et sans intérêts. Son aînée tourna la tête dans tous les sens, sûrement à la recherche d'un signal invisible aux yeux de la Serpentarde puisque très vite, elle se remit en route, les amenant toutes deux hors des serres interdites d’accès.

Si Mary s'attendait maintenant à un retour au chateau dans un silence le plus complet, cette prévision tomba rapidement à l'eau. A sa plus grande horreur, apparu dans le faisceau lumineux de la préfète d'abord la silhouette de l'ancien directeur de la maison Serpentardesque puis ses traits bien distincts. Par Salazar ! Triple poisse ! Une nouvelle fois, elle sentit son sang se glacer. Figée, elle observa l'adulte, grand et par conséquent intimidant, la mine clairement énervée. Elle n'avait jamais eu l'occasion de lui parler, même lorsque celui ci dirigeait sa maison. Il fallait dire qu'à cette époque là, elle avait plutôt tendance à s'isoler ici et là dans le château pour effectuer ses devoirs et autres recherches. Cette rencontre, juste aux portes de ses serres allaient donner une sacré bonne première impression. Devait-elle pourtant s'en étonner ? Maintenant que la fillette se retrouver confrontée aux faits non, mais c'est bien quelque chose qu'elle avait sous-estimé avant de se lancer dans sa quête. Elle grimaça intérieurement. Mary n'avait aucune idée de comment les punitions étaient gérées dans l'enceinte, si celles ci étaient plus sévères si elles venaient des enseignants ou non.


« Elle n'a pas tort. Bonsoir mesdemoiselles. Je vais me permettre d'élargir ces questions : que faisiez-vous l'une comme l'autre dans les serres à cette heure de la nuit, au lieu d'être au chaud dans vos salles communes ? Et comment y avez-vous eu accès ? »

Parle d'un échec total. Le ton glacial du professeur était implacable, tranchant, aussi prévisible que cela puisse l'être. Mary avait accepté son échec un peu plus tôt lorsque la préfète l'avait prise la main dans le sac, elle acceptera cette nouvelle situation. Peut-être devrait-elle voir une fine lumière de positivité dans tout ça : si l'anonyme avait une chance de ne pas entendre parler de sa retenue par la préfète, ce n'allait pas être le cas avec cette intervention là. Une seule chose chatouillait les neurones de la Serpentarde dans le discours de l'enseignant. Que pouvait-il bien signifier par l'une comme l'autre ? La préfète n'était-elle pas sensée être présente ? Pourtant n'était est-ce pas son rôle de faire des rondes ? Mary n'y comprenait plus rien et à cet instant précis, elle devait admettre qu'elle s'en fichait comme d'un scrout à pétard.

Les secondes s'écoulaient et bien entendu le Professeur devait s'impatienter devant l'absence de réponses. Mary, par son éducation et par respect envers son ancien directeur ne se sentait pas capable de lui mentir sur les motivations l'ayant amené en ces lieux. De plus les conséquences plausibles à dire quoi que ce soit faisaient pencher le côté rationnel de l'enfant vers le silence plutôt qu'à l'abdication. De toute manière, elle était certaine qu'entre les raisons et le comment, les priorités chez l'enseignant devaient être différentes. Aucune excuse pouvait expliquer sa présence et il était fort probable qu'il n'en avait rien à faire. Pour le comment néanmoins...


" En abaissant manuellement la poignée. Je m'attendais à ce qu'elle soit verrouillée mais... aucune résistance quand j'ai ouvert. D'autres visiteurs peut-être...", répondit la fillette d'une voix lente et mesurée.

Effectivement, avec du recul, il lui sembla très étonnant d'avoir réussi à y avoir accès aussi facilement. Les serres étaient supposées être gardées aussi farouchement que les coffres de Gringotts selon les dires des Septièmes Années. Sous le feu de l'action et aveuglée par l'adrénaline, elle ne s'était pas attardée longtemps sur l'étrangeté de la chose. M'enfin pour le moment, il lui fallait en priorité s'occuper à faire travailler son cerveau de sorte à trouver des diversions efficaces.